L’interview de Lucas Vallerie, auteur de Cyparis, le prisonnier de Saint-Pierre

Lucas Vallerie

Il y a déjà quelques semaines, j’ai découvert la superbe bande dessinée Cyparis, le prisonnier de Saint-Pierre.

Grâce à ce blog, j’ai eu l’immense opportunité de rentrer en contact avec Lucas Vallerie, l’auteur de ce roman graphique. Il a gentiment accepté de répondre à toutes mes questions, et c’est donc avec beaucoup de plaisir que je vous invite à découvrir les coulisses de cet ouvrage qui relate l’histoire de Saint-Pierre et de son prisonnier Louis-Auguste Cyparis. Je tiens d’ailleurs à remercier Lucas chaleureusement pour le temps qu’il m’a accordé !

Bonjour Lucas ! Comment est née l’idée de créer cette bande dessinée sur Cyparis ?

En Martinique, tout le monde connaît cette histoire, je me rappelle au collège d’être allé visiter les ruines de Saint-Pierre et notamment le cachot de Cyparis. Je ne vivais plus en Martinique depuis 12 ans, nous habitions à Bruxelles avec ma femme quand nous sommes retournés là-bas en vacances voir ses parents.

À l’époque je tenais un blog BD, L’île à Lulu. En rentrant, j’ai voulu raconter le séjour en Martinique et particulièrement l’ascension de la Pelée. Je ne pouvais pas ne pas raconter l’histoire de l’éruption du 8 mai 1902 et donc celle de Cyparis. Je ne voulais faire au début qu’une page ou deux et puis à force de me documenter, ça s’est rallongé progressivement jusqu’à occuper toute la place disponible dans ma petite caboche. Je décidai donc de raconter cette histoire en 2 ou 300 pages. Je tenais un sujet de roman graphique, il fallait donc que je fasse un dossier à envoyer aux éditeurs !

J’ai fait une BD qui raconte ça :

Le Point... de Lucas Vallerie
Lire la suite ici et ici

Comment se sont déroulées tes recherches sur Saint-Pierre et sur Cyparis ? As-tu rencontré certaines difficultés à obtenir les informations dont tu avais besoin pour ta bande dessinée ?

D’abord sur Internet, on peut même trouver des livres d’époque scannés, énormément de photos ! Et puis j’ai commandé tous les livres, BDs, recueils photos que j’ai trouvés sur le sujet !

Pas trop de difficultés, mais il fallait recouper, sélectionner, organiser les informations, témoignages, reconstruire la ville de Saint-Pierre, la topographie de la montagne, c’était un long travail qui m’a pris près de deux ans !

J’ai eu l’impression en lisant cette bande dessinée de redécouvrir le contexte politique de la Martinique d’antan. Était-il important pour toi de souligner les élections législatives qui devaient avoir lieu le dimanche 11 mai 1902 ?

Affiche des élections législatives 1902
Second tour des élections législatives 1902

Bien sûr ! D’une part parce que ça fait partie intégrante de l’histoire telle qu’on l’a toujours racontée ! Et cette histoire peut également être lue comme une allégorie, elle représente toute sorte de catastrophe qui s’annonce toujours avec fracas (catastrophe naturelle, humaine, médicale, économique, écologique…), et on voit que les hommes ont du mal, de manière générale à appréhender le pire, on refuse d’y croire, on se voile la face, c’est dur ! Certains y arrivent et prennent leur disposition, mais dans la majorité des cas, on va chercher à se rassurer par tous les moyens, du coup si les autorités en place ne prennent pas les bonnes décisions, ça n’aidera personne !

Il faut dans ces cas-là que tout le monde aille dans le même sens. C’est ce qui se passe en ce moment à Bali avec l’éruption du monde Agung, tout le monde a été évacué par principe de précaution ! 140 000 personnes, c’est énorme mais ils ont raison ! Par contre ce n’est pas du tout ce qui se passe au niveau mondial avec le dérèglement climatique et le chaos écologique que le système humain a installé, là c’est de pire en pire et pourtant toutes les alarmes ont été tirées depuis longtemps ! Il est grand temps de prendre tous nos responsabilités, ensemble ! C’est un peu aussi l’histoire de Babylone…

George Kennan, le reporter américain auteur du livre The Tragedy of Pelée, a-t-il réellement participé à la guérison des blessures de Cyparis ? Ou simplement contribué au fait que son histoire soit racontée aux États-Unis ?

Oui pour les deux questions, son livre est très bien écrit et passionnant ! Je le recommande ! On vit avec lui son arrivée en Martinique au jour le jour au lendemain de l’éruption, la lenteur des transports, sa rencontre avec Cyparis, etc…

Pourquoi avoir choisi de créer également des personnages fictifs tels que l’oncle et la nièce ? Y a-t-il d’autres personnages ou événements qui ne sont pas réels dans cette bande dessinée ?

Au début, je voulais faire un genre de feuilleton sur mon blog, ces personnages sont arrivés instinctivement, il me permettait de faire découvrir Saint-Pierre et la Martinique à ceux qui ne connaissent pas ! Et puis cette nièce, qui tombe amoureuse de la Martinique, c’est un peu de moi et un peu de certaines de mes amies également… bon par contre l’oncle… bref ! (haha)

L'oncle et la nièce à la découverte de la Martinique
L’oncle et la nièce à la découverte de la Martinique

Excepté l’oncle et la nièce, la plupart des personnages principaux sont réels, j’ai été jusqu’à chercher leurs photos, pour ceux que je n’ai pas trouvé, j’ai inventé. J’ai voulu respecter au maximum la réalité de ce que j’ai lu avec les témoignages ou vu sur les volcans. Bien sûr, comme je l’ai dit au début du livre, nul ne peut prétendre détenir la vérité. À partir du moment où l’on raconte, c’est une interprétation ! Néanmoins il y avait tant de détails dans ce que j’ai lu que je ne voyais pas l’intérêt d’inventer.

