Festival Tropiques en Fêtes en 2011

Copyright : Christelle

Souvenez-vous, il y a trois ans ! Je profite de ce week-end, largement dédié au Festival Tropiques en Fêtes de la Foire de Paris, pour rebondir sur l’évènement et vous proposer un petit résumé de ce qu’il y avait eu il y a trois ans, alors que le podium de ce festival se tenait encore à l’entrée de la Foire.

Découvrez le Festival Tropiques en Fêtes de la Foire de Paris 2011 en vidéos ! L’ensemble des moments décrits dans cet article se retrouve dans la playlist proposée ici. UNE ASTUCE : Vous pouvez sélectionner la vidéo que vous souhaitez visionner en cliquant sur le bouton « Playlist » de YouTube.

C’était donc le très bon groupe Original H qui ouvrait le bal ! Original H, pour ceux qui ne les connaissent pas, est un groupe d’artistes chanteurs et musiciens qui s’illustrent dans le genre musical qu’est le konpa. Le konpa est une musique originaire d’Haïti qui a émergé au XIXème siècle. Ce genre musical est popularisé en 1955 avec des musiciens comme Nemours Jean-Baptiste d’abord dans les Antilles, puis à l’international. Original H, qui n’est pas habitué à se produire sur scène seulement pour quelques minutes (il faut savoir qu’un morceau de konpa dure au moins 7 bonnes minutes de manière générale), nous interprète d’abord Choké avant de nous offrir Ouvè Pot La, avec une introduction reprenant Alors On Danse de Stromae.

C’est ensuite Thierry Cham qui monte sur les planches de ce Festival Tropiques en Fêtes. Bien connu du public présent sur place ce jour-là, Thierry Cham chante d’abord Océan, titre avec lequel il s’amuse à montrer toute sa puissance vocale. Après un magnifique I Love Youuuu chanté accapella, il poursuit avec le titre Lanmou Idéal, dont le refrain reprend ces mots : "Sa ki ni entre nou sé lidéal, An lanmou pou nou isé lé voiles, Sa ki ni entre nou sa pa banal, An limiè, an zéclè, an zétwal". Il finit son show en déclarant un amour idéal pour les tropiques en citant Haïti, la Guadeloupe, la Martinique, l’Afrique et la Réunion.

E.sy Kennenga entre sur scène, guitare à la main. Après avoir saluer la foule, il nous déclare qu’il fera tout pour toujours avoir du love dans son cœur. C’est donc avec la chanson Love Adan Tchè Mwen qu’il démarre sa représentation vocale ce soir-là. Il apporte ainsi une sacrée note acoustique à ce concert en plein air. E.sy Kennenga a choisi de jouer pour son deuxième morceau un titre de son répertoire aux sonorités carnavalesques : Nou Anlè Sa. Sous les acclamations, le chanteur martiniquais nous fera partager l’ambiance présente dans les rues des villes antillaises en chantant "Es zot paré pou nou mété difé…".

A peine arrivée sur les planches, Kim commence à fredonner les phrases : "Je le sens, c’est lui l’homme de ma vie, Sa douce voix sans cesse me chavire, Son parfum m’enivre, je sens le désir, Je veux qu’il soit mon avenir". C’est ainsi qu’est donc introduit Confidence sur la scène du Festival Tropiques en Fêtes. Pour sa première fois à la Foire de Paris, Kim nous dévoile deux titres de son album Premiers pas sorti en 2009 chez Maxi Flow. Elle poursuit avec Je Suis Accro, une de mes chansons préférées dans son répertoire. Kim dédie ce morceau à toute la gente féminine. Je tiens à souligner le bon travail des musiciens sur ce titre d’ailleurs, ils nous en offrent une version semi konpa que le public parisien a adoré tout autant que moi. J’ai également adoré la douceur apportée par la chanteuse alors qu’elle récitait les paroles "Tout ce que j’ai sur le cœur, Je suis condamnée à le garder".

La Mc Malcriado est un groupe dont les quatre membres sont d’origine cap-verdienne. On retrouve parmi eux Stomy Bugsy, Jacky Brown des Nèg Mawons, Izé et JP des 2 Doigts. Ils sont habillés d’un tee-shirt reprenant les mots Fidju Di Kriolu, aussi nom de leur album sorti en 2011. L’expression "fidju di kriolu" signifie "fils de créole". Au Cap-Vert, elle perçue comme une émotion particulière pour toute la population émigrée de l’île fière de sa culture et de sa diversité. C’est ce qu’ils veulent nous transmettre à leur tour sur scène, puisqu’ils font un hommage particulier à toutes ces personnes fières de leur racine et de leur couleur de peau. Ce soir-là, La Mac Malcriado chante d’abord Assim Ki Fetu dans un rythme effrené, puis Funan´.

C’est ensuite un couple de danseurs qui prennent le relais sur les planches. Il nous font une présentation de la kizomba en nous faisant une petite démonstration sur la chanson de Nelson Freitas, Rebound Chick. La kizomba est une danse originaire d’Angola. Il s’agit d’un mix de semba traditionnel avec du merengue traditionnel et de Kilapanda. La kizomba se caractérise entre autres par son tempo lent, son beat puissant (avec la résonance de la basse) et la langue utilisée pour les paroles, à savoir le portugais.

Orlane est la prochaine artiste à chanter. Elle commence toniquement avec le titre Nalé, un hymne à la beauté des tropiques, notamment la Réunion, de la Guadeloupe, de la Martinique, de la Guyane, d’Haïti et Saint-Martin. Elle chante "Chéri mwen anvi bo Mami tout la fanmi, Santi lodè vani gadé lè mang fléri, Bwè dité sitwonel lanmou nou ké pli bel". Orlane poursuit avec la chanson Déposer les Armes, une chanson d’amour, alors que d’ores-et-déjà le public semble lui réclamer Chokola. Avant de soumettre à cet exercice, la chanteuse commence une version a cappella de cette chanson durant laquelle elle s’amuse avec son public à tenir une longue note. Elle lance un mini concours, qu’elle gagne largement d’ailleurs, et finit son passage sur scène avec cette chanson du coup.

La prochaine artiste à se présenter sur la scène est Tina Ly. Elle chante en premier lieu la chanson Reviens-Moi. Les excellents musiciens qui l’accompagne sur scène lui permettent de proposer une version un peu plus saccadée, ressemblant fortement au dancehall, durant laquelle le public doit reprendre les phrases "Baby, reviens, Baby reviens moi". Tina Ly introduit ensuite le titre A Tes côtés, qu’elle chante normalement avec Richard Cavé de Carimi. Mais c’est finalement Ali Angel qui la rejoint sur scène, pour le plus grand plaisir de l’auditoire surpris. Cette chanson lui permet de rappeler son amour pour Haïti, et d’offrir un peu de konpa à nouveau au public. Les deux chanteurs vont d’ailleurs danser un instant ensemble. C’est ensuite Lynnsha qui retrouve Tina Ly. Les deux chanteuses chantent alors Pa Ni Tan, leur chanson qui date de l’année 2009.

