Story d’Antonny Drew

Copyright : Antonny Drew

Story est un magnfique album du chanteur guadeloupéen Antonny Drew. Il est sorti au cours du mois de mai dernier, chez le label Believe / Serenity Events. Story, c’est surtout douze titres complètement aboutis, avec lesquels le chanteur nous invite à partager son background musical, des rythmes rappelant ses origines culturelles. Ainsi, Antonny Drew nous livre sa vision de la soul, du reggae, de la musique traditionnelle, et du konpa massivement présent dans ses chansons.

Antonny Drew est un chanteur qui a la capacité de complètement captiver son audience, avec sa tessiture grave et la puissance qu’il implique dans chacune de ses paroles. Je crois que je vous l’avais déjà dit, mais cet artiste est véritablement l’un de mes coups de cœur de la soirée du concert caritatif, le Drépaction 2014. Il y avait interprété les chansons Péyi An Mwen, Doo et Yalla Yalla !, que je vais vous présenter dans les paragraphes suivants, alors qu’il était accompagné de David Mitrail au piano, Randy Jacobson à la guitare et de Yoan Zebina à la basse.

L’histoire que nous délivre Antonny Drew

Péyi Mwen est une déclaration d’amour d’Antonny Drew à son île natale, la Guadeloupe. Dans cette chanson qui marque le début de cet album, le chanteur montre sa fierté pour sa culture et ses origines. Sa force, il la tire de son appartenance culturelle et de la beauté du patrimoine guadeloupéen. Cette jolie chanson est introduite à la guitare, de manière acoustique, et c’est la voix du chanteur qui semble lui donner la dimension qu’elle possède. Péyi Mwen est une sorte de louange chantée en l’honneur de l’île antillaise.

Pèpl an mwen, sé pèpl ki ja soufè, pèpl ki konnèt doulè
Fòs an mwen, i adan kilti an mwen, mwen sé nèg é mwen fiè
An pa bizwen palé, listwa an mwen chajé

Tèt an mwen bien si zépol an mwen, lè an ka vansé ba mwen lè
Nonm an mwen, koté karibiyan an mwen sé kon lò i ni valè
An pa bizwen palé, listwa an mwen chajé

Antonny Drew

Le deuxième chapitre de cet album s’intitule Yenki Nou Dé. Avec cette chanson, Antonny Drew évoque pour la première fois dans Story les relations sentimentales. Toujours sur la base d’une guitare acoustique, le jeune chanteur décrit ce qu’il ressent vis-à-vis de la femme avec laquelle il a rendez-vous. Son parfum l’enivre, ses courbes le perturbent, elle a un grand pouvoir de séduction auquel il ne sait comment résister. Yenki Nou Dé, mot à mot « rien que nous deux », possède des sonorités proches de celles de l’album Haïtian Troubadours, notamment de cette chanson de Michael Benjamin, Ou Pati.

Mwen Love est une nouvelle chanson d’amour. Après tout, comme nous l’avait lui-même dit Antonny Drew lors du Drépaction, une bonne histoire possède forcément des passages d’amour. Avec Mwen Love, la guitare est à nouveau la star des instruments. Ce titre est surtout une déclaration que le chanteur offre à l’élue de son cœur. Il lui proclame qu’elle est la numéro 1 dans son cœur et qu’il est la seule qu’il veut dans sa vie.

Gwada Ka Pléré est une chanson que l’on retrouve à deux reprises dans Story. La première fois qu’elle apparaît dans l’album, elle possède les allures d’un chouette morceau de reggae. Cette première version de Gwada Ka Pléré est déjà bien intéressante, mais c’est bien la deuxième version de cette chanson, strictement acoustique, que je préfère. Onzième titre de Story cette fois, Gwada Ka Pléré est interprété de telle sorte que ce soit bien la voix du chanteur qui soit « l’instrument prédominant ». D’un point de vue musical, je trouve que la voix du chanteur se retrouve bien plus mise à son avantage, et que les paroles ont bien plus de sens avec ses arrangements. Gwada Ka Pléré est un titre cette fois joué sur les notes d’un piano. Cette chanson est un rappel à l’ordre adressé aux guadeloupéens. Vous en avez très certainement entendu parler, mais la Guadeloupe a été l’année dernière le département le plus meurtrier de la France. Et les violences continuent d’affliger bien des souffrances aux populations antillaises, parce que disons-le franchement, en Martinique, il y a également eu une recrudescence des agressions.

Le cinquième morceau de Story est la preuve vivante que la nouvelle génération de la scène locale n’a pas oublié le konpa, un genre musical qui nous provient d’Haïti. Depuis que j’ai commencé à écrire ces quelques chroniques d’album, je dois bien vous dire que j’ai été assez agréablement surprise de voir que des artistes tels que Swé, Antonny Drew ou encore T-Micky pour ne citer qu’eux, ont définitivement décidé de marcher dans les pas de leurs prédécesseurs. Premyé Fwa est le premier morceau que j’associerai au konpa de l’album d’Antonny Drew. Avec ce titre, le chanteur nous propose une intrigue bien moins sérieuse que celle de la chanson précédente. Premyé Fwa c’est surtout l’histoire de la première fois que le jeune homme rencontre sa dulcinée.

