Natty Jean, Yaniss Odua et Saïk en concert à l’Observatoire de Cergy

Artikal Band
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Le 19 octobre 2013, trois artistes issus de la scène reggae et dancehall donnent rendez-vous à l’Observatoire de Cergy grâce à l’association Cergy-Caraïbes. Il s’agit de Natty Jean, Yaniss Odua et Saïk.

Les premiers à monter sur les planches de l’Observatoire ce soir-là sont les musiciens de l’Artikal Band, dont la rigueur et la précision sont honorables. Ils accompagnent les deux premiers chanteurs de ce show. Artikal Band est un groupe de musique originaire de Montpellier qui existe depuis 1995. Ils sont connus pour avoir accompagné des artistes comme U Brown, Straïka D, Chukky Starr ou Natural Black par exemple.

Natty Jean, poète au grand cœur

Natty Jean, artiste originaire du Sénégal, entre sur scène après une brève introduction musicale de l’Artikal Band. Cet auteur-compositeur africain commence à chanter à Dakar, capitale de son pays natal, en utilisant ses influences musicales diversifiées pour créer son propre univers, un mélange entre le reggae et les sonorités africaines. Aujourd’hui, après avoir su transporter sa musique au-delà des frontières (en passant par le Mali d’abord, puis la France), Natty Jean revient sur le devant de la scène musicale avec un extrait de son dernier album sorti en 2012 Santa Yalla.

Natty Jean entre sur scène avec la chanson I Believe durant laquelle il gratifie son public d’un sympathique « Bonsoir Cergy ! ». Le chanteur poursuit avec la chanson Sénégal dans laquelle il fait un clin d’œil à son pays natal en demandant l’unité pour son pays. Puis au cours de Taalibe, le morceau suivant interprété, Natty Jean se fait plus poignant et versatile. Il chante, sur un air aux allures de dancehall parfois, les paroles suivantes.

Ils t’ont manipulé, Ils t’ont utilisé,
Ils t’ont exploité, Ils t’ont brutalisé,
Ils t’ont oublié, marginalisé,
Ils sont l’avenir de demain mais ils ont les mains liées,
Ils sont obligés de subir l’atrocité
De ces faux marabouts qui les ont tant maltraités,
Poussés, encouragés dans la mendicité,
Trouvons une solution pour ces enfances sacrifiées

Dans une interview de Natty Jean pour One Drop Magazine, le chanteur explique que les Taalibe sont les enfants des rues en Afrique qui se font escroquer sur le plan financier par les marabouts. Le chanteur tente ainsi avec ses paroles de dénoncer ces actes malveillants.

Natty Jean continue sa représentation avec Money, un titre dans lequel il met en avant les rapports qu’ont les gens avec l’argent. Il termine sa prestation avec un puissant Santa Yalla, le titre éponyme de son dernier album. C’est un peu plus d’une demi-heure de show qu’offre Natty Jean, dans un genre assez représentatif de sa personnalité : il impose un rythme doux pour faire passer ses messages, propose des séquences plus rapides pour capter l’attention de son auditoire, saute et danse comme si la musique emplissait son âme.

Natty Jean sur la scène de l'Observatoire

Natty Jean sur la scène de l'Observatoire

Natty Jean sur la scène de l'Observatoire

Natty Jean sur la scène de l'Observatoire

Natty Jean sur la scène de l'Observatoire

Natty Jean sur la scène de l'Observatoire

Yaniss Odua, militant pour la nation

C’est ensuite au tour de Yaniss Odua d’offrir un moment de reggae. Les membres de l’Artikal Band jouent les premières notes d’En route pour Jah Kingdom, titre sur lequel Yaniss Odua se présente à son auditoire. Très réceptif, ce dernier brandit des drapeaux de couleur rouge-jaune-vert tandis que l’artiste opte pour les premiers instants dancehall de son spectacle. Yaniss Odua continue en effet son show avec la chanson Yeah Yeah dont le refrain se compose des paroles suivantes.

Quand on est prêt pour l’action, on dit « Yeah yeah »
Pour se mettre en condition, on dit « Yeah yeah »
Garder la même détermination en disant « Yeah yeah »
À quand l’action et à quand la réaction ?