Lynnsha reste ensuite seule le temps d’interpréter Ma Rivale, une chanson qu’elle chante normalement en duo avec Lady Sweety. Lynnsha va proposer à son public quelques pas de danse sur un rythme ressemblant cette fois plus à du soukouss ou du coupé décalé, avant de reprendre la partie de Lady Sweety et donc de toaster le temps de quelques phrases. Elle appelle ensuite Jacky et Ben J des Nèg Mawons pour chanter Mon Idéal.

Après un interlude proposé par un groupe de danse venu se représenter le temps de quelques chansons, c’est Tom Frager qui arrive sur scène. Dans un style reggae et avec une guitare électrique bien prédominante, il nous entonne les phrases "An pansé pou la Gwada, Tou lé jou, Tou lé jou ké Bondié ka fè, Nou ka éséyé tchenbé, Moun Gwada, Fo mwen di zot konbien zot té ka mantché mwen, mèm si zot pa janmé kité tchè an mwen." reprises de la chanson Miss Gwada. Tom Frager interprète ensuite Lady Melody, une chanson plus largement connue du public, puisqu’il n’a presque plus besoin de chanter les paroles tant sa voix est complétée par celle de son auditoire à l’unisson. Le chanteur, versatile, nous propose également une version dancehall grâce à cet orchestre de musiciens décidément exceptionnels.

C’est enfin Admiral T qui monte sur les planches du Festival Tropiques en Fêtes. Très attendu par le public parisien, Admiral T fait son entrée avec Fos A Péyi La, une chanson qu’il chante normalement accompagné du groupe Kassav. Et là, de manière encore plus flagrante que pour Lady Melody, Admiral T pourrait pratiquement s’arrêter de chanter pour laisser son public célébrer chacun de ses titres. Le chanteur guadeloupéen va même se permettre de descendre dans la foule et ainsi partager l’ambiance qu’il crée lui-même ! Sur "fos a péyi la" c’est les poings levés que plus d’un millier de personnes se retrouvent à danser. Le chanteur ne s’arrête pas là, et nous propose même une version accélérée de son titre. A la fin de ce titre, il se sert des paroles de Rèv An Mwen pour nous offrir une interlude a cappella : "An ti réyon a solèy, Asi figi an mwen ka fè mwen sav kè sé lè a révèy, Syèl la byen blé, An ti van ka chichoté an zorey an mwen, An nou alé pwofité dé la vi, Sé an tou piti péyi, Mé sé on paradi". Un classique ! Pour honorer Haïti, Admiral T choisit ensuite de chanter Yo Pa Enmé Haïtien. Pour la dernière fois dans cette soirée, le konpa est réellement à l’honneur. Accompagné de deux danseurs, le chanteur va entonner l’expression "Nou pa bizwen sa" en proposant une petite chorégraphie à son public, chargé alors de balancer les mains en direction de la scène. Admiral T récupère ensuite quelques personnes du public, notamment des enfants, pour danser en rythme sur la scène. Il nous demandera plus tard d’ailleurs de saluer ces enfants, car sé yo ki fos a péyi la. Un tambour puissant final reprendra le traditionnel tak pi tak des musiques antillaises. Enfin, le moment attendu de tous arrive, Admiral T termine son show sur Oh Yeah, LE morceau du moment. Et c’est donc sur ce titre que se clôture la Nuit de la Foire 2011.

EK Trip 2 d’E.sy Kennenga

Copyright : Agência Febre

On le savait depuis longtemps : le deuxième album d’E.sy Kennenga était en cours de préparation ! A chacun de ses concerts au cours de cette année 2013, l’artiste martiniquais nous introduisait ses nouvelles compositions, et d’ailleurs en jouait avec son public en lui proposant des chansons qui ne possédaient pas encore de titres –  chose qu’il a par exemple proposée lors de son concert du 10 avril dernier à la Bellevilloise de Paris. Demain, 16 décembre 2013, est le jour de la sortie officielle d’EK Trip 2.

A l’image d’EK Trip numéro 1 du nom, cet album rassemble plusieurs genres musicaux tels que le reggae, la soul, le dancehall, et cela, tout en créole bien sûr ! E.sy Kennenga sait parfaitemment comment toucher le cœur de son public et ce nouvel item de sa discographie, en est un divin exemple.

EK Trip 2  raconté en quelques mots

L’album démarre avec la chanson Again And Again, une chanson qui se veut à l’image d’EK Trip, la toute première chanson du premier album d’E.sy Kennenga. En effet, avec ce titre, le chanteur décide ici d’annoncer dès les premières notes les raisons pour lesquelles il chante, sa raison d’être et ses motivations. C’est avant tout son amour qui lui donne la force d’accomplir ses projets : "Tous les jours on se démène, Même si la vie nous malmène, Toujours en quête du meilleur, Même déstabilisé par nos malheurs, Ici ou d’ailleurs, Ça vient toujours du cœur".

Pour continuer avec une note nettement plus acoustique, E.sy Kennenga poursuit avec We Are. Cette chanson, l’une de mes préférées de cet album, rappelle les origines de l’artiste, et de tous les martiniquais à mon sens. La Martinique, c’est les Antilles, c’est la France, mais c’est l’Afrique, et ce sont surtout les influences caribéennes et anglophones en tout genre. Notre île rassemble un condensé de cultures, et c’est ce qu’E.sy Kennenga tente d’exprimer à travers les paroles de cette chanson : "We are West-Indian, Caribbean, More than a nation".

En doux penseur qu’il est, E.sy Kennenga nous fait ensuite part de ses rêves avec sa Chanson Utopiste. "L’amour, l’espoir, le respect, Entre nous j’y crois encore, Je reste persuadé que l’unité nous rendra plus fort", tel est le refrain de ce morceau avec lequel le chanteur tente de nous rassembler en un seul peuple, conscient de son image, et désireux d’avancer ensemble. Toujours dans l’optique de faire un parallèle entre son premier et ce deuxième album, je dirais que Chanson Utopiste est d’un point de vue contextuel semblable à Yonn, bien que ce titre possède un rythme plus rapide que son prédécesseur.

Mes Soldats apportent une touche assez symbolique à ce nouvel album d’E.sy Kennenga. L’artiste dédie cette chanson à cette population active, inconnue des médias, qui œuvre chaque jour pour apporter sa pierre à l’édifice. Quels que soient leurs origines et leurs métiers, les travailleurs se battent quotidiennement pour "se faire une place" et avancer à l’image du roseau, qui se plie, mais jamais ne casse.

Dans un mélange nu/soul, E.sy Kennenga poursuit la tracklist d’EK Trip 2 avec la chanson Tourner la page, dont j’apprécie particulièrement les sonorités. Ce morceau, probablement aussi celui qui me convient le mieux en ce moment, nous invite à sans cesse aller de l’avant, et prendre les décisions qui nous permettent d’embellir notre avenir. Ainsi, E.sy nous chante "Ce n’est pas toujours évident, D’ouvrir ses ailes, Prendre son envol, De quitter ses parents, Les gens et les lieux rassurants, On est le plus souvent apeurés par les changements, Revivre le bon vieux temps, Très tentant, Mais le temps ne va que de l’avant". De jolies paroles à méditer en somme…

La chanson #6 de cet album possède un rythme plus entraînant que toutes les précédentes. Comme Si est une sorte de témoignage de l’artiste, qui nous livre ici les raisons pour lesquelles il chante et il danse. La musique est l’essence même de sa vie, et lui permet de se libérer l’esprit. Il vit de sa musique et ce, qu’importe ce que les gens en pensent : il est embarqué dans cette aventure avant tout dans le but de se faire plaisir à lui-même.

