2017, une année chargée en émotions pour les terres caribéennes

Plage des Raisiniers, Trinité, Martinique
christelle

Avant de vous inviter à lire cet article, je souhaiterais d’abord vous adresser à tous mes meilleurs vœux pour cette nouvelle année 2018. Qu’elle vous apporte de la joie et de la bonne humeur, et qu’elle vous offre la chance d’être toujours en bonne santé. Car, comme diraient mes parents : « La santé, c’est tout ce qui compte ! »… ou comme dirait la maxime : « Mieux vaut santé que fortune ! ».

Nous y voilà, 2018… C’est l’heure du bilan ! Quels ont été les événements les plus marquants de 2017 dans les îles caribéennes ? Ci-dessous, le top 5 des événements qui m’ont le plus marquée cette année. N’hésitez pas à me laisser en commentaire ceux qui selon vous pourraient faire partie de cette liste non-exhaustive.

Une activité cyclonique catastrophique pour nos îles caribéennes

Les ouragans Irma et Maria ont malheureusement beaucoup fait parler d’eux cette année. Selon beaucoup de spécialistes, l’intensification de ces catastrophes naturelles seraient dues au dérèglement climatique : il n’y aurait pas « plus de cyclones » qu’auparavant, mais des « cyclones bien plus dévastateurs ».

Warm ocean temperatures are one of the key factors that strengthen hurricane development when overall conditions are conducive for their formation and growth.

Hurricanes require high humidity, relatively constant winds at different altitudes, and can occur when surface ocean temperatures exceed about 79°F (26°C). The rising of warm, moist air from the ocean helps to power the storm.

Il paraît aujourd’hui primordial d’agir contre le réchauffement climatique, qui serait également à l’origine de bien d’autres catastrophes naturelles.

Irma

C’est d’abord l’ouragan Irma, un ouragan de catégorie 5 sur l’échelle de Saffir-Simpson, qui fait parler de lui au début du mois de septembre 2017. Ce cyclone tropical est le plus puissant enregistré depuis 1980 avec des vents qui atteignent jusqu’à 295 km/h.

Irma détruit tout sur son passage. Et, ce sont surtout les îles de Barbuda, de Saint-Martin et de Saint-Barthélémy, se trouvant dans l’œil du cyclone, qui se réveillent avec de lourds dégâts. La Floride mettra en place un plan d’évacuation de près de six millions d’habitants. Le bilan officiel, suite au passage de cet ouragan, est de 134 morts et près de 70 milliards de dollars de dégâts.

Maria

Une semaine seulement après le passage de l’ouragan Irma, Maria passe du stade d’onde tropicale au stade d’ouragan de catégorie 5. Pour la région caribéenne, c’est une nouvelle catastrophe environnementale majeure qui s’annonce. Alors que tout l’arc antillais semble se préparer à l’arrivée de l’ouragan sur son territoire, Maria continue de prendre de l’ampleur, avec des vents pouvant atteindre les 280 km/h.

La Dominique, les Îles Vierges des États-Unis et Porto-Rico connaissent les pertes les plus sévères. Pour Porto Rico, c’est d’ailleurs le plus puissant ouragan enregistré depuis 1928. Selon CNN, le bilan serait de 547 morts et près de 100 milliards de dollars de dégâts.

Le retour des sargasses

Elles ne nous avaient pas manqué ! Pourtant, les revoilà ! Les sargasses ont fait leur grand retour sur les plages de Martinique et de Guadeloupe.

Ces algues, qui se reconnaissent entre autres par leur couleur brune et leur odeur pestilentielle, ont la capacité de rester à la surface de la mer et de venir se déposer sur nos plages grâce à de petits flotteurs, aussi appelés aérocystes. Ce sont ces organes en forme de bulle, ayant la forme d’une vésicule remplie de gaz, qui leur permettent de rester en surface de l’eau.

Des sargasses sur la plage de Cosmy à Trinité (Martinique)
Des sargasses sur la plage de Cosmy à Trinité (Martinique)

Les sargasses représentent un véritable fléau sanitaire et environnemental. On cherche encore l’origine de leur existence sur nos plages : plusieurs hypothèses sont énoncées, mais rien n’est encore véritablement établi, si ce n’est que leur présence représente un véritable challenge économique et écologique pour les plages de la Caraïbe.

Une actualité littéraire importante pour nos auteurs de l’Outremer

En 2017, beaucoup d’auteurs caribéens ont été publiés, pour notre plus grand bonheur. En voici un rapide aperçu !

