2017, une année chargée en émotions pour les terres caribéennes

christelle

Avant de vous inviter à lire cet article, je souhaiterais d’abord vous adresser à tous mes meilleurs vœux pour cette nouvelle année 2018. Qu’elle vous apporte de la joie et de la bonne humeur, et qu’elle vous offre la chance d’être toujours en bonne santé. Car, comme diraient mes parents : « La santé, c’est tout ce qui compte ! »… ou comme dirait la maxime : « Mieux vaut santé que fortune ! ».

Nous y voilà, 2018… C’est l’heure du bilan ! Quels ont été les événements les plus marquants de 2017 dans les îles caribéennes ? Ci-dessous, le top 5 des événements qui m’ont le plus marquée cette année. N’hésitez pas à me laisser en commentaire ceux qui selon vous pourraient faire partie de cette liste non-exhaustive.

Une activité cyclonique catastrophique pour nos îles caribéennes

Les ouragans Irma et Maria ont malheureusement beaucoup fait parler d’eux cette année. Selon beaucoup de spécialistes, l’intensification de ces catastrophes naturelles seraient dues au dérèglement climatique : il n’y aurait pas « plus de cyclones » qu’auparavant, mais des « cyclones bien plus dévastateurs ».

Warm ocean temperatures are one of the key factors that strengthen hurricane development when overall conditions are conducive for their formation and growth.

Hurricanes require high humidity, relatively constant winds at different altitudes, and can occur when surface ocean temperatures exceed about 79°F (26°C). The rising of warm, moist air from the ocean helps to power the storm.

Il paraît aujourd’hui primordial d’agir contre le réchauffement climatique, qui serait également à l’origine de bien d’autres catastrophes naturelles.

Irma

C’est d’abord l’ouragan Irma, un ouragan de catégorie 5 sur l’échelle de Saffir-Simpson, qui fait parler de lui au début du mois de septembre 2017. Ce cyclone tropical est le plus puissant enregistré depuis 1980 avec des vents qui atteignent jusqu’à 295 km/h.

Irma détruit tout sur son passage. Et, ce sont surtout les îles de Barbuda, de Saint-Martin et de Saint-Barthélémy, se trouvant dans l’œil du cyclone, qui se réveillent avec de lourds dégâts. La Floride mettra en place un plan d’évacuation de près de six millions d’habitants. Le bilan officiel, suite au passage de cet ouragan, est de 134 morts et près de 70 milliards de dollars de dégâts.

Maria

Une semaine seulement après le passage de l’ouragan Irma, Maria passe du stade d’onde tropicale au stade d’ouragan de catégorie 5. Pour la région caribéenne, c’est une nouvelle catastrophe environnementale majeure qui s’annonce. Alors que tout l’arc antillais semble se préparer à l’arrivée de l’ouragan sur son territoire, Maria continue de prendre de l’ampleur, avec des vents pouvant atteindre les 280 km/h.

La Dominique, les Îles Vierges des États-Unis et Porto-Rico connaissent les pertes les plus sévères. Pour Porto Rico, c’est d’ailleurs le plus puissant ouragan enregistré depuis 1928. Selon CNN, le bilan serait de 547 morts et près de 100 milliards de dollars de dégâts.

Le retour des sargasses

Elles ne nous avaient pas manqué ! Pourtant, les revoilà ! Les sargasses ont fait leur grand retour sur les plages de Martinique et de Guadeloupe.

Ces algues, qui se reconnaissent entre autres par leur couleur brune et leur odeur pestilentielle, ont la capacité de rester à la surface de la mer et de venir se déposer sur nos plages grâce à de petits flotteurs, aussi appelés aérocystes. Ce sont ces organes en forme de bulle, ayant la forme d’une vésicule remplie de gaz, qui leur permettent de rester en surface de l’eau.

Des sargasses sur la plage de Cosmy à Trinité (Martinique)
Des sargasses sur la plage de Cosmy à Trinité (Martinique)

Les sargasses représentent un véritable fléau sanitaire et environnemental. On cherche encore l’origine de leur existence sur nos plages : plusieurs hypothèses sont énoncées, mais rien n’est encore véritablement établi, si ce n’est que leur présence représente un véritable challenge économique et écologique pour les plages de la Caraïbe.

