La vie du développeur front-end

Fruits
Radocaj

Ma dernière insertion professionnelle m’a pleinement permis de découvrir le métier de développeur front-end et de me pencher sur les savoir-faire et qualités requises à mettre en œuvre quand on fait ce métier. L’ancêtre du développeur front-end est, sans aucun doute l’intégrateur.

Il y a quelques années, l’intégrateur web était la personne chargée de la découpe des maquettes graphiques pour un rendu en pages web. Avec les avancées technologiques, l’intégrateur est devenu un développeur à part entière et ne s’arrête plus essentiellement aux besoins HTML/CSS d’une page classique sur le web. Aujourd’hui, être développeur front-end requiert nécessairement des qualités en matière de développement et d’algorithmie. L’algorithmie est la base de la programmation. C’est par ce procédé, qui met en œuvre un certain nombre de règles, qu’est rendue possible tout exécution de programme à l’aide d’instructions.

D’un point de vue technique, le développeur front-end doit être en mesure de répondre aux attentes liées à la nouvelle ère technologique que nous vivons. Avant toute chose, il doit rendre possible la même utilisation d’un site à tous les internautes et ce, quels que soient leurs navigateurs, quelles que soient leurs résolutions d’écran et quels que soient les scripts pris en compte sur leurs ordinateurs et systèmes d’exploitation. Il est donc important pour lui de s’intéresser aux avancées liées à l’évolution du web et de ses langages, de comprendre les nouvelles librairies lui permettant d’optimiser son travail et de rester extrêmement attentif en matière de veille, puisque les pratiques du web peuvent devenir obsolètes d’une année à l’autre. Le métier de développeur front-end est un métier aux mutations perpétuelles, dans lequel on apprend tous les jours. Le tout est de sans cesse proposer une interface enrichie mais accessible, en vue des validations graphiques obtenues par une maquette. Une maquette graphique créée sous Photoshop par exemple, possède un certain nombre de calques et est conçue dans le but de fournir un maximum d’informations à la personne qui sera chargée de produire la version web ou applicative finale. Forcément utile à tout projet web, elle ne peut cependant suffire : c’est là qu’apparaît la notion d’interactivité. Donner vie à une maquette, c’est imaginer son comportement futur, comprendre l’utilisation qu’en fera l’internaute et donc anticiper les éléments qu’il faudra mettre en œuvre pour faciliter l’ergonomie de celle-ci. Le développeur front-end intervient à ce niveau.

C’est avant tout la raison pour laquelle le développeur front-end doit avoir une certaine sensibilité graphique. Les différentes fonctionnalités à mettre en place pour les internautes ne sont intéressantes que si celui-ci se sent appelé à utiliser les outils mis à sa disposition. Il lui arrive donc de concevoir et d’orienter les graphistes et/ou clients pour leur indiquer ce qui est en mesure d’être réalisé : il réalise souvent une étude de la faisabilité du projet. L’idée est d’éviter de créer des dysfonctionnements au sein de ses templates et de proposer une interface claire pour l’internaute. Par ailleurs, un bon développeur front-end est en mesure de justifier ses choix en matière d’interfaçage. La solution à apporter doit être considérée comme un outil essentiel de communication entre l’homme et la machine. Ainsi, pour créer une mise en page solide, il apparaît essentiel d’instaurer des processus observables tels que des changements de curseurs au survol d’un bouton indiquant la présence d’une fonctionnalité quelconque ou encore la mise en relief des liens hypertextuels, de permettre les interactions possibles au moyen de scripts et/ou transitions, et de sensibiliser l’utilisateur à la structure architecturale du contenu – qui se doit d’être valorisée par la mise en page. Aujourd’hui, une problématique s’additionne à l’ensemble de ces recommandations : le développeur front-end doit également penser à la portabilité de sa solution, au vu des différents médias susceptibles d’utiliser l’application. Le web ne se limite plus uniquement à ce qui est accessible depuis un écran d’ordinateur. Comme le souligne Brad Frost dans une étude qu’il a menée à terme il y a quelques mois appelée For a future-friendly web, « The web is no longer one-dimensional. It consists of a plethora of devices, including smartphones, dumbphones, e-readers, tablets, netbooks, notebooks, desktops, game consoles, tvs and more. ». *

Enfin, le développeur front-end développe – comme son nom l’indique ! L’intégrateur se contentait d’intégrer des maquettes et de maîtriser des langages tels que l’HTML et le CSS. Le développeur front-end connaît les bases algorithmiques et utilise des structures conditionnelles. De manière générale, l’ensemble du travail des développeurs front-end a lieu sans exécution de scripts côté serveur. En contrepartie, on a recours à d’autres langages de programmation tels que le balisage SSI, Server Side Include, par exemple. Ce langage nous permet entre autres de réaliser des insertions de fichiers en HTML pur grâce à la commande include et de pouvoir utiliser les structures conditionnelles telles que if else elif endif essentielles pour tester si une condition est vraie ou non. C’est principalement ce système qui est utilisé pour mettre en place des habillages, par exemple. L’essor de JavaScript et de librairies telles que jQuery notamment ont aussi conduit aux mutations de ce métier.

Aujourd’hui, l’interactivité a un rôle primordial dans le web. Le contenu est certes à la base de la vie sur Internet, mais l’aspect le plus marquant dans la visite d’un site pour un utilisateur quelconque est son environnement graphique, ludique, interactif et dynamique. Les interfaces riches, les galeries optimisées, le responsive web-design : tous ces éléments ont une incidence sur l’expérience d’un internaute. Le développeur front-end doit affronter la mesure du temps et rester à l’affût des nouvelles technologies pour savoir les implémenter. L’architecture responsive permet une mise à jour instantanée de l’interface web pour satisfaire l’utilisateur en fonction de la capacité et de la résolution du moniteur utilisées pour voir le site en question. C’est par exemple permettre à un internaute une approche différente d’un même site qu’il soit sur son écran, sa tablette iPad, son iPhone ou sur un smartphone quelconque, sans avoir recours à des procédés de redirections en JavaScript ou en PHP.

Avoir pu travailler en tant que développeur front-end m’aura permis de pouvoir différencier réellement les différentes étapes de création lors de la mise en place d’un projet. De par mes différentes expériences professionnelles antérieures, qui avaient jusqu’alors toujours eu lieu dans des entreprises moins importantes en termes d’effectif, j’avais toujours eu pour rôle la qualité de webdesigner et de développeur, dans le sens où il m’arrivait à la fois de devoir créer des maquettes graphiques, d’intégrer ces maquettes et d’assurer le développement de celles-ci à l’aide de bases de données fonctionnelles, notamment par le biais du langage SQL. Je ne faisais aucune réelle distinction entre le développement front et back. Au fil des mois passés à ce poste, je me suis rendue compte que la spécialisation dans un domaine est finalement nécessaire pour véritablement maîtriser celui-ci. Et être développeur front-end est un véritable métier, malheureusement encore trop souvent sous-estimé.

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