Saturday Night d’X Man

XMAN972

X Man nous propose, je pense, l’un des meilleurs albums de dancehall de cette année 2014. Son nouvel opus Saturday Night est, à mon sens, une pure merveille !

L’artiste a travaillé sur cet album, comme s’il écrivait un livre ou comme s’il se retrouvait d’un seul coup le héros d’un film. C’est un concept que l’on retrouve un peu pour l’album Because The Internet de Childish Gambino par exemple, complètement novateur pour la Martinique. Ici, tout a été pensé de façon à ce que l’on se croit réellement un « samedi soir » en Martinique. D’ailleurs c’est là qu’est planté le décor de Saturday Night, un album qui survient trois ans après Atypique, le premier album studio du chanteur qui a pourtant plus de dix années de carrière dans la musique, grâce à sa solide présence en musique undergound.

Ce nouvel album donc se découpe en trois principales parties, chacune bien introduites grâce à une interlude : le before, la « party » et l’after. Et chacune des chansons qu’X Man choisit d’y insérer sont finalement intégrées dans un contexte bien prédéfini pour ce samedi pas comme les autres. Et c’est d’ailleurs, non sans humour, que cet artiste nous conte toutes ses péripéties.

Before

Le « before » nous décrit tout ce qui se passe avant la soirée. C’est le moment propice pour se préparer et organiser réellement les retrouvailles avec ses amis. Et c’est surtout la partie de cet album que consacre X Man à l’énonciation de ses textes conscients. Avec Médias, le chanteur martiniquais nous fera une analyse des informations les plus plébiscitées par la presse aux Antilles. On constate à cette occasion que les faits divers les plus marquants relatent plutôt des actes violents, sanglants au détriment de cette jeunesse diplômée et entreprenariale : "Sa pa ka entérésé yo di sav ke mwen ka fè le tour du monde é ke mwen ka chanté kréyol non-stop, Mé si yo té tchébé mwen laéropò épi an tchilo kokain tout’ moun té ké palé di sa an trop".

Arété Palé, la première véritable chanson de Saturday Night, nous donne un aperçu originel de ce à quoi ressemble ce nouvel opus. Sur un ton presque amusant, presque moqueur, il nous invite à réaliser que l’on est entourés de menteurs invétérés. Et c’est dans ce même registre que #MrTube et An Kou Tonbé s’inscrivent. X Man a sa propre vision du quatrième art : s’il doit chanter, il doit parvenir à nous exprimer des paroles si véridiques qu’elles déclenchent automatiquement un sourire chez son auditeur.

Le titre incontournable de cette première partie de Saturday Night est incontestablement Fake Friend. Dès la première écoute de cette chanson, vous comprendrez aisément la force de monsieur l’X-traterrestre. Fake Friend, c’est un tout. D’abord musicalement, cette chanson est purement dancehall, ses sonoriétés me rappellent un peu l’époque des riddims locaux des années 2004-2005 je dirais. Ensuite, cette chanson est poignante de par son contenu textuel puisque X Man se met dans la peau d’un homme fraîchement sorti de prison qui appelle son ancien complice pour récupérer une part de leur butin. Cette scène imaginée est le reflet d’une histoire qui se serait déroulée en 1996, un double-crime pour lequel a été réincarcéré le prisonnier.

Party

Cette seconde partie de Saturday Night, c’est le moment où tout le monde fait la fête. Des chansons comme My Name Is X, Ragga Muffin et Sans Ordonnance reprennent vraiment le rythme des soirées auxquelles on peut participer aux Antilles. Avec Bouge, on se croirait presque au carnaval. Et Brennen est chantée un peu à l’image de Bruk It Down de Mr Vegas ou encore les fameux Dança Do Créu et Velocidad 6 de Mc Créu et de la Mulher Melancia respectivement.

X Man profite de cette « party » pour continuer à nous faire danser, notamment avec son titre Fout Ou Good. Une des caractéristiques de Saturday Night est la bonne humeur qui y règne tout au long des chansons. On va y entendre souvent des éclats de rire et on pourrait presque s’imaginer le chanteur en train de sourire à ses propres blagues. Là où, selon moi, la force d’X Man réside, c’est en sa capacité de délivrer un message extrêmement sérieux, mais parfois sur le ton de la plaisanterie. On pourrait penser qu’il ne se prend pas du tout au sérieux, mais à mon sens, il est surtout très intelligent, car après tout, le rire est sans aucun doute le meilleur moyen d’échapper aux frustrations de la vie.

After

L’after a un côté bien plus romantique. Mais c’est toujours avec ce côté rieur et sur un ton joyeux qu’X Man démarre le début de cette « après-soirée ». Dans Les Étoiles, est le premier single sorti de cet album. Et que dire de cette chanson ?! Le martiniquais a réussi à y mêler sensualité et désir en un seul titre. On retrouvera par la suite bien des témoignages d’amour dans cette dernière partie de soirée, comme dans Mwen Love Ou et Telle Que Tu Es, une de mes chansons préférées de cet album.

C’est dans ce contexte que la chanteuse jamaïcaine J Capri vient épauler le martiniquais pour les besoins de la chanson Thug Love. Elle est la seule artiste invitée sur Saturday Night, et je vous dirais bien que ça suffit amplement. La douce voix de J Capri, une artiste qui ne cesse de monter en puissance, confère à ce titre toute la passion qu’elle doit avoir.

Saturday Night est pour moi un album complètement abouti de la part d’un chanteur qui a su conserver sa flamme du tout début envers la musique. X Man nous donne du très bon dancehall, comme ça a toujours été le cas, en continuant d’innover dans un secteur où le copier/coller a bien souvent sa place. Vous pouvez télécharger Saturday Night d’X Man sur Amazon. Vous « devez » l’acheter, ou vous passerez sûrement à côté de ce qui se fait de meilleur en dancehall en cette année 2014 !



TRACKLIST :
01 –– BEFORE
02 – Arété Palé
03 – Médias
04 – #MrTube
05 – Fake Friend
06 – An Kou Tonbé
07 –– PARTY
08 – My Name Is X
09 – Bouge
10 – Brennen
11 – Raggamuffin
12 – Fout Ou Good
13 – Sans Ordonnance
14 –– AFTER
15 – Dans Les Étoiles
16 – Thug Love featuring J Capri
17 – Mwen Love Ou
18 – Telle Que Tu Es

Nouvel Air de Kenyon

Depuis le 30 juin dernier, Kenyon, le jeune prodige du reggae et du hip-hop français, nous propose Nouvel Air. Ce nouvel opus de l’artiste est un EP de sept titres, disponible en téléchargement gratuit sur son site.

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Depuis le 30 juin dernier, Kenyon, le jeune prodige du reggae et du hip-hop français, nous propose Nouvel Air. Ce nouvel opus de l’artiste est un EP de sept titres, disponible en téléchargement gratuit sur son site.

Nouvel Air se veut exclusivement reggae. Chacune des chansons interprétées par Kenyon sont liées à ce que le chanteur a pu observer de notre société actuelle. Il se fait porte-parole de la nation quand il dénonce les inégalités qui perdurent sous notre Vème République. Et c’est pour moi une réelle satisfaction d’observer l’évolution de Kenyon dans le monde la musique. Cet artiste, dont j’ai pour la première fois entendu parler grâce à son duo avec Taïro Garde Espoir, a parcouru bien du chemin depuis 2005, alors qu’il commençait à chanter dans le groupe ECK, Etat Critik Krew. Sa voix ne cesse de mûrir et ses textes sont de plus en plus poignants. Son amour pour la musique, comme il le dit lui-même avec Music, la première chanson de "Nouvel Air", soigne ses maux, « il l’a dans la peau ».