Une actualité littéraire importante pour nos auteurs de l’Outremer

En 2017, beaucoup d’auteurs caribéens ont été publiés, pour notre plus grand bonheur. En voici un rapide aperçu !

Patrick Chamoiseau

Patrick Chamoiseau a fait un retour marqué sur le devant de la scène littéraire. D’abord au mois d’avril, avec Frères migrants, un livre dans lequel il dénonce l’indifférence du monde vis-à-vis des personnes qui sont obligées de quitter leur pays pour espérer obtenir un avenir meilleur. Il appelle avec ce livre à la conscience et à l’humanité.

Au mois de novembre 2017, la parution de J’ai toujours aimé la nuit aux éditions Sonatine nous invite à découvrir une Martinique sombre dans laquelle l’ordre n’est plus.

Maryse Condé

Âgée aujourd’hui de 80 ans, Maryse Condé nous a offert en 2017 un nouveau roman, le vingt-deuxième de sa collection. Cet ouvrage s’intitule Le fabuleux et triste destin d’Ivan et d’Ivana. On y retrouve l’histoire tragique de jumeaux, nés d’une mère guadeloupéenne et d’un père malien absent. Maryse Condé nous dresse ainsi un portrait complexe de la société actuelle, des Antilles au continent africain.

Raphaël Confiant

Également au mois d’avril 2017, l’écrivain Raphaël Confiant nous propose le titre L’insurrection de l’âme, un livre dans lequel il donne son regard sur le parcours de Frantz Fanon, psychiatre, philosophe et révolutionnaire originaire de Martinique.

Puis, au mois de juin 2017 sort en format poche Madame St Clair, Reine de Harlem dans la collection Folio des éditions Gallimard, un roman originellement sorti en 2015 à mi-chemin entre la fiction et l’essai historique contant la vie de Stéphanie St-Clair, connue comme étant la boss de la mafia de Harlem au début du vingtième siècle.

Kei Miller

Le titre By the Rivers of Babylon de Kei Miller sort en septembre 2017 aux éditions Zulma. Cet ouvrage, originellement appelé Augustown en 2016, remporte cette année le Prix Carbet de la Caraïbe et du Tout-Monde et the OCM Bocas Prize for Caribbean Literature.

James Noël

James Noël, auteur et poète haïtien, nous offre Belle merveille, un premier roman très remarqué aux éditions Zulma. Il s’agit d’un ouvrage intelligent qui relate le séisme destructeur de janvier 2010 à Haïti sous un nouveau regard, tout en mêlant amour et mort, musique et poésie.

Gaël Octavia

Gaël Octavia, écrivaine originaire de Fort-de-France en Martinique, sort son premier roman aux éditions Gallimard. Celui-ci s’intitule La fin de Mame Baby. À noter que cet ouvrage a reçu la mention spéciale du jury du Prix Wepler au mois de novembre dernier !

Simone et André Schwarz-Bart

Simone Schwarz-Bart reçoit en mai 2017 tous les honneurs pour son livre Adieu Bogota, un ouvrage écrit à quatre mains avec son défunt mari André Schwarz-Bart. Ici, il est question d’amour, de solitude, de dépaysement et d’adaptation.

Gary Victor

En février 2017, le romancier haïtien Gary Victor nous propose Les temps de la cruauté, un ouvrage majeur avec comme peinture de fond le pays d’Haïti et son quotidien difficile. Cet ouvrage est paru aux éditions Philippe Rey.

L’Outremer vue de l’espace grâce à l’astronaute Thomas Pesquet

Alors qu’il était en mission sur l’ISS (the International Space Station), l’astronaute Thomas Pesquet a publié de jolies photos montrant les départements et territoires d’outremer. De quoi ravir la communauté antillaise !

Ces clichés ont fait le tour du monde par le biais des réseaux sociaux : une agréable façon d’engager une communauté autour du travail dans l’espace.

