Diasporas de Victor O

Le dernier album de Victor O, Diasporas est sorti le 5 mai dernier. Il s’agit d’un album plein de couleurs dans lequel le chanteur martiniquais a souhaité mêler histoire et amour, culture et patriotisme, romantisme et détermination. Cet album, Diasporas est à l’image de l’artiste : multiculturel.

Le dernier album de Victor O, Diasporas est sorti le 5 mai dernier. Il s’agit d’un album plein de couleurs dans lequel le chanteur martiniquais a souhaité mêler histoire et amour, culture et patriotisme, romantisme et détermination. Cet album, Diasporas est à l’image de l’artiste : multiculturel.

Avec Diasporas, on parcourt l’ensemble des îles antillaises, l’Amérique Latine, et même un bout d’Afrique. Victor O a cette capacité de donner le goût du voyage à ses interlocuteurs. Bien des genres musicaux sont présents au sein de cet album qui se veut à la fois dénonciateur de notre condition de français à multiples origines et, à la fois sensible avec des titres plus doux comme Saudade ou encore Slow Love.

Sur les notes de Diasporas…

Cet album de Victor O commence sur les rythmes de Diaspora. La chanson éponyme de cet album est sortie au cours du mois de février dernier, c’est-à-dire juste avant la sortie de l’album complet Diasporas. Diaspora a naturellement été choisie pour introduire le nouvel opus de Victor O. L’histoire de cette chanson est celle d’un homme fraîchement arrivé en France, la « mère patrie » des terres d’outre-mer comme la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane française, la Réunion ou encore Mayotte. Victor O y relate, non sans humour, le mal du pays ressenti par les personnes qui s’éloignent de leur terre natale dans le but d’avoir un meilleur avenir, les « gens de la diaspora » comme il le souligne lui-même. Et si seulement il existait un vaccin pour guérir de la nostalgie du pays… Cette chanson est une belle œuvre réunissant plusieurs instruments à cordes, tels que la guitare et le violon. Victor O a proposé cette chanson lors du Festival Tropiques en Fêtes de cette année, à la Foire de Paris, c’est la vidéo que je vous propose ci-dessous.

Tabanka, titre de la deuxième chanson de Diasporas, est un terme d’origine caribéenne, provenant de Trinidad-et-Tobago et de Grenade plus précisément. "tabanka" définit l’inaptitude à se remettre d’une relation sentimentale. Cette expression désigne les sentiments de perte, de rejet et de peine qui surviennent après une rupture. Cette chanson au titre si particulier emprunte les rythmes du reggae pour dévoiler les intentions du chanteur vis-à-vis de la femme qui le rend fou : "Sé sèlman lanmou ka méné mwen dou, Pas tchè mwen sé ta’w pou léternité, Mwen sav jòdi fok mwen alé". Victor O y joue le rôle d’un homme si amoureux et si déboussolé, qu’il préfère s’en aller pour éviter de trop souffrir de cette relation qu’il sent destructrice.

Diasporas se poursuit avec la chanson Alma Negra, un joli titre qui commence à la guitare acoustique. Victor O y chante son arrivée à Salvador da Bahia, au Brésil. Cette chanson répertorie toutes les bonnes choses que l’on retrouve dans le pays de la samba : les grandes plages, les bons petits plats de dombrés aux crevettes, la caïpirinha, et la bonne humeur de la population locale. En tant que martiniquais, il se sent vraiment bien accueilli au Brésil, et c’est vraiment de bon cœur qu’il offre ce titre en hommage à cette région.

Puis, la liste de lecture de cet album reprend plus posément avec Gare Saint-Jean. Cette fameuse gare Saint-Jean est le lieu qui unit Victor O à la femme qu’il évoque dans la chanson. Comme un coup du destin, il l’a rencontré par un merveilleux hasard en ce lieu, et cette chanson a pour but de nous conter cette histoire pleine de romantisme. « Un rendez-vous avec la vie, un rendez-vous avec l’amour. » Gare Saint-Jean est une douce ballade dans laquelle je crois également entendre quelques violons.

Avec Marianne, c’est un tout autre genre musical que l’on peut entendre. Je ne saurais trop qualifier d’ailleurs ce genre musical de cette chanson que je trouve funk-soul-créole. Parfois le piano vient radoucir le tempo qui ressemble alors à celui de la musique cha-cha-cha. Mais parfois, le rythme de cette chanson est bien plus rapide. Marianne est un titre en réalité profond dans lequel Victor O souligne les différentes couleurs de cette France dans laquelle nous sommes. Il utilise ce prénom féminin car il s’agit du symbole français par excellence : une représentation de la liberté et de la raison.