Chalè-A est un titre aux sonorités typiquement caribéennes. Je pense que dans cette chanson, notre cher auteur-compositeur a voulu adresser un message de courage aux personnes qui ont été obligées de quitter leur pays, leur famille, pour vivre en France métropolitaine. J’ai adoré l’image, malheureusement très vraie, du billet d’avion trop cher pour la période souhaitée, qui nous empêche de rentrer au moment voulu, et de celle du froid ! E.sy Kennenga nous invite alors à chercher la chaleur, là où elle se trouve, dans nos cœurs.

Accompagné de sa guitare acoustique, E.sy nous chante Fin’ Koumansé, une douce chanson dans laquelle il déclare les phrases suivantes : "Lè mwen mandé Bondié ki tan konba a ka fin’, I réponn mwen sé sèl mannyè lan mò ké vin’, Sa ki fèt fèt, Pé ké défèt, Mèm si a pa toujou clean, yeah, Mwen sav dé lè mwen mantché disiplin, Mwen sav wè mizè sé pa mò, Mwen sav osi fok mwen rété fò, Pas sé koumansé, i fin koumansé…". En ce moment, il s’agit tout simplement de la chanson que je préfère de cet album.

Avec Qu’est Ce Qu’on Attend, introduit pour la première fois au concert d’E.sy Kennenga à La Cigale il me semble, le chanteur nous questionne sur notre faculté à agir en toutes situations : pourquoi parler quand on peut lutter pour de nobles causes, pourquoi procrastiner, et pourquoi faire traîner une relation par peur du "quand dira-t-on" alors que la vie est si courte ? Il est temps de prendre notre courage à deux mains pour accomplir de grandes choses.

Le premier single officiel d’EK Trip 2, Pa Diggin, est sorti au mois de juillet 2013. Pour la réalisation de cette chanson, E.sy Kennenga a d’ailleurs utilisé les voix des publics présents à ses concerts les plus récents : celui de la Bellevilloise à Paris, mais aussi, celui de l’Atrium en Martinique, celui de Lakasa en Guadeloupe et celui de l’Encre en Guyane. Une idée plutôt originale, qui permet une nouvelle fois à cet artiste, fort en communication digitale, de donner de la place à sa communauté de fans à travers son travail. Vous trouverez le clip de Pa Diggin sur YouTube.

Ou Ka Ba Mwen Love est une vraie déclaration d’amour. E.sy Kennenga s’adresse à la femme qui occupe ses pensées, et lui avoue ses sentiments qui s’amplifient jour après jour à son égard. Il lui demande de ne pas faire attention à ce que peuvent dire les autres, et juste de prendre en considération le fait que son cœur est rempli d’amour uniquement pour elle. "Nou décidé pran mèm chimen, Vansé men dan lan men, Ansanm nou lé vwè démen, Nou lé fè lé choz byen"

E.sy Kennenga agrandit le cercle de sa pénétration dans la musique urbaine grâce à la chanson suivante : It’s Time est, comme son nom l’indique, une chanson chantée en anglais. Une vraie première dans la discographie de l’artiste. Il invite chacun à s’assumer et se battre pour ce quoi il croit avec ce titre. De grandes lignes de conduite sont évoquées, comme dans Qu’est Ce Qu’on Attend, et le chanteur martiniquais nous recommande ici de construire notre propre destinée, en nous battant pour ce que l’on souhaite de manière quotidienne.

La chanson An Priyè, "une prière" en français, est une chanson sur la foi que ressent l’artiste. Ici, E.sy Kennenga parle de la religion dans tous ces états. Pour lui, il apparaît important de prier Dieu, quelles que soient nos propres croyances. Il reconnaît ici que sa force lui vient d’En Haut, et nous encourage chaque jour à accorder quelques minutes pour simplement prier.

L’album se termine avec les deux chansons suivantes : Le Meilleur Et Le Vrai et J’aime Quand Nos Cœurs. Ces morceaux montrent à quel point E.sy Kennenga est polyvalent. Il s’est parfaitement allier reggae et dancehall, toujours avec des vibes positives et pleines d’amour. Dans ces très jolis titres, il nous fait part de sa vision de la vie, et de la musique. EK Trip 2 est un album intelligent dans lequel le chanteur fait preuve de beaucoup de réalisme, et dans lequel il continue de transmettre ses pensées les plus authentiques vis-à-vis de la société dans laquelle nous vivons. Je vous recommande donc vivement d’acheter cet album présent sur Amazon par exemple.



TRACKLIST :
01 – Again And Again
02 – We Are
03 – Chanson Utopiste
04 – Mes Soldats
05 – Tourner La Page
06 – Comme Si
07 – Chalè-A
08 – Fin’ Koumansé
09 – Qu’est Ce Qu’on Attend ?
10 – Pa Diggin
11 – Ou Ka Ba Mwen Love
12 – It’s Time
13 – An Priyè
14 – Le Meilleur Et Le Vrai
15 – J’aime Quand Nos Cœurs

Boom Cœur de Barone

Copyright : Barone

Boom Cœur est le premier album de l’artiste originaire de la Guadeloupe du nom de Barone. Boom Cœur est une explosion de saveurs. De cet opus, j’ai adoré la capacité de Barone à pouvoir s’installer confortablement dans plusieurs genres musicaux. Elle nous chante l’amour dans toutes ses formes : parfois taquin, parfois malsain. Il est à coup sûr le sentiment servant de ligne directrice à cette jeune chanteuse. Les différents artistes invités sur Boom Cœur apportent naturellement leur pierre à l’édifice de cet album. Ils viennent en renfort et donnent une autre dimension à la musique de Barone. Peut-être parce que celle-ci fait le choix de n’avoir que des personnalités masculines à ses côtés… Quoi qu’il en soit, Boom Cœur est un album à écouter et à partager auprès des personnes que l’on aime. Je vous propose d’entrer aujourd’hui dans l’univers de Barone.

Chronique détaillée de Boom Cœur

Dans Désolée, ce sont d’abord les notes de piano de Barone qui donnent le rythme de la chanson. Elle y joue le rôle d’une femme blessée qui ne reconnaît plus l’être qu’elle a aimé. Cette triste chanson d’amour est un de mes coups de cœur de cet album, tant le groove de la chanteuse suffit à nous donner quelque chose de somptueux, dans fioritures. Désolée annonce quelque part la trame de ce nouvel opus, qui m’aura personnellement beaucoup touchée.

Cette fois, c’est le saxophone qui introduit la chanson suivante : C’est L’Amour. Ce titre s’ancre définitivement dans le genre du zouk. Dans ce morceau, Barone parle une nouvelle fois des sentiments contradictoires que l’on peut approuver pour une personne que l’on aime. Elle décrit cette relation comme étant celle qui l’empêche d’être tranquille et sereine au niveau sentimental.