J’ai juste comblé quand j’avais des trous, notamment sur l’histoire de Cyparis à proprement parler. Par exemple : je savais que Cyparis était à Morne Rouge chez le Père Mary pendant la deuxième éruption, je savais aussi (attention spoiler) que le Père Mary mourut ce jour-là mais pas Cyparis, or, je ne savais pas comment ! Alors en fonction de la relation que j’ai imaginé qu’ils pouvaient avoir j’en ai déduit que : voyant que du danger s’approchait dangereusement, le Père Mary éloigna volontairement Cyparis afin que celui-ci survive ! Cela ajoute à l’intensité romanesque sans offenser l’histoire et finalement c’est peut être ça qui s’est réellement passé, qui sait ? C’est mon interprétation !

En tout, combien de temps as-tu passé à réaliser cette bande dessinée ? A-t-il toujours été question de dessiner plus de 250 planches ?

4 ans, 250 pages a toujours été plus ou moins l’objectif. Bien sûr, j’ai supprimé des séquences, j’en ai rajouté etc…

J’ai toujours rêvé de savoir comment se passe la réalisation d’une bande dessinée. Quelles sont les différentes étapes qui t’ont permis d’arriver à ce résultat final ?

Alors, j’ai créé un blog à cette occasion qui répond à la majorité des questions, c’est un blog de bonus BD spécialement sur Cyparis où je raconte tout ça, le pourquoi du comment, la doc, les techniques, le découpage, les scènes coupées etc…

Je vous invite à y faire un tour !
http://cyparisbd.blogspot.com/

Lucie Firoud est la coloriste de cette bande dessinée. Comment s’est déroulée ta collaboration avec elle ? À partir de quel stade du projet est-elle intervenue ?

Elle est arrivée au début de la production des planches c’est à dire environ deux ans après le début de l’aventure. C’est mon éditeur qui m’a donné son contact. Je lui ai donné un max d’infos, de doc, des tests graphiques que j’avais fait, je suis revenu sur les premières planches pour fixer le style définitif et la gamme chromatique, les codes graphiques. Et puis c’était parti, je lui envoyai régulièrement des planches par le net et elle me les renvoyait. Je corrigeais ce qu’il y avait à corriger (elle ne vit pas en Martinique alors il y avait certaines erreurs sur des fruits, des plantes, des détails qu’elle ne pouvait connaître), rajoutais quelques détails et surtout les FX : les effets de cendres et de brouillard…

Elle a abattu un travail considérable ! Je n’ai pas un dessin très simple et je sais que je peux être pénible par moment alors je lui suis très reconnaissant pour son travail et sa patience !

D’où provient ton inspiration pour la réalisation de tes planches ?

Eh bien nous sommes revenus vivre en Martinique ma femme et moi pour la réalisation de cette BD, l’inspiration elle est toute autour de moi, tous les jours ! Je voulais vraiment m’imprégner de la Martinique, des Martiniquais et des Martiniquaises pour être le plus juste possible ! Aussi bien dans les gens, les décors que le langage (que j’ai volontairement laissé actuel pour l’identification, ce n’est pas du vieux créole ou du vieux français).

Comment est née la couverture de cette bande dessinée, ce magnifique Cyparis de fumée jaillissant du volcan ?

Merci ! Eh bien elle est née à Bruxelles pendant la conception du dossier éditeur, elle me suit depuis 4 ans. Je me suis donc inspiré de la photo la plus connue de Cyparis exhibant ses brûlures qui me faisaient penser aux circonvolutions du panache volcanique. Il a un côté monumental, comme un génie qui sort du volcan avec son air triste et digne à la fois… Et puis en dessous, il y a Saint-Pierre, la ville condamnée, déjà en noir et blanc…

Ici, on peut voir l’évolution de la couverture.

J’ai lu sur divers sites que tu as travaillé en tant qu’animateur scénariste. Quel a été ton parcours professionnel ?

Animateur oui, scénariste non.
J’ai étudié le cinéma d’animation 3D à SUPINFOCOM Valenciennes de 1999 à 2003 où j’ai réalisé OTSU, un court métrage d’anim.

Ensuite j’ai bossé à Paris dans ce domaine plusieurs années sur des pubs, des séries des courts métrages indépendants, ainsi que des longs métrages comme Moi, Moche et Méchant

J’ai aussi réalisé des pilotes de séries

Entre temps, je suis parti avec ma femme un an et demi voyage en Asie et pause professionnelle où j’ai pris le temps d’écrire (si finalement tu as raison) tourné, réalisé et monter un film documentaire musical d’1h30 sur le Cambodge et la recherche de l’identité khmère, Une ballade pour les khmers.

Ensuite on a bougé à Bruxelles où j’ai continué l’anim mais où j’ai commencé à faire de la BD avec le blog L’île à Lulu jusqu’à revenir en Martinique en vacances…

Ici, j’ai continué à faire un peu d’anim à distance, surtout 2D.

J’ai eu des journées assez occupées avec la BD, mais j’ai aussi monté ma mini boîte d’éditions de cartes postales illustrées sur la Martinique que je vends un peu partout sur l’île, je me suis principalement tourné vers l’illustration et la BD.

J’ai aussi donné des cours à la prison et dans une école de 3D locale…

C’est donc vrai que tu as eu l’occasion de travailler sur des projets tels que Bref et Moi, Moche et Méchant ?! Si oui, qu’as-tu retenu de ces expériences ?

Oui, c’était bien ! L’anim me manque parfois, j’essaie de continuer de temps en temps ! C’est un beau métier ! Ce qui m’a plu aussi et qui manque également, c’est le travail en équipe sur plusieurs mois, ça c’était vraiment chouette ! Et puis aujourd’hui, il suffit que je dise ça dans les écoles où j’interviens pour avoir l’attention des élèves alors c’est cool ! Haha !

Pourquoi avoir fait le choix de te recentrer sur l’art de la bande dessinée ? Et d’ailleurs, pourquoi la Martinique ?

Au début j’avais plein de projet de séries en dessin animé, mais ça devenait hyper compliqué à mettre en œuvre, à réaliser, il fallait passer par des producteurs, des équipes techniques super nombreuses, de la censure due à la télé, Internet n’était pas encore au top, la BD s’est présentée comme un super moyen de raconter rapidement (plus ou moins) toutes les histoires que j’avais en tête, et seul !