Saudade est à mon sens l’une des plus belles chansons de cet album. Elle prend pourtant naissance dans un cadre un peu mélancolique. « saudade » provient de la langue portugaise et signifie nostalgie. C’est la parfaite expression pour définir l’ensemble du contexte sentimental dans lequel s’inscrit cette chanson. Victor O décrit ici l’amour qu’il a encore pour une femme dont il ne partage plus la vie. L’absence de cette personne avec laquelle il a vécu des moments heureux est pour lui un véritable crève-cœur qu’il doit vivre au quotidien. Le clip de cette chanson, réalisé par Nadia Charlery, est également un des plus aboutis de la scène créole cette année, ou en tout cas, de ceux que j’ai eu l’occasion de visionner jusqu’alors.

Le septième titre de cet album Redemption Time est un duo de Dominik Coco et Victor O. La voix de Dominik Coco apporte une nouvelle dimension à cet album, déjà très axé sur les rythmes locaux. Redemption Time est un morceau de reggae bien rythmé qui possède une introduction franche grâce aux résonances d’une guitare électrique. Les deux chanteurs y décrivent leur envie d’avancer et leur détermination face aux évènements de la vie. C’est le temps de la rédemption, celui de commencer un nouveau souffle, de rendre compte du passé et d’avancer le cœur léger.

Voices of New Combinati accompagne Victor O sur Dansi Mang. Je n’ai malheureusement pas réussi à trouver de réelles informations sur ce groupe, visiblement composé à la fois de voix féminines et masculines. Mais, Dansi Mang possède des sonorités africaines. Et donc, ce groupe, Voices of New Combinati, accompagne le chanteur tout au long de l’énonciation du refrain de cette chanson. La trame de celle-ci se veut plutôt détendue, puisque le chanteur y raconte, entre autres, l’histoire de sa rencontre avec une demoiselle qui le fera manger un plat qui lui est inconnu, et qui lui fera tourner la tête !

No Crisis est une chanson aux sonorités plutôt reggae. La batterie y est pour moi l’instrument qui mène la danse. Dans No Crisis sont énumérés de nombreux cas dans lesquels Victor O s’avoue être effrayé de la société actuelle, celle que l’on « subit » actuellement. En qui pouvons-nous avoir réellement confiance ? Les informations choisies par les médias sont rarement à caractère objectif, et Victor O se méfie de leurs dires, si bien qu’il refuse que ses enfants restent à veiller devant la télévision.

Slow Love est, comme son nom l’indique, une chanson dans laquelle il est question d’amour. Avec Slow Love, Victor O redonne des allures de soul music à son album. Ce titre est un de mes préférés de Diasporas. Tout, dans ce morceau, est une question de sensualité, de caresses et de tendresse. Slow Love nous offre les paroles qu’un homme réciterait pour la femme de ses désirs. J’adore ce moment où le rythme s’amplifie et où les paroles deviennent : "so hit me baby, mwen ké ba’w sa kon ou lé…" – enfin « hit », ou « eat » après tout… C’est une chanson que je trouve vraiment magnifique.

En tant que dernier artiste invité sur Diasporas, Senso nous propose Till Da Victory en compagnie de Victor O. Je vous avouerais que je ne connaissais pas du tout ce chanteur, Senso, dont je n’ai malheureusement pas trouvé tant d’informations sur Internet – vous pouvez m’en donner si vous en trouvez via le bloc de commentaires. Senso possède une voix que je qualifierais de soft, douce et harmonieuse à la fois. Je trouve que sa tessiture est faite pour des chansons d’un genre reggae lovers rock. Je serais tout à fait capable d’acheter un album de cet artiste. Il chante ici : "I’m an African boy tryin’ to live the best way I can, I’m the only king in my kingdom and I hope that you overstand". Le refrain de ce titre nous explique que ce combat est mené pour vivre des jours plus gais. Till Da Victory est une chanson qui nous fait étalage d’une lutte pour toutes les libertés.

Dominika a un rythme profondément caribéen, et la voix de Victor O parcourt à nouveau une ambiance recréée par des violons et une batterie prédominante. Il s’agit d’un titre bercé par la nostalgie de ce que le chanteur ressent vis-à-vis de la Dominique. Cette chanson possède une petite vague de souvenirs et de nostalgie, comme ça aura été souvent le cas dans ce nouvel album de Victor O.