Dawa accompagne ensuite Barone le temps d’une chanson : Mes Rêves. Ensemble, ils nous offrent un titre dans lesquelles ce sont les paroles qui donnent le tempo. Dans cette chanson, ils se prédestinent à un avenir brillant, mais semé d’embûches. Ils doivent faire preuve de persévérance pour atteindre leurs objectifs : "Je ne laisserai pas ces traîtres me voler mes rêves, Je me battrai jusqu’à ce qu’ils crèvent, Mes nuits sans ombres sont devenues trop brèves, Je les aurai avant qu’ils m’achèvent".

C’est ensuite à la chanson du même titre que l’album, Boom Cœur que Barone décide de nous offrir. "Je prie en musique pour me délivrer"… On déchiffre avec ce morceau tout l’importance de la musique pour cette artiste guadeloupéenne. Barone nous ouvre son cœur pour apparaître nue face à son public. Un très beau titre en somme pour véritablement comprendre l’essence de Barone.

Que Demander De Plus ? est mon deuxième véritablement coup de cœur de cet album. Dans cette chanson, que l’on pourrait comparer à un hymne d’auto-satisfaction, E.sy Kennenga rejoint Barone pour nous proposer ensemble une chanson aux allures complètement acoustiques. La guitare et le piano s’allient parfaitement aux deux voix en communion des chanteurs. "Et j’ai déjà le soleil et la mer, Que demander de plus ? Je n’ai besoin de rien."

Un des premiers titres à être sorti avant la parution de l’album se fait ensuite entendre, Zouk An Nou, chanté en duo avec Mike Kenli. Ce morceau est, comme son nom l’indique, un zouk dans lequel il est simplement question "d’amour en musique". Les deux artistes nous décrivent trois à quatre minutes de slow collé/serré dans lequel ils ressentent maintes et maintes émotions.

Music Is My Blood crée un changement assez radical d’univers : on est cette fois en présence d’un genre plutôt dancehall. Et là, surprise, c’est Lyricson qui rejoint Barone ! Ce titre reflète complètement les rythmes caribéens dans lesquels sont ancrés la Guadeloupe, et les Antilles de manière plus générale. Barone est une artistes aux multiples influences, et c’est sa musique qui en témoigne.

YML continue de nous faire voyager avec ce type de vibrations. Cette fois, Barone chante parfois en anglais, qu’elle mélange naturellement au créole. YML signifie You’re My Love. Il est à nouveau question d’amour dans ce titre, qui malgré son rythme rappelant des sonorités antillaises, est un bol d’air frais et de légèreté. J’ai beaucoup apprécié la douceur de la voix de Barone dans YML.

La chanson suivante, ABCD, propose un genre dans lequel je ne m’attendais pas particulièrement à retrouver Barone. Ce titre est un mix entre la pop et l’électro à mon sens. Personnellement, j’ai été moins réactive à cette chanson, mais la capacité de Barone à pouvoir autant jouer de sa vois et nous captiver même dans de nouvelles tendances musicales m’impressionne. Et donc, je salue cette prise de risque de la part de la chanteuse.

Dans Touch The Sky, Barone décrit le combat qu’elle mène pour réussir dans la musique. Badlee, un jeune chanteur guadeloupéen, l’accompagne pour parfaire ce titre. Il reprend les paroles suivantes : "Dis-moi ce que tu vois ? Qu’est-ce-que l’horizon dessine ?". J’ai adoré son couplet qui selon moi, prouve qu’il fait partie de ces artistes locaux qui mériteraient amplement d’avoir une meilleure visibilité sur la nouvelle scène dancehall des Antilles françaises.

C’est ensuite avec I Give Up que cet album éclectique prend une autre dimension culturelle, bien qu’il soit à nouveau question d’amour. Barone déclare préférer arrêter de souffrir. Elle perd espoir, elle a abandonné l’idée que quelqu’un puisse l’aider à réaliser ses rêves. Le texte profond de cette chanson dénonce ce sentiment d’impuissance que l’on peut ressentir à certaines étapes de sa vie.

Chaque Larme est une très jolie chanson réunissant Barone et Silverman. Dans celle-ci, les deux artistes sont tels deux amants qui vivent une situation de couple conflictuelle. Silverman est conscient de la place qu’occupe Barone dans sa vie, et il reconnaît qu’il n’est pas l’homme qu’il lui faut dans le sens où, il lui fait du mal envers et contre tout.

Barone ajoute Goûte Moi à la tracklist de ce premier album. Cette chanson est reprise de son propre répertoire. J’avais pour ma part découvert cette chanson lors du passage de Barone en première partie du concert d’E.sy Kennenga à la Cigale. Les arrangements musicaux étaient bien différents, puisque c’est le piano qui avait le rôle de base instrumentale.

J Lone Kelly est le prochain artiste à jouer le rôle d’invité sur Boom Cœur. Il rejoint la jeune femme sur I’m Proud, un titre dans lequel Barone défend sa couleur de peau. Ensemble, ils souhaitent nous délivrer un message, celui de la fierté envers leurs origines, la fierté qu’il y a à réussir à percer dans ce monde en tant qu’artiste noir.

Sur Super B, Barone est particulièrement bien entourée puisque Saik, Seyi et Young Chang MC se joignent à elle sur ce titre mi électro, mi hip-hop. Dans ce titre, les quatre artistes s’identifient comme des individus non-identifiés. Ils sont venus d’espace et leur capacité à pouvoir nous charmer avec leurs talents vocaux est propre des extra-terrestres. "An rivé si la Tè adan an spatial véso, Téléfon maison, mother f*** pa ni rézo, An ni an machin, an tèt a yo yo ni an cervo, Fanm a yo an promo, Nonm a yo homo, Renkontré lètre humain, drôle d’espèce, Oblijé chanté ba yo pas yo pa ni pon an respè, An ni le flow de lèspas, Lèspri an mwen tro vaste, Si an té pé an té ké ritouné si la lin an vespa".

Enfin, le dernier titre de cet album s’intitule Je Te Rendrai, une nouvelle chanson dont la thématique principale est l’amour, mais surtout les blessures qui sont liées aux sentiments amoureux.


TRACKLIST :
01 – Désolée
02 – C’est L’Amour
03 – Mes Rêves featuring Dawa
04 – Boom Cœur
05 – Que Demander De Plus ? featuring E.sy Kennenga
06 – Zouk An Nou featuring Mike Kenli
07 – Music Is My Blood featuring Lyricson
08 – YML
09 – ABCD
10 – Touch The Sky featuring Badlee
11 – I Give Up
12 – Chaque Larme featuring Silverman
13 – Goûte Moi
14 – I’m Proud featuring J Lone Kelly
15 – Super B featuring Saik, Seyi & Young Chang MC
16 – Je Te Rendrai

Paris Reggae Festival

Copyright : christelle.

Petit retour sur l’évènement reggae de ce début de vacances : le Paris Reggae Festival. Cet évènement organisé par Mediacom, Jp Music et Make It Clap Agency s’est déroulé dans la – très grande – salle du Dock Pullman de Saint-Denis, et a réuni de nombreux artistes de la scène internationale du reggae : E.sy Kennenga, Chronixx, la famille royale du reggae les Morgan Heritage et Tarrus Riley. C’est d’ailleurs près de cinq heures de show qui nous ont tenus en haleine lors de cette manifestation !

