Paris Reggae Festival, un concert avec E.sy Kennenga, Chronixx, Morgan Heritage et Tarrus Riley

Paris Reggae Festival
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Le 29 juin 2013 se tient le Paris Reggae Festival dans la salle du Dock Pullman de Saint-Denis. Cet événement organisé par Mediacom, JP Music et Make It Clap Agency réunit de nombreux artistes de la scène internationale du reggae : E.sy Kennenga, Chronixx, le groupe Morgan Heritage, Tarrus Riley et Dean Fraser. Près de cinq heures de show ont été proposées lors de cette manifestation.

E.sy Kennenga, un artiste en pleine ascension

C’est d’abord avec une immense joie que le public parisien retrouve sur la scène E.sy Kennenga. Accompagné de Rémy Rascar à la basse, Cédric Cléry à la batterie, Joël Jaccoulet au clavier et Mustaf Kennenga pour les chœurs, il propose un show exceptionnel à l’image de tous ses concerts. Dès les premières notes, c’est un public plus que conquis qui entonne les paroles de Décidé, titre phare d’EK Trip, le premier album d’E.sy Kennenga. Puis les fans inconditionnels de l’artiste soutiennent en harmonie les nouvelles mélodies qui figureront sur le deuxième album de l’artiste : Again And Again et Keep It Real. Cette dernière retient particulièrement l’attention des personnes présentes qui n’ont cessé de répéter qu’elles garderaient à l’esprit cette chanson au rythme énergique et au message positif.

Le meilleur de cette représentation survient au moment où E.sy Kennenga évoque son amour pour la musique avec Music Is Love. L’auditoire est rassemblé dans cette salle pour partager un moment de communion par amour du reggae, mais surtout par amour de la musique. Selon le chanteur originaire de Martinique, la musique « fait vibrer [le] cœur et [le] corps ». Cette chanson est offerte en medley avec Love Adan Tchè Mwen, sans doute l’une des plus grosses attentes du album de l’artiste.

Il est intéressant de voir cet artiste issu de la scène antillaise évoluer au fil des années, d’observer son ascension depuis la sortie de son premier album EK Trip en juillet 2010 et son concert au New Morning en janvier 2011. On peut également souligner que cet artiste a un grand cœur puisqu’il a participé le 16 juin 2013 au Drépaction, un concert caritatif pour aider l’APIPD à lutter contre la drépanocytose. E.sy Kennenga sera par ailleurs en concert à l’Olympia le 7 mai 2014.

Chronixx, un premier show en France

C’est ensuite au tour du premier artiste jamaïcain d’entrer sur le podium du Dock Pullman : Chronixx. Un bol d’air frais se fait ressentir dans le monde du reggae avec l’arrivée de cet esprit « bohème » sur le devant de la scène internationale. Ce chanteur, âgé seulement de vingt ans, fournit une telle énergie et une telle intensité sur scène qu’il est reconnu comme un artiste au futur brillant, une légende du reggae en devenir. D’un naturel généreux, et pas du tout impressionné par la foule de plus en plus importante dans la salle, il fait son show tout en jouant, souriant, sautant et dansant. Sa spontanéité est l’image de sa jeunesse.

Chronixx est accompagné du Zinc Fence Band et interprète avec un rythme effréné Start A Fire, Pull Up et Dread. Il chante ensuite l’un des titres phares de son répertoire : They Don’t Know, la chanson qui lui a permis d’accéder à la renommée qu’il possède. Avec l’excellent Ain’t No Giving In du Tropical Escape Riddim, un hymne à l’espoir et au courage, le chanteur appelle le public à chanter avec lui. Avec Access Granted (Don’t Take My Love For Granted) sur le Digital Love Riddim, le chanteur arrive à imposer un rythme plus calme et pourtant tout aussi entraînant.

Chronixx offre également un puissant Smile Jamaica sur le Honey Pot Riddim couplé d’une séquence entièrement dancehall histoire de ravir les amateurs de sounds systems. D’excellents musiciens l’accompagnent pour ce faire. Viennent enfin Here Comes Trouble du Rootsman Riddim et une improvisation sur le Ghetto Christmas Riddim avec lesquels l’artiste montre sa capacité de grand toaster. C’est vraiment un show digne des plus grands que propose Chronixx ce soir-là. Nul doute que cette expérience ne représente que les prémices d’une grande carrière pour cet artiste.

Morgan Heritage, un retour très attendu

C’est ensuite à Morgan Heritage de se présenter face au public parisien. Le groupe est d’ailleurs au grand complet ce jour-là : Peetah Morgan (leader vocal), Mojo Morgan (percussion/chœurs), Gramps Morgan (clavier/chœurs), Una Morgan (clavier/chœurs) et Lukes Morgan (guitare basse). La France, comme le monde entier, attendait leur retour depuis longtemps. C’est donc naturellement que s’est imposé le nom de leur nouvel album Here Come The Kings, avec des morceaux qui commencent à faire leur apparition sur la toile tels que la chanson éponyme de l’album Here Come The Kings et le titre Perfect Love Song.