Cuba

Guadeloupe

Nouvelle-Calédonie

Guyane

Martinique

Réunion

L’histoire de Christophe, 10 ans, qui traverse à la nage la baie de Fort-de-France

Pour terminer cette liste, je souhaitais partager avec vous cette histoire touchante. Le 15 octobre 2017, Christophe, jeune nageur âgé de 10 ans, part de la plage de l’Anse Mitan aux Trois-Îlets avec l’objectif bien précis de finir sa course sur la baie de Fort-de-France. Il réalise cet exploit avec un temps approximatif d’une heure et quarante minutes d’efforts.

Cette course, il décide de la faire en soutien à sa mère qui souffre du cancer du sein. Son but premier était de sensibiliser les gens au dépistage : une belle preuve d’amour et de sensibilisation, car son exploit fait le buzz sur les réseaux sociaux et sur les chaînes locales. Quand on sait qu’aujourd’hui, le cancer du sein c’est près de 54 000 nouveaux cas par an, avec près de 12 000 décès chaque année, il était admirable de souligner ainsi l’importance de ce dépistage, qui peut sauver la vie.

Petit pays, l’histoire du génocide rwandais sous un angle nouveau

Grasset

Ça faisait tellement longtemps que je souhaitais lire Petit Pays… J’ai finalement terminé la lecture de ce texte intense alors que je volais en direction de la Martinique, il y a six mois.

Lorsque j’ai appris, par hasard, que Gaël Faye écrivait son premier roman, je me suis promis à moi-même que je lirai un jour cet ouvrage. Parce que Gaël Faye, c’est avant tout un coup de cœur musical pour moi, un de ceux qui nous reste toute la vie. J’ai découvert cet artiste en première partie du concert de Nneka en 2012, alors qu’il chantait au sein du groupe Milk Coffee and Sugar. J’avais déjà été impressionnée par ses rimes, ses expressions, sa tournure d’esprit. Petit Pays confirme l’amour de Gaël Faye pour les mots et sa capacité à intelligemment en jouer pour nous bouleverser.

Le génocide rwandais vu par un enfant

Petit pays, c’est l’histoire de Gabriel, un jeune garçon métis plein d’entrain au cœur léger. Son père est français, sa mère est rwandaise d’origine Tutsi. Il vit dans son petit pays, le Burundi, un joli coin de paradis situé à la frontière sud du Rwanda. Ses journées sont alors celles d’un enfant classique de son âge, rythmées par l’école, les retrouvailles familiales, les jeux avec ses copains et les espiègleries avec sa sœur Ana. Mais ce paradis se dégrade sensiblement au fil des pages alors que les relations entre ses parents se détériorent, alors que la haine et la violence humaine apparaissent comme seules réponses à la montée des tensions entre les différentes communautés ethniques du pays.

Gaby vit l’absence de communication entre ses parents de plein fouet, sans jamais véritablement mettre le doigt sur l’objet de leur discorde et sans réellement comprendre la complexité de cette relation. L’incompréhension qui règne entre ces deux êtres qu’il chérit est pourtant palpable et manifeste : elle annonce le début de la fin du bonheur, selon les propres mots du jeune garçon.

Car, en parallèle à cette désunion familiale, le pays connaît un chaos politique sans précédent. En même temps que Gaby, on découvre alors avec un regard naïf et innocent, un regard d’enfant finalement, la cruauté du génocide rwandais qui a eu lieu en 1994. Et, parce qu’on suit alors ces événements de très près, on apprend en même temps que ce personnage si attachant l’horreur, la peur et l’angoisse. On ressort grandi de cette lecture, au même titre que Gaby grandit trop rapidement, mûrit avant l’heure, et perd son innocence.

Petit Pays est un livre poétique, intense et bouleversant. C’est un de mes coups de cœur littéraires de cette année, probablement le roman que j’ai préféré lire d’ailleurs. Grâce à celui-ci, j’ai pu apprendre tant de choses sur le Rwanda, le Burundi et les conditions politiques de ces pays dans les années 90. La plume de Gaël Faye est poignante. C’est une lecture qui ne peut pas laisser indifférent. Depuis le mois d’août dernier, vous pouvez acheter ce livre au format poche, une parution Le Livre de Poche.