E.sy Kennenga, premier artiste à monter sur les planches

C’est d’abord avec une immense joie que nous avons retrouvé sur la scène l’artiste martiniquais E.sy Kennenga. Toujours accompagné de ses camarades de scène Rémy Rascar à la basse, Cédric Cléry à la batterie, Joël Jaccoulet au clavier, Mustaf Kennenga pour les choeurs et de sa guitare, il nous a offert un show exceptionnel comme à son habitude ! Tenant le dur rôle de chef d’orchestre, c’est avec brio cependant qu’il relève la tâche. Dès les premières notes, c’est un public plus que conquis qui entonne les quelques paroles de Décidé, titre phare de son premier album EK Trip. Puis, les fans inconditionnels de l’artiste soutiennent en harmonie les nouvelles mélodies qui figureront sur le deuxième album de l’artiste avec notamment Fout et Keep It Real. Cette dernière retient particulièrement l’attention des personnes présentes à mes côtés, qui n’ont cessé de me répéter qu’elles garderaient à l’esprit cette chanson au rythme énergique et au message positif.

Le meilleur de son show survient à mon sens au moment où E.sy Kennenga nous parle de son amour pour la musique avec Music Is Love. Après tout, nous étions tous rassemblés dans cette salle pour partager un moment de communion par amour du reggae certes, mais surtout par amour de la musique. Car que serions-nous sans musique ? Car “elle fait vibrer [notre] coeur et [notre] corps…”. Cette chanson, comme il aime la chanter en live en medley avec Love Adan Tchè Mwen, sera sans aucun doute l’une des plus grosses attentes de son prochain album. C’est assez exceptionnel de voir cet artiste de la scène antillaise évoluer au fil des années, lui que j’avais suivi pour la première fois au New Morning en janvier 2011, alors que je découvrais son premier album EK Trip. Il faut également savoir que cet artiste a un cœur énorme, puisqu’il a participé le dimanche 16 juin dernier au Drépaction, un concert caritatif pour aider l’APIPD à lutter contre cette maladie qu’est la drépanocytose. En bref, vous continuerez d’entendre parler de lui : sachez par ailleurs qu’il sera en concert à l’Olympia le 7 mai 2014.

Chronixx sur scène pour la première fois en France

C’est ensuite au tour du premier artiste jamaïcain d’entrer sur le podium du Dock Pullman : Chronixx ! Un bol d’air frais est arrivé dans le monde du reggae jamaïcain avec l’arrivée de cet esprit "bohème" sur le devant de la scène internationale ! Ce jeune chanteur, âgé seulement de 20 ans, a fourni une telle énergie et tant d’intensité dans son show, que – j’en suis certaine – les personnes qui l’entendaient pour la première fois ont tout de suite été convaincues de son âme de grand lyriciste. D’un naturel généreux, et pas du tout impressionné par la foule de plus en plus importante dans la salle, il découle son art tout en jouant, souriant, sautant et dansant. Sa spontanéité était simplement magique à observer !

Il nous interprète l’un des titres phares de son répertoire : They Don’t Know, la chanson qui lui a permis d’accéder au statut qu’il a à présent. Puis vint l’excellent Ain’t No Giving In du Tropical Escape Riddim, par lequel le chanteur appelle le public a chanté avec lui cet hymne à l’espoir et au courage, ou encore Access Granted (Don’t Take My Love For Granted), sur le Digital Love Riddim, dans lequel Chronixx arrive à imposer un rythme plus calme et pourtant tout aussi entraînant. Il nous offre également un puissant Smile Jamaica (Honey Pot Riddim) couplé d’une petite séquence entièrement dancehall histoire de ravir les amateurs de sounds systems. Soulignons d’ailleurs la présence d’excellents musiciens dans son staff pour l’accompagner. Viennent enfin Here Comes Trouble du Rootsman Riddim et une improvisation sur une variante du Ghetto Christmas Riddim avec lesquels il ne cesse de nous montrer son dynamisme en tant que toaster. C’est vraiment un show digne des plus grands que nous a volontiers donné ce soir-là Chronixx. Nul doute que cette expérience ne représente que les prémices d’une grande carrière pour cet artiste.

Le retour très attendu des Morgan Heritage

C’est ensuite aux très attendus Morgan Heritage de se présenter face au public parisien. Ils sont accueillis sous un tonnerre d’applaudissements par un public ultra réceptif ! Ils sont au grand complet : Peetah (leader vocal), Mr. Mojo (percussion/chœurs), Gramps (clavier/chœurs), Lukes (guitare basse) et Una (clavier/chœurs). Cela faisait bien longtemps que la France et même que le monde entier attendaient leur retour. Et c’est donc naturellement que s’est imposé le nom de leur nouvel album Here Come The Kings avec des morceaux qui commencent à faire doucement mais sûrement leur apparition sur le web : je parle notamment de la chanson éponyme de l’album Here Come The Kings et de Perfect Love Song par exemple.

Les Morgan Heritage entrent naturellement sur la scène avec une chanson dont le titre rappelle cette pause qu’ils viennent de prendre dans leur carrière The Return. Mais pour satisfaire chacune des personnes ayant été bercée par leur douce musique il y a quelques années, ces mélodies dont la renommée est désormais incommensurable, les Morgan Heritage ont repris de nombreuses chansons ayant contribuées à leur reconnaissance dans l’univers cosmopolite du reggae tout au long de la soirée. Ainsi, You don’t haffi dread to be Rasta [This is not a dreadlocks thing, divine conception of the heart] a largement été repris par l’ensemble du public, à l’image de Inna Dem Ting Deh sur l’excellent Superior Riddim de Gentleman. Ils ont rapidement enchaîné avec Hail Rastafari sur le Lion Paw, pour le plus grand de mes plaisirs (j’espérais secrètement qu’ils me chantent cette chanson alors que je n’avais que 15 ou 16 ans). Ils nous ont également interprété Liberation du Liberation Riddim souvent surnommé le Jah Jah City Riddim, grâce au grand Capleton, et le fameux Love Is The Only Solution sur la même instrumentale, qu’ils chantent normalement en duo avec Jah Cure. Gramps nous fit l’honneur de nous offrir un petit solo avant que Mr Mojo s’octroie sur Jah Jah City et une petite session dancehall.

C’est ensuite avec Down By The River sur le What Kind Of World Riddim que poursuit leur show pour "nous emmener avec [eux] en Jamaïque", comme nous la gentiment proposer Peetah. On aurait pu croire qu’elle en serait restée là, mais la famille royale du reggae poursuit sur des vibes de plus en plus dancehall en enchaînant avec notamment What a Bam Bam emprunté à Chaka Demus & Pliers et une chanson rappelant l’excellent Bring it Come d’Elephant Man sur le Drop Draws Riddim. Les Morgan Heritage termineront leur show avec les trois morceaux suivants : Best Friends du Drop Leaf Riddim, She’s Still Loving Me sur l’Under Attack Riddim et Tell Me How Come sur le Seasons Riddim.

