Happy birthday Beenie Man

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Aujourd’hui, Beenie Man, de son vrai nom Anthony Moses Davis, fête ses 42 ans !

Et, oui, ça ne nous rajeunit pas ! À cette occasion, je vous propose de redécouvrir quelques passages de la vie de ce grand chanteur originaire de Jamaïque, et de prendre plaisir à entendre à nouveau certains de ses plus grands hits.

Un parcours pavé d’or pour Beenie Man

Beenie Man fait ses débuts remarqués dans le monde du dancehall en 1978. Habitant dans les quartiers de Kingston en Jamaïque, il est très rapidement imprégné de la musique locale, et commence donc à toaster dès son plus âge, encouragé par son oncle Sydney Knowles. Il n’avait alors que 5 ans ! Sydney Knowles est notablement connu pour avoir été percussionniste pour Jimmy Cliff, le grand chanteur de reggae.

Introduit par le producteur Henry « Junjo » Lawes, il réalise Too Fancy, un tube considéré aujourd’hui comme le premier single de la longue carrière musicale de Beenie Man.

En 1981, âgé alors de 8 ans, il gagne le Tastee Talent Contest, un concours très prisé en Jamaïque qui aura permis la montée en popularité de nombreux artistes comme Yellowman, Nadine Sutherland, Mr Vegas, T.O.K, Voicemail, Chevaughn Clayton ou encore le trompettiste Dwight Richards.

En 1983, Beenie Man a 10 ans. Il sort son premier album produit par Bunny Lee : The Invincible Beany Man – The 10 Year Old D.J. Wonder. On y retrouve des chansons comme Con Don sur le Two Year Old Riddim, Try Some Hustlin sur le Rope In Riddim ou encore Sound Boy Kuffing sur le Mud Up Riddim. En 1984, il chante avec Barrington Levy les chansons Murderer et Under Mi Sensi, des chansons qui ne deviendront renommées que dix ans plus tard.

Beenie Man était encore bien trop jeune pour continuer à plein temps sur sa voie musicale ; il a bien évidemment été à l’école comme tous les jeunes de son âge afin de se construire un avenir. Mais la voie toute trouvée du chanteur, lui a permis de très rapidement pouvoir occuper des scènes musicales importantes avec des chanteurs de grande renommée comme Ninjaman, Admiral Bailey ou encore Shabba Ranks.

En 1992, il sort son deuxième album studio Cool Cool Rider chez VP Records. Celui possède des titres comme Tek Him Money sur le Cuss Cuss Riddim, Hey sur le All Fruits Ripe Riddim ou encore Cool Cool Rider, chanson éponyme de cet album. L’année suivante, Matie devient son premier single numéro 1 en Jamaïque et il gagne la récompense du DJ of the Year.

En 1994, c’est cette fois aux côtés de Sly and Robbie qu’il enregistre Crazy Baldhead et No Woman No Cry, toutes deux tirées du répertoire du grand Bob Marley. Il signe chez Island Records cette année là. Dès lors sa réputation devient internationale.

On peut entendre sa voix sur les plus grands riddims du moment : Love Me Forever, African Beat, Champion, Arab Attack, Dengue Fever, Quarter To Twelve, et j’en passe…

Il collabore avec Lady Saw pour la chanson Healing, Sanchez pour Refugee, Mad Cobra et Lieutenant Stitchie sur l’album Mad Cobra Meets Lt. Stitchie & Beenie Man, Deenis Brown et Triston Palma sur Three Against War et Michael Prophet sur Gun ‘n’ Bass.

Beenie Man devient véritablement connu aux États-Unis en 1997.

Pour la petite histoire : il entend la version instrumentale d’une chanson, créée par un producteur encore inconnu Jeremy Harding. Il rentre en contact avec lui, et lui demande s’il peut ajouter sa voix à ce rythme musical. Et c’est ainsi que naît son premier vrai single international, Who Am I, qui se transformera rapidement un hit de légende ! Le riddim est désormais connu sous le nom du Playground Riddim. Cette année-là fut particulièrement bonne pour le chanteur jamaïcain, qui eût 7 de ses singles tout en haut du Top Singles/Charts jamaïcains.

