Le Rockers Rockers Rockers Festival au Zénith de Paris

Sherieta
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La grande première du Rockers Rockers Rockers Festival a lieu le 25 avril 2011 à Paris. L’évènement est organisé par MC*5 Productions, une agence de booking dont le principal objectif est de promouvoir les artistes à travers des concerts et des festivals à l’échelle de l’Europe.

Le début de cette manifestation est entaché de différentes fausses notes qui mettent à mal la patience du public. Ce dernier apprend tout d’abord l’absence de Vybz Kartel qui était pourtant une des têtes d’affiche de ce festival. Aucune annonce officielle n’est faite à ce sujet, ce qui a pour don de blesser le public venu l’acclamer. Aussi, c’est dans un Zénith à peine éclairé que les festivaliers patientent. Par ailleurs, l’attente pour le début du concert est longue, très longue, et sans la moindre information provenant des organisateurs. Bien heureusement, l’excellente performance des artistes présents permet au public d’oublier quelque peu ces déboires.

Gappy Ranks

C’est avec Gappy Ranks, un jeune artiste en provenance de Grande-Bretagne, que démarre le festival. Il interprète pour commencer un puissant Tightest Punanny, titre qui figure sur l’excellentissime Tsunami Riddim produit courant 2010. Afin de fidéliser le public présent dans la salle, Gappy Ranks décide de poursuivre son show avec des chansons tout droit sorties de son dernier album Put The Stereo On. Il commence donc avec Mountain Top, un morceau de reggae aux sonorités classiques rappelant les riddims des années 1990.

C’est ensuite la chanson éponyme de son album Put The Stereo On qu’il offre suivie de Pumpkin Belly. Ces chansons ont la particularité de posséder une version instrumentale au rythme doux permettant au chanteur un certain nombre de libertés quant à son interprétation. Pour ravir tous les romantiques, c’est avec Heaven In Your Eyes qu’il enchaîne avant de chanter Longtime. Gappy Ranks termine sa représentation avec Stinkin Rich, un titre plutôt dancehall qui lui a permis d’acquérir la notoriété internationale qu’il possède désormais.

Ruff Cutt Band et Sherieta

Alors que la représentation de Gappy Ranks est donnée sur des versions instrumentales jouées sur des platines, c’est désormais le Ruff Cutt Band qui s’installe sur la scène du Zénith. Cet orchestre composé de nombreux musiciens s’est formé en 1980 dans des quartiers londoniens.

Les membres du Ruff Cutt Band ont l’habitude de jouer ensemble tant la liste des artistes qu’ils ont accompagnés est grande : on retrouve parmi eux Freddy McGregor, Alton Ellis, Al Campbell, Dennis Brown, Prince Far I, Dillinger ou encore U-Roy par exemple (en 2010, le groupe célébrait son trentième anniversaire). C’est donc avec une joie sans pareille qu’ils se sont joints aux artistes présents ce soir-là.

La première chanson que le Ruff Cutt Band va jouer ce soir-là donne lieu à la première surprise de la soirée : Sherieta, une jeune femme à la voix en or ! Cette artiste jamaïcaine possède un grain de voix tout à fait remarquable, une tessiture singulière et une joie de vivre débordante sur scène. Elle interprète une unique chanson Reggae Is Life. Dans cette dernière, la chanteuse dévoile son amour pour la musique : « I shall sing as long as I live » ; et sa passion pour le reggae : « Reggae music is the bread and water ». Cette compositrice est notamment connue pour sa collaboration à la compilation Strictly The Best vol. 40 avec la chanson All In The Name Of Love qui lui a voulu un franc succès en Jamaïque.

Duane Stephenson et Dean Fraser

Vient ensuite Duane Stephenson qui poursuit le show du Rockers Rockers Rockers Festival avec sa chanson Nah Play, un morceau de reggae dans lequel il déclare son espoir en un monde meilleur en recommandant aux jeunes de son pays de ne plus utiliser les armes, de ne plus répondre par la violence. Ce n’est autre que Dean Fraser, saxophoniste hors pair, qui accompagne Duane Stephenson tout au long des chansons de son répertoire. Dean Fraser propose d’ailleurs une représentation exceptionnelle : son implication fait plaisir à voir. Il envoûte son auditoire.

