Conférence Velocity

Conférence Velocity
christelle.

Tous les acteurs du web souffrent des mêmes problématiques, à savoir réussir à proposer aux utilisateurs de leurs sites un chargement de leurs pages rapide, posséder une infrastructure leur permettant d’être sereins quelque soit la charge de leurs serveurs, proposer sans cesse une fiabilité sans pareille de leurs services, etc.. C’est dans l’objectif de fournir quelques éléments de solutions à ces questions que se tenait, il y a un peu plus de deux mois, la conférence Velocity dans la ville de Barcelone en Espagne.

J’ai eu l’extrême chance de pouvoir y participer, et c’est dans ce cadre que j’ai réellement pu prendre conscience des énormes progrès qu’il nous reste tous à faire en matière de performance dans le monde du web.

Un évènement O’Reilly

Velocity, c’était avant tout un évènement regroupant plusieurs sérieux protagonistes du web organisé par la maison d’éditions O’Reilly. Le groupe O’Reilly Media a été fondé en 1978 par Tim O’Reilly, un passionné des technologies dont le plan original était de simplement produire un travail de qualité pour des personnes ayant besoin de profiter d’un savoir dans un domaine précis ayant attrait à l’univers de la programmation. Son leitmotiv était le suivant : « Make interesting work for interesting people ».

Tim O’Reilly commence donc à se faire un nom en écrivant des livres techniques, qu’il décide de publier de son propre chef. Âgé de 60 ans aujourd’hui, cet écrivain et chroniqueur continue la publication de livres avec sa maison d’éditions, qui est considérée comme l’une des meilleures à l’international en matière de livres de programmation, voire même de livres autour de l’informatique de manière générale. Il est aujourd’hui l’invité de conférences autour du web dans le monde entier.

Une liste de speakers hautement qualifiée

Pour moi qui découvrais la conférence Velocity en même temps que je découvrais Barcelone, c’était vraiment une expérience enrichissante durant laquelle j’ai longuement pu remettre en question ma manière d’envisager le web de demain. De très nombreux intervenants provenant du monde entier sont venus partager leur expérience dans la matière, et c’était vraiment un honneur pour moi de pouvoir bénéficier de leurs conseils de façon si instantanée, grâce à leur proximité.

J’ai par exemple adoré l’intervention de Patrick Hamann, un ingénieur client-side qui travaille pour le magazine britannique The Guardian. Sa présentation, Breaking News at 1000ms, était un résumé de l’ensemble des tâches qui ont permis à ce magazine, ou plutôt à la version web de celui-ci, de passer sous la barre des 1000 millisecondes pour le chargement de leurs pages : une décision qui a été prise suite à un sondage auprès de 3000 de leurs utilisateurs quant aux différents axes d’amélioration qui pourraient rendre leur navigation plus agréable. La performance est apparue comme un sujet primordial, qui les a conduit à penser la partie responsive de leur site selon l’expression suivante : « Core content should be delivered first », un résultat que vous pourrez apprécier en navigant ici sur http://next.theguardian.com.

J’ai également apprécié retrouver Estelle Weyl, une consultante et développeuse plutôt front dont les compétences ne font plus l’ombre d’un doute. Elle présentait RWD is not a panacea, presque une mise en garde contre tous ces développeurs qui proposent encore qu’une version statique de leur site. Telle était son approche : « Just because no one uses your mobile site, doesn’t mean you don’t need to improve it. Maybe no one uses it because the experience is so bad. ». Pour elle, penser au mobile à l’heure actuelle n’est plus une recommandation, mais une réelle nécessité vis-à-vis du nombre de devices sans cesse en augmentation. D’ailleurs, même Google va se mettre à pénaliser les sites non mobile-friendly

Bien d’autres développeurs, consultants, écrivains et chercheurs se trouvaient à cette conférence, au milieu de nous tous, comme s’ils étaient finalement que des personnes normales, accessibles de tous. Parmi eux se trouvaient entre autres Tammy Everts, Kent Alstad, chercheurs pour Radware, Lyza Gardner, fondatrice de la start-up Cloud Four et co-auteure de Head First Mobile Web, Pamela Fox développeuse et passionnée Ilya Grigorik développeur chez Google, Mark Zeman fondateur de SpeedCurve, Joshua Hoffman administrateur systèmes pour Soundcloud, ou encore Yoav Weiss qui n’est autre que celui qui aura révolutionné le monde des images pour le responsive avec l’attribut srcset et notamment son apport au support de cette fonctionnalité jusqu’alors expérimentale sur Chrome et Robert Treat, un développeur notamment connu pour ses travaux sur PostgreSQL.

