Billie-Eve d’Ayo

Bilie Eve d'Ayo
© AYOmusic

Ayo, la célèbre interprète de Down On My Knees, Without You ou encore And It’s Supposed To Be Love, nous offre cette année un nouvel album juste MAGNIFIQUE. Un album plein de vie et de couleurs qui reprend parfois des thèmes difficiles, dont notamment celui de la drogue avec « Black Spoon », mais dont le principal message serait « Live what you dream » (Faites de votre vie un rêve). Cet album s’intitule Billie-Eve, un jeu de mot avec le verbe « believe » qui signifie « croire » [source]. C’est aussi et surtout le prénom de sa fille née en juillet dernier. Comment imaginer une plus belle déclaration d’amour… Ayo nous présente ici l’espoir et la joie de vivre comme étant ses principales armes pour affronter la vie quotidienne. Pour ma part, ce troisième album est tout simplement révélateur de son évolution musicale. Elle y mélange des sonorités soul, reggae et rock en réunissant des intruments comme le piano, la guitare (électrique, acoustique, basse), le violon, la batterie… Elle a su y mettre ses émotions avec un naturel sans pareil. C’est, selon moi, l’album le plus accompli de sa discographie, et c’est tout simplement celui que je préfère !

How Many People, le premier morceau de Billie-Eve démarre par une introduction piano/voix, avant de nous gratifier — avec l’arrivée de la guitare basse, de la guitare électrique et de la batterie — d’un rythme beaucoup plus reggae. Ayo s’y interroge sur la capacité qu’à l’être humain à dissimuler parfois sa véritable nature pour rentrer dans une norme, celle que nous véhicule la société d’aujourd’hui. « How many people really speak their minds ? » Souvent, on refoule nos pensées par peur de déplaire à autrui, on base nos décisions sur des préjugés, on achète des choses dont on n’a pas vraiment besoin… De manière consciente ou non. Et le regrettons-nous vraiment ? Cette chanson nous amène à nous rendre compte de notre comportement actuel.

Le deuxième morceau est un titre plutôt rock et plein de bonnes vibrations : I’m Gonna Dance. Il s’agit d’un hymne à la vie, puissant aussi bien d’un point de vue musical que textuel. L’artiste décrit ici son besoin de donner, aimer, sourire, crier… « I am tired ! Of holding my breath. I wanna live, I wanna give, I wanna have sex. I wanna feel good. I am alive ! Don’t wanna be dead. I wanna feel, I wanna smile, I wanna love, I wanna cry. I wanna be as happy as I should. » Elle décrit un réel besoin de sentir vivante, de rire et danser sans trop se soucier de ce que la vie peut apporter de pire. Une manière de conjurer le mauvais sort… I’m Gonna Dance est le premier single extrait de de Billie Eve, son clip date de décembre dernier.

Vient alors mon véritable coup de cœur du moment, la chanson qui m’a le plus touché en écoutant l’album, celle que j’écoute en boucle depuis quelques jours maintenant : Black Spoon. C’est dans un décor sombre qu’Ayo nous dresse le portrait d’une personne détruite par des injections d’héroïne. D’ailleurs, le titre de cette chanson, Black spoon — « cuillère noire » en français — fait référence à celle utilisée par les toxicomanes pour dissolver l’héroïne brune et se l’administrer. « Some of that white sugar will stop the blues. » Ces personnes dépendantes sont persuadées du bien que leur procure la drogue, et feraient malheureusement n’importe quoi pour que cette sensation dure toujours. Ayo énonce les conséquences de ces pratiques : des amis perdus à force de trahisons, des pleurs, des douleurs osseuses, des rêves envolés, des cœurs brisés. Elle traite de ce sujet délicat avec une voix douce et un discours emprunt d’émotions.