Diasporas se termine sur Tjé Blendé, une chanson dans laquelle on entend clairement une guitare électrique jouer et guider la voix du chanteur. Victor O y évoque sa foi et son amour pour la vie. Pour lui, croire est une manière de survivre, et d’affronter tel un conquérant les épreuves de la vie. Tjé Blendé est une manière de terminer cet album en beauté, avec comme dernier message pour ses auditeurs : « Soyez confiants en la vie, croyez et vous verrez ». Cet album s’inscrit dans la continuité de Revolucion Karibeana de par toutes ses magnifiques sonorités. Victor O y exprime tous ses questionnements vis-à-vis de la société actuelle, sans tabous. Mais par-dessus tout, Victor O nous y délivre un message d’amour incommensurable à la vie. Vous pouvez télécharger Diasporas de Victor O sur Amazon.



TRACKLIST :
01 – Diaspora
02 – Tabanka
03 – Alma Negra
04 – Gare Saint-Jean
05 – Marianne
06 – Saudade
07 – Redemption Time featuring Dominik Coco
08 – Dansi Mang featuring Voices of New Combinati
09 – No Crisis
10 – Show Love
11 – Till Da Victory featuring Senso
12 – Dominika
13 – Tjé Blendé

La nocturne du Festival Tropiques en Fêtes

Copyright : Christelle

Vendredi 9 mai dernier se déroulait, à la Foire de Paris, la très célèbre Nuit de la Foire. En cette soirée, comme le veut la coutume, un certain nombre de concerts sont organisés dans l’enceinte de la Foire, pour le plus grand plaisir des parisiens. En compagnie de ma tante, j’ai ainsi assisté à la Nocturne du festival Tropiques en Fêtes, qui réunissait entre autres des artistes originaires des « Tropiques » qui s’illustrent dans des genres de musique assez diversifiés : de la soul, du traditionnel, du jazz, du reggae, du zouk, etc..

J’ai vraiment fait du mieux que j’ai pu pour prendre les quelques photos que vous trouverez ci-dessous. Malheureusement, de mon mètre 61, il m’était très difficile de pouvoir rivaliser avec le public présent, j’étais bien trop mal placée dans la foule ! En revanche, vous remarquerez qu’au fil du temps, je me rapproche peu à peu de la scène, grâce aux départs de certains (peut-être trop fatigués pour assister à l’ensemble du show, merci à eux haha!), et que mes photos deviennent de plus en plus exploitables.

Indy Eka, une valeur montante de la soul

Quand je suis arrivée face au podium de la Foire de Paris, Indy Eka était déjà sur la scène, en train de nous interpréter une chanson de son répertoire. (Je vous propose d’écouter ci-dessous Mama Africa.) Et d’ailleurs, je dois souligner que je pense avoir malheureusement raté le passage d’Ines Khai, une chanteuse originaire de la Guadeloupe, annoncée dans la liste des artistes présents ce jour-là à la Foire de Paris.

Indy Eka est la grande gagnante du Tremplin Soul’R Sessions, un concours organisé par Trace Urban qui a pour objectif final de permettre aux nouveaux talents de la scène musicale émergente de se faire connaître. Ainsi, il regroupe des artistes s’illustrant dans la soul, le R&B, le gospel, et j’en passe. Il est d’ailleurs encore possible d’écouter toutes les prestations des 16 finalistes de ce dernier concours sur le compte SoundCloud de Tremplin Soul’R Sessions (on retrouve parmi eux la chanteuse d’origines martiniquaise et sénégalaise Gaby Diop).

Un univers jazz soul créole avec Florence Naprix

C’est ensuite au tour de Florence Naprix d’entrer sur scène pour nous interpréter deux chansons de son répertoire : Kaz An Mwen et Zétwal An Mwen. Florence Naprix est une artiste originaire de la Guadeloupe. Elle commence très jeune à se passionner pour la musique, avec son amour pour le piano. Sarah Vaughan, Ella Fitzgerald et Erykah Badu sont d’ailleurs des artistes qui vont très fortement influencer Florence Naprix dans ses choix de carrière.

Quand elle arrive sur la scène de la Nuit de la Foire, Florence Naprix a bel-et-bien l’intention ferme de faire découvrir son univers à son auditoire. Pour ma part, je ne la connaissais que de nom, et je ne m’étais jamais réellement penchée sur ses capacités vocales. Ses deux interprétations ce soir-là m’ont donc permis de compléter ma découvert d’un personnage que j’ai trouvé vivant, chaleureux et engagé. La dernière chanson de son passage sur scène, Zétwal An Mwen, est avant tout une chanson pour redonner de l’espoir. Florence Naprix va alors proposer à son public d’entonner avec elle le message puissant : Pa lagé / Fò’w kenbé (Ne lâchez rien, tenez bon!, sous-entendu face aux épreuves de la vie).