J’ai fait mes armes, appris la narration, la mise en cases, découpage et techniques graphiques avec mon blog et c’était parti pour expérimenter tout ça sur un long format ! C’est un média extraordinaire, on peut raconter tout et n’importe quoi de la manière qu’on veut, il y a une infinité de voies encore à explorer ! Une formidable boîte à outils !!

Quels sont tes futurs projets ? Prévois-tu de réaliser une nouvelle bande dessinée ?

Oui, j’ai beaucoup de projets, une série qui trotte dans ma tête depuis des années, du fantastico-burlesque qui se passe à Paris, un projet plus sérieux d’anticipation, et quelque chose de plus intime sur une autre île qui me tient à cœur !

Enfin, comment présenterais-tu cette bande dessinée à une personne qui ne connaît pas l’histoire de Cyparis pour la convaincre de te lire ?

Vous aimez le rhum, l’accent créole, l’ambiance chaude et moite des Antilles du début du XXe siècle, le bois bandé, les giraumons, les corossols et autres christophines ?

Vous voulez goûter aux dernières heures d’une ville magique avant sa destruction ? Découvrir comment un pauvre ivrogne au destin exceptionnel devint le premier noir célèbre des États-Unis, et ça sans doute grâce à l’alcool ? Vivre une terrible éruption de l’intérieur sans même avoir chaud aux fesses ni sortir de chez vous ?

C’est possible grâce à la bande dessinée Cyparis, le prisonnier de Saint-Pierre, 256 pages couleur, Édition La Boîte à Bulles, 2017.

Vous vous poserez alors peut être alors la question : « Et vous ? Qu’auriez-vous fait ? ». Garantie sans pathos !

Si vous souhaitez suivre les aventures de Lucas Vallerie, vous pouvez le retrouver sur sa page Facebook Lulu sur son île.

Aussi, Lucas sera en tournée dédicaces en France métropolitaine au mois de janvier 2018. Vous le retrouverez suivant le planning ci-dessous :

18 janvier, de 16h à 19h Librairie BD Net Nation à Paris
19 janvier, de 16h à 20h Comptoir de la BD à Boulogne
20 janvier, de 14h30 à 19h Librairie Critic à Rennes
25 janvier Krazy Cat à Bordeaux
26, 27 et 28 janvier Festival d’Angoulême

Cyparis, le prisonnier de Saint-Pierre, dessiné par Lucas Vallerie

La Boîte à Bulles

Je suis tombée complètement par hasard sur cette bande dessinée alors que je me promenais dans ma librairie. J’ai vu son titre CYPARIS, le prisonnier de Saint-Pierre ; je me suis dit « hey… mais ça, je connais ! », et c’est ainsi que son auteur, Lucas Vallerie, a aiguisé ma curiosité avec son ouvrage paru aux éditions La Boîte à Bulles.

Un scénario bien ficelé qui retrace l’histoire de Cyparis et de Saint-Pierre

Toute personne ayant vécu ne serait-ce que quelques temps en Martinique connaît l’histoire de Louis-Auguste Cyparis. Le destin de cet homme est étroitement lié avec celui de la ville de Saint-Pierre, une commune située au Nord Caraïbe de la Martinique.

Le 8 mai 1902, Saint-Pierre connaît une éruption volcanique d’une violence sans précédent. Ce jour-là, la Montagne Pelée vit d’ailleurs la plus meurtrière éruption au monde du XXème siècle avec près de 30 000 morts en seulement deux minutes. Cyparis est l’un des miraculés de cette regrettable catastrophe. Emprisonné dans un cachot aux murs épais au moment de l’émission de la nuée ardente et de l’explosion du volcan, on le retrouve trois jours après l’éruption souffrant de nombreuses brûlures.

C’est cet incroyable récit que nous conte Lucas Vallerie. Avec des dessins magnifiques d’une technique irréprochable, une narration douce et distrayante, et des couleurs flamboyantes nées sous l’initiative de Lucie Firoud, cette bande dessinée m’aura fait réfléchir sur ce fait d’antan qui fait partie de l’histoire de la Martinique.

Une catastrophe, en général et quelle que soit sa nature, s’annonce avec fracas, a son lot de signes avant-coureurs, de lanceurs d’alerte, d’incroyables hasards et, parfois, certains miraculés. Mais malgré tout cela, l’homme ne parvient jamais à regarder la vérité en face, il ne peut pas croire que le pire puisse arriver et, continuellement, détourne le regard…

Lucas Vallerie

Grâce à cette bande dessinée, on peut suivre chronologiquement les signes avant-coureurs donnés par la Montagne Pelée. Ainsi on découvre l’apparition de fumerolles au sommet du cratère, les nuages de cendre recouvrant la ville, la croissance de la température des eaux avoisinantes, la montée de fortes odeurs de soufre, l’ensevelissement de l’usine Guérin (qui fait déjà quelques victimes), les pluies torrentielles, les coulées de boue… J’ai adoré la qualité des vignettes de cet album qui permettent de se rendre compte des différentes manifestations du volcan avant son entrée en phase explosive.

La Montagne Pelée avant son éruption, par Lucas Vallerie
La Montagne Pelée avant son éruption dessinée par Lucas Vallerie

Avec tous ces signes précurseurs donnés par la Montagne Pelée, si le contexte politique de la Martinique avait été différent, peut-être qu’une partie de la population pierrotine aurait pu être sauvée. Le scénario imaginé par Lucas Vallerie insiste également sur ce point. Les risques de catastrophe ont été soulevés par certains scientifiques de l’époque mais les dégâts éventuels ont été jugés modéremment par le gouvernement qui craignait de voir un taux d’abstention trop important le dimanche 11 mai 1902 si la population venait à quitter la ville. Il devait s’y tenir le second tour des élections législatives.

Si Saint-Pierre n’avait pas connu cette violente éruption, peut-être aurait-elle encore ses lettres de noblesse et serait-elle encore considérée comme le chef-lieu de ce département d’outremer.

