The Miseducation of Lauryn Hill, déjà vingt ans depuis sa parution

The Miseducation of Lauryn Hill
Copyright : Ruffhouse Records

L’album The Miseducation of Lauryn Hill fête aujourd’hui son vingtième anniversaire. Cet opus, sorti précisément le 25 août 1998, m’a profondément marquée pendant mon adolescence ; a surtout profondément marqué le monde entier à sa sortie. 422 624 copies de cet album sont vendus durant la semaine de sa parution : il bat alors le record du nombre de ventes réalisées pour un album proposé par une artiste féminine lors de sa première semaine.

Ici Lauryn Hill nous propose des chansons fortes qui ont réellement bouleversé le monde du hip-hop et du rap américain. Elle nous livre sa représentation du monde, de la femme dans la société en nous montrant ses forces et ses faiblesses. Ses relations sentimentales la définissent, mais elle reste avant tout cette femme forte, indépendante. Elle est aussi fière de s’affirmer, d’écouter son cœur plutôt que les autres (cf. « Lauryn, baby use your head / But instead I chose to use my heart », dans To Zion).

Dans cet album, la jeune femme, alors âgée de vingt-trois ans, fait beaucoup référence à la place de la religion dans sa vie. Elle s’inspire des Écritures parfois pour composer les paroles de ses chansons, elle essaie d’encourager les jeunes à trouver du réconfort dans la prière, elle invite chacun à réfléchir à ses actions (cf. « You can get the money / You can get the power / But keep your eyes on the final hour, dans Final Hour) (cf. « Forgive them Father for they know not what they do », dans Forgive Them Father). Elle tente aussi de toucher un maximum de personnes avec ses textes aux paroles d’actualité. Lauryn Hill nous dresse un portrait honnête de ce à quoi elle aspire dans la vie, notant également qu’il faut avoir confiance en l’avenir (cf. « Tomorrow, our seeds will grow / All we need is dedication », dans Everything is Everything).

La chanteuse fait également référence au passé pour pouvoir mieux se tourner vers l’avenir. Elle accepte ses fautes, ses transgressions, et fait vœu de s’améliorer, surtout en ce qui concerne ses relations sentimentales (cf. « As I look at what I’ve done / The type of life that I’ve lived / How many things I pray the father will forgive », dans I Used to Love Him). Elle parle aussi sans tabou de sa carrière, qui parfois prend le dessus sur sa vie. Beaucoup lui avaient conseillé par exemple d’avorter quand elle est tombée de son premier enfant, Zion ; beaucoup pensaient que ça nuirait à sa carrière musicale. Finalement, la décision de garder cet enfant lui aura permis de retrouver l’inspiration pour écrire.

Elle aborde en outre le danger de passer au statut de célébrité internationale. Sur un tempo des plus hip-hop, dans Superstar, Lauryn Hill parle de son ambition artistique, de cette volonté de bien gérer la pression autour d’elle. « Music is suppose to inspire. », nous déclare-t-elle dans son refrain. Le statut de star qu’on lui confère érode parfois son art, son expression naturelle. Selon elle, la gloire et le succès ne doivent en aucun cas faire d’elle un produit commercial.

Avec le titre éponyme de cet album, The Miseducation of Lauryn Hill, Lauryn Hill parle de sa quête pour la paix intérieure : « But deep in my heart, the answer it was in me / And I made up my mind to define my own destiny ». Il a fallu qu’elle affronte le qu’en-dira-t-on, elle a dû trouver en elle la force de se battre, de ne pas accepter ce qu’on lui imposait. Seule elle pouvait réellement savoir ce qui était bon pour elle. Ce titre insiste sur la capacité de chacun à trouver ce qu’il cherche au fond de lui-même. Les autres peuvent mettre des obstacles, des barrières, à nous de les réduire en poussière. Le piano est ici l’instrument prédominant.

The song is called, “The Miseducation of Lauryn Hill,” and it has a lot to do with how I figured out some things from my life. It doesn’t necessarily mean miseducation like I didn’t do well in school – as I did do good in school – but it has a lot to do with finding out about your own aspirations and your own dreams, and not those dreams and those aspirations that some might have for you. It’s a song about movement and growth and inspiration.
Lauryn Hill

Enfin, l’amour. L’amour est le liant qui unit quasi toutes les chansons de cet album. Ex-Factor, une de mes chansons préférées, est paru en tant que single le 8 décembre 1998. Lauryn Hill y décrit une expérience amoureuse toxique dont elle a du mal à s’en sortir. Consciente que cette relation ne fonctionne pas, elle tente sans cesse d’y mettre fin. Et chaque fois, elle est rattrapée par son amant qui panique et parvient à la convaincre de rester avec lui : « And when I try to walk away / You’d hurt yourself to make me stay / This is crazy, this is crazy ». Dans Doo Wop (That Thing), elle informe tour à tour les femmes et les hommes de se méfier de la personne qu’ils ont en face, que celle-ci ne soit pas juste intéressée sexuellement, prête à les exploiter.

On retrouve de nombreux artistes sur cet album. Mary J. Blige accompagne la chanteuse sur I Used to Love Him. Carlos Santana est le guitariste crédité pour To Zion. John Legend, alors encore inconnu du grand public, est le pianiste crédité pour Everything is Everything. Et bien sûr, il y a ce duo, si sensuel, avec le chanteur et musicien D’Angelo, Nothing Even Matters.

The Miseducation of Lauryn Hill est un album puissant sur lequel Lauryn Hill n’hésite pas à faire appel à ses qualités de vocaliste mais aussi de rappeuse. Elle mélange à la fois les rythmes classiques du rap, du hip-hop, du reggae et de ses influences caribéennes dans ses chansons. Dans Lost Ones, elle nous sort en fin de composition un profond et languissant what a bam-bam rappelant Sister Nancy et son Bam Bam qui a inspiré tant de célébrités sur la scène musicale. Le résultat de cette pluralité en matière de genres musicaux : un album qui a su toucher le monde entier, qui après vingt années de longévité continue d’inspirer.

À propos de cet album

Artiste Lauryn Hill
Titre The miseducation of Lauryn Hill
Parution 25 août 1998
Prix 10.99 €
Disponible sur Amazon

Une réflexion sur « The Miseducation of Lauryn Hill, déjà vingt ans depuis sa parution »

  1. Lauryn Hill est une chanteuse qui a également bercé mon enfance. Merci à toi pour ce délicieux retour en enfance et pour nous faire revivre chaque chanson. Je vais de ce pas modifier ma playlist.

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