In Love With You d’Erykah Badu et Stephen Marley

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In Love With You est une magnifique chanson interprétée par Erykah Badu et Stephen Marley. Les deux artistes ont enregistré cette chanson soul/reggae il y a presque quinze ans, déjà. Erykah Badu sortait alors son deuxième album studio, Mama’s Gun. Mama’s Gun contient entre autres les chansons Bag Lady ou encore Didn’t Cha Know, qui ont amené Erykah Badu à être nominée pour obtenir le Grammy Award de la meilleure performance vocale féminine en R&B.

Stephen Marley, fils du légendaire Bob Marley, n’avait pas encore la carrière qu’il possède aujourd’hui. Il a longtemps fait parti des Melody Makers avec ses frères et sœurs avant de s’imposer en tant que grand lyriciste. Il a par exemple participé à la production de Halfway Tree et de Welcome To Jamrock de Damian Marley.

Dans ce magnifique titre, In Love With You, Stephen Marley nous relate l’histoire d’un homme complètement épris d’une de ses amies. Cette chanson décrit les relations compliquées qu’il peut y avoir entre deux personnes. Erykah Badu y joue le rôle d’une femme qui n’avait pas conscience des sentiments que possède l’homme auquel elle a pris l’habitude de confier tous ses secrets. Elle dit avoir besoin d’un « homme » dans sa vie quand elle se rend compte de l’amour qui existe entre eux.

Sur le plan strictement musical, cette chanson est une ballade jouée à la guitare, qui confère aux paroles une certaine authenticité, tout en simplicité. Ces sonorités acoustiques donnent le ton à la guitare basse que je crois percevoir en arrière-plan. Le tempo est assez lent finalement. Il nous offre un mélange sonore entre la soul et le reggae. C’était une vraiment très belle œuvre, que je vous propose de redécouvrir aujourd’hui.

Back to my roots

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Une de mes gentilles nouvelles collègues m’a gentiment fait remarquer que je devrais partager cette histoire avec vous, qu’elle pourrait sans aucun doute aider d’autres femmes, ou hommes après tout, aux cheveux crépus qui ne savent plus quoi faire pour prendre soin de leurs cheveux.

Au cours du dernier trimestre de l’année dernière, une idée a tranquillement poursuivi son cours dans mon esprit : « Et si je laissais mes cheveux redevenir naturels ? ». J’en suis arrivée à cette conclusion après une année très difficile pour mes cheveux. Entre le stress quotidien, les petits soucis de santé et les mauvaises nouvelles, j’ai passé une année à essayer de panser mon cuir chevelu avec des méthodes, finalement, pas aussi adéquates que je ne le pensais. Au mois d’août, force était de constater que le résultat n’était pas du tout ce que j’espérais. J’ai eu la pire cassure de ma vie. Il ne me restait presque rien en terme de longueur sur le milieu gauche de ma tête. Alors, j’ai caché du mieux que possible cette atrocité en attachant mes cheveux (ceux-ci étant suffisamment longs devant et derrière), et très peu de personnes n’ont eu connaissance de ce souci capillaire.

Mais voilà, en fin d’année, après utilisation d’un énième produit défrisant, « relaxer », au mois d’octobre, je me suis questionnée sur la nature profonde de mes cheveux, et des traitements que je pourrais leur apporter. J’avais une réelle envie de leur apporter une solution qui pourrait les « calmer ». Et petit à petit, en lisant des blogs de femmes anglophones aux cheveux crépus, je suis arrivée à cette évidence : « Mes cheveux ne supportent plus les différents traitements chimiques et autres défrisages qui leur ont été imposés ».

Alors pourquoi pas revenir au naturel ?

Eh oui ! Pourquoi pas ?! Ça m’a paru être l’idée du siècle sur le moment. Et pourtant, je n’y ai jamais songé « avant ». Ce n’est pas un choix aussi évident qu’il n’y paraît. J’ai rapidement regardé autour de moi, et j’ai très vite compris. Les gens de manière générale, ont une idée de ce qui est « beau ».

Pour la femme noire aux cheveux crépus, il est devenu courant de se faire défriser les cheveux au cours de son enfance, son adolescence, ou de son passage à l’âge adulte. Nos mamans ont adopté cette culture : une fois passée un certain âge, il est temps de songer au défrisage… parce que c’est plus « simple ». Je n’ai pas échappé à cette règle. Je me souviens que je ne voulais pas de ce premier défrisage, mais que la simplicité que j’ai trouvé à me coiffer, et le sentiment de me sentir « belle » aux yeux des autres, m’ont vite fait changer d’avis. C’est triste, mais c’est comme ça. Dans la société dans laquelle j’ai grandi, au moment du défrisage, tu deviens une autre, on te prend au sérieux, tu n’es plus une enfant… Et surtout, tu es « belle » ; et ça, ça a de la valeur quand on quitte le monde de l’enfance (je crois que j’avais 13 ou 14 ans lors de mon premier défrisage).

Seulement voilà, nos cheveux ne sont pas faits pour endurer des années d’exposition aux composants contenus dans les produits défrisants…

Qu’y a-t-il dans ces produits défrisants ?

