Ayo au Trianon de Paris

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Jeudi soir, j’ai pu assister au show exceptionnel d’Ayo dans la (magnifique) salle du Trianon de Paris. Et je pense que c’était simplement le meilleur concert auquel j’ai été jusqu’à l’heure actuelle. Ayo a cette faculté de capter l’attention du public avec une simplicité des plus déconcertantes. Ses interprétations ne peuvent pas laisser quelqu’un indifférent…

Tout d’abord, du point de vue de sa technique vocale, il n’y a rien à revoir : tout est déjà là ! Tantôt fragile, tantôt emprunte de force, sa voix frôle l’équilibre parfait : elle relève du surnaturel. Ayo possède réellement ce que certains qualifieraient un « don de Dieu ». Ensuite, en dehors de ses compétences vocales, il y a le personnage touchant qui l’anime. Quand elle nous interprète une chanson d’ordre sérieux voire triste, son visage semble porter la misère du monde. Ayo nous transmet ses émotions si bien que, l’on a presque envie de pleurer et de souffrir avec elle. (J’ai moi-même traversé de grands moments de frissons, notamment en écoutant l’histoire de Julia.) À l’inverse, quand il s’agit de nous faire partager une anecdote beaucoup plus joyeuse : elle rit, elle prend du plaisir sur la scène, elle reflète la joie et la bonne humeur. J’ai adoré ce double univers que possède sa personnalité, car c’est après tout, la marque inconditionnelle de l’être humain.

Aussi, j’ai eu le sentiment, à sa manière de nous remercier de notre présence et de l’amour que nous lui portons, que nous n’étions pas tant que ça spectateurs de la représentation d’Ayo mais qu’au contraire, Ayo était venue à la rencontre du public parisien. Je ne sais pas si je me fais bien comprendre ici mais elle semblait tellement heureuse d’être présente avec nous. Quoiqu’il en soit, hier soir, elle est devenue l’artiste que je préfère, celle que je souhaiterais rencontrer en personne, en admettant que les rêves soient permis.

Découvrez le concert d’Ayo au Trianon en vidéos ! UNE ASTUCE : Vous pouvez sélectionner la vidéo que vous souhaitez visionner en cliquant sur le bouton « Playlist » de YouTube.

Les premières notes de piano résonnent dans la pièce. Ayo démarre judicieusement son concert avec How Many People, le premier titre de Billie-Eve, son dernier album. C’est d’ailleurs par une réelle ovation du public que l’artiste est accueillie sur l’estrade, après nous avoir chanté l’introduction en coulisses. Elle nous offre alors quelques sourires, presqu’étonnée de voir la salle aussi remplie et impatiente, puis reprend l’interprétation de cette chanson aux allures de reggae dans un respect quasi religieux de l’auditoire. On mesure alors l’importance de chaque mot, chaque phrase, et le mélange piano / guitare basse / guitare électrique / batterie est juste ÉNORME.

On enchaîne avec I Am Not Afraid, une chanson appartenant au deuxième album d’Ayo : Gravity At Last. Le temps d’enfiler sa guitare et de nous danser quelques pas sous une pluie d’applaudissements, Ayo nous affirme d’une voix forte qu’elle « n’a pas peur », que cela n’en déplaise. Je tiens par ailleurs à souligner l’impeccable travail de l’orchestre qui l’entoure car les accords étaient parfaits, et ce durant toute la soirée ! Avec I Am Not Afraid, le calme et ces questionnements autour de la vie imposé par How Many People s’effacent peu à peu pour laisser place à une ambiance des plus chaleureuses.

Toujours accompagnée de son instrument de prédilection, un puissant Help Is Coming nous est offert. Ce titre est certes, emprunt d’espoir mais Ayo souhaite également nous faire prendre conscience à travers celui-ci que l’on manque souvent d’initiatives face à notre quotidien : « How come you never try to change the situation ? How come you always escape out of a serious conversation ? » (Pourquoi ne jamais avoir essayé de changer la situation ? Comment peux-tu toujours échapper à une conversation sérieuse ?) Il s’agit d’affronter la vie comme elle vient, et de ne jamais désespérer quoiqu’il puisse nous arriver car « l’aide est en chemin ».

