Dancehall Is Back de Krys

Copyright : KRYS

Krys est enfin de retour, pour tous les amoureux de dancehall ! Il revient avec ce nouvel album Dancehall Is Back, quatre ans après Step Out.

Dancehall Is Back, c’est avant tout le moyen que Krys a trouvé pour nous rappeler son énorme travail dans le monde du dancehall. Cette année donne déjà 10 ans d’existence à Limé Mic’La, le premier album studio du chanteur, celui grâce auquel il a pu se construire la carrière qu’il possède actuellement. En 2004, Krys émergeait d’abord sur la scène locale, puis sur la scène nationale, avec des chansons comme An Vlé An Gal, Garde Cocotte ou encore Programme De La Semaine. Dancehall Is Back, c’est aussi le moyen que Krys a trouvé pour nous montrer son évolution musicale.

#DIB, le premier titre de cet album, est un morceau qui s’annonce plutôt précurseur de ce qui va suivre dans les autres chansons de l’album. Avec Dancehall Addict, le chanteur d’origine guadeloupéenne nous affirme ne vivre « que pour la dancehall music ». Et avec Pa Ni Pwoblem, on retrouve des couplets rappelant la plume du chanteur qui amusait beaucoup son auditoire il y a quelques années. Musicalement, cette chanson possède cependant des arrangements bien plus « électro » que ce à quoi je m’attendais.

On retrouve sur un rythme bien plus posé le chanteur jamaïcain Konshens, pour une collaboration sur Toulao. Cette chanson, sortie il y a déjà un peu plus d’un an, a malgré tout bien sa place sur ce nouvel album. La voix de Konshens mélangé à ces sonorités caribéennes nous invite sur la piste, à danser.

Je vous parlais un peu plus tôt du fameux Programme De La Semaine de Krys. Il est peut-être important que je vous rafraîchisse la mémoire ici ! Il y a un peu plus de dix ans, Krys nous proposait un « programme de la semaine » bien élaboré durant lequel il était capable de jongler avec plusieurs femmes en même temps. Aujourd’hui, le chanteur nous propose C Vou, une version évoluée de cette chanson, durant laquelle il n’est plus l’homme qui « butine de fleur en fleur ». Il y chante : "Dimanche an ké kriyé vou, Lundi mwen ké jéré vou, Mardi mwen ké enmé vou, Mercredi sé siné resto yen ki pou vou doudou, Jédi nou ké fè lanmou, Vendredi tou sa ké mwen anvi sé rété épi vou". Là encore, Krys tient à montrer l’évolution qu’il y a eu dans son parcours, sans pour autant négliger ce qu’il a été. Il a gagné en maturité, sa voix aussi…

De l’amour, on en retrouve également avec Malad’Aw, une chanson sur laquelle participe vocalement Misié Sadik. Malad’Aw est une vraie déclaration qu’offre les deux chanteurs guadeloupéens à celles qu’ils aiment. Avec Limbé, une chanson qui naît de la collaboration de Lylah et Krys, on sent toute l’émotion qui emplit le chanteur lors de son interprétation. Ce titre est d’ailleurs pour moi celui dans lequel on peut le mieux appréhender la capacité vocale de Krys. Ici, il se veut plus sérieux, et dans ce contexte nostalgique, sa voix est bien plus puissante et profonde que dans les précédentes. Lylah, ancienne leadeuse vocale du groupe Les Déesses, apporte une nouvelle dimension à cet album grâce à sa douce voix. Elle n’est pourtant pas la seule artiste féminine que l’on a la possibilité d’entendre sur Dancehall Is Back.

T-Shaa participe également à cet album grâce à cette chanson, Méné Mwen Dansé, un titre écrit sur les rythmes du carnaval. Cette chanson est d’ailleurs sortie au mois de février 2014, peu de temps avant la période carnavalesque. Je suis convaincue qu’elle a bien été utilisée sur les ondes antillaises. Il y a quelques années, c’était avec son Big Tune Du Carnaval que Krys avait su faire sauter des foules entières !

Enfin, on peut entendre une toute nouvelle version Bootyshake sur Dancehall Is Back, un titre sur lequel on retrouve Big Ali. Mais c’est surtout Le Lendemain, la dernière chanson de cet album, que j’ai envie de souligner. Là encore, la voix de Krys est profonde et chaleureuse, et musicalement, c’est l’une des plus abouties de cet album. Dans cette chanson, il « remercie le ciel pour chaque matin ». Il joue, tour à tour, le rôle d’un père de famille, devenu papa trop jeune, qui tente de joindre les deux bouts ; et le rôle d’un homme divorcé en mal d’amour. Son message ici est de continuer à se battre jour après jour pour accomplir ses objectifs : demain, ça ira mieux.

Avec Dancehall Is Back, c’est bel-et-bien un retour tout en dancehall que nous offre Krys. Mais c’est surtout une façon pour le chanteur guadeloupéen de s’affirmer en tant qu’homme devenu « grand ». De nombreuses expressions dans Dancehall Is Back font référence à ce qu’a été le chanteur dans le passé. Krys se positionne ici en tant qu’artiste révolu qui a su apprendre de ses erreurs, qui a su vaincre la force du temps, venu pour affirmer son talent. Je pense que cet album mérite le détour. Vous pouvez télécharger Dancehall Is Back de Krys sur Amazon.



TRACKLIST :
01 – #DIB
02 – Dancehall Addict
03 – Mercy
04 – C Vou
05 – Toulao featuring Konshens
06 – Pa Ni Pwoblem
07 – Muderer
08 – Allumez Les Briquets
09 – Put Your Hands Up featuring J. Martins
10 – My Friend
11 – Malad’aw featuring Misié Sadik
12 – Méné Mwen Dansé featuring T-Shaa
13 – Bootyshake Remix featuring Big Ali
14 – Limbé featuring Lylah
15 – Le Lendemain

Limyè Mwen de Gaby Diop

Copyright : Gaby Diop

Gaby Diop est une artiste que j’ai découverte lors du Festival Tropiques en Fêtes, un peu plus tôt cette année. Elle a sorti le 1er mai 2014 son premier album Limyè Mwen.

J’ai eu un premier rapide aperçu de l’univers musical de Gaby Diop alors qu’elle évoluait sur la scène de la Foire de Paris. Et je me suis dit qu’il fallait absolument que je prenne le temps d’écouter ses compositions, et je ne suis pas déçue ! Gaby Diop est une artiste a la voix profonde. Et sa musique est un miroir ses deux origines, martiniquaise et sénégalaise. Limyè Mwen possède une forte empreinte soul. Les différents accords joués à la guitare confère à ce premier album de jolies sonorités acoustiques.

Chanteuse et guitariste d’origine Martinico Sénégalaise, Gaby Diop est Caribéenne dans l’âme : le sourire, l’élan vers l’autre, l’ouverture au monde….De son côté Sénégalais, on retiendra l’engagement culturel, héritage de sa famille, fortement engagée dans la lutte anti-Apartheid en Afrique du Sud et celle de la Diaspora noire.

