Sweatpants Remix de Childish Gambino

Childish Gambino

Article rapide, car fatigue chronique. Childish Gambino nous propose aujourd’hui, via son compte Tumblr cet incroyable GIF représentant son dernier album, Because The Internet, de manière animée ! Et surtout, il nous invite à découvrir le remix de Battle Tapes de sa chanson SweatPants. Enjoy !

L’art selon Nicholas Huggins

Nicholas Huggins

Nicholas Huggins est un graphiste et illustrateur originaire de l’île de Trinidad et Tobago. Magie de l’Internet : je découvre ces œuvres, que je trouve exceptionnelles, par le biais du chanteur jamaïcain Chronixx.

Il y a déjà quelques soirs, Chronixx nous propose, via sompte Instagram, de découvrir une illustration de lui, sous la forme de la carte du continent africain. J’ai tout de suite trouvé cette image très parlante, quand on connaît le sentiment du chanteur de reggae vis-à-vis de l’Afrique. Tels sont les mots qu’il nous laisse sur ce réseau social :

I’m not sure why I have never felt the GREAT NEED to seek out my « roots » and prove my « Africaness » to the world. As early as I can remember as a youth I always felt like an African (nobody had to tell me that) and the way I dress, the language I speak and the way I live never caused me to feel any less or more than African !

I observed a lot (secretly) and asked a lot of questions but that was life..for me that’s what living really is- learning. So all the reading and observation I did growing up didn’t feel like searching to me…it felt more like I was discovering things that I was literally created to know – acquiring knowledge I was meant to have.

One thing I learn in this life is that race is just our physical identity and we shouldn’t over spend our time trying to convince everybody that our physical appearance sets us higher than the remainder of humanity. because humanity is a greater force than any one race or group. Watch this now….Supremacy, racism and division has no end once you feed life to it in your everyday life – it can go on and on and on.

So first you are BLACK and you are greater than all other race then you are AFRICAN and there is no greater continent then you are NIGERIAN and now you are better than every other african then you are from the Ibo tribe and that sets you higher than all other Nigerians then…..you are better than your own brother. Africa is I an I. However it is my duty to love and care for the whole earth and all of humanity.

Chronixx

J’ai voulu satisfaire ma curiosité, et découvrir qui avait eu l’idée de cette image. Et c’est ainsi que je découvre tout l’art de Nicholas Huggins. Je vous invite d’ailleurs à directement aller sur son site, bien que je vous partage ici, quelques-unes de ses illustrations, reprenant par exemple Nelson Mandela, Bob Marley, Childish Gambino mais aussi Bunji Garlin, grand chanteur de soca, ou encore Jean-Michel Basquiat, un artiste américain décédé bien trop tôt…

Sail Out de Jhené Aiko

Space Out Magazine

Jhené Aiko a sorti son premier EP, Sail Out, le 12 novembre dernier. Celui-ci se compose uniquement de sept morceaux, mais j’ai bien apprécié l’univers assez noir de cette jeune artiste originaire de Los Angeles. Il s’agit d’une composition dont les paroles reflètent souvent un état triste de l’artiste. Ses sentiments apparaissent comme compliqués, à l’image de ses relations sentimentales. Quoi qu’il en soit, Vince Staples, Childish Gambino, Kendrick Lamar et Ab-Soul accompagnent la chanteuse à travers ses pensées.

Sail Out en quelques mots

La première chanson de cet album est un duo de Vince Staples et Jhené Aiko intitulé The Vapors. Vince Staples, que je ne connaissais pas jusqu’alors, est un jeune chanteur originaire de Californie, comme Jhené. Il est seulement âgé de 20 ans (puisqu’il est né au mois de juillet 1993), mais cela ne l’empêche pas d’avoir d’ores-et-déjà conquis le cœur de plus d’un aux Etats-Unis. Vince Staples est notamment connu pour ses collaborations avec Mac Miller et Odd Future par exemple sur des projets plutôt ancrés dans le genre hip-hop. Dans cette chanson, Jhené Aiko parle de l’homme qu’elle aime. Elle déclare essayer de l’oublier, en vain, dès les premières secondes de ce morceau le ton est donné : "You’ve been on my mind, I’ve been trying to let it go". Tous ces sentiments que la personne dont elle parle lui font ressentir lui semblent si bons, qu’elle voudrait donner une nouvelle chance à leur relation. Elle ne connaît aucun moyen de se sentir mieux… Vince Staples pose sa voix dans le troisième couplet, en intensifiant l’impression que leur relation est malsaine. Beaucoup de jeux de mots dans cette chanson sont écrits dans le but de comparer toute cette histoire avec le sentiment de liberté que le personnage joué par Jhené Aiko ressent en fumant de l’herbe.

C’est ensuite avec le remix Bed Peace chanté en compagnie de Childish Gambino que Jhené Aiko poursuit la tracklist de son album. Je vous avais déjà un peu parlé de Bed Peace de Jhené Aiko et Childish Gambino dans un précédent article. Ce morceau sorti au mois de septembre dernier et le résultat d’une première collaboration des deux artistes. Ils ont à nouveau collaboré sur Pink Toes, la 17ème chanson du nouvel album de Childish Gambino Because The Internet. Cette chanson me met instantanément de bonne humeur, et je dirais que c’est aussi la chanson la plus positive de cet album. C’est surtout ce refrain "What I am trying to say is, That love is ours to make so we should make it, Everything else can wait, The time is ours to take so we should take it" que j’adore par dessus tout. Les deux protagonistes ici ne sont pas nécessairement en couple, plutôt dans une relation sans label dans laquelle chacun profite autant que
possible de l’autre.

Stay Ready arrive en troisième position sur Sail Out. Cette chanson, interprétée par Jhené Aiko et Kendrick Lamar possède un tempo plus lent, bien moins propice à la rigolade. On retrouve un peu dans cette chanson l’idée que la vie est courte, et qu’il faut vivre le moment présent. Pour elle et l’homme avec lequel elle partage actuellement ses nuits, il n’existe pas de meilleur timing que le moment présent pour laisser éclore cette relation. Demain est un autre jour, hier n’existe pas, seul aujourd’hui compte. Cette pensée, ce prétexte presque, j’en sais quelque chose, est une façon peut-être de se déculpabiliser des conséquences à venir de leurs actes présents. Kendrick Lamar, que j’ai appris à connaître grâce à une de mes anciennes collègues l’an dernier avec son album Good Kid, M.A.A.D City (faudrait vraiment que je prenne le temps d’écrire sur cet album), promet à sa partenaire qu’il lui restera fidèle tant que leur amour ne changera pas et qu’elle restera aussi douce avec lui. La deuxième partie de cette chanson, What A Life contraste un peu avec ses premiers messages délivrés. On al’impression que la relation dont parle la chanteuse n’est pas aussi idyllique qu’elle apparaît au préalable, ils ont des emplois du temps serrés, leur relation est peut-être en effet destinée à vivre que dans le présent. Elle évoque aussi l’idée que l’on récolte uniquement ce que l’on a semé.

Dans la chanson suivante, WTH, on a le sentiment que la chanteuse se trouve constamment dans les mêmes situations qui ne lui procurent pas de bonheur, malheureusement. Elle a l’impression de ne servir à rien, de ne pas avancer dans sa vie : "Good for nothing, Feels like something ain’t right". La personne qu’elle décrit semble vraiment perdue et dans une mauvaise passe. Ab-Soul, connu par exemple pour ses chansons A Day In The Life ou Illuminate, chante le dernier couplet de WTH.Les deux chanteurs apparaissent dans leur état le plus naturel, presque sauvage je dirais, ils sont en train de planer sous les effets de drogues douces telles que l’herbe ou d’alcools en tout genres. Ils sont pourtant conscients de leur état, n’ont peut-être même pas envie d’en sortir, comme pour oublier ce que la vie leur apporte de négatif.

