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© christelle.

Boulevard Amilcar Cabral

À l’occasion du 39ème festival de Fort-de-France "Résonance", qui est dédié cette année au Docteur Pierre Aliker, des graffeurs ont réalisé une fresque en hommage à André Aliker, Amilcar Cabral et Aimé Césaire.

Pour réaliser cette oeuvre, les organisateurs du festival ont fait appel au cap verdien Carlos Manuel Mendes Abreu ainsi qu’aux artistes martiniquais Xan, Oshea et Cima. Le mur du lycée André Aliker, au Boulevard Amilcar Cabral de Fort-de-France, est désormais chargé d’une empreinte culturelle. Une véritable rencontre entre la modernité et l’histoire de la Martinique.

Qui était André Aliker ?

André Aliker est né le 10 février 1894 au quartier Roches-Carrées (Lamentin), dans une famille modeste d’ouvriers agricoles. Durant la première guerre mondiale, il se porte volontaire et sera distingué par son dévouement et son courage.

Lors de son retour en Martinique, il s’inscrit au groupe communiste Jean Jaurès tout en animant de temps à autre, le syndicat des employés de commerce. C’est ainsi qu’il devint rédacteur en chef du journal Justice, dont la première parution date du 8 mai 1920. Il soulève de nombreuses injustices dans son journal. Il vient à publier dans l’édition spéciale du 11 juillet 1933 des pièces d’un dossier prouvant la culpabilité du béké Aubéry dans une affaire de fraude fiscale.

Victime de pressions et de menaces, André Aliker écrit à son frère que sa tête est mise à prix. Le 12 janvier 1934, son corps ligoté est retrouvé sur la plage de Fond Bourlet, entre les communes de Case-Pilote et de Bellefontaine. Lathèse du meurtre sera retenue après autopsie. Pour les journalistes d’aujourd’hui, Aliker est un modèle. Dans les années trente, il avait compris l’importance de la presse. Il avançait de front dans les deux directions que lui conféraient sa double conscience de journaliste et de communiste. Il savait par ailleurs qu’il devait être avant tout au service de la vérité. Le réalisateur Guy Deslaurier lui consacre un long métrage « Aliker » diffusé en novembre 2009 sur les écrans martiniquais.

Qui était Amilcar Cabral ?

Amílcar Cabral est né en Guinée portugaise le 12 septembre 1924 de parents capverdiens. Il part étudier l’agronomie à Lisbonne (Portugal) et y demeure jusqu’en 1952.

De retour en Guinée-Bissau comme agronome, il entend contribuer à améliorer la condition de son peuple et mettre fin à la domination coloniale portugaise. En 1956 il fonde, avec Luís Cabral, son demi-frère (futur président de la République de Guinée-Bissau), Aristides Pereira (futur président de la République du Cap-Vert), Abilio Duarte (futur ministre et président de l’Assemblée nationale du Cap-Vert), le PAIGC, Parti Africain pour l’Indépendance de la Guinée et du Cap-Vert.

Amílcar Cabral est assassiné le 20 janvier 1973 à Conakry (Guinée-Conakry), six mois seulement avant l’indépendance de la Guinée-Bissau. Ses assassins sont des membres de son parti, manipulés par les autorités portugaises et bénéficiant de complicités au plus haut niveau dans l’État guinéen. Amilcar Cabral ne verra donc jamais l’indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert, cause pour laquelle il a combattu pendant plus de vingt ans.

Qui était Aimé Césaire ?

Aimé Césaire est né en 1913 en Martinique. Il part pour Paris en 1931 avec une bourse d’études. Au contact des jeunes africains étudiant à Paris, Aimé Césaire et son ami guyanais Léon Gontran Damas découvrent petit à petit une part refoulée de leur identité, la composante africaine.

En septembre 1934, Aimé Césaire, Léon Gontran Damas, Guy Tirolien, Léopold Sédar Senghor et Birago Diop fondent le journal « L’Étudiant noir ». Le terme de négritude apparaître pour la première fois dans cette revue. Cette idéologie, basée en réaction à l’oppression culturelle du système colonial français, vise d’une part à rejeter le projet français d’assimilation culturelle et, d’autre part, à promouvoir l’Afrique et sa culture, dévalorisées par le racisme issu du colonialisme.

En 1936, Césaire a commencé à travailler sur son œuvre la plus célèbre « Cahier d’un retour au pays natal ». Aimé Césaire rentre en Martinique en 1939, pour enseigner au lycée Schœlcher. En 1945, Aimé Césaire est élu maire de Fort-de-France. Dans la foulée, il est également élu député, mandat qu’il conservera sans interruption jusqu’en 1993.

Surnommé « le nègre fondamental », il influencera des auteurs tels que Frantz Fanon, Édouard Glissant (qui ont été élèves de Césaire au lycée Schoelcher), le guadeloupéen Daniel Maximin et bien d’autres. Sa pensée et sa poésie ont également nettement marqué les intellectuels africains et noirs américains en lutte contre la colonisation et l »acculturation. Il meurt le 17 avril 2008 à Fort-de-France.

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