Tarrus Riley accompagné de Dean Fraser pour assurer le final

Après cet élan de nostalgie, le Paris Reggae Festival laisse place à Tarrus Riley ! Et ce dernier était accompagné au saxophone par l’un des plus grands musiciens du monde du reggae : Dean Fraser. C’était d’ailleurs assez exceptionnel de voir cet illustre musicien, à l’origine de Go Away Girl ou de Moonlight pour ne citer que ces morceaux, évoluer devant nos yeux, en France, en banlieue parisienne. Dean Fraser arrive donc sur scène alors que l’instrumentale du Real Rock Return Riddim est joué par les musiciens du BLAK SOIL Band. Ce groupe de prodigieux musiciens dont le pseudonyme provient du message “Brethren Living According to King Selassie Overstanding and Iritical Livity” est actuellement en tournée avec Tarrus. Et donc, tous ensemble, ils nous ont offert un show d’une valeur inestimable ce soir-là. Tarrus Riley entre sur la scène introduit par Dean Fraser avec une version roots de Armageddon Time. Il poursuit son show avec une chanson bien connue du public puisque celle-ci figure sur l’album Contagious de l’artiste, Love’s Contagious. Le rythme est maintenu avec tout d’abord Getty Getty No Wantee du Changes Riddim, puis une version juste énorme de Start a New (Cut It Off) et de Human Nature.

Puis Dean Fraser, prit son saxophone pour nous offrir un Untold Stories tout à fait exceptionnel en hommage au grand Buju Banton, encore incarcéré à l’heure d’aujourd’hui. Tarrus et Dean s’amusent à la fin de cette chanson et nous proposent un duel saxophone vs cordes vocales. On ne saurait désigner un véritable vainqueur de cette bataille, tant les artistes sont appliqués. Ils enchaînent ensuite avec Rebel. C’est d’ailleurs à la fin de ce morceau que Glen Browne, grand bassiste depuis plus de trente ans nous a également offert son solo de guitare. J’ai d’ailleurs adoré – et je ne pense pas être la seule – l’effort fourni par Tarrus Riley afin de nous adresser quelques mots en français tels que « Chantez ! », pour encourager chacun d’entre nous à participer à l’échange musical.

Il nous interprète ensuite La La Warriors du Gorilla Riddim couplé à Original Dancehall du Freedom Shines Riddim avec son célèbre couplet “Mi tired, mi frustrated, Every day mi wake another one dead, Jah know mi tired, Mi naw take it, Too much war time wasted”. C’est ensuite une combinaison entre Back Biters, Far Away durant lequel les “I love you” se transforment en “Je t’aime”. Seulement après quelques notes sur le Love Potion Riddim, Tarrus Riley décide de nous interpréter un magnifique Superman, un véritable hymne durant lequel, charmeur, il dira aux femmes de l’auditoire “Vous êtes jolies !”. C’est ensuite Never Leave I sur l’Island Vibes Riddim. Pour ma part, le show de Tarrus s’achèvera sur Wildfire, car bien que l’envie de rester ait été immense, il était déjà plus d’1h du matin passée quand j’ai pris la direction du métro, en espérant pouvoir trouver ma correspondance. Je n’ai aucun doute concernant la fin de son show, celle-ci a dû être magnifique, et je suis persuadée qu’il a également joué She’s a Royal ou Good Girl Gone Bad, deux de ses autres titres au succès planétaire.

Le Paris Reggae Festival a, comme vous le voyez, tenu toutes ses promesses ! Il m’aura personnellement permis de quitter la France le temps de quelques heures et d’oublier toutes ces chansons commerciales pour redécouvrir la véritable nature de la musique.

E.sy Kennenga à La Cigale

Copyright : Christelle

Le 1er novembre dernier, j’ai assisté au concert d’E.sy Kennenga à La Cigale, une salle de spectacle située au plein cœur de Paris qui accueillait auparavant uniquement les représentations théâtrales. Et bien que je commence à être ce que l’on pourrait appeler une fan inconditionnelle de cet artiste à la voix d’or, j’ai été agréablement surprise de découvrir encore une nouvelle facette de la relève de la scène musicale antillaise. Et ce, grâce à des personnalités qui m’auront marquées tout au long de cette soirée.

Revivez l’ensemble du concert d’E.sy Kennenga à la Cigale ! UNE ASTUCE : Vous pouvez sélectionner la vidéo que vous souhaitez visionner en cliquant sur le bouton « Playlist » de YouTube.

NDX et Barone en première partie

NDX est le premier à monter sur les planches et à nous servir un show tout en poésie rythmique. Je ne connaissais pas ce jeune chanteur d’origine guadeloupéenne qui, ma foi, pourrait appartenir (selon moi) à plusieurs univers : il nous a desservi un mélange de rap underground, de slam et de hip hop tout en jouant de son aisance scénique pour toucher le public. De sa prestation, je retiendrais particulièrement sa reprise de la base instrumentale de To Zion empruntée à la célèbre Lauryn Hill. Il était accompagné de Natoo pour nous délivrer ce message universel d’amour.

NDX partageait la première partie de ce concert en collaboration avec Barone – mon petit coup de cœur de la soirée. Barone est arrivée avec tellement de simplicité et de talent sur la scène que j’en ai été tout de suite bouleversée. Son instrument de prédilection, le piano a ajouté une dimension intime à sa performance. L’auditoire était silencieux, attentif aux moindres dires de l’artiste, comme si elle pourrait lui apporter LA solution ultime à tout problème. Je pense que Barone fait partie de ces chanteurs qui savent vraiment tenir leur public en haleine. Elle nous a interprété les titres La Nuit, Rèv An Mwen, An Péké Mô Ba’w, Mes Rêves, Goûte Moi et Jump Up avec le rythme caribbéen du carnaval. Sa voix juste sublime m’a finalement rendu curieuse : Barone est également originaire de la Guadeloupe. Elle travaille actuellement sur la réalisation de son premier album Boom Cœur avec un premier duo annoncé avec Mike Kenli, Zouk An Nou.

Le concert d’E.sy Kennenga

E.sy Kennenga démarre sa représentation avec Décidé sous un tonnerre d’applaudissements. Il est accompagné comme à l’accoutumée de Joël Jaccoulet au clavier, de Cédric Cléry à la batterie et de Rémi Rascar à la basse. Il est également épaulé de Goldee et de Mustaf Kennenga, son frère, en tant que back-up vocal, et de Yann Négrit à la guitare électrique, de Frantz Laurac au piano et au synthétiseur et de Boogly aux percussions.

La chanson éponyme du premier album d’E.sy Kennenga, EK Trip, résonne ensuite dans toute la salle de la Cigale. Le public est, à mon sens, à la fois attentif et survolté, comme pour remercier l’artiste martiniquais de nous avoir réuni pour ce moment musical. C’est ensuite avec La La La que le concert se poursuit. Le ton est donné, le show est lancé et le public savoure ! E.sy Kennenga ne se contente pas de présenter les chansons figurant sur son album de la manière la plus classique qu’il soit : il a revisité, pour notre plus grand plaisir, les chansons Beau Mois de Mai qui sera agrémentée d’une version merengue, Truc De Fou qui se transformera en un magnifique morceau de kompa et Question de Time qui fera l’objet d’un medley de chansons qu’E.sy Kennenga chantait il y a déjà quelques années. Aussi, notons la présence des violons, qui adouciront le tempo de certaines mélodies. Un véritable régal pour les oreilles.