L’histoire d’une communauté meurtrie par un génocide

Il y a déjà quelques temps, j’étais tombée sur cet article du New York Times, How a Nation Reconciles After Genocide Killed Nearly a Million People. On y découvre une nation réellement meurtrie par ce génocide qui a été d’une violence sans pareille : près d’un million de personnes ont été tuées en moins de 100 jours entre avril et juillet 1994 au Rwanda. C’est d’ailleurs le génocide le plus « rapide » de l’Histoire pour un si grand nombre de morts par jour.

Aujourd’hui, quelle que soit son appartenance à une des communautés ethniques présentes dans le pays, chaque citoyen rwandais doit apprendre à vivre en communion avec l’homme qui se tient en face de lui, que celui-ci ait participé ou non à l’assassinat de membres de sa famille. Ces témoignages éloquents, déchirants, nous parle d’un désir d’avancer vers une même paix. Un travail sans relâche qui risque de perdurer sur bien des années encore.

C’est cependant ce message d’espoir que je voulais souligner ici, cette envie de guérison de tout un peuple qui souhaite, non pas oublier l’Histoire, mais apprendre jour après jour, à mieux vivre en harmonie.

La journée internationale du livre 2017

Naassom Azevedo

Aujourd’hui, c’est le premier tour des élections présidentielles en France. Alors, c’est sûr, vous n’entendrez pas parler de cet événement pourtant célébré dans le monde entier : aujourd’hui, c’est également la journée internationale du livre 2017, The World Book Day.

Qu’est-ce que la journée internationale du livre ?

La journée mondiale du livre et du copyright est née à Paris en 1995 lors d’une conférence générale de l’UNESCO. Cette organisation, dont la mission première est de diriger la coopération internationale dans des domaines identifiés tels que l’éducation, la science, la culture et la communication, veille à ce que chacun dans le monde puisse profiter pleinement de la liberté d’expression.

Ce message est aussi délivré lors de la journée internationale du livre. Le 23 avril, l’UNESCO incite mondialement à la célébration des livres et de leurs auteurs, l’idée étant d’encourager le monde entier, particulièrement les jeunes, à découvrir (ou redécouvrir) le plaisir de lire. Cette journée, c’est également une marque de respect à toutes les contributions littéraires qui ont favorisé le progrès social et culturel de l’humanité.

La date du 23 avril a été choisie car elle est symbolique pour l’histoire de la littérature mondiale. En 1616, trois célèbres écrivains, Miguel de Cervantes, William Shakespeare et Inca Garcilaso de la Vega, meurent ce jour. Cette date est également choisie pour commémorer la naissance d’autres brillants auteurs tels que Maurice Druon, Halldór Kiljan Laxness, Vladimir Nabokov, Josep Pla et Manuel Mejía Vallejo.

Capitale de la journée du livre 2017 : Conakry

Chaque année, l’UNESCO invite l’IPA (l’Union internationale des éditeurs), l’IFLA (la Fédération internationale des associations et institutions de bibliothèque) et l’IBF (la Fédération internationale des libraires) à participer à la nomination d’une capitale de la journée internationale du livre. La première ville à avoir été sélectionnée en tant que telle a été Madrid en 2001.

Cette année, la ville retenue est Conakry, la capitale de la République de Guinée, en Afrique de l’Ouest. Selon Irina Bokova, la directrice générale de l’UNESCO, le « fort investissement de la République de Guinée dans la promotion des livres et de l’alphabétisation témoigne d’une vision claire de la culture et de l’éducation en tant que moteurs du développement et du redressement ».

Irina Bokova s’engage d’ailleurs à davantage soutenir les efforts du pays pour y améliorer l’éducation, proclamant l’UNESCO reconnaissant du programme de Conakry visant à promouvoir la lecture auprès des jeunes et des publics défavorisés.