The Worst est probablement ma chanson préférée sur cet album. Dans ce morceau, Jhené Aiko est une femme blessée par les agissements de son partenaire, son petit-ami/amant/ex-copain ?, elle lui demande d’agir en homme. Si celui-ci n’est pas capable de l’aimer, il n’a à pas prétendre de le faire en dépit des apparences. Il agit comme quelqu’un qui n’arrive pas à rompre les engagements qu’il a pris envers elle. Jhené aurait préféré qu’il ne fasse jamais parti de sa vie, au vu de son peu de considération envers elle. Elle s’en veut de lui avoir autant laissé d’emprise sur elle : elle n’aurait pas dû lui accorder sa confiance. Elle lui déclare : "And don’t take it personal, But you’re the worst, You know what you’ve done to me, And although it hurts I know, I just can’t keep running away". Elle essaie de se convaincre qu’elle n’a pas besoin de lui, malgré l’envie qu’elle a d’être avec lui. Et elle voudrait ne plus rien ressentir, mais elle l’aime malgré tout.

Je vous en avais parlé dans un article précédent, 3:16 AM est un titre de la chanteuse américaine sorti il y a déjà plus d’un an. J’aime assez les explications données par Jhené Aiko en personne concernant les paroles suivantes : "I do not feel the fear of falling, Thought I could fly, It didn’t go well but oh well, What do you know". Elle nous propose trois interprétations différentes. La première est la suivante : Jhené n’est ni effrayée par le fait de planer complètement, ni par le fait de tomber amoureuse. Elle paraît ici comme totalement prête à sauter, à se lancer. L’interprétation suivante serait plus noire. La chanteuse pensait qu’elle se sentirait aussi bien pendant un long moment vis-à-vis de la drogue ou de l’amour qu’elle ressent, malheureusement, elle a sauté d’un immeuble en pensant qu’elle pourrait voler… La troisième et dernière manière de voir les choses nous amènerait à penser que Jhené Aiko expérimente les retombées suite à sa consommation de drogue ou son amour pour l’homme qu’elle aime. Elle est tombée bien bas, elle ne pouvait pas voler, ce qui laisse supposer que les conséquences quelles qu’elles soient sont mauvaises.

Enfin, la dernière chanson de Sail Out est Comfort Inn Ending. Celle-ci est sortie il y a environ quatre mois sur le profil SoundCloud de la chanteuse. Jhené Aiko y parle de ses relations passées, notamment d’une en particulier. L’homme, qu’elle a aimé dès le premier regard, lui a brisé le cœur, en étant complètement faux avec elle. Elle nous recommande de faire attention à toutes ces personnes mal-attentionnées, de ne pas leur accorder notre confiance, d’apprendre de nos erreurs. Cette chanson possède un rythme marqué par une voix puissante de l’artiste et d’un instrument dominante à mon sens, le clavier qui accompagne Jhené Aiko. J’aime beaucoup cette chanson, dans laquelle la chanteuse nous informe que ce genre d’histoires malsaines peuvent arriver à n’importe qui.

Sail Out est définitivement un album dans lequel Jhené Aiko nous parle avant tout d’amour et de relations compliquées. Ces dernières apparaissent parfois comme logiques, mais sont malheureusement souvent causes de tristesse et de désespoir. Cet EP de l’artiste est précurseur au futur album de la chanteuse, qui devrait sortir courant 2014 et s’intituler Souled Out. J’ai plutôt hâte de voir ce que ça donnera !



TRACKLIST :
01 – The Vapors featuring Vince Staples
02 – Bed Peace featuring Childish Gambino
03 – Stay Ready (What A Life) featuring Kendrick Lamar
04 – WTH featuring Ab-Soul
05 – The Worst
06 – 3:16 AM
07 – Comfort Inn Ending

Because The Internet de Childish Gambino

Childish Gambino

Le 6 décembre dernier sortait le deuxième album studio de Childish Gambino chez Glassnote Records. Quatre jours plus tard, le monde entier pouvait enfin accéder à Because The Internet, un nouvel opus réunissant également Chance the Rapper, Jhené Aiko et Azealia Banks. Childish Gambino décide d’intituler ce nouvel album Because The Internet car pour lui, c’est grâce à Internet qu’il a la carrière qu’il a. Internet l’a construit, et sans Internet, il n’en serait pas où il en est aujourd’hui. Dans notre société actuelle, Internet représente tout, et tout le monde peut exister grâce à Internet.

Mais Because The Internet est avant toute chose une histoire que nous raconte Donald Glover. Et pour réellement comprendre le contexte des chansons écrites par l’artiste, celui-ci nous propose de lire le script écrit pour cet album, via son compte Twitter, à l’adresse suivante : becausetheinter.net. Cet album est une sorte d’expérience littéraire, qui donne une portée d’autant plus importante aux chansons présentes dessus. Ça a été assez difficile pour moi d’écrire sur BTI d’ailleurs, mais j’espère que vous aurez un rapide aperçu du contexte de chacun des titres grâce à cet article.

Chapitre I

Because The Internet se déroule en plusieurs actes. Dans un premier temps, Childish Gambino nous décrit le personnage principal de cette histoire en nous ramenant dans un épisode de son enfance. Le jeune garçon, le "héros" de Because The Internet, apparaît comme un être assez solitaire, presque replié sur lui-même, puisqu’il n’a apparemment aucun ami de son âge. Il ne semble pas aussi joyeux et turbulent que les autres enfants. Sa mère est sans doute morte, d’elle, on n’a que l’image de cette photo assez vieille berçant un bébé dans ses bras. Son père – qui n’est autre que Rick Ross – gagne très bien sa vie (Rick Ross, quoi!), mais est complètement incapable d’avoir un véritable lien avec son fils. Ils habitent dans une résidence qui possède une piscine et de grandes pièces apparemment confortables. Du mobilier, on connaît l’existence d’une statue Buddha. Le garçon a pour habitude de se réfugier sur Internet, il y passe son temps à regarder des vidéos sans intérêt et a commenté les dernières actualités musicales : ce qui semble être son seul plaisir. Tous ces petits détails nous dressent un premier portrait du jeune homme, qui dans les chapitres suivants, est adulte.

I. Crawl

C’est donc dans ce contexte que commence la première chanson de cet album. Crawl, se déroule quinze ans après The Library. On découvre à nouveau la chambre du garçon, dans un désordre ordonné : celui de quelqu’un qui passe la plupart de son temps sur son ordinateur. Accompagné de son ami Fam, le garçon passe chercher leurs potes Swank, Steve, Marcus et AJ. Ensemble, ils se dirigent vers Dockweiler Beach, une grande plage située dans l’état de Californie aux Etats-Unis, pour y surfer. Ils y rencontrent une fille du nom de Sasha, et l’invitent à une fête qu’ils organisent le soir même chez le garçon.

Ce premier titre, Crawl, nous propose un refrain chanté par Kai, une artiste originaire de Toronto au Canada : "Where we were, Kinda thing, Betcha crawl, All alone". En termes de sonorités, cette chanson possède une bonne basse, avec un refrain qui semble tourner en boucle sur un rythme qui varie quelque peu, mais dans lequel on distingue plusieurs voix et instruments, de la guitare et parfois même du violon – j’adore. Childish Gambino commence son premier couplet avec cette question très simple à première vue, Who am I ?, mais qui finalement se révèle plus ou moins existentielle si on prend réellement la peine d’écouter entièrement l’album. Sur Internet, on peut être n’importe qui, se cacher derrière des pseudonymes en tout genre, s’inventer une popularité… Mais le chanteur tient à nous préciser ici qu’il reste vrai en toute situation, qu’il tente sans cesse de nous décrire ce qu’il ressent : "And I said what I felt, no re-write".

