Festival de Gwo Ka à Sainte-Anne

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Le Festival Gwo Ka de Sainte-Anne se déroulait cette année du mardi 8 juillet au lundi 14 en Guadeloupe. Cet évènement, qui ressemble tous les amoureux de la musique gwo ka offre à chaque nouvelle édition un grand nombre de concerts en plein air et de rassemblements autour de cette musique traditionnelle. Cette année, la jeunesse est largement mise à l’honneur avec des soirées réservées aux écoles de musique et des invitations à danser pour les tout-petits.

Faire que tous les guadeloupéens, quelque soit leur lieu de vie, deviennent les ambassadeurs de nos musiques et danses est un challenge dépassant largement nos frontières.

La musique traditionnelle, le gwo ka, fondé sur les sept rythmes ancestraux de l’esclavage, est la base de notre culture.

Notre devoir, notre responsabilité envers les générations futures, est de sauvegarder cette richesse qui est nôtre.

Christian BAPTISTE, maire de Sainte-Anne

Le Festival de Gwo Ka existe depuis 1987. Cette année, c’est donc la 27ème édition de ce festival qui est proposé. Et comme chaque année, toute la Guadeloupe est conviée à sortir tous ses tambours, et à danser au rythme des artistes percussionnistes et des chanteurs. Ce festival, situé au sud de Grande-Terre, propose ainsi des colloques, des expositions, des concerts, des activités d’écriture de musique, des soirées léwoz, etc., à toutes les personnes désireuses d’apprendre et de participer à l’évènement.

L’histoire du Gwo Ka

Le gwo ka est une musique traditionnelle de la Guadeloupe, qui tire son origine du temps de l’esclavage. Le gwo ka (parfois écrit en un seul mot) se joue à l’aide de tambours, que l’on appelle des ka, de tibwa, un instrument de percussion créé à l’aide de tiges de bambou, et de chacha, de grosses calebasses évidées remplies de petits cailloux et fermées hermétiquement servant de maracas dans les ensembles de gwo ka.

Le gwo ka existerait depuis le début du XVIIIème siècle, selon des études musicologies et historiques. Ses origines sont africaines, et proviennent plus précisément du Golfe de Guinée, ancien royaume du Congo. Les chants et les percussions de cette région géographique sont semblables à celles du gwo ka. Les esclaves utilisaient la musique comme un moyen d’évasion, pour fuir le quotidien difficile dans les plantations. Comme le créole, le gwo ka, que l’on peut ainsi comparé au bèlè martiniquais, était un véritable moyen de communication, notamment pour les Nèg-mawon, les esclaves fugitifs. [source]

Programme de ce lundi 14 juillet

Je vous propose ci-dessous le programme d’aujourd’hui, étant donné que nous sommes déjà le dernier jour du Festival Gwo Ka. Mais, vous pouvez toujours retrouver l’ensemble du programme du festival grâce au fichier PDF lié à la manifestation que nous propose le site Coconews.



9h00 :
Plage Galba : « Randévou pou sa ki pa konnèt »
Initiation à la musique Gwo Ka
Prix : enfants : 10€ / adultes : 20€
Réservation à la boutique du festival, sur la plage Galba
Informations CASC : 05.90.89.08.49 / 06.90.33.16.51

10h00 :
Mésyè Zédanm byen bonjou, Kontan vwè zot, Dékolaj o Koko
Discours d’ouverture de cette dernière journée de festival

11h00 :
Eksposisyon : Expositions en tout genres :
Présentation des tambours Ka
Présentation et démonstration des relations entre makè / dansè
Le makè, marqueur, est le petit tambour Ka qui marque la mélodie et influe sur le rythme de la musique, et donc sur la manière de répondre des danseurs, du chanteur et des chœurs.

12h00 :
« Kozé Bokantaj »
Explications des règles des soirées léwoz.
Les soirées léwoz sont des soirées, ayant lieu généralement le vendredi et le samedi soir, durant lesquelles le répertoire traditionnel du Gwo Ka va être représenter. Ce sont des soirées de grand rassemblement, des moments de convivialité où les gens se retrouvent, s’amusent et peuvent librement participer.

