Organ Donor de Laza Morgan et Admiral T

Copyright : Charly Clodion

Depuis quelques jours déjà, ma sœur me propose quelques-uns de ses coups de cœur musicaux, dont je n’aurais pas forcément entendu parler. Il y a déjà une semaine, elle m’a proposé d’écouter cette chanson unissant Laza Morgan et Admiral T sur un même titre.

Organ Donor sort en ce début d’année 2014, au cours du mois de février. La première version de cette chanson, sur laquelle l’artiste jamaïcain chante seul, est sorti en 2011, sur la compilation First Look du chanteur. Cette mixtape de Laza Morgan possède huit titres, tous plus engageants les uns que les autres !

Le clip d’Organ Donor a visiblement été tourné dans un hangar de la ville de Montreuil, et c’est Charly Clodion qui était à la réalisation de celui-ci. Organ Donor commence avec les notes d’un synthétiseur, et c’est la première voix d’Admiral T qui nous informe qu’ils sont tous deux réunis pour tirer des "rafales d’amour", donner leurs cœurs, comme des donneurs d’organes.

Cette chanson, au tempo plutôt reposant, se veut révélatrice de tout ce que nous sommes capable de faire par amour pour sa famille, pour ses amis. Elle évoque le don de soi au quotidien, cette capacité à répondre toujours présent pour aider les autres, sans rien attendre en retour.

C’est une chanson sur l’amour. Ça parle de sacrifice. J’y explique que je suis prêt à me sacrifier pour mon frère. C’est un titre qui parle de ce que tu es capable de faire pour ta famille.

Je l’ai écrit en quinze minutes, parce que les paroles sortaient directement de mon cœur. Et je voulais en profiter pour dire un BIG UP à Admiral T, qui est venu m’accompagner sur ce titre !

Laza Morgan

Laza Morgan est reconnaissant de la vie qu’il mène, et demande au Tout Puissant de toujours veiller sur les siens, alors qu’Admiral T nous délivre ces paroles : "La vie est belle, La vie est belle, Tous les jours, Remercie le Ciel, Même si nos problèmes sont réels, On aperçoit l’arc-en-ciel".

A noter que Kalash est également présent dans le clip de cette chanson. On l’aperçoit de temps en temps à l’image, entrecoupé par de jolies demoiselles, légèrement vêtues… :)

Interview de Laza Morgan

Copyright : christelle.

Laza Morgan est un artiste originaire de la Jamaïque aux multiples facettes. Fils du célèbre Denroy Morgan, immense chanteur et musicien jamaïcain, il a passé son enfance entre les Etats-Unis et la Jamaïque, bercé par les rythmes de la musique. A l’aube de la sortie de son premier album en tant qu’artiste solo, il a accepté de répondre à mes questions, pour mon grand plaisir.

Pensez-vous que votre famille qui est ancrée dans le monde musical, que votre père, vos frères et sœurs, Morgan Heritage, ont apporté quelque chose de spécial dans votre carrière ?

Oh oui ! Ma famille m’a apporté des choses vraiment spéciales dans ma carrière d’artiste solo car la plupart de mon développement musical, je l’ai fait avec Morgan Heritage. J’ai été dans un jeune groupe aussi avec d’autres membres de ma famille, LMS. J’ai aussi fait plusieurs scènes autour du monde avec Morgan Heritage, et avec mon père. Vous savez, j’ai énormément appris de mon père et de Morgan Heritage. Ils ont fait énormément pour moi, pour ma carrière aussi bien en tant que groupe, qu’en tant qu’artiste solo.

Vous avez créé votre premier groupe musical avec votre frère, The Dredz. A quel moment avez-vous su que vous aurez votre pierre à apporter dans le monde de la musique ?