Books, learning and reading are key to human life. The strong investment of the Republic of Guinea in promoting books and literacy bears witness to a clear vision of culture and education as drivers of development and recovery.

Irina Bokova, directrice générale de l’UNESCO

Une école au Nigeria

La lecture célébrée partout dans le monde

Aujourd’hui commencent les 72 heures du livre à Conakry, un événement regroupant plusieurs activités littéraires. Parmi elles, il y aura des tables rondes sur l’avenir du livre en Guinée, des expositions, des conférences sur la vie sociale et culturelle en Guinée et des discussions avec des professionnels de la littérature guinéenne et étrangère.

En France, il est possible de participer à l’événement Lire l’Afrique qui aura lieu le lundi 24 avril de 13h à 17h30 au siège social de l’UNESCO à Paris, dans le septième arrondissement de la ville. Des activités de lecture de contes africains seront proposées, ainsi que la possibilité d’ajouter un peu de wax à ses carnets et livres !

En Géorgie, il est possible de participer à plusieurs manifestations qui se dérouleront dans la librairie Mediatheka à Tbilisi. De nombreuses maisons d’éditions seront présentes pour l’événement et pendant plus d’une heure, des écrivains natifs du pays prendront la parole pour offrir leur expérience et parler de leurs livres.

En Afrique du Sud, Nal’ibali, une organisation favorisant la lecture pour le plaisir des enfants sud-africains, décide d’offrir pour l’occasion l’équivalent de 18000 euros de livres (250000 rands) distribués auprès de plus 20000 enfants dans le pays. Des activités de lecture prendront place dans les villes de Soweto, Mariannhill et Durbanville.

Amazon célèbre également l’événement. Ce géant du web propose aujourd’hui une bibliothèque physique libre à Seattle dans l’état de Washington, aux États-Unis. Les employés d’Amazon et les maisons d’édition offriront la possibilité aux passants de repartir gratuitement avec leur livre. Il leur sera possible de partager leur amour pour la lecture, de participer à des sessions d’auteurs, de profiter de grands espaces Kindle pour lire et même de se faire tatouer à l’henné des citations de livres.

Selon Amazon, la « lecture ouvre un chemin vers l’épanouissement personnel et intellectuel tout au long de notre vie. Les livres nourrissent notre imagination et notre empathie, nous emmènent dans des lieux inconnus et nous présentent des idées et des personnes que nous n’aurions jamais rencontrées. ». Le hashtag #LoveToRead est mis en place pour l’occasion. Vous y trouverez les lectures préférées du moment de personnes dans le monde entier.

Happy World Book Day ! (Je retourne à mon livre… :))

Chefchaouen, le rêve bleu marocain

Zanthia

Chefchaouen, parfois raccourcie Chaouen, est une ville de nord-ouest du Maroc. Elle est notamment connue pour ses bâtiments aux différentes nuances bleutées : une particularité qui la rend exceptionnelle aux yeux des touristes du monde entier.

L’histoire de Chefchaouen

Chefchaouen tient son originalité de son histoire. Le mot « Chefchaouen » fait référence aux formes des sommets enneigés qui dominent la ville. Ces deux montagnes appelées Ech-Chaoua – ce qui signifie « les cornes » – donne leur nom à cette ville dont la traduction littérale serait « regarder les cornes ».

Cette ville marocaine est fondée en 1471 par des réfugiés d’origine maure et/ou d’origine juive qui fuyaient la Reconquista, la grande période de reconquête des royaumes musulmans de la péninsule Ibérique par les souverains chrétiens. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle Chefchaouen possède un caractère andalousien prononcé, à l’image de la ville de Tetouan située un peu plus au nord, près des côtes méditerranéennes.

Les maisons de Chefchouen sont ainsi blanchies généralement à la chaux, comme le veut la tradition au sud de l’Espagne, dans la région d’Andalousie. Ces constructions s’inspirent très fortement des styles architecturaux représentatifs du sud de l’Espagne. C’est notablement le cas de la célèbre Medina de Chefchaouen, une rue piétionne bordée de jolies constructions, celles-ci étant étroitement regroupées sur des voies parfois étroites et sinueuses.

