Danger Luv Riddim

Dunn Falls, Jamaica
Copyright : Ricardo's Photography

Voilà une semaine que ce riddim est sorti, et je crois bien que plus j’entends les chansons proposés par les jamaïcains présents sur cette version, plus je l’apprécie ! Le Danger Luv Riddim a été réalisé par Troyton Music sous le label Amplex Records. Plusieurs artistes ont d’ores-et-déjà posé leurs voix dessus à savoir Aidonia, Bencil en featuring avec Mr G, Bugle, Khago, I Octane, Konshens, Lutan Fyah, T’Nez et Tarrus Riley – sa chanson, Dangerous Luv, est un de mes coups de cœur musical du mois !

C’est Aidonia et son puissant Stay In My Arms qui déclament les premières notes du Danger Luv Riddim. Aidonia, dont la renommée a réellement pris son ampleur grâce à ses chansons Innocent Blood sur le Gangsta Rock Riddim ou Chicken Head sur le Galore Riddim en 2006, exprime à sa façon l’attention qu’il porte à sa compagne : "Mi seh baby girl I love yuh she seh yes I feel suh / A nuh gal cyan mek mi leff I woulda neva leave yuh". Il apporte un peu d’amour sur cette instrumentale avant que le ton ne devienne plus sérieux avec les thèmes abordés par les autres artistes de cette compilation.

En effet, Bencil, alors accompagné de Mr G sur le titre Life Of A Ghetto Soldier, choisit de décrire la place de la violence dans la vie d’un homme vivant dans les ghettos. Les guerres et autres démêlés que s’octroient les jeunes des quartiers apportent systématiquement des larmes. Bencil déclare d’ailleurs que sa mère prie pour qu’il ne se retrouve jamais dans de pareilles histoires, tandis que Mr G compte sur Jah pour protéger les siens des méfaits de la violence. Cette première collaboration entre ces deux artistes est assez sympathique et très élaborée finalement tant leurs capacités vocales sont différentes et créent un juste milieu entre la ferveur de leurs propos et la réalité de la vie en Jamaïque.

Bugle s’essaie ensuite à l’exercice avec, cette fois encore, un nouveau sujet à traiter. Dans Call Him, il fait clairement référence au bien-être que lui procure sa religion. Jah lui apporte un soulagement face aux problèmes qu’il rencontre, il se déclare sans peur, sans crainte vis-à-vis des tragédies que la vie peut nous apporter quotidiennement. Il demande d’ailleurs aux jeunes de ne jamais sous-estimer la force de Jah, qui sans cesse vient à son secours : "Jah Jah always join on [his] rescue quickly". Il l’adore et ne peut en aucun cas faire passer quelqu’un avant lui. La foi de Bugle existe de façon claire, et ce morceau ne peut qu’en témoigner.

Khago, un jeune artiste de la scène jamaïcaine notamment connu pour son tube Only If You Know, nous offre Nothing Like Life sur le Danger Luv Riddim. Dans cette chanson, il nous déclare que rien n’est comparable à la vie elle-même. Il déclare n’avoir besoin d’aucun diamant, ni de grosse voiture. Il prie simplement Jah pour qu’il lui accorde la vie et qu’il soit en bonne santé.

L’excellent Trust No One de Konshens commence par un dialogue entre un homme et son fils. Konshens joue le rôle de ce père de famille et promulgue un unique conseil à son enfant : "In life, don’t trust nobody, ok ?" (Dans la vie, n’aie confiance en personne). Tout au long de cette chanson, Konshens déclare avoir connu plusieurs situations durant lesquelles il a dû se résoudre à comprendre que personne ne mérite sa confiance. Son refrain "Mi trust nuh one" est plutôt clair. Ce morceau met en garde tout à chacun contre les déceptions qu’apportent une confiance trop vite donnée. Konshens demande à tout à chacun de rester sur ses gardes, et ce, même avec nos soi-disant amis, car le mal peut venir de n’importe où.

La voix semi enrouée d’I Octane, celle qui fait sa particularité, nous délivre un puissant : "Troyton, tell me who wanna see me fall". Dans sa chanson, l’interprète de My Life cherche à savoir quelles sont les personnes qui veulent l’emmener à sa perte. I Octane, ici, est pleinement conscient de sa qualité de pécheur sur cette terre, il ne se voit pas comme un homme parfait, et ne comprend pas pourquoi ces personnes qui veulent lui nuire sont incapables de le percevoir comme tel. Je pense que sa chanson rejoint un peu celle de Konshens dans le sens où il aimerait connaître ses ennemis pour pouvoir être pleinement averti et agir en conséquence en toute situation.

Lutan Fyah traite un sujet bien moins solennel avec No Wah Settle Down. En effet, il nous parle d’une femme incapable de faire de réels choix dans sa vie personnelle. Elle apparaît comme une personne incapable de s’engager, que ce soit dans le domaine sentimental, et financier surtout. Cette femme préfère frimer avec de beaux vêtements qu’économiser, papillonner que vivre en couple. Lutan Fyah ne comprend pas comment, de nos jours, peut vivre ainsi et ne pas vouloir améliorer son style de vie.

Un de mes coups de cœur sur ce riddim est la chanson proposée par T’Nez, que je ne connaissais pas jusqu’alors. T’Nez est un chanteur jamaïcain né en 1987 dont la reconnaissance grandit peu à peu. Sa voix lui permet de pouvoir chanter relativement aigu pour un homme et de posséder à la fois une aisance assez perceptible sur les tubes qu’il interprète. Dans Press Play Pause, T’Nez parle d’une femme qui a connu une relation sentimentale tumultueuse. Cette femme souhaite pouvoir effacer cette partie de sa vie pour obtenir enfin l’amour qu’elle mérite. Elle aimerait revenir dans le passé comme on peut avancer, reculer dans le temps dans une chanson grâce aux touches « play », « pause », « avance rapide », etc.

La chanson de Tarrus Riley, pleine de bon sens finalement, s’intitule "Dangerous Luv". L’artiste y décrit les relations compliquées qu’il peut y avoir dans un couple. Car parfois, malgré l’amour qu’il peut exister entre deux personnes, il se peut qu’un trop plein de ressentiment détruise l’entente cordiale entre les deux êtres : « First she love mi / Then she hate mi / Everyday mi feel like it warfare / We fighting on the daily / Me and you together girl it unfair ». L’artiste nous dit ici qu’il ne veut pas vivre cet amour « dangereux », qu’il ne le supporte plus.

Edit du 16 octobre : Preuve que ce riddim a complètement envahit la toile, c’est aujourd’hui le grand Mavado qui s’ajoute à la liste des interprètes de cette sublime instrumentale. « Scream my name a million times… I’m gonna make you love me » sont les mots que l’artiste décide de reprendre continuellement dans ce titre. Sa chanson s’annonce alors pleine d’amour et de compassion envers l’être aimé. De quoi largement amplifier la portée féérique de ce riddim !

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