13h00 :
Manjé anba bwa
Invitation à déguster des plats ensemble
Possibilité de manger dans des kwi, comme à l’époque.
Un kwi est une calebasse, bien creuse, destinée à servir de récipient pour la nourriture.

14h30 :
« Koutzyé asi mizik é dansè tradisyonèl a moun Gwadloup »
Présentation des musiques traditionnelles de la Guadeloupe
Présentation et démonstration des danseurs de musique traditionnelle

15h30 :
« Bèlè, Kout tanbou »
Détente et animations autour de la musique bèlè et des tambours
Le bèlè est la musique traditionnelle héritée des plantations martiniquaises.
Il mêle le conte à la musique et à la danse.

18h00 :
« Bal fini, vyolon an sak »
Fin des animations dansantes

20h00 :
« Mizik évè… »
Concert en plein air sur la Plage Galba avec divers artistes gwo ka :
Le collectif Voukoum,
Le groupe Fanm Ki Ka,
Le groupe
Kalbas Ka
Le chanteur Rosan Monza.

Libèté de G’ny

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Hier, lundi 14 octobre 2013, le premier album de l’artiste originaire de la Guadeloupe G’ny est sorti de manière numérique. Ce premier opus de la chanteuse est un mélange de saveurs créoles à mon sens. On y retrouve, de l’amour, beaucoup d’amour, des messages d’espoir et de liberté, comme l’indique le titre de cet album Libèté. G’ny apporte aujourd’hui une nouvelle dimension à sa musique, tant elle partage tout ce qui font d’elle ce qu’elle est aujourd’hui.

Ce nouvel album se veut parfois détonnant, comme lorsque G’ny nous chante Fanm Isi, un titre dans lequel elle exprime les duretés de la vie d’une femme dans notre société. Mais parfois, la chanteuse se contente de nous rappeler ses origines caribéennes grâce à des percussions propres aux îles antillaises, ou tout simplement par ses textes dans lesquels elle avoue sa tendre affection pour la Guadeloupe, comme dans Péyi Mwen, et pour la musique de son pays, comme dans Mizik An Nou. Cet album, entièrement féminin vocalement parlant puisque G’ny choisit Valérie Louri et Jocelyne Béroard pour l’y accompagner, est en somme un très bon moyen de voyager et de découvrir l’univers de cette artiste, qui je l’espère, n’a pas fini de nous étonner. Libèté sortira le 28 octobre en magasin, mais est, en attendant disponible sur Amazon, iTunes et autres sites marchands.

Chronique de Libèté

La première chanson de Libèté est Prèmyé Jou. Cette chanson, semi-acoustique, est un doux mélange d’instruments. G’ny démontre complètement ses origines à travers ce morceau aux sonorités créoles : tambours et guitares se mêlent au groove de cette artiste que je redécouvre aujourd’hui en toute simplicité. Dans Prèmyé Jou, il est question d’amour, plus précisément du sentiment de coup de foudre. La mélodie démarre sur les paroles suivantes : "Mwen sav sa pa fasil a crwè, Prèmyé fwa mwen vwè vou, Mwen té sav sé té vou" (Je sais que ce n’est pas facile à croire, La première fois que je t’ai vu, J’ai su que c’était toi).

L’album se poursuit avec Zozyo É Lapli, un titre plus dynamique dont le rythme est assez original. J’ai apprécié l’univers créé par cette chanson qui nous délivre un message de paix. G’ny nous ordonne de profiter de la vie telle qu’elle est, d’écoutez les oiseaux chanter, d’appréciez la pluie qui tombe, ces petites choses qui font que la vie est belle. Ce deuxième morceau se veut plus audacieux.