Le quatrième titre de cet opus, I Can’t, nous replonge dans une ambiance plus légère, comme pour détendre l’atmosphère créée par Black spoon. Ayo y chante le caractère indécis que l’on a face aux relations sentimentales. L’amour est censé être donné sans rien attendre en retour. « If love is so nice what does it hurt so bad ? » Et pourtant, l’être humain aime en égoïste car, sans se l’avouer, il espère pouvoir contrôler l’intensité des sentiments de sa moitié. Ainsi, il se retrouve pris au piège. « I can’t say yes and I can’t say no. I can’t sleep, I can’t wake up. I can’t move, I am stuck. I’m stuck. »

Flowers est une jolie dédicace à toutes les femmes mal dans leur peau. Il existe des fleurs de toutes les couleurs, de toutes les formes… Il en va de même pour les femmes, nous déclare Ayo. Et chacune d’entre elles, indépendamment de ses origines, de sa corpulence, de son teint, possède sa propre élégance. « How come you cannot see your glory? You’re a flower, you’ve got to love yourself. » Ayo s’adresse aux femmes complexées en leur apportant beaucoup d’amour à travers cette ballade. Son message est le suivant : « Ne cherchez pas à faire de comparaison, votre unicité crée votre beauté ». La guitare donne à ce morceau beaucoup de tendresse et de poésie. Et la voix d’Ayo se fait très douce, comme pour montrer son immense compassion. Un pur régal pour les oreilles.

Toujours avec une tonne d’amour à distribuer, Ayo nous gratifie d’un sublime Real Love. Sur des sonorités reggae, elle remercie Dieu de lui en avoir autant donné et lui déclare son amour inconditionnel. Elle Le remercie également de lui avoir offert la plus belle des bénédictions entre ses mains : ses enfants. « This must be real love » (Ce doit être de l’amour sincère). Puis elle s’adresse à son bébé qui pleure, avec des mots pour l’apaiser et la rassurer : « My baby love, don’t you cry. Mama is here to sing you a lullaby. »

Julia est probablement la chanson la plus triste de Billie-Eve. Ayo y reprend l’incompréhension que peuvent ressentir les malades et leurs familles. Cette chanson est tirée d’une histoire vraie, celle de Julia, une petite fille atteinte d’un cancer incurable [source]. Ce morceau est profond et Ayo l’interprète avec une sincérité juste émouvante. « I know You have reasons but this seems unfair. » Comment accepter la situation ? Comment affronter le désarroi des parents ? C’est si dur d’admettre que nous sommes impuissants face à l’immensité de la vie. « What would her father give for his Julia to live ? Sure he’d do everything to keep her from it… »

Dans un registre plus rock, Ayo revient avec My Man. Elle s’y confesse un peu à cœur ouvert. Mon meilleur passage : « You’re good and you’re bad. You’re the best thing I ever had. I am good and I am bad. Probably the worst thing you ever had. » (Tu es bon et tu es mauvais. Tu es la meilleure chose que j’aie jamais eu. Je suis bonne et je suis mauvaise. Probablement la pire que tu aies jamais eu.) C’est surprenant de savoir que ce titre n’était à l’origine qu’une demo qu’Ayo a décidé d’inclure à son album tant celui-ci semble accompli et réfléchi [source]. Comme quoi la spontanéité est source de fraîcheur :)

It’s Too Late est un mélange de soul et de reggae. Ce morceau est d’ailleurs remarquablement joué par les musiciens qui accompagnent l’artiste. On mesure toute l’importance du piano dès les premières notes du refrain, alors que l’intensité avec laquelle Ayo et ses chœurs chantent est crescendo. Ici, elle évoque l’incompréhension, la souffrance et la mesure du temps face aux blessures. « I never felt so hated when I was so in need of love. » (Je ne me suis jamais sentie aussi détestée alors que j’étais en manque d’amour.)