Le zouk fortement représenté par Yoan, Warren et Fanny J

En effet, le zouk avait pleinement sa place dans cette Nocturne du Festival Tropiques en Fêtes, car après tout, ce genre musical tire bien son origine des « tropiques ». C’est ainsi, Yoan, qui tient le rôle de l’élément déclencheur ici. En entendant sa chanson, et son nom, j’ai tout de suite pensé ne pas du tout connaître cet artiste (au vu de ma terrible affection du zouk…), mais pourtant, il y a bien longtemps que Yoan est dans le monde de la musique. Ce chanteur, à la voix mémorable, a longuement fait partie du groupe Trade Union, connu entre autres pour ses chansons Quand On Aime et D’un mot, mais surtout pour sa collaboration avec Booba sur le magnifique titre Au Bout de Mes Rêves (l’un des rares que j’aime de ce rappeur français d’ailleurs, je sais, je sais…). Yoan est donc venu sur scène nous présenter ce soir Emmène-Moi, en nous promettant de revenir bien vite sur le devant de la scène musicale avec un nouvel album prévu pour septembre 2014, et une collaboration à venir avec Kalash.

C’est ensuite au tour de Warren d’entrer sur la scène, sous les forts applaudissements de la gente féminine. Comme à son habitude Warren a réussi à captiver l’ensemble de son auditoire. Je serais, pour ma part, bien incapable de vous dire le titre de la chanson qu’il a interprété ce soir-là, mais force était de constater que toutes les paroles de celle-ci était connues par cœur de l’auditoire parisien (et de ma tante…). Il a introduit ensuite l’une de ses collaboratrices de prédilection dans le domaine : Fanny J.

Fanny J possède un nombre de fans qui augmente avec le temps. Elle est arrivée sur scène, tout sourire, pour nous proposer de partager quelque chose qui lui tenait véritablement à cœur. C’est ainsi qu’elle nous offre le titre Aucune Larme, une chanson de son nouveau répertoire, encore méconnue, puisque pas encore commercialisée à cet instant. Elle nous explique dans le contexte de cette chanson, que malgré les épreuves qu’elle a connues depuis le début de sa carrière, et que malgré les médisances ou autres broutilles de ce genre, elle est reconnaissante pour tout l’amour qui lui a transmis son public jusque là. Très émue, elle nous propose alors cette chanson, non sans larmes, et finit sa représentation en nous précisant qu’elle travaille actuellement sur la préparation d’un nouvel opus.

Un aperçu de la richesse culturelle de Victor O

Victor O, chanteur d’origine martiniquaise à la douce voix, était également un invite de cette Nuit de la Foire parisienne. Comme ce dernier vient tout juste de sortir son deuxième album Diasporas, il en a profité pour nous interprété le titre phare de cet album de manière inédite Diasporas. C’est ce titre que j’ai filmé et que vous retrouverez donc ci-dessous.

Son passage sur la scène du Festival Tropiques en Fêtes ne s’est pas terminé sur ces notes. Victor O nous offre ensuite un puissant Vini Dou, en mode force tranquille. Le public, d’autant plus connaisseur cette fois, accompagne le chanteur en reprenant les paroles du refrain : Vini dou, Mwen bizwen touché fon tchè’aw, Pa di mwen non non non non, Ou sav ke mwen lov de vou, Lanmou sé an bagay ki dou, Fodré ké ou sonjé sa, Pa di mwen non non non non, Tou sa ou lé mwen ké sa ba’w ». Ce titre, l’un de mes préférés du répertoire de ce chanteur de mon île, est posé sur le rythme d’une guitare acoustique, d’une guitare basse et d’autres percussions nous rappelant le kompa made in Haïti.

Joëlle Ursull, marraine du Festival Tropiques en Fêtes

Eh oui ! Jöelle Ursull ! Comme elle l’a si bien dit, pas sûr que les jeunes demoiselles de 15 ans présentes devant la scène de ce concert plein air, soit bien au courant de qui elles avaient sous leurs yeux… Mais c’était un plaisir d’apprendre que Joëlle Ursull était tout simplement la marraine de cette soirée. Elle nous a interprété plusieurs chansons tirées de sa discographie. Juste gracieuse, elle arrive sur scène une première fois habillée d’une jolie robe noire mettant toutes ses formes en valeur, pour nous chanter entre autres White and Black Blues.