I’m Gonna Dance arrive pour mon plus grand plaisir ! Ayo troque sa guitare classique pour une guitare électrique afin de nous interpréter cette chanson, qui est juste, comme je l’ai déjà dit lors de l’écriture de ma chronique de Billie-Eve, l’un de mes véritables coups de cœur de cette année 2011 ! Je ne vais pas me paraphraser — pour reprendre l’expression de mon prof d’ « Internet : publics et usage » — mais ce titre plutôt rock est un hymne à la vie ! L’euphorie a manifestement envahi le public, qui en délire, s’est mis à entonner « AYO »… Vient alors I Can’t, comme adoucir les mœurs :) La version que l’on nous propose ce soir-là est bien plus douce que celle figurant sur Billie-Eve, ce que j’ai personnellement préféré — mais ça c’est probablement car le piano y avait une place plus importante du coup…

Dans un registre reggae, Ayo poursuit son show (sans instrument cette fois) avec It’s Too Late. Tout comme sur son album, les premières notes qui se font entendre sont celles du piano, puis petit à petit, les instruments se succèdent et s’entremêlent pour cette magnifique mélodie. Je le disais au début de cet article : Ayo sait comment transmettre les émotions et cette chanson le prouve de manière assez claire. Alors qu’elle évoque ici l’incompréhension et les blessures ouvertes malgré le temps qui passe, le visage de la chanteuse semble s’obscurcir et reflète soudainement la souffrance et le désespoir. Elle est comme habitée par la musique. D’ailleurs le public est maintenu en haleine tout au long de cette chanson. L’intensité atteint son maximum quand elle prononce ces paroles : « You will never know how I feel… This wounds will never heal… » (Tu ne sauras jamais ce que je ressens… Ces blessures ne guériront jamais…).

L’interprétation de Julia est sans aucun doute la partie la plus émouvante de ce concert. Ayo est alors seulement accompagnée de son pianiste. Elle nous explique pourquoi elle a écrit cette chanson. « La vie est très très courte. […] Le temps est précieux. » On apprend qu’elle est heureuse d’avoir eu la chance de faire une « jolie rencontre » dans sa vie : celle de Julia. C’était une jeune fille de 18 ans, qui possèdait une grande force de caractère mais qui malheureusement est décédée. Grâce à la musique, nous dit-elle, il n’y a pas de place pour la mort : « La mort n’existe pas. C’est le corps qui part mais l’esprit reste toujours ici ».

Puis, uniquement accompagnée de son bassiste, Ayo nous chante Letter By Letter, un titre plein de groove qui nous replonge dans une atmosphère plus sereine. La chanteuse nous offre quelques sourires et finira même par retirer ses chaussures pour partager avec nous quelques pas de danse au rythme des applaudissements. Elle accueille ensuite son premier « guest » pour un featuring des plus impressionnants. Il s’agit de Sly Johnson, un as du beat boxing capable de reproduire la base rythmique de n’importe quelle mélodie en ayant pour seul instrument sa bouche. Et à eux deux, ils revisitent deux tubes phares du hip hop américain à savoir « Make It Hot » de Nicole, Missy Elliot feat. Mocha (Ayo reprend exclusivement le couplet de Mocha) puis « Rapper’s Delight » des The Sugarhill Gang. Le tout était orchestré par une mise en scène plutôt sympathique.

Un deuxième « guest » est appelé sur le podium : il s’agit bien évidemment de Matthieu Chedid aussi connu sous le pseudonyme -M-. Visiblement très attendu par le public qui l’acclame, il arrive, guitare acoustique en mains, pour accompagner Sly Johnson et Ayo sur Real Love, qui comme son nom l’indique est un titre rempli d’amour. « Do you believe in real love ? » nous questionne Ayo. « Ayez le courage de dévoiler à l’être aimé la nature de vos sentiments. » est le message que souhaite faire passer l’artiste. 6 minutes de pur bonheur.

