Who Knows de Protoje et Chronixx

Yannick Reid

Il y a déjà quelques semaines, j’ai découvert ce titre, mettant à l’honneur deux artistes que je considère comme les leaders de cette nouvelle scène reggae : Protoje et Chronixx. Cette chanson, appelée Who Knows, est le premier single commercialisé de l’album prévu prochainement par Protoje.

Il y a un peu plus de trois mois déjà, ces deux ambassadeurs du reggae ont décidé de collaborer sur ce morceau, un peu roots, pour ajouter leur plume et leur style à cette base instrumentale que nous propose Sir Winta James, un des piliers jamaïcains de la production en matière de riddim. Leur duo est d’ailleurs dorénavant disponible en vidéo, grâce à un clip dont la réalisation est orchestrée par le studio Storm Saulter – je précise d’ailleurs ici que celle-ci montre la beauté naturelle de nos îles…

Ce premier single de l’album à venir de Protoje est une belle entrée en matière du chanteur d’Arguments. Who Knows est finalement un titre assez positif, qui nous enseigne l’art de vivre simplement : soyons reconnaissants en toute situation, peu importe les tracas quotidiens… car après tout "Qui sait ?". Dans le clip, Chronixx et Protoje doivent se rendre à un concert ayant lieu dans une soirée se déroulant sur la plage. Les deux acolytes se retrouvent bien embêtés lorsque leur voiture tombe en panne. Que font les deux artistes ? Ils n’abandonnent pas, et des femmes viennent à leur secours, en leur permettant à la fois de profiter du paysage. Avant de se faire attraper par la police… La morale que l’on pourrait en tirer, c’est que l’on peut toujours trouver une solution à tout problème. La vie est, de toutes les façons, un cercle vicieux.

Vous me direz ce que vous penser de cette nouvelle scène reggae jamaïcaine. Et d’ailleurs, pendant que j’y pense, Chronixx est en ce moment en train de concevoir de nouveaux titres, pour un travail de communication, comme son projet Dread & Terrible.

Someone Like You de Protoje et Tessanne Chin

Protoje's Soundcloud

Aujourd’hui, ma première découverte musicale de la journée est cette chanson, Someone Like You, qui nous est offerte par deux excellents artistes originaires de l’île de la Jamaïque Protoje et Tessanne Chin. Someone Like You est présente sur le deuxième album studio de Protoje, The 8 Year Affair, disponible depuis le 12 février 2013, mais apparaît sur la toile comme nouveau single de cet album uniquement depuis seulement quelques semaines.

Someone Like You est une chanson aux sonorités reggae, dans laquelle, comme son titre permet de le supposer, il est question d’amour. Protoje et Tessanne déclare tour à tour les sentiments qu’ils éprouvent à l’égard de la personne qui occupe leurs pensées. Ainsi, le chanteur nous chante : "I hope you knowing what you do to me, All of this is new to me, Holding out for you to see, Just time and opportunity, Wanna give you the best of me, Fi carry on the legacy, I’ve got to find someone like you". Et Tessanne Chin surenchérit avec les paroles suivantes : "Tell you this is the one, the one, Please don’t let me lose this one, And now I’ve got you where you belong, Please don’t let me lose this one".

Ce titre connaît apparemment un réel engouement des internautes, ce qui n’est pas étonnant quand on sait que Tessanne Chin, une chanteuse que j’ai personnellement découverte au cours de l’année 2007 avec sa très jolie chanson Hideaway présente sur le Reggae Gold 2007, fait partie des trois finalistes de la très célèbre émission The Voice version US.

La chanteuse, qui a choisit comme coach vocal Adam Levine – qui n’est autre que le leader vocal de Maroon 5 – ne cesse d’émerveiller les téléspectateurs américains avec des interprétations de plus en plus époustouflantes au fil de ses prestations. Hier soir, elle a par exemple chanté I Have Nothing, emprunté à la regrettée Whitney Houston, une performance, qui a dopé les ventes iTunes de cette chanson, si on en croit le site UrbanIslandz. Je me sens d’ailleurs, moi-même obligée de vous mettre ici la vidéo de sa performance : j’en ai eu des frissons, et presque des larmes aux yeux.

Ce soir, c’est donc la finale de The Voice US, et demain nous connaîtront qui des trois finalistes parmi elle, Will Champlin, et Jacquie Lee, gagnera cette édition #5 de cette émission aux Etats-Unis. Pour ma part, comme l’ensemble du peuple jamaïcain et des artistes ressortissants de ce pays, si on observe les tweets de Cecile, Shaggy, Wayne Marshall, Tami Chynn et j’en passe, je ferai partie intégrante de ses supporters, la #TeamTessanne.

Soul Vybz Party #5

Pressure Buss Pipe

La Soul Vybz Party #5 était un évènement insolite ayant eu lieu au Cabaret Sauvage de Paris. De nombreux artistes ont répondu présents à l’appel de CO2 Activity et de Soul Vybz Music. Et c’est d’ailleurs Soul Stereo, un groupe parisien aux platines d’enfer, qui se charge d’animer la première partie du concert.

Découvrez la Soul Vybz Party #5 en vidéos ! UNE ASTUCE : Vous pouvez sélectionner la vidéo que vous souhaitez visionner en cliquant sur le bouton « Playlist » de YouTube.