Eh bien, j’ai grandi dans une famille où la musique a une place vraiment importante. Je suis tombé amoureux de la musique à un très jeune âge. Ma vraie première influence musicale a été le hip-hop. Mon père m’a fait découvrir le reggae et le dancehall alors que j’étais adolescent. Et comme vous le disiez, mon frère et moi avons formé le groupe The Dredz pendant cette période. Nous avons été en Jamaïque, nous avons fait plusieurs scènes. Toute cette expérience fait partie de mon évolution musicale : faire des concerts avec LMS, Morgan Heritage, Gramps Morgan… C’est vraiment quelque chose de spécial vous savez.

Quelles genres musicaux et/ou artistes ont influencé votre musique à cette époque ?

Il y a eu beaucoup d’influences différentes dans ma musique, car j’ai à la fois grandi aux Etats-Unis et en Jamaïque. J’ai écouté beaucoup de genres de musique différents. J’écoute beaucoup de R&B, de hip-hop, beaucoup de pop et de reggae bien sûr, car le reggae c’est la "base". Ce que vous retrouvez dans ma musique en tant qu’artiste solo est un mélange de tout ces genres. C’est vraiment international, une fusion entre le hip-hop, le pop, le R&B…

Je me souviens du temps où vous étiez dans le groupe LMS avec votre frère et votre sœur, à l’époque où vous chantiez « Zion gates » par exemple…. Pouvez-vous nous dire comment s’est passé votre entrée dans le monde du reggae ?

Cet album justement, Zion Gates, a été le second album du groupe LMS. A cette époque, nous travaillions avec Philip ‘Fattis’ Burrel, un illustre jamaïcain, du label X-terminator. Il a aussi produit des artistes comme Sizzla, Luciano, Mikey General… Donc à cette époque, nous avons eu la chance de profiter de beaucoup d’expérience, de l’expérience de vrais chanteurs roots/reggae, des artistes importants en Jamaïque.

LMS a sorti quatre albums dont ‘Reality Check’ et ‘London to Paris’, et a fait le tour du monde à plusieurs reprises avec Morgan Heritage. Comment exploitez-vous cette expérience dans votre carrière ?

Toutes les choses que j’ai apprises avec LMS et en faisant des scènes avec Morgan Heritage, ça m’a permis de m’équilibrer. Ça m’a rendu fort pour devenir un artiste solo. Toutes ces expériences, travailler avec différents producteurs, faire des concerts, ça m’a réellement permis de savoir comment prendre soin de moi en tant qu’artiste solo, car nous avons énormément travaillé et nous avons essayé de traiter les gens qui nous écoutent avec respect. Toutes ces expériences m’ont réellement aidé à devenir un artiste solo.

Pourquoi avez-vous choisi de commencer une carrière en solo ?

Eh bien, c’était une chose dont notre père, Denroy Morgan, nous a toujours parlé dès notre plus jeune âge parce qu’il voit chacun de ses enfants comme des individus à part entière. Il voit des choses spéciales pour chacun d’entre nous. Il avait l’habitude de nous dire que nous devrions tous penser un jour à faire des projets en solo. Vous savez, nous avons tous commencé à faire de la musique en famille, dès le plus jeune âge. Et donc, il nous a toujours dit que chacun des membres de LMS devrait se reconsidérer en tant qu’artiste solo et pas seulement en tant que membre d’un groupe. Morgan Heritage a toujours été un groupe, LMS comme vous le disiez un peu plus tôt, a commencé par The Dredz : je chantais avec mon frère et nous avons ensuite décidé de monter notre groupe. Mon père voyait de grandes choses pour chacun d’entre nous et nous a conseillé de travailler en solo un jour. LMS a sorti quatre albums et je me suis dit "Ok, passons aux projets en solo".

Est-ce que le temps où vous chantiez avec vos frères et sœurs vous manque ?

Oh oui ! Biensûr que ça me manque ! Ça m’a rendu fort parce que quand nous faisions des scènes, des lives, j’avais toujours quelqu’un sur ma gauche et quelqu’un sur ma droite. Dans un groupe vous savez, quand vous avez votre frère et votre sœur, c’est comme si vous aviez des épaules sur lesquelles se reposer. En tant qu’artiste solo, tout repose sur moi : tous les yeux sont tournés vers moi. Mais ça a des bons côtés aussi ! Je réaliserai un autre projet LMS bientôt, dans le futur.