Un peu plus tard, notre marraine revient avec un afro sur cette scène, cette fois dans le but de bien relancer le dynamisme de la soirée, malgré la pluie, avec son titre Amazone. Avec cette chanson, Amazone, elle nous invite à l’accompagner vocalement sur des rythmes bien connus du grand public.

Une touche de soul avec Gage, Vigon, Bamy, Jay et Yoann Fréget

Au vu de l’affluence qui lui était réservée, Gage était massivement attendu par les personnes présentes ce soir-là à la Nocturne de la Foire de Paris. Cela faisait un moment que je n’avais pas spécialement entendu parler de lui, et c’était assez rafraîchissant de le découvrir en live. C’était la première fois que je le voyais en live. Sa voix est tout simplement magnifique. Gage nous propose l’un des titres qui l’a rendu célèbre Pense A Moi, mais aussi Vient Danser par exemple. Gage nous présentait son nouvel album Soul R.Évolution sorti le 3 mars dernier.

C’est ensuite aux incroyables Vigon, Bamy, Jay, qui composent un groupe souvent surnommé à juste titre Les Soul Men – surnom qui fait aussi référence au nom de leur dernier album – de mettre un rythme fou sur la scène dédiée à cette nocturne du festival. Les trois chanteurs, ayant tous accomplis à leur manière d’illustres choses dans le monde de la musique, nous proposent alors un show complètement ancré dans la musique soul/gospel américaine. Ils ont dépensé, ce vendredi, une telle joie de vivre que le public s’est massivement rapproché des planches. Je ne connaissais d’ailleurs pas du tout leur univers, et les deux seuls morceaux extraits de leur répertoire ce soir-là, m’ont rendue extrêmement curieuse à leur sujet !

Ils nous ainsi interprétés Soul Man reprenant naturellement la phrase I’m Soul Man. Vigon, nous invite à crier avec lui un terrible « Aaayyyyy » avant de reprendre le tube planétaire Stand By Me de Ben E. King, et donc nous encourageant à implorant avec eux la fameuse darling "So darling, darling / Stand by me, oh stand by me / Oh stand, stand by me / Stand by me". Je ne savais pas du tout qu’ils seraient présents ce soir-là, mais ils m’ont littéralement fait sourire !

Enfin, Yoann Fréget pour clôturer le spectacle (ou en tout cas, pour moi) ! Yoann Fréget est le gagnant de la deuxième édition française de The Voice. Pour ma part, je n’ai pas du tout suivi ce programme, et donc je ne connaissais pas du tout l’univers artistique de ce chanteur. C’était une chouette découverte, parce que, pour tout vous dire, je m’apprêtais à prendre le chemin du Tram pour rentrer chez moi, et sa voix, m’a touché, et je suis donc restée le regarder ! Il nous chante une première chanson dont je n’ai pas retenu suffisamment de paroles pour vous dire ce que c’était… mais nous interprète ensuite un powerful Couleurs love. Yoann Fréget nous invite ainsi à être plein d’amour les uns envers les autres, et son refrain reprend les mots suivants : On a chacun le pouvoir, De changer le cours de l’histoire, Et soudain se voir, Couleur lo-lo-lo-love, Comme les passants qui s’étalent, Et vont peindre les étoiles, Pour que les soleils toujours dévalent, Couleur lo-lo-lo-love. Yoann Fréget est arrivé tel un ovni, et nous a entièrement fait partager son amour pour la musique.

La Nocturne du Festival Tropiques en fêtes se termine ici pour moi. C’était un lot de bonnes surprises, accompagné d’artistes que je connaissais déjà, que j’ai tout autant apprécié à redécouvrir en représentation musicale.

Indy Eka

Indy Eka

Florence Naprix

Florence Naprix

Florence Naprix

Florence Naprix

La présentatrice

Yoan

Warren

Warren

Warren

An Ba Soley de Loriane Zacharie

Loriane Zacharie, que je découvre complètement par hasard, durant mon séjour en Martinique, est une chanteuse martiniquaise à la voix ambrée. Cette artiste parcourt divers univers musicaux, mais se prédestine naturellement à représenter les sonorités caribéennes en empruntant les voies du bèlè, de la biguine, de la mazurka ou encore du zouk.