Le bleu au cœur de la ville

La couleur bleue des murs des maisons est arrivée bien plus tard dans l’histoire de Chefchaouen. Pendant les années 1930, de nombreux réfugiés juifs quittaient massivement l’Europe pour échapper aux oppressions antisémites grandissantes. Le pigment bleu dans lequel est peinte Chefchaouen provient du broyage d’un coquillage appelé le murex. Ce fameux murex donne également un ton de couleur pourpre, qui a été très prisé des empires romains et byzantins.

Le bleu représente à la fois le ciel mais aussi le paradis dans la religion juive. Il représente également l’équilibre, un juste milieu entre le blanc et le noir, le jour et la nuit, le ciel et la mer. C’est une couleur sacrée à leurs yeux. Et bien que la communauté juive s’est largement déplacée d’un point de vue géographique, cette couleur est devenue emblématique pour la ville marocaine.

Le bleu renforce le charme du paysage montagneux de la ville : la Medina possède de joyeuses couleurs vives appréciées de tous les visiteurs. La place de la Medina est par ailleurs bordée de cafés dans lesquels se mélangent naturellement la population locale aux touristes. Je vous propose d’admirer la beauté de Chefchaouen grâce aux photographies présentes ci-dessous que j’ai trouvées sur Flickr sous la licence Creative Commons.

Djerbahood, du street-art en Tunisie

Je découvre aujourd’hui le projet Djerbahood. Durant tout cet été, la galerie Itinerrance, qui est basée dans la ville de Paris, nous propose un musée en plein air de street-art dans la ville de Djerba en Tunisie.

Près de 150 artistes sont recensés pour participer à ce projet qui se tient dans le village d’Erriadh à Djerba. Et avec ces 150 street-artists, près de trente nationalités différentes sont représentées. En plus de proposer des œuvres complètement diversifiées, le projet Djerbahood propose un aspect communautaire et participatif. En effet, sur Facebook et sur Twitter et Instagram, ce sont bien les hashtags #djerbahood qui permettent à tous de participer à la reconnaissance de l’art dans les rues tunisiennes.

Pour voir d’autres images du projet Djerbahood que celles présentes ci-dessous, vous pouvez vous rendre sur le site Stick2target, qui nous présente de manière hebdomadaire de magnifiques images de street-art au Portugal.

Djerbahood project

Djerbahood project

Djerbahood project

Djerbahood project

Djerbahood project

Djerbahood project

Djerbahood project

Djerbahood project

Africa Redemption de Pressure et Chronixx

Large Up

Depuis quelques jours, Pressure, accompagné de Chronixx, nous propose d’entendre sa chanson d’ultime compensation vis-à-vis de la situation du continent africain. Il est donc désormais possible d’écouter ces deux valeurs sûres du reggae sur un même titre, Africa Redemption.

Dans cette chanson produite par Yard Vybz Entertainment, Africa Redemption, les deux artistes jamaïcains évoquent explicitement la condition de l’homme noir en Afrique, et lance un appel à la liberté pour lutter contre la discrimination raciale. Pressure et Chronixx s’estiment pleinement conscients des souffrances qu’ont vécu leurs ancêtres, arrivés dans les colonies anglaises en tant qu’esclaves. Le plus grand souhait serait que chacun des pays d’Afrique puisse complètement s’épanouir, et voir un jour leur nation s’enrichir et avoir une vie plus simple au quotidien.

We don’t know how we ended up here,
Stolen from our own homes
Brought in babylon in chains,
Even took controls

Teach us what, what you teach both
See Africa deh, a beg yuh reach out
You mister man wid yo face bleach out
Dash weh the cream, a yo roots you fi seek out

And I don’t know how we ended up here,
Stolen from our home
Chronnix and Pressure make Selassie I takes control

Les sonorités de cette chanson que je vous invite à découvrir ci-dessous sont calmes et posées. Ses paroles apportent bien plus que la base instrumentale en fin de compte : c’est comme si Pressure et Chronixx avaient privilégié des rythmiques plutôt tranquilles pour mieux contraster avec la puissance de leurs dires. Un pari réussi à mon sens, puisque ce que je retiens personnellement du titre, est cette morale pleine d’espoir des deux chanteurs.