Ces produits défrisants utilisent des composants tels que l’hydroxyde de sodium, l’hydroxyde de calcium, le carbonate ou l’hydroxyde de guanidine, l’acide thioglycolique et l’hydroxyde de lithium. Ceux-ci ont la particularité de provoquer des irritations du cuir chevelu, l’assèchement de la peau, des fissurations cutanées, de l’eczéma et surtout des cheveux cassés, secs et abîmés.

Aussi, les cheveux, de manière générale, ont un pH compris entre 4,5 et 5,5. Vous vous souvenez sûrement un peu de vos cours de chimie, non ? Le pH est une mesure permettant de mesurer l’acidité d’une solution aqueuse. Un indice de 7 représente la neutralité, comme l’eau. L’acidité naturelle de nos cheveux empêche les champignons et les bactéries de pénétrer le cuir chevelu, et maintient la cuticule fermée et en bonne santé.

Les produits défrisants ont un pH très élevé, ce qui perturbe le pH naturel de la chevelure. Une substance qui est trop alcaline (dont le pH est supérieur à 7 donc) provoque une ouverture de la cuticule du cheveu. En gros, ils sont caustiques, ils décapent les tissus organiques de notre cuir chevelu ! Les cheveux défrisés possèdent donc moins de force que les cheveux naturels, puisqu’ils sont appauvris en sébum, l’huile naturelle du cuir chevelu. Le sébum permet d’ailleurs, entre autres, d’avoir un film gras qui protège le cheveu du froid, du vent et des microbes en l’acidifiant, par exemple.

En plus du produit défrisant au pH élevé, il faut savoir qu’il y a également, dans nos usages courants, des produits qui augmentent le pH des cheveux. Je veux parler des shampooings par exemple, des produits contenant des sulfates et/ou du paraben. La forte pénétration de produits alcalins dans l’hygiène capillaire rend les cheveux plus rêches, plus secs, difficilement démêlables, alors que les shampoings un peu plus acides rendent les cheveux doux et brillants, puisqu’ils auront tendance à resserrer les écailles et à lisser la fibre capillaire.

Alors, quand j’ai commencé à me poser toutes ces questions en fin d’année 2013, je me suis dit que je me devais (et surtout que je devais à mes cheveux) une nouvelle vie capillaire saine !

Comment se déroulent mes premiers mois de transition ?

Je ne vais pas vous mentir, ce n’est pas forcément évident tous les jours. Mes cheveux étaient en transition ces derniers mois. C’est vraiment difficile de se coiffer pendant cette période, déjà en temps normal, mais alors avec mon souci de cassure, je vous passe les détails. L’étape de transition est le stade où les cheveux ne sont plus entièrement défrisés, et où ils possèdent des repousses naturelles. Pendant ce mois de décembre assez difficile, j’ai essayé de me répéter aussi souvent que possible les raisons pour lesquelles j’ai fait ce choix. J’ai bien défini mes objectifs : avoir des cheveux revitalisés et une santé flagrante jusqu’aux pointes, des cheveux plus longs au naturel !

Ne sachant pas quoi faire pour cacher ma différence de longueur de cheveux sur toute ma tête, et pour ne pas avoir à faire un big chop trop court, (un big chop consiste à couper la partie défrisée des cheveux pour retrouver juste un état complètement naturel), j’ai opté dans un premier temps pour une coiffure protectrice classique : la pause de rajouts. Quasi tout le mois de janvier, j’ai donc choisi ce moyen simple de garder le cap vers le naturel. En fin de mois, j’ai eu envie de changer de tête, j’ai tout retiré, et alors là, the big question : quoi faire de mes cheveux ? Pendant quelques temps, j’ai alterné entre tresses et autres coiffures de ce style avec mes propres cheveux.

Puis, désespérée, j’ai été retentée par le défrisage, la facilité de pouvoir plaquer mes cheveux comme je le souhaite. Pendant ces moments, ça m’a aidé de pouvoir en parler à une de mes amies nappy, qui n’a pas hésité à m’envoyer d’autres liens à lire, des idées de coiffure pour les personnes qui ont les cheveux courts et naturels, etc. Sur ses conseils, j’ai finalement opté de me remettre aux tresses avec rajouts, pour ne pas succomber à la commodité (d’ailleurs, merci beaucoup Sika!).

Et là, pendant ce dernier week-end d’avril, en retirant mes tresses, je me suis rendue compte que mes cheveux les plus courts, là où j’ai eu ma plus importante chute au mois d’août dernier, ont bien poussés ! Ils ont approximativement la moitié de la longueur d’un doigt : wouhou ! Et donc, bien que j’avais prévu initialement de passer au big chop seulement quand tout mes cheveux seraient redevenus naturels, j’étais trop excitée ! Et j’ai coupé mes cheveux ! Enfin ! J’ai à nouveau une longueur égale sur toute ma tête, et je commence à me réhabituer avec mes boucles originelles. Je ne trouve toujours pas mes cheveux suffisamment longs pour les porter courts et naturels, alors j’ai opté pour des tresses ! Mais la phase 1 est bel-et-bien enclenchée. :)

Je tenterai à l’avenir d’écrire de temps en temps un article consacré à l’évolution de mes cheveux enfin 100% naturels, de leur entretien surtout. Affaire à suivre donc ! Et d’ailleurs, si vous n’êtes toujours pas convaincu(e)s, sachez qu’il y a quelques stars qui le revendique complètement (et je trouve ça magnifique) comme Solange Knowles, Lianne La Havas ou Erykah Badu et Janelle Monáe par exemple.