Loriane Zacharie s’intéresse fortement à l’histoire de la Martinique, et essaie de faire partager son amour pour son île à travers ses textes. Je me suis donc penchée sur son dernier album sorti vraisemblablement il y a environ un an : An Ba Soley. Surprise, surprise, sur cet album, on y retrouve plusieurs musiciens connus de la scène antillaise comme Joël Jaccoulet au clavier et à la programmation, ou encore Cédric Cléry à la batterie et Didier Juste aux percussions.

An Ba Soley en quelques mots

L’album de Loriane Zacharie commence avec un interlude rafraîchissant. On y entend le bruit d’une porte qui s’ouvre, le gazouillement des oiseaux, des petits rires, des bruits de pas dans de l’herbe, le bruit de la mer. Et on y distingue un mot répété dans un murmurement : "Soleil".

Puis c’est tout de suite avec sa chanson éponyme, An Ba Soley, que démarre cet album. Loriane Zacharie nous y chante son amour pour son pays, pour le soleil : "An ba soley la, Sé la mwen lé rété, Mwen ni an tchè kréyol la, Bizwen doucè péyi a". Les sonorités de cette chanson sont assez douces, et reflète pleinement la Caraïbe de manière acoustique. Ainsi, on y entend des tambours rappelant les rythmes du bèlè et des autres musiques traditionnelles en Martinique. Ce premier titre est à l’image de tout cet album : dynamique et emprunt de bonnes vibrations.

Alè La, le deuxième morceau de an Ba Soley débute sur les notes d’une guitare acoustique, avant que très rapidement se fassent entendre le tambour. L’artiste martiniquaise y chante l’amour : "Sé ou sèlman an ka wè, Ou sé orizon mwen" (C’est toi seulement que je vois, Tu es mon horizon). Tout en douceur et avec une voix presque suave, Loriane Zacharie nous fait part de ses sentiments avec des expressions intelligentes, elle compare son amour aux résonances d’un tambour battant, aux vibrations que lui apporte la musique. J’aime beaucoup cette chanson dans laquelle on distingue plusieurs ambiances sonores.

La troisième chanson de cet album, Vini, est un duo entre Fred Deshayes et la chanteuse antillaise. On y entend très nettement un saxophone apporter un peu de jazz à la base rythmique. C’est d’ailleurs Jussi Paavola qui jouera de cet instrument pour les besoins de cette chanson. La voix de Fred Deshayes, aussi connu pour être le leader vocal du groupe guadeloupéen Soft, apporte une première touche masculine à An Ba Soley. En toute simplicité, les deux chanteurs nous parlent d’amour, de chaleur et de sentiments agréables. Un solo de saxophone nous est offert au milieu de la chanson, avant que le clavier ne vienne flirter avec nos oreiller. Je trouve plein de sensualité et de douceur à cette chanson, qui est probablement celle que je préfère de tout l’album.

La morceau suivant s’intitule Moun Lanmou. Il s’agit du premier single officiel d’An Ba Soley, sorti en octobre 2012. Loriane Zacharie y parle d’amour, comme elle pourrait parler de sa relation au soleil. Dans ce titre, elle nous parle de son besoin de lumière et donc de son besoin de sentir aimée. Elle nous parle d’une relation idyllique dans laquelle les mots ne sont pas nécessaires pour exprimer ce que l’on ressent : "Moun lanmou ka compran kò yo san palé, Kon vou kon mwen, Kon mwen kon vou".

Avec É Si, la chanteuse martiniquaise nous entraîne à nouveau sur des rythmes de musique traditionnelle. La richesse de sa voix nous emmène alors à redécouvrir toutes ces ambiances acoustiques et sonores de la musique antillaise. Cette chanson est plus un hymne à la foi de Loriane Zacharie. Elle ne serait rien sans cette foi qui guide ses pas. Elle la chante avec humilité, comme pour inviter à prendre connaissance de sa force naturelle.

Dans la septième chanson de cet album, Mwen Enmenw Ou Enmen Mwen, il est une nouvelle fois question d’amour. Loriane Zacharie nous parle des couleurs que lui apporte son amour. Elle joue le rôle d’une femme pleinement épanouie sur le plan sentimental. Ce morceau que je rangerais dans une catégorie zouk/semi-acoustique est une assez belle découverte pour moi. J’ai particulièrement apprécié les accords de la guitare et le timbre vocal choisi par la chanteuse ici.