Puis la chanteuse appelle Mickael Desir à la batterie pour faire « danser » le public. Il nous joue alors une trame rappelant celle du carnaval ou des percussions africaines, sur laquelle Ayo n’hésite pas à bouger en rythme. Elle nous affirme que la musique peut guérir nos blessures : « I believe music can heal. So when you feel sick, don’t go to the pharmacy. When you feel sick, all you’ve got to do is listen to music. » (Je crois que la musique peut guérir. Aussi, si vous êtes malade, n’allez pas à la pharmacie. Si vous êtes malade, tout ce que vous devez faire c’est écouter de la musique.) C’est une longue interlude musicale animée qui précède donc Slow Slow (Run Run). Et ce que j’ai particulièrement adoré dans cette version proposée ce soir-là par les musiciens, c’est la rythmique qui démarre à la 16 minute de ma vidéo.

Sur le World Jam Riddim, Ayo reprend les paroles Looking for true love. Je ne connais pas du tout le titre de cette chanson, je dois l’avouer, et donc je serais super reconnaissante si par hasard un de mes lecteurs m’en informait. :) Suite à ce petit reggae, Ayo nous laisse quelques minutes avec son orchestre, le temps pour elle de revêtir une veste noire, un pantalon et surtout le gant pailleté qui est devenue la véritable marque de fabrique du King of Pop. Vous l’aurez compris, Ayo nous offre un medley en hommage à Michael Jackson reprenant ainsi les morceaux Shake Your Body (Down To The Ground), Beat It, Wanna Be Startin’ Somethin’, They Don’t Care About Us et I Want You Back, sa reprise officielle qui figure sur son dernier album.

Puis revêtue cette fois d’une robe, Ayo rend hommage à Henri Salvador en reprenant Une Chanson Douce accompagnée de Matthieu Chedid. Elle chante ensuite « It Hurts », une chanson sur la souffrance d’une séparation. « Can you fix my broken heart ? » C’est un peu contradictoire ce que je vais dire, mais cette chanson pleine de douceur a eu le mérite de révéler à nouveau l’intensité de la voix de cette artiste aux multiples talents.

Ce concert se termine logiquement avec une version longue de Down On My Knees, le titre qui aura propulsé la carrière d’Ayo en 2006. L’artiste en profite pour parcourir la salle du Trianon et vivre un réel moment de partage avec son public. Que dire de plus, si ce n’est qu’il m’a juste manqué (personnellement) « Black Spoon » et « Without You » ce soir-là… Mais c’est totalement satisfaite que j’ai regagné mon lit ce jeudi soir. Ayo nous aura vraiment offert de pures moments de magie avec une simplicité juste exceptionnelle. Le mot de la fin : j’encourage tout le monde à aller la voir en live.

Billie-Eve d’Ayo

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Ayo, la célèbre interprète de Down On My Knees, Without You ou encore And It’s Supposed To Be Love, nous offre cette année un nouvel album juste MAGNIFIQUE. Un album plein de vie et de couleurs qui reprend parfois des thèmes difficiles, dont notamment celui de la drogue avec « Black Spoon », mais dont le principal message serait « Live what you dream » (Faites de votre vie un rêve). Cet album s’intitule Billie-Eve, un jeu de mot avec le verbe « believe » qui signifie « croire » [source]. C’est aussi et surtout le prénom de sa fille née en juillet dernier. Comment imaginer une plus belle déclaration d’amour… Ayo nous présente ici l’espoir et la joie de vivre comme étant ses principales armes pour affronter la vie quotidienne. Pour ma part, ce troisième album est tout simplement révélateur de son évolution musicale. Elle y mélange des sonorités soul, reggae et rock en réunissant des intruments comme le piano, la guitare (électrique, acoustique, basse), le violon, la batterie… Elle a su y mettre ses émotions avec un naturel sans pareil. C’est, selon moi, l’album le plus accompli de sa discographie, et c’est tout simplement celui que je préfère !