Gaby Diop décrite sur son compte SoundCloud

L’ensemble de ce nouvel album de Gaby Diop reflète la culture créole : les textes de Limyè Mwen ont tous été écrits en créole, et bien des références renvoient à cet univers. Lodè Péyi MWen est un répertoire des petites choses qui rappellent la Martinique. Un lever de soleil sur un champ de canne, l’odeur de la pluie dans la savane, les lumières données par les lucioles, l’eau douce des sources naturelles, les sons du tambour traditionnel, la nature à l’état sauvage, le ciel étoilé, les grandes plages abandonnées… Je ne peux pas m’empêcher de penser « Matinik sé an bèl péyi ! » presque avec nostalgie en écoutant ce joli morceau.

L’un de mes premiers coups de cœur sur cet album est incontestablement Chimen Nou que Gaby Diop chante accompagnée de Louis-Cyril Tiquant. Cette chanson un peu jazzy nous donne beaucoup d’amour. Et c’est surtout toute la musicalité de ce titre qui me touche… De l’amour, on en retrouve dans tous les recoins de Limyè Mwen. Avec Atann Vou, c’est une véritable déclaration que la chanteuse offre à l’élu de son cœur. Et avec la chanson Sa Ki Pou’w, elle nous confie sur un tempo bien plus rythmé toutes les sensations que lui procure ce sentiment.

Limyè Mwen, c’est réellement un retour aux sources que nous propose Gaby Diop. Avec La Pli, elle nous parle des endroits qui lui sont familiers, des moments de la vie où il faut savoir se relever. Elle y utilise le bruit de la pluie également en fond sonore. Et Mèsi, dernière chanson de cet album, est simplement un dernier titre où Gaby Diop pose sa voix pour remercier les siens, sur un fond sonore où l’on distingue quelques paroles et quelques rires, probablement de son entourage. Vous pouvez télécharger Limyè Mwen de Gaby Diop sur Amazon.



TRACKLIST :
01 – Ba Mwen Lanmen’w
02 – Rété
03 – Chimen Nou featuring Louis-Cyril Tiquant
04 – Alé Pli Lwen
05 – I Alé
06 – Lodè Péyi Mwen
07 – Atann Vou
08 – Kité’w Alé
09 – Sa Mwen Pé Pa Di’w
10 – Sa Ki Pou’w
11 – La Pli
12 – An Tan Tala
13 – Mèsi (Outro)

Saturday Night d’X Man

Copyright : XMAN972

X Man nous propose, je pense, l’un des meilleurs albums de dancehall de cette année 2014. Son nouvel opus Saturday Night est, à mon sens, une pure merveille !

L’artiste a travaillé sur cet album, comme s’il écrivait un livre ou comme s’il se retrouvait d’un seul coup le héros d’un film. C’est un concept que l’on retrouve un peu pour l’album Because The Internet de Childish Gambino par exemple, complètement novateur pour la Martinique. Ici, tout a été pensé de façon à ce que l’on se croit réellement un « samedi soir » en Martinique. D’ailleurs c’est là qu’est planté le décor de Saturday Night, un album qui survient trois ans après Atypique, le premier album studio du chanteur qui a pourtant plus de dix années de carrière dans la musique, grâce à sa solide présence en musique undergound.

Ce nouvel album donc se découpe en trois principales parties, chacune bien introduites grâce à une interlude : le before, la « party » et l’after. Et chacune des chansons qu’X Man choisit d’y insérer sont finalement intégrées dans un contexte bien prédéfini pour ce samedi pas comme les autres. Et c’est d’ailleurs, non sans humour, que cet artiste nous conte toutes ses péripéties.

Before

Le « before » nous décrit tout ce qui se passe avant la soirée. C’est le moment propice pour se préparer et organiser réellement les retrouvailles avec ses amis. Et c’est surtout la partie de cet album que consacre X Man à l’énonciation de ses textes conscients. Avec Médias, le chanteur martiniquais nous fera une analyse des informations les plus plébiscitées par la presse aux Antilles. On constate à cette occasion que les faits divers les plus marquants relatent plutôt des actes violents, sanglants au détriment de cette jeunesse diplômée et entreprenariale : "Sa pa ka entérésé yo di sav ke mwen ka fè le tour du monde é ke mwen ka chanté kréyol non-stop, Mé si yo té tchébé mwen laéropò épi an tchilo kokain tout’ moun té ké palé di sa an trop".

Arété Palé, la première véritable chanson de Saturday Night, nous donne un aperçu originel de ce à quoi ressemble ce nouvel opus. Sur un ton presque amusant, presque moqueur, il nous invite à réaliser que l’on est entourés de menteurs invétérés. Et c’est dans ce même registre que #MrTube et An Kou Tonbé s’inscrivent. X Man a sa propre vision du quatrième art : s’il doit chanter, il doit parvenir à nous exprimer des paroles si véridiques qu’elles déclenchent automatiquement un sourire chez son auditeur.

Le titre incontournable de cette première partie de Saturday Night est incontestablement Fake Friend. Dès la première écoute de cette chanson, vous comprendrez aisément la force de monsieur l’X-traterrestre. Fake Friend, c’est un tout. D’abord musicalement, cette chanson est purement dancehall, ses sonoriétés me rappellent un peu l’époque des riddims locaux des années 2004-2005 je dirais. Ensuite, cette chanson est poignante de par son contenu textuel puisque X Man se met dans la peau d’un homme fraîchement sorti de prison qui appelle son ancien complice pour récupérer une part de leur butin. Cette scène imaginée est le reflet d’une histoire qui se serait déroulée en 1996, un double-crime pour lequel a été réincarcéré le prisonnier.

Party

Cette seconde partie de Saturday Night, c’est le moment où tout le monde fait la fête. Des chansons comme My Name Is X, Ragga Muffin et Sans Ordonnance reprennent vraiment le rythme des soirées auxquelles on peut participer aux Antilles. Avec Bouge, on se croirait presque au carnaval. Et Brennen est chantée un peu à l’image de Bruk It Down de Mr Vegas ou encore les fameux Dança Do Créu et Velocidad 6 de Mc Créu et de la Mulher Melancia respectivement.

X Man profite de cette « party » pour continuer à nous faire danser, notamment avec son titre Fout Ou Good. Une des caractéristiques de Saturday Night est la bonne humeur qui y règne tout au long des chansons. On va y entendre souvent des éclats de rire et on pourrait presque s’imaginer le chanteur en train de sourire à ses propres blagues. Là où, selon moi, la force d’X Man réside, c’est en sa capacité de délivrer un message extrêmement sérieux, mais parfois sur le ton de la plaisanterie. On pourrait penser qu’il ne se prend pas du tout au sérieux, mais à mon sens, il est surtout très intelligent, car après tout, le rire est sans aucun doute le meilleur moyen d’échapper aux frustrations de la vie.

After

L’after a un côté bien plus romantique. Mais c’est toujours avec ce côté rieur et sur un ton joyeux qu’X Man démarre le début de cette « après-soirée ». Dans Les Étoiles, est le premier single sorti de cet album. Et que dire de cette chanson ?! Le martiniquais a réussi à y mêler sensualité et désir en un seul titre. On retrouvera par la suite bien des témoignages d’amour dans cette dernière partie de soirée, comme dans Mwen Love Ou et Telle Que Tu Es, une de mes chansons préférées de cet album.

