The Child d’Alex Gopher

The Child d'Alex Gopher
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The Child est une chanson du DJ, auteur-compositeur et producteur de musique électronique français Alex Gopher. Elle paraît en 1998 dans son premier album You, My Baby and I. Au moment de composer ce titre, l’artiste attend avec sa femme leur premier enfant. Cet album propose en outre une chanson intitulée 06 10 98, date à laquelle son fils naît. Alex Gopher s’inspire ainsi de sa vie de famille pour travailler ses morceaux, mais aussi de la chanteuse de jazz américaine Billie Holiday pour ses titres : il va d’ailleurs utiliser sa voix au sein de The Child.

Le clip de cette chanson propose une animation faisant appel à la motion typography – aussi appelée par les anglophones kinetic typography, « typographie cinétique » en français. La motion typography est une technique d’animation consistant à introduire des textes en mouvement. Ces derniers sont souvent accompagnés d’éléments sonores qui complètent la signification des mots utilisés dans l’animation. Contrairement à un texte écrit de manière conventionnelle, c’est-à-dire horizontalement, la motion typography invite le spectateur à être attentif aux mouvements, aux couleurs et aux formes représentées des mots. Aucun élément n’est laissé au hasard dans ce type d’animations, chacune des mises en forme appliquées possède alors une définition qui lui est propre.

L’animation The Child a été créée en 1999 par le collectif H5. H5 est une entreprise française fondée en 1996 spécialisée dans la création graphique. Elle est à l’origine de clips dont Special Cases de Massive Attack, Remind Me de Royksöpp ou Twist de Goldfrapp ; et d’annonces publicitaires pour Citroën, Audi, Volkswagen, Areva, Dior, Hermès, Hugo Boss etc. En 2009, c’est cette même société qui réalise le court-métrage Logorama, l’Oscar 2010 du meilleur court-métrage d’animation. The Child est le tout premier clip de la société et est produit par Le Village.

Le scénario de cette animation est simple. Il met en œuvre au moyen de procédés typographiques des futurs parents prêts à accueillir leur enfant. La scène démarre dans un building de la ville de New York. Le couple est installé dans le salon de leur appartement. La femme enceinte (PREGNANT) est une jolie (PRETTY) brune (BROWN HAIR), habillée d’une robe rouge (RED DRESS) et d’espadrilles (SNEAKERS). Elle est assise sur son canapé (SOFA), à proximité de son mari. Celui-ci est un petit homme (LITTLE MAN) qui porte de grosses lunettes (BIG GLASSES). Il est habillé d’un costume noir (DARK SUIT) et de chaussures italiennes (ITALIAN SHOES). Cette description très imagée est fournie par les qualificatifs attribués à chaque personnage.

Le mari qui jusqu’alors était d’humeur agréable (PLEASANT FACE), devient anxieux (ANXIOUS FACE) lorsque sa femme lui dit que le bébé arrive. Ensemble, ils se précipitent dans la rue et interpellent un taxi (TAXI). Le chauffeur du taxi comprend que le couple est pressé, et donc, tout au long de son itinéraire, il tentera de se faufiler entre les voitures à toute vitesse. Ainsi, nos 3 protagonistes traversent le pont de Brooklyn. Puis, créent un carambolage. Des policiers (SPEED COPS) se lancent alors à la poursuite du taxi, en vain. Ce dernier arrive à l’hôpital à temps, et la femme met au monde son enfant. L’animation se termine sur cette phrase : « Congratulations Mr Gopher, it’s a boy ! ».

D’un point de vue technique, plusieurs systèmes sémiotiques ont été mis en place pour cette animation. Tout d’abord, on est en présence d’un système plastique des couleurs qui crée l’ambiance et le dynamisme de l’animation. Le système iconique (composé essentiellement de calligrammes) construit les acteurs du décor et la narration de l’histoire. Un système linguistique est perceptible de par sa grammaire, et un système temporel qui va jouer un rôle de délimitation spatiale et donner le rythme de la narration. Enfin, un système sonore, qui vient compléter la narration.
Les mouvements utilisés ne sont pas quelconques. Dans le visuel, on observe que les trajectoires ont un but défini. Elles sont synonymes d’apparitions progressives, de trajectoires du grand vers l’infiniment petit (sans idée de disparition), de changements de position à vitesse égale.

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