Red Rat, Mr Vegas, Jah Cure en concert à l’Élysée Montmartre

Mr Vegas
© Jurgen van Gorp

L’affiche présente trois artistes aux carrières énormes. J’aurais vraiment apprécié de voir évoluer Red Rat, Mr Vegas et Jah Cure sur la scène, grâce à leurs univers différents mais complémentaires. Ils ont eux trois su nous remémorer les années 90 sans pour autant négliger leur sujet et leur temps de scène. Absents, vous avez eu tort! Mon seul regret (mais ça, ça devient une habitude à l’Élysée Montmartre) : la scène possédait un jeu de lumières beaucoup trop important à mon goût, composé de beaucoup de rouge (NB : le surplus de lumière rouge nuit au traitement des photographies et des vidéos).

La première partie du show est assurée par Red Rat. Accompagné d’un orchestre tout à fait exceptionnel, il nous fera redécouvrir des morceaux datant de plus d’une dizaine d’années. Ainsi, pour démarrer ce voyage dans le temps, Red Rat débarque sur la scène de l’Élysée Montmartre avec « Dwayne » (Fig Leaf, 1997). L’artiste poursuit son show avec « Wrigleys » (Rotten Rich) et l’excellent « Good Boy » (Columbian Necktie) juste avant de reprendre un riddim plus récent — l’Applause — avec son titre « Shake That ». Suite à cette agréable mise en bouche, un medley de sons « retro » nous est proposé. En premier lieu, l’artiste emprunte l’excellent « Murder She Wrote » de Chaka Demus & Pliers et « Dem a Bleach » de Nardo Ranks. Il continue sa lancée avec le Filthy riddim, et plus précisément, « Traffic Blocking » de General Degree et « Let Him Go » de Beenie Man. Le public, déjà réceptif à l’entrain de Red Rat face à cette réminiscence de souvenirs, montre un maximum d’enthousiasme quand les premières notes de « That Girl (Shelly Ann) » démarrent. Le rythme du Diwali nous est ensuite joué par les musiciens. Red Rat commencera avec « No Letting Go » de Wayne Wonder avant de nous gratifier de quelques pas de danse dont notamment le classique « Pon Di River » et le « Give Dem A Run ». Il va jusqu’à nous interprété un pas de sa propre création appelé « The Tourist ». Alors que l’artiste nous parle de son nouvel album en cours de production « The fun is back », Pascalle nous rejoint sur la scène afin de chanter « Party Pumpin » avant d’entamer en solo un morceau — dont je ne connais pas le titre — sur l’infidélité reprenant le refrain « I’m good! F**k you nigga, I’m good! ». A nouveau, Red Rat se joint à Pascalle pour « Mi Ready Fi Party ». A l’encontre des « haters », notamment ici des filles qui nous jalousent sans intérêt en soirée, Red Rat s’essaye à la guitare pour nous jouer « Sorry » (Taxi) puisé dans le répertoire de Foxy Brown pour en faire un « diss » que j’appelerais « B***h! Sorry! ». Suite à ça, l’artiste reprend avec « I Love Weed » et un hommage à Buju Banton avec « Boom Bye Bye » et « Love Dem Bad ». Pour finir, Red Rat reprendra les chansons « Mi Can’t Sleep » (Baddis), « Revolution » de Dennis Brown, « Bun Dem » (Intercom), « Bizzi Blazzi » (Black Widow) et « Tight Up Skirt ». C’est ainsi qu’après 35 minutes de show, Red Rat laisse place à son confrère…