E.sy Kennenga va ensuite faire appel à Goldee et Gee Mylo pour un petit retour dans le temps. Ensemble, ils avaient fait partie du groupe One Day alors qu’ils poursuivaient encore leurs scolarités sur l’île. Leurs chansons sont d’ailleurs bien connues dans les Antilles. Et donc, les trois chanteurs vont nous offrir sur scène un petit medley des chansons qu’ils chantaient ensemble à l’époque : ils reprennent d’abord les chansons Pou Toujou, Il Faut Le Dire et Mon Ange. Avant de finir sur Bato, une chanson dénuée de sérieux qui a largement contribué à la popularité du groupe.

E.sy Kennenga parcourt ce soir-là l’intégralité de son premier album. Ainsi, il nous interprète Dédicace à toutes les femmes devant un auditoire féminin plus que conquis, avant de reprendre Es Ou Paré, de la plus brillante manière qu’il soit. Tout semble orchestré à la minute près, et l’on peut que saluer le merveilleux travail des musiciens accompagnateurs de l’artiste. Le show continue alors avec Never Give Up The Fight, une chanson dont le message à une portée d’espoir et de courage face aux tracas du quotidien. Puis, rapidement, on retrouve les chansons, sans doute les plus connues de l’artiste à savoir Sous Ton Charme et surtout Pa Pè, que l’on pourrait presque considérer comme le titre qu’il lui aura permis de parfaire sa renommée désormais incontestable.

Ce n’est la première fois que j’assiste au concert d’E.sy, et pourtant, je suis toujours aussi surprise de la facilité avec laquelle il s’adresse à nous, son public. Il semble parfois surpris, voire ému, de nous entendre chanter par cœur les paroles de ses textes. Pour Yonn, il sera accompagné de Jimmy Felvia au piano. Jimmy Felvia, est par ailleurs, celui qui a composé ce morceau qui parle d’union et de solidarité entre les hommes.

Puis, E.sy Kennenga va nous présenter ses dernières compositions dont notamment Qu’est-ce-qu’on attend et We Fly, qui appartiendront, je l’espère, à un second album. Il poursuit avec Fout’, un titre dancehall qui a su donner de l’énergie aux milliers de personnes présentes ce soir-là. Et d’ailleurs, E.sy Kennenga nous propose une deuxième surprise sur l’interprétation de ce titre : la participation de Paille. Cet artiste martiniquais, qui évolue également dans le monde du dancehall et qui œuvre à la reconnaissance de l’underground local, nous propose un spectacle énergique ! Les deux semblent prendre un certain plaisir à nous offrir ce moment.

C’est ensuite au tour d’Admiral T d’arriver sur scène pour interpréter le remix de Pinting Party, titre sur lequel ont collaboré les deux chanteurs il y a peu. Admiral T ne va pas nous quitter tout de suite, puisque déjà, la mélodie de Respekté’w résonne dans la salle. Ils commencent à deux ce titre sur les planches de La Cigale, mais ne vont pas le rester très longtemps, puisque l’un après l’autre Misié Sadik, Riddla et Daly – le véritable auteur de cette chanson – vont arriver en chantant le couplet qui leur est propre.

Comme pour calmer quelque peu les esprits, qui sont échauffés après une telle accumulation de tant de "cadeaux musicaux", E.sy Kennenga choisit cet instant pour nous proposer Madinina #1, un hymne à son île la Martinique. Cette chanson est d’ailleurs chantée en parfaite communion avec le public, qui, comme pour accompagner Goldee et Mustaf Kennenga, s’implique à fond dans sa mission de chœurs.

C’est enfin avec Va K Band, qu’E.sy Kennenga clôture la longue liste des invités à son concert. Il nous propose un classique, mais toujours aussi plaisant Nou Anlè Sa, et Va K Band nous permet d’entendre le bon son du carnaval, de quoi nous faire totalement oublier le froid qu’il y a dehors. Ce concert s’achève alors sur Love adan tchè mwen, une chanson d’amour qui fera pleurer E.sy Kennenga alors qu’il remercie ses fans pour leur soutien.

J’ai, pour ma part, passé un excellent moment dans ce concert. Je trouve, par ailleurs, que la carrière d’E.sy Kennenga ne cesse de prendre de l’essor depuis la première fois que je l’ai vu sur scène. Il a évolué techniquement, et sa grande simplicité et sa capacité à rester humble devant toute situation lui procure une sympathie manifeste de ses auditeurs.

E.sy Kennenga au New Morning

Copyright : Johanna Bizet

Le concert d’E.sy Kennenga a eu lieu le 14 janvier au New Morning, une salle parisienne dans laquelle de nombreux concerts toute l’année ont lieu. La grande particularité de cette salle est sa convivialité : les artistes se présentant sur la scène sont réellement proches du public. De manière générale, cette pièce accueille des musiciens de jazz, de soul et de salsa.

Revivez le concert d’E.sy Kennenga en vidéos. UNE ASTUCE : Vous pouvez sélectionner la vidéo que vous souhaitez visionner en cliquant sur le bouton « Playlist » de YouTube.

Ma première découverte musicale de cette année 2011 concerne Freepon. C’est lui qui assurait la première partie du concert d’E.sy Kennenga ce soir-là. Accompagné de sa guitare et de deux autres musiciens, cet artiste entier a su, grâce à son style subtil et sa musique douce, nous faire parcourir des thèmes tels que l’indifférence, l’inégalité ou l’amour à travers ses chansons. Tantôt sérieux, tantôt ambianceur, Freepon a touché un large public grâce à ses textes d’espoir. Le public, connaisseur, a joué le rôle de chœurs notamment sur les chansons « Doucinéw » ou « My Superstar ». J’ai, pour ma part, eu un réel coup de cœur pour la voix de cet artiste qui semble être polyvalent tant il se joue de son auditoire pour déclamer ses chansons aux textes réalistes.

Puis, E.sy Kennenga nous rejoint sur la scène du New Morning. Il est accompagné de Joël Jaccoulet au clavier, de Rémi Rascar à la basse et de Cédric Cléry à la batterie. Le show commence avec « Ek Trip », la chanson du même nom que le premier album solo de l’artiste. Il poursuit son show avec « La La La » puis « Malpalan », une très belle chanson qui aborde – comme son titre l’indique – le thème de la médisance. Accompagné de Jimmy Felvia au piano, E.sy nous interprète « Yonn », un morceau sur la tolérance. Pour poursuivre dans la même lancée, Kenzy nous rejoint sur la scène du New Morning pour « Frè é sè », en témoignage de respect aux « îles-sœurs », la Martinique et la Guadeloupe.

On change de registre avec « Beau mois de mai » et « Question de time ». Une partie beaucoup plus dancehall s’offre alors à nos yeux avec par exemple « Rété Fo » du Ghetto Raid vol.3. Aussi, on accueille Goldee pour une interprétation de « Comme du wine » en duo avec le chanteur. Goldee est une artiste originaire de la Martinique aux talents multiples. Elle est notamment connue pour ses titres « Pointe des Nègres » ou « Chaque Jour ». Juste après ce magnifique titre aux sonorités rappelant les îles de la Caraïbe, E.sy reprend seul chanteur place sur la scène afin de nous offrir un magnifique « Pinting party ». Il nous accorde ensuite un moment acoustique avec pour seul instrument d’accompagnement sa guitare. Ainsi, les voix du public et du chanteur se mêlent sur les chansons « Décidé » et « Love adan tchè mwen ».