C’est dans ce contexte que la chanteuse jamaïcaine J Capri vient épauler le martiniquais pour les besoins de la chanson Thug Love. Elle est la seule artiste invitée sur Saturday Night, et je vous dirais bien que ça suffit amplement. La douce voix de J Capri, une artiste qui ne cesse de monter en puissance, confère à ce titre toute la passion qu’elle doit avoir.

Saturday Night est pour moi un album complètement abouti de la part d’un chanteur qui a su conserver sa flamme du tout début envers la musique. X Man nous donne du très bon dancehall, comme ça a toujours été le cas, en continuant d’innover dans un secteur où le copier/coller a bien souvent sa place. Vous pouvez télécharger Saturday Night d’X Man sur Amazon. Vous « devez » l’acheter, ou vous passerez sûrement à côté de ce qui se fait de meilleur en dancehall en cette année 2014 !



TRACKLIST :
01 –– BEFORE
02 – Arété Palé
03 – Médias
04 – #MrTube
05 – Fake Friend
06 – An Kou Tonbé
07 –– PARTY
08 – My Name Is X
09 – Bouge
10 – Brennen
11 – Raggamuffin
12 – Fout Ou Good
13 – Sans Ordonnance
14 –– AFTER
15 – Dans Les Étoiles
16 – Thug Love featuring J Capri
17 – Mwen Love Ou
18 – Telle Que Tu Es

Nouvel Air de Kenyon

Depuis le 30 juin dernier, Kenyon, le jeune prodige du reggae et du hip-hop français, nous propose Nouvel Air. Ce nouvel opus de l’artiste est un EP de sept titres, disponible en téléchargement gratuit sur son site.

Copyright : KenyonMuzik

Depuis le 30 juin dernier, Kenyon, le jeune prodige du reggae et du hip-hop français, nous propose Nouvel Air. Ce nouvel opus de l’artiste est un EP de sept titres, disponible en téléchargement gratuit sur son site.

Nouvel Air se veut exclusivement reggae. Chacune des chansons interprétées par Kenyon sont liées à ce que le chanteur a pu observer de notre société actuelle. Il se fait porte-parole de la nation quand il dénonce les inégalités qui perdurent sous notre Vème République. Et c’est pour moi une réelle satisfaction d’observer l’évolution de Kenyon dans le monde la musique. Cet artiste, dont j’ai pour la première fois entendu parler grâce à son duo avec Taïro Garde Espoir, a parcouru bien du chemin depuis 2005, alors qu’il commençait à chanter dans le groupe ECK, Etat Critik Krew. Sa voix ne cesse de mûrir et ses textes sont de plus en plus poignants. Son amour pour la musique, comme il le dit lui-même avec Music, la première chanson de "Nouvel Air", soigne ses maux, « il l’a dans la peau ».

Kenyon invite également Taïro, Tiwony, Dragon Davy et Sir Samuel le temps d’une chanson sur cette compilation, le remix de Qui Est Coupable ?. Mais, Nouvel Air reste bien une œuvre entièrement consacrée aux seules pensées de cet artiste dont la popularité ne devrait cesser de grandir.

Nouvel Air en pleine décomposition

La première chanson de Nouvel Air, Music, est un texte reflétant l’amour de Kenyon envers la musique. La musique c’est son meilleur moyen d’expression, celui qui lui permet d’évacuer, de libérer son stress et ses perturbations quotidiennes. La musique le « frappe au cœur » et « apaise ses propos », si on en croit ses propres paroles. Kenyon a toujours eu cette capacité de grande élocution vocale, ce qui lui donne la possibilité de débiter un maximum de mots en un minimum de temps. Un talent par lequel j’ai toujours été impressionnée. Et tout au long de cet album, Kenyon va user de cette aptitude pour réciter des textes qui se veulent conscients sur des sonorités profondément reggae. Music est donc la première chanson qui nous donne l’occasion d’assister à ce genre de récital.

Qui Est Le Coupable ? est la deuxième chanson de Nouvel Air. Et wow, cette chanson m’obsède totalement ! Qui Est Le Coupable ? possède un texte assez engagé dans lequel Kenyon ne mâche pas ses mots pour dénoncer le manque de justice et d’harmonie au sein de notre gouvernement. Il se questionne au sujet des actions menées par l’État et la police qui sont censées viser à remettre l’ordre, car bien malheureusement, le résultat n’est pas aussi flagrant qu’il devrait l’être. Sur le plan musical, cette chanson est l’une des plus abouties de cet EP. Kenyon utilise ici une base instrumentale forte en guitare basse.

Toujours sur des sonorités très reggae, Kenyon interprète ensuite Avant Que Le Soleil Se Couche. Cette chanson est chantée sur deux rythmes : un premier presque classique je dirais, et l’autre possède un tempo saccadé que l’on retrouve dans certains couplets de ce morceau. Avant Que Le Soleil Se Couche est une chanson qui nous incite à jouir de la vie. C’est finalement une sorte de carpe diem que nous proclame Kenyon avec ce titre. Avant Que Le Soleil Se Couche fait référence à la fin de la vie, et c’est ainsi que le chanteur nous ordonne presque de profiter de chaque instant, avant qu’il ne soit trop tard. "Profitons comme si demain n’allait jamais venir, Passons ces dernières heures à vivre, Avant que le soleil se couche."

Quatrième chanson de Nouvel Air, Preneur de Mic est probablement la chanson que je préfère de cet album. Ce morceau commence avec la fameuse introduction reggae "When the lion is sleeping, never you try to wake him" que Johnny Clarke a été le premier à prononcer pour sa chanson Don’t Trouble Trouble. Cette introduction, on peut par exemple la retrouver sur la chanson de Damian Marley et Sean Paul Riot. Et c’est d’ailleurs l’instru de cette dernière que Kenyon décidé de reprendre ici pour énoncer son texte. Cette chanson est à l’image de ce que réalise Kenyon en concert : il prend le micro et fait son taf. C’est donc lui le « preneur de mic » : "Quand la foule demande, Je fais ce qu’il faut quand ça bouillonne en face, Ils lèvent les flammes et la main bien haut, Je prends la salle en otage, Juste besoin d’une latte et d’un micro pour faire le taf, Je relève leur salle et laisse des marques".

Où Ça Mène est une chanson écrite pour toutes les personnes tentées d’emprunter des chemins malhonnêtes pour arriver à leurs fins. Kenyon met en garde ces personnes, car bien qu’elles arrivent à tirer profit de leurs actes pendant un temps, elles finissent généralement par tomber plus bas que terre. Il évoque aussi ce sentiment d’égoïsme qui nous envahit, si l’on rentre dans le moule de cette société. On vit « chacun pour soi », et l’on se préoccupe bien moins de son prochain, alors que personne ne sait vers quoi tend notre avenir.