Morgan Heritage entre donc sur la scène du Dock Pullman avec une chanson dont le titre évoque la pause que ses membres viennent de prendre dans leur carrière musicale : The Return. Puis la famille Morgan choisit d’interpréter de nombreuses chansons ayant contribuées à leur renommée dans l’univers du reggae. Ainsi, elle démarre avec Don’t Haffi Dread dont les paroles « You don’t haffi dread to be Rasta/This is not a dreadlocks thing, divine conception of the heart » ont largement été reprises par le public ; et avec Inna Dem Ting Deh sur l’excellent Superior Riddim de Gentleman. Morgan Heritage enchaîne avec Hail Rastafari sur le Lion Paw, Liberation du Liberation Riddim aussi connu comme le Jah Jah City Riddim grâce au grand Capleton, et le fameux Love Is The Only Solution sur la même instrumentale, qu’ils chantent originellement en duo avec Jah Cure. Gramps propose sur cette instrumentale un petit solo avant que Mr Mojo offre sur Jah Jah City une séquence de dancehall.

C’est ensuite avec Down By The River sur le What Kind Of World Riddim que le groupe poursuit son show pour « emmener [le public parisien] avec [lui] en Jamaïque », comme le propose Peetah Morgan. La famille royale du reggae poursuit sur des notes de plus en plus dancehall en enchaînant avec notamment What A Bam Bam emprunté à Chaka Demus & Pliers et une chanson rappelant l’excellent Bring It Come d’Elephant Man sur le Drop Draws Riddim. Morgan Heritage termine sa représentation avec Best Friends du Drop Leaf Riddim, She’s Still Loving Me sur l’Under Attack Riddim et Tell Me How Come sur le Seasons Riddim.

Tarrus Riley et Dean Fraser, un final explosif

Tarrus Riley est le prochain artiste à prendre place sur scène. Il est accompagné au saxophone de l’un des musiciens les plus acclamés en Jamaïque Dean Fraser. Ce dernier fait son entrée dans la salle alors que l’instrumentale du Real Rock Return Riddim est jouée par les musiciens du BLAK SOIL Band. Ce groupe de musiciens dont le pseudonyme vient du message “Brethren Living According to King Selassie Overstanding and Iritical Livity” est actuellement en tournée avec Tarrus Riley. Ensemble, ils offrent ce soir-là un show d’une valeur inestimable.

Tarrus Riley entre sur scène introduit par Dean Fraser avec une version roots de Armageddon Time, Shaka Zulu Pickney. Il poursuit son show avec une chanson qui figure sur son album Contagious, Love’s Contagious. Le rythme est maintenu avec tout d’abord Getty Getty No Wantee du Changes Riddim, puis une version élaborée de Start A New (Cut It Off) et de Human Nature.

Dean Fraser prend son saxophone pour offrir un Untold Stories tout à fait exceptionnel en hommage à Buju Banton, incarcéré aujourd’hui. Tarrus Riley et Dean Fraser s’amusent à la fin de cette chanson et proposent un duel « saxophone vs. cordes vocales ». On ne saurait désigner un véritable vainqueur de cette bataille tant les artistes sont appliqués. Ils enchaînent ensuite avec Rebel. À la fin de ce morceau, Glen Browne, grand bassiste depuis plus de trente ans, propose un solo de guitare. Tarrus Riley, quant à lui, adresse quelques mots en français à son auditoire dont l’expression « Chantez ! » pour encourager son public à participer à l’échange musical.

Le chanteur interprète ensuite La La Warriors du Gorilla Riddim couplé à Original Dancehall du Freedom Shines Riddim avec son célèbre couplet “Mi tired, mi frustrated/Every day mi wake another one dead/Jah know mi tired, mi naw take it/Too much war time wasted”. C’est ensuite une jolie combinaison entre Back Biters et Far Away durant laquelle les I love you se transforment en « Je t’aime ». Faisant suite au Love Potion Riddim, Tarrus Riley interpréte un magnifique Superman, une chanson durant laquelle le chanteur, charmeur, dit aux femmes de l’auditoire « Vous êtes jolies ! ». C’est ensuite Never Leave I sur l’Island Vibes Riddim.

Tarrus Riley enchaîne avec Wildfire (Protect The People), Sorry Is A Sorry Word, Dream Woman, Gimme Likkle One Drop et Stay With U, toujours avec une joie communiative de quoi ravir son auditoire. Il termine sa représentation sur ses deux morceaux les plus attendus à savoir She’s Royal et Good Girl Gone Bad.

Le Paris Reggae Festival a ainsi proposé de grands artistes de reggae qui ont proposé des shows tout à fait exceptionnels.

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