Aujourd’hui…

La ville de Saint-Pierre a repris bien des couleurs depuis cette catastrophe. Mais, si vous avez un jour l’occasion de vous aventurer dans cette commune paisible, vous y verrez sans aucun doute les vestiges de ce passé incroyable. La ville possède encore des ruines bien présentes en son centre. Il est possible de visiter les vestiges des maisons du Figuier, les ruines du Théâtre… Et, le cachot de Cyparis, quoique recouvert de quelques végétations luxuriantes, se tient toujours debout, surplombant un espace qui autrefois accueillait les plus beaux spectacles d’antan.

L’activité de la Montagne Pelée est aujourd’hui surveillée par l’Observatoire Volcanologique et Sismologique de la Martinique. Ce laboratoire scientifique a été créé en 1902 par Alfred Lacroix suite à la première éruption dévastatrice de la Montagne Pelée. Chaque trimestre l’OVSM propose un bilan de l’activité volcanique de la Montagne Pelée et de l’activité sismologique de l’île consultable en ligne.

Joyeux anniversaire Madame Béroard !

Zouk sarl

Parce qu’on oublie souvent de célébrer nos artistes tant qu’on en a encore la chance, aujourd’hui je vous propose de découvrir (ou redécouvrir) la carrière de notre chanteuse de zouk la plus connue : Jocelyne Béroard.

Jocelyne Béroard est une auteure, compositrice et chanteuse née en Martinique. Elle est connue internationalement pour sa contribution dans le groupe Kassav’, un groupe fondé en 1979 en Guadeloupe.

Les débuts de Jocelyne Béroard

Jocelyne Béroard arrive en France métropolitaine alors qu’elle n’a pas encore vingt ans. Elle choisit d’abord d’y faire des études pharmaceutiques dans la ville de Caen, avant de se réorienter et intégrer l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris. C’est finalement dans le domaine de la musique, le quatrième art par excellence, qu’elle fera ses preuves. Fraîchement arrivée dans la région parisienne, Jocelyne Béroard entre dans l’industrie de la musique antillaise grâce à son frère musicien, qui lui est déjà bien installé dans le milieu. Elle commence alors une carrière de choriste professionnelle.

Ainsi, en 1980, on retrouve Jocelyne Béroard dans les chœurs de Lee Perry, un producteur, musicien et chanteur jamaïcain. De cette rencontre à Kingston naîtra la chanson Bed Jammin, une douce invitation reggae aux connotations évocatrices.

Au cours de cette même année, Jocelyne Béroard enregistre en compagnie du groupe jamaïcain Third World la version reggae de Many Rains Ago de Letta Mbulu, une chanteuse de jazz sud-africaine. Cette chanson, Many Rains Ago, est à l’origine créée pour les besoins de la série de Quincy Jones, Roots (Racines en français), une série qui retrace la chronologie de l’histoire afro-américaine, depuis l’Afrique jusqu’à la Guerre civile qui dénoncera entre autres les violences faites aux esclaves. On retrouve dans cette mini-série le personnage emblématique de Kunta Kinte.

Toujours au cours de l’année 1980, Jocelyne rencontre Jacob Desvarieux. Kassav’ vit alors ses premiers jours grâce à Pierre-Edouard Décimus et Freddy Marshall, rejoints par le frère de Pierre-Edouard, Georges Décimus, et Jacob Desvarieux. Ensemble, ils entonnent Soleil, une chanson que l’on retrouve sur le deuxième album de Kassav’, Lagué Mwen. Cette première collaboration de Kassav’ avec Jocelyne Béroard donnera naissance à beaucoup d’autres par la suite.

En 1981, Jocelyne Béroard travaille avec des artistes comme Bernard Lavilliers, Dave, Manu Dibango et Zachary Richard. Elle chante dans des pianos-bars parisiens, reprenant des standards de jazz ou classiques de la musique antillaise.

L’année suivante, elle participe au Concours de la Chanson d’Outre Mer. Elle y interprète Concerto pour l’Oiseau et la Fleur de Marius Cultier, un brillant artiste pianiste originaire de la Martinique qui décédera trois ans plus tard. Cette chanson permet à Jocelyne Béroard de devenir la lauréate de ce concours.

Jocelyne Béroard, sa carrière solo et Kassav’

En 1983, Jocelyne Béroard intègre officiellement Kassav’. Jean-Claude Naimro, Jean-Philippe Marthély et Patrick Saint-Éloi font également partie de l’aventure, alors que Freddy Marshall décide de laisser sa place. Consécutivement, Zouk La Sé Sèl Médikaman Nou Ni propulse le groupe sur la scène internationale, et le zouk commence en 1984 à entrevoir ses heures de gloire.

En 1985, l’album An ba chen’n la, avec notamment la chanson Mwen Malad Aw, connaît un franc succès. Il recevra d’ailleurs la jolie distinction de double disque d’or.

En parallèle, Jocelyne Béroard mènera sa carrière solo d’une main de maître. En 1986, l’album Siwo sort, et c’est alors une floraison de hits que nous propose la chanteuse martiniquaise à la voix d’or. On y retrouve par exemple Kaye Manman, Kolé Séré, Mi Tchè Mwen, et évidemment Siwo. (Ces chansons ont donc plus de 20 ans aujourd’hui ! Et non, ça ne nous rajeunit pas !)

Cet album recevra également un double disque d’or, une distinction qui permet à Jocelyne Béroard d’être la première chanteuse caribéenne à obtenir un disque d’or en France. En 1987, Kassav’ est bien lancé ! Le groupe sort son neuvième album Vini Pou, avec notamment la chanson Syé Bwa.

La chanson Kolé Séré, d’abord interprétée avec Jean-Claude Naimro sur l’album Siwo, se transforme ensuite en duo avec Philippe Lavil en 1988. Elle sera vendue plus de 500 000 exemplaires, et atteindra la top 5 du classement des hits en France. La même année, Kassav est sacré Meilleur groupe de l’année aux Victoires de la Musique.

En 1989, Kassav’ fête ses dix ans et chante pour l’occasion au Zénith de Paris, une consécration pour le groupe antillais pour lequel tout semble réussir. Ils obtiennent le Prix de la Francophonie au Québec.

