E.sy Kennenga à La Cigale

Christelle

Le 1er novembre dernier, j’ai assisté au concert d’E.sy Kennenga à La Cigale, une salle de spectacle située au plein cœur de Paris qui accueillait auparavant uniquement les représentations théâtrales. Et bien que je commence à être ce que l’on pourrait appeler une fan inconditionnelle de cet artiste à la voix d’or, j’ai été agréablement surprise de découvrir encore une nouvelle facette de la relève de la scène musicale antillaise. Et ce, grâce à des personnalités qui m’auront marquées tout au long de cette soirée.

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NDX et Barone en première partie

NDX est le premier à monter sur les planches et à nous servir un show tout en poésie rythmique. Je ne connaissais pas ce jeune chanteur d’origine guadeloupéenne qui, ma foi, pourrait appartenir (selon moi) à plusieurs univers : il nous a desservi un mélange de rap underground, de slam et de hip hop tout en jouant de son aisance scénique pour toucher le public. De sa prestation, je retiendrais particulièrement sa reprise de la base instrumentale de To Zion empruntée à la célèbre Lauryn Hill. Il était accompagné de Natoo pour nous délivrer ce message universel d’amour.

NDX partageait la première partie de ce concert en collaboration avec Barone – mon petit coup de cœur de la soirée. Barone est arrivée avec tellement de simplicité et de talent sur la scène que j’en ai été tout de suite bouleversée. Son instrument de prédilection, le piano a ajouté une dimension intime à sa performance. L’auditoire était silencieux, attentif aux moindres dires de l’artiste, comme si elle pourrait lui apporter LA solution ultime à tout problème. Je pense que Barone fait partie de ces chanteurs qui savent vraiment tenir leur public en haleine. Elle nous a interprété les titres La Nuit, Rèv An Mwen, An Péké Mô Ba’w, Mes Rêves, Goûte Moi et Jump Up avec le rythme caribbéen du carnaval. Sa voix juste sublime m’a finalement rendu curieuse : Barone est également originaire de la Guadeloupe. Elle travaille actuellement sur la réalisation de son premier album Boom Cœur avec un premier duo annoncé avec Mike Kenli, Zouk An Nou.

Le concert d’E.sy Kennenga

E.sy Kennenga démarre sa représentation avec Décidé sous un tonnerre d’applaudissements. Il est accompagné comme à l’accoutumée de Joël Jaccoulet au clavier, de Cédric Cléry à la batterie et de Rémi Rascar à la basse. Il est également épaulé de Goldee et de Mustaf Kennenga, son frère, en tant que back-up vocal, et de Yann Négrit à la guitare électrique, de Frantz Laurac au piano et au synthétiseur et de Boogly aux percussions.

La chanson éponyme du premier album d’E.sy Kennenga, EK Trip, résonne ensuite dans toute la salle de la Cigale. Le public est, à mon sens, à la fois attentif et survolté, comme pour remercier l’artiste martiniquais de nous avoir réuni pour ce moment musical. C’est ensuite avec La La La que le concert se poursuit. Le ton est donné, le show est lancé et le public savoure ! E.sy Kennenga ne se contente pas de présenter les chansons figurant sur son album de la manière la plus classique qu’il soit : il a revisité, pour notre plus grand plaisir, les chansons Beau Mois de Mai qui sera agrémentée d’une version merengue, Truc De Fou qui se transformera en un magnifique morceau de kompa et Question de Time qui fera l’objet d’un medley de chansons qu’E.sy Kennenga chantait il y a déjà quelques années. Aussi, notons la présence des violons, qui adouciront le tempo de certaines mélodies. Un véritable régal pour les oreilles.

E.sy Kennenga va ensuite faire appel à Goldee et Gee Mylo pour un petit retour dans le temps. Ensemble, ils avaient fait partie du groupe One Day alors qu’ils poursuivaient encore leurs scolarités sur l’île. Leurs chansons sont d’ailleurs bien connues dans les Antilles. Et donc, les trois chanteurs vont nous offrir sur scène un petit medley des chansons qu’ils chantaient ensemble à l’époque : ils reprennent d’abord les chansons Pou Toujou, Il Faut Le Dire et Mon Ange. Avant de finir sur Bato, une chanson dénuée de sérieux qui a largement contribué à la popularité du groupe.