II. WORLDSTAR

L’histoire se poursuit à l’intérieur de la voiture du garçon. Fam doit passer au club de la ville. Lui et le garçon passent saluer une de leurs connaissances à la boîte, et juste avant de partir, alors que garçon croise pour la première fois l’expression roscoe’s wetsuit, il assiste en direct et aux premières loges à une dispute qui finit mal. Un premier homme est tué par balles, avant que les policiers ne se chargent à leur tour d’abattre le meurtrier. Le garçon a enregistré la scène sur son portable sans vraiment le vouloir et se repasse continuellement cette vidéo. Fam et lui passent ensuite dans un club de jazz avant de rentrer à la résidence avec des gobelets bleus, de l’alcool, des gummy bears et quelques autres accompagnements.

Dans la deuxième chanson de l’album, WORLDSTAR, on entend ces bruits de tirs, rappelant la fusillade dans laquelle se trouve le garçon. Childish Gambino déclare ici : "Let me flash on’ em, We all Big Brother". L’avancée des technologies a complètement modifié nos habitudes et nos comportements. Désormais, le gouvernement n’a presque plus besoin de nous surveiller : nous le faisons nous-mêmes. Nous prenons des vidéos et des photos de notre vie quotidienne que nous mettons en ligne instantanément via des réseaux sociaux tels que Facebook, Twitter et YouTube pour ne citer qu’eux. Nous avons tous envie d’être quelque part des stars, et nous rions parfois même des peines et malheurs des autres, comme nous le prouve cette phrase récitée par Steve en riant, qui décrit pourtant le mal qu’a subit un jeune garçon : "This shit’s hilarious, man. It’s like this kid, man, he got like, he got like hit on the side of the head…". WORLDSTAR fait aussi référence au site worldstarhiphop.com. La chanson se termine sur un presque solo de saxophone.

Chapitre II

En guise d’introduction, Dial Up est un court interlude, rappelant un peu le bruit que faisaient les modems pour se connecter à un Internet, une version améliorée, bien plus agréable à entendre cela dit. Le garçon apparaît couché sur son lit, et des araignées glissent sur de l’étoffe située non loin de lui.

I. The Worst Guys

Plus tard dans la soirée, la fête a bien lieu dans la résidence du garçon. Les gens boivent, fument, rient, discutent. La maison semble envahie, tout le monde se détend. Certains s’embrassent, d’autres jouent au billard, la musique bat son plein. Le garçon tombe sur Sasha, la fille de la plage, et son amie. Elles ont l’air d’avoir pris de la drogue, ou d’être complètement soûles : elles passent leur temps à rire, euphoriques. Elles entraînent le garçon dans une chambre, lui posent des questions, avant que Sasha et le garçon commence à flirter ensemble. Alors qu’ils étaient sur le point de concrétiser les choses, le garçon se sent pris par des sentiments mixtes. Ils ne continuent pas leurs ébats. Le garçon entre dans la salle de bain et ferme la porte à clé.

C’est avec la collaboration de Chance the Rapper que Childish Gambino a travaillé sur la chanson The Worst Guys. Ce jeune chanteur originaire de la ville de Chicago sera surtout présent pendant le refrain de cette chanson : "All she needed was some…". La femme dont il parle a clairement besoin de quelque chose, mais impossible pour le chanteur de savoir exactement de quoi il s’agit. Le simple fait que cette demi phrase soit répétée sans jamais trouver une réelle conclusion prouvent que nos deux chanteurs n’auront jamais réussi à trouver de quoi avaient besoin leurs partenaires. C’est en ça, qu’ils sont probablement the worst guys. Aussi, dans le dernier couplet de ce titre, Childish Gambino fait référence à l’histoire du garçon avec Sasha et son amie : "Cause I’m nervous as fuck and could not get it up, I-I-I-I-I need a minute, cold water to the face, I-I-I couldn’t finish".

II. Shadows

Dans la scène suivante, on retrouve le garçon assis sur le sol, la tête entre ses mains, dans sa salle de bain. Une de ses ex, Vanessa, arrive à ce moment là. Elle essaie d’encourager le garçon à sortir de cette pièce. Après de nombreuses contestations, elle réussit à le traîner dehors. Des personnes partagent leurs avis sur différentes choses, il semble y avoir une atmosphère agréable au-dehors. Vanessa et le garçon marchent ensemble, main dans la main. Elle tente de lui parler de leur relation, qui semble connaître son lot de hauts et de bas. Le garçon ne semble pas réceptif à son approche, et lui dit honnêtement (trop durement?) qu’il pense que toute cette histoire est une perte de temps. Il pense qu’elle ne l’aime pas pour ce qu’il est, ce qu’elle trouve injuste et qui est faux à son sens. Vanessa laisse le garçon seul, l’histoire nous dit qu’ils ne se reverront jamais. Des loups, parlant de musique urbaine, arrivent. Ils mettent en lambeaux le garçon, le sang coule à flot… Puis on retrouve le garçon dans la salle de bain. Etait-ce un épisode entièrement rêvé ? Qu’est-ce-qui s’est réellement passé ? Quand il ouvre la porte de la salle de bain, Sasha et son amie sont parties. La maison est dans un sale état, les gens sont tous partis, mais pas ses amis. Le garçon leur propose alors une sortie en voiture.

Dans un genre soul presque jazzy, Shadows est joué tout au long de cet épisode. De cette chanson, j’aime le moment où le tempo se fait plus lent, durant lequel Childish Gambino déclare : "I hope you understand, We were never friends, And I hope you understand now, But I miss them". Lui et la fille dont il parle n’ont jamais été réellement amis. Ils ont été ensemble, ont été plus que des amis, sans avoir réellement partagé une solide amitié. La relation qu’ils avaient quand ils étaient ensemble manque au chanteur, mais il n’a aucunement besoin que son amante d’un temps ne fasse partie de sa vie en tant qu’amie, puisqu’ils n’ont jamais véritablement eu ce genre de relation avant qu’ils ne commencent à se voir.

III. Telegraph Ave. ("Oackland" by Lloyd)

Swank, Steve et Fam sont endormis dans la voiture. Le garçon envoie un message à une certaine Nyla, lui disant qu’il arrive. Malgré le fait que cette dernière lui demande de ne pas venir, il se dirige chez elle. Dans la voiture, la chanson Oackland de Lloyd passe à la radio. Le garçon roule à grande vitesse. Ils traversent une autoroute vide, des champs, des collines, des prés remplis de vaches… Sur un panneau d’affichage blanc, le garçon aperçoit à nouveau l’expression roscoe’s wetsuit, écrite en grands caractères. La petite troupe s’arrête manger dans un fast-food avant que le garçon ne se rende chez Nyla. Mais celle-ci ne l’accueille pas bras ouverts. De leur discussion, on comprend qu’elle est arrivée à un stade de non-retour avec le garçon. Ils ont probablement eu une relation tumultueuse, bien qu’ils aient été heureux un moment puisqu’ils avaient prévu d’avoir un enfant ensemble. Ce soir-là, le garçon avait envie d’être avec quelqu’un qui le connaît vraiment. Malheureusement pour lui, ce quelqu’un ne sera pas Nyla.

Telegraph Ave. fait clairement référence à la rue Telegraph Avenue à Oackland en Californie. Cette chanson est probablement une de mes préférées sur BTI. Dans ce titre Childish Gambino essaie de dire à sa manière les choses qu’il ressent pour la fille qu’il aime. Si on fait un parallèle avec le script écrit pour l’album, le garçon arrive chez Nyla, complètement désemparé et voudrait qu’elle l’accepte encore dans sa vie. Childish Gambino considère cette personne dont il parle comme la seule faisant encore battre son cœur. Il ne sait pas ce qu’il doit faire, surtout si elle ne partage plus ses sentiments, et donc agit souvent de manière stupide. Elle seule a la réponse à ses questions. La chanson se termine sans que l’on sache ce que décide cette femme pour laquelle il a des sentiments. La chanson, hors-contexte, nous laisse espérer que l’artiste aura su reconquérir celle qu’il aime. Le script, en revanche, nous donne clairement un not so happy ending.