Aujourd’hui encore, Beenie Man est reconnu comme l’un des géants en matière de dancehall et de reggae. Je finis cet article sur cette chanson, qui est à mon sens, l’une des meilleures de son répertoire. Mais peut-être que vous saurez me citer, parmi les commentaires, quelles chansons de Beenie Man, vous ont particulièrement marqué. C’est avec plaisir que je (re)découvrirai peut-être ces chansons si familières… :)

Shaggy, Rayvon, Sly and Robbie en concert

yle yves

Le 20 octobre dernier, la star internationale Shaggy était en concert dans la salle parisienne du Bataclan. Rayvon assurait la première partie de ce concert, et ce sont les illustres Sly Dunbar et Robbie Shakespeare qui ont été choisis pour les accompagner ce soir : choix logique quand on sait que ces deux musiciens sont également présents sur le dernier album du chanteur jamaïcain, Out Of Many, One Music, un album que Shaggy a souhaité entièrement reggae, pour la première fois de sa carrière. Tout au long de cette soirée, nous aurons le droit à la présence de chœurs de qualité en les personnes de Tony Gold, Samira et Jimmy Cozier.

Rayvon

Aux environs de 19h30, on retrouve tout d’abord Rayvon sur la scène du Bataclan. Il débute son show sur la très jolie chanson Story Of My Life, un titre plutôt reggae sur lequel il apparaîtra parfaitement à l’aise, face à un public, pas tout à fait connaisseur. Charmeur, Rayvon utilise alors sa douce voix pour ravir la gente féminine et en profite même pour donner la main à certaines demoiselles. Dans cet esprit joueur, il poursuit avec sa chanson No Other Like You, durant laquelle il décide de faire participer le public en l’incitant à lever les mains au ciel. Puis, il invite l’auditoire à répéter la séquence "We luv di party !" sur No Guns No Murder, qui par ailleurs, possède un rythme bien plus à l’image des sound systems. Avec Selecta (Kingston 13), Rayvon souhaite rendre un hommage au travail des selectas, (je ne sais même pas comment traduire ce mot avec la même connotation en bon français;) et leur vouer un respect inconditionnel. J’ai adoré le moment où il nous chante One More Shot, le titre suivant sur la tracklist de ses chansons jouées ce soir-là. Le rythme de cette chanson est à mon sens assez festif et à la fois tout à fait caribéen. Enfin, Back It Up vient terminer cette première partie de concert, qui aura duré près de vingt minutes. Et c’est donc avec un tempo carnavalesque que ce premier artiste va quitter une première fois la scène parisienne.

Sly & Robbie

C’est ensuite aux très célèbres Sly & Robbie de nous offrir un interlude musical. Ces deux musiciens reconnus mondialement pour leurs accomplissements dans le monde de la musique jamaïcaine, arrivent en fanfare, puisque c’est avec la base instrumentale du Swing Easy qu’ils commencent à jouer devant nous. Robbie, accompagné de sa guitare basse, et Sly, accompagné de son casque de plombier jaune, de sa combinaison de couleur rouge et de sa batterie bien sûr, poursuivent leur représentation avec Rockfort Rock, avant de totalement s’emparer du public du Bataclan avec un puissant "Welcome to Jamrock", ou plutôt une interprétation originale de la version du World Jam riddim. Robbie s’empare ensuite du micro pour chanter l’expression rendue connue par Damian Marley : "Out in the streets, they call it murder". C’est ensuite les mots empruntés à Anthony B "World a reggae music on yah ! Keep yuh rockin wid yuh dawta !" qu’il s’approprie, toujours sous les acclamations de son auditoire.

Ensemble, les deux accolytes vont subséquemment jouer la base instrumentale de "Shine Eye Girl, it’s a trouble for a man" durant laquelle Robbie chante également le refrain, et surtout l’excellent Night Nurse du très regretté Gregory Isaacs. Durant ce morceau, c’est Tony Gold qui nous rejoint sur le devant de la scène afin de nous en chanter les paroles. Il laissera la place à la très jeune, et très jolie, Samira. Cette jamaïcaine à la voix très suave, que je ne connaissais que par sa figuration sur le dernier album de Shaggy, nous chantera le titre No No No, sur les notes des musiciens. Elle nous fera d’ailleurs la confidence que c’est la première fois qu’elle vient à Paris avant de reprendre les mots "I’ll do anything you say boy". Pendant toute la durée de cette chanson, Samira et Robbie nous offrent un petit jeu de scène durant lequel, la chanteuse déclare son amour au bassiste, qui lui répondra : "Yeah, yeah, yeah, I do love you and you know that !". C’est ensuite avec les bases instrumentales du Taxi et du Bam Bam riddims que Sly & Robbie décident de terminer leur show. Tony Gold les accompagnera avec les célèbres paroles de Chaka Demus & Pliers : "I know this little girl, Her name is Maxine, Her beauty is like a bunch of rose, If I ever tell you about Maxine, You would a say 'I don’t know what I know'".