Une fois les musiciens en place, on reprend avec « Truc de fou ». Puis, Victor O fait son apparition pour nous interpréter « Mi Natty Dread ». C’est dans un genre plus romantique, que l’on poursuit avec « Es ou paré », mon véritable coup de cœur de la soirée. Généreux avec son auditoire, E.sy Kennenga nous gratifiera même d’un « bis » en nous permettant d’apprécier deux fois cette chanson remplie d’amour. E.sy Kennenga continue avec les chansons « Never give up the fight » et « Sous ton charme ». Cette dernière sera reprise avec Kim pour un condensé de « We fly » et « Je fonds ». Un accueil chaleureux est réservée à cette jeune artiste qui s’affirme de plus en plus dans le monde du zouk.

Le moment que le public attend avec impatience arrive. E.sy nous interprète « Pa pè », un véritable hymne au courage et à la détermination : « Tonbé sa vlé pa di ou échoué, fok ou rilévé la vi’a ka kontinué » (Mot à mot, « Tomber ne veut pas dire échouer, il faut se relever, la vie continue »). Le concert se finira bien évidemment avec deux de ses titres qui ont touché la scène créole. C’est dans un premier temps « Madinina #1 » qui s’est fait entendre. Cette chanson est un hymne à l’amour envers l’île de la Martinique. J’ai particulièrement apprécié l’implication des musiciens sur ce morceau aux allures de kompa rappelant les influences diverses du chanteur. Et pour finir, c’est une version à double mesure de « Nou anlè sa » qui nous est proposé. L’interprétation souhaitée par le chanteur est d’abord douce, presque romantique et ferait presque penser à du zouk. Mais c’est bien sûr, un final avec le rythme du carnaval qui transportera le public dans une joie infinie. Je dirais même que cette chanson aura fini par totalement nous réchauffer alors que l’hiver bat son plein en ce moment. L’auditoire ne cesse alors d’applaudir et de manifester son contentement à ce jeune artiste dont la notoriété prend de l’ampleur à chaque nouveau concert.

A tous les absents, je voudrais simplement vous dire que vous avez eu tort ! Les musiciens qui accompagnaient le chanteur étaient simplement EXCELLENTS. Quant à E.sy Kennenga, il nous aura offert un show très professionnel dans un genre éclectique puisque touchant à la fois à plusieurs genres musicaux : le reggae, la soul, le kompa, le zouk et le dancehall. J’espère rapidement avoir la chance de le revoir sur scène.

EK Trip d’E.sy Kennenga

Copyright : E.sy Kennenga

Pour une présentation rapide du chanteur, E.sy Kennenga a débuté sa carrière musicale au sein du groupe One Day, connu notamment pour les chansons Bato, Pou toujou, Il faut le dire… Ils connurent un succès remarquable en Martinique, Guadeloupe et en Guyane. Il revient cette année sur le devant de la scène en créant tout d’abord un buzz autour de son clip “Nou anlè sa”, le premier extrait de son premier album solo EK Trip. Il fera longtemps parler de lui grâce au clip de ce morceau pour lequel il aura fait appel aux internautes via Facebook. On retrouve d’ailleurs parmi les guests Lieutenant, Pleen Pyroman, Saël, Papa Tank, DJ Galak, Valley, Daly, Captain Nico, et plein d’autres encore… Et donc aujourd’hui, je souhaite vous présenter EK Trip, qui je l’espère, annonce le début d’une longue carrière musicale pour cet artiste martiniquais.

“EK Trip”, la chanson éponyme, est la première de cet album. Il s’agit d’un reggae finalement très acoustique malgré les instruments qui accompagnent la guitare. Les paroles de cet hymne à la positivité nous mettent en condition pour aborder la suite de l’album. Très vite, E.sy Kennenga nous annonce la couleur : il “chante ce qu’il est”, il “est ce qu’il vit” et ne “chante pas pour plaire” aux gens. C’est donc en tout simplicité qu’il nous amène ses lyrics conscientes, tout en délivrant en énorme message d’amour.

De l’amour, on en retrouve d’ailleurs à tous les degrés en parcourant les chansons de cet album, mais notamment à travers les morceaux suivants : “Sous Ton Charme”, “Love Adan Tchè Mwen” et “Es Ou Paré”. Cette dernière est probablement celle qui m’a le plus touché — en grande romantique que je suis… C’est une des plus belles déclarations d’amour que j’ai entendu en chanson cette année. Son refrain ça donne “Doudou es ou paré pou nou voyajé, é esske ou vlé, ké mwen ménéw révé”.

Beaucoup de messages de détermination sont à noter aussi dans cet album comme en témoignent “Décidé”, “Pa Pè” et “Never Give Up”. E.sy Kennenga chante pour donner à tous la force d’avancer malgré les embûches de la vie. Notre quotidien est un combat mais nous nous devons de trouver en nous le courage de continuer à croire en des jours meilleurs. La chanson “Pa Pè” est actuellement celle qui tourne dans les stations radio et à la télé. Je voudrais aussi souligner tout particulièrement l’hommage puissant d’E.sy à toutes les femmes avec “Dédicace à toutes les femmes”. Cette chanson dénonce la violence affligée aux femmes sur un tempo acoustique doux et lent. D’un point de vue technique, elle est juste magnifique.

E.sy Kennenga traite de notions telles que l’unité avec “Yonn” (les notes au piano : un régal) ou encore le respect et le racisme avec “Truc de Fou”. L’artiste voue un culte à notre belle île avec “Madinina #1”. Et des thèmes beaucoup moins sérieux font également leur apparition ici. Ainsi, “Beau Mois De Mai” relate l’histoire d’un jeune homme dont les poches sont vides, “Pinting Party” celle d’une soirée ambiancée et “Nou Anlè Sa” emprunte le rythme du traditionnel carnaval.

Vous l’aurez compris, EK Trip est un concentré de bonne humeur ! Cet album possède des intonations très douces, et la guitare procure aux chansons des sonorités soul/reggae. Ci-dessous, vous trouverez mon véritable coup de cœur musical du moment à savoir “Décidé”, le cinquième morceau de cet album, celui qui m’aura permis de découvrir la voix du chanteur… celui qui m’a rendue suffisamment curieuse pour chercher à en savoir plus sur E.sy Kennenga. Vous pourrez écouter les autres chansons de cet album sur Deezer ou directement acheter Ek Trip en suivant le lien.

TRACKLIST :
01 – EK Trip
02 – Beau Mois De Mai
03 – Sous Ton Charme
04 – Pinting Party
05 – Décidé
06 – Truc De Fou
07 – Pa Pè
08 – Madinina #1
09 – Love Adan Tchè Mwen
10 – Never Give Up
11 – Nou Anlè Sa
12 – Yonn
13 – Es Ou Paré
14 – Dédicace A Toutes Les Femmes