Salon du Livre 2011

Salon du livre 2011
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Hier, je me suis rendue avec des amis au Salon du Livre se tenant à Porte de Versailles cette année. J’ai été heureuse d’y apprendre que 2011, c’est l’année de l’Outre mer. Et donc, sur plusieurs stands, les terres ultramarines — la Guadeloupe, la Guyane, la Martinique, Mayotte, la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie, la Réunion et Saint-Pierre-et-Miquelon — étaient représentées par un espace qui lui était propre. J’ai été impressionnée par la quantité de livres et d’éditeurs représentant ces territoires. Force est de constater qu’il y en avait pour tous les goûts : des livres aux univers graphiques colorés pour les enfants, des recettes traditionnelles pour les gourmands, des romans ou des nouvelles destinés aux personnes de 7 à 77 ans, des partitions de standards créoles pour les mélomanes, des chants traditionnels pour les enfants, etc. Les organisateurs de cette manifestation littéraire nous proposaient un nombre impressionnant de rencontres : des conférences avec des auteurs des DOM-TOM, des hommages littéraires à Aimé Césaire et Édouard Glissant (décédé en février dernier), des sessions de slam, des découvertes en art contemporain, des lectures musicales, et j’en passe… Ces rencontres étaient axées sur les thèmes « Écrire ici, écrire là-bas, écrire ailleurs », « Outre-mer, Trois Océans de poésie », ou encore « Ces écrivains d’outer-mer qui dépassent les frontières »… Je remarque aussi, parmi les livres que j’ai eu la chance de parcourir, que le créole se positionne peu à peu de manière naturelle dans les livres. Des maisons d’éditions telles que Caraïbéditions, Ibis Rouge, PLB, Lafontaine, ou encore Au Vent des Îles, proposent de nombreux textes, dictionnaires, bandes dessinées en langue traditionnelle. Mon seul regret sur cette brillante initiative, c’est de ne pas avoir pu réellement profiter de cette opportunité de me renseigner et de participer à plus de conférences. Je pense que si j’avais entendu parler de ces rencontres, je me serais motivée pour me rendre au salon avant le dernier jour… Du coup, bin j’ai quasi tout raté, lundi 21 étant le dernier jour d’accueil. Vous pouvez vous renseigner ici ou . J’ai malgré tout réussi à me faire plaisir [voir ici] bien que je n’étais pas du tout venu dans l’optique d’acheter quoique ce soit. :)

En réalité, j’étais au Salon du Livre pour assister à la conférence sur la Scène Numérique : « Livres illustrés : de la page à l’écran ». Dans le cadre de l’obtention de mon master Création et Édition Numériques, mes amis et moi devont réaliser un projet qui se positionne sur les problématiques suivantes : Comment passer du livre « papier » au livre numérique ? Ou alors comment d’un point de vue technique on peut obtenir de l’interactivité dans nos pages quand on sait aujourd’hui qu’une application se doit d’être multi-supports (c’est dans l’air du temps) et que le n°1 mondial des tablettes mondial (pour ne pas le citer, mais nous savons tous de qui je parle) ne lit pas les animations Flash ?
Tout d’abord, on a assisté à un temps de parole réservé à Lib’ Éditions (Livre Interactif Belin), une entreprise qui se consacre aux manuels pédagogiques numériques. Il serait intéressant d’observer l’apport du numérique dans l’éducation scolaire. Ce qu’il faut savoir, ce que le manuel numérique est ici un dérivatif du manuel « papier ». Autrement dit, il n’existe pas de manuel numérique sans manuel papier — pas à l’heure actuelle. Le document créé à partir du modèle original est enrichi de cartes interactives, de plugins multimédias (audio et vidéo ) et de schémas animés. Tout est mis en œuvre pour garantir la simplicité de l’applicatif. Sylvie Marcé, président-directeur général des éditions Belin, et Sébastien Leplaideur, directeur du développement numérique et responsable éditorial des éditions Belin, nous parlent d’une construction ergonomique du dispositif avant la question de la technicité. L’enjeu pour cette société est de fournir un véritable outil aux professeurs et leurs élèves. Pour revenir dans le domaine technique, l’application qu’ils proposent aujourd’hui utilise la technologie Flash et ils se penchent sur la question de l’adaptabilité du support. Ils nous informent d’ailleurs d’une donnée assez surprenante : dans le département de la Corrèze, un iPad sera fourni par collégien au cours de l’année 2011/2012 (plus d’infos ici). Mais aucune réelle solution n’est énoncée ici…
Ensuite, il nous a été proposé de suivre un discours autour d’« Izneo, la BD numérique à portée du clic », présenté par Régis Habert, directeur général d’Izneo, et Amélie Rétorré, directrice du développement d’Izneo. Ce concept de Bande Numérique résulte de l’association de huit éditeurs franco-belges — Bamboo, Casterman, Dargaud, Delcourt, Dupuis, Glénat, Lombart et Soleil — alliés afin d’aborder le numérique à travers la bande dessinée. De leur collaboration naît la plateforme Izneo qui propose des BD numériques en offre légale. Ce qu’il faut savoir, c’est qu’aujourd’hui les BD sont plus « numérisées » que « numériques ». Comme le soulignait Mme Rétorré, on se trouve généralement face à des fichiers images de grande qualité accompagnés de leurs métadonnées, d’un tri d’accès et de leur liseuse. Cependant, de nouveaux champs d’expérimentations apparaissent : pourquoi ne pas penser à introduire du son ou de la vidéo au cours du temps afin que la bande dessinée numérique ait une sensibilité différente ? Le principal enjeu de cette démarche est donc d’attirer de nouveaux lecteurs. Passer du mode « papier » au monde du numérique implique toute une organisation autour de l’écran (grand écran, smartphone ou tablette), les couleurs utilisées dans les animations et une certaine mémoire. D’un point de vue technique, les professionnels s’interrogent sur l’apport de l’HTML5 face à la question de l’adaptabilité des supports.
Finalement, quoique la conférence fut très intéressante, aucune solution finale n’est proposée comme étant la meilleure. Ainsi, dans le cadre de nos prochaines réalisations et notamment dans la réflexion qui nous amènera à choisir quelle technologie adopter pour notre conte numérique, nous essaierons d’évaluer ce qu’il se fait aujourd’hui de manière plus globale et d’étudier la faisabilité de la solution envisagée.

En tout cas, une chose est sûre, Salon du Livre 2012, je t’attends. ^^

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