IV. Sweatpants

Plus tard dans la nuit, les gars s’arrêtent à nouveau pour manger. Le garçon réalise que cette nuit est semblable à toutes les nuits qu’ils passent ensemble. Il a l’impression de ne pas avancer dans sa vie, un sentiment pas partagé par ses amis. Le garçon aperçoit un enfant écrire sur le mur qui leur fait face roscoe’s wetsuit. Il tente de savoir ce que cela signifie, en vain. Les quatre amis reprennent la route et se dirigent devant un hôtel. En face d’eux se déroule un mariage, où plusieurs personnes d’origine indienne semblent gaies et fêtardes. Ils décident de s’y incruster. Les mariés partagent une danse langoureuse, alors que les jeunes hommes se questionnent à propos du mariage. Fam considère le concept du mariage comme ridicule. Personne ne peut aimer « pour toujours » à ses yeux. Il pense qu’il s’agit juste d’un objectif à atteindre, et que tout le monde est content d’atteindre ses objectifs. Le garçon s’entretient alors avec un homme indien âgé. Il lui explique qu’il ne croit pas aux mariages, l’homme lui donne alors sa version d’un mariage satisfaisant : malgré ses instants de doute, il ne regrette pas de s’être marié, d’être devenu responsable et d’avoir une relation mature et stable avec sa femme. Un homme habillé en costard prononce un discours à l’intention des mariés.

Dans une interview, Childish Gambino déclare que le titre de cette chanson, Sweatpants, signifie que les personnes riches peuvent porter absolument tout ce qu’elles veulent, sans crainte d’être jugées. L’apparence vestimentaire des gens fortunés a peu d’importance aux yeux du monde entier, si on en croit le chanteur. Tout au long des paroles de Sweatpants, il est question d’argent et de réussite. Childish Gambino apparaît comme conscient de sa popularité et de son influence.

V. 3005

Des petites créatures mesurant à peine un mètre parcourent ensuite la salle de mariage avec des banderoles "HAPPY MARRIAGE". Elles dansent, certaines tiennent un cierge allumé. Tout cela semble magique pendant un court instant, puis quelque chose gêne le garçon très rapidement. Les créatures ont un sourire forcé sur leurs visages. Tout le monde sourit et applaudit, presque sous la contrainte, de peur de contrarier les créatures. La musique s’arrête et les créatures retournent dans la cuisine.

3005 est sorti en tant que premier single officiel de Because The Internet le 22 octobre 2013. Cette chanson possède des sonorités propre au hip-hop sous diverses mesures. J’ai tout simplement adoré ce premier morceau de cet album. L’artiste nous chante "No matter what you say or what you do, When I’m alone, I’d rather be with you, Fuck these other niggas, I’ll be right by your side ’til 3005, Hol’up !" dans son refrain. Quoi que fasse la fille dont il parle, il se préfère à ses côtés que sans elle. Il sera à ses côtés jusqu’en 3005, jusqu’à sa mort donc. Dans une interview de Childish Gambino, le chanteur américain nous explique que la portée de ce refrain est finalement assez existentielle : dans notre vie, nous avons tous envie de quelque chose. Pour l’artiste, 3005 reflète son désir de ne pas être seul, son envie d’avoir toujours quelqu’un pour partager avec lui des instants de sa vie. A la fin de cette chanson, comme à la fin de cette scène du script, on entend la voix d’une des créatures disant "We did it!".

Chapitre III

Playing Around Before The Party Starts annonce le début d’un nouveau chapitre de Because The Internet. Le garçon, de retour chez lui, s’assoit près de son piano, et joue un morceau pendant un instant. Steve et Swank parlent à leurs prétendantes dans la cuisine, on les entend au loin. Cet interlude possède naturellement le son d’un piano.

I. The Party

Les minutes passent, le garçon continue de jouer alors que les gens s’entassent autour de lui, par curiosité. Les gens ont l’air de passer un bon moment. Quand soudainement, le garçon, se sentant oppressé, demande à tout le monde de le laisser seul. Comme fou, il arrête la musique, pour qu’enfin on l’entende, balance des choses à terre, entre dans une colère noire… Une fille du nom de Naomi le regarde, presque interloquée, récupère son téléphone, et part. Il lance à nouveau un "Sortez de chez moi !" sonore et tout le monde s’exécute. Il prend une bouteille de Sriracha – ndlr, sauce tomate épicée américaine – et inscrit sur le billard roscoe’s wetsuit.

La chanson accompagnant cette scène, The Party, commence lentement, avec une voix assez aigüe et douce de l’artiste, avant que celui-ci se mette réellement à rapper. Cette chanson, qui dure près d’une minute et trente secondes, nous décrit des pensées profondes de l’artiste telles que son sentiment de ne pas connaître les personnes qui finissent chez lui lors d’une fête. The Party se termine sur ces mots "Get the fuck out of my house !", à l’image de ce que souhaite le garçon présent dans le script.

II. No Exit

Le garçon se pose un court instant sur son lit, contemple les araignées. En silence. Puis, il se lève, prend sa voiture, et conduit sans trop savoir où il va. Il se gare au beau milieu d’une zone industrielle de Los Angeles. Assis sur le capot de sa voiture, ils regardent les voitures défiler. Il retrouve la fameuse expression roscoe’s wetsuit sur le toit d’un immeuble. Le garçon n’a toujours aucune idée de ce que cela signifie, mais il a la conviction qu’il s’agit de plus qu’un phénomène. Qu’il est en présence de quelque chose de sérieux, dont la dimension est incommensurable. Après avoir mangé un hamburger, le garçon rentre chez lui. Il ferme les portes une à une, et éteint les lumières. Il s’assoit en face de la statue Buddha, puis se verse un verre de Pellegrino dans lequel il ajoute de l’herbe pré-moulinée. Couché, il commence à se poser des questions existentielles, quand soudain le rythme de ses pensées ralentit…

No Exit possède un rythme assez original. La portée de ce titre, produit par Ludwig Göransson et Childish Gambino, s’amplifie à travers la guitare métallique, et ces sonorités spécifiques données par le clavier synthétiseur. La chanson apporte une vue déformée de la réalité, tout comme celle que le garçon a de sa propre vie à ce moment de l’histoire.

Chapitre IV

Death By Numbers apparaît comme le seul interlude sans réelle explication ici. On y entend les seules paroles suivantes chantées par Childish Gambino : "Slide baby, I’m gonna let it go, No one has to know so let it…".

I. Flight Of The Navigator

Le garçon se réveille, les yeux endoloris, habillé d’une robe de chambre. A la télé, la sitcom « Golden Girls » – la série Les Craquantes en français – joue. Le garçon se rend compte d’à quel point les rires "fantômes" présents dans les sitcoms lui ont toujours donné un sentiment de malaise. Une infirmière entre dans sa chambre. Elle tente de lui expliquer ce qu’il s’est passé avant son arrivée à l’hôpital : "Vos amis vous ont emmené…". Le garçon l’interrompt immédiatement. Ce ne sont pas ses amis, juste des gars qui préfèrent qu’il reste en vie car leurs vies sont plus simples s’il en fait partie. L’infirmière lui suggère alors de consulter un spécialiste à qui il pourrait se confier. Un peu plus tard dans la journée, alors que le garçon traverse la salle d’attente, il tombe sur Steve, Swank et Fam. Swank annonce au garçon la mort de son père.

Parmi mon top 3 personnel de cet album, il y a cette chanson, Flight Of The Navigator. On comprend avec les paroles de celle-ci que Childish Gambino, Donald Glover lui-même, rêve qu’une des relations sentimentales qu’il a vécu dans le passé ne se soit pas terminée. Il fait le rêve qu’il est toujours avec la personne qu’il aime, aussi heureux que possible, sans que jamais rien ne vienne perturber ce moment. Que cette vie-là puisse continuer toujours. On retrouve souvent le champ lexical de la mort dans cette chanson, comme si l’artiste fait le deuil de cette relation sentimentale et amoureuse. Encore une fois, il nous indique ici qu’il aimerait ne pas être seul, qu’il voudrait se sentir aimé : "Just hold me close my darling…".

