La Tresse de Laetitia Colombani, trois femmes fortes en quête de renouveau

La tresse de Laetitia Colombani
Copyright : Grasset

La Tresse est le premier roman de l’actrice, scénariste, réalisatrice et écrivaine française Laetitia Colombani. C’est un livre poignant relatant l’histoire de trois femmes fortes et indépendantes, paru au mois de mai 2017 aux éditions Grasset. Il gagne en juin de cette même année le 40e Prix Relay des Voyageurs-Lecteurs.

La quatrième de couverture de cet ouvrage annonce un synopsis singulier, une volonté de liberté de trois femmes qui décident de prendre en main leur destin. Le lecteur suivra ainsi de manière croisée les aventures de ces trois personnages féminins, bien qu’elles ne vivent pas sur le même continent. La Tresse se lit très rapidement. La plume de Laetitia Colombani est juste ; elle propose une écriture fluide, directe et franche.

Trois femmes, trois pays, trois histoires

Dans cet écrit on découvre donc le destin de trois femmes courageuses, trois femmes qui sont prêtes à bouleverser le monde tel qu’il existe, prêtes à faire ce qu’il faut pour vivre et se battre jour après jour. Ces trois femmes que tout sépare et qui ne se rencontreront jamais sont pourtant liées par un même désir, celui de garder l’espoir que tout ira mieux demain.

Smita vit en Inde dans le village de Badlapur. Elle fait partie de la communauté des Intouchables. Dans la hiérarchie des différents groupes de la société indienne, les Intouchables sont considérés comme hors castes, des êtres impurs. Ces individus ont donc des métiers abjects, vivent avec moins que rien et sont l’objet de discriminations insupportables. Évoluant dans des conditions précaires avec son mari et sa fille, Smita rêve de pouvoir offrir un meilleur avenir à cette dernière : Lalita apprendra à lire et écrire. Elle s’en fait la promesse.

Giulia réside à Palerme en Sicile. Cette jeune femme travaille dans l’atelier de son père, une entreprise familiale qu’elle connaît depuis toujours et qu’elle affectionne tout particulièrement. C’est un lieu vivant, grouillant de femmes qui adorent bavarder, qui mettent tout leur cœur à l’ouvrage. C’est là qu’est le destin de Giulia : pour elle, cet atelier, c’est comme une évidence, elle a d’ailleurs quitté ses études dans le but de perpétuer la tradition. Alors quand son père est victime d’un accident et que la jeune femme découvre l’état des finances de la société, elle ne sait à quel saint se vouer.

Sarah est une avocate réputée à Montréal au Canada. Elle a une vie parfaitement orchestrée car elle a tout prévu : de son réveil à son coucher, chaque brique de sa vie se positionne en parfaite adéquation avec les premières posées. Elle a travaillé toute sa vie pour en arriver à ce résultat-là. Son travail est sa fierté, son plus grand accomplissement. Seulement, elle est épuisée, une fatigue qu’elle ressent depuis plus d’un mois au réveil, accompagnée d’une douleur dans sa poitrine… Mais, « tant qu’on n’en parle pas, ça n’existe pas. ».

Ces trois femmes apportent toutes une vision différente des challenges que réserve la société d’aujourd’hui aux femmes. Smita est un personnage fort du livre de par sa condition, ses convictions et son combat pour offrir une meilleure vie à sa fille. Sarah est sans doute le personnage qui a le plus progressé de par ce qu’elle devient, sa détermination et son approche différente de ce que sera son quotidien.

Le lecteur est ainsi embarqué dans ces trois destinées sans comprendre au premier abord quel sera le lien entre celles-ci. Le fil conducteur de La Tresse devient évident après la lecture de quelques chapitres : la conclusion de ce roman n’offre donc pas de suspense, pas de réelle surprise. En revanche, les personnages sont traités de telle sorte que le lecteur se sente investi et ait envie d’accompagner ces femmes sur le dur chemin. Laetitia Colombani propose en dénouement une note de positivité et un brin d’espoir.