How Many People, le premier morceau de Billie-Eve démarre par une introduction piano/voix, avant de nous gratifier — avec l’arrivée de la guitare basse, de la guitare électrique et de la batterie — d’un rythme beaucoup plus reggae. Ayo s’y interroge sur la capacité qu’à l’être humain à dissimuler parfois sa véritable nature pour rentrer dans une norme, celle que nous véhicule la société d’aujourd’hui. « How many people really speak their minds ? » Souvent, on refoule nos pensées par peur de déplaire à autrui, on base nos décisions sur des préjugés, on achète des choses dont on n’a pas vraiment besoin… De manière consciente ou non. Et le regrettons-nous vraiment ? Cette chanson nous amène à nous rendre compte de notre comportement actuel.

Le deuxième morceau est un titre plutôt rock et plein de bonnes vibrations : I’m Gonna Dance. Il s’agit d’un hymne à la vie, puissant aussi bien d’un point de vue musical que textuel. L’artiste décrit ici son besoin de donner, aimer, sourire, crier… « I am tired ! Of holding my breath. I wanna live, I wanna give, I wanna have sex. I wanna feel good. I am alive ! Don’t wanna be dead. I wanna feel, I wanna smile, I wanna love, I wanna cry. I wanna be as happy as I should. » Elle décrit un réel besoin de sentir vivante, de rire et danser sans trop se soucier de ce que la vie peut apporter de pire. Une manière de conjurer le mauvais sort… I’m Gonna Dance est le premier single extrait de de Billie Eve, son clip date de décembre dernier.

Vient alors mon véritable coup de cœur du moment, la chanson qui m’a le plus touché en écoutant l’album, celle que j’écoute en boucle depuis quelques jours maintenant : Black Spoon. C’est dans un décor sombre qu’Ayo nous dresse le portrait d’une personne détruite par des injections d’héroïne. D’ailleurs, le titre de cette chanson, Black spoon — « cuillère noire » en français — fait référence à celle utilisée par les toxicomanes pour dissolver l’héroïne brune et se l’administrer. « Some of that white sugar will stop the blues. » Ces personnes dépendantes sont persuadées du bien que leur procure la drogue, et feraient malheureusement n’importe quoi pour que cette sensation dure toujours. Ayo énonce les conséquences de ces pratiques : des amis perdus à force de trahisons, des pleurs, des douleurs osseuses, des rêves envolés, des cœurs brisés. Elle traite de ce sujet délicat avec une voix douce et un discours emprunt d’émotions.

Le quatrième titre de cet opus, I Can’t, nous replonge dans une ambiance plus légère, comme pour détendre l’atmosphère créée par Black spoon. Ayo y chante le caractère indécis que l’on a face aux relations sentimentales. L’amour est censé être donné sans rien attendre en retour. « If love is so nice what does it hurt so bad ? » Et pourtant, l’être humain aime en égoïste car, sans se l’avouer, il espère pouvoir contrôler l’intensité des sentiments de sa moitié. Ainsi, il se retrouve pris au piège. « I can’t say yes and I can’t say no. I can’t sleep, I can’t wake up. I can’t move, I am stuck. I’m stuck. »

Flowers est une jolie dédicace à toutes les femmes mal dans leur peau. Il existe des fleurs de toutes les couleurs, de toutes les formes… Il en va de même pour les femmes, nous déclare Ayo. Et chacune d’entre elles, indépendamment de ses origines, de sa corpulence, de son teint, possède sa propre élégance. « How come you cannot see your glory? You’re a flower, you’ve got to love yourself. » Ayo s’adresse aux femmes complexées en leur apportant beaucoup d’amour à travers cette ballade. Son message est le suivant : « Ne cherchez pas à faire de comparaison, votre unicité crée votre beauté ». La guitare donne à ce morceau beaucoup de tendresse et de poésie. Et la voix d’Ayo se fait très douce, comme pour montrer son immense compassion. Un pur régal pour les oreilles.