Patrick Chamoiseau

Patrick Chamoiseau a fait un retour marqué sur le devant de la scène littéraire. D’abord au mois d’avril, avec Frères migrants, un livre dans lequel il dénonce l’indifférence du monde vis-à-vis des personnes qui sont obligées de quitter leur pays pour espérer obtenir un avenir meilleur. Il appelle avec ce livre à la conscience et à l’humanité.

Au mois de novembre 2017, la parution de J’ai toujours aimé la nuit aux éditions Sonatine nous invite à découvrir une Martinique sombre dans laquelle l’ordre n’est plus.

Maryse Condé

Âgée aujourd’hui de 80 ans, Maryse Condé nous a offert en 2017 un nouveau roman, le vingt-deuxième de sa collection. Cet ouvrage s’intitule Le fabuleux et triste destin d’Ivan et d’Ivana. On y retrouve l’histoire tragique de jumeaux, nés d’une mère guadeloupéenne et d’un père malien absent. Maryse Condé nous dresse ainsi un portrait complexe de la société actuelle, des Antilles au continent africain.

Raphaël Confiant

Également au mois d’avril 2017, l’écrivain Raphaël Confiant nous propose le titre L’insurrection de l’âme, un livre dans lequel il donne son regard sur le parcours de Frantz Fanon, psychiatre, philosophe et révolutionnaire originaire de Martinique.

Puis, au mois de juin 2017 sort en format poche Madame St Clair, Reine de Harlem dans la collection Folio des éditions Gallimard, un roman originellement sorti en 2015 à mi-chemin entre la fiction et l’essai historique contant la vie de Stéphanie St-Clair, connue comme étant la boss de la mafia de Harlem au début du vingtième siècle.

Kei Miller

Le titre By the Rivers of Babylon de Kei Miller sort en septembre 2017 aux éditions Zulma. Cet ouvrage, originellement appelé Augustown en 2016, remporte cette année le Prix Carbet de la Caraïbe et du Tout-Monde et the OCM Bocas Prize for Caribbean Literature.

James Noël

James Noël, auteur et poète haïtien, nous offre Belle merveille, un premier roman très remarqué aux éditions Zulma. Il s’agit d’un ouvrage intelligent qui relate le séisme destructeur de janvier 2010 à Haïti sous un nouveau regard, tout en mêlant amour et mort, musique et poésie.

Gaël Octavia

Gaël Octavia, écrivaine originaire de Fort-de-France en Martinique, sort son premier roman aux éditions Gallimard. Celui-ci s’intitule La fin de Mame Baby. À noter que cet ouvrage a reçu la mention spéciale du jury du Prix Wepler au mois de novembre dernier !

Simone et André Schwarz-Bart

Simone Schwarz-Bart reçoit en mai 2017 tous les honneurs pour son livre Adieu Bogota, un ouvrage écrit à quatre mains avec son défunt mari André Schwarz-Bart. Ici, il est question d’amour, de solitude, de dépaysement et d’adaptation.

Gary Victor

En février 2017, le romancier haïtien Gary Victor nous propose Les temps de la cruauté, un ouvrage majeur avec comme peinture de fond le pays d’Haïti et son quotidien difficile. Cet ouvrage est paru aux éditions Philippe Rey.

L’Outremer vue de l’espace grâce à l’astronaute Thomas Pesquet

Alors qu’il était en mission sur l’ISS (the International Space Station), l’astronaute Thomas Pesquet a publié de jolies photos montrant les départements et territoires d’outremer. De quoi ravir la communauté antillaise !

Ces clichés ont fait le tour du monde par le biais des réseaux sociaux : une agréable façon d’engager une communauté autour du travail dans l’espace.

Cuba

Guadeloupe

Nouvelle-Calédonie

Guyane

Martinique

Réunion

L’histoire de Christophe, 10 ans, qui traverse à la nage la baie de Fort-de-France

Pour terminer cette liste, je souhaitais partager avec vous cette histoire touchante. Le 15 octobre 2017, Christophe, jeune nageur âgé de 10 ans, part de la plage de l’Anse Mitan aux Trois-Îlets avec l’objectif bien précis de finir sa course sur la baie de Fort-de-France. Il réalise cet exploit avec un temps approximatif d’une heure et quarante minutes d’efforts.

Cette course, il décide de la faire en soutien à sa mère qui souffre du cancer du sein. Son but premier était de sensibiliser les gens au dépistage : une belle preuve d’amour et de sensibilisation, car son exploit fait le buzz sur les réseaux sociaux et sur les chaînes locales. Quand on sait qu’aujourd’hui, le cancer du sein c’est près de 54 000 nouveaux cas par an, avec près de 12 000 décès chaque année, il était admirable de souligner ainsi l’importance de ce dépistage, qui peut sauver la vie.

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