C’est ensuite un puissant Ghetto Pain qui retentit dans la salle du Zénith, suivi de Soon As We Rise sur le Classic Riddim. Pour ce titre, Duane Stephenson est accompagné de Sherieta qui remonte sur les planches de la scène pour l’occasion. Ce morceau est originellement un duo de l’artiste et de Ras Shiloh datant de l’année dernière. Les deux artistes offrent une représentation pleine d’amour ici. Duane Stephenson interprète ensuite Cottage In Negril et August Town pour finir.

Chaka Demus & Pliers

Duane Stephenson laisse la place au groupe mythique formé par Chaka Demus et Pliers, réunis ce soir-là pour le plus grand plaisir des Parisiens. C’est avec un rythme effréné qu’ils proposent une avalanche de tubes, ceux qui les ont conduit à la renommée internationale qu’ils ont depuis quelques années. Ils arrivent sur scène avec Gal Wine avant d’enchaîner avec Winning Machine. Puis ce sont avec les morceaux Ruff This Year, She Don’t Let Nobody et Tease Me que les artistes proposent. Chaka Demus possède un dynamisme sans pareil ; Pliers une voix des plus maîtrisées. En les observant attentivement, on comprend aisément l’origine de leur popularité.

Dès les premiers accords de la version instrumentale du Bam Bam Riddim, l’auditoire est à son comble. Chacune des paroles de Bam Bam et de Murder She Wrote sont chantées, dansées, criées par une foule en liesse. C’est un moment du concert assez exceptionnel : mesurer l’importance de ces chansons dans le temps tout en observant le duo jamaïcain les interpréter comme si le temps s’était arrêté et que l’on était encore en 1992. Chaka Demus et Pliers finissent avec plus de douceur en interprétant Twist And Shout, dont la version originale qui date de 1963 appartient aux Beatles.

Tanya Stephens et Diana Rutherford

C’est ensuite à Tanya Stephens de monter sur scène. Tanya Stephens a une voix touchante, des paroles engagées et une vraie capacité à communiquer son émotion au moyen de ses écrits. Elle décide d’enflammer la salle en proposant tout d’abord un medley reprenant les titres Handle The Ride du Lecturer Riddim, Can’t Touch Me No More du Diwali Riddim et Yuh Nuh Ready Fi Dis Yet du Joy Ride Riddim. Puis c’est avec les plus grands de ses classiques que l’artiste décide de poursuivre, notamment avec Boom Wuk, une chanson tirée de son album Gangsta Blues dans laquelle elle déclare à son amant les raisons pour lesquelles elle succombe à son charme.

Tanya Stephens continue avec Good Ride du Juicy Riddim puis What’s The Story du Rollin Riddim avant de chanter un magnifique Can’t Breathe remarquablement joué par l’orchestre qui l’accompagne. Les premières notes du Security Riddim sont bouleversantes. Cette chanson parle de la souffrance d’une femme suite au mal que lui a causé l’homme qu’elle aimait. Tanya Stephens interprète ensuite After You du Drop Leaf Riddim, un riddim datant de 2005 sur lequel Morgan Heritage, Sizzla, Gentleman, et bien d’autres encore, ont collaboré.

Tanya Stephens invite Diana Rutherford à la rejoindre le temps d’interpréter la chanson qui l’a mise sur le devant de la scène caribéenne, Missing You. Puis Tanya Stephens reprend son micro pour nous offrir What A Day, Little White Lie, These Streets et pour conclure avec un triomphant It’s A Pity! du Doctor’s Darling. Sa prestation était à son image : d’une grande simplicité et d’une joie communicative.

Richie Spice

Richie Spice est le prochain artiste à entrer en piste. Il arrive sur le I Swear Riddim avec sa chanson Marijuana. Les Parisiens accueillent son naturel avec une bienveillance sans pareille. Richie Spice se montre joueur, fêtard, ambianceur et charmeur tout au long de sa prestation. Ce chanteur, véritable légende en Jamaïque, est fier de ce qu’il vaut et de ce qu’il est et est bien décidé à le prouver. L’artiste déclame alors un somptueux Blood Again sous les cris du public, juste avant de l’attiser avec Earth A Run Red du Sweet River Rock Riddim, un véritable appel à la paix.