Où Ça Mène rappelle aisément Vers Quoi On Court, une chanson qui date en réalité de l’année dernière. Kenyon avait emprunté cette version instrumentale aux jamaïcains. En effet, en décembre 2012 sortait le Tropical Escape Riddim, un riddim purement reggae qui avait fait longuement parler de lui, comme la chanson de Tarrus Riley Gimme Likkle One Drop. Pour Nouvel Air, c’est cette fois une version acoustique de cette chanson que Kenyon nous offre. A l’image de la chanson précédente, Vers Quoi On Court tend à nous sensibiliser sur les directions que l’on prend pour avancer dans notre vie.

Je n’ai volontairement pas associé cette dernière chanson de l’EP, Qui Est Le Coupable ? Remix à la première version que je vous ai décrite un peu plus tôt. Cette fois, Kenyon est bien entouré pour délivrer toujours ce même message d’opposition à nos conditions dans la société actuelle. Et c’est donc aux côtés de Taïro, Dragon Davy, Sir Samuel et Tiwony que Kenyon décide de mener à bonne fin Nouvel Air. Ce dernier titre se retrouve d’ailleurs également sur la Street Tape vol. 4 de Taïro.



TRACKLIST :
01 – Music
02 – Qui Est Le Coupable ?
03 – Avant Que Le Soleil Se Couche
04 – Preneur De Mic
05 – Où Ça Mène ?
06 – Vers Quoi On Court (Acoustique)
07 – Qui Est Le Coupable ? featuring Dragon Davy, Taïro, Sir Samuel & Tiwony

Story d’Antonny Drew

Copyright : Sérénité Events

Story est un magnfique album du chanteur guadeloupéen Antonny Drew. Il est sorti au cours du mois de mai dernier chez le label Believe / Serenité Events. Story, c’est surtout douze titres complètement aboutis, avec lesquels le chanteur nous invite à partager son background musical, des rythmes rappelant ses origines culturelles. Ainsi, Antonny Drew nous livre sa vision de la soul, du reggae, de la musique traditionnelle, et du konpa massivement présent dans ses chansons.

Antonny Drew est un chanteur qui a la capacité de complètement captiver son audience, avec sa tessiture grave et la puissance qu’il implique dans chacune de ses paroles. Je crois que je vous l’avais déjà dit, mais cet artiste est véritablement l’un de mes coups de cœur de la soirée du concert caritatif, le Drépaction 2014. Il y avait interprété les chansons Péyi An Mwen, Doo et Yalla Yalla !, que je vais vous présenter dans les paragraphes suivants, alors qu’il était accompagné de David Mitrail au piano, Randy Jacobson à la guitare et de Yoan Zebina à la basse.

L’histoire que nous délivre Antonny Drew

Péyi Mwen est une déclaration d’amour d’Antonny Drew à son île natale, la Guadeloupe. Dans cette chanson qui marque le début de cet album, le chanteur montre sa fierté pour sa culture et ses origines. Sa force, il la tire de son appartenance culturelle et de la beauté du patrimoine guadeloupéen. Cette jolie chanson est introduite à la guitare, de manière acoustique, et c’est la voix du chanteur qui semble lui donner la dimension qu’elle possède. Péyi Mwen est une sorte de louange chantée en l’honneur de l’île antillaise.

Pèpl an mwen, sé pèpl ki ja soufè, pèpl ki konnèt doulè
Fòs an mwen, i adan kilti an mwen, mwen sé nèg é mwen fiè
An pa bizwen palé, listwa an mwen chajé

Tèt an mwen bien si zépol an mwen, lè an ka vansé ba mwen lè
Nonm an mwen, koté karibiyan an mwen sé kon lò i ni valè
An pa bizwen palé, listwa an mwen chajé

Antonny Drew

Le deuxième chapitre de cet album s’intitule Yenki Nou Dé. Avec cette chanson, Antonny Drew évoque pour la première fois dans Story les relations sentimentales. Toujours sur la base d’une guitare acoustique, le jeune chanteur décrit ce qu’il ressent vis-à-vis de la femme avec laquelle il a rendez-vous. Son parfum l’enivre, ses courbes le perturbent, elle a un grand pouvoir de séduction auquel il ne sait comment résister. Yenki Nou Dé, mot à mot « rien que nous deux », possède des sonorités proches de celles de l’album Haïtian Troubadours, notamment de cette chanson de Michael Benjamin, Ou Pati.

Mwen Love est une nouvelle chanson d’amour. Après tout, comme nous l’avait lui-même dit Antonny Drew lors du Drépaction, une bonne histoire possède forcément des passages d’amour. Avec Mwen Love, la guitare est à nouveau la star des instruments. Ce titre est surtout une déclaration que le chanteur offre à l’élue de son cœur. Il lui proclame qu’elle est la numéro 1 dans son cœur et qu’il est la seule qu’il veut dans sa vie.

Gwada Ka Pléré est une chanson que l’on retrouve à deux reprises dans Story. La première fois qu’elle apparaît dans l’album, elle possède les allures d’un chouette morceau de reggae. Cette première version de Gwada Ka Pléré est déjà bien intéressante, mais c’est bien la deuxième version de cette chanson, strictement acoustique, que je préfère. Onzième titre de Story cette fois, Gwada Ka Pléré est interprété de telle sorte que ce soit bien la voix du chanteur qui soit « l’instrument prédominant ». D’un point de vue musical, je trouve que la voix du chanteur se retrouve bien plus mise à son avantage, et que les paroles ont bien plus de sens avec ses arrangements. Gwada Ka Pléré est un titre cette fois joué sur les notes d’un piano. Cette chanson est un rappel à l’ordre adressé aux guadeloupéens. Vous en avez très certainement entendu parler, mais la Guadeloupe a été l’année dernière le département le plus meurtrier de la France. Et les violences continuent d’affliger bien des souffrances aux populations antillaises, parce que disons-le franchement, en Martinique, il y a également eu une recrudescence des agressions.

Le cinquième morceau de Story est la preuve vivante que la nouvelle génération de la scène locale n’a pas oublié le konpa, un genre musical qui nous provient d’Haïti. Depuis que j’ai commencé à écrire ces quelques chroniques d’album, je dois bien vous dire que j’ai été assez agréablement surprise de voir que des artistes tels que Swé, Antonny Drew ou encore T-Micky pour ne citer qu’eux, ont définitivement décidé de marcher dans les pas de leurs prédécesseurs. Premyé Fwa est le premier morceau que j’associerai au konpa de l’album d’Antonny Drew. Avec ce titre, le chanteur nous propose une intrigue bien moins sérieuse que celle de la chanson précédente. Premyé Fwa c’est surtout l’histoire de la première fois que le jeune homme rencontre sa dulcinée.

En tant que sixième chanson de cet album, on retrouve On Doucè, une reprise de la chanson du même titre chantée originellement par Gilles Floro. Gilles Floro est un chanteur français, originaire de la Guadeloupe. Il a longtemps marqué la musique caribéenne grâce à des chansons comme A Pa Pawol Anlè, Rèv Bleu ou justement On Doucè. Cette année, cela fait déjà 15 années que la Guadeloupe déplore son absence, et cet hommage que nous propose Antonny Drew semble tomber à point nommé. Sa reprise d’On Doucè est assez classique et son interprétation reste authentique. Même le solo de saxophone est bien présent dans cette nouvelle interprétation.