Toujours avec une tonne d’amour à distribuer, Ayo nous gratifie d’un sublime Real Love. Sur des sonorités reggae, elle remercie Dieu de lui en avoir autant donné et lui déclare son amour inconditionnel. Elle Le remercie également de lui avoir offert la plus belle des bénédictions entre ses mains : ses enfants. « This must be real love » (Ce doit être de l’amour sincère). Puis elle s’adresse à son bébé qui pleure, avec des mots pour l’apaiser et la rassurer : « My baby love, don’t you cry. Mama is here to sing you a lullaby. »

Julia est probablement la chanson la plus triste de Billie-Eve. Ayo y reprend l’incompréhension que peuvent ressentir les malades et leurs familles. Cette chanson est tirée d’une histoire vraie, celle de Julia, une petite fille atteinte d’un cancer incurable [source]. Ce morceau est profond et Ayo l’interprète avec une sincérité juste émouvante. « I know You have reasons but this seems unfair. » Comment accepter la situation ? Comment affronter le désarroi des parents ? C’est si dur d’admettre que nous sommes impuissants face à l’immensité de la vie. « What would her father give for his Julia to live ? Sure he’d do everything to keep her from it… »

Dans un registre plus rock, Ayo revient avec My Man. Elle s’y confesse un peu à cœur ouvert. Mon meilleur passage : « You’re good and you’re bad. You’re the best thing I ever had. I am good and I am bad. Probably the worst thing you ever had. » (Tu es bon et tu es mauvais. Tu es la meilleure chose que j’aie jamais eu. Je suis bonne et je suis mauvaise. Probablement la pire que tu aies jamais eu.) C’est surprenant de savoir que ce titre n’était à l’origine qu’une demo qu’Ayo a décidé d’inclure à son album tant celui-ci semble accompli et réfléchi [source]. Comme quoi la spontanéité est source de fraîcheur :)

It’s Too Late est un mélange de soul et de reggae. Ce morceau est d’ailleurs remarquablement joué par les musiciens qui accompagnent l’artiste. On mesure toute l’importance du piano dès les premières notes du refrain, alors que l’intensité avec laquelle Ayo et ses chœurs chantent est crescendo. Ici, elle évoque l’incompréhension, la souffrance et la mesure du temps face aux blessures. « I never felt so hated when I was so in need of love. » (Je ne me suis jamais sentie aussi détestée alors que j’étais en manque d’amour.)

Puis, un violon vient accompagner la guitare pour Who are they ?. Ce morceau, très acoustique, dénonce les personnes qui pensent pouvoir contrôler le monde et indiquer à chacun le rôle qu’il doit jouer dans sa vie. Il met également l’accent sur les personnes qui pensent qu’il n’est pas nécessaire de travailler dur pour atteindre les objectifs qu’elles se fixent. Un peu à l’image d’une partisante du travail et de la liberté d’autrui, Ayo nous questionne : « Who are they to separate what God gave ? » (Qui sont-ils pour séparer ce que Dieu a donné ?)

We’ve got to est une chanson très dynamique! Son rythme s’oppose totalement à celui proposé dans Who are they ?. Les accords de la guitare électrique y sont juste excellents! Par ailleurs, un changement de tempo de l’instrumental apparaît au milieu de la chanson pour laisser place à un « dialogue » entre Ayo et ses chœurs. Le message de cette piste est simple : « La vie est faite d’échanges, alors partageons nos joies, nos pleurs, nos espoirs! Soyons présents les uns pour les autres. ». « We’ve got to be there for each other! » Le morceau se termine sans l’aide d’instruments, seulement à la force de claquements de doigts. La valeur ajoutée ? Un peu plus d’humanisme et de naturel ! Classique mais efficace.

L’album continue avec Before (After), un morceau que je qualifierais d’ultrapuissant. Je vais me répéter (désolée) mais j’ai adoré cette chanson! Ayo y parle de souffrance et de blessures difficiles à guérir. Et bien qu’il ne s’agisse pas de thèmes faciles à aborder, son interprétation rend le discours à la fois déchirant et agréable. On est vraiment en équilibre à la frontière de ces deux sentiments contradictoires. Ayo a cette immense faculté de tenir son auditeur en haleine jusqu’à la fin de la mélodie qu’elle interprète. Celle-ci s’achève sur un solo de guitare époustouflant, tout à fait en axe avec la noirceur de cette chanson.