II. Zealots Of Stockholm [Free Information]

La scène suivante a lieu dans un avion. Le garçon à la tête posée sur un hublot, laissant avec ses cheveux de la graisse sur la vitre. Son père est mort à Stockholm. Un membre de la famille devait être présent, une chose qui semble assez ironique au garçon, puisqu’il n’avait pas l’impression de faire partie de la famille de son père. Ils n’avaient pas beaucoup de contact. Dans le but de ne pas être complètement seul à Stockholm, le garçon cherche quelqu’un originaire de Suède parmi ses followers sur Twitter. Il trouve une fille, pas trop moche, et l’aborde prétextant l’avoir rencontré à une soirée à laquelle elle a participé (il apprendra plus tard que son prénom est Alyssa). Arrivé à Stockholm, il a rendez-vous dans un bureau. Un homme lui remet alors "son père" dans une urne, celui-ci s’est fait incinéré. Plus tard dans la journée, il retrouvera Alyssa dans les rues de la capitale suédoise. Ils parlent du décès du père du garçon entre autres, évoquent les relations qu’ils ont eu, et se rendent à l’hôtel du garçon.

Dans un genre assez différent, Zealots Of Stockholm traite de la vie et de la mort. Cette phrase présente dans l’introduction de cette chanson, "We used to be unspoken, Now everything is broken", nous rappelle à quel point la mort peut surgir n’importe quand. Souvent, ce n’est qu’après la mort d’une personne qu’on se rend compte que les gens avec lesquels on entretient des relations conflictuelles peuvent partir d’un instant à l’autre. De nos jours, la vie elle-même n’a presque plus de valeur tant elle peut être ôtée rapidement, à cause de la violence gratuite dans notre société. La mort peut parfois surgir même en raison de choses banales : un vol qui a mal tourné, un regard de travers, un écart de conduite sur la route… Un excès de violence apparaît dans notre vie quotidienne. Il y a réellement deux décors musicaux bien distincts dans cette chanson, Kilo Kish y apporte un peu de fraîcheur nous questionnant sur la véracité de ce que l’on peut trouver sur Internet.

III. Urn

Le garçon, qui avait laissé Alyssa seule dans la pièce principale, se rend compte qu’elle s’est levée avec l’urne de son père à la main. Elle lui conseille de se débarrasser des cendres. Là, le garçon s’énerve : il ne comprend pas à quel point elle peut être aussi permissive sur quelque chose qui ne lui appartient pas. Alyssa lui raconte alors la mort de sa sœur jumelle, comme pour le convaincre qu’il s’agit de la meilleure chose à faire. Et ça marche. Le garçon s’adresse un instant à l’urne, puis verse les cendres de son père, le laissant partir pour toujours. De retour à Los Angeles, Fam, le garçon ainsi qu’une femme se retrouvent dans un restaurant végétalien. Celle-ci indique au garçon que son amie ne devrait plus tarder, c’est un double-date. Son amie n’est autre que Naomi, la fille de la fête. Après un début plutôt chancelant, Naomi et le garçon commencent à s’apprécier mutuellement.

Urn est une courte chanson où Childish Gambino est un chanteur à la voix douce presque berçante. L’artiste déclare lui même qu’il s’agit de sa chanson préférée de l’album. Il tient à faire passer un message à tout ceux qui écoute sa musique : il n’est pas effrayé par les sentiments qu’il ressent, il n’a pas peur d’extérioriser ce à quoi il pense, d’où sûrement les messages qu’il a posté sur Instagram. Et malgré tout, c’est dur de devoir laisser partir une partie de soi. Je pense que Donald Glover fait ici un parallèle avec sa vie d’acteur qu’il décide de mettre en standby pour les besoins de ses projets musicaux. Pour le garçon, c’est bien évidemment difficile de jeter les cendres de son père.

Chapitre V

Ici, Naomi et le garçon tombent un peu amoureux. Ce n’est pas un amour parfait, ni même un amour romantique. Ils sont juste deux personnes qui se comprennent, ils sont quelque chose d’indescriptible tant les mots ne rendent pas justice à la nature de leur relation. C’est une réelle connexion, ce que tout le monde recherche dans une vie. Naomi et le garçon sortent souvent ensemble. Ils passent leurs nuits ensemble, font même le petit-déjeûner ensemble certains matins. Ils partagent leurs vies, ce qu’ils aiment, se montrent intéressés par l’autre. C’est le meilleur des sentiments que l’on puisse connaître nous explique l’écrivain. Le temps poursuit son cours…
Depuis la mort de son père, le garçon, ne sachant pas combien d’argent il lui reste, commence à vendre de l’herbe. Il construit une pépinière à l’intérieur de sa résidence principale. Il commence même à louer un autre appartement pour y dormir et y vivre, afin de garder le business et sa vie personnelle séparés. Le garçon n’était pas ce que l’on peut appeler un bon dealer, comme Naomi le lui avait prédit. Ses interactions sociales étaient hésitantes, mais il arrivait plus ou moins à s’en sortir. Seulement voilà… Un jour, alors que le garçon est avec Naomi dans la maison qu’il loue, il reçoit un message. Il doit s’occuper d’une affaire importante, une dont il préfère s’occuper seul, malgré les recommandations de Naomi. Arrivé à la résidence, il se rend rapidement compte que quelque chose est anormal : quatre gars armés sont debout à l’attendre devant la maison.

Jhené Aiko rejoint Childish Gambino pour interpréter Pink Toes, une chanson possédant un ton plus gai que la précédente. Ici, on entend parfois des oiseaux qui viennent s’ajouter aux arcs-en-ciel et au soleil présents dans les paroles de ce titre. Cette chanson, dont le contenu est le plus coloré et positif de tout Because The Internet, est le reflet de l’amour qu’il y a entre Naomi et le garçon dont le script. Il accompagne l’illusion d’un sentiment sans faille, que rien ne viendra jamais perturbé, un peu comme le rêve de Childish Gambino décrit dans Flight Of The Navigator. Pour ma part, j’aime assez ce deuxième duo des deux chanteurs, même si je préfère toujours leur chanson sortie au cours du mois de septembre dernier le remix de Bed Peace.

Chapitre VI

Le garçon entre dans sa propre résidence accompagné des hommes armés. Celui-ci s’assoit dans le salon, presque sous la menace. On lui prend son téléphone. Le garçon ressent alors une sensation étrange : aujourd’hui ne ressemblait pas au jour de sa mort. Bien sûr, il ne se fait aucune illusion sur ce qui va lui arriver avant la fin de la journée, il est plutôt sûr qu’il va y passer, mais, aujourd’hui ne ressemblait pas à sa vision de son dernier jour sur Terre. Mais il est vrai que si nous connaissions le jour de notre mort, alors nous ne vivrions pas de la même manière… Quitte à devoir mourir, le garçon a une dernière requête qu’il formule à l’un de ses interlocuteurs : peut-il se noyer ? S’il avait le choix de sa mort, le garçon préférerait finir sa vie dans sa piscine. L’homme semble abasourdi par sa question. Il lui explique que cela fait longtemps qu’il observe le garçon : c’est là que le garçon comprend que cet homme en question est un policier. Ce dernier pense que son équipe est bien informée de ce qu’il se passe dans la résidence, et que le garçon fera donc de la prison. Le garçon jette un œil à la piscine. Il y voit son corps sans vie, des feuilles flottant autour de lui, et Naomi et Steve situés non loin de la piscine. Telle est la mort qu’il s’était imaginé. Un bruit strident le sort de sa rêverie. Les choses s’emballent, le policier est assassiné. Puis, un homme se tourne vers le garçon et tire sur lui. Silence.

