And Then There Were None, le magnifique roman à suspense d’Agatha Christie

And Then There None d'Agatha Christie
Copyright : HarperCollins

Agatha Christie est la romancière la plus célèbre au monde.
Et pour cause ! Cette écrivaine anglaise détient le record Guinness de la romancière la plus vendue dans le monde avec plus de deux milliards de copies de livres vendus. Ses œuvres arrivent en troisième position du classement des livres les plus largement publiés au monde, seulement après les œuvres de Shakespeare et la Bible. Elle a été traduite en, au moins, 103 langues, également un record pour un écrivain.

And Then There Were None est aujourd’hui considéré comme le chef d’œuvre le plus remarquable d’Agatha Christie, le livre jugé le plus difficile à écrire par l’auteure elle-même. J’avais très envie de relire cette histoire que j’avais, je crois, lu adolescente dans son édition française.

Un scénario hors du commun

À la fin d’un été particulièrement chaud sur la côte anglaise, dix personnes sont invitées par un millionnaire à passer le week-end sur une petite île isolée. Ce sont dix inconnus plein d’espoir et d’attentes, qui se pensent chanceux d’avoir été sélectionnés pour vivre un moment incroyable. Certains sont là pour le travail, d’autres simplement pour le plaisir de partager la compagnie de cet hôte mystérieux.

Mais, lors de la première soirée sur cette île, après moult rebondissements, un des invités meurt. On croit d’abord à un hasard, une coïncidence… Mais dès le lendemain, il semblerait que tous les habitants de l’île soient condamnés selon la prose d’une comptine déconcertante suspendue dans la chambre de chaque invité.

Ten little soldier boys went out to dine;
One choked his little self and then there were Nine.

Nine little soldier boys sat up very late;
One overslept himself and then there were Eight.

Eight little soldier boys travelling in Devon;
One said he’d stay there and then there were Seven.

Seven little soldier boys chopping up sticks;
One chopped himself in halves and then there were Six.

Six little soldier boys playing with a hive;
A bumble bee stung one and then there were Five.

Five little soldier boys going in for law;
One got in Chancery and then there were Four.

Four little soldier boys going out to sea;
A red herring swallowed one and then there were Three.

Three little soldier boys walking in the Zoo;
A big bear hugged one and then there were Two.

Two little soldier boys sitting in the sun;
One got frizzled up and then there was One.

One little soldier boy left all alone;
He went and hanged himself and then there were None.

Aucune issue n’est possible. Il n’existe aucun moyen de rejoindre la côte depuis l’île, le ferry servant à cet effet étant indisponible avant la fin du week-end. Chacun des invités a sa théorie, la suspicion s’est définitivement installée au sein de la demeure. Et, plus le nombre de morts augmente, moins les personnes encore en vie se font confiance. Le tueur est forcément parmi eux.

On apprend qu’en réalité, chaque invité possède un terrible secret : chacun d’entre eux est coupable de meurtre. Il s’agit de meurtres restés impunis car la loi ne sait que faire des situations improbables dans lesquelles se sont retrouvés nos personnages. Ce sont des meurtres pour lesquels la culpabilité ne peut être prouvée.

À la lecture de ce texte, j’essayais de comprendre comment ces différentes morts pouvaient survenir de manière si parfaite. J’essayais en vain de m’imaginer pourquoi le tueur a pris le temps d’orchestrer tous ces scénarios. Sa motivation semble claire… la justice. Mais quel adepte de la justice peut élaborer un plan si préjudiciable ?

And Then There Were None est un roman absorbant, admirablement bien écrit. Chacun des personnages est intensément intéressant. Et bien que je n’étais pas sentimentalement attachée à chacun d’eux, je pensais que quelque chose pouvait empêcher l’inévitable. Mais j’avais tort…
Tout ce que je peux vous dire, ce que je n’attendais pas du tout cette fin ! C’était vraiment palpitant d’essayer de résoudre ce mystère. J’étais tellement impressionnée par l’intelligence de ce scénario que je n’ai pas pu m’arrêter de lire avant la dernière page.

En définitive, je peux recommander cette lecture à tous les amateurs de bons thrillers ; d’autant plus que, selon moi, la force d’Agatha Christie réside également dans le fait qu’il s’agisse d’une lecture relativement courte, de seulement de 224 pages. Pas de fioritures donc, que de l’action !

Quelques mots sur ce titre And Then There Were None

Ce roman d’Agatha Christie ne s’est pas toujours intitulé ainsi. Ce livre a originellement été publié en 1939 sous le nom Ten little Niggers, un titre emprunté à une chanson datant du XIXème siècle qui figurait dans des spectacles proposant des représentations de blackface.

En 1940, Dodd, Mead & Co., une maison d’édition américaine, s’apprête à publier Ten little Niggers. Elle juge alors le titre de ce livre offensif pour la communauté afro-américaine, et pas assez « vendeur » pour les natifs américains. C’est ainsi que sort la première édition américaine de ce livre sous le titre And Then There Were None. Dans celle-ci, toutes les références à « Nigger » dans le texte sont supprimées, et l’histoire ne se déroule non plus à Nigger Island mais à Soldier Island.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là ! La bataille des noms fait rage. Au fil des éditions, le livre est toujours connu sous Ten little Niggers au Royaume-Uni, et sous And Then There Were None aux États-Unis. Jusqu’à ce qu’en 1964, Pocket Books, appartenant au groupe Simon & Schuster, une maison d’édition américaine basée à New York, a la très bonne idée de publier le livre sous le titre Ten little Indians : Ten Little Indians étant le nom originel de la comptine qui a inspiré Agatha Christie pour cette histoire.

Ce n’est seulement quelques années plus tard que les maisons d’édition anglophones s’entendent sur le fait qu’il ne faut ni utiliser le terme « Niggers » ni « Indians » pour le titre de ce roman.

En 1977 sort la dernière édition du livre sous le titre Ten Little Niggers au Royaume-Uni. En 1986 sort la dernière édition du livre sous le titre Ten Little Indians aux États-Unis. Dès lors, le titre du livre est définitivement devenu la dernière ligne de la comptine « And Then There Were None », et les « ten little individuals » sont devenus des soldats, « soldier boys ».

Mais ceci n’est vrai que pour les éditions anglophones de ce livre. Aujourd’hui, la plupart des versions étrangères de ce texte possède encore le titre original de ce roman. Le titre de la version française de ce livre est toujours Dix petits nègres, la version allemande s’appelle encore Zehn Kleine Negerlein. En vietnamien, c’est même Mười người da đen nhỏ, que l’on pourrait traduire par Dix petits noirs.

À propos de ce livre

Titre original Ten little Niggers
Auteur Agatha Christie
Éditeur HarperCollins
ISBN 9780007136834
Prix 8.20 €
Nombre de pages 224 pages
Date de parution 1 mars 2003
Première publication 6 novembre 1939
Ma note ★★★★★
Disponible sur Amazon

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