Africa Redemption de Pressure et Chronixx

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Depuis quelques jours, Pressure, accompagné de Chronixx, nous propose d’entendre sa chanson d’ultime compensation vis-à-vis de la situation du continent africain. Il est donc désormais possible d’écouter ces deux valeurs sûres du reggae sur un même titre, Africa Redemption.

Dans cette chanson produite par Yard Vybz Entertainment, Africa Redemption, les deux artistes jamaïcains évoquent explicitement la condition de l’homme noir en Afrique, et lance un appel à la liberté pour lutter contre la discrimination raciale. Pressure et Chronixx s’estiment pleinement conscients des souffrances qu’ont vécu leurs ancêtres, arrivés dans les colonies anglaises en tant qu’esclaves. Le plus grand souhait serait que chacun des pays d’Afrique puisse complètement s’épanouir, et voir un jour leur nation s’enrichir et avoir une vie plus simple au quotidien.

We don’t know how we ended up here,
Stolen from our own homes
Brought in babylon in chains,
Even took controls

Teach us what, what you teach both
See Africa deh, a beg yuh reach out
You mister man wid yo face bleach out
Dash weh the cream, a yo roots you fi seek out

And I don’t know how we ended up here,
Stolen from our home
Chronnix and Pressure make Selassie I takes control

Les sonorités de cette chanson que je vous invite à découvrir ci-dessous sont calmes et posées. Ses paroles apportent bien plus que la base instrumentale en fin de compte : c’est comme si Pressure et Chronixx avaient privilégié des rythmiques plutôt tranquilles pour mieux contraster avec la puissance de leurs dires. Un pari réussi à mon sens, puisque ce que je retiens personnellement du titre, est cette morale pleine d’espoir des deux chanteurs.

Et vous, que pensez-vous de cette chanson qui réunit ces deux incroyables chanteurs ? Vous pouvez télécharger Africa Redemption sur Amazon.

Soul Vybz Party #5

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La Soul Vybz Party #5 était un évènement insolite ayant eu lieu au Cabaret Sauvage de Paris. De nombreux artistes ont répondu présents à l’appel de CO2 Activity et de Soul Vybz Music. Et c’est d’ailleurs Soul Stereo, un groupe parisien aux platines d’enfer, qui se charge d’animer la première partie du concert.

Découvrez la Soul Vybz Party #5 en vidéos ! UNE ASTUCE : Vous pouvez sélectionner la vidéo que vous souhaitez visionner en cliquant sur le bouton « Playlist » de YouTube.

La première artiste à entrer sur la scène de Cabaret Sauvage est une femme – et quelle femme ! – du nom de Diana Rutherford. Elle ouvre le bal aux environs de 20h avec Xaymaca. C’est tout simplement l’une des plus belles voix que j’ai eu l’occasion d’entendre en live, tant elle est juste et pleine de puissance, notamment sur ce titre. Sa voix m’a simplement coupé le souffle. Cette jeune artiste est venue de Jamaïque nous présenter quelques-uns des titres qui figureront sur son premier album studio Ghetto Princess qui sortira courant 2011 chez Tiger Records. Elle y travaille actuellement avec le producteur français installé en Jamaïque : Romain ‘Sherkan’ Chiffre. Et donc, la première chanson qu’elle nous interprète ce soir-là dénonce la violence présente sur son île. Elle appelle alors à l’unité : « Can’t fight fire with fire / It is not a solution ». Ma partie préférée de son show restera « Caged » du Sufferah Riddim, le deuxième morceau qu’elle décide nous interpréter. Celui-ci nous fait réfléchir sur notre vie et le sens qu’on y trouve. C’est une chanson sur l’espérance.

Protoje assure la suite de la représentation sur les planches du Cabaret Sauvage. Il nous présente ce soir-là son dernier album Seven Year Itch. Protoje débute donc sur les notes de reggae de « Arguments ». Puis, Protoje nous chante « Rasta Love », une chanson originellement en featuring avec Ky-Mani Marley – mon véritable coup de cœur. Don Corleon, qui était jusqu’alors derrière les platines, le rejoint sur la scène pour le plus grand plaisir du public. Ensemble, ils animent pendant quelques minutes la scène. Et c’est tout naturellement que Protoje continue son show avec « Seven Year Itch », le titre éponyme de son album. Il chantera aussi « Wrong Side of the Law », une chanson dans laquelle il narre, non sans humour, ses démêlés avec la police. Son personnage dans cette chanson est « du mauvais côté de la loi » comme le souligne le titre de la chanson. Protoje va clôturer sa performance avec « Dread », un titre dans lequel il nous livre une partie de son histoire personnelle.