Puis, en reprenant une nouvelle fois le rythme caractéristique du konpa, Antonny Drew nous présente le titre Pwomès, peut-être l’un des morceaux que je préfère dans cette très belle histoire pleine de rebondissements. Cette chanson reprend les paroles d’un homme amoureux qui souhaiterait voir évoluer positivement la dernière relation sentimentale qu’il a entretenu. Il chante dans le refrain les mots : Ou té pwomèt mwen ou té ké rété, ‘Té pwomèt mwen sa té diré, qui signifie en français « Tu m’avais promis que tu resterais, Tu m’avais promis que ça durerait ». La cadence de cette chanson est plus lente que Premyé Fwa, mais tout aussi intéressante de par le mélange orchestré des instruments qui s’y enchaînent parfaitement. Même mes parents adorent ce titre, c’est pour vous dire !

Ou Té Tini Rézon ne dure que deux minutes et cinquante-quatre secondes. Et pourtant, il s’agit d’une réelle prouesse vocale du jeune chanteur. Ce titre, sûrement le plus émouvant de cet album, est chanté d’une voix puissante et d’un seul trait. Il s’agit d’une harmonie absolue entre le piano et la voix d’Antonny Drew. Parfois, je pense que la musique ne s’explique pas, elle se vit, elle se ressent, et sa chanson en est un excellent exemple : "Ou té tini rézon fè mwen pléré, Ou té tini rézon fè mwen ségné, An jou ké ni padon solèy kléré, Nou tout ka pran léson lè lannuit vin tonbé, Sé pas mwen désidé accepté san an mwen, Ké jòdi mwen ka di 'Ou té tini rézon'"

Je pense que l’une des principales raisons pour laquelle je me suis mise à chercher des informations sur Antonny Drew, est la représentation live de Doo, à laquelle j’ai eu la chance d’assister alors qu’il répétait encore pour son passage au Zénith. Je me souviens l’avoir d’abord vu arriver sur scène, l’air de rien, et me surprendre par cette voix si grave et si captivante. Antonny Drew est le genre de chanteur capable de faire à tout un auditoire retenir son souffle le temps d’une chanson. Alors qu’il chantait Doo, je me souviens de ne pas avoir quitté les yeux de la scène. Aujourd’hui, cette chanson qui figure dans son album en tant que dixième chapitre de cette histoire, est exécuté de la plus simple des façons. Il s’agit d’un titre dans lequel le chanteur demande pardon à celle qu’il aime. C’est un des textes qui donne l’illusion que le chanteur a tout vécu des relations amoureuses, malgré sa jeunesse. Si vous hésitez encore à acheter cet album, écoutez juste ce morceau.

Pour reprendre un tempo bien plus rythmé, The End suit la belle interprétation de Doo. The End décrit la fin d’une histoire d’amour. Antonny Drew y décrit son incapacité à satisfaire tous les besoins de son ex. Il lui souhaite de trouver un homme qui saura combler tous ses manques, et se retrouve contraint de constater que c’est la fin de leur relation. Bien que la situation soit douloureuse, elle semble nécessaire pour que les deux êtres puissent chacun évoluer en toute tranquillité.

Enfin, Yalla Yalla !, douzième et dernière chanson de Story, est sans aucun doute l’une des plus joyeuses chansons de Story. Avec Yalla Yalla !, Antonny Drew nous invite à viser la lune pour arriver sur les étoiles. Si chacun d’entre nous se fixe des objectifs, et se met à réellement travailler pour les atteindre, la vie ne peut qu’en être meilleure. Tel est le discours que nous invite à entendre Antonny Drew avec cette chanson qui possède une musicalité nuancée et rayonnante.

Je serais bien incapable de vous dire quelle chanson parmi ces douze titres est celle qui me touche le plus ! Story est vraiment un très bel album, dont il fallait absolument que je parle. Je suis persuadée qu’Antonny Drew a une belle carrière qui l’attend. Et si vous en avez la possibilité, allez le voir sur scène ! Ce qu’il dégage est vraiment indescriptible. Vous pouvez télécharger Story d’Antonny Drew sur Amazon.



TRACKLIST :
01 – Péyi Mwen
02 – Yenki Nou Dé
03 – Mwen Love
04 – Gwada Ka Pléré
05 – Premyé Fwa
06 – On Doucè
07 – Pwomès
08 – Ou Té Tini Rézon
09 – Doo
10 – The End
11 – Gwada Ka Pléré (Acoustique)
12 – Yalla Yalla !

Diasporas de Victor O

Le dernier album de Victor O, Diasporas est sorti le 5 mai dernier. Il s’agit d’un album plein de couleurs dans lequel le chanteur martiniquais a souhaité mêler histoire et amour, culture et patriotisme, romantisme et détermination. Cet album, Diasporas est à l’image de l’artiste : multiculturel.

Le dernier album de Victor O, Diasporas est sorti le 5 mai dernier. Il s’agit d’un album plein de couleurs dans lequel le chanteur martiniquais a souhaité mêler histoire et amour, culture et patriotisme, romantisme et détermination. Cet album, Diasporas est à l’image de l’artiste : multiculturel.

Avec Diasporas, on parcourt l’ensemble des îles antillaises, l’Amérique Latine, et même un bout d’Afrique. Victor O a cette capacité de donner le goût du voyage à ses interlocuteurs. Bien des genres musicaux sont présents au sein de cet album qui se veut à la fois dénonciateur de notre condition de français à multiples origines et, à la fois sensible avec des titres plus doux comme Saudade ou encore Slow Love.

Sur les notes de Diasporas…

Cet album de Victor O commence sur les rythmes de Diaspora. La chanson éponyme de cet album est sortie au cours du mois de février dernier, c’est-à-dire juste avant la sortie de l’album complet Diasporas. Diaspora a naturellement été choisie pour introduire le nouvel opus de Victor O. L’histoire de cette chanson est celle d’un homme fraîchement arrivé en France, la « mère patrie » des terres d’outre-mer comme la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane française, la Réunion ou encore Mayotte. Victor O y relate, non sans humour, le mal du pays ressenti par les personnes qui s’éloignent de leur terre natale dans le but d’avoir un meilleur avenir, les « gens de la diaspora » comme il le souligne lui-même. Et si seulement il existait un vaccin pour guérir de la nostalgie du pays… Cette chanson est une belle œuvre réunissant plusieurs instruments à cordes, tels que la guitare et le violon. Victor O a proposé cette chanson lors du Festival Tropiques en Fêtes de cette année, à la Foire de Paris, c’est la vidéo que je vous propose ci-dessous.