Kenyon invite également Taïro, Tiwony, Dragon Davy et Sir Samuel le temps d’une chanson sur cette compilation, le remix de Qui Est Coupable ?. Mais, Nouvel Air reste bien une œuvre entièrement consacrée aux seules pensées de cet artiste dont la popularité ne devrait cesser de grandir.

Nouvel Air en pleine décomposition

La première chanson de Nouvel Air, Music, est un texte reflétant l’amour de Kenyon envers la musique. La musique c’est son meilleur moyen d’expression, celui qui lui permet d’évacuer, de libérer son stress et ses perturbations quotidiennes. La musique le « frappe au cœur » et « apaise ses propos », si on en croit ses propres paroles. Kenyon a toujours eu cette capacité de grande élocution vocale, ce qui lui donne la possibilité de débiter un maximum de mots en un minimum de temps. Un talent par lequel j’ai toujours été impressionnée. Et tout au long de cet album, Kenyon va user de cette aptitude pour réciter des textes qui se veulent conscients sur des sonorités profondément reggae. Music est donc la première chanson qui nous donne l’occasion d’assister à ce genre de récital.

Qui Est Le Coupable ? est la deuxième chanson de Nouvel Air. Et wow, cette chanson m’obsède totalement ! Qui Est Le Coupable ? possède un texte assez engagé dans lequel Kenyon ne mâche pas ses mots pour dénoncer le manque de justice et d’harmonie au sein de notre gouvernement. Il se questionne au sujet des actions menées par l’État et la police qui sont censées viser à remettre l’ordre, car bien malheureusement, le résultat n’est pas aussi flagrant qu’il devrait l’être. Sur le plan musical, cette chanson est l’une des plus abouties de cet EP. Kenyon utilise ici une base instrumentale forte en guitare basse.

Toujours sur des sonorités très reggae, Kenyon interprète ensuite Avant Que Le Soleil Se Couche. Cette chanson est chantée sur deux rythmes : un premier presque classique je dirais, et l’autre possède un tempo saccadé que l’on retrouve dans certains couplets de ce morceau. Avant Que Le Soleil Se Couche est une chanson qui nous incite à jouir de la vie. C’est finalement une sorte de carpe diem que nous proclame Kenyon avec ce titre. Avant Que Le Soleil Se Couche fait référence à la fin de la vie, et c’est ainsi que le chanteur nous ordonne presque de profiter de chaque instant, avant qu’il ne soit trop tard. "Profitons comme si demain n’allait jamais venir, Passons ces dernières heures à vivre, Avant que le soleil se couche."

Quatrième chanson de Nouvel Air, Preneur de Mic est probablement la chanson que je préfère de cet album. Ce morceau commence avec la fameuse introduction reggae "When the lion is sleeping, never you try to wake him" que Johnny Clarke a été le premier à prononcer pour sa chanson Don’t Trouble Trouble. Cette introduction, on peut par exemple la retrouver sur la chanson de Damian Marley et Sean Paul Riot. Et c’est d’ailleurs l’instru de cette dernière que Kenyon décidé de reprendre ici pour énoncer son texte. Cette chanson est à l’image de ce que réalise Kenyon en concert : il prend le micro et fait son taf. C’est donc lui le « preneur de mic » : "Quand la foule demande, Je fais ce qu’il faut quand ça bouillonne en face, Ils lèvent les flammes et la main bien haut, Je prends la salle en otage, Juste besoin d’une latte et d’un micro pour faire le taf, Je relève leur salle et laisse des marques".

Où Ça Mène est une chanson écrite pour toutes les personnes tentées d’emprunter des chemins malhonnêtes pour arriver à leurs fins. Kenyon met en garde ces personnes, car bien qu’elles arrivent à tirer profit de leurs actes pendant un temps, elles finissent généralement par tomber plus bas que terre. Il évoque aussi ce sentiment d’égoïsme qui nous envahit, si l’on rentre dans le moule de cette société. On vit « chacun pour soi », et l’on se préoccupe bien moins de son prochain, alors que personne ne sait vers quoi tend notre avenir.

Où Ça Mène rappelle aisément Vers Quoi On Court, une chanson qui date en réalité de l’année dernière. Kenyon avait emprunté cette version instrumentale aux jamaïcains. En effet, en décembre 2012 sortait le Tropical Escape Riddim, un riddim purement reggae qui avait fait longuement parler de lui, comme la chanson de Tarrus Riley Gimme Likkle One Drop. Pour Nouvel Air, c’est cette fois une version acoustique de cette chanson que Kenyon nous offre. A l’image de la chanson précédente, Vers Quoi On Court tend à nous sensibiliser sur les directions que l’on prend pour avancer dans notre vie.

Je n’ai volontairement pas associé cette dernière chanson de l’EP, Qui Est Le Coupable ? Remix à la première version que je vous ai décrite un peu plus tôt. Cette fois, Kenyon est bien entouré pour délivrer toujours ce même message d’opposition à nos conditions dans la société actuelle. Et c’est donc aux côtés de Taïro, Dragon Davy, Sir Samuel et Tiwony que Kenyon décide de mener à bonne fin Nouvel Air. Ce dernier titre se retrouve d’ailleurs également sur la Street Tape vol. 4 de Taïro.



TRACKLIST :
01 – Music
02 – Qui Est Le Coupable ?
03 – Avant Que Le Soleil Se Couche
04 – Preneur De Mic
05 – Où Ça Mène ?
06 – Vers Quoi On Court (Acoustique)
07 – Qui Est Le Coupable ? featuring Dragon Davy, Taïro, Sir Samuel & Tiwony

Story d’Antonny Drew

Sérénité Events

Story est un magnfique album du chanteur guadeloupéen Antonny Drew. Il est sorti au cours du mois de mai dernier chez le label Believe / Serenité Events. Story, c’est surtout douze titres complètement aboutis, avec lesquels le chanteur nous invite à partager son background musical, des rythmes rappelant ses origines culturelles. Ainsi, Antonny Drew nous livre sa vision de la soul, du reggae, de la musique traditionnelle, et du konpa massivement présent dans ses chansons.

Antonny Drew est un chanteur qui a la capacité de complètement captiver son audience, avec sa tessiture grave et la puissance qu’il implique dans chacune de ses paroles. Je crois que je vous l’avais déjà dit, mais cet artiste est véritablement l’un de mes coups de cœur de la soirée du concert caritatif, le Drépaction 2014. Il y avait interprété les chansons Péyi An Mwen, Doo et Yalla Yalla !, que je vais vous présenter dans les paragraphes suivants, alors qu’il était accompagné de David Mitrail au piano, Randy Jacobson à la guitare et de Yoan Zebina à la basse.

L’histoire que nous délivre Antonny Drew

Péyi Mwen est une déclaration d’amour d’Antonny Drew à son île natale, la Guadeloupe. Dans cette chanson qui marque le début de cet album, le chanteur montre sa fierté pour sa culture et ses origines. Sa force, il la tire de son appartenance culturelle et de la beauté du patrimoine guadeloupéen. Cette jolie chanson est introduite à la guitare, de manière acoustique, et c’est la voix du chanteur qui semble lui donner la dimension qu’elle possède. Péyi Mwen est une sorte de louange chantée en l’honneur de l’île antillaise.