Pour poursuivre dans cette ambiance, G’ny nous offre Zyé Ki Lach. Sur cette chanson, elle est accompagnée de Valérie Louri, une artiste originaire de la Martinique connue notablement pour sa chanson Bay Lanmen. Ensemble, elles souhaitent réaliser leurs rêves, et se donnent les moyens pour y arriver. Elles essaient d’avancer à la force de leur courage, en y mettant tout leurs cœurs.

Le premier single tiré de cet album est Fanm Isi, un mélange entre gwo ka, percussions et d’électronique. Je vous en parlais en détail dans un article décrivant le portrait de G’ny l’année dernière. G’ny rend au hommage au courage de la femme à travers cette chanson, car la femme est un poto mitan, un pilier dans notre société.

Un autre des singles apparaît d’ores-et-déjà sur les ondes antillaises. Il s’agit de An Mitan Kè, que j’ai découvert lors de mon retour en Martinique il y a quelques semaines. Cette chanson simplement appelle à l’amour. Ce que j’ai adoré sur ce titre, c’est la nature acoustique de celui-ci, on y entend par moment une flûte qui vient parfaire la portée de la guitare acoustique. Je vous propose d’ailleurs de découvrir cette chanson en fin d’article.

Toujours au son de la guitare, Péyi Mwen Akoustik s’ajoute à mes coups de cœur musicaux. G’ny chante la beauté de son île natale, la Guadeloupe. Je pense que c’est l’une des chansons que musicalement je préfère sur cet album. Dans Péyi Mwen Akoustik, comme dans Péyi Mwen, G’ny revisite la chaleur de la Guadeloupe, cette dernière s’exprimant à la fois par le soleil présent toute l’année sur l’île, et par la gentillesse des insulaires, qui d’un regard ou d’une attention savent comment toucher le cœur d’autrui.

Afrikafé s’impose comme un rappel vers nos origines africaines. G’ny s’imagine vivre en Afrique une enfance heureuse, malgré les conditions dures de la vie en société sur ce continent. Elle y exprime l’insouciance des plus petits face aux difficultés du quotidien.

Dans un autre genre, Mizik An Nou, le titre suivant, contraste avec Afrikafè. Dans celui-ci, la jeune femme souhaite rappeler quelles sont ces sonorités qui sont proches de la Caraïbe avec des percussions franches. Et c’est Jocelyne Béroard qui apporte sa pierre à l’édifice en accompagnant G’ny sur cette chanson ! Celle-ci s’ancre parfaitement dans le monde du zouk, tel que l’ont popularisé le groupe Kassav dans les années 80.

G’ny fait le choix d’inclure Péyi Mwen à cet album. Cette chanson, sortie au courant de l’année 2009, lui avait permis de se positionner sur les devants de la scène musicale antillaise. Ce titre est un véritable hymne à la Guadeloupe, une version où le tambour semble avoir le rôle prédominant tant il apporte en termes de culture et d’authencité.

C’est enfin le titre éponyme de l’album, Libèté qui nous est révélé. La mélodie démarre sur des accords piano et tambour qui apportent un univers une nouvelle fois différent de ce que dégageait la chanson précédente. G’ny joue avec nos émotions habilement dans cet album, et nous permet de voyager à travers des atmosphères inhabituelles et orginales. Dans Libèté, cette artiste guadeloupéenne nous chante : "Entre sa ou vlé é sa ou pé, Ou ka chèché ki moun ou yé, Chak mo ou pa di ka kaché Sa ki an fon kè aw, Sa ou anvi…".

Le Temps d’Aimer est un morceau reggae nous rappelant que l’amour existe, même si souvent il est empreint de souffrances. J’ai adoré cette chanson qui nous dit de garder espoir en l’amour quels que soient nos problèmes. L’amour n’est pas uniquement source de douleur, et peu importe le temps qu’il met à arriver, il vient sans cesse nous combler et nous apporte le bonheur que l’on mérite.

