Natty Jean, Yaniss Odua et Saïk à Cergy

Artikal Band
© christelle

Le 19 octobre dernier, trois artistes reconnus issus de la scène reggae et dancehall nous donnaient rendez-vous à l’Observatoire de Cergy, grâce à l’association Cergy-Caraïbes. Il s’agit de Natty Jean, Yaniss Odua et Saïk ! J’ai, pour ma part, eu la chance de pouvoir assister en premières loges à leur représentation, qui ma foi, a tenu toutes ses promesses ! Je vous propose donc de découvrir un résumé de ce concert, ainsi que de parcourir les quelques photos de chacun de ses artistes. Les vidéos du concert seront (bientôt) toutes visibles à partir de ce lien.

Les premiers à monter sur les planches de l’Observatoire ce soir-là sont les musiciens de l’Artikal Band, dont je dois saluer la rigueur et la précision. Ils ont été simplement majestueux, et ont accompagné les deux premiers chanteurs de ce show. L’Artikal Band, que j’ai d’ailleurs choisi pour figurer sur la photo illustrant cet article, est un groupe de Montpellier qui existe depuis 1995. Ils sont connus pour avoir accompagner des artistes comme U Brown, Straïka D, Chukky Starr ou Natural Black par exemple.

Natty Jean, poète lyriciste sénégalais

Natty Jean, un artiste originaire du Sénégal, entre sur scène après une brève introduction musicale de l’Artikal Band. Cet auteur/compositeur africain, pour ceux qui ne le connaissent pas, commence donc à chanter à la capitale de son pays natal, Dakar, en utilisant ses influences musicales diversifiées pour se créer son propre univers : un mélange entre le reggae et les sonorités africaines. Aujourd’hui, après avoir su transporter sa musique au-delà des frontières (en passant par le Mali d’abord, puis la France), Natty Jean revient, et nous présente un extrait de son dernier album sorti en 2012 Santa Yalla.

Il décide d’entrer sur scène avec la chanson I Believe, morceau durant lequel le chanteur nous gratifie d’un sympathique "Bonsoir Cergy !". Il poursuit ensuite avec la chanson Sénégal, dans laquelle il souhaite faire un clin d’œil à son pays natal en demandant l’unité pour son pays. Puis, au cours de Taalibe, le prochain morceau interprété par le dakarois, Natty Jean se fait plus poignant et versatile. Il chante, sur un air aux allures de dancehall parfois, les paroles suivantes : "Ils t’ont manipulé, Ils t’ont utilisé, Ils t’ont exploité, Ils t’ont brutalisé, Ils t’ont oublié, marginalisé, Ils sont l’avenir de demain mais ils ont les mains liées, Ils sont obligés de subir l’atrocité de ces faux marabouts qui les ont tant maltraités, Poussés, encouragés dans la mendicité, Trouvons une solution pour ces enfances sacrifiées". Dans une interview de Natty Jean pour One Drop Magazine, le chanteur explique que les Taalibe sont les enfants de la rue en Afrique qui se font escroquer sur le plan financier par les marabouts. Il tente ainsi par son charisme de dénoncer ces actes malveillants.

Natty Jean continue avec Money dans lequel il met en avant les rapports qu’ont les gens avec l’argent, avant de terminer naturellement sa prestation avec le puissant Santa Yalla, le titre éponyme de son dernier album. En tout, c’est un peu plus d’une demi-heure de show que nous propose Natty Jean, dans un genre assez représentatif de sa personnalité : il va poser le tempo lorsque c’est nécessaire, nous proposer des toats pour nous captiver, sauter et danser comme si la musique emplissait son âme. J’ai donc pris un réel plaisir à le découvrir en live pour la première fois.

Natty Jean sur la scène de l'Observatoire

Natty Jean sur la scène de l'Observatoire

Natty Jean sur la scène de l'Observatoire

Natty Jean sur la scène de l'Observatoire

Natty Jean sur la scène de l'Observatoire

Natty Jean sur la scène de l'Observatoire

Natty Jean sur la scène de l'Observatoire

Natty Jean sur la scène de l'Observatoire

Natty Jean sur la scène de l'Observatoire

Natty Jean sur la scène de l'Observatoire

Natty Jean sur la scène de l'Observatoire

Natty Jean sur la scène de l'Observatoire

Natty Jean sur la scène de l'Observatoire

Natty Jean sur la scène de l'Observatoire

Natty Jean sur la scène de l'Observatoire

Natty Jean sur la scène de l'Observatoire

Natty Jean sur la scène de l'Observatoire

Natty Jean sur la scène de l'Observatoire

Natty Jean sur la scène de l'Observatoire

Natty Jean sur la scène de l'Observatoire

Yaniss Odua, dynamique militant pour la nation

C’est ensuite au tour de Yaniss Odua de nous offrir un pur moment de reggae. En prélude à son entrée sur scène, les membres de l’Artikal Band nous proposent, une nouvelle fois, une prouesse en termes de sonorités, avant de jouer les premières notes de An Route Pour Jah Kingdom. C’est, en effet, avec ce titre que le martiniquais Yaniss Odua décide de démarrer en toute puissance. Très réceptif, l’auditoire brandit alors des drapeaux aux couleurs rouge, jaune, verte tandis que l’artiste opte pour les premiers instants dancehall dans son spectacle. Yaniss Odua continue en effet son show avec la chanson Yeah Yeah, un titre dont le refrain se compose des paroles suivantes : "Quand on est prêt pour l’action, on dit 'Yeah Yeah', Pour se mettre en condition, on dit 'Yeah Yeah', Garder la même détermination en disant 'Yeah Yeah', A quand l’action et à quand la réaction ?".