Pèpl an mwen, sé pèpl ki ja soufè, pèpl ki konnèt doulè
Fòs an mwen, i adan kilti an mwen, mwen sé nèg é mwen fiè
An pa bizwen palé, listwa an mwen chajé

Tèt an mwen bien si zépol an mwen, lè an ka vansé ba mwen lè
Nonm an mwen, koté karibiyan an mwen sé kon lò i ni valè
An pa bizwen palé, listwa an mwen chajé

Antonny Drew

Le deuxième chapitre de cet album s’intitule Yenki Nou Dé. Avec cette chanson, Antonny Drew évoque pour la première fois dans Story les relations sentimentales. Toujours sur la base d’une guitare acoustique, le jeune chanteur décrit ce qu’il ressent vis-à-vis de la femme avec laquelle il a rendez-vous. Son parfum l’enivre, ses courbes le perturbent, elle a un grand pouvoir de séduction auquel il ne sait comment résister. Yenki Nou Dé, mot à mot « rien que nous deux », possède des sonorités proches de celles de l’album Haïtian Troubadours, notamment de cette chanson de Michael Benjamin, Ou Pati.

Mwen Love est une nouvelle chanson d’amour. Après tout, comme nous l’avait lui-même dit Antonny Drew lors du Drépaction, une bonne histoire possède forcément des passages d’amour. Avec Mwen Love, la guitare est à nouveau la star des instruments. Ce titre est surtout une déclaration que le chanteur offre à l’élue de son cœur. Il lui proclame qu’elle est la numéro 1 dans son cœur et qu’il est la seule qu’il veut dans sa vie.

Gwada Ka Pléré est une chanson que l’on retrouve à deux reprises dans Story. La première fois qu’elle apparaît dans l’album, elle possède les allures d’un chouette morceau de reggae. Cette première version de Gwada Ka Pléré est déjà bien intéressante, mais c’est bien la deuxième version de cette chanson, strictement acoustique, que je préfère. Onzième titre de Story cette fois, Gwada Ka Pléré est interprété de telle sorte que ce soit bien la voix du chanteur qui soit « l’instrument prédominant ». D’un point de vue musical, je trouve que la voix du chanteur se retrouve bien plus mise à son avantage, et que les paroles ont bien plus de sens avec ses arrangements. Gwada Ka Pléré est un titre cette fois joué sur les notes d’un piano. Cette chanson est un rappel à l’ordre adressé aux guadeloupéens. Vous en avez très certainement entendu parler, mais la Guadeloupe a été l’année dernière le département le plus meurtrier de la France. Et les violences continuent d’affliger bien des souffrances aux populations antillaises, parce que disons-le franchement, en Martinique, il y a également eu une recrudescence des agressions.

Le cinquième morceau de Story est la preuve vivante que la nouvelle génération de la scène locale n’a pas oublié le konpa, un genre musical qui nous provient d’Haïti. Depuis que j’ai commencé à écrire ces quelques chroniques d’album, je dois bien vous dire que j’ai été assez agréablement surprise de voir que des artistes tels que Swé, Antonny Drew ou encore T-Micky pour ne citer qu’eux, ont définitivement décidé de marcher dans les pas de leurs prédécesseurs. Premyé Fwa est le premier morceau que j’associerai au konpa de l’album d’Antonny Drew. Avec ce titre, le chanteur nous propose une intrigue bien moins sérieuse que celle de la chanson précédente. Premyé Fwa c’est surtout l’histoire de la première fois que le jeune homme rencontre sa dulcinée.

En tant que sixième chanson de cet album, on retrouve On Doucè, une reprise de la chanson du même titre chantée originellement par Gilles Floro. Gilles Floro est un chanteur français, originaire de la Guadeloupe. Il a longtemps marqué la musique caribéenne grâce à des chansons comme A Pa Pawol Anlè, Rèv Bleu ou justement On Doucè. Cette année, cela fait déjà 15 années que la Guadeloupe déplore son absence, et cet hommage que nous propose Antonny Drew semble tomber à point nommé. Sa reprise d’On Doucè est assez classique et son interprétation reste authentique. Même le solo de saxophone est bien présent dans cette nouvelle interprétation.

Puis, en reprenant une nouvelle fois le rythme caractéristique du konpa, Antonny Drew nous présente le titre Pwomès, peut-être l’un des morceaux que je préfère dans cette très belle histoire pleine de rebondissements. Cette chanson reprend les paroles d’un homme amoureux qui souhaiterait voir évoluer positivement la dernière relation sentimentale qu’il a entretenu. Il chante dans le refrain les mots : Ou té pwomèt mwen ou té ké rété, ‘Té pwomèt mwen sa té diré, qui signifie en français « Tu m’avais promis que tu resterais, Tu m’avais promis que ça durerait ». La cadence de cette chanson est plus lente que Premyé Fwa, mais tout aussi intéressante de par le mélange orchestré des instruments qui s’y enchaînent parfaitement. Même mes parents adorent ce titre, c’est pour vous dire !

Ou Té Tini Rézon ne dure que deux minutes et cinquante-quatre secondes. Et pourtant, il s’agit d’une réelle prouesse vocale du jeune chanteur. Ce titre, sûrement le plus émouvant de cet album, est chanté d’une voix puissante et d’un seul trait. Il s’agit d’une harmonie absolue entre le piano et la voix d’Antonny Drew. Parfois, je pense que la musique ne s’explique pas, elle se vit, elle se ressent, et sa chanson en est un excellent exemple : "Ou té tini rézon fè mwen pléré, Ou té tini rézon fè mwen ségné, An jou ké ni padon solèy kléré, Nou tout ka pran léson lè lannuit vin tonbé, Sé pas mwen désidé accepté san an mwen, Ké jòdi mwen ka di 'Ou té tini rézon'"

Je pense que l’une des principales raisons pour laquelle je me suis mise à chercher des informations sur Antonny Drew, est la représentation live de Doo, à laquelle j’ai eu la chance d’assister alors qu’il répétait encore pour son passage au Zénith. Je me souviens l’avoir d’abord vu arriver sur scène, l’air de rien, et me surprendre par cette voix si grave et si captivante. Antonny Drew est le genre de chanteur capable de faire à tout un auditoire retenir son souffle le temps d’une chanson. Alors qu’il chantait Doo, je me souviens de ne pas avoir quitté les yeux de la scène. Aujourd’hui, cette chanson qui figure dans son album en tant que dixième chapitre de cette histoire, est exécuté de la plus simple des façons. Il s’agit d’un titre dans lequel le chanteur demande pardon à celle qu’il aime. C’est un des textes qui donne l’illusion que le chanteur a tout vécu des relations amoureuses, malgré sa jeunesse. Si vous hésitez encore à acheter cet album, écoutez juste ce morceau.

Pour reprendre un tempo bien plus rythmé, The End suit la belle interprétation de Doo. The End décrit la fin d’une histoire d’amour. Antonny Drew y décrit son incapacité à satisfaire tous les besoins de son ex. Il lui souhaite de trouver un homme qui saura combler tous ses manques, et se retrouve contraint de constater que c’est la fin de leur relation. Bien que la situation soit douloureuse, elle semble nécessaire pour que les deux êtres puissent chacun évoluer en toute tranquillité.