En 1991, Jocelyne Béroard sort Milans, son deuxième album solo. Elle remporte pour celui-ci le Prix de l’Interprète féminine de la SACEM en Martinique. On la retrouve en 1992 dans Siméon, le troisième film d’Euzhan Palcy, une cinéaste martiniquaise principalement connue pour son film Rue Cases-Nègres (dans lequel a joué Eugène Mona).

Jocelyne Béroard reçoit la distinction de Chevalier de la Légion d’Honneur en 1999.

Les années 2000

En 2000, Jocelyne Béroard enregistre Nou La avec Kassav’. Elle organise également la première cérémonie Lanmèkannfènèg avec le Comité Marche du 23 mai 98 dont elle est la vice-présidente. Cette cérémonie a pour but de rendre hommage à la mémoire des fils et filles d’esclaves. En fin d’année, Kassav’ est de nouveau au Zénith de Paris pour deux concerts à salle comble suivis d’une tournée.

En 2003, Jocelyne Béroard sort son troisième album solo Madousinay avec notamment les chansons Pawol Granmoun et Vini Séré. Elle chante également sur Héritage de Noël, une compilation de chansons traditionnelles de Noël aux Antilles : on la retrouve sur le titre Minuit Chrétiens.

En 2004, Kassav’ sort son quatorzième album Ktoz, et Jocelyne Béroard chante avec Michèle Henderon Fanm. L’année suivante, Jocelyne Béroard interprète un duo avec Véronique Sanson lors du concert Ni putes, ni soumises organisé par l’association du même nom qui lutte contre les violences faites aux femmes. Jocelyne Béroard donne également des concerts à l’Atrium de Fort-de-France.

En 2006, c’est aux côtés d’Admiral T que Jocelyne Béroard et Jacob Desvarieux chantent Fos A Péyi La. Trois ans plus tard, Kassav’ fête ses 30 ans au Stade de France : un anniversaire célébré en communion avec un peu plus de 65 000 spectateurs.

Aujourd’hui, Jocelyne Béroard vit en Martinique. Elle représente à mes yeux la femme créole dans toute sa splendeur. C’est une artiste respectée et admirée de tous. Je tenais donc à lui rendre hommage en ce jour : joyeux anniversaire Madame Béroard ! Je n’ai, bien évidemment, pas été exhaustive sur la liste de ses grandes chansons, libre à vous de continuer à l’écouter avec amour. ;-)

Fort-de-France en street-art

christelle.

C’est une ville de Fort-de-France haute en couleurs, que j’ai eu l’occasion de redécouvrir en ce début d’année 2014. Le street-art a désormais sa place en Martinique, et ce de la plus belle manière qu’il soit imaginable… Et c’est donc dans la capitale de l’île que j’ai pu faire mes premières trouvailles en matière de street-art.

J’avais commencé cette belle journée de janvier ensoleillée à la route du port de Fort-de-France, une rue renommée pour ses œuvres murales. (Je reviendrai sur ce sujet très prochainement.) C’est ainsi que j’ai pu me rendre compte de la suprématie du collectif MadaPaint, dans le monde du street-art martiniquais. Cette communauté de plus ou moins jeunes artistes a décidé de se recueillir dans le monde du design urbain il y a de ça cinq années, en 2009.

Le collectif MadaPaint est né il y a 4 ans de la rencontre de plusieurs passionnés de graffiti tel que le jeune crew des NSC (Sayen, Screw, Madpop…) ainsi que de ASEZ des OPK, du crew NPL (Xan, Rman, James, Tengu, Wiltho, qui l’intègre courant 2013, et moi-même), du jeune MAGIK (la relève) et d’autres qui sont partis entre temps mais poursuivent leur petit bonhomme de chemin.

Oshea, en décembre 2013 pour Uprising Art

Les rues de Fort-de-France ont également été bien aidées par la première édition de la Biennale Internationale d’Art Contemporain de Martinique, qui a eu lieu du 22 novembre 2013 au 15 janvier de cette année. Par le biais de cette manifestation, de nombreuses animations culturelles et artistiques ont été tenues dans toute la Martinique. La BIAC commémorait également le centième anniversaire de la naissance d’Aimé Césaire. : une occasion pour tous les artistes d’honorer sa mémoire en montrant que l’art caribéen est bien toujours d’actualité.

Je propose donc de découvrir ces premières œuvres ci-dessous, que j’ai recueillies le temps d’un matinée « en ville ». Bien d’autres photographies vous seront rapidement présentées, dans le cadre de ma promenade sur la Route du Port…

La boutique d’art Rose de Porcelaine

Boutique d'Art Rose de Porcelaine

Je vous propose aujourd’hui un gros plan sur la boutique d’art Rose de Porcelaine, une galerie d’art située à Fort-de-France, en Martinique. Vous pourrez y retrouver toutes sortes de créations d’art et d’artisinat, largement influencées par la culture caribéenne.

Sa propriétaire, madame Danae Emmanuel, est une fervente admiratrice de l’art et de la créativité. Elle collectionne l’art sous différentes formes, les accessoires de maison, les bijoux faits main, dans sa galerie. Elle décide de mettre en avant le patrimoine martiniquais dans une ambiance chaleureuse et amicale.

Danae Emmanuel permet également à des artistes d’y exposer leurs œuvres et de librement échanger avec les visiteurs de la galerie. La boutique d’art Rose de Porcelaine soutient ainsi toutes les créations artistiques locales.

Nous avons des œuvres pour de sérieux collectionneurs et pour des acheteurs occasionnels. Nous voulons que chacun puisse apprécier les collections.

Danae Emmanuel

L’inventaire extraordinaire de cette boutique comprend des assiettes de Catherine Bland, des tableaux de Christianne Laval et de Patricia Donatien, des créations de Régine Lazignac et de Caécilia Guinot, des bijoux signés Veronique Reunit, des œuvres de Christophe Mert, et bien d’autres encore ! Vous pouvez vous renseigner à ce sujet sur la page Facebook de la boutique Rose de Porcelaine, ou directement sur place, à cette adresse : KIWIS VILLA ANAÏS, 23 Route de Didier 97200 Fort-de-France.