Victor O rejoint ensuite la liste des invités sur cet album pour Manzé Madi. Dans une interview de Loriane Zacharie pour Martinique 1ère, la chanteuse nous explique comment s’est déroulé cette collaboration avec l’auteur de Revolucion Karibeana. Loriane Zacharie a rencontré Victor O pour la première fois lors du concert Léritaj Mona. Ils ont été amenés à se revoir ensuite au cours de plusieurs émissions, interviews ; c’est donc tout naturellement qu’ils ont commencé à travailler ensemble. La chanteuse apprécie énormément le travail de l’interprète de Mi Natty Dread, elle a un respect sans pareil pour sa musique. Plusieurs chansons d’An Ba Soley ont ainsi été rédigées avec l’aide du chanteur martiniquais. Victor O apporte cette fois sa voix sur Manzè Madi, un duo plutôt original.

An Ti Manmaye est une chanson dans laquelle la chanteuse exprime son envie d’avoir un enfant. Cette chanson, que je trouve magnifique dans le sens où elle m’a plutôt surprise en termes de contenu, est réellement une déclaration de la chanteuse quant à son envie de materner. L’enfant est le fruit de l’amour, elle souhaiterait avoir un enfant qui soit le reflet de cet amour là.

C’est ensuite avec Non que se poursuit la tracklist d’An Ba Soley. Ici, c’est les notes jouées au clavier qui apportent à mon sens toute la portée significative de la chanson. Il joue le rôle de chef d’orchestre parmi les instruments, d’ailleurs, Loriane Zacharie, suit complètement la musique du piano lorsqu’elle chante.

Misié A s’annonce comme une mise à garde d’une femme vis-à-vis de l’homme qui partage sa vie. Celui-ci se doit d’avoir un comportement correct envers elle, de prendre soin d’elle et de lui accorder toute son attention. La femme jouée par l’artiste ici est celle d’une femme blessée, en manque de reconnaissance de la part de celui qu’elle aime. Loriane Zacharie aborde ce thème, pourtant des plus sérieux, avec une certaine liberté acoustique et musicale.

Avec des sonorités rappelant quelque peu les airs de bèlè, Dramatik continue dans cette même thématique. Le tambour se refait à nouveau bien présent. En entendant cette chanson, je visualise tout à fait les danseurs de musique traditionnelle danser. Loriane Zacharie nous offre à nouveau un titre aux rythmiques traditionnelles, en hommage à son île natale, la Martinique. Ce morceau est le coup de cœur personnel de ma mère. ;)

L’album se termine avec la chanson Padon, une sorte de ballade aux rythmes qui me rappelle un peu la samba, et même presque la salsa parfois, bien que l’on ne soit pas totalement sur le tempo de base de la salsa – j’arrive quand même par moment à retrouver le 1-2-3, 5-6-7, c’est donc dansable en salsa je suppose :). Pour finir An Ba Soley en toute beauté, Loriane Zacharie nous fait voyager dans les pays où la musique latine bat son plein. Cette chanson est vraiment la plus aboutie à mon sens, un très bon choix pour terminer cet album qui, ma foi, annonce la montée en puissance de cette chanteuse martiniquaise. Je resterai à l’affût des prochaines sorties musicales de cette chanteuse pour vous les partager ici. En attendant, je vous recommande d’acheter An Ba Soley sur Amazon, ou de partager avec moi vos impressions en l’écoutant !



TRACKLIST :
01 – …
02 – An Ba Soley
03 – Alè La
04 – Vini featuring Fred Deshayes
05 – Moun Lanmou
06 – É si
07 – Mwen Enmenw Ou Enmen Mwen
08 – Manzè Madi featuring Victor O
09 – An Ti Manmaye
10 – Non
11 – Misiè A
12 – Dramatik
13 – Padon

E.sy Kennenga au New Morning

Copyright : Johanna Bizet

Le concert d’E.sy Kennenga a eu lieu le 14 janvier au New Morning, une salle parisienne dans laquelle de nombreux concerts toute l’année ont lieu. La grande particularité de cette salle est sa convivialité : les artistes se présentant sur la scène sont réellement proches du public. De manière générale, cette pièce accueille des musiciens de jazz, de soul et de salsa.

Revivez le concert d’E.sy Kennenga en vidéos. UNE ASTUCE : Vous pouvez sélectionner la vidéo que vous souhaitez visionner en cliquant sur le bouton « Playlist » de YouTube.