Enfin, Yalla Yalla !, douzième et dernière chanson de Story, est sans aucun doute l’une des plus joyeuses chansons de Story. Avec Yalla Yalla !, Antonny Drew nous invite à viser la lune pour arriver sur les étoiles. Si chacun d’entre nous se fixe des objectifs, et se met à réellement travailler pour les atteindre, la vie ne peut qu’en être meilleure. Tel est le discours que nous invite à entendre Antonny Drew avec cette chanson qui possède une musicalité nuancée et rayonnante.

Je serais bien incapable de vous dire quelle chanson parmi ces douze titres est celle qui me touche le plus ! Story est vraiment un très bel album, dont il fallait absolument que je parle. Je suis persuadée qu’Antonny Drew a une belle carrière qui l’attend. Et si vous en avez la possibilité, allez le voir sur scène ! Ce qu’il dégage est vraiment indescriptible. Vous pouvez télécharger Story d’Antonny Drew sur Amazon.



TRACKLIST :
01 – Péyi Mwen
02 – Yenki Nou Dé
03 – Mwen Love
04 – Gwada Ka Pléré
05 – Premyé Fwa
06 – On Doucè
07 – Pwomès
08 – Ou Té Tini Rézon
09 – Doo
10 – The End
11 – Gwada Ka Pléré (Acoustique)
12 – Yalla Yalla !

Diasporas de Victor O

Le dernier album de Victor O, Diasporas est sorti le 5 mai dernier. Il s’agit d’un album plein de couleurs dans lequel le chanteur martiniquais a souhaité mêler histoire et amour, culture et patriotisme, romantisme et détermination. Cet album, Diasporas est à l’image de l’artiste : multiculturel.

Le dernier album de Victor O, Diasporas est sorti le 5 mai dernier. Il s’agit d’un album plein de couleurs dans lequel le chanteur martiniquais a souhaité mêler histoire et amour, culture et patriotisme, romantisme et détermination. Cet album, Diasporas est à l’image de l’artiste : multiculturel.

Avec Diasporas, on parcourt l’ensemble des îles antillaises, l’Amérique Latine, et même un bout d’Afrique. Victor O a cette capacité de donner le goût du voyage à ses interlocuteurs. Bien des genres musicaux sont présents au sein de cet album qui se veut à la fois dénonciateur de notre condition de français à multiples origines et, à la fois sensible avec des titres plus doux comme Saudade ou encore Slow Love.

Sur les notes de Diasporas…

Cet album de Victor O commence sur les rythmes de Diaspora. La chanson éponyme de cet album est sortie au cours du mois de février dernier, c’est-à-dire juste avant la sortie de l’album complet Diasporas. Elle a naturellement été choisie pour introduire le nouvel opus de Victor O. L’histoire de cette chanson est celle d’un homme fraîchement arrivé en France, la « mère patrie » des terres d’outre-mer comme la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane française, la Réunion ou encore Mayotte.

Victor O y relate, non sans humour, le mal du pays ressenti par les personnes qui s’éloignent de leur terre natale dans le but d’avoir un meilleur avenir, les « gens de la diaspora » comme il le souligne lui-même. Et si seulement il existait un vaccin pour guérir de la nostalgie du pays… Cette chanson est une belle œuvre réunissant plusieurs instruments à cordes, tels que la guitare et le violon. Victor O a proposé cette chanson lors du Festival Tropiques en Fêtes de cette année, à la Foire de Paris, c’est la vidéo que je vous propose ci-dessous.

Tabanka, titre de la deuxième chanson de Diasporas, est un terme d’origine caribéenne, provenant de Trinidad-et-Tobago et de Grenade plus précisément. "tabanka" définit l’inaptitude à se remettre d’une relation sentimentale. Cette expression désigne les sentiments de perte, de rejet et de peine qui surviennent après une rupture. Cette chanson au titre si particulier emprunte les rythmes du reggae pour dévoiler les intentions du chanteur vis-à-vis de la femme qui le rend fou : "Sé sèlman lanmou ka méné mwen dou, Pas tchè mwen sé ta’w pou léternité, Mwen sav jòdi fok mwen alé". Victor O y joue le rôle d’un homme si amoureux et si déboussolé, qu’il préfère s’en aller pour éviter de trop souffrir de cette relation qu’il sent destructrice.

Diasporas se poursuit avec la chanson Alma Negra, un joli titre qui commence à la guitare acoustique. Victor O y chante son arrivée à Salvador da Bahia, au Brésil. Cette chanson répertorie toutes les bonnes choses que l’on retrouve dans le pays de la samba : les grandes plages, les bons petits plats de dombrés aux crevettes, la caïpirinha, et la bonne humeur de la population locale. En tant que martiniquais, il se sent vraiment bien accueilli au Brésil, et c’est vraiment de bon cœur qu’il offre ce titre en hommage à cette région.

Puis, la liste de lecture de cet album reprend plus posément avec Gare Saint-Jean. Cette fameuse gare Saint-Jean est le lieu qui unit Victor O à la femme qu’il évoque dans la chanson. Comme un coup du destin, il l’a rencontré par un merveilleux hasard en ce lieu, et cette chanson a pour but de nous conter cette histoire pleine de romantisme. « Un rendez-vous avec la vie, un rendez-vous avec l’amour. » Gare Saint-Jean est une douce ballade dans laquelle je crois également entendre quelques violons.

Avec Marianne, c’est un tout autre genre musical que l’on peut entendre. Je ne saurais trop qualifier d’ailleurs ce genre musical de cette chanson que je trouve funk-soul-créole. Parfois le piano vient radoucir le tempo qui ressemble alors à celui de la musique cha-cha-cha. Mais parfois, le rythme de cette chanson est bien plus rapide. Marianne est un titre en réalité profond dans lequel Victor O souligne les différentes couleurs de cette France dans laquelle nous sommes. Il utilise ce prénom féminin car il s’agit du symbole français par excellence : une représentation de la liberté et de la raison.

Saudade est à mon sens l’une des plus belles chansons de cet album. Elle prend pourtant naissance dans un cadre un peu mélancolique. « saudade » provient de la langue portugaise et signifie nostalgie. C’est la parfaite expression pour définir l’ensemble du contexte sentimental dans lequel s’inscrit cette chanson. Victor O décrit ici l’amour qu’il a encore pour une femme dont il ne partage plus la vie. L’absence de cette personne avec laquelle il a vécu des moments heureux est pour lui un véritable crève-cœur qu’il doit vivre au quotidien. Le clip de cette chanson, réalisé par Nadia Charlery, est également un des plus aboutis de la scène créole cette année, ou en tout cas, de ceux que j’ai eu l’occasion de visionner jusqu’alors.

Le septième titre de cet album Redemption Time est un duo de Dominik Coco et Victor O. La voix de Dominik Coco apporte une nouvelle dimension à cet album, déjà très axé sur les rythmes locaux. Redemption Time est un morceau de reggae bien rythmé qui possède une introduction franche grâce aux résonances d’une guitare électrique. Les deux chanteurs y décrivent leur envie d’avancer et leur détermination face aux évènements de la vie. C’est le temps de la rédemption, celui de commencer un nouveau souffle, de rendre compte du passé et d’avancer le cœur léger.