En tant que sixième chanson de cet album, on retrouve On Doucè, une reprise de la chanson du même titre chantée originellement par Gilles Floro. Gilles Floro est un chanteur français, originaire de la Guadeloupe. Il a longtemps marqué la musique caribéenne grâce à des chansons comme A Pa Pawol Anlè, Rèv Bleu ou justement On Doucè. Cette année, cela fait déjà 15 années que la Guadeloupe déplore son absence, et cet hommage que nous propose Antonny Drew semble tomber à point nommé. Sa reprise d’On Doucè est assez classique et son interprétation reste authentique. Même le solo de saxophone est bien présent dans cette nouvelle interprétation.

Puis, en reprenant une nouvelle fois le rythme caractéristique du konpa, Antonny Drew nous présente le titre Pwomès, peut-être l’un des morceaux que je préfère dans cette très belle histoire pleine de rebondissements. Cette chanson reprend les paroles d’un homme amoureux qui souhaiterait voir évoluer positivement la dernière relation sentimentale qu’il a entretenu. Il chante dans le refrain les mots : Ou té pwomèt mwen ou té ké rété, ‘Té pwomèt mwen sa té diré, qui signifie en français « Tu m’avais promis que tu resterais, Tu m’avais promis que ça durerait ». La cadence de cette chanson est plus lente que Premyé Fwa, mais tout aussi intéressante de par le mélange orchestré des instruments qui s’y enchaînent parfaitement. Même mes parents adorent ce titre, c’est pour vous dire !

Ou Té Tini Rézon ne dure que deux minutes et cinquante-quatre secondes. Et pourtant, il s’agit d’une réelle prouesse vocale du jeune chanteur. Ce titre, sûrement le plus émouvant de cet album, est chanté d’une voix puissante et d’un seul trait. Il s’agit d’une harmonie absolue entre le piano et la voix d’Antonny Drew. Parfois, je pense que la musique ne s’explique pas, elle se vit, elle se ressent, et sa chanson en est un excellent exemple : "Ou té tini rézon fè mwen pléré, Ou té tini rézon fè mwen ségné, An jou ké ni padon solèy kléré, Nou tout ka pran léson lè lannuit vin tonbé, Sé pas mwen désidé accepté san an mwen, Ké jòdi mwen ka di 'Ou té tini rézon'"

Je pense que l’une des principales raisons pour laquelle je me suis mise à chercher des informations sur Antonny Drew, est la représentation live de Doo, à laquelle j’ai eu la chance d’assister alors qu’il répétait encore pour son passage au Zénith. Je me souviens l’avoir d’abord vu arriver sur scène, l’air de rien, et me surprendre par cette voix si grave et si captivante. Antonny Drew est le genre de chanteur capable de faire à tout un auditoire retenir son souffle le temps d’une chanson. Alors qu’il chantait Doo, je me souviens de ne pas avoir quitté les yeux de la scène. Aujourd’hui, cette chanson qui figure dans son album en tant que dixième chapitre de cette histoire, est exécuté de la plus simple des façons. Il s’agit d’un titre dans lequel le chanteur demande pardon à celle qu’il aime. C’est un des textes qui donne l’illusion que le chanteur a tout vécu des relations amoureuses, malgré sa jeunesse. Si vous hésitez encore à acheter cet album, écoutez juste ce morceau.

Pour reprendre un tempo bien plus rythmé, The End suit la belle interprétation de Doo. The End décrit la fin d’une histoire d’amour. Antonny Drew y décrit son incapacité à satisfaire tous les besoins de son ex. Il lui souhaite de trouver un homme qui saura combler tous ses manques, et se retrouve contraint de constater que c’est la fin de leur relation. Bien que la situation soit douloureuse, elle semble nécessaire pour que les deux êtres puissent chacun évoluer en toute tranquillité.

Enfin, Yalla Yalla !, douzième et dernière chanson de Story, est sans aucun doute l’une des plus joyeuses chansons de Story. Avec Yalla Yalla !, Antonny Drew nous invite à viser la lune pour arriver sur les étoiles. Si chacun d’entre nous se fixe des objectifs, et se met à réellement travailler pour les atteindre, la vie ne peut qu’en être meilleure. Tel est le discours que nous invite à entendre Antonny Drew avec cette chanson qui possède une musicalité nuancée et rayonnante.

Je serais bien incapable de vous dire quelle chanson parmi ces douze titres est celle qui me touche le plus ! Story est vraiment un très bel album, dont il fallait absolument que je parle. Je suis persuadée qu’Antonny Drew a une belle carrière qui l’attend. Et si vous en avez la possibilité, allez le voir sur scène ! Ce qu’il dégage est vraiment indescriptible. Vous pouvez télécharger Story d’Antonny Drew sur Amazon.



TRACKLIST :
01 – Péyi Mwen
02 – Yenki Nou Dé
03 – Mwen Love
04 – Gwada Ka Pléré
05 – Premyé Fwa
06 – On Doucè
07 – Pwomès
08 – Ou Té Tini Rézon
09 – Doo
10 – The End
11 – Gwada Ka Pléré (Acoustique)
12 – Yalla Yalla !

2 réflexions sur « Story d’Antonny Drew »

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