Mettant à l’honneur son dernier album Moment Idéal, Yaniss Odua enchaîne ensuite avec Laisser Rouler et Mes Principes, deux chansons d’un genre reggae dont les paroles sont pleines de bon sens. L’artiste décide de poursuivre toujours avec la tracklist de cet album (dont je vous parlerai prochainement) et nous interprète Moment Idéal, la chanson éponyme de ce nouvel opus. Dans ce titre, Yaniss Odua se fait romantique et s’adresse à la femme de ses rêves : "J’attendrai le moment idéal, Pour te dire que tu es un vrai régal, J’aime passer du temps avec toi Gyal, En ta présence je me sens impérial, c’est royal". Un magnifique solo du guitariste Ilon Ba vient terminer ce morceau sous un tonnerre d’applaudissements. Yaniss Odua présente son prochain titre Music Is My Life, ainsi que le groupe qui l’y accompagne habituellement sur cette chanson C-Sharp. Ce morceau étant un peu plus dancehall lui permet de rapidement enchaîner avec des chansons faisant partie de son répertoire depuis quelques années.

Ainsi, Yaniss Odua va nous servir les paroles de plusieurs de ses chansons, sur un riddim dont le nom m’échappe aujourd’hui (je vous mettrais le lien, et je compte sur vos commentaires pour m’aide!). Il profite même de ce riddim pour nous interpréter un couplet de son époque Red Zone avec une partie d’America, la fameuse chanson de Little Sista et lui-même, Little Yaniss, aussi connue sous le nom de Bad Boy You (qui ne nous rajeunit pas, hélas!). Il terminera avec un rythme rapide sur cette instru. Ensuite, on a le droit au Doctor Darling riddim, avec son titre Mal au cœur, puis à Madinin’Africa, Chalawa (Generation H), Qui Est Ce Qui ?! (Savage), Cool Higher et bien évidemment La Caraïbe, la chanson qui selon moi, a permis à Yaniss Odus d’être sur le devant de la scène nationale en matière de reggae. Le chanteur martiniquais va d’ailleurs descendre de la scène à cet instant pour saluer son public avant de chanter les dernières chansons de son show.

Alors, Yaniss Odua reprend deux titres présents sur Moment Idéal pour terminer sa prestation : les chansons Rabat-Joie, Rouge Jaune Vert durant laquelle des drapeaux reprenant ces couleurs sont brandis dans toute la salle, pour poursuivre par la suite avec la base instrumentale de Ante Up de M.O.P. C’est sur ce rythme que l’artiste nous propose son célèbre J’ai La Rage. Sa partie de concert se termine en même temps que celle du groupe Artikal Band, c’est donc ensemble, que le groupe, et le chanteur, vont venir saluer l’auditoire une dernière fois, en nous remerciant d’avoir été présents et réceptifs à la qualité de leur travail.