La chanson qui accompagne la dernière partie de la vie du garçon, Earth : the Oldest Computer, est chantée en duo par Azealia Banks et Childish Gambino. Donald Glover exprime ici son envie de vivre aussi longtemps que possible, aussi intensément que possible, car après tout, notre dernière nuit, ne ressemble en rien en notre dernière nuit. C’est un peu comme un Carpe Diem musical.

Fin de l’histoire

La morale que l’on pourrait tirer de Because The Internet est la suivante : "Your last day never feels like your last day." (Votre dernier jour ne ressemble pas à votre dernier jour). Une dimension qui intensifie le message d’Earth : the Oldest Computer dans laquelle le chanteur nous déclare déjà que la vie, bien que l’on voudrait qu’elle dure pour toujours, est éphémère. Life : the Biggest Troll accentue l’idée que la vie est un cycle infini. Internet a changé la façon dont nous interagissons avec les autres. On aura jamais autant fait partie de la vie d’autrui, en étant pourtant seul devant son écran.



TRACKLIST :
01 – The Library
02 – I. Crawl
03 – II. WORLDSTAR
04 – Dial Up
05 – I. The Worst Guys featuring Chance the Rapper
06 – II. Shadows
07 – III. Telegraph Ave. ("Oakland" by Lloyd)
08 – IV. Sweatpants
09 – V. 3005
10 – Playing Around Before the Party Starts
11 – I. The Party
12 – II. No Exit
13 – Death By Numbers
14 – I. Flight Of The Navigator
15 – II. Zealots Of Stockholm [Free Information]
16 – III. Urn
17 – Pink Toes featuring Jhené Aiko
18 – Earth : the Oldest Computer (The Last Night) featuring Azealia Banks
19 – Life : the Biggest Troll

Bed Peace de Jhené Aiko et Childish Gambino

Milli Moto

Sachez-le, je suis assez contente de moi sur ce coup là ! Je l’ai senti arriver cette collaboration entre ces deux chanteurs que j’adore. Je vous ai déjà longuement parlé de Childish Gambino, mon plus gros coup de cœur musical de la fin de l’année 2011.

En revanche, je me dois de vous présenter Jhené Aiko. Depuis, quelques mois, cette chanteuse – qui a le même âge que moi – fait partie de mes playlists au même titre que Nneka, Lianne La Havas, Selah Sue, Swé, et j’en passe. (Je vous parlerai très vite de ces dernières, promis.)

Jhené Aiko, aussi parfois simplement appelé Jhené, est une chanteuse originaire des Etats-Unis. Elle est à la fois auteure et compositrice. Sa carrière musicale débute alors qu’elle est âgée de 14 ans. Elle est connue pour avoir chanté, à cette époque, avec les membres des B2K, un groupe de R&B américain, qui fit un carton aux débuts des années 2000. Plus récemment, j’ai appris à la connaître à travers de ses différentes chansons dont notamment Mirrors et 3:16am.

Mirrors est la première chanson que j’ai entendue de Jhené Aiko. Je l’ai découverte complètement par hasard, un soir de blues, seule dans mon appartement. Et j’ai tout de suite adoré l’univers de cette artiste. Jhené donne l’impression d’être pleinement consciente de ce qu’elle est réellement à savoir, une personne parfois complètement perdue face aux évènements de la vie, mais qui pourtant, essaie d’être le meilleur d’elle-même et se donne les moyens d’y arriver. J’adore cette double personnalité presque, qui la rend si humaine finalement : "But then the night takes over, And there is no one else around, You’re facing broken pieces, Don’t you look down..". C’est cette chanson qui m’aura finalement rendue très curieuse à son sujet et m’aura fait parcourir quelques sites afin d’en apprendre plus sur sa vie actuelle.

C’est alors que je découvre 3:16am, un titre qui a confirmé l’idée que je me suis instinctivement donnée de Jhené Aiko. Concernant les paroles "I do not feel the fear of falling, Thought I could fly, It didn’t go well but oh well, What do you know", Jhené Aiko écrit sur RapGenius : « I was born on March 16th. 3:16 is a popular bible verse that I believe in… But on the contrary… 3am is a dark hour… strong urges to want to leap off a building… This song is about real life depression, addiction, destructive love and suicide… It was a dark time for me + I smoked a lot of weed while I wrote it… ». Un morceau plein de noirceur, qui allait parfaitement avec mon moral de l’époque, ma vie personnelle. Jhené Aiko a donc été pour moi, une sorte de révélation improbable. Et bien évidemment, depuis, j’écoute un peu tout ce que produit cette jeune artiste, ainsi les chansons For My Brother en hommage à son frère Miyagi qu’elle a perdu le 19 juillet 2012 ou encore Comfort Inn Ending font également partie de mes playlists. Je suis simplement devenue complètement fan de son univers, des couleurs qu’elle m’apporte et de l’atmosphère recréé par ses chansons. Sa magnifique voix me berce de temps en temps, au gré de mes humeurs.

Depuis un bon mois je dirais, j’ai remarqué que Childish Gambino et Jhené Aiko collaboraient ensemble, de par leurs articles ou tweets via respectivement Tumblr et Twitter. J’ai tout de suite supposé qu’il s’agirait d’un morceau qui réunirait ces deux personnalités que j’affectionne. Et j’ai eu raison d’y croire ! Le 17 septembre dernier apparaît le remix de Bed Peace sur le compte Soundcloud de la jeune femme. A l’origine, Bed Peace est une chanson de Jhené Aiko, mais cette version est bien plus sympa à mon sens. Ce morceau est simplement une déclaration de paix et une ode à l’amour.

Cette première chanson réunissant Jhené Aiko et Childish Gambino me perturbe, littéralement, me fascine presque. J’adorerais voir ce que pourrait donner un titre où cette fois, ce serait la tessiture de Childish Gambino qui serait la plus exploitée et où le sujet principal serait plus emprunt de blessures ou de noirceur. Parce qu’après tout, je les aime pour leur honnêteté et leur manière de dire les choses telles qu’ils les perçoivent. Mais j’ai tout de même bien apprécié de les voir ensemble travailler sur ce morceau, et j’espère qu’ils auront l’occasion de nous offrir d’autres duos. Après tout, Jhené Aiko travaille actuellement sur la sortie de son prochain EP, Sail Out, dont la sortie est prévue pour le 29 octobre prochain. Et Childish Gambino travaille lui aussi sur ses projets musicaux personnels – il existe bien moins d’indices sur le « quoi », mais les mots Roscoe’s wetsuit reviennent bien souvent sur la toile en ce moment. Donc : patience.

 

Bed Peace de Jhené Aiko et Childish Gambino

Bed Peace de Jhené Aiko et Childish Gambino

Bed Peace de Jhené Aiko et Childish Gambino

Bed Peace de Jhené Aiko et Childish Gambino

Bed Peace de Jhené Aiko et Childish Gambino

Bed Peace de Jhené Aiko et Childish Gambino

Edit du 28 octobre 2013 : Ça y’est ! Il est enfin sorti ce clip que j’attendais ! Définitivement, j’adore cette chanson et ce que dégagent les deux artistes ensemble. Merci à toi KLR pour ce lien. :)

Centipede de Childish Gambino

Eli Watson

De retour sur le devant de la scène musicale, Childish Gambino qui s’amuse depuis hier soir avec ses fans (et donc avec moi), nous offre un premier morceau signant ses actuels travaux intitulé Centipede. Ce titre possède des sonorités plutôt entraînantes et débute par une introduction chantée en a capella. Par ailleurs, celle-ci laisse — à mon sens — entrevoir la majestueuse voix de l’artiste. Nul doute que dans les jours à venir, nous risquons d’avoir de nouvelles surprises annoncées à la fois sur son compte Twitter ou sur son blog.