Accompagné de Matthieu Chedid à la guitare, aussi connu sous le pseudonyme -M-, Ayo explore une nouvelle fois le thème de la souffrance avec It Hurts : « ‘Cause when it hurts, oh it hurts… And there ain’t no words. ». Et c’est tout en douceur qu’évolue cette chanson, un vrai plaisir pour les romantiques et les personnes en manque d’amour.

Believe est un slam écrit et chanté par Saul Williams, un poète, auteur/compositeur d’origine américaine, notamment connu pour son film Slam, sorti en 1998. Ici, sa voix grave crée une certaine intimité entre le narrateur et son auditoire. On se reconnaît en tant que réel spectateur et l’on comprend qu’il s’agit presque d’une confession personnelle qui nous est livrée. « I have learned the sing before I learned the cry ». Ayo l’accompagne à la guitare et en tant que chœur sur ce morceau.

Deux morceaux supplémentaires sont ajoutés en « bonus » à Billie-Eve. Tout d’abord, Ayo décide de faire un hommage à Michael Jackson en reprenant I want you back des Jackson 5. Une reprise simple mais non sur-jouée et donc appréciable à juste titre. Enfin, I’m Sorry, le dernier titre de cet opus. Celui-ci nous confronte au pardon. « Everybody breaks a heart and everybody’s heart gets broken […] Please believe me when I say I’m sorry. »

Album à multiples facettes, Billie-Eve est actuel, tendre, émouvant, puissant, doux, reggae, soul/rock, triste et joyeux à la fois. Ayo y chante l’amour, l’espoir, le désespoir, la joie, la maladie, la compassion, l’indifférence… Je termine cet article en espérant avoir su vous convaincre d’écouter cet album.


TRACKLIST :
01 – How Many People
02 – I’m Gonna Dance
03 – Black Spoon
04 – I Can’t
05 – Flowers
06 – Real Love
07 – Julia
08 – My Man
09 – It’s Too Late
10 – Who Are They
11 – We’ve Got To
12 – Before (After)
13 – It Hurts featuring Matthieu Chedid
14 – Believe featuring Saul Williams
15 – I Want You Back (Bonus)
16 – I’m Sorry (Bonus)

Michael Jackson, la légende continue

Leonidas Konstantinidis

Aujourd’hui, cela fait un an jour pour jour que Michael Jackson est mort à l’âge de 50 ans. Petit retour sur la vie du plus grand chanteur de notre époque.

Michael Joseph Jackson est né le 29 août 1958 à Gary, dans l’état de l’Indiana aux Etats-Unis. Il fait ses débuts sur la scène musicale professionnelle aux côtés de ses frères en tant que membre des Jackson 5. Lancé et managé par leur père Joe Jackson, le groupe de départ « The Jackson Brothers » est composé de ses trois fils aînés : Sigmund Esco surnommé Jackie, Toriano Adaryll surnommé Tito et le leader du groupe Jermaine ainsi que deux musiciens : Johnny Jackson (aucun lien familial) et Ronnie Rancifer. En 1964, alors que s’ajoutent les cadets Marlon et Michael, le groupe opte désormais pour le nom des Jackson Five. Michael a alors tout juste 6 ans et s’avère rapidement être le plus charismatique et le plus doué.

Après de nombreux concours locaux, les Jackson Five commencent à se faire un nom, et sont appelés à se déplacer à Détroit pour une audition chez Motown Records. Avec Diana Ross, les frères Jackson rencontrent très vite le succès, et leur premier titre, I Want you back, sorti sur l’album Diana Ross presents the Jackson Five en 1969, devient numéro un au Billboard des singles. Les trois autres singles, ABC, The love you saved et I’ll be there, extraits de cet album seront également classés numéros un des ventes, et Michael Jackson est propulsé au rang de star et idole.