Tabanka, titre de la deuxième chanson de Diasporas, est un terme d’origine caribéenne, provenant de Trinidad-et-Tobago et de Grenade plus précisément. "tabanka" définit l’inaptitude à se remettre d’une relation sentimentale. Cette expression désigne les sentiments de perte, de rejet et de peine qui surviennent après une rupture. Cette chanson au titre si particulier emprunte les rythmes du reggae pour dévoiler les intentions du chanteur vis-à-vis de la femme qui le rend fou : "Sé sèlman lanmou ka méné mwen dou, Pas tchè mwen sé ta’w pou léternité, Mwen sav jòdi fok mwen alé". Victor O y joue le rôle d’un homme si amoureux et si déboussolé, qu’il préfère s’en aller pour éviter de trop souffrir de cette relation qu’il sent destructrice.

Diasporas se poursuit avec la chanson Alma Negra, un joli titre qui commence à la guitare acoustique. Victor O y chante son arrivée à Salvador da Bahia, au Brésil. Cette chanson répertorie toutes les bonnes choses que l’on retrouve dans le pays de la samba : les grandes plages, les bons petits plats de dombrés aux crevettes, la caïpirinha, et la bonne humeur de la population locale. En tant que martiniquais, il se sent vraiment bien accueilli au Brésil, et c’est vraiment de bon cœur qu’il offre ce titre en hommage à cette région.

Puis, la liste de lecture de cet album reprend plus posément avec Gare Saint-Jean. Cette fameuse gare Saint-Jean est le lieu qui unit Victor O à la femme qu’il évoque dans la chanson. Comme un coup du destin, il l’a rencontré par un merveilleux hasard en ce lieu, et cette chanson a pour but de nous conter cette histoire pleine de romantisme. « Un rendez-vous avec la vie, un rendez-vous avec l’amour. » Gare Saint-Jean est une douce ballade dans laquelle je crois également entendre quelques violons.

Avec Marianne, c’est un tout autre genre musical que l’on peut entendre. Je ne saurais trop qualifier d’ailleurs ce genre musical de cette chanson que je trouve funk-soul-créole. Parfois le piano vient radoucir le tempo qui ressemble alors à celui de la musique cha-cha-cha. Mais parfois, le rythme de cette chanson est bien plus rapide. Marianne est un titre en réalité profond dans lequel Victor O souligne les différentes couleurs de cette France dans laquelle nous sommes. Il utilise ce prénom féminin car il s’agit du symbole français par excellence : une représentation de la liberté et de la raison.

Saudade est à mon sens l’une des plus belles chansons de cet album. Elle prend pourtant naissance dans un cadre un peu mélancolique. « saudade » provient de la langue portugaise et signifie nostalgie. C’est la parfaite expression pour définir l’ensemble du contexte sentimental dans lequel s’inscrit cette chanson. Victor O décrit ici l’amour qu’il a encore pour une femme dont il ne partage plus la vie. L’absence de cette personne avec laquelle il a vécu des moments heureux est pour lui un véritable crève-cœur qu’il doit vivre au quotidien. Le clip de cette chanson, réalisé par Nadia Charlery, est également un des plus aboutis de la scène créole cette année, ou en tout cas, de ceux que j’ai eu l’occasion de visionner jusqu’alors.

Le septième titre de cet album Redemption Time est un duo de Dominik Coco et Victor O. La voix de Dominik Coco apporte une nouvelle dimension à cet album, déjà très axé sur les rythmes locaux. Redemption Time est un morceau de reggae bien rythmé qui possède une introduction franche grâce aux résonances d’une guitare électrique. Les deux chanteurs y décrivent leur envie d’avancer et leur détermination face aux évènements de la vie. C’est le temps de la rédemption, celui de commencer un nouveau souffle, de rendre compte du passé et d’avancer le cœur léger.

Voices of New Combinati accompagne Victor O sur Dansi Mang. Je n’ai malheureusement pas réussi à trouver de réelles informations sur ce groupe, visiblement composé à la fois de voix féminines et masculines. Mais, Dansi Mang possède des sonorités africaines. Et donc, ce groupe, Voices of New Combinati, accompagne le chanteur tout au long de l’énonciation du refrain de cette chanson. La trame de celle-ci se veut plutôt détendue, puisque le chanteur y raconte, entre autres, l’histoire de sa rencontre avec une demoiselle qui le fera manger un plat qui lui est inconnu, et qui lui fera tourner la tête !

No Crisis est une chanson aux sonorités plutôt reggae. La batterie y est pour moi l’instrument qui mène la danse. Dans No Crisis sont énumérés de nombreux cas dans lesquels Victor O s’avoue être effrayé de la société actuelle, celle que l’on « subit » actuellement. En qui pouvons-nous avoir réellement confiance ? Les informations choisies par les médias sont rarement à caractère objectif, et Victor O se méfie de leurs dires, si bien qu’il refuse que ses enfants restent à veiller devant la télévision.

Slow Love est, comme son nom l’indique, une chanson dans laquelle il est question d’amour. Avec Slow Love, Victor O redonne des allures de soul music à son album. Ce titre est un de mes préférés de Diasporas. Tout, dans ce morceau, est une question de sensualité, de caresses et de tendresse. Slow Love nous offre les paroles qu’un homme réciterait pour la femme de ses désirs. J’adore ce moment où le rythme s’amplifie et où les paroles deviennent : "so hit me baby, mwen ké ba’w sa kon ou lé…" – enfin « hit », ou « eat » après tout… C’est une chanson que je trouve vraiment magnifique.

En tant que dernier artiste invité sur Diasporas, Senso nous propose Till Da Victory en compagnie de Victor O. Je vous avouerais que je ne connaissais pas du tout ce chanteur, Senso, dont je n’ai malheureusement pas trouvé tant d’informations sur Internet – vous pouvez m’en donner si vous en trouvez via le bloc de commentaires. Senso possède une voix que je qualifierais de soft, douce et harmonieuse à la fois. Je trouve que sa tessiture est faite pour des chansons d’un genre reggae lovers rock. Je serais tout à fait capable d’acheter un album de cet artiste. Il chante ici : "I’m an African boy tryin’ to live the best way I can, I’m the only king in my kingdom and I hope that you overstand". Le refrain de ce titre nous explique que ce combat est mené pour vivre des jours plus gais. Till Da Victory est une chanson qui nous fait étalage d’une lutte pour toutes les libertés.

Dominika a un rythme profondément caribéen, et la voix de Victor O parcourt à nouveau une ambiance recréée par des violons et une batterie prédominante. Il s’agit d’un titre bercé par la nostalgie de ce que le chanteur ressent vis-à-vis de la Dominique. Cette chanson possède une petite vague de souvenirs et de nostalgie, comme ça aura été souvent le cas dans ce nouvel album de Victor O.

Diasporas se termine sur Tjé Blendé, une chanson dans laquelle on entend clairement une guitare électrique jouer et guider la voix du chanteur. Victor O y évoque sa foi et son amour pour la vie. Pour lui, croire est une manière de survivre, et d’affronter tel un conquérant les épreuves de la vie. Tjé Blendé est une manière de terminer cet album en beauté, avec comme dernier message pour ses auditeurs : « Soyez confiants en la vie, croyez et vous verrez ». Cet album s’inscrit dans la continuité de Revolucion Karibeana de par toutes ses magnifiques sonorités. Victor O y exprime tous ses questionnements vis-à-vis de la société actuelle, sans tabous. Mais par-dessus tout, Victor O nous y délivre un message d’amour incommensurable à la vie. Vous pouvez télécharger Diasporas de Victor O sur Amazon.