Voices of New Combinati accompagne Victor O sur Dansi Mang. Je n’ai malheureusement pas réussi à trouver de réelles informations sur ce groupe, visiblement composé à la fois de voix féminines et masculines. Mais, Dansi Mang possède des sonorités africaines. Et donc, ce groupe, Voices of New Combinati, accompagne le chanteur tout au long de l’énonciation du refrain de cette chanson. La trame de celle-ci se veut plutôt détendue, puisque le chanteur y raconte, entre autres, l’histoire de sa rencontre avec une demoiselle qui le fera manger un plat qui lui est inconnu, et qui lui fera tourner la tête !

No Crisis est une chanson aux sonorités plutôt reggae. La batterie y est pour moi l’instrument qui mène la danse. Dans No Crisis sont énumérés de nombreux cas dans lesquels Victor O s’avoue être effrayé de la société actuelle, celle que l’on « subit » actuellement. En qui pouvons-nous avoir réellement confiance ? Les informations choisies par les médias sont rarement à caractère objectif, et Victor O se méfie de leurs dires, si bien qu’il refuse que ses enfants restent à veiller devant la télévision.

Slow Love est, comme son nom l’indique, une chanson dans laquelle il est question d’amour. Avec Slow Love, Victor O redonne des allures de soul music à son album. Ce titre est un de mes préférés de Diasporas. Tout, dans ce morceau, est une question de sensualité, de caresses et de tendresse. Slow Love nous offre les paroles qu’un homme réciterait pour la femme de ses désirs. J’adore ce moment où le rythme s’amplifie et où les paroles deviennent : "so hit me baby, mwen ké ba’w sa kon ou lé…" – enfin « hit », ou « eat » après tout… C’est une chanson que je trouve vraiment magnifique.

En tant que dernier artiste invité sur Diasporas, Senso nous propose Till Da Victory en compagnie de Victor O. Je vous avouerais que je ne connaissais pas du tout ce chanteur, Senso, dont je n’ai malheureusement pas trouvé tant d’informations sur Internet – vous pouvez m’en donner si vous en trouvez via le bloc de commentaires. Senso possède une voix que je qualifierais de soft, douce et harmonieuse à la fois. Je trouve que sa tessiture est faite pour des chansons d’un genre reggae lovers rock. Je serais tout à fait capable d’acheter un album de cet artiste. Il chante ici : "I’m an African boy tryin’ to live the best way I can, I’m the only king in my kingdom and I hope that you overstand". Le refrain de ce titre nous explique que ce combat est mené pour vivre des jours plus gais. Till Da Victory est une chanson qui nous fait étalage d’une lutte pour toutes les libertés.

Dominika a un rythme profondément caribéen, et la voix de Victor O parcourt à nouveau une ambiance recréée par des violons et une batterie prédominante. Il s’agit d’un titre bercé par la nostalgie de ce que le chanteur ressent vis-à-vis de la Dominique. Cette chanson possède une petite vague de souvenirs et de nostalgie, comme ça aura été souvent le cas dans ce nouvel album de Victor O.

Diasporas se termine sur Tjé Blendé, une chanson dans laquelle on entend clairement une guitare électrique jouer et guider la voix du chanteur. Victor O y évoque sa foi et son amour pour la vie. Pour lui, croire est une manière de survivre, et d’affronter tel un conquérant les épreuves de la vie. Tjé Blendé est une manière de terminer cet album en beauté, avec comme dernier message pour ses auditeurs : « Soyez confiants en la vie, croyez et vous verrez ». Cet album s’inscrit dans la continuité de Revolucion Karibeana de par toutes ses magnifiques sonorités. Victor O y exprime tous ses questionnements vis-à-vis de la société actuelle, sans tabous. Mais par-dessus tout, Victor O nous y délivre un message d’amour incommensurable à la vie. Vous pouvez télécharger Diasporas de Victor O sur Amazon.



TRACKLIST :
01 – Diaspora
02 – Tabanka
03 – Alma Negra
04 – Gare Saint-Jean
05 – Marianne
06 – Saudade
07 – Redemption Time featuring Dominik Coco
08 – Dansi Mang featuring Voices of New Combinati
09 – No Crisis
10 – Show Love
11 – Till Da Victory featuring Senso
12 – Dominika
13 – Tjé Blendé

Nu Soul Creole de Freepon

Freepon nous propose depuis le 13 janvier 2014, son premier EP officiel, du nom de Nu Soul Creole. Nu Soul Creole est un titre qui convient parfaitement à cet album qui reflète complètement les origines caribéennes de Freepon, ainsi que son appartenance au monde de la musique nu-soul, un mélange de R&B et de soul. Cet album, Nu Soul Creole possède ce côté acoustique digne des artistes engagés qui font preuve d’authenticité.

Nu Soul Creole, c’est finalement est un mélange de soul, de reggae, de hip-hop et de musique traditionnelle. Je parle ici de musique traditionnelle car bien souvent le créole à sa place dans les paroles des titres de cet album, et que bien des sonorités de cet EP me rappellent mon amour pour la musique antillaise. La musique de Freepon c’est aussi celle de cette nouvelle scène créole qui cherche à revendiquer les sonorités caribéennes tout en s’influençant des grands chanteurs de soul et des illustres proclamateurs de slam.

Entre les lignes de chaque portée

Pamela, première chanson de cet EP du chanteur guadeloupéen, me rappelle, grâce à son rythme, les résonances caractéristiques des anciens zouks des années 90, les zouks dits rétros. Avec les paroles de ce titre, Freepon dénonce un art bien connu de nos îles : la médisance gratuite envers autrui, plus connu sous l’appellation makrélaj. Il choisit volontairement le prénom Pamela, pour cette chanson, capable ainsi de créer en créole, le jeu de mots "Pamela, pa mélé’w adan sa" (Pamela, ne te mêle de ça), et bien d’autres encore tout au long de cette chanson. Freepon nous donne ici des exemples concrets avec lesquels Pamela s’imagine connaître tout de la vie de son entourage, ses cibles. L’artiste nous invite tous avec cette chanson à stopper les commérages destructifs.

Le titre qui suit, Stupid, est définitivement l’une de mes chansons préférées de Nu Soul Creole. Freepon nous y raconte ses envies, ou plutôt nous y décrit toutes les choses qu’il ne compte pas faire pour rentrer dans le moule que la société actuelle met à notre disposition. Freepon n’a pas envie du conformément correct, l’artiste préfère ne pas se prendre la tête avec des futilités, et aider son prochain s’il en a les moyens. Stupid est chanté sur un ton enjoué, rieur, au rythme d’une guitare prédominante et de bien d’autres instruments de percussion, conférant à ce titre une certaine sonorité acoustique.

Je n’ai pas envie de te parler,
Tu m’as trahi, tu m’as menti,
Je n’ai plus envie de te comprendre,
Je garde ça pour les vrais amis.
Je n’ai pas envie de me ranger,
J’ai bien compris mes enjeux,
Mettre de l’eau dans mon vin,
Et voir les choses s’arranger.

Je n’ai pas envie de manquer
D’un repas pour mes gamins,
Mais je partagerais la mienne,
Si jamais tu perdais ta gamelle.
Je n’ai pas envie de me ranger,
J’ai bien compris mes enjeux,
Mettre de l’eau dans mon vin,
Et voir les choses s’arranger.