Shaggy

C’est enfin à l’homme le plus attendu de se présenter sur scène : Shaggy ! Il entre sur l’estrade du Bataclan, drapeau de la Jamaïque en poche, avec la chanson Long Time du Street Bullies riddim. Rapidement, il enchaîne avec Bonified Girl, une chanson sortie en 2007 sur l’album Intoxication de l’artiste. Puis : Wow ! Énorme travail des musiciens pour introduire la chanson précédente de Shaggy, Boombastic ! Mista Lova Lova va en jouer tout au long de son interprétation devant un public complètement à son comble. Shaggy temporise alors son show et nous déclare les mots "Big up to my reggae people, thank you for coming out". Il va nous remercier de notre présence et nous demander de saluer le travail de Sly & Robbie, notamment pour leur participation sur son nouvel album Out Of Many, One Music. Pour poursuivre avec cette séquence nostalgie, Shaggy nous offre après coup Oh Carolina.

Puis dans un tout autre genre, quelques notes de Blurred Lines – oui oui, je parle bien de la chanson de Robin Thicke ! – puis de New York et de Niggas in Paris de Jay-Z vont résonner dans toute la salle. Shaggy explique ce petit teaser par le fait que "ce soir, c’est la fête" mais il coupe court à cette introduction en nous disant qu’il est ressortissant de la Jamaïque, et que c’est sur son île qu’il veut nous faire voyager. Rayvon le rejoint alors sur scène pour chanter Angel. C’est ensuite Strength Of A Woman et donc le refrain suivant qui retentit dans la salle parisienne : "She’ll put a smile upon your face, And take you to that higher place, So don’t you under estimate, The strength of a woman". Rayvon nous gratifie une nouvelle fois de sa présence pour accompagner Shaggy sur la chanson In The Summertime. Puis, c’est avec le méga hit Wasn’t Me que Shaggy nous propose une version dancehall et rythmée de sa performance. C’est ensuite Lucky Day, puis Church Heathen qui sont interprétés par la star mondiale avec la même intensité. Il reprendra également I Can’t Fight This Feeling, posé sur le Baddaz riddim.

Shaggy continue sa représentation avec Make Up une chanson originellement chantée en compagnie de Wayne Wonder. Puis, juste avant de chanter Luv Mi Jamaica, il nous parlera du 50ème anniversaire de l’indépendance de la Jamaïque, ayant eu lieu courant 2012, un temps où l’équipe nationale du pays a participé avec brio aux Jeux Olympiques de Londres puisqu’elle remporte 12 médailles dont 4 en or. Shaggy poursuit avec I Wanna, une chanson, que je connaissais pas jusqu’alors, née de sa collaboration avec Bob Sinclar et Sahara. Il continue avec Fly High, mais surtout avec Sexy Lady, qu’il introduira avec les phrases suivantes : "I didn’t come to Paris for the weather ! I didn’t come to Paris for the weed ! I came to Paris for the women !". Et c’est bien évidemment Tony Gold qui nous accompagnera vocalement sur cette chanson.

C’est ensuite avec des titres sortis exclusivement de son dernier album Out Of Many, One Music, que Shaggy poursuite son show. Sly & Robbie sont donc de retour sur la scène, et c’est ainsi, avec Samira que Shaggy interprète If U Slip U Slide. La chanteuse reprend ainsi les couplets chantés par Melissa Musique sur ce nouvel opus. Puis, c’est Jimmy Cozier, mon préféré, qui prend place aux côtés de l’artiste vedette pour chanter All We Need Is Love. Je dois dire que j’ai été totalement envoûtée par ce chanteur à la voix d’or. Son grain était juste magnifique ! Enfin, j’étais totalement sous son charme ! Le spectacle continue et, c’est Never Knew What I Missed (Till I Kissed You) que Samira va nous chanter en toute douceur avec Shaggy. Sa voix est vraiment très belle en live d’ailleurs. Puis, c’est, à nouveau, Jimmy Cozier qui va chanter le duo de Ne-Yo et Shaggy, le morceau You Girl. La dernière chanson que les deux artistes vont chanter ensemble est Can’t Fight This Feeling, un duo chanté normalement par Beres Hammons et Shaggy. Durant ce titre, on a le droit à un beau remix plutôt dancehall de Shaggy, et Jimmy Cozier s’impose en tant que leader vocal.

Enfin, le concert touche à sa fin, et Shaggy termine avec les titres Stand Up, Come Around qu’il emprunte à Collie Buddz, Big Up, Bashment, Wild Tonite et Feel The Rush. J’ai passé un très bon moment pendant ce concert, et celui-ci s’est terminé presque sans encombre, bien que pendant le show, un homme ait réussi à monter sur la scène. Shaggy l’a par ailleurs poussé dans la foule, et celui-ci est retombé sur une fille de l’assemblée…