E.sy Kennenga parcourt ce soir-là l’intégralité de son premier album. Ainsi, il nous interprète Dédicace à toutes les femmes devant un auditoire féminin plus que conquis, avant de reprendre Es Ou Paré, de la plus brillante manière qu’il soit. Tout semble orchestré à la minute près, et l’on peut que saluer le merveilleux travail des musiciens accompagnateurs de l’artiste. Le show continue alors avec Never Give Up The Fight, une chanson dont le message à une portée d’espoir et de courage face aux tracas du quotidien. Puis, rapidement, on retrouve les chansons, sans doute les plus connues de l’artiste à savoir Sous Ton Charme et surtout Pa Pè, que l’on pourrait presque considérer comme le titre qu’il lui aura permis de parfaire sa renommée désormais incontestable.

Ce n’est la première fois que j’assiste au concert d’E.sy, et pourtant, je suis toujours aussi surprise de la facilité avec laquelle il s’adresse à nous, son public. Il semble parfois surpris, voire ému, de nous entendre chanter par cœur les paroles de ses textes. Pour Yonn, il sera accompagné de Jimmy Felvia au piano. Jimmy Felvia, est par ailleurs, celui qui a composé ce morceau qui parle d’union et de solidarité entre les hommes.

Puis, E.sy Kennenga va nous présenter ses dernières compositions dont notamment Qu’est-ce-qu’on attend et We Fly, qui appartiendront, je l’espère, à un second album. Il poursuit avec Fout’, un titre dancehall qui a su donner de l’énergie aux milliers de personnes présentes ce soir-là. Et d’ailleurs, E.sy Kennenga nous propose une deuxième surprise sur l’interprétation de ce titre : la participation de Paille. Cet artiste martiniquais, qui évolue également dans le monde du dancehall et qui œuvre à la reconnaissance de l’underground local, nous propose un spectacle énergique ! Les deux semblent prendre un certain plaisir à nous offrir ce moment.

C’est ensuite au tour d’Admiral T d’arriver sur scène pour interpréter le remix de Pinting Party, titre sur lequel ont collaboré les deux chanteurs il y a peu. Admiral T ne va pas nous quitter tout de suite, puisque déjà, la mélodie de Respekté’w résonne dans la salle. Ils commencent à deux ce titre sur les planches de La Cigale, mais ne vont pas le rester très longtemps, puisque l’un après l’autre Misié Sadik, Riddla et Daly – le véritable auteur de cette chanson – vont arriver en chantant le couplet qui leur est propre.

Comme pour calmer quelque peu les esprits, qui sont échauffés après une telle accumulation de tant de "cadeaux musicaux", E.sy Kennenga choisit cet instant pour nous proposer Madinina #1, un hymne à son île la Martinique. Cette chanson est d’ailleurs chantée en parfaite communion avec le public, qui, comme pour accompagner Goldee et Mustaf Kennenga, s’implique à fond dans sa mission de chœurs.

C’est enfin avec Va K Band, qu’E.sy Kennenga clôture la longue liste des invités à son concert. Il nous propose un classique, mais toujours aussi plaisant Nou Anlè Sa, et Va K Band nous permet d’entendre le bon son du carnaval, de quoi nous faire totalement oublier le froid qu’il y a dehors. Ce concert s’achève alors sur Love adan tchè mwen, une chanson d’amour qui fera pleurer E.sy Kennenga alors qu’il remercie ses fans pour leur soutien.

J’ai, pour ma part, passé un excellent moment dans ce concert. Je trouve, par ailleurs, que la carrière d’E.sy Kennenga ne cesse de prendre de l’essor depuis la première fois que je l’ai vu sur scène. Il a évolué techniquement, et sa grande simplicité et sa capacité à rester humble devant toute situation lui procure une sympathie manifeste de ses auditeurs.

E.sy Kennenga au New Morning

Johanna Bizet

Le concert d’E.sy Kennenga a eu lieu le 14 janvier au New Morning, une salle parisienne dans laquelle de nombreux concerts toute l’année ont lieu. La grande particularité de cette salle est sa convivialité : les artistes se présentant sur la scène sont réellement proches du public. De manière générale, cette pièce accueille des musiciens de jazz, de soul et de salsa.

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Ma première découverte musicale de cette année 2011 concerne Freepon. C’est lui qui assurait la première partie du concert d’E.sy Kennenga ce soir-là. Accompagné de sa guitare et de deux autres musiciens, cet artiste entier a su, grâce à son style subtil et sa musique douce, nous faire parcourir des thèmes tels que l’indifférence, l’inégalité ou l’amour à travers ses chansons. Tantôt sérieux, tantôt ambianceur, Freepon a touché un large public grâce à ses textes d’espoir. Le public, connaisseur, a joué le rôle de chœurs notamment sur les chansons « Doucinéw » ou « My Superstar ». J’ai, pour ma part, eu un réel coup de cœur pour la voix de cet artiste qui semble être polyvalent tant il se joue de son auditoire pour déclamer ses chansons aux textes réalistes.