Boutique d'Art Rose de Porcelaine

Boutique d'Art Rose de Porcelaine

Boutique d'Art Rose de Porcelaine

Boutique d'Art Rose de Porcelaine

Boutique d'Art Rose de Porcelaine

Boutique d'Art Rose de Porcelaine

Boutique d'Art Rose de Porcelaine

Boutique d'Art Rose de Porcelaine

Boutique d'Art Rose de Porcelaine

Boutique d'Art Rose de Porcelaine

Boutique d'Art Rose de Porcelaine

Boutique d'Art Rose de Porcelaine

Boutique d'Art Rose de Porcelaine

Boutique d'Art Rose de Porcelaine

Boutique d'Art Rose de Porcelaine

Boutique d'Art Rose de Porcelaine

Boutique d'Art Rose de Porcelaine

Boutique d'Art Rose de Porcelaine

Boutique d'Art Rose de Porcelaine

Boutique d'Art Rose de Porcelaine

Boutique d'Art Rose de Porcelaine

Boutique d'Art Rose de Porcelaine

Boutique d'Art Rose de Porcelaine

Boutique d'Art Rose de Porcelaine

Boutique d'Art Rose de Porcelaine

Boutique d'Art Rose de Porcelaine

Boutique d'Art Rose de Porcelaine

Boutique d'Art Rose de Porcelaine

Boutique d'Art Rose de Porcelaine

Boutique d'Art Rose de Porcelaine

Aujourd’hui, c’est le National Rum Day !

Steve Bennett

Aujourd’hui, 16 août, c’est la journée nationale du rhum aux États-Unis. Et comme nous le proposent les américains : pour célébrer cette fête, rien de mieux que de profiter de l’occasion pour recevoir quelques amis autour d’un cocktail à base de rhum… Mais n’oubliez pas que l’alcool est à consommer avec modération ! Quoi qu’il en soit, connaissez-vous véritablement l’histoire du rhum ?

La petite histoire du rhum

L’histoire du rhum est étroitement liée à celle du sucre. En 1493, Christophe Colomb fait voyager la canne à sucre dans la Caraïbe, alors qu’il traverse l’Atlantique pour la deuxième fois. Il apporte la canne à Hispaniola, qui correspond aujourd’hui à Haïti et la République Dominicaine. Les colons vont ensuite l’introduire en Amérique Centrale et dans les îles antillaises comme Cuba, Jamaïque, Martinique et la Guadeloupe.

Les plantations sucrières découvrent ainsi l’utilisation de la canne à sucre pour en fabriquer de la mélasse, un autre sous-produit issu du processus de raffinage du sucre, avant d’entreprendre la fermentation de cette dernière en alcool. La première distillation du rhum date donc du XVIIème siècle dans les plantations de canne à sucre des Caraïbes .

Après le développement de rhum dans les Caraïbes, la popularité de la boisson s’accentue dans les colonies nord-américaines. Et donc, pour réussir à équilibrer la demande et l’offre, la première distillerie de rhum dans les colonies britanniques d’Amérique du Nord a été créé en 1664, dans des quartiers de l’actuel Staten Island. La fabrication du rhum devient alors extrêmement prospère dans les colonies de la Nouvelle-Angleterre.

Quelques copeaux de canne à sucre

Le rhum aujourd’hui

Avec le temps, le rhum est passé d’une boisson réservée aux travailleurs de plantations, aux esclaves et aux marins, à une boisson communément acceptée par l’ensemble des classes sociales. Aujourd’hui, les rhums qui datent d’un grand nombre d’années sont les plus plébiscités par les connaisseurs.

Il existe du rhum blanc, du rhum ambré, du rhum vieux, du rhum paille, du rhum épicé et bien d’autres variétés de rhums encore ! Il existe tant de différentes manières de boire du rhum : les cocktails, le traditionnel ti punch des Antilles françaises, le cuba libre ou le "rhum-Coca"… Il y en a pour tous les goûts.

D’après The Ministry of Rum, l’industrie du rhum a encore de beaux jours devant elle. Comme vous pouvez le voir, la carte du monde laisse apparaître près de 127 distilleries encore actives aujourd’hui. A Sainte-Marie, en Martinique, on célèbre le rhum au mois de décembre par exemple, lors de la fête du rhum, une célébration longtemps animée par l’Habitation Saint-James.

Résidence de l'Habitation Clément en Martinique

Dominante, home sweet home

christelle.

J’ai, en ma possession, un nombre incommensurable de photos prises alors que je me trouvais encore en Martinique ! J’ai commencé récemment à trier mes dossiers souvenirs, et, comme je l’avais promis il y a très très très longtemps à certains d’entre vous, je vous propose aujourd’hui de redécouvrir un peu le soleil, la faune et la flore de la Martinique, à travers ces quelques photos prises dans mon « chez-moi » de Martinique, au quartier de Dominante au Marigot.

Toutes ces photographies ont été prises au cours du mois de mai 2013, alors que j’étais en « vacances » chez moi. Et je dois quand même vous avouer que parmi elles se trouvent sept photos prises chez un ami de mon père (qui n’habite donc pas à Dominante)… mais j’ai trouvé qu’elles complétaient bien la série, et comme elles ont été prises durant ces mêmes vacances…

Aussi, je pourrais vous donner une anecdote pour chacune de ces photos mais je ne le ferai pas ici, ou alors seulement dans les commentaires si vous avez une question quelconque, et j’espère que ce premier petit diaporama vous plaira. :)