Cette conférence, c’était aussi l’occasion de retrouver des acteurs plutôt connus du monde du web : O’Reilly naturellement, Keynote Systems, EdgeCast, Dynatrace, GitHub, Limelight, mais aussi Akamai Technologies Inc., AppDynamics, Pingdom, Telefónica ou encore Aerospike, ThousandEyes, Etsy, Facebook, Mozilla, Google et Cedexis, un groupe que l’on retrouve également en France qui propose des outils de monitoring pour le web. Les technologies RUM, Real User Monitoring, étaient d’ailleurs largement représentées tout au long de ses trois jours. Car, oui, je ne vous l’ai pas mentionné plus tôt : Velocity, c’était trois jours intenses de veille autour de la performance pour le web.

Durant les deux premiers jours, des sessions de « keynotes » étaient programmées le matin, et l’après-midi des conférences sur des thèmes comme l’amélioration des performances pour le mobile, l’arrivée du responsive dans le web et ses conséquences en matière de start render et temps complet de chargement des pages, la mise en place d’infrastructures visant à améliorer la qualité des services pour le web, etc., nous étaient proposées. Le troisième et dernier jour était composé de sessions d’une heure et trente minutes visant à comprendre de manière concrète quelles étaient les mesures prises pour « construire une nouvelle version du web plus forte et rapide » : « Building a faster, stronger web ». En clair, des sessions de tutoriaux nous étaient proposées sur par exemple, la compression des images avec un rapport qualité/poids correct, l’optimisation des requêtes réalisées sur des bases de données internes, l’utilisation d’algorithmes très spécifiques pour réduire le poids des éléments affichés sur une page web… Suivez ce lien pour retrouver le programme des conférences disponibles à cette occasion.

J’ai pu profiter de nombreuses recommandations dont cet article ne fait pas une liste exhaustive. J’ai bien l’intention d’écrire d’autres articles sur l’ensemble des notes que j’ai pu prendre lors de ces différents discours notamment sur l’organisation du code front préconisé par les intervenants, sur la manière dont doit être mise en place un projet responsive – une des choses qui m’a semblé extrêmement pertinente à ce sujet, est de faire travailler les designers et les développeurs en parallèle sur ces travaux, pour ne pas perdre de temps, et renforcer la crédibilité et la mise en place d’un nouveau design, sur l’utilisation de véritables données pour un suivi quotidien de la performance et ce, aussi bien pour les serveurs que pour les fichiers utilisant des technologies diverses.

Une expérience multi culturelle

En bref, Velocity, c’était vraiment un chouette évènement pour directement rentrer un contact avec des grands acteurs du web. C’était aussi l’occasion de parler un peu anglais, un tout petit peu espagnol, et très peu français pour échanger sur le web actuel.

Par ailleurs, Barcelone est vraiment une ville fascinante, où se mêlent bien différentes cultures, et où le dynamisme de la ville semble donner libre cours à l’imagination de tous ses architectes tant ces rues espagnoles sont différentes en termes de design de tout celles que j’ai pour habitude de parcourir. Les barcelonais que nous avons pu croiser maîtriser plus ou moins les trois langues précitées, ce qui n’est clairement pas notre cas, ici à Paris. Un petit plus pas désagréable non plus : à Barcelone, on peut accéder au WiFi gratuitement dans toute la ville ! C’est bien l’une des choses qui m’a pas mal fascinée parmi tant d’autres ! Et il faisait clairement dix degrés de plus qu’à Paris au moment où se tenait la conférence.

Velocity m’aura permis de rencontrer des personnes évoluant dans mon milieu, que je n’ai pas hésité à aborder pour en connaître plus sur leurs actions à venir, ou simplement pour pouvoir récupérer quelques goodies ! La communauté O’Reilly semble définitivement bien solide, puisque Velocity a lieu quatre fois au cours de l’année. D’ailleurs, en 2015, elle se tiendra entre le 27 et 29 à Santa Clara en Californie, le 11 et le 11 août à Pékin, du 12 au 14 octobre à New York, et enfin du 11 au 13 novembre à Amsterdam.

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