Dans Rouvini, l’artiste exprime son envie de revoir un être qui lui est proche. "Anvi ou santi sa mwen pa ka diw" (Envie que tu sentes ce que je ne te dis pas) sont les mots qui se répètent dans cette chanson, un sentiment l’on éprouve parfois face à quelqu’un que l’on aime. On se retrouve dans cette position où l’on aimerait que l’autre comprenne ce que l’on ressent, sans que les mots viennent tout gâcher. Un joli titre en définitive, qui termine cet album qui mérite largement qu’on lui porte attention.


TRACKLIST :
01 – Prèmyé Jou
02 – Zozyo É Lapli
03 – Zyé Ki Lach featuring Valérie Louri
04 – Fanm Isi
05 – An Mitan Kè
06 – Péyi Mwen Akoustik
07 – Afrikafé
08 – Mizik An Nou featuring Jocelyne Béroard
09 – Péyi Mwen
10 – Libèté
11 – Le Temps D’Aimer
12 – Rouvini

Interview de G’ny

Copyright : Officiel G'ny

Aujourd’hui, je vous propose de découvrir G’ny, une artiste d’origine guadeloupéenne que j’ai eu l’immense chance d’interviewer il y a quelques jours. Elle sera en show acoustique ce mercredi 16 mai, au Deterw Bar à 20h30. Elle travaille actuellement sur la réalisation de son premier album solo prévu pour l’automne 2012. Et c’est avec une gentillesse sans pareille qu’elle a répondu à toutes mes questions.

La carrière de G’ny

G’ny commence très tôt à chanter. Mais ce n’est pas le premier métier artistique auquel elle se prédestinait étant petite : elle voulait devenir danseuse. En fait, à la base, je voulais être danseuse, chorégraphe. Mais j’ai eu un problème physique, un problème au genou qui s’est déclaré vers l’âge de 14 ou 15 ans, au moment où je devais partir en sports-études. Ce problème m’a empêché de suivre mes cours de danse du moment et donc de progresser. J’ai donc dû remettre en question mon cursus en sports-études. Du coup, étant finalement une artiste forte dans l’âme, j’ai eu le besoin d’exprimer les choses différemment et dans quelque chose d’autre. C’est là que je me suis penchée vers la musique. Ne pouvant pas danser, je me suis retranchée vers cet art et c’est comme ça que la musique est entrée dans ma vie. En 1995, G’ny participe au concours de chant La Pwent aux étoiles organisé par Freddy Marshall. Freddy Marshall est un grand professionnel de la musique caribéenne. Il est connu pour l’amour qu’il porte à la musique antillaise : il sera l’un des précurseurs, l’un des pionners du zouk et participera activement à l’histoire et la reconnaissance internationale de Kassav’. De ce concours, elle gardera à l’esprit que le talent ne suffit pas toujours : il faut se battre et se motiver pour parvenir à ses fins. Son parcours s’arrête ici en demi-finale mais elle sera ensuite recontactée par Freddy Marshall pour la sortir d’un single, qui malheureusement ne verra jamais le jour pour raison de logistique.

En 1998, alors âgée de seulement 16 ans, G’ny fera sa première scène lors du concert de Passi en Guadeloupe, en compagnie du groupe de hip-hop guadeloupéen La Horde Noire, qui se compose des chanteurs Daly, Darkman et Edinyo. Ma première scène, c’était vraiment une très belle expérience. J’étais un peu impressionnée mais bien entourée par les copains donc ça a été. C’est un très bon souvenir pour moi donc un baptême réussi ! Dès lors, elle est de plus en plus sollicitée pour des collaborations musicales en tout genre avec des artistes qui revendiquent les îles et la culture créole dans leurs textes. Ainsi, on la retrouve sur les titres Taspé en compagnie de N’O Clan et Une Pensée en combinaison avec Tiwony et Typical Féfé. Puis, elle travaille avec Darkman et Riko Rekords pour produire la chanson Mr DJ en 2001, un titre qui se révèlera être un tremplin majeur dans sa carrière. Il faut savoir que ce label indépendant a largement contribué à la renommée de la musique créole avec des personnalités comme Fuckly, Riddla, Def B.Y et j’en passe… C’était de la découverte pour moi en fait. Je suis arrivée de façon insouciante, juste pour l’amour de la musique sans vraiment considérer ce qui arriverait derrière. J’avais pas particulièrement l’idée de carrière à cette période là. J’en rêvais comme toutes les petites filles mais j’avais tout simplement envie de chanter. Donc j’ai été bien récompensé je pense, parce que derrière les gens m’ont soutenu. C’était ma découverte du milieu, ma découverte de l’interview, ma découverte de mon talent aussi. Une découverte à tous les niveaux.