Yaniss Odua sur la scène de l'Observatoire

Yaniss Odua sur la scène de l'Observatoire

Yaniss Odua sur la scène de l'Observatoire

Yaniss Odua sur la scène de l'Observatoire

Yaniss Odua sur la scène de l'Observatoire

Yaniss Odua sur la scène de l'Observatoire

Yaniss Odua sur la scène de l'Observatoire

Yaniss Odua sur la scène de l'Observatoire

Yaniss Odua sur la scène de l'Observatoire

Yaniss Odua sur la scène de l'Observatoire

Yaniss Odua sur la scène de l'Observatoire

Yaniss Odua sur la scène de l'Observatoire

Yaniss Odua sur la scène de l'Observatoire

Yaniss Odua sur la scène de l'Observatoire

Yaniss Odua sur la scène de l'Observatoire

Yaniss Odua sur la scène de l'Observatoire

Yaniss Odua sur la scène de l'Observatoire

Yaniss Odua sur la scène de l'Observatoire

Yaniss Odua sur la scène de l'Observatoire

Yaniss Odua sur la scène de l'Observatoire

Yaniss Odua sur la scène de l'Observatoire

Yaniss Odua sur la scène de l'Observatoire

Yaniss Odua sur la scène de l'Observatoire

Yaniss Odua sur la scène de l'Observatoire

Yaniss Odua sur la scène de l'Observatoire

Yaniss Odua sur la scène de l'Observatoire

Yaniss Odua sur la scène de l'Observatoire

Yaniss Odua sur la scène de l'Observatoire

Yaniss Odua sur la scène de l'Observatoire

Yaniss Odua sur la scène de l'Observatoire

Yaniss Odua sur la scène de l'Observatoire

Yaniss Odua sur la scène de l'Observatoire

Yaniss Odua sur la scène de l'Observatoire

Yaniss Odua sur la scène de l'Observatoire

Yaniss Odua sur la scène de l'Observatoire

Yaniss Odua sur la scène de l'Observatoire

Yaniss Odua sur la scène de l'Observatoire

Yaniss Odua sur la scène de l'Observatoire

Yaniss Odua sur la scène de l'Observatoire

Yaniss Odua sur la scène de l'Observatoire

Yaniss Odua sur la scène de l'Observatoire

Yaniss Odua sur la scène de l'Observatoire

Yaniss Odua sur la scène de l'Observatoire

Yaniss Odua sur la scène de l'Observatoire

Yaniss Odua sur la scène de l'Observatoire

Saïk, auteur d’un final explosif

Enfin, Saïk arrive sur la scène pour le plus grand plaisir du public de Cergy. Il est alors accompagné d’un nouveau groupe (dont j’ai oublié le nom, mais si jamais l’un d’entre vous est capable de m’informer à ce sujet, je suis preneuse ;). Il va bien évidemment nous interpréter des titres de son dernier album Second Souffle, mais aussi nous chanter des chansons de son répertoire ayant contribué à son ascension sur la scène musicale.

Saïk commence naturellement son show avec la toute première chanson de son album Surviv’. L’auditoire, qui semble majoritairement féminine à cet instant, accompagne le chanteur guadeloupéen sur chacune des paroles de ce titre dans lequel il est question de force, courage et d’espoir face aux évènements de la vie. Pour casser l’atmosphère douce que conférait cette introduction, Saïk reprend rapidement un des riddims connus par toute l’assemblée puis nous offre une version originale de Dancehall Evolution, malheureusement sans Admiral T ! Il nous interprète alors Préjugés, l’une des chansons que je préférais sur l’originel album Mozaik Kréyol d’Admiral T sorti en 2003. Puis, il continue sa représentation avec des morceaux assez underground. Il nous chante par exemple Obligé Nou Bun ou Tchè An Nou Ka Bat présent sur l’Axx Dem riddim.

Afin de sans cesse faire cohabiter les chansons qui lui ont permis d’acquérir la notoriété qu’il a aujourd’hui, et celles présentes sur Second Souffle, Saïk nous chante également Handzup suivi de You And Me, dont je vous recommande vivement de regarder le clip si vous ne le connaissez pas encore. C’est ensuite Je T’Emmène qui nous est offert avec en guise de conclusion un puissant "Cergy, mi luv u" de la part du chanteur. Vient alors l’instant où Saïk choisit d’enchainer avec deux de mes chansons préférées de Second Souffle : Laissé Yo Palé et Mamamia – inutile de vous décrire ma joie ! Il nous chantera également Pon Èd, Gimmie Di Wine, L’Ecole, Sexy Swaggaring, Lan’nuit kon la jouné, et bien d’autres encore…

La soirée se termine, pour moi, sur les notes de Tchenbé Nou. Je n’ai pas pu rester jusqu’à la fin de ce concert (les transports, le RER A, Cergy, tout ça… vous me comprendrez…), mais j’ai passé un excellent moment, et j’ai particulièrement apprécié cette salle dans laquelle la lumière n’était pas agressive, des enfants étaient librement au devant de la scène sans crainte pour leurs vies, et surtout dans laquelle on m’a laissé entrer tranquillement avec mon appareil photo. :)

Saïk sur la scène de l'Observatoire

Saïk sur la scène de l'Observatoire

Saïk sur la scène de l'Observatoire

Saïk sur la scène de l'Observatoire

Saïk sur la scène de l'Observatoire

Saïk sur la scène de l'Observatoire

Saïk sur la scène de l'Observatoire

Saïk sur la scène de l'Observatoire

Saïk sur la scène de l'Observatoire

Saïk sur la scène de l'Observatoire

Saïk sur la scène de l'Observatoire

Saïk sur la scène de l'Observatoire

Saïk sur la scène de l'Observatoire

Saïk sur la scène de l'Observatoire

Saïk sur la scène de l'Observatoire

Saïk sur la scène de l'Observatoire

Saïk sur la scène de l'Observatoire

Saïk sur la scène de l'Observatoire

Saïk sur la scène de l'Observatoire

Saïk sur la scène de l'Observatoire

Saïk sur la scène de l'Observatoire

Saïk sur la scène de l'Observatoire

Saïk sur la scène de l'Observatoire

Saïk sur la scène de l'Observatoire

Saïk sur la scène de l'Observatoire

Saïk sur la scène de l'Observatoire

Saïk sur la scène de l'Observatoire

Saïk sur la scène de l'Observatoire

Saïk sur la scène de l'Observatoire

Saïk sur la scène de l'Observatoire

4 réflexions sur « Natty Jean, Yaniss Odua et Saïk à Cergy »

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