La Tresse, tout en poésie

Laetitia Colombani propose quelques poèmes tout au long de son œuvre. Chacun d’entre eux apporte des renseignements sur les étapes de vie de ses personnages, et donne un aperçu de la transition à venir. L’auteure utilise ainsi la métaphore de la tresse pour entremêler les destins de Smita, Giulia et Sarah.

Je ne suis qu’un maillon de la chaîne,
Un maillon dérisoire, mais qu’importe,
Il me semble que ma vie est là,
Dans ces trois fils tendus devant moi,
Dans ces cheveux qui dansent
Tout au bout de mes doigts.

Ce livre sera disponible au format poche le 30 mai 2018, une future parution Le Livre de Poche.

À propos de ce livre

Titre original La tresse
Auteur Laetitia Colombani
Éditeur Grasset
Collection Littérature française
ISBN 9782246813880
Prix 18 €
Nombre de pages 224 pages
Date de parution 10 mai 2017
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2 réflexions sur « La Tresse de Laetitia Colombani, trois femmes fortes en quête de renouveau »

  1. J’adore ce type de roman !J’aurais dû le prendre aussi quand j’ai vu le seul exemplaire à la librairie de PaP. Je le mets dans ma liste.
    Merci d’avoir dit juste ce qu’il fallait.Tu as fait exprès d’écrire « ne sait pas à quel saint se dévouer » au lieu de « ne sait pas à quel saint se vouer »?
    bonne continuation , tu écris vraiment bien , ça fait plaisir de te lire et puis c’est différent des autres bloggeuses littéraire que je suivais. Certaines m’ont l’air très commerciales. Elles enchaînent les lectures à un rythme vertigineux et on sent qu’elles sont pressées dans leurs résumés et ça manque de profondeur , c’est plat , même si elles disent bien avec sincérité si elles ont aimé ou pas les livres. Le question c’est comment ne pas trop en dire tout en donnant envie au lecteur d’aller acheter les livres?

    1. Hello Anouck,
      Haha, non je n’ai pas fait exprès pour « ne sait pas à quel saint se dévouer »… mais au final, je crois que j’aime bien cette figure de style qui colle assez bien avec le caractère de Giulia. C’est un petit lapsus comme je les aime ! Merci d’avoir mis le doigt dessus, j’adore les jeux de mots.
      Merci également pour ce gentil message, tes mots me touchent. En fait, j’adore lire depuis toujours, et j’en parle (souvent) aux gens qui m’entourent sans pour autant tout le temps les captiver (comme tu t’en doutes). Du coup, ça faisait longtemps que j’avais envie d’écrire sur les livres que je lis, sans trop savoir si je devais mettre ces chroniques sur ce blog. Je n’avais pas envie d’un format trop court, bien que probablement plus rapide à produire, parce que j’aime cette idée de partager, même mes frustrations ! Je pense qu’on peut tirer un enseignement de toutes nos lectures, aussi celles qui ne nous plaisent pas.
      En ce qui concerne ta question « comment ne pas trop en dire tout en donnant envie au lecteur d’aller acheter les livres » : quand j’écris sur un ouvrage, j’essaie de me rappeler de ce qui m’a émerveillée, ce qui me semble important de ne pas révéler. Pour La Tresse, l’intrigue de fond est claire au bout de quelques chapitres. C’était donc important, selon moi, de rester sur ces portraits simples, pour ne pas la gâcher. Pour d’autres livres, j’ai l’impression de pouvoir en dire plus dans le sens où, au-delà de l’histoire, il y a cet univers qui transporte réellement le lecteur, et ces thématiques abordées de façon singulière par l’auteur. Mais c’est probablement un sentiment très subjectif, je fais de mon mieux pour ne pas trop en dévoiler selon ce que j’ai ressenti.
      Attends peut-être la sortie du livre au format poche sinon, il sort dans un mois et demi. :)

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