C’est ensuite au tour de Pressure de nous offrir un moment de son temps. Comme il nous le soulignera lui-même au cours de son show, ce qu’il faut retenir des chansons de Pressure, c’est le message que l’on y trouve. Ainsi, il commence en se servant dans son répertoire de mélodies d’amour telles que « Mama » dans lequel il voue un culte à sa maman et « Special Someone » du Love Potion Riddim sur lequel il déclare sa flamme à l’être aimé. Pour poursuivre dans la même rythmique, il nous octroie un « Makeup To Break Up » du Breaking Up Riddim juste somptueux et « Coming Right Back » sur le Feelings. L’amour a décidément sa place dans ses textes, notamment avec « Jah Love » sur le The Message et bien évidemment, Love and Affection, un titre sorti en 2007 sur un album du même nom produit par Don Corleon. Entremêlées de sentiments de fierté et de liberté, l’artiste finit sa prestation avec ses trois chansons : « Blackman Rise », « Bless The Children » ou « Be Free ».

Arrivent alors les frères Morgan du célèbre groupe de reggae Morgan Heritage : Mojo Morgan et Peetah Morgan. Ils se succèdent pour nous faire revivre leurs plus grands tubes solo ainsi que ceux appartenant à The Royal Family. Ainsi on redécouvre un classique du groupe mythique « Don’t Haffi Dread », une chanson durant laquelle Peetah rappelle à tous qu’être rasta n’a rien avoir avec le fait que l’on possède ou non des dreadlocks car bien que celles-ci soient réputées chez les rastafaris, elles ne doivent pas être considérées comme essentielles au mouvement. Mr Mojo s’empare ensuite du micro le temps de nous interpréter « Guilty in Advance » sur le Luv A Dub, un riddim sorti en 2008 sur lequel posait également Rupee et Alaine pour ne citer qu’eux. Peetah Morgan reprend place sur la scène aux côtés de son frère pour faire un nouveau clin d’œil à Don Corleon avec « How Come » du Seasons Riddim. Il nous chante ensuite « In Love with Ya » en solo du Nylon. Mr Mojo et lui reprennent également « Down By The River » et « Best Friends » du Drop Leaf Riddim. Peetah Morgan va d’ailleurs nous faire la promesse que l’ensemble des membres de Morgan Heritage se retrouvera à Paris d’ici un an ou deux pour un show exclusif. Affaire à suivre donc ! :)

Enfin, pour la première fois en Europe et donc pour la première en France, Mad Cobra fait son entrée sur la scène du Cabaret Sauvage. Et là, une avalanche de riddims datant d’il y a quelques années déjà se font entendre. Parmi eux, on retrouve par exemple le Playground Riddim, sur lequel il nous délivre « Big gun », le Taxi Riddim avec « Red Eye », le Buzz Riddim avec « Press Triger » ou encore en mode supra dancehall le Military Riddim avec « Put Gun Shot ». Il nous délivre pour le plus grand plaisir de l’auditoire un magnifique « Flex » sur le Boom Bye Bye Riddim, une chanson ayant contribué à sa notoriété dans les années 90. Il choisira d’autres riddims comme l’Applause ou le Fiesta par exemple pour parfaire son show qui, ma foi, est bien plus dancehall que tout ce que nous avons entendu jusqu’à présent ce soir-là. Sa prestation était animée de superbes improvisations en tout genre et de remixes. Il s’adresse de temps en temps au public, comme pour le faire devenir un réel acteur de ce show. Un réel échange s’est vu entre le chanteur et le public par moment, c’était assez plaisant à voir. Et c’est donc sur cette note que se termine la Soul Vybz Party #5 aura tenu toutes ses promesses !