Mi-amusé, mi-interpellé, Richie Spice évoque ensuite sa couleur de peau comme une qualité qu’il aime et chérit. Il lance une pique envers les Noirs qui se blanchissent la peau dans un contexte polémique que connaît actuellement la Jamaïque. Il chante ainsi Black Like A Tar, suivi de Black Woman et Brown Skin sur le Heavenly Riddim, une chanson dans laquelle l’artiste parle de sa passion pour la femme de couleur.

Richie Spice interprète ensuite Soothing Sound, un morceau figurant sur son album Book Of Job, et Gideon Boot. Joueur, l’artiste lance des « When I say “Richie”, you say “Spice”. “Richie”?! » avant de lancer un magnifique Youths Dem Cold et de finir judicieusement son show avec The Plane Land.

Gyptian

C’est ensuite au tour de Gyptian de monter sur les planches d’un Zénith complètement comble. Il démarre sa performance avec Is There A Place, un titre qui évoque son souhait d’amour pour le monde, une chanson directement adressée à la société actuelle dans laquelle on vit qui laisse place à beaucoup de violence. Il poursuit avec You’ll Never Know. Puis ce sont les couplets de Mama Don’t Cry et de My Fadah Seh qui résonnent au Zénith de Paris. C’est d’ailleurs un show plutôt reggae que dancehall que nous offre l’artiste ce soir-là. Le public assiste ainsi aux représentations de Nobody No Cry et Jah Jah See Dem A Come ; puis s’accorde à chanter en compagnie de Gyptian Butterfly, un morceau dans lequel l’artiste déclare sa flamme à l’être aimé.

Gyptian s’élance ensuite dans un medley comprenant les chansons Girl I Love You, School Girl et What A Woman avant d’être noyé par les hurlements quand I Can Feel Your Pain est joué par le Ruff Cutt Band. Il enchaîne avec Sensi, puis Serious Times. Ce chanteur termine sa représentation avec ses trois plus grands hits du moment à savoir Nah Let Go, Beautiful Lady (qu’il fait durer plus de cinq minutes) et Hold Yuh, le morceau sur lequel il quitte la scène.

Jah Cure et Phyllisia Ross

Jah Cure prend le relai avec Longing For du Drop Leaf Riddim. L’artiste n’hésite pas à témoigner son amour pour l’auditoire en déclarant « I love you all ». La gent féminine semble comblée par cet élan de sensibilité et l’artiste ne cesse de la ravir en lui envoyant à tour de rôle des marques d’affection. Lorsqu’il reprend le premier couple de cette chanson, il prononce un « To prove to you my love » fort et c’est en chœur que lui répond le public « Is so deep within… ».

Jah Cure continue avec Jah Bless Me du Sweet River Rock Riddim en dansant préalablement sur le magnifique Sticky du Jamdown Riddim. Il fait en outre un court hommage à Bob Marley en reprenant quelques vers de Is This Love qu’il associe à une chanson figurant dans le répertoire du Seasons Riddim, Love Is.

Après avoir remercié le public d’être présent avec lui ce soir-là, il entame un somptueux To Your Arms Of Love, une chanson présente sur le Guardian Angel Riddim et il descend auprès de son public pour serrer la main des personnes les plus proches de la scène. En réel ambianceur, il se déshabille et se présente en tee-shirt face à son auditoire. Viennent ensuite Sunny Day, Kings In The Jungle, Nah Build Great Man du Sweet Sop Riddim et Journey.

Pour terminer ce show, Jah Cure invite Phyllisia sur la scène. Tous deux interprètent ensemble Unconditional Love puis Call On Me.

Le Rockers Rockers Rockers Festival était un événement mettant à l’honneur aussi bien des artistes dont la carrière n’est plus à prouver que des artistes un peu moins connus qui mériteraient à émerger. La salle était comble, et hormis le manque d’informations quant à l’absence de Vybz Kartel, le public a pu repartir après plus de trois heures de show entièrement reggae/dancehall. United Reggae vous propose de découvrir le Rockers Rockers Rockers Festival en photos.

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