G'ny

Deux ans plus tard, elle travaille en collaboration avec Admiral T : G’ny figure sur le premier album de l’artiste Mozaik Kreyol où ensemble, ils interprètent Doum doum. Ce duo est un condensé de paroles conscientes, une chanson qui dénonce les difficultés de la vie quotidienne d’un esclave : "Lévé nonm ! Pa pè pa vansé ! / Sé douvan libèté yé / Réfléchi pou ou sonjé / Vou tou sèl ké pé gangné". Ce titre est né du montage d’un spectacle, que j’ai monté moi-même avec deux autres collaborateurs. Ce spectacle, qui s’appelait Fèy fè pach, était pour la commémoration du rétablissement de l’esclavage. On a décidé de monter une pièce avec tout une trame et de créer des titres inédits. Plusieurs artistes ont participé à la production de ces titres inédits, y’avait le Gwada Nostra, tous les groupes de l’époque, KSS, Admiral T etc. Et on a tous fait des titres en croisé, des titres ensemble, avec toute l’histoire de l’esclave partant d’Afrique. Doum doum est né de là, au départ il n’y avait que nous, on était trois. Et puis, c’est un titre qu’Admiral T avait aimé, et du coup, il m’a proposé de le faire sur Mozaik Kreyol, son premier album. [ Ndlr, en mai 1802, Napoléon de Bonaparte légalise à nouveau l’esclavage après une courte trève de huit années. En 2002, on commémorait donc les deux centenaires de cette loi. ] Ce morceau leur permettront de faire de nombreuses scènes ensemble notamment en France, mais aussi de partir en Afrique, où ce titre a été très apprécié.

En 2004, la carrière de G’ny prend un nouveau tournant. Elle est à l’affiche d’une comédie musicale antillaise La rue Zabym en tant que rôle principal. Cette comédie, créée par Pascal Vallot, est l’histoire d’une jeune marchande qui croit en sa destinée et qui souhaite rencontrer un homme en mesure de respecter ses convictions. L’histoire se passe en 1902 et malheureusement, à cette période historique, les sentiments c’est avant une histoire de couleur de peau. Cette pièce porte réflexion à la condition des femmes, au racisme et au rôle joué par le contexte politique. Elle deviendra un succès considérable au fil des années, si bien que G’ny tiendra ce rôle jusqu’en 2008. Pour moi, l’expérience la plus marquante, même si « Mr DJ » ce sont mes débuts et que c’est le coeur qui parle, c’est vraiment la Rue Zabym. Parce qu’elle m’a permis d’utiliser de toutes les compétences que j’avais déjà, artistiquement parlant. J’ai pu revenir à la danse. Et j’ai envie de dire que c’est le plus grand succès que j’ai pu connaître parce qu’on a tourné pendant quatre années et que ça a été très fort. Ça m’a permis d’avoir confiance en moi et d’oser penser la musique comme un métier. J’ai commencé à avoir des bonnes connaissances de la législation du spectacle. J’ai pu me professionnaliser aussi donc c’est vraiment le début pour moi d’une vraie démarche professionnelle. Elle participera également aux comédies Autant en emporte le vent et Le Roi Lion.