TRACKLIST :
01 – Diaspora
02 – Tabanka
03 – Alma Negra
04 – Gare Saint-Jean
05 – Marianne
06 – Saudade
07 – Redemption Time featuring Dominik Coco
08 – Dansi Mang featuring Voices of New Combinati
09 – No Crisis
10 – Show Love
11 – Till Da Victory featuring Senso
12 – Dominika
13 – Tjé Blendé

Nu Soul Creole de Freepon

Freepon nous propose depuis le 13 janvier 2014, son premier EP officiel, du nom de Nu Soul Creole. Nu Soul Creole est un titre qui convient parfaitement à cet album qui reflète complètement les origines caribéennes de Freepon, ainsi que son appartenance au monde de la musique nu-soul, un mélange de R&B et de soul. Cet album, Nu Soul Creole possède ce côté acoustique digne des artistes engagés qui font preuve d’authenticité.

Nu Soul Creole, c’est finalement est un mélange de soul, de reggae, de hip-hop et de musique traditionnelle. Je parle ici de musique traditionnelle car bien souvent le créole à sa place dans les paroles des titres de cet album, et que bien des sonorités de cet EP me rappellent mon amour pour la musique antillaise. La musique de Freepon c’est aussi celle de cette nouvelle scène créole qui cherche à revendiquer les sonorités caribéennes tout en s’influençant des grands chanteurs de soul et des illustres proclamateurs de slam.

Entre les lignes de chaque portée

Pamela, première chanson de cet EP du chanteur guadeloupéen, me rappelle, grâce à son rythme, les résonances caractéristiques des anciens zouks des années 90, les zouks dits rétros. Avec les paroles de ce titre, Freepon dénonce un art bien connu de nos îles : la médisance gratuite envers autrui, plus connu sous l’appellation makrélaj. Il choisit volontairement le prénom Pamela, pour cette chanson, capable ainsi de créer en créole, le jeu de mots "Pamela, pa mélé’w adan sa" (Pamela, ne te mêle de ça), et bien d’autres encore tout au long de cette chanson. Freepon nous donne ici des exemples concrets avec lesquels Pamela s’imagine connaître tout de la vie de son entourage, ses cibles. L’artiste nous invite tous avec cette chanson à stopper les commérages destructifs.

Le titre qui suit, Stupid, est définitivement l’une de mes chansons préférées de Nu Soul Creole. Freepon nous y raconte ses envies, ou plutôt nous y décrit toutes les choses qu’il ne compte pas faire pour rentrer dans le moule que la société actuelle met à notre disposition. Freepon n’a pas envie du conformément correct, l’artiste préfère ne pas se prendre la tête avec des futilités, et aider son prochain s’il en a les moyens. Stupid est chanté sur un ton enjoué, rieur, au rythme d’une guitare prédominante et de bien d’autres instruments de percussion, conférant à ce titre une certaine sonorité acoustique.

Je n’ai pas envie de te parler,
Tu m’as trahi, tu m’as menti,
Je n’ai plus envie de te comprendre,
Je garde ça pour les vrais amis.
Je n’ai pas envie de me ranger,
J’ai bien compris mes enjeux,
Mettre de l’eau dans mon vin,
Et voir les choses s’arranger.

Je n’ai pas envie de manquer
D’un repas pour mes gamins,
Mais je partagerais la mienne,
Si jamais tu perdais ta gamelle.
Je n’ai pas envie de me ranger,
J’ai bien compris mes enjeux,
Mettre de l’eau dans mon vin,
Et voir les choses s’arranger.

Freepon

Le troisième titre de Nu Soul Creole est Dousinéw, un titre que je connais depuis un peu plus de trois ans maintenant, puisque Freepon nous l’avait proposé lors de sa première partie au concert d’E.sy Kennenga au New Morning, en janvier 2011. Les arrangements de cette chanson ont été un peu revus, et sont plus rythmés que la version acoustique que je vous propose ci-dessous. Ces deux versions sont pour moi totalement différentes, mais peut-être suis-je simplement une adepte de la musique en live, et donc Dousinéw, dans ce nouvel EP, me permet d’entrevoir une nouvelle facette de cet artiste aux multiples savoir-faire. C’est lors de ce concert que j’ai découvert pour la première fois Freepon.

La chanson qui me touche le plus dans cet album est assurément la chanson qui suit, Me Taire, que l’on retrouve en quatrième position de Nu Soul Creole. Je pense qu’il s’agit du titre par excellence qui permet d’appréhender toute la capacité vocale de Freepon. Sa tessiture lui permet de profiter d’une aisance assez déconcertante quant à l’énonciation de son texte. Et cette chanson, Me Taire, nous propose un contexte bien plus sérieux que les précédents morceaux. "Me Taire, Tant de choses à faire, L’enfant de mon père, Fier, Les deux pieds sur terre, Mais comment me taire et, Écouter mon cœur, J’ai appris l’amour dans les choix de ma mère…". On y entend clairement les notes d’un piano qui nous berce avec une mélodie nu-soul, presque roots. Me Taire est vraiment un titre que je trouve magnifique, à l’image de Vybe Sé Lanmou Sé Lèspwa que Freepon propose régulièrement à son auditoire lors de ses représentations live.

My Superstar est une chanson à la trame plus légère que la précédente. Il s’agit avant tout de romantisme, et de paroles chantées sur les allures d’un zouk. Dans My Superstar, Freepon chante son affection pour cette demoiselle qui a su le conquérir par son charisme et ses atouts. En termes de sonorités, ce titre est bien cadencé et nous laisse profiter des rythmiques antillaises bien connues. Ce premier EP officiel de Freepon se termine sur une nouvelle note acoustique, avec une version bien plus posée du titre Dousinéw, dans laquelle le véritable instrument prédominant est bien la voix du chanteur, accompagnée de jolis chœurs.

Nu Soul Creole est vraiment un album que je conseillerai à tous les adeptes de musique aux allures caribéennes, à tout ceux qui aiment les ambiances soul calfeutrées dans un bar parisien, ou ceux qui sont simplement amoureux des belles voix profondes masculines. Vous retrouverez Nu Soul Creole de Freepon sur Amazon. Et vous pouvez toujours me laisser un commentaire ci-dessous pour me faire par de vos impressions sur cet EP. Pour ma part, j’attends avec impatience son premier réel album, qui devrait sortir d’ici la fin de l’année. Celui-ci s’appellera Premyé Fwa. Affaire à suivre, donc. :)



TRACKLIST :
01 – Pamela
02 – Stpid
03 – Dousinéw
04 – Me Taire
05 – My Superstar (Version Zouk)
06 – Dousinéw (Remix Acoustik)

G I R L de Pharrell

Copyright : pharrellwilliams.com

Il était grand temps que je vous parle de ce qui est, à mon sens, le meilleur album sorti en ce premier semestre 2014. Je veux bien sûr parler du nouvel opus de Pharrell, G I R L, sorti le 3 mars dernier.

