Krys à l’Elysée Montmartre

Krys à l'Élysée Montmartre
© Daoldskool®

Krys fait son entrée sur la scène devant un public impatient de l’accueillir en reprenant le Gangsta Ting riddim, emprunté aux jamaïcains. Il nous entonne alors un medley de quelques-uns de ses refrains les plus connus tels que An vlé an gal, Pa goumé ba fanm, Gwada, Mouvement la… Ainsi, il entame son show avec le répertoire des chansons qui ont fait sa notoriété : V.I.P, Programme de la Semaine. Il est accompagné sur scène de ses danseurs et d’un orchestre tout simplement grandiose. En bon ambianceur, il entraîne son auditoire déjà en liesse à danser avec lui. Il poursuit sur la même lancée en nous interprétant le morceau Garde cocotte sorti sur la compile Dancehall Tracks en 2004. Le B52 riddim a tout simplement connu ses heures de gloire grâce à cette chanson. On assiste à un enchaînement logique du répertoire de Krys.

Puis, sur un rythme aux sonorités "reggae" et des paroles beaucoup plus posées, il nous rappelle à quel point la musique est « magique », et permet le rassemblement. C’est ainsi que, face à son public dans lequel se fondent plusieurs communautés, Krys nous rappelle ô combien il est important de savoir qui l’on est pour mieux accepter l’autre. Un rappel vers le combat contre la discrimination raciale. Par ailleurs, l’artiste n’a presque plus besoin de chanter tant son public l’accompagne pour ces véritables hymnes à la paix « Solidarité ké rende la vie pli facile » (La solidarité rendra la vie plus facile, cf. ), « Fo nou rété dan linité » (Faut que l’on reste unis, cf. Nèg)…

Quelques minutes plus tard, le revoilà traversant la scène avec un air enjoué pour interpréter des chansons sur des trames moins sérieuses telles que Ti Négress’ay, Hey Selecta, Dangereuse, Caroline, Commercial… Il prendra même le temps de nous offrir un mix du super hit "Alors on danse" de Stromae. Ce n’est qu’après ce retour nécessaire dans le passé qu’il nous invite à écouter ses dernières chansons. S’enchaînent alors les titres Français des DOM TOM, Hustle… Toujours en communion avec son public, Krys nous expose ses idées sur la société actuelle. De nouveau, on réalise un petit comeback dans le passé avec Sa nou vlé cé dancehall sorti en 2005. Krys nous offre quelques pas avec ses danseurs. Et c’est avec surprise que l’on accueille sur scène les dancehall queens Shisha et Axxia sur ce riddim (le Junkanoo). Sur une mise en scène plutôt sympathique, elles entraînent Krys sur la scène et exécutent quelques pas de dancehall…

Ensuite, Krys décide de nous interpréter Fessebook et Saucisse son la. Survient alors, selon moi, la meilleure partie de ce concert. Un jeune garçon arrive sur le podium et nous lit un texte sur la négritude écrit par Aimé Césaire. Krys remonte sur la scène, cette fois revêtu d’un costume. Dès les premières secondes de la mélodie, l’ambiance de la salle n’est plus la même. L’artiste rend hommage au grand homme qu’était Aimé Césaire à travers cette lettre posthume qui est adressée. Il le remercie de nous avoir laissé un héritage riche et d’avoir réhabilité le mot "nègre". « Car aujourd’hui, l’on peut être nègre et fier. » Suite à ce témoignage de respect, Krys poursuit sur la même lancée en nous demandant d’avoir une pensée pour nos êtres chers disparus. C’est un énorme moment d’émotion qu’il nous offre en interprétant Bye Bye, chanson en duo avec Fanny J sur son dernier album : « Et je prie pour son âme sans déposer les armes ». Il nous livre une liste de prénoms, ceux de ses amis partis trop tôt… Il évoquera également Patrick Saint-Eloi, juste avant de quitter la scène en retenant ses larmes.

Le final aura bien évident lieu sur Bootyshake, son plus gros tube du moment. Presque naturellement, Krys invite des demoiselles à nous montrer leur pas de danse et un mini battle de bootyshake s’organise. C’est ainsi qu’après plus d’une heure et cinquante minutes de show, c’est une salle pleine à craquer et dynamique qui applaudit dans la salle parisienne de l’Élysée Montmartre le retour de Krys sur la scène métropolitaine. L’artiste nous prouve ici qu’il mérite amplement sa place dans le monde du dancehall. Il nous démontre par la même occasion sa capacité à traiter des sujets plus sérieux que les thèmes des chansons qui l’ont rendu célèbre. Pour l’accompagner, on notera aussi la présence de Colonel Reyel.


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