Freepon

Le troisième titre de Nu Soul Creole est Dousinéw, un titre que je connais depuis un peu plus de trois ans maintenant, puisque Freepon nous l’avait proposé lors de sa première partie au concert d’E.sy Kennenga au New Morning, en janvier 2011. Les arrangements de cette chanson ont été un peu revus, et sont plus rythmés que la version acoustique que je vous propose ci-dessous. Ces deux versions sont pour moi totalement différentes, mais peut-être suis-je simplement une adepte de la musique en live, et donc Dousinéw, dans ce nouvel EP, me permet d’entrevoir une nouvelle facette de cet artiste aux multiples savoir-faire. C’est lors de ce concert que j’ai découvert pour la première fois Freepon.

La chanson qui me touche le plus dans cet album est assurément la chanson qui suit, Me Taire, que l’on retrouve en quatrième position de Nu Soul Creole. Je pense qu’il s’agit du titre par excellence qui permet d’appréhender toute la capacité vocale de Freepon. Sa tessiture lui permet de profiter d’une aisance assez déconcertante quant à l’énonciation de son texte. Et cette chanson, Me Taire, nous propose un contexte bien plus sérieux que les précédents morceaux. "Me Taire, Tant de choses à faire, L’enfant de mon père, Fier, Les deux pieds sur terre, Mais comment me taire et, Écouter mon cœur, J’ai appris l’amour dans les choix de ma mère…". On y entend clairement les notes d’un piano qui nous berce avec une mélodie nu-soul, presque roots. Me Taire est vraiment un titre que je trouve magnifique, à l’image de Vybe Sé Lanmou Sé Lèspwa que Freepon propose régulièrement à son auditoire lors de ses représentations live.

My Superstar est une chanson à la trame plus légère que la précédente. Il s’agit avant tout de romantisme, et de paroles chantées sur les allures d’un zouk. Dans My Superstar, Freepon chante son affection pour cette demoiselle qui a su le conquérir par son charisme et ses atouts. En termes de sonorités, ce titre est bien cadencé et nous laisse profiter des rythmiques antillaises bien connues. Ce premier EP officiel de Freepon se termine sur une nouvelle note acoustique, avec une version bien plus posée du titre Dousinéw, dans laquelle le véritable instrument prédominant est bien la voix du chanteur, accompagnée de jolis chœurs.

Nu Soul Creole est vraiment un album que je conseillerai à tous les adeptes de musique aux allures caribéennes, à tout ceux qui aiment les ambiances soul calfeutrées dans un bar parisien, ou ceux qui sont simplement amoureux des belles voix profondes masculines. Vous retrouverez Nu Soul Creole de Freepon sur Amazon. Et vous pouvez toujours me laisser un commentaire ci-dessous pour me faire par de vos impressions sur cet EP. Pour ma part, j’attends avec impatience son premier réel album, qui devrait sortir d’ici la fin de l’année. Celui-ci s’appellera Premyé Fwa. Affaire à suivre, donc. :)



TRACKLIST :
01 – Pamela
02 – Stpid
03 – Dousinéw
04 – Me Taire
05 – My Superstar (Version Zouk)
06 – Dousinéw (Remix Acoustik)

Touch The Sky Riddim

On l’attendait, il est enfin arrivé, le Touch The Sky Riddim est enfin disponible sur toutes les plateformes légales de téléchargement de musique ! Il y a déjà un bon mois, je vous proposais d’écouter la première chanson commericalisée sur cette base instrumentale : Tou Sèl An Mwen de Saïk.

Et depuis le mercredi 30 juillet dernier, quatorze autres artistes ont également posé leurs voix sur ce riddim aux sonorités légères, qui nous est offert par la maison de production Blue Lagoon Music Records. Vous pouvez d’ailleurs télécharger le Touch The Sky Riddim sur Amazon.

Le Touch The Sky Riddim en résumé

Le Touch The Sky Riddim est l’un des riddims les plus convaincants sortis cette année à l’échelle caribéenne locale, si je peux m’exprimer ainsi. De nombreux artistes d’origines guadeloupéenne, mais aussi dominicaine, martiniquaise, réunionnaise et même guinéenne avec l’apport musical de Lyricson, ont décidé d’envahir les ondes avec cette base instrumentale proposée par le label Blue Lagoon.

Cette compilation nous propose avant tout toutes les couleurs de l’amour à l’antillaise. De nombreuses chansons comme Si Tu Es Là qui signe le retour de Colonel Reyel ou encore Amour Idyllique de T-Shaa, sont représentatives de ce que ce sentiment apporte chaque jour à notre quotidien. Jaïan K nous dira à sa manière, par exemple, qu’il adore partager les bras de sa dulcinée. Misié Sadik nous fera part des incertitudes qui envahit sa partenaire dans An Dé Mo, un morceau dans lequel finalement le chanteur se veut réconfortant et attentif à celle qu’il aime. Et c’est aussi l’occasion de découvrir Kendell avec son titre Talk To Me, dans lequel la seule pensée de perdre celle qu’il aime le rend complètement fou.

En outre, le Touch The Sky Riddim nous présente également des paroles "conscientes", comme le disent les jamaïcains. La question de l’appartenance culturelle revient notamment avec Istwa An Nou de Rachelle Allison, mais aussi d’une certaine façon avec une des grandes gagnantes des Hit Lokal Awards de l’année dernière, Swé. Ainsi, les notions de liberté, de partage et de détermination sont bien définies par la chanteuse guadeloupéenne, mais aussi par Saïk et ProfA qui nous décrivent leur envie de réussir, par tous les moyens possibles : "An ka véyé si pa ni rékin an dlo a an ka navigué, Sé pou sa ké an préféré rété tou sèl an mwen".

Et si cette compilation a bien commencé avec le titre de Saïk, Tou Sèl An Mwen, c’est bien Admiral T qui intervient pour finir ce chapitre musical de très bon augure. Il annonce sur Facebook que ce riddim lui a tant plu, qu’il a souhaité en faire partie. Et c’est ainsi que naît la seule bonus track de ce riddim. Une dernière chanson où l’amour règle une dernière fois.

Les sonorités de ce riddim font appel à quelques touches de piano mais surtout une guitare bien présente, qui rythme les paroles que chacun des artistes ont bien voulu nous offrir. Le Touch The Sky vous permettra de vous envoler et de réellement toucher le ciel comme le dit si bien Krys dans Alleluia.

Le Touch The Sky Riddim piste par piste

Comme je vous le disais en préambule, le premier artiste que l’on retrouve sur cette compilation est donc Saïk, avec la chanson Tou Sèl An Mwen. Cette chanson est une invitation à l’évasion. Saïk préfère rester seul en certaines situations pour pouvoir mieux respirer et profiter de sa vie comme il l’entend. Il a des objectifs à atteindre, et compte bien s’y atteler. Ce magnifique titre aura permis au riddim de se faire une certaine notoriété avant sa sortie officielle ce mercredi 30 juillet.

