Ma fille de Jane Shemilt, ou ce que l’on sait vraiment des personnes qui nous entourent

Ma fille de Jane Shemilt
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Ma fille est le premier roman de l’écrivaine britannique Jane Shemilt. Avant de se plonger pleinement dans l’écriture, cette romancière a exercé en tant que médecin à Bristol, en Angleterre, où elle vit avec son mari et leurs cinq enfants. Elle obtient, alors qu’elle continue en parallèle de travailler dans son cabinet de généraliste, un diplôme d’Études supérieures en Création littéraire à l’Université de Bristol, puis une maîtrise en Écriture créative à Bath Spa University. C’est ainsi qu’elle réalise son rêve.

Daughter paraît en août 2014 chez Penguin Books. En France, ce livre paraît d’abord aux éditions Le Cherche-Midi en 2016, avant de sortir en septembre dernier au format poche chez Pocket. La traduction en français nous est proposée par Karine Lalechère.

Que connaissons-nous réellement de la vie de nos proches ?

Ma fille c’est avant tout l’histoire de Naomi, une jeune adolescente de quinze ans. Naomi semble avoir tout pour elle, des amis à revendre, des activités extra-scolaires qu’elle affectionne, une famille prête à tout pour lui faire plaisir. Seulement voilà, un soir, Naomi ne rentre pas chez elle. Qu’a-t-il pu bien se passer pour que la jeune fille ne donne plus aucun signe de vie ? C’est ce que tentent d’élucider ses parents.

Un an plus tard, Naomi est toujours portée disparue. Sa mère, Jenny, tente l’impossible pour comprendre. Ne pas savoir ce qui s’est passé, c’est pire que tout : la peine, l’incertitude, la colère, les insomnies, l’angoisse, la panique… Commence alors la reconstitution du puzzle qu’est la vie de Naomi. Que connaissent finalement ses proches de la vie que menait cette jeune fille ? Car oui, à quel point connaît-on réellement la vie de son enfant ? Et Naomi est-elle encore en vie ? Toutes ces questions sont soulevées, et les réponses sont loin d’être celles auxquelles on pense.

Avec ce thriller psychologique, on s’interroge constamment. Pour les parents, comment réussir à donner une éducation correcte ? Quelle action définit de façon durable le comportement de nos enfants ? Comment être présent pour eux sans être surprotecteurs ? Jusqu’à quel point leur donner de l’espace n’est pas un synonyme de les abandonner ? Et surtout, comment leur garantir un avenir sans faille ?

Jane Shemilt nous propose de plonger dans le quotidien de cette famille composée de cinq personnes : Jenny et Ted, un couple marié, tous deux médecins, et leurs trois enfants, Theo et Ed, des jumeaux de dix-sept ans, et Naomi. Elle alterne des chapitres qui se passent au moment de la disparition de Naomi, et des chapitres qui ont lieu un an après, alors que les recherches n’ont rien donné. Cette construction nous permet de mieux appréhender ce qu’ont pu ressentir chacun des membres de la famille, à chaque moment de l’enquête.

Si on m’avait posé la question, j’aurais affirmé qu’elle était heureuse, que Ted et moi étions heureux ensemble. Que nous étions tous on ne peut plus heureux.

J’ai adoré le fait que le lecteur soit toujours en alerte, à l’affût d’indices sur ce qu’a pu arriver à Naomi. C’était une lecture divertissante dans laquelle derrière chaque vérité se cache un mensonge. J’ai aussi éprouvé beaucoup de compassion pour Jenny. Elle est celle qui, du point de vue des siens, a tous les défauts du monde, alors qu’elle n’a jamais souhaité que leur bien-être. Elle est humaine, avec ses qualités et ses défauts, mais n’est jamais traitée en tant que telle. Son angoisse, sa peine, son besoin « insupportable » de savoir, je les ai entendus. Je pense que pour un parent, rien ne doit être pire que cela, n’avoir aucune idée de ce qu’advient de sa chair et de son sang.

Alors que je les regardais marcher sur les trottoirs, vivants et indifférents, je songeai que cela ne faisait pas une semaine que je l’avais perdue. Je l’avais perdue bien avant sa disparition et je n’avais aucun moyen de savoir qui elle était devenue.

Dans la vraie vie, ça commence bien et ça se termine mal. Mais, en même temps, il n’y a jamais vraiment de fin.

Jane Shemilt nous offre un premier roman plein de suspense, un roman que l’on ne peut déposer sans continuer à penser aux personnages. La fin de ce livre m’a particulièrement hantée durant quelques jours. J’étais loin d’imaginer ce scénario en commençant Ma fille, et j’ai trouvé intéressant que l’auteure choisisse de nous confronter à cette réalité. Cette conclusion plaira à ceux qui adorent reconsidérer une histoire dans son intégralité suite à une révélation cruciale. D’autres émettront peut-être certaines réserves. Pour ma part, j’ai adoré me retrouver face à l’impensable, et j’ai beaucoup aimé découvrir comment cette écrivaine a amené cette conclusion. En somme, c’était une lecture agréable, déchirante, que je recommande à tous les fans de thriller.

À propos de ce livre

Titre Ma fille
Titre original Daughter
Auteur Jane Shemilt
Traducteur Karine Lalechère
Éditeur Pocket
ISBN 9782266269025
Prix 7.90 €
Nombre de pages 480 pages
Date de parution 14 septembre 2017
Première publication 28 août 2014
Disponible sur Amazon

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