Mettant à l’honneur son dernier album Moment idéal, Yaniss Odua enchaîne ensuite avec Laisser rouler et Mes principes, deux morceaux de reggae dont les paroles sont pleines de bon sens. L’artiste décide de poursuivre toujours avec la liste des chansons de cet album et interprète son titre éponyme Moment idéal. Dans ce dernier, Yaniss Odua se veut romantique et s’adresse à la femme de ses rêves :

J’attendrai le moment idéal
Pour te dire que tu es un vrai régal
J’aime passer du temps avec toi gyal
En ta présence je me sens impérial, c’est royal

Un magnifique solo du guitariste Ilon Ba vient terminer ce morceau sous un tonnerre d’applaudissements. Yaniss Odua présente son prochain titre Music Is My Life, et en profite pour mentionner le groupe qui l’y accompagne habituellement sur cette chanson C-Sharp. Ce morceau étant un peu plus dancehall lui permet de rapidement enchaîner avec des chansons faisant partie de son répertoire depuis quelques années. Ainsi, il emprunte l’instrumentale qui a fait sa renommée lors de la parution de l’album Bad Boy Story de RedZone, celle d’America. Il propose d’ailleurs ce soir-là un couplet de cette chanson qu’il chantait sous le pseudonyme « Little Yannis » accompagné de Little Sista.

Yaniss Odua propose ensuite Mal au cœur sur le Doctor Darling Riddim, puis Madinin’Africa, Chalawa (Generation H), Qui est-ce qui ? sur le Savage Riddim, Cool Higher et bien évidemment La Caraïbe, une chanson qui a permis à Yaniss Odua d’être sur le devant de la scène nationale en matière de reggae. Le chanteur originaire de la Martinique va d’ailleurs descendre de la scène à cet instant pour saluer son public avant de chanter les dernières chansons de son show.

L’artiste reprend deux titres présents sur Moment Idéal pour terminer sa représentation : les chansons Rabat-joie et Rouge-jaune-vert durant laquelle des drapeaux reprenant ces couleurs sont brandis dans toute la salle. Il termine son show avec la base instrumentale de Ante Up de M.O.P. Il interprète dessus son célèbre J’ai la rage. Artikal Band et Yaniss Odua terminent ensemble leur show : ils saluent donc ensemble l’auditoire une dernière fois, en remerciant chacun pour sa présence et son écoute.

Yaniss Odua sur la scène de l'Observatoire

Yaniss Odua sur la scène de l'Observatoire

Yaniss Odua sur la scène de l'Observatoire

Yaniss Odua sur la scène de l'Observatoire

Yaniss Odua sur la scène de l'Observatoire

Yaniss Odua sur la scène de l'Observatoire

Yaniss Odua sur la scène de l'Observatoire

Yaniss Odua sur la scène de l'Observatoire

Yaniss Odua sur la scène de l'Observatoire

Saïk, chanteur au second souffle

Saïk arrive sur la scène sous un tonnerre d’applaudissements. Il est alors accompagné par le groupe de musiciens . L’artiste décide ce soir-là de proposer à la fois des titres de son dernier album Second souffle et des titres de son répertoire ayant contribué à sa renommée sur la scène musicale.

Saïk démarre ainsi son show avec la première chanson de son album Surviv’. L’auditoire accompagne l’artiste sur chacune des paroles de ce titre dans lequel il est question de faire face aux événements de la vie avec force, courage et espoir. Pour rompre avec l’ambiance paisible que confère cette introduction, Saïk offre ensuite une version originale de Dancehall Evolution, puis reprend Préjugés, une chanson présente sur l’album Mozaik Kréyol d’Admiral T. Saïk continue sa représentation avec des morceaux assez underground comme Obligé Nou Bun et Tchè An Nou Ka Bat présent sur l’Axx Dem Riddim.

Le chanteur propose en outre de nombreuses chansons figurant sur Second souffle : Handzup, You And Me, Je t’emmène (avec en guise de conclusion un puissant « Cergy, mi luv u » de la part du chanteur), Laissé Yo Palé et Mamamia. Il chante également Pon Èd, Gimmie Di Wine, L’École, Sexy Swaggaring, Lan’nuit Kon La Jouné, Tchenbé Nou

Saïk sur la scène de l'Observatoire

Saïk sur la scène de l'Observatoire

Saïk sur la scène de l'Observatoire

Saïk sur la scène de l'Observatoire

Saïk sur la scène de l'Observatoire

Saïk sur la scène de l'Observatoire

Saïk sur la scène de l'Observatoire

Saïk sur la scène de l'Observatoire

Saïk sur la scène de l'Observatoire

Ce concert a ainsi proposé des artistes confirmés dans une salle accessible. Une salle dont la lumière n’était pas agressive et dans laquelle les enfants pouvaient librement circuler au-devant de la scène sans crainte pour leur vie.

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