Donald Glover a récemment déclaré vouloir consacrer plus de temps à sa carrière musicale. Et, pour mener à bien ses projets, bien qu’il fera partie du casting de la saison 5 de Community, Donald Glover ne sera plus présent à temps plein dans son personnage de Troy Barnes, comme auparavant. Dur d’allier vie d’acteur et la vie d’artiste. Dans tous les cas, pour ma part, ce retour me semble bien plus que prometteur ! Welcome back Childish Gambino !

Black Faces de Childish Gambino

Eli Watson

Les fans – comme moi – de Childish Gambino peuvent se réjouir ! Hier soir, toujours via son compte Twitter, l’artiste nous annonce la sortie d’une nouvelle chanson provenant de sa mixtape en cours de production sur son site personnel. Ce titre, intitulé Black Faces, est un duo avec Nipsey Hussle, un rappeur originaire de Los Angeles notamment connu pour les chansons Bullets Aint Got No Name et Hussle In The House. Il a été produit par Boi-1da, un producteur canadien à l’origine des albums Recovery d’Eminem et Thank Me Later de Drake. On assiste donc à un beau rassemblement de talents pour ce nouveau morceau. Et ce mélange est plutôt réussi ! Sur le site de Childish Gambino, c’est une nouvelle fois Big Ghost qui introduit cet « untitled song » (ce sont les internautes qui lui ont donné son nom actuel).

Il est illustré d’un homme d’un certain âge assis dans un métro accompagné d’un petit garçon possédant une figurine des Tortues Ninja. Un encadré possède une image inscrivant en lettres capitales « Hologram LIVE – Biggie’s back » : un clin d’œil à l’hologramme de Tupac, réapparu lors du festival Coachella au début du mois de mai.

Ce nouveau titre coïncide avec le week-end du Memorial Day, une célébration américaine durant laquelle on célèbre les personnes qui sont mortes au service de la nation. C’est une chanson où il est question de la condition de l’américain noir dans le quotidien. Elle fait référence aux traces laissées par la ségrégation raciale et ces lois instaurées à l’époque par Jim Crow.

We Ain’t Them de Childish Gambino

Eli Watson

Au cours de la semaine dernière, Childish Gambino a sorti le premier morceau de sa mixtape à venir : We Ain’t Them. Cette chanson a été co-produite avec Ludwig, un compositeur et ami de l’artiste.

Ludwig a d’ailleurs récemment sorti un EP du nom de How To Find A Party, disponible gratuitement sur le site dédié à l’album. We Ain’t Them nous est délivré après un flow de tweets de l’artiste dans lesquels il se délivre à ses fans de manière directe et spontanée. Sur l’actuelle page d’accueil de son site, le rappeur américain laisse Big Ghost introduire son titre sur le magnifique dessin repris ici en guise d’illustration. L’intégralité de ce message est retranscrit ci-dessous. Childish Gambino sera au festival Rock-En-Seine de Paris le 25 août prochain en compagnie de Noel Gallagher, Maximo Park ou encore The Black Keys.

Dear twitter people,
I don’t like talking…stand up’s different. More like I don’t like explaining. I never feel like I’m saying what I wanna say or how I feel. I’m sure even parts of this will be quoted and taken out of context. And people will be mad or talk shit but won’t read the whole thing cause, honestly, we’re all busy. I get it tho. I think a lot people think I’m just doing shit to do shit. In a way, that’s true. But I like making things. I wanna do things well. I’m learning music theory, and taking lessons. Learning languages so I can write in other languages. I love making stuff. I really do. My boy Kendrick gives me props which is a really cool thing to do. Doesn’t need to do that at all, but he does cause he’s a good person. He shouted me out at Coachella for making the beat for « Look out for Detox » and I when I rapped over the beat at Coachella to bring him out, I saw people write « Childish, rips off Kendrick song ». Not in comment sections where people say shit all the time, like in actual articles. Like journalists. Writers. It was weird. I was in the studio with “B” and he was like « all the stuff on the internet about music, comedy, art, etc. is like parents watching children play on a playground and being like ‘look at Susie sliding on that slide…what an idiot' ». I can’t sit down and talk to everyone about my beliefs, views, and intentions. I honestly would if I could. Also see a lot of white peeps coming to the “defense” of black peeps because they think I don’t like black people or myself, I guess? I really don’t get that. I don’t like that. I’ve also seen people act like they know me. Talk about how I grew up and my shit is perfect. And it’s true. I’m lucky. My parents were always there and were supportive for the shit I wanted to do. It’s dope. but I’m from Decatur GA. Like, “The DEC”. In the projects. Moved to Stone Mountain later. My first recital was in South Dekalb Mall. I lived on my grandma’s couch in the Bronx trying to pay her back for college. Me, my father, my mother, my two sisters, and (at the time) 3 brothers split one bedroom for a while. It feels like some sorta weird white overcompensation. Like when hipsters are like « Guess what…I hate Obama! That’s how unique I am ». Like that Trayvon Martin line in EYV. I saw some white peeps get upset. Which was a little funny to me cause it felt like no one cared about Oscar Grant or Kenneth Chamberlain or any of the other black kids shot in ATL or anywhere else when that shit happened. I’m the one getting texts from my mom every time that shit happens. And that shit happens a lot. Also, it wasn’t a joke. It was worldplay to highlight something that I thought was unfair. But, if it was a joke, I get to do that. Cause that could’ve been me. I’m a black dude. I’ve had bullets whiz by me cause I look like me. I get to deal with it the way I wanna deal. Cause it’s my deal. People will hate me/ my shit, but post my shit cause they want the web hits, cuz fans follow it. And I’m really lucky to have fans like that. Mattafact, I wanna say thank you to fans. You guys are really the reason I’m even here or able to do this stuff. I’m not bullshitting around. I don’t think I’m the best. I don’t think being the best comes from having a lot of money or saying « I’m the best » all the time. But I’m also not looking to be « some dude ». I don’t do anything hoping to end it with being « some dude ». I don’t think anyone person on earth should strive to be « just some dude ». I don’t wanna be that. Or a coward. Those are the worst things you could be. Childish Gambino started as an inside joke that grew way faster than I ever thought it could. When people come up to me and are like « this got me through chemo » or « I came out to my parents » off of Childish, I almost feel guilty. Shit started as a joke, fun between writing with family and friends. But I kinda don’t have that scapegoat anymore…and I’m good with that. Word. Here’s a start: http://www.iamdonald.com.

CAMP de Childish Gambino

christelle.

CAMP est le premier album studio de Childish Gambino, de son vrai nom Donald Glover. Ce rappeur originaire des Etats-Unis est notamment connu pour le rôle de Troy Barnes dans la série Community.

Je vous ai récemment parlé de lui lors de son passage à Paris pour son premier concert en France à La Maroquinerie, un concert qui était juste magique à mon sens. Et si j’ai décidé de revenir sur cet album que j’écoute en boucle depuis quelques mois déjà, c’est tout simplement car celui-ci sort aujourd’hui en France de manière physique, bien qu’il soit d’ores-et-déjà disponible sur Amazon depuis un certain temps.

L’album démarre sur la chanson Outside. Childish Gambino annonce la trame de CAMP à travers ce titre. Il y dénonce les stéréotypes raciaux auxquels on ne peut échapper dans la société d’aujourd’hui. A l’instar de L’Allégorie de la caverne de Platon, les gens considèrent ici comme vérité uniquement ce qu’ils voient, et sont incapables de concevoir que la réalité est bien différente. Le seul moyen d’éviter d’avoir à faire face à ces préjugés serait de visiter un nouveau monde "outside". Dans cet album, Childish Gambino revient constamment sur les discriminations dues au physique. Il en fait un thème récurrent comme pour démontrer l’importance qu’a l’apparence au sein de nos mœurs, comme dans Hold You Down. Aussi, dans Backpackers, une chanson qu’il adresse tout particulièrement à ses "haters", il essaie de décrypter pourquoi ces personnes qui le détestent le décrivent comme étant "blanc" bien qu’il soit un rappeur et acteur américain de couleur.