La première artiste à entrer sur la scène de Cabaret Sauvage est une femme – et quelle femme ! – du nom de Diana Rutherford. Elle ouvre le bal aux environs de 20h avec Xaymaca. C’est tout simplement l’une des plus belles voix que j’ai eu l’occasion d’entendre en live, tant elle est juste et pleine de puissance, notamment sur ce titre. Sa voix m’a simplement coupé le souffle. Cette jeune artiste est venue de Jamaïque nous présenter quelques-uns des titres qui figureront sur son premier album studio Ghetto Princess qui sortira courant 2011 chez Tiger Records. Elle y travaille actuellement avec le producteur français installé en Jamaïque : Romain ‘Sherkan’ Chiffre. Et donc, la première chanson qu’elle nous interprète ce soir-là dénonce la violence présente sur son île. Elle appelle alors à l’unité : « Can’t fight fire with fire / It is not a solution ». Ma partie préférée de son show restera « Caged » du Sufferah Riddim, le deuxième morceau qu’elle décide nous interpréter. Celui-ci nous fait réfléchir sur notre vie et le sens qu’on y trouve. C’est une chanson sur l’espérance.

Protoje assure la suite de la représentation sur les planches du Cabaret Sauvage. Il nous présente ce soir-là son dernier album Seven Year Itch. Protoje débute donc sur les notes de reggae de « Arguments ». Puis, Protoje nous chante « Rasta Love », une chanson originellement en featuring avec Ky-Mani Marley – mon véritable coup de cœur. Don Corleon, qui était jusqu’alors derrière les platines, le rejoint sur la scène pour le plus grand plaisir du public. Ensemble, ils animent pendant quelques minutes la scène. Et c’est tout naturellement que Protoje continue son show avec « Seven Year Itch », le titre éponyme de son album. Il chantera aussi « Wrong Side of the Law », une chanson dans laquelle il narre, non sans humour, ses démêlés avec la police. Son personnage dans cette chanson est « du mauvais côté de la loi » comme le souligne le titre de la chanson. Protoje va clôturer sa performance avec « Dread », un titre dans lequel il nous livre une partie de son histoire personnelle.

C’est ensuite au tour de Pressure de nous offrir un moment de son temps. Comme il nous le soulignera lui-même au cours de son show, ce qu’il faut retenir des chansons de Pressure, c’est le message que l’on y trouve. Ainsi, il commence en se servant dans son répertoire de mélodies d’amour telles que « Mama » dans lequel il voue un culte à sa maman et « Special Someone » du Love Potion Riddim sur lequel il déclare sa flamme à l’être aimé. Pour poursuivre dans la même rythmique, il nous octroie un « Makeup To Break Up » du Breaking Up Riddim juste somptueux et « Coming Right Back » sur le Feelings. L’amour a décidément sa place dans ses textes, notamment avec « Jah Love » sur le The Message et bien évidemment, Love and Affection, un titre sorti en 2007 sur un album du même nom produit par Don Corleon. Entremêlées de sentiments de fierté et de liberté, l’artiste finit sa prestation avec ses trois chansons : « Blackman Rise », « Bless The Children » ou « Be Free ».

Arrivent alors les frères Morgan du célèbre groupe de reggae Morgan Heritage : Mojo Morgan et Peetah Morgan. Ils se succèdent pour nous faire revivre leurs plus grands tubes solo ainsi que ceux appartenant à The Royal Family. Ainsi on redécouvre un classique du groupe mythique « Don’t Haffi Dread », une chanson durant laquelle Peetah rappelle à tous qu’être rasta n’a rien avoir avec le fait que l’on possède ou non des dreadlocks car bien que celles-ci soient réputées chez les rastafaris, elles ne doivent pas être considérées comme essentielles au mouvement. Mr Mojo s’empare ensuite du micro le temps de nous interpréter « Guilty in Advance » sur le Luv A Dub, un riddim sorti en 2008 sur lequel posait également Rupee et Alaine pour ne citer qu’eux. Peetah Morgan reprend place sur la scène aux côtés de son frère pour faire un nouveau clin d’œil à Don Corleon avec « How Come » du Seasons Riddim. Il nous chante ensuite « In Love with Ya » en solo du Nylon. Mr Mojo et lui reprennent également « Down By The River » et « Best Friends » du Drop Leaf Riddim. Peetah Morgan va d’ailleurs nous faire la promesse que l’ensemble des membres de Morgan Heritage se retrouvera à Paris d’ici un an ou deux pour un show exclusif. Affaire à suivre donc ! :)

Enfin, pour la première fois en Europe et donc pour la première en France, Mad Cobra fait son entrée sur la scène du Cabaret Sauvage. Et là, une avalanche de riddims datant d’il y a quelques années déjà se font entendre. Parmi eux, on retrouve par exemple le Playground Riddim, sur lequel il nous délivre « Big gun », le Taxi Riddim avec « Red Eye », le Buzz Riddim avec « Press Triger » ou encore en mode supra dancehall le Military Riddim avec « Put Gun Shot ». Il nous délivre pour le plus grand plaisir de l’auditoire un magnifique « Flex » sur le Boom Bye Bye Riddim, une chanson ayant contribué à sa notoriété dans les années 90. Il choisira d’autres riddims comme l’Applause ou le Fiesta par exemple pour parfaire son show qui, ma foi, est bien plus dancehall que tout ce que nous avons entendu jusqu’à présent ce soir-là. Sa prestation était animée de superbes improvisations en tout genre et de remixes. Il s’adresse de temps en temps au public, comme pour le faire devenir un réel acteur de ce show. Un réel échange s’est vu entre le chanteur et le public par moment, c’était assez plaisant à voir. Et c’est donc sur cette note que se termine la Soul Vybz Party #5 aura tenu toutes ses promesses !