Dominante, Marigot, Martinique

Dominante, Marigot, Martinique

Dominante, Marigot, Martinique

Dominante, Marigot, Martinique

Dominante, Marigot, Martinique

Dominante, Marigot, Martinique

Dominante, Marigot, Martinique

Dominante, Marigot, Martinique

Dominante, Marigot, Martinique

Dominante, Marigot, Martinique

Dominante, Marigot, Martinique

Dominante, Marigot, Martinique

Dominante, Marigot, Martinique

Dominante, Marigot, Martinique

Dominante, Marigot, Martinique

Dominante, Marigot, Martinique

Dominante, Marigot, Martinique

Dominante, Marigot, Martinique

Dominante, Marigot, Martinique

Dominante, Marigot, Martinique

Dominante, Marigot, Martinique

Dominante, Marigot, Martinique

Dominante, Marigot, Martinique

Dominante, Marigot, Martinique

Dominante, Marigot, Martinique

Dominante, Marigot, Martinique

Dominante, Marigot, Martinique

Dominante, Marigot, Martinique

Dominante, Marigot, Martinique

Dominante, Marigot, Martinique

Dominante, Marigot, Martinique

Dominante, Marigot, Martinique

Dominante, Marigot, Martinique

Dominante, Marigot, Martinique

Dominante, Marigot, Martinique

Dominante, Marigot, Martinique

Dominante, Marigot, Martinique

Dominante, Marigot, Martinique

Dominante, Marigot, Martinique

Dominante, Marigot, Martinique

Dominante, Marigot, Martinique

Dominante, Marigot, Martinique

Dominante, Marigot, Martinique

Dominante, Marigot, Martinique

Dominante, Marigot, Martinique

Dominante, Marigot, Martinique

Dominante, Marigot, Martinique

Dominante, Marigot, Martinique

Dominante, Marigot, Martinique

Dominante, Marigot, Martinique

Dominante, Marigot, Martinique

Dominante, Marigot, Martinique

Dominante, Marigot, Martinique

Dominante, Marigot, Martinique

Dominante, Marigot, Martinique

Dominante, Marigot, Martinique

Dominante, Marigot, Martinique

Dominante, Marigot, Martinique

Dominante, Marigot, Martinique

Dominante, Marigot, Martinique

Dominante, Marigot, Martinique

Dominante, Marigot, Martinique

Dominante, Marigot, Martinique

Dominante, Marigot, Martinique

Dominante, Marigot, Martinique

Dominante, Marigot, Martinique

Emile-Joseph Bizet

Seth Doyle

Cela faisait un moment que je n’avais pas écrit, ou plutôt que je n’avais rien partagé ici, sur ce blog. J’ai quelques articles en cours de préparation, plus ou moins, voire complètement rédigés, qui se meurent à l’idée d’être lus ! Mais je voulais prendre le temps de préparer mon retour, et surtout, je voulais prendre le temps de m’arrêter un instant sur ce qu’a été la vie de cet homme, Emile-Joseph Bizet, plus connu sous le pseudonyme de Badian, dans le bourg du Marigot en Martinique.

Le Marigot n’est pas une très grande commune, et c’est presque un euphémisme de dire, que ce grand monsieur, natif de la ville, était connu de tous. Emile-Joseph Bizet, Badian pour les intimes, a commencé à travailler dès son plus jeune âge, en tant qu’ouvrier agricole. A l’époque, dans la Martinique d’antan, les hommes, ou plutôt les jeunes garçons, abandonnaient vite l’école pour pouvoir soutenir leur famille sur le plan financier. Badian a ensuite exercé dans le BTP. Puis, son parcours professionnel s’est terminé au sein de la SIMAR, la Société Immobilière de la Martinique.

Fervent admirateur de la gastronomie locale

Badian était avant tout un passionné des valeurs traditionnelles créoles. Aux côtés de sa fille Guylène, il observait de près la préparation des punchs coco maison. Guylène confectionnait ainsi, sous son regard, son propre lait de coco à partir de noix de coco fraîchement cueillies et coupées. Elle préparait ensuite le punch en deux temps, en ajoutant en même temps que le rhum du lait concentré, du sucre de canne, de la vanille, de la cannelle et parfois même de la muscade.

Badian a de son côté, au fil des années, perfectionné sa cuisine autour du boudin créole. (Il faut savoir qu’en Martinique, le boudin est considéré comme un mets très important de la gastronomie locale.) Badian avait sa propre technique de préparation et de cuisson, le petit plus qui ravissait les palais, et a remporté de nombreux concours de cuisine antillaise grâce à ses recettes de boudin blanc et de boudin noir.

Pêcheur chevronné en matière de crabes

Badian était aussi un féru de la pêche à la ligne et de la pêche aux crabes. Son attachement à ces petits passe-temps l’a conduit à imaginer et confectionner tout un attirail spécifique pour attraper des crabes. Ainsi, ses pièges à crabes, ratiè en bon créole, possèdent une forme caractéristique, bien connue et reconnaissable sur les plages sur lesquelles il déposait ses équipements.

Cette pratique, qui finalement est devenue son art, lui a permis d’être reconnu, et d’être interviewé par la voix off de l’émission Moun Péyi courant 2006. Moun Péyi est une émission assez concise présentant chaque jour sur les antennes de la télévision aux Antilles, en Martinique, en Guadeloupe ou en Réunion, des personnalités inconnues du grand public qui présentent leurs savoir-faire, dans la tradition de leur île. Ainsi, Badian sera questionné autour de ses ratières multicolores sur sa manière de pêcher le crabe, tout en créole.

Chanteur à ses heures perdues

Badian a rencontré Eugène Mona à ses débuts, un illustre chanteur et flûtiste martiniquais connu pour sa musique traditionnelle. Durant les années 70, Badian, accompagné de son beau-frère Étienne, participe même à certaines représentations de ce grand chanteur. Eugène Mona est souvent parti pêcher aux côtés de Badian, et ensemble, ils ont passé plus d’une soirée à manger l’objet de leurs prises : du poisson !

Badian était ce que l’on pourrait appeler un sacré numéro. Il adorait la fête ! Il n’avait pas la langue dans sa poche, et il s’amusait souvent à chanter des boutades à ses amis de dominos lorsqu’il était vainqueur d’une partie ! Dans un cadre plus restreint, au sein de sa famille, il prenait parfois la voix, comme lors de cette soirée de Noël, où il a servi de chef d’orchestre à tous ses proches venus réveillonner chez lui. Comme la tradition le veut, le temps des cantiques (cf. Chantè Nwèl) est arrivé, et alors que ses enfants/beaux-enfants reprenaient la ritournelle "Renvoyez la lumière!" et que la pluie battait son plein dehors, Badian a animé pour la dernière fois son assemblée.