Mais c’est dans Bonfire que l’artiste nous décrit son art. Ce titre, sorti en tant que single en juillet 2011 aux Etats-Unis, est un condensé de faits actuels qu’il compare à sa vie. Childish Gambino est un expert dans les jeux de mots et les phrases à double-sens. Ainsi il fait référence implicitement à ACME "Cause all I did was act me like a Looney Tune", ou encore aux "mixed tapes" : "Black and white music? Now, nigga, that’s a mixtape". Il écrit pour relater ses expériences sans fioritures : "I don’t talk soft, that’s that other guy". Ça ne l’intéresse pas de vendre du rêve à ses fans, il nous livre ce qu’il ressent, que ça déplaise ou non. Dans le morceau précédant Bonfire, Fire Fly, il reprend également l’idée d’une transition avec son ancien quotidien : avant sa notoriété, il n’était personne, on le prenait pour une blague. Aujourd’hui, on l’arrête pour prendre des photos avec lui. Il travaille ses rimes de manière intelligente et c’est en premier lieu ce qui me touche le plus dans ses chansons.

J’en profite ici pour vous parler du violon qui fait son apparition dans cet album. Car, j’oubliais de vous le préciser : bien que CAMP soit le premier album studio de cet artiste, il a auparavant travaillé sur des albums tels que CULDESAC ou I DO NOT TALK et des mixtapes disponibles gratuitement telles que I AM JUST A RAPPER et son dernier EP par exemple. CAMP est selon moi l’album le plus abouti en terme de sonorités musicales. All the Shine et Letter Home en sont l’illustration parfaite. Ces deux chansons sont probablement les plus touchantes de cet album. Dans cette dernière, il adresse quelques mots à la femme qui occupe ses pensées : "You’re the only girl that I have ever wanted / Every other girl is trying to be you / My mama says that I should write you letters / But I think you’re with other dudes"Heartbeat parle également des relations hommes/femmes, mais de manière beaucoup plus crue. Il parle des situations sentimentales compliquées dans lesquelles deux personnes peuvent se retrouver quand elles n’ont pas défini ce qu’elles sont l’une pour l’autre. CAMP traite largement ce sujet avec également Kids et L.E.S. qui fait référence à Lower East Side, un quartier de Manhattan à New York.

Sur des tempos plus ambiancés, on retrouve You See Me ou encore Sunrise, un morceau qu’il nous propose en tant qu’alternative au rap d’aujourd’hui. Il tente de briser les normes classiques du rap. Auparavant, un rappeur devait être un gangster pour être célèbre, il ne l’est pas. C’est un nerd qui aime porter des jeans, il est le premier à en rire, sans honte. Je pense que ce qui fait vraiment de lui un rappeur différent c’est sa capacité à pouvoir manipuler à sa guise les mots et à nous fournir une approche différente de ce genre musical. That Power clôture cet album en force. Cette chanson qui dure près de 8 minutes prend des allures de confession. Childish Gambino nous relate sa première mauvaise expérience sentimentale dans le but de nous faire comprendre pourquoi ses actes sont ceux qu’ils sont, et pourquoi il lui arrive de dresser une barrière entre lui et les femmes avec lesquelles il entretient une relation. Pour ma part, CAMP est, à l’image de cette chanson, un album assez personnel par lequel Childsih Gambino extériorise toutes ces pensées qui l’occupent. C’est un album universel qui mérite largement sa première place en tant qu’album indépendant et sa deuxième place dans les catégories rap US et R&B du fameux classement du Billboard.


TRACKLIST :
01 – Outside
02 – Fire Fly
03 – Bonfire
04 – All the Shine
05 – Letter Home
06 – Heartbeat
07 – Backpackers
08 – L.E.S.
09 – Hold You Down
10 – Kids (Keep Up)
11 – You See Me
12 – Sunrise
13 – That Power

Childish Gambino à la Maroquinerie

Allen Lee

Childish Gambino s’est produit sur la scène de La Maroquinerie ce mardi pour son premier show en France. La salle était comble et ce, malgré la pluie, le froid et le fait que ce concert ait eu lieu en pleine semaine. Il faut dire qu’il y a bien longtemps que ses fans l’attendaient partout en Europe : l’accueil qu’ils lui ont réservé n’a fait que confirmer l’ascension de brillant artiste.

Découvrez dans son intégralité le concert de Childish Gambino à la Maroquinerie !

Mais tout d’abord, qui est Childish Gambino ?

"Childish Gambino" ne vous dit rien ? Vous connaissez peut-être le véritable nom de ce chanteur, qui n’est autre que Donald Glover. Ou alors peut-être que son visage vous est familier ? On le retrouve dans le rôle de Troy Barnes qu’il interprète dans la série américaine Community. En ce qui me concerne, c’est par ce biais que j’ai découvert Donald Glover. Il s’agit d’un excellent comédien que j’affectionne tout particulièrement pour son duo avec Danny Pudi, qui lui joue le personnage d’Abed Nadir. J’ai fini par m’intéresser de près à ces deux acteurs. Et c’est là que j’ai découvert complètement par hasard que Donald Glover possède un alter-ego prénommé Childish Gambino. Je crois que cette double personnalité, cette facette de lui que je connaissais pas jusqu’alors m’a complètement fasciné. J’ai commencé par lire ses textes, écouter ses chansons puis m’imprégner de tout ce qu’il dégage… Actuellement en tournée, Childish Gambino s’est arrêté ce mardi 24 janvier dans la ville de Paris, pour mon grand plaisir.

Son concert à La Maroquinerie

Accompagné de musiciens au clavier, à la guitare basse, à la batterie, à la guitare électrique et au violon, Childish Gambino s’est présenté face à son public tel un conquérant. Sa mission : faire partager son univers. Le contenu de ses textes est parfois dur, amer mais aussi touchant et tellement proche de la réalité. Il ne chante pas pour embellir la société dans laquelle on vit, ni pour donner une image "rose" de ce qu’est sa vie. Il parle de manière crue avec des paroles qui choqueraient n’importe quel puriste. Je pense que c’est ce qui fait de lui un personnage déconnecté, un peu déjanté voire complètement possédé.

La première chanson qu’il nous offre ce soir-là est Hero, qui comme son nom l’indique l’auto-proclame comme un héros. Il enchaîne avec Fire Fly et l’énorme Freaks and Geeks que le public va solliciter une nouvelle fois au cours de la soirée. Childish Gambino s’amuse sur scène. Il sourit, rit, saute, utilise tout le décor qui lui est accessible, improvise, monte sur les enceintes, prend son temps sur les chansons aux sujets plus sérieux, se jette dans le public, nous remercie, se déshabille. Il nous interprète Do Ya Like tout en douceur puis Backpapers avec force avant de poursuivre sur un medley composé de Bitch, Look at me Now, Yes, Got This Money et I Be On That. L’artiste emprunte ensuite Rolling in the Deep à la célèbre chanteuse britannique Adele et All of the Lights au rappeur américain Kanye West. Concentré, Childish Gambino reprend le répertoire de son dernier album CAMP avec les morceaux All the Shine, que j’ai adoré grâce aux sonorités apportées par le violon, LES, Heartbeat, UCLA (You See Me) et Bonfire. Il s’empare littéralement de son public avec Lights Turned On, un titre figurant sur son EP. Le concert se termine sur les notes de Not Going Back, une chanson dans laquelle il exprime son envie de persérer dans cette voie et ce qu’importe les embûches : l’échec n’est pas une option. J’ai passé une excellente soirée en compagnie de cet artiste aux multiples talents. C’était assez intéressant de le voir évoluer sur scène et partager autant avec son auditoire. Je pense sérieusement que la carrière internationale de Childish Gambino ne fait que commencer.