Parallèlement aux Jackson Five, le succès de Michael Jackson le pousse vers une carrière solo. La sortie de l’album Got to be there, en 1972, propulse Michael en tête des charts avec la ballade « Ben », tirée du film du même nom, réalisé par Phil Karlson, et vaudra à Michael un Golden Globes et une nomination aux Oscars. Les ventes du groupe ont commencé à décliner en 1973, et les membres de la bande sont irrités par le refus strict de Motown de leur permettre de créer leurs propres compositions. En juin 1975, les Jackson 5 signent alors avec Epic Records, une filiale de CBS Records, et rebaptisent leur groupe « The Jacksons ».

En 1978, Michael joue le rôle de l’épouvantail dans la comédie musicale, The Wiz. C »est là qu’il fait équipe avec Quincy Jones, qui s’occupait de la bande musicale du film. Jones et Jackson produisent l’album Off the Wall ensemble. D’autres auteurs-compositeurs tels que Jackson, Rod Temperton, Stevie Wonder et Paul McCartney se sont également investis dans l »album. Paru en 1979, il fut le premier album US à générer quatre de ses morceaux au top 10. Parmi eux, on retrouve les singles à succès « Don’t Stop ’til You Get Enough » et « Rock with you ».

En 1982, Michael contribue à la chanson "Someone In the Dark" pour le film E.T. l’extra-terrestre. Celle-ci remporte alors un Grammy pour le meilleur enregistrement pour enfants en 1984. Dans la même année, il remporte sept autres Grammys et huit American Music Awards pour son album Thriller, qui devint l’album le plus vendu aux États-Unis, ainsi que l’album le plus vendu dans le monde entier (les ventes étant estimées à plus de 110 millions de copies). Ce disque fut l’un des premiers à utiliser des vidéos clip comme outils de promotion — les vidéos de « Thriller », « Billie Jean » et « Beat It » sont alors souvent diffusées par MTV, la chaîne de télévision américaine.

En mai 1983, la Motown fête ses 25 ans et Michael apparaît en compagnie de ses frères dans l’émission spéciale Motown 25: Yesterday, Today, Forever, où le groupe interprète leurs plus grands titres. Cette émission est reconnue comme la meilleure prestation solo de Michael Jackson. Il y interprète la chanson « Billie Jean » et effectue alors pour la première fois le moonwalk, introduit par Jeffrey Daniel, le danseur du groupe Shalamar, trois ans auparavant. Celle-ci devint rapidement sa signature personnelle.

En 1987, Michael Jackson sort Bad, album produit par Quincy Jones. MJ part en tournée mondiale sans ses frères pour la première fois. En 1988, Michael Jackson publie sa première autobiographie, Moonwalk, vendue 200.000 exemplaires. MJ écrit sur son enfance, les Jackson 5, et les abus dont il fut l’objet. Moonwalk atteint la première position sur la liste des meilleures ventes du « New York Times ».

En 1991, Michael signe chez Sony BMG. Son album « Dangerous » devient numéro un des classements en trois jours. De cet album sont issus neuf singles, dont « Black or White ». Le clip de ce dernier titre recourt à l’effet spécial du morphing : un visage se transforme en une série de visages d’hommes et de femmes aux couleurs de peau différentes. C’est à travers tous ces visages qu’il exprime un message de lutte contre le racisme.

HIStory: Past, Present and Future – Book I, un double album, sort en juin 1995. C’est le double album le plus vendu de tous les temps avec plus de 21 millions d’exemplaires. Le premier disque contient quinze des plus grands succès, remastérisés, de Michael Jackson. Invincible sort en octobre 2001. Cet album donne lieu aux 3 singles suivants, « You Rock My World », « Cry » and « Butterflies ».

Le 25 juin 2009, Michael Jackson est retrouvé mort à Los Angeles alors qu’il avait prévu une série de concerts pour l’été à Londres. Dès lors, de nombreux hommages et témoignages de respect lui sont adressés provennant du monde entier.