"Après la mort, vive la tombe !"

Il s’en est allé, sourire aux lèvres, le mardi 11 février dernier à l’âge de 80 ans, en laissant derrière lui ses sept enfants, ses seize petits-enfants et son premier arrière petit-enfant, inconsolables.

 

Parution de Badian sur le France Antilles

Pierre Aliker est mort

Marie-Claire Delbé

"Quand la mort se présentera, je l’embrasserai sur les deux joues et je lui dirai : 'Tu es en retard'.", tels sont les mots qu’avait déclaré cet illustre homme en 2004 sur RCI… Et c’est à l’âge de 106 que s’est éteint le 5 décembre 2013 à Fort-de-France le docteur Pierre Aliker. Frère du politicien André Aliker et proche d’Aimé Césaire, Pierre Aliker était un personnage emblématique de la Martinique. Il avait été admis à l’hôpital Pierre Zobda Quitman très exactement la semaine dernière après une chute chez lui. Celle-ci lui a valu une fracture du col du fémur selon le webmagazine DomActu.

Pierre Aliker était avant tout un médecin, le premier homme martiniquais interne aux hôpitaux de Paris. Après une spécialisation en chirurgie, il quitte la France pour son pays natal afin d’exercer son métier sur son île. Le 12 janvier 1934, le corps sans vie de son frère, André Aliker, est retrouvé ligoté à Case-Pilote. André Aliker était journaliste pour le journal Justice. Il y dénonçait les injustices et publia notamment une édition spéciale (celle du 11 juillet 1933) avec des pièces du dossier prouvant la culpabilité du béké Aubéry dans une affaire de fraude fiscale. Dès lors, Pierre Aliker décide de rendre hommage à son frère, en s’habillant quotidiennement en blanc, ce qui lui valu un certain nombre de qualitatif, notamment celui de L’homme en blanc.

En 1945, c’est aux côtés d’Aimé Césaire que s’engage politiquement le médecin martiniquais. Il devient le premier adjoint au maire en 1957 et assume pendant de nombreuses années la gestion de la ville de Fort-de-France. C’est d’ailleurs avec Aimé Césaire, qu’il fonde le Parti Progressiste Martiniquais. Il restera d’ailleurs son vice-président jusqu’en 2005. Il crée également le Syndicat Intercommunal du Centre de la Martinique, aujourd’hui rebaptisé CACEM. Il préside cette communauté de 1997 à 2001.

Le jour de ses 100 ans, le 9 février 2007, le Stade de Dillon devient le Stade Municipal Pierre Aliker. Durant cette inauguration, Serge Letchimy prononce les phrases suivantes en parlant d’Aimé Césaire : "Il lui fallait un homme d’envergure : cet homme a été l’indéfectible Docteur Pierre Aliker. Sans Césaire, il n’y a probablement pas d’Aliker. Mais sans Aliker, il n’y a probablement pas de Césaire. […] L’assassinat de son frère André, en janvier 1934, cimentera entre les deux hommes une amitié intellectuelle qui se changera au fil des ans en fraternité de combat pour la justice et le droit, pour l’identité, la dignité, la responsabilité.". *

En dehors de toutes les considérations politiques que l’on peut avoir aujourd’hui, force est de constater que le parcours de Pierre Aliker n’a pas été anodin dans l’histoire de la Martinique. Sa personnalité aura su toucher l’ensemble de la population martiniquaise.

Collège Eugène Mona

christelle.

Depuis quelques mois déjà, la commune du Marigot en Martinique rend hommage au chanteur Eugène Mona grâce à un de ses édifices scolaires : le collège de la ville porte désormais le nom du chanteur reconnu ! Le vendredi 7 juin 2013, le Collège Eugène Mona naît officiellement aux yeux de tous, et une grande manifestation est alors organisée au sein de l’établissement. Et c’est la Présidente du Conseil Général de la Martinique, Josette Marin, qui sera chargée ce jour de dévoiler la nouvelle plaque du collège.

Le 21 septembre dernier, on commémorait le 22ème anniversaire de la mort d’Eugène Mona. A l’occasion, la commune du Marigot a organisé de nombreuses manifestations, ainsi qu’une messe à son effigie. L’artiste s’était toujours considéré comme un enfant de cette ville du nord de la Martinique. il avait déclaré les mots suivants : " Je suis un enfant du Marigot, qui veut toucher à l’universel… C’est possible, non ?".

Cette même phrase a été reprise sur la fresque située à l’une des entrées du collège. Cette peinture, trsè attrayante est très colorée, et représente le chanteur Eugène Mona en train de jouer à la la flûte, son instrument de prédilection. On aperçoit en face de l’artiste, un paysage représentant des mornes et la mer, comme pour dépeindre l’Anse Charpentier. Les surnoms d’Eugène Mona sont également inscrits sur ce portrait bariolé. Ainsi on retrouve les expressions suivantes : Poto Mitan, Le Nègre debout, L’Homme aux pieds nus. Cette peinture a été réalisée par Jimmy Sabas, en compagnie des élèves de 3ème du collège. Jimmy Sabas, est un street-artiste originaire de Baie-Mahault en Guadeloupe. Il travaille sur différents projets autour de l’art et ses œuvres sont de plus en plus reconnues aux Antilles. Parmi l’ensemble des travaux de Jimmy Sabas que j’ai eu l’occasion de visionner, j’ai une préférence pour Concert de couleurs.

En bref, j’ai profité du fait que je sois en Martinique, au Marigot, pour réaliser ces quelques photos de la fresque créée à l’occasion pour Eugène Mona. Bon, je reconnais que les photos ne sont pas tout à fait excellentes, mais la voiture garée auprès du mur m’a empêchée de faire ce que je voulais au préalable.

 

Fresque du collège Eugène Mona

Fresque du collège Eugène Mona

Fresque du collège Eugène Mona

Fresque du collège Eugène Mona

Fresque du collège Eugène Mona

Fresque du collège Eugène Mona

Fresque du collège Eugène Mona

Fresque du collège Eugène Mona