Mr Vegas arrive accompagné de Natel pour les chœurs (un jeune chanteur jamaïcain à la voix d’or que l’on retrouvera probablement bientôt sur le devant de la scène musicale) et de Fatta Diamond aux platines. Son show débute avec « Go Up » (Juice) suivi de « Sucky Ducky » (Unda Wata). Tout au long de cette partie du concert, on assiste à un rythme effréné de la part du chanteur — ce qui n’est pas pour déplaire au public. A l’image de Red Rat, Mr Vegas nous emmène d’abord dans les années ’90 avec « A Nuh Di Same » (Buzz), « She’s a Hoe » (Crash), « Bun It » (Crash, feat. Elephant Man), « Nike Air » (Playground), « Who Am I » (Playground, Beenie Man), « Hot Gal Today » (Street Sweeper, feat. Sean Paul), « Jack It Up » (Bookshelf), « Everyone Falls In Love Sometimes » (Up Close, Tanto Metro & Devonte) et « Heads High » (Filthy). Le public est dans l’euphorie totale! Puis, les hits « Pull Up » (Coolie Dance) et « Tamale » retentissent dans la salle de l’Elysée Montmartre. Dans un registre un peu plus calme, Mr Vegas décide de nous faire redécouvrir Bob Marley à travers les chansons « Buffalo Soldier » et « Three Little Birds ». L’artiste a une pensée pour Buju Banton et entonne les célèbres lyrics : « Don’t worry about a thing. ‘Cause every little is gonna be alright ». Puis, c’est au tour de Natel de prendre le micro pour nous interpréter « Miles Away » sur l’excellentissime City Life riddim — que vous devriez écouter si vous ne l’avez jamais entendu ;). Mr Vegas continue avec « Mus Come A Road » et « Here I Come » (Barrington Levy). Mais pas question de ralentir la cadence! Et pour cela, l’artiste enchaînent les tubes : « Hot F**k » (Hot Wuk); « Dutty Wine » (Smash, Tony Matterhorn), « Tek Weh Yuself » (Dutch Pat) et « Raging Bull » (feat. Overmars). Afin de rendre les choses vraiment « folles » (comme il le déclare lui-même), on aborde le thème du carnaval à travers des chansons telles que « You Make Me Wanna Jump » de Rupee ou « It’s Carnival » de Destra Garcia et Machel Montano. En dernier lieu, on apprécie « I Am Blessed » (Good Life) et « Man a Gallis » puis « Sweet Jamaica », que Mr Vegas interprète comme un symbole de fierté envers le pays dont il est originaire.

L’orchestre puis les chœurs de l’artiste suivant s’installent sur la scène de l’Élysée Montmartre. Pour nous faire patienter, ils commencent par nous entonner quelques mélodies douces. Jah Cure fait son entrée sur le titre « Jah Bless Me » (Sweet River Rock) et c’est un public plus que ravi qui l’accompagne sur ses chansons : « Sticky » (Jamdown), « Love Is » (Seasons), « To Your Arms Of Love », « Sunny Day » (Declaration Of Rights), « Kings In The Jungle » (Plenty Bag, feat. Sizzla), « Same Way » (Gideon), l’excellent « Nah Build Great Man » (Sweet Sop), « Journey », « Run Come Love Me » (feat. Jah Mason)… A plusieurs reprises, il nous gratifiera de morceaux empruntés à Bob Marley comme « Is This Love » et « Zimbabwe ». D’un naturel généreux, Jah Cure distribuera beaucoup d’amour à son auditoire, celui-ci se manifestant aussi bien par des gestes que par des courtes introductions. Souvent, l’artiste est en réelle communion avec les personnes présentes. Ainsi, on assistera à un show attachant dans lequel seront repris « Never Find » (Changes), « True Reflection » (Reflections), « Woman I Love You » (Soul Food) — la chanson qui m’aura vraiment le plus marqué ce soir-là par sa simplicité et l’implication avec laquelle Jah Cure nous l’a offerte… Il poursuit avec « Unconditional Love » (Dee si tu me lis, je te dédie celle-là), « Before I Leave » (Cardiac Bass) et l’énorme « Longing For » sur le Drop Leaf riddim. Son show se termine avec « Call On Me » (feat. Phyllisia) et « What Will It Take » (Istanbul).

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