Son véritable retour sur la scène musicale a lieu avec Péyi Mwen, une chanson sortie en 2009. G’ny a été plus que plébiscitée par un public heureux de la retrouver. Les sonorités qu’elle apporte à ce titre se veulent beaucoup proches de ce que l’on a l’habitude d’entendre aux Antilles : tambour, guitare acoustique… C’est d’ailleurs une sorte d’hymne à la tradition, un véritable culte à la Guadeloupe, qu’elle nous offre. La musique de G’ny possède plusieurs couleurs, elle chante au gré de ce qu’elle écoute et souhaite délivrer un message d’amour à tous. Je pense que le propre de ce que je fais justement, c’est un vrai mélange et c’est vraiment à l’image de toutes les influences que j’ai pu avoir. Au tout départ, en tant qu’adolescente, j’ai été fan de Mariah Carey, de Mary J. Blige, du hip-hop français. Puis, j’ai eu envie de retrouver notre essence ethnique : j’écoutais beaucoup de Kassav, du Mario Canonge, du Kali, des choses de ce genre. Avec le temps j’ai appris à diversifier ma culture musicale : je suis une grande fan de la chanteuse de jazz Anita Baker, je l’aime énormément. A la mesure du temps, je me suis ouverte et j’ai commencé à décider plus précisément ce que j’aurais aimé faire par rapport aux chanteuses antillaises que j’ai aimé comme Tanya Saint-Val ou Jocelyne Béroard. Et c’est finalement grâce à toutes ces influences que je suis celle que je suis aujourd’hui.

G'ny

Un album en préparation

Aujourd’hui, G’ny revient avec Fanm isi, une chanson aux rythmiques caribéennes. Ce mélange audacieux de sonorités entre gwo ka, percussions et beat électronique dégage une nouvelle fraîcheur. Elle décrit la femme dans toute sa splendeur à travers ce titre : sa douceur, son assurance, sa timidité et son énergie. Véritable hymne aux combats quotidiens de la femme, Fanm isi rappelle à tous que les femmes se cachent souvent derrière une apparence solide pour dissimuler sa fragilité, mais que c’est cette même sensibilité qui est sa force. Un remix de ce morceau existe, et c’est avec Admiral T que G’ny choisit d’être accompagnée sur ce titre. Un choix qui s’est révélé naturel pour la jeune artiste : Il fallait quelqu’un de disponible pour camper l’homme, l’homme le vrai (rires). Et, pour moi c’était évident que c’était lui, parce qu’on avait déjà collaboré, parce qu’on se connaît vraiment. En plus, il aimait beaucoup le titre. Ça été assez systématique, ça s’est passé assez rapidement. Il a répondu « oui » direct.

Comme je vous en parlais précédemment, G’ny travaille actuellement sur la réalisation de son premier album, prévu courant septembre. Elle tient à ce que celui-ci fasse l’effet d’une surprise. Globalement, il sera à l’image de ce qu’elle est. Cet album sera acoustique, mais aussi beaucoup plus authentique, écclectique et urbain : un mélange de saveurs. Les thématiques abordées y seront surtout la femme et l’amour. De belles combinaisons sont prévues, mais là encore, la surprise reste entière quant à l’identité des protagonistes. Elle souhaite surtout pouvoir toucher le monde créole dans un premier temps, et pense que sa musique a la capacité d’être suffisamment ouverte pour voyager : la musique est universelle. En attendant de pouvoir découvrir ses nouveaux titres, je vous propose d’écouter Fanm Isi grâce au clip tourné à Paris, situé ci-dessous.

Des proverbes créoles

Copyright : Christelle

Je vous propose aujourd’hui de lire quelques proverbes en créole plus ou moins employés à la Martinique. Chacun d’entre eux comporte en premier lieu une traduction littérale, "mot à mot". Celle-ci permet aux personnes ne comprenant pas le créole de mieux pouvoir appréhender le proverbe énoncé. Ensuite, la morale du proverbe est mise en relief grâce à une phrase simple exprimant la signification véritable de celui-ci.

J’en profite pour dire un grand MERCI à mes parents, mes tantes, ma sœur et Sika qui m’ont aidée à rassembler ces quelques dictons pour la rédaction de cet article. Bien évidemment, la liste que je vous présente n’est pas exhaustive, mais je compte sur vos commentaires pour l’alimenter !