Et vous, que pensez-vous de cette chanson qui réunit ces deux incroyables chanteurs ? Vous pouvez télécharger Africa Redemption sur Amazon.

Suffering and smiling de Marco Lapenna

Marco Lapenna

J’ai découvert, complètement par hasard, cette collection de photographies signée Marco Lapenna, intitulée Suffering and smiling.

Ces photographies ont été prises au Nigeria, et sont censées être représentatives de ce que vivent au quotidien les habitants de ce pays. Marco Lapenna décrit le contraste entre les sourires bien présents, malgré des conditions bien difficiles pour la population. L’intégralité de la galerie nous amène à la réflexion. Et pour ma part, c’est la beauté de ces instants immortalisés qui m’ont littéralement touchée.

Suffering and smiling: this is Nigeria. A country with nearly 160 million inhabitants, is the most populous in Africa. Here life is displayed in all its strength and contrast, a wonderful desire to live in a society hard and precarious. Nature and concrete fight each other, tangible representation of the man who tries to tame nature. Smiles that arise in contexts that we in the West would be a source of sadness, suffering caused by overcrowded metropolis. Entire families who live on the beaches, religious conflict, social problems … This is Nigeria of Fela Anikulapo Kuti.

Marco Lapenna, Suffering and smiling

Suffering and smiling

Suffering and smiling

Suffering and smiling

Suffering and smiling

Suffering and smiling

Suffering and smiling

Suffering and smiling

Suffering and smiling

Suffering and smiling

Suffering and smiling

Suffering and smiling

Suffering and smiling

Suffering and smiling

Nelson Mandela honoré par Google

Google

En ce 18 juillet 2014, Google invite presque la Terre entière à commémorer la naissance du grand homme qu’a été Nelson Mandela. Nelson Mandela est mort en décembre dernier, des suites d’une longue maladie. Il a été l’un des pionniers en Afrique du Sud à dénoncer la ségrégation raciale.

Et c’est Katy Wu, doodler (personne qui fait des doodles chez Google), qui a illustré l’ensemble des animations représentant les pensées de cet illustre représentant.

Something that stood out to me about Nelson Mandela was his eloquent way with words. I thought his words gave a great insight into the kind of man he was, so I wanted to focus the creative direction of the doodle on his quotes against a backdrop of the history of South Africa.

Katy Wu

La petite vidéo que je vous est proposée ci-dessus exprime la dimension de la liberté selon Nelson Mandela. Je ne sais pas ce que vous pensez de ce doodle, mais je le trouve, pour ma part, très réussi.

Nelson Mandela est mort

maureen lunn

Nelson Mandela est devenu le symbole de la lutte contre la ségrégation raciale. Son histoire est forcément liée à celle de l’Afrique du Sud et au mouvement politique qu’est l’apartheid. Comprendre ce qu’a réellement été cette structure politique, c’est comprendre les raisons pour lesquelles le peuple africain entier voue un culte sans pareil à Nelson Mandela.

L’apartheid

L’apartheid est un régime politique sous lequel les droits des personnes de couleur résidant en Afrique du Sud sont complètement différents des blancs. C’est donc ainsi que naît la ségragation raciale. Ce régime est inséré au début du vingtième siècle en Afrique du Sud. Mais ce n’est pourtant qu’en 1948 que l’apartheid se renforce avec l’arrivée des nationalistes au pouvoir. L’ensemble de la législation est conçue sous trois grands préceptes : la loi sur la terre qui existe depuis 1913, les lois éditées en 1950 qui classent l’ensemble de la population sud-africaine selon des critères raciaux, et la loi de 1953 concernant la séparation entre les blancs et les noirs dans les lieux publics.

