Perdre quelqu’un

Flowers on lake
© Tony Gladvin George

Je ne pensais pas écrire cet article il y a quelques jours. Je viens de passer une semaine très agitée. Je ne sais pas comment réagir vis-à-vis de celle-ci. Je me sens vraiment triste et je me sens complètement perdue. Je me sens complètement engourdie. Je ne sais pas de quoi sera fait demain mais je sais que ce sera une très rude journée. La chose la plus difficile lorsque l’on habite loin de « chez soi » c’est de perdre quelqu’un qui est loin de nous. On ne peut rien y faire. On doit juste être prêt à chercher un billet d’avion sur Internet. On doit simplement préparer nos bagages et y aller. On doit attendre environ 15 à 20 heures avant de voir nos proches. Et il n’y a rien que l’on puisse faire à ce sujet. Et on pleure dans l’avion. Deux ans plus tôt, même histoire, des personnes différentes. J’ai pleuré un peu dans cet avion.

Ces dernières semaines, j’ai essayé de me concentrer sur les choses positives qui se sont produites récemment dans ma vie. Mais ces derniers jours, j’étais très stressée. Et ces deux derniers jours ? Je ne peux vous dire à quel point ils ont été pénibles pour moi. Perdre quelqu’un vous fait vous sentir impuissant. Parfois, je me sens paisible, stable, et j’accepte la situation. D’autres fois, tout cela me semble complètement injuste ! Pourquoi est-ce arrivé ? Pourquoi nous ? Pourquoi maintenant ? Et plus j’y pense, plus je suis triste. Il n’y a pas de raison. C’est juste comme ça. L’acceptation semble être le meilleur moyen pour avancer, passer à autre chose. Mais même en acceptant les faits, perdre quelqu’un, c’est véritablement apprendre à livre sans cette personne. Quand je vais finalement pouvoir mes parents, que vais-je bien pouvoir leur dire ?

Une des choses les plus compliquées (après), c’est de se souvenir. Quand nous sommes-nous vus pour la dernière fois ? Est-ce que nous nous sommes dit des choses agréables ? Ai-je seulement pris le temps de dire au revoir ? Ce qui me revient toujours à l’esprit, ce sont les souvenirs que j’ai gardés de mes années d’adolescence. Ce petit biscuit sucré rose qu’il avait l’habitude de nous ramener de Fort-de-France. Je ne me souviens même pas du nom de cette pâtisserie caribéenne traditionnelle… Mais je me souviens qu’il en avait toujours un pour ma sœur et moi. Il a toujours eu ces gentilles attentions pour nous. J’ai le sentiment que je n’en ai pas dit assez cette dernière fois. Oui, je crois que j’ai dit au revoir. Mais jamais je n’aurais pensé que cette fois serait la dernière. Et c’est une chose avec laquelle je dois vivre aujourd’hui.

La mort est inévitable. Et inévitablement, elle viendra pour tout le monde. Mais j’ai du mal à accepter que maintenant il est temps pour la génération après celle de mes grands-parents. C’est peut-être stupide mais je pense maintenant à quel âge ont mes parents, leurs frères et sœurs, mes grands cousins… Je fais le calcul. Et je me sens encore plus déprimée…
La mort est également imprévisible. Aimez vos proches avant qu’il ne soit trop tard… Car quand on pense aux personnes qui nous entourent, on s’imagine qu’elles seront toujours là. Mais c’est faux. On ne doit pas les prendre pour quelque chose d’immuable, que rien ne viendra perturber.

La nuit dernière, j’ai passé du temps sur le net et j’ai trouvé ce site qui parle de « vivre avec la perte de quelqu’un ». J’ai le sentiment que je pourrais en tirer un conseil. À quoi puis-je aujourd’hui me raccrocher ? Je peux me raccrocher à toutes les choses positives qu’il a apporté à ma vie. Je me souviens de lui comme d’une personne discrète, calme et patiente je dirais. Il était drôle, très drôle ; mon père et lui avaient tellement d’histoires à nous raconter sur le temps d’antan, sur leur enfance tumultueuse. On riait toujours beaucoup en sa présence. Il était content de nous savoir déterminées à faire quelque chose de notre vie. Nous voir travailler dur pour s’en sortir semblait important pour lui. Et il avait tellement de trucs et astuces sur comment soigner une maladie spécifique avec les plantes ! Me rappeler toutes ces choses que j’aimais à son sujet est éprouvant, parce que je pense vraiment à lui, je sens venir les larmes. Mais tout ça, tout ce qu’il nous a appris, je peux l’absorber, m’en imprégner tous les jours de ma vie. Ça, ça restera toujours.

(Article originellement écrit en anglais pour Colourful Cities.)

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