C’est ensuite Colonel Reyel que l’on peut écouter sur le Touch The Sky Riddim. La trame de sa chanson se cadre dans un contexte bien précis, celui des relations sentimentales. L’artiste, que l’on ne présente plus grâce à ses chansons comme Celui ou encore Aurélie, déclare sa flamme à sa partenaire. Si Tu Es Là est une chanson dans laquelle il confesse son amour à sa dulcinée : "Si tu es là avec moi jamais rien ne m’atteindra, Aucun obstacle sur la route ne me freinera, Je surmonterai tout si tu es là, Seulement si tu es là".

Kendell est un chanteur d’origine dominicaine que je ne connaissais pas jusqu’alors. Avec son titre Talk To Me sur ce riddim, il réalise un premier pas vers une reconnaissance de sa voix à l’échelle nationale. Sa voix est plutôt posée et douce, il est capable de monter facilement (ou en tout cas, c’est l’impression qu’il donne) dans les aigus. Il est le premier artiste sur cette compilation à nous offrir ainsi des paroles chantées en anglais, pour nous exprimer lui aussi son attirance pour l’objet de ses désirs. "You got me going crazy", est l’une des phrases les plus révélatrices du caractère de sa chanson. C’est l’un de mes titres préférés de cet album.

La première voix féminine présente sur le Touch The Sky Riddim est donc celle de Swé, qui continue sa percée dans le monde musical. La voix de cette chanteuse que je connais depuis un plus d’un an maintenant grâce au titre Papyon, dont je vous parlerai bien vite et qui est aussi ma sonnerie de téléphone, possède cet aspect versatile que lui permet de pouvoir nuancer ses propos. Avec Lib, Swé revient finalement sur le droit à la liberté d’expression. Elle nous déclare comme « libres », chacun d’entre nous capables de faire ses propres choix, d’avancer et de rêver tranquillement, peu importe ce que les gens peuvent en penser. Swé a aucunement l’intention de se laisser dicter une conduite, et avec ce titre, elle l’affirme explicitement.

Misié Sadik, auteur de bien des chansons aux paroles qui mènent à la réflexion, nous propose une chanson pleine d’amour sur le Touch The Sky Riddim. Misié Sadik prend le temps de déclarer aussi ce qu’il éprouve pour la personne avec laquelle il partage sa vie. An Dé Mo, « en deux mots », l’artiste parle de l’amour qu’il porte à cette femme, tout en évoquant les doutes infondés qu’elle a à son égard. De leur relation, on perçoit comme un malaise que Misié Sadik tente de dissumer avec cette chanson. L’important pour lui serait qu’ils arrivent à réellement communiquer sur leurs possibles divergences d’opinion.

Jaïan K est l’une de mes plus grandes découvertes de cette compilation. Je ne connaissais pas, honte à moi, ce chanteur d’origine antillaise. Et pourtant, son parcours dans le monde de la musique sur le plan local est déjà bien tracé, avec des chansons comme This Woman ou Rété Natwal, dont je vous parlerai prochainement, par exemple. Pour le Touch The Sky Riddim, Jaïan K chante That X Thing. Ici, il fait allusion à tout l’amour qu’il éprouve pour son alter ego.

C’est ensuite Krys qui prend le relais avec son titre Alleluia. Ce chanteur de dancehall d’origine guadeloupéenne change complètement de registre pour son titre qui se veut sur le ton de la reconnaissance. Alleluia est une sorte d’hymne à la vie. Krys y est conscient de la chance qu’il a d’être en vie, et avec cette chanson il remercie le ciel de lui permettre de profiter de chaque jour avec autant de joie, de bonheur et de bien-être.

Istwa An Nou est une magnifique chanson de Rachelle Allison sur son histoire avec la Guadeloupe. La chanteuse y relate son affection pour son île d’origine et pour sa culture. Istwa An Nou est sa manière de rendre hommage à la Guadeloupe. Et, pleinement consciente de l’héritage que lui a laissé ses ancêtres, l’artiste nous chante avec conviction la fierté qu’elle a envers son berceau culturel.

C’est ensuite Mc Duc qui reprend le riddim. Mc Duc est un chanteur originaire de l’île de la Réunion, qui est notamment connu pour sa reprise du célèbre Jump de RDX intitulée Daggaring. Ici, sur le Touch The Sky, Mc Duc nous invite à rendre compte de son amour pour l’élue de son cœur, celle sans laquelle il ne peut pas concevoir sa vie : "I need you by my side, that’s why I don’t wanna see you cry, I wanna make you my wife, Girl you’re always on my mind".

Suite à cette nouvelle déclaration d’amour, Lyricson nous propose Sunday To Sunday. Sur un ton assez festif et décontracté, Lyricson nous invite à profiter de la vie autant que possible et à danser du dimanche au dimanche ! "Cause we are party from Sunday to Sunday, Cause to we everyday is not an holiday, Dance wi a dance until the sunlight, Come join the party, free up your body", telle est la première partie du refrain de cette chanson au contexte reposant.

La trame romantique du Touch The Sky Riddim revient ensuite avec T-Shaa qui nous interprète Amour Idyllique. La chanteuse produite par le fameux Step Out Productions de Krys reprend à son tour des paroles relatives aux relations amoureuses. La chanteuse qualifie « d’idyllique » l’amour qu’elle vit avec son compagnon. Elle en profite pour souligner ici que son amour touche le ciel, petit clin d’œil au nom de ce riddim sur lequel elle a été invitée à poser sa voix.

Jeva 9 chante une de mes chansons préférées sur cette base instrumentale. Avec An Tout Sens, il fait contraster son impatience vis-à-vis d’une relation encore naissante avec son envie de prouver à l’élue de son cœur qu’il sera là en toute situation pour elle. Et son donc en toute simplicité qu’il lui livre les attentions qu’il aura à son égard. Jeva 9 se sent prêt et semble avoir mesuré l’impact que cette nouvelle personne aura dans sa vie de manière concrète.

C’est ensuite à ProfA de se lancer dans l’exercice de reprise de cette base rythmique. Do It Right est une chanson pour souligner la détermination qui doit nous animer pour arriver à atteindre nos objectifs. La vie n’est pas facile, mais si nous arrivons à maintenir le cap, de manière franche, directe et honnête, nous arrivons là où nous le souhaitons.

Chanté Baw interprété par Xelo, un chanteur de reggae, dancehall originaire de la Guadeloupe, est une autre chanson pleine de sentiments amoureux, à l’image d’An Dé Mo par exemple. Dans ce titre, Xelo nous parle de son affection pour celle qu’il aime. Il chante ce morceau pour elle, comme nous l’indique de cette chanson : "Lè nou ansanm mwen ka santi an lov baby, An bèl sansasyon ka mèt mwen an trans, Lè nou kolé séré an vlé dansé…".

Pour compléter cette magnifique compilation, Admiral T nous offre une bonus track de toute beauté. Magic Love est un dernier titre en puissance qui permet d’appréhender l’amour qu’il existe entre Admiral T et la femme qu’il aime. "Girl sé vou mwen vé, Sé sa non fo pa’w douté, Sa ki tin’ antre nou dé, Sa majik" (Girl, c’est toi que je veux, Non, il ne faut pas que tu en doutes, Ce qu’il y a entre nous deux, C’est magique…).

La seizième et dernière piste de cette compilation est un megamix proposé par DJ Axx, que vous pouvez retrouver sur son compte SoundCloud ou sur Twitter. Ce remix reprend un bout de chacune des chansons présentes sur la compilation en un peu moins de sept minutes ! Une manière agréable de redécouvrir chacun des artistes en une seule fois.