Il faut savoir qu’à cette époque, le gouvernement sud-africain n’admet pas la notion de chef d’état. C’est donc réellement le Parti Nationaliste qui érige les lois. Le gouvernement développe une politique de regroupement des populations africaine des Etats, les bantoustans. Malheureusement, leur indépendance économique et/ou politique est complètement factice. Les noirs sont alors privés de tous droits politiques et sont victimes de bien des préjudices. Cette ségragation apparaît sous diverses formes : l’administration; l’enseignement, le travail, le mariage et les relations sexuelles.

Il existe un parti politique en Afrique du Sud du nom d’ANC, l’African National Congress. L’ANC est créé en 1912 pour intervenir dans l’intérêt de la majorité noire contre la minorité blanche. La lutte anti-apartheid s’intensifie dans les années 40, et Nelson Mandela, accompagnés notamment de Walter Sisulu et Oliver Tambo appelle aux manifestations réclamant l’égalité des chances pour toutes les races. En 1960, l’ANC est déclaré hors-la-loi par le Parti National, suite au massacre de Sharpeville durant lequel 69 personnes sont tuées quand la police ouvre le feu sur les protestataires. Mandela est arrêté en 1962, puis condamné en 1964 à la détention à perpétuité.

Le régime de l’apartheid va doucement s’assouplir au cours des années 1980, avant d’être officiellement abolie par le président De Klerk en 1990. Ce n’est qu’à cet instant que Nelson Mandela est libéré après plus de 26 années passées en prison. Il est dès lors considéré comme héros dans tout le pays pour sa lutte contre l’injustice de cette ségragation qu’a connu le pays. Nelson Mandela est nommé président de l’ANC en 1991 avant d’obtenir le Prix Nobel en 1993, et d’être président de la République en 1994.

Mort de Nelson Mandela

On le savait, depuis quelques mois déjà, Nelson Mandela n’était pas au meilleur de sa forme. Selon Le Parisien, Nelson Mandela est mort, ce soir à 17h45 (heure de Martinique), entouré des membres de sa famille, alors qu’il était en soins intensifs dans un état jugé critique. Il était âgé de 95 ans, et nul doute que le monde entier lui rendra un fervent hommage dès demain..

Trois ans de captivité

BQMGraphies

Aujourd’hui, cela fait trois ans jour pour jour que sept personnes ont été enlevées dans le nord du Niger, par le groupe terroriste AQMI (Al-Qaïda au Maghreb islamiste). Parmi elles, se trouvaient Thierry Dol, Marc Féret, Pierre Legrand, Daniel Larribe et son épouse Françoise Larribe ainsi qu’un homme d’origine togolaise Alex Kodjo Ahonado et un homme d’origine malgache Jean-Claude Rakotarilala. Ces trois derniers ont d’ores-et-déjà été libérés, en février 2011, laissant à quatre le nombre de français pris en otage dans le désert du Sahel.

Une marche a été organisée par leurs familles respectives en ce jour, lundi 16 septembre 2013. Celle-ci partait de l’Esplanade de la Défense et s’est poursuivie sur une quinzaine de kilomètres dans Paris. En Martinique, une manifestation était organisée sur la place Monseigneur-Romero située en face de la cathédrale de Fort-de-France. Dans le même temps, des cloches ont sonné à midi pour commémorer ce tragique anniversaire, des messes de solidarité ont été organisées, et un rallye de l’Association de Défense et de Promotion des Motards de la Martinique (ADPMM) a été orchestré.

Cet article n’a pas de réel objectif, si ce n’est que de rappeler l’atrocité de cette histoire. Aujourd’hui, cela fait trois ans que toutes ces familles sont dans l’attente de nouveaux progrès pour la libération de leurs proches et dans la souffrance de ne pas pouvoir être à leurs côtés. Cette absence interminable fait désormais partie de leur vie, et on ose à peine imaginer ce que doivent endurer ces quatre otages. Il paraît qu’ils seraient en vie, et auraient une santé jugée correcte. Mais comment pouvons-nous, où nous sommes, en être réellement témoins ? Aujourd’hui, on compte encore 10 français retenus en otage dans le monde. Et c’est près de 20 000 prises d’otage recensées dans le monde par année selon Otages du Monde.

Number of hostages taken by region