Puis, E.sy Kennenga nous rejoint sur la scène du New Morning. Il est accompagné de Joël Jaccoulet au clavier, de Rémi Rascar à la basse et de Cédric Cléry à la batterie. Le show commence avec « Ek Trip », la chanson du même nom que le premier album solo de l’artiste. Il poursuit son show avec « La La La » puis « Malpalan », une très belle chanson qui aborde – comme son titre l’indique – le thème de la médisance. Accompagné de Jimmy Felvia au piano, E.sy nous interprète « Yonn », un morceau sur la tolérance. Pour poursuivre dans la même lancée, Kenzy nous rejoint sur la scène du New Morning pour « Frè é sè », en témoignage de respect aux « îles-sœurs », la Martinique et la Guadeloupe.

On change de registre avec « Beau mois de mai » et « Question de time ». Une partie beaucoup plus dancehall s’offre alors à nos yeux avec par exemple « Rété Fo » du Ghetto Raid vol.3. Aussi, on accueille Goldee pour une interprétation de « Comme du wine » en duo avec le chanteur. Goldee est une artiste originaire de la Martinique aux talents multiples. Elle est notamment connue pour ses titres « Pointe des Nègres » ou « Chaque Jour ». Juste après ce magnifique titre aux sonorités rappelant les îles de la Caraïbe, E.sy reprend seul chanteur place sur la scène afin de nous offrir un magnifique « Pinting party ». Il nous accorde ensuite un moment acoustique avec pour seul instrument d’accompagnement sa guitare. Ainsi, les voix du public et du chanteur se mêlent sur les chansons « Décidé » et « Love adan tchè mwen ».

Une fois les musiciens en place, on reprend avec « Truc de fou ». Puis, Victor O fait son apparition pour nous interpréter « Mi Natty Dread ». C’est dans un genre plus romantique, que l’on poursuit avec « Es ou paré », mon véritable coup de cœur de la soirée. Généreux avec son auditoire, E.sy Kennenga nous gratifiera même d’un « bis » en nous permettant d’apprécier deux fois cette chanson remplie d’amour. E.sy Kennenga continue avec les chansons « Never give up the fight » et « Sous ton charme ». Cette dernière sera reprise avec Kim pour un condensé de « We fly » et « Je fonds ». Un accueil chaleureux est réservée à cette jeune artiste qui s’affirme de plus en plus dans le monde du zouk.

Le moment que le public attend avec impatience arrive. E.sy nous interprète « Pa pè », un véritable hymne au courage et à la détermination : « Tonbé sa vlé pa di ou échoué, fok ou rilévé la vi’a ka kontinué » (Mot à mot, « Tomber ne veut pas dire échouer, il faut se relever, la vie continue »). Le concert se finira bien évidemment avec deux de ses titres qui ont touché la scène créole. C’est dans un premier temps « Madinina #1 » qui s’est fait entendre. Cette chanson est un hymne à l’amour envers l’île de la Martinique. J’ai particulièrement apprécié l’implication des musiciens sur ce morceau aux allures de kompa rappelant les influences diverses du chanteur. Et pour finir, c’est une version à double mesure de « Nou anlè sa » qui nous est proposé. L’interprétation souhaitée par le chanteur est d’abord douce, presque romantique et ferait presque penser à du zouk. Mais c’est bien sûr, un final avec le rythme du carnaval qui transportera le public dans une joie infinie. Je dirais même que cette chanson aura fini par totalement nous réchauffer alors que l’hiver bat son plein en ce moment. L’auditoire ne cesse alors d’applaudir et de manifester son contentement à ce jeune artiste dont la notoriété prend de l’ampleur à chaque nouveau concert.

A tous les absents, je voudrais simplement vous dire que vous avez eu tort ! Les musiciens qui accompagnaient le chanteur étaient simplement EXCELLENTS. Quant à E.sy Kennenga, il nous aura offert un show très professionnel dans un genre éclectique puisque touchant à la fois à plusieurs genres musicaux : le reggae, la soul, le kompa, le zouk et le dancehall. J’espère rapidement avoir la chance de le revoir sur scène.