Puis, un violon vient accompagner la guitare pour Who are they ?. Ce morceau, très acoustique, dénonce les personnes qui pensent pouvoir contrôler le monde et indiquer à chacun le rôle qu’il doit jouer dans sa vie. Il met également l’accent sur les personnes qui pensent qu’il n’est pas nécessaire de travailler dur pour atteindre les objectifs qu’elles se fixent. Un peu à l’image d’une partisante du travail et de la liberté d’autrui, Ayo nous questionne : « Who are they to separate what God gave ? » (Qui sont-ils pour séparer ce que Dieu a donné ?)

We’ve got to est une chanson très dynamique! Son rythme s’oppose totalement à celui proposé dans Who are they ?. Les accords de la guitare électrique y sont juste excellents! Par ailleurs, un changement de tempo de l’instrumental apparaît au milieu de la chanson pour laisser place à un « dialogue » entre Ayo et ses chœurs. Le message de cette piste est simple : « La vie est faite d’échanges, alors partageons nos joies, nos pleurs, nos espoirs! Soyons présents les uns pour les autres. ». « We’ve got to be there for each other! » Le morceau se termine sans l’aide d’instruments, seulement à la force de claquements de doigts. La valeur ajoutée ? Un peu plus d’humanisme et de naturel ! Classique mais efficace.

L’album continue avec Before (After), un morceau que je qualifierais d’ultrapuissant. Je vais me répéter (désolée) mais j’ai adoré cette chanson! Ayo y parle de souffrance et de blessures difficiles à guérir. Et bien qu’il ne s’agisse pas de thèmes faciles à aborder, son interprétation rend le discours à la fois déchirant et agréable. On est vraiment en équilibre à la frontière de ces deux sentiments contradictoires. Ayo a cette immense faculté de tenir son auditeur en haleine jusqu’à la fin de la mélodie qu’elle interprète. Celle-ci s’achève sur un solo de guitare époustouflant, tout à fait en axe avec la noirceur de cette chanson.

Accompagné de Matthieu Chedid à la guitare, aussi connu sous le pseudonyme -M-, Ayo explore une nouvelle fois le thème de la souffrance avec It Hurts : « ‘Cause when it hurts, oh it hurts… And there ain’t no words. ». Et c’est tout en douceur qu’évolue cette chanson, un vrai plaisir pour les romantiques et les personnes en manque d’amour.

Believe est un slam écrit et chanté par Saul Williams, un poète, auteur/compositeur d’origine américaine, notamment connu pour son film Slam, sorti en 1998. Ici, sa voix grave crée une certaine intimité entre le narrateur et son auditoire. On se reconnaît en tant que réel spectateur et l’on comprend qu’il s’agit presque d’une confession personnelle qui nous est livrée. « I have learned the sing before I learned the cry ». Ayo l’accompagne à la guitare et en tant que chœur sur ce morceau.

Deux morceaux supplémentaires sont ajoutés en « bonus » à Billie-Eve. Tout d’abord, Ayo décide de faire un hommage à Michael Jackson en reprenant I want you back des Jackson 5. Une reprise simple mais non sur-jouée et donc appréciable à juste titre. Enfin, I’m Sorry, le dernier titre de cet opus. Celui-ci nous confronte au pardon. « Everybody breaks a heart and everybody’s heart gets broken […] Please believe me when I say I’m sorry. »

Album à multiples facettes, Billie-Eve est actuel, tendre, émouvant, puissant, doux, reggae, soul/rock, triste et joyeux à la fois. Ayo y chante l’amour, l’espoir, le désespoir, la joie, la maladie, la compassion, l’indifférence… Je termine cet article en espérant avoir su vous convaincre d’écouter cet album.


TRACKLIST :
01 – How Many People
02 – I’m Gonna Dance
03 – Black Spoon
04 – I Can’t
05 – Flowers
06 – Real Love
07 – Julia
08 – My Man
09 – It’s Too Late
10 – Who Are They
11 – We’ve Got To
12 – Before (After)
13 – It Hurts featuring Matthieu Chedid
14 – Believe featuring Saul Williams
15 – I Want You Back (Bonus)
16 – I’m Sorry (Bonus)

2 réflexions sur « Billie-Eve d’Ayo »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.