TRACKLIST :
01 – Saïk – Tou Sèl An Mwen
02 – Colonel Reyel – Si Tu Es Là
03 – Kendell – Talk To Me
04 – Swé – Nou Lib
05 – Misié Sadik – An Dé Mo
06 – Jaïan K – That X Thing
07 – Krys – Alleluia
08 – Rachelle Allison – Istwa An Nou
09 – Mc Duc – You
10 – Lyricson – Sunday To Sunday
11 – T-shaa – Amour Idyllique
12 – Jeva 9 – An Tout Sens
13 – ProfA – Do It Right
14 – Xelo – Chanté Baw
15 – Admiral T – Magic Love (BONUS TRACK)
16 – DJ Axx – Megamix

Believe Me d’Usher

MultiVu.com

Je vous parlais d’Usher il y a très peu de temps, grâce à son titre Good Kisser. Depuis hier, il revient sur le devant de la scène avec ce nouveau single intitulé Believe Me.

Décidément, le prochain album de ce chanteur que je suis depuis la sortie de son troisième album studio 8701 s’annonce excellent. Complètement de retour dans des sonorités propres au rhythm ans blues, Usher nous présente des titres que je trouve vraiment sympas, à la fois pour ses anciens fans – comme moi – qui n’appréciaient pas forcément son virage dans le monde pop/électro, et pour le toute nouvelle génération.

Avec Believe Me, Usher reprend une trame souvent présente dans ses textes : les relations sentimentales. "And he breaks my heart, my heart, to know I break your heart, your heart, Believe me". Il annonce une nouvelle tournée d’au moins huit dates de concert qui s’appellera The UR Experience Tour.

In Love With You d’Erykah Badu et Stephen Marley

Wikimedia

In Love With You est une magnifique chanson interprétée par Erykah Badu et Stephen Marley. Les deux artistes ont enregistré cette chanson soul/reggae il y a presque quinze ans, déjà. Erykah Badu sortait alors son deuxième album studio, Mama’s Gun. Mama’s Gun contient entre autres les chansons Bag Lady ou encore Didn’t Cha Know, qui ont amené Erykah Badu à être nominée pour obtenir le Grammy Award de la meilleure performance vocale féminine en R&B.

Stephen Marley, fils du légendaire Bob Marley, n’avait pas encore la carrière qu’il possède aujourd’hui. Il a longtemps fait parti des Melody Makers avec ses frères et sœurs avant de s’imposer en tant que grand lyriciste. Il a par exemple participé à la production de Halfway Tree et de Welcome To Jamrock de Damian Marley.

Dans ce magnifique titre, In Love With You, Stephen Marley nous relate l’histoire d’un homme complètement épris d’une de ses amies. Cette chanson décrit les relations compliquées qu’il peut y avoir entre deux personnes. Erykah Badu y joue le rôle d’une femme qui n’avait pas conscience des sentiments que possède l’homme auquel elle a pris l’habitude de confier tous ses secrets. Elle dit avoir besoin d’un « homme » dans sa vie quand elle se rend compte de l’amour qui existe entre eux.

Sur le plan strictement musical, cette chanson est une ballade jouée à la guitare, qui confère aux paroles une certaine authenticité, tout en simplicité. Ces sonorités acoustiques donnent le ton à la guitare basse que je crois percevoir en arrière-plan. Le tempo est assez lent finalement. Il nous offre un mélange sonore entre la soul et le reggae. C’était une vraiment très belle œuvre, que je vous propose de redécouvrir aujourd’hui.

All Of Me de John Legend

Patrick Giblin

J’avais promis à ma sœur, il y a déjà quelques temps, d’écrire sur cette chanson. Alors, aujourd’hui je vous propose ce titre de John Legend que vous connaissez déjà sûrement, et dont vous avez probablement entonné l’air ce matin, alors qu’il passait à la radio ou dans votre magasin préféré.

All Of Me est une chanson qui touche un peu toutes les générations. J’ai ma propre théorie à ce sujet : cette chanson d’amour se contente d’être à la fois poétique et simpliste. John Legend y pose sa jolie voix sur des modestes notes de piano, sans fioritures. Souvenez-vous par exemple de l’impact qu’avait eu la voix d’Adele sur Someone Like You. Il suffit parfois de rester authentique et de garder cette certaine humilité qui n’est pas si caractéristique de notre époque musicale finalement.

All Of Me est une véritable déclaration d’amour pur, qui donne envie de croire à ce sentiment parfait que l’on peut retrouver entre deux êtres. Il paraîtrait que cette chanson ait été écrite en seulement quelques heures, et que les paroles aient semblé tellement évidentes pour les deux co-auteurs, Toby Gad et John Legend. Billboard nous propose de mieux comprendre le succès d’All Of Me à travers plusieurs témoignages, dont notamment celui du leader vocal.

Other writers and artists I was working with at the time reacted strongly to ‘All of Me.’ I remember [singer, songwriter and former Epic Records president] Amanda Ghost cried the first time she heard it. All it took was the right exposure for it to seep into the public consciousness. I [was] like, ‘This song is for everybody. Why does it only have to be on this or that format?’

John Legend

Je pense que cette chanson est l’une des meilleurs sorties de cette année 2014 à l’international. Vous pouvez toujours me laisser un commentaire pour me contredire, ou me dire ce que vous en pensez, et simplement pour me conseiller un titre que vous chérissez dans votre playlist personnelle. Je suis toujours preneuse de nouvelles chansons à découvrir. :)

Africa Redemption de Pressure et Chronixx

Large Up

Depuis quelques jours, Pressure, accompagné de Chronixx, nous propose d’entendre sa chanson d’ultime compensation vis-à-vis de la situation du continent africain. Il est donc désormais possible d’écouter ces deux valeurs sûres du reggae sur un même titre, Africa Redemption.

Dans cette chanson produite par Yard Vybz Entertainment, Africa Redemption, les deux artistes jamaïcains évoquent explicitement la condition de l’homme noir en Afrique, et lance un appel à la liberté pour lutter contre la discrimination raciale. Pressure et Chronixx s’estiment pleinement conscients des souffrances qu’ont vécu leurs ancêtres, arrivés dans les colonies anglaises en tant qu’esclaves. Le plus grand souhait serait que chacun des pays d’Afrique puisse complètement s’épanouir, et voir un jour leur nation s’enrichir et avoir une vie plus simple au quotidien.

We don’t know how we ended up here,
Stolen from our own homes
Brought in babylon in chains,
Even took controls

Teach us what, what you teach both
See Africa deh, a beg yuh reach out
You mister man wid yo face bleach out
Dash weh the cream, a yo roots you fi seek out

And I don’t know how we ended up here,
Stolen from our home
Chronnix and Pressure make Selassie I takes control

Les sonorités de cette chanson que je vous invite à découvrir ci-dessous sont calmes et posées. Ses paroles apportent bien plus que la base instrumentale en fin de compte : c’est comme si Pressure et Chronixx avaient privilégié des rythmiques plutôt tranquilles pour mieux contraster avec la puissance de leurs dires. Un pari réussi à mon sens, puisque ce que je retiens personnellement du titre, est cette morale pleine d’espoir des deux chanteurs.

Et vous, que pensez-vous de cette chanson qui réunit ces deux incroyables chanteurs ? Vous pouvez télécharger Africa Redemption sur Amazon.