Comment décrireriez-vous votre musique personnelle ?

Ma musique personnelle est un mélange de pop, de hip-hop, d’R&B dont la base restera toujours le reggae. C’est, à mon sens, ce qui rend ma musique internationale.

De nos jours, où trouvez-vous votre inspiration pour écrire vos chansons ?

Je tire la plus part de mon inspiration de ma vie, je fais le vide dans ma tête, je me laisse traverser par l’esprit, je le laisse me donner de bonnes vibrations. Quand je suis au studio avec les producteurs à créer de la musique ou quand nous réalisons les mélodies sur nos claviers, nos guitares, celles-ci touchent mon esprit… La vie est la meilleure des inspirations. Donc je dirais que mon inspiration vient de là, elle vient de ma positivité.

Comment décrireriez-vous vos chansons à quelqu’un qui n’aurait jamais entendu parler de vous ?

Je décrirai mes chansons comme des chansons d’amour. Je parle toujours d’amour.

Comment sont nées vos collaborations avec Alexandra Burke et Tifa ?

Ce sont deux artistes avec lesquelles j’ai adoré collaborer. Premièrement Alexandra Burke est une artiste britannique. Cette collaboration est née grâce à un label, son label, qui est venu à ma rencontre pour que nous fassions un duo ensemble. Quand j’ai entendu pour la première fois sa chanson, je me suis dit "Wahou !". Je l’ai ensuite rencontré, et apprendre qu’elle a des origines jamaïcaines a été une véritable surprise pour moi. Cette collaboration a été super ! Nous avons sorti la chanson Start Without You et elle a été #1 en Grande-Bretagne, ça représente quelque chose d’énorme pour moi.

Et Tifa ! Tifa est une jeune femme artiste et deejay jamaïcaine. Alors que j’étais en Jamaïque, je l’ai vu pour la première fois au Reggae Sumfest, chanter sur scène. J’ai tout de suite adoré son style. J’ai donc tout de suite souhaité collaborer avec elle, et nous avons travaillé ensemble. Cette chanson s’appelle "Love me too" et est sortie en Jamaïque. Elle a vraiment de bonnes vibrations.

Comment s’est passé votre participation pour le film de Disney « Sexy Dance 3 » ?

Ça a été ma première chanson en tant qu’artiste solo. Cette chanson appelée This Girl est sortie pour le film de Disney "Sexy Dance 3 3D". Et ce single m’a vraiment ouvert beaucoup de portes, nous avons fait un clip pour cette chanson, et elle a eu des millions de vues. Du coup, beaucoup de personnes ont connu Laza Morgan en tant qu’artiste solo grâce à cette chanson. Cette chanson m’a permis d’enregistrer pour Elektra Records, et donc, cette chanson est vraiment spéciale pour moi.

Pouvez-vous m’en dire plus sur le titre « One by one » ? Comment s’est passé votre collaboration avec Mavado ?

A l’époque où nous avons enregistré This Girl, j’enregistrais également One By One. C’était mes débuts en tant qu’artiste solo, et c’est grâce à un travail commun avec mon producteur que nous avons pu réaliser One By One. Elle a été la chanson préférée de ma production. Un jour, mon manager m’a envoyé un message me demandant avec quel artiste jamaïcain j’aurais voulu chanter en duo. Puis, il m’a demandé si Mavado ça me plairait, je lui ai répondu "Mavado !!! Oh oui !!". Parce deux ans avant cet épisode, j’étais en première partie du concert de Mavado à Atlanta et on avait beaucoup discuté ensemble. Et nous nous étions dit "Un jour, nous devrions faire une chanson ensemble". Et c’est arrivé deux ans plus tard donc "Praise to Jah" et "Big up Mavado !". J’ai entendu la chanson et c’était comme mettre de la crème sur un gâteau vous savez, je l’ai énormément remercié !

