RaelSan d’Orelsan

Copyright : Orelsan

Ça doit bien faire quatre jours entiers que j’écoute en boucle RaelSan, le nouveau morceau d’Orelsan et donc, je me décide enfin à en faire un article. OrelSan, pour ceux (qui devraient avoir honte et) qui ne le connaissent pas, c’est un rappeur aux paroles crues qui a défrayé la chronique suite à une chanson que j’adore qu’il a écrite alors qu’il venait de rompre avec son ex il y a de ça quelques années… Alors, pourquoi une fille comme moi adore ses textes qui sont parfois très durs ? Tout simplement parce qu’Orelsan dit ce qu’il pense et chante ce qu’il vit, au gré de ses envies. Il représente selon moi la liberté d’expression : il est libre de jouer avec les tabous de la société actuelle et possède ce grain d’humour noir qui gêne les politiciens, les journalistes, les féministes, les bloggueurs et autres… En ce qui me concerne, j’ai tout simplement été marquée par la première chanson que j’ai entendu de lui, à savoir « Pour le Pire ». J’ai halluciné de voir à quel point Orelsan véhicule son art sur le thème de la franchise : un concept que tout le monde pense préférer à la tromperie, alors qu’en réalité, c’est bien connu « toute vérité n’est pas bonne à dire » et chacun (je pense) savoure quelque part de vivre dans un semi-mensonge. Et c’est donc ça, cet élan de « vérités » qui a su éveiller ma curiosité. Ainsi j’ai parcouru « Perdu d’avance » en 2009, son premier album, puis chacun de ses featurings au cours de l’année 2010 [dont tout particulièrement celui avec Nessbeal « Ma grosse »]. Je suis devenue totalement fan de son genre mi-trash, mi-drôle. En bref, Orelsan est unique en son genre : on l’aime ou on ne l’aime pas, mais on ne peut être indifférent à son style.

Et donc, en cette fin de mois de mai, Orelsan revient sur le devant de la scène avec RaelSan, un titre inédit qui figurera sur son prochain album Le Chant des Sirènes, album dont la sortie est prévue le 26 septembre prochain. Le clip, que vous trouverez ci-dessous, a été réalisé par David Tomaszewski, également réalisateur du clip de « Peur de l’échec ». Ma première impression ? Ma foi, excellente… Mais c’est surtout à chaque (re)visionnage de cette vidéo que je me rends compte de détails intelligents qui donnent de la valeur à toute la scénarisation de cette chanson. Comme par exemple, la monopolisation de tous les écrans de la ville qui donne le sentiment que le message qu’Orelsan tente de nous faire passer est destiné au monde entier. Ou encore, le gant pailleté à l’effigie de Michael Jackson… Ou tout simplement, le champ lexical de son texte : l’espace, le futur, l’apocalypse, le monde et ses différentes dimensions… Orelsan apparaît sous les traits d’un vengeur masqué probablement venu se rendre justice lui-même. Il fait d’ailleurs une mise au point très claire à travers ce titre : « Je ferai que ce qu’il me plaît jusqu’à ma dernière quête […] Je prends même plus la peine de répondre à vos clashs de merde, Je prêterai ni mon buzz ni mon temps, Je verserai ni ma sueur ni mon sang ». Des thèmes comme l’industrie musicale qui se meurt, la polémique autour de lui ou sa propre introspection sont abordés grâce à des rimes recherchées et agrémentées de faits historiques et/ou culturels [ironiquement, il parle pourtant de sa « sous-culture »]. Il se crée investigateur d’un nouveau mouvement, d’où le titre « RaelSan », et le clin d’œil au mouvement raélien avec sa photo entre-animée (je ne trouve pas de meilleure expression pour l’expliquer) avec une image d’extra-terrestre en fin de clip. RaelSan est un morceau judicieux, annonciateur d’un bel album à venir.