Tu as promis que tu vivrais pour moi de Carène Ponte, l’histoire d’une amitié éternelle

Tu as promis que tu vivrais pour moi de Carène Ponte
Copyright : Michel Lafon

J’avais adoré le premier roman de Carène Ponte intitulé Un merci de trop, paru l’année dernière au format poche chez Pocket. À sa lecture, j’y ai découvert une écrivaine pleine d’humour avec un style pétillant, et une aventure complètement déjantée. J’avais donc très envie de découvrir son deuxième roman Tu as promis que tu vivrais pour moi.

J’ai eu l’immense chance il y a quelques mois de gagner ce livre via un concours organisé par la romancière elle-même ; c’est donc avec beaucoup de plaisir que je vous présente aujourd’hui cette jolie histoire.

Une amitié qui vit au-delà de la mort

Je refuse de me lever et d’affronter cette journée. Parce que cela voudra dire que ma meilleure amie est définitivement partie. Et je ne veux pas lui dire au revoir. Pas dans une église gelée, remplie de gens en pleurs.
Je ne veux pas que chaque vendredi soit à jamais marqué par l’image d’un cercueil fermé. C’est au-dessus de mes forces.

Molly n’a pourtant pas le choix. Marie, sa meilleure amie, vient de succomber des suites d’une maladie terrible. Elle doit se lever, faire face à cette journée, apprendre à vivre avec la douleur. Cela faisait vingt-cinq ans que Molly et Marie se connaissaient, vingt-cinq années durant lesquelles leur amitié n’a cessé de croître. Les deux amies ont vécu de nombreuses choses ensemble, elles se connaissaient sur le bout des doigts, « mieux que personne » d’autre.

Cette journée accablante, Molly est obligée de la vivre, de faire avec. L’enterrement, les personnes recueillies, la tristesse qu’elle ressent, tout est insupportable. La jeune femme ne cesse de se remémorer alors la dernière requête de son amie : « Je voudrais que tu vives pour moi. […] Que tu vives pour nous deux. Que tu profites de la vie à ma place. Comme ça, j’aurais l’impression de ne pas mourir totalement. ». Mais comment faire pour vivre pour deux quand on n’a plus aucune joie de vivre ? Et surtout, quels leviers doit-on actionner pour dynamiser son quotidien ?

Elle m’a demandé de vivre pour elle. Et là, dans cette église, je ne vis pas, elle ne vit pas. Là, dans cette église, soudain, c’est trop dur. Je me sens comme oppressée, je peine à trouver de l’air pour respirer. Il faut que je sorte, je ne peux pas rester là, où il n’y a que la mort et le chagrin. Que le désespoir et les adieux que l’on ne devrait jamais avoir à faire.

Actuellement, Molly vit chez Germain, un homme avec lequel elle partage sa vie depuis près de six mois. Elle le rencontre seulement quinze jours après à une rupture difficile, et très vite, de fil en aiguille, elle s’installe avec lui. Germain est un gentil garçon, oui, mais Molly a-t-elle seulement pris le temps de respirer entre ses deux dernières relations ? Est-elle vraiment sûre qu’il est l’homme de sa vie ?

Quant à sa carrière professionnelle, c’est simple, elle est inexistante. La jeune femme travaille dans une brasserie chic de Paris tenue par un ami de sa mère. Ce n’était pas un choix de cœur, mais une activité salariée qu’elle a acceptée « pour faire le point sur [sa] vie » à une période où elle enchaînait les petits boulots. Sauf que ça fait maintenant six ans qu’elle est serveuse.

Quelques jours après l’enterrement, Molly reçoit un recommandé. Elle y trouve une lettre de son amie Marie accompagnée de douze autres enveloppes : une pochette pour chaque mois de l’année, un an de correspondance mystérieuse par laquelle Marie donne un défi mensuel à Molly dans l’idée que cette dernière vive pour elles deux. Bien que cette histoire semble complètement farfelue, pour Molly c’est l’occasion inouïe de réaliser les dernières volontés de sa meilleure amie. Elle va donc prendre très au sérieux ces petites missions.

Par le biais de ces lettres, on découvre avec tendresse l’humour de Marie et l’amitié qui lie les deux femmes. Molly n’a aucune idée d’à quel point son quotidien va s’en retrouver bouleversé. Mais elle en est aussi certaine, elle avait grand besoin de changement. « Ça ressemble à une décision prise sur un coup de tête. Peut-être que c’est le cas. Mon esprit tourne en boucle. » Elle va ainsi petit à petit faire son deuil et retrouver goût à la vie.

Et soudainement, […] le visage de Marie s’est imposé. Et c’est un sentiment de gratitude que j’ai ressenti. Instinctivement. Je l’ai intérieurement remerciée de m’avoir mise sur cette route, de m’avoir offert la chance de vivre ce moment inestimable.

J’ai beaucoup aimé ce deuxième roman de Carène Ponte. J’ai particulièrement apprécié l’élément surprise de son histoire, et j’ai adoré cette amitié qui semble survivre à la mort. Ce livre, bien qu’il ne traite pas un sujet des plus simples, nous propose une bonne lecture aux notes finalement très positives. Je continuerai volontiers de suivre cette romancière car elle sait comment émouvoir son lecteur tout en l’embarquant dans un univers original. Aussi, j’ai pris plaisir à découvrir ses petites notes et ses remerciements à la fin du livre, il s’y dégage un profond humour et une reconnaissance sans pareille.

Tu as promis que tu vivrais pour moi sera disponible au format poche dès le 7 juin 2018, une future parution des éditions Pocket. J’ai d’ailleurs hâte de découvrir sa première de couverture, car j’adore l’esthétique de celle d’Un merci de trop. Son troisième roman à venir est d’ores-et-déjà dans les starting-blocks, il s’intitulera Avec des Si et des Peut-être et sortira le 24 mai prochain.

Je tiens à remercier ici une nouvelle fois Carène Ponte pour l’envoi de son roman pendant les fêtes de Noël et pour sa gentille dédicace. J’ai été touchée par ce magnifique cadeau.

À propos de ce livre

Titre original Tu as promis que tu vivrais pour moi
Auteur Carène Ponte
Éditeur Michel Lafon
ISBN 9782749932194
Prix 18.95 €
Nombre de pages 368 pages
Date de parution 1 juin 2017
Mon appréciation ★★★☆☆
Disponible sur Amazon

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