En France, nous connaissons deux autres versions de cette chanson, une avec Gizmo, l’autre avec Kenza Farah. Que pensez-vous de ces morceaux?

Ça réchauffe vraiment mon cœur de savoir que One By One a traversé les frontières jusqu’à la France, jusqu’aux personnes habitant en France. Les Français adorent cette chanson. Et la version de Gizmo a été un réel big up pour moi parce que Gizmo est un jeune rappeur de la communauté française et j’adore son style. Je l’ai rencontré, et il était super sympa : tranquille et disponible. C’est comme s’il était mon petit frère de cœur… Et Kenza Farah est une grande chanteuse, je sais qu’elle a un bel avenir devant elle. Elle est vraiment connue en France. Ces deux versions apportent un autre niveau à ma musique. Ça l’a rend plus forte. Kenza et Gizmo touchent deux mondes, deux univers différents et c’est une bénédiction pour moi en tant qu’artiste de pouvoir les avoir tous les deux sur mes enregistrements.

Vous avez eu la chance de pouvoir partager la scène avec beaucoup d’artistes différents. Que gardez-vous de ces rencontres ?

Eh bien, j’apprécie les rencontres d’artistes car nous partageons de bonnes vibrations. J’aime voir ce qu’ils représentent sur scène, voir comment on partage ensemble sur podium. Et partager toutes ces choses avec ces artistes, des amis, est un sentiment particulier car nous travaillons tellement pour réaliser de la bonne musique. Pouvoir jouer à la lumière, sous les projecteurs est un autre niveau dans la musique. et j’adore avoir l’opportunité de chanter auprès de grands chanteurs et voir de l’énergie se dégager… On partage des énergies positives !

A quelle place positionnez-vous la Jamaïque dans vos textes ?

La Jamaïque sera toujours présente dans les paroles de mes chansons. Elle sera toujours la base de ma musique parce que je pense tous les jours à la Jamaïque et je pense à mes amis jamaïcains. Je viens de la Jamaïque, le reggae vient de la Jamaïque et donc, je veux plaire aux jamaïcains avant tout. Je penserai toujours à mon île.

Parmi votre répertoire, quelles seraient les chansons que vous aimeriez qu’une personne qui ne connaît pas votre musique écoute en premier ? Et pourquoi ?

Je voudrais que les personnes qui ne connaissent pas mes chansons commencent par écouter This Girl car c’est la première chanson que j’ai créé en tant qu’artiste solo. Ils doivent d’abord écouter This Girl puis écouter One By One. Ces chansons racontent l’histoire de l’homme, Laza Morgan.

Qu’avez-vous prévu pour les mois prochains ?

Pendant les mois à venir, je vais finir de produire mon album, finaliser ses derniers arrangements et préparer sa sortie. Aussi, je ferai plusieurs scènes au Canada, quelques shows dans la Caraïbe, en Guadeloupe, en Martinique… J’ai beaucoup de travail pour les prochains mois !

Pouvez-vous m’en dire plus sur votre futur album ?

Mon futur album possèdera plusieurs featurings. J’ai travaillé avec plusieurs artistes différents. Je travaille aussi avec de nombreux chanteurs français : Colonel Reyel et Krys, d’excellents artistes originaires de la Caraïbe. Je travaille aussi avec des chanteurs de hip-hop français, et pas mal d’artistes américains. J’ai un duo avec B.o.B, et j’espère avoir la chance de chanter avec Bruno Mars. J’ai collaboré avec Cee-Lo Green grâce à mon label. Je m’envole pour Los Angeles afin de finir mon album dans les prochains jours. Cet album sera vraiment riche et a pour principal objectif de donner de la joie aux gens. C’est un album que les personnes apprécieront et grâce auxquels ils s’amuseront !