Ma première découverte musicale de cette année 2011 concerne Freepon. C’est lui qui assurait la première partie du concert d’E.sy Kennenga ce soir-là. Accompagné de sa guitare et de deux autres musiciens, cet artiste entier a su, grâce à son style subtil et sa musique douce, nous faire parcourir des thèmes tels que l’indifférence, l’inégalité ou l’amour à travers ses chansons. Tantôt sérieux, tantôt ambianceur, Freepon a touché un large public grâce à ses textes d’espoir. Le public, connaisseur, a joué le rôle de chœurs notamment sur les chansons « Doucinéw » ou « My Superstar ». J’ai, pour ma part, eu un réel coup de cœur pour la voix de cet artiste qui semble être polyvalent tant il se joue de son auditoire pour déclamer ses chansons aux textes réalistes.

Puis, E.sy Kennenga nous rejoint sur la scène du New Morning. Il est accompagné de Joël Jaccoulet au clavier, de Rémi Rascar à la basse et de Cédric Cléry à la batterie. Le show commence avec « Ek Trip », la chanson du même nom que le premier album solo de l’artiste. Il poursuit son show avec « La La La » puis « Malpalan », une très belle chanson qui aborde – comme son titre l’indique – le thème de la médisance. Accompagné de Jimmy Felvia au piano, E.sy nous interprète « Yonn », un morceau sur la tolérance. Pour poursuivre dans la même lancée, Kenzy nous rejoint sur la scène du New Morning pour « Frè é sè », en témoignage de respect aux « îles-sœurs », la Martinique et la Guadeloupe.

On change de registre avec « Beau mois de mai » et « Question de time ». Une partie beaucoup plus dancehall s’offre alors à nos yeux avec par exemple « Rété Fo » du Ghetto Raid vol.3. Aussi, on accueille Goldee pour une interprétation de « Comme du wine » en duo avec le chanteur. Goldee est une artiste originaire de la Martinique aux talents multiples. Elle est notamment connue pour ses titres « Pointe des Nègres » ou « Chaque Jour ». Juste après ce magnifique titre aux sonorités rappelant les îles de la Caraïbe, E.sy reprend seul chanteur place sur la scène afin de nous offrir un magnifique « Pinting party ». Il nous accorde ensuite un moment acoustique avec pour seul instrument d’accompagnement sa guitare. Ainsi, les voix du public et du chanteur se mêlent sur les chansons « Décidé » et « Love adan tchè mwen ».

Une fois les musiciens en place, on reprend avec « Truc de fou ». Puis, Victor O fait son apparition pour nous interpréter « Mi Natty Dread ». C’est dans un genre plus romantique, que l’on poursuit avec « Es ou paré », mon véritable coup de cœur de la soirée. Généreux avec son auditoire, E.sy Kennenga nous gratifiera même d’un « bis » en nous permettant d’apprécier deux fois cette chanson remplie d’amour. E.sy Kennenga continue avec les chansons « Never give up the fight » et « Sous ton charme ». Cette dernière sera reprise avec Kim pour un condensé de « We fly » et « Je fonds ». Un accueil chaleureux est réservée à cette jeune artiste qui s’affirme de plus en plus dans le monde du zouk.

Le moment que le public attend avec impatience arrive. E.sy nous interprète « Pa pè », un véritable hymne au courage et à la détermination : « Tonbé sa vlé pa di ou échoué, fok ou rilévé la vi’a ka kontinué » (Mot à mot, « Tomber ne veut pas dire échouer, il faut se relever, la vie continue »). Le concert se finira bien évidemment avec deux de ses titres qui ont touché la scène créole. C’est dans un premier temps « Madinina #1 » qui s’est fait entendre. Cette chanson est un hymne à l’amour envers l’île de la Martinique. J’ai particulièrement apprécié l’implication des musiciens sur ce morceau aux allures de kompa rappelant les influences diverses du chanteur. Et pour finir, c’est une version à double mesure de « Nou anlè sa » qui nous est proposé. L’interprétation souhaitée par le chanteur est d’abord douce, presque romantique et ferait presque penser à du zouk. Mais c’est bien sûr, un final avec le rythme du carnaval qui transportera le public dans une joie infinie. Je dirais même que cette chanson aura fini par totalement nous réchauffer alors que l’hiver bat son plein en ce moment. L’auditoire ne cesse alors d’applaudir et de manifester son contentement à ce jeune artiste dont la notoriété prend de l’ampleur à chaque nouveau concert.

A tous les absents, je voudrais simplement vous dire que vous avez eu tort ! Les musiciens qui accompagnaient le chanteur étaient simplement EXCELLENTS. Quant à E.sy Kennenga, il nous aura offert un show très professionnel dans un genre éclectique puisque touchant à la fois à plusieurs genres musicaux : le reggae, la soul, le kompa, le zouk et le dancehall. J’espère rapidement avoir la chance de le revoir sur scène.