Eugène Mona et la musique traditionnelle

Eugène Mona
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Aujourd’hui, on commémore le 19ème anniversaire de la mort de Georges Nilécam dit Eugène Mona. Retour sur la vie de ce grand artiste martiniquais. Eugène Mona est né au Vauclin (commune du sud de la Martinique), le 13 septembre 1943. Il est baigné dès son plus jeune âge dans la musique grâce à son père, accordéoniste.

Eugène Mona s’initie alors au chant et à la danse. Il se fait connaître grâce à un concours de chanson créole en 1968. Dès le début de sa carrière, il s’engage sur le chemin de la musique traditionnelle, transmise des campagnes martiniquaises.

Pourquoi « Mona » ? Il ne voulait pas d’un nom qui lui soit imposé. Pendant son apprentissage en tant qu’ébéniste, il fit la connaissance d’une femme qui était « chez le béké » . Cette dernière avait des enfants avec un monsieur Mona du quartier Plate-Forme au Marigot. Dans la commune, cette aventure se sut et des amis pour l’embêter l’appelaient Mona. Un nom qu’il mit à profit pour la postérité. [source]

Il découvre la flûte des mornes aux côtés de Max Cilla, et en fait rapidement son instrument de prédilection. Sa musique tire son originalité d’une association créative entre le chœur polyrythmique des percussions traditionnelles (tanbou bèlè, tanboudibas, tibwa, chacha, triangle), et les instruments mélodiques modernes tels que la basse, la guitare ou le clavier.

Son premier album « Bwa Brilé » rencontre un énorme succès auprès des médias et du public. Celui-ci sort en 1973. Cette notoriété grandira au fil des années, et ce auprès d’un public provenant de toutes les générations. Il est considéré comme le successeur des piliers de la musique traditionnelle martiniquaise : Ti-Emile, Vava, Didi.

Eugène Mona avait un contact direct avec la nature. Ainsi, il marchait pieds nus et puisait son inspiration en elle pour écrire des textes tels que « Mango vè-a ». Il fut comédien dans La rue Cases-nègres d’Euzhan Palcy en 1983. Puis, il s’improvisa compositeur. 7 années plus tard, Eugène Mona revient sur la scène musicale avec son 10ème album « Blan manjé ». On y retrouve cette même pulsation des percussions, mais aussi au-delà des mots, le blues de l’homme qui a traversé des expériences de vie difficiles.

Le samedi 21 septembre 1991, à l’âge de 48 ans, Eugène Mona meurt terrassé par une congestion cérébrale. Ses obsèques bloquent la Martinique du Marigot au Vauclin en passant par Fort-de-France pendant plusieurs heures. Dans des veillées mortuaires, le pays entier pleure son nègre authentique disparu, avec son dernier refrain en tête….

Lé moniman yo ké ritapé yo,
Lé èstati yo ké déplasé yo,
An tjè félé pa fasil pou djéri,
Mé sa ki sav sav, sa ki pa sav pa sav…

Lè yo baw kou ou pé pwan ben la bou,
Lè ou ni mal kou ou pé fwotéy sendou,
An tchè félé pa fasil pou djéri,
Mè sa ki sav sav, sa ki pa sav pas sav…

Eugène Mona

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