Il s’agit d’un album qui me met de bonne humeur, bien rythmé, avec lequel l’artiste, qui a connu un succès plus qu’énorme au cours de l’année 2013, décide d’ajouter enfin un nouvel item à sa discographie. Cela faisait en réalité huit années que Pharrell Williams ne nous avait pas offert un album, en tant que chanteur je veux dire, puisqu’il a malgré tout participé à la production de nombreux albums, comme Nellyville de Nelly, Justified de Justin Timberlake ou encore Good Kid, M.A.A.D City de Kendrick Lamar. Pharrell nous offre finalement seulement son deuxième album studio, depuis In My Mind sorti courant 2006.

Avec un titre pareil, on s’y attendait sûrement un peu, Pharrell voue un culte particulier à la femme dans cet album. D’abord dans son immensité ; puis, bien souvent à celle qui comble son existence. G I R L est avant tout un album concept qui confirme l’omniprésence de Pharrell en 2013. Le chanteur était en effet sur toutes les chansons qui ont marqué cette année. Je veux parler, par exemple, de Blurred Lines de Robin Thicke, du travail accompli sur l’album Random Access Memory des Daft Punk avec le titre Get Lucky notamment (que mes petites cousines connaissent par cœur), de sa participation au titre Love Is The Answer d’Aloe Blacc, ou alors tout simplement de Happy, qui s’est révélé être un gros méga tube interplanétaire.

G I R L possède dix titres dans un genre que j’associerai plutôt à la pop, mais qui laisse tout aussi bien apparaître des notes assez funky, et un beat consistant, caractéristique des chansons associées au rhythm and blues. On y retrouve pas mal de violons qui accompagnent les instruments de percussions, un peu à l’image de l’album CAMP de Childish Gambino. G I R L possède une bonus track, une nouvelle piste, dans l’édition japonaise de l’album, Smile, un morceau dans lequel le piano est accompagné d’une bonne basse.

G I R L  décrypté piste après piste

Ce nouvel album de Pharrell démarre au violon avec les premières notes de la chanson Marilyn Monroe. Marilyn Monroe n’est pas un hommage à l’actrice américaine, comme on aurait pu le croire. Non, cette chanson est bien plus que ça : Pharrell y décrit l’amour qu’il ressent pour la singularité de la femme, de manière générale. En citant Marilyn Monroe, mais aussi, la reine Cléopâtre et Jeanne d’Arc, qui sont des sex-symbols « légendaires », tant elles sont connues dans le monde pour leur carrière, leurs agissements et leur beauté, Pharrell veut avant tout souligner l’importance du respect qu’il a envers les femmes, qu’importe leur couleur, leur taille, leur poids, ou leur orientation sexuelle. Il préfère l’originalité, vivre quelque chose de « différent ».

So that means no matter what color you are, what size you are, what you’re into, your sexual orientation, I respect you as a woman because I know without you, none of us would be here. — Pharrell

Vous observerez qu’à plusieurs reprises dans cet album, le chanteur américain nous exprime à quel point l’unicité d’une personne la rend fascinante à ses yeux, comme dans Lost Queen par exemple, mais j’y reviendrais plus tard… Marilyn Monroe a été écrite en collaboration avec Ann Marie Calhoun, aussi connue sous le nom d’Ann Marie Simpson, une violoniste de talent (elle a participé par exemple à la bande originale de Man of Steel de Hans Zimmer), qui nous fait donc l’honneur d’ouvrir cet album. Et Kelly Osbourne nous récite cette phrase "In honor of the groove and all who’s surrendered to it, We say thank you, and we take it back", en hommage aux grands artistes, qui s’illustraient dans un genre groovy et/ou soul, pour leurs accomplissements divers dans le monde de la musique.

La deuxième chanson de cet album, Brand New, est un duo de Pharrell et de Justin Timberlake. C’est un titre bien en rythme avec lequel les deux chanteurs ont l’air de vouloir déclarer au monde entier à quel point ce que leur font ressentir leur bien-aimée est sans aucun doute le meilleur sentiment du monde. Ils se sentent heureux de vivre, chaque jour semble merveilleux. J’adore cette chanson très positive finalement, qui montre à quel point il en faut peu pour être pleinement satisfait de son existence. Leurs femmes respectives ont su parfaitement donner un sens à leur vie, donner un renouveau à leur quotidien. Et d’ailleurs, j’oublie presque de préciser que Timbaland a participé sur ce titre en tant que beatboxer.

Hunter est un morceau dont la base sonore répétitive de la guitare lui donne un look musical ressemblant à celui des chansons des années disco, en mode That ’70s show. Il paraît, selon une interview de Pharrell par Noisey, que cette chanson a entièrement été pensée selon la perspective d’une femme. Ainsi, ce serait elle, la chasseuse, qui rêve de prouver à l’objet de ses désirs qu’elle est prête, qu’elle est the real deal, et qu’elle est tout ce qui lui faut. J’ai trouvé ça assez marrant de réécouter cette chanson, en sachant qu’elle a été écrite dans cette perspective, car rien que l’introduction, "Just because it’s the middle of night, That don’t mean I won’t hunt you down, Cause up, in, deep inside, It’s pullin’ me and I want your love", prend une toute autre mesure quand on imagine le chanteur dans la peau d’une femme…

Cette fois, Gush, quatrième titre de cet album, est clairement plus explicite. Les paroles de cette chanson sont probablement celles de l’album qui parlent de manière plus directe de relations intimes (de sexe, je voulais parler soft, :). Le refrain de cette chanson que j’adore : "I could be the guy to treat you, To a nice movie, feed you, But I don’t wanna mislead you, Tonight I think I wanna be dirty girl, Do you wanna get dirty, girl? Come on, Light that ass on fire, Do you wanna get dirty, girl? Let’s go". That’s all, rien à ajouter ! Ah si ! Au fait, « gush » peut être défini comme un verbe signifiant « parler ou écrire avec un enthousiasme exagéré »… ou alors, je vous laisse découvrir une autre définition de gush, probablement plus appropriée (ou pas!).

La chanson que tout le monde connaît de ce nouvel opus est bien évidemment Happy, le tube planétaire sorti de la bande originale de Despicable Me 2 (Moi, Moche et Méchant 2 en français). Bon, je suppose qu’il est inutile que je vous décrive entièrement cette chanson, mais je pourrais ajouter qu’elle s’incruste parfaitement dans l’univers de cet album G I R L, puisque après tout, si comme moi, vous avez vu le film d’animation Despicable Me 2, vous savez que le héros de ce dessin animé, Gru, tombe littéralement amoureux de sa coéquipière Lucy. Cette chanson démarre alors que Gru est sous sa douche, et qu’une nouvelle journée commence, il est simplement heureux de retrouver celle qui lui fait ressentir un bien immense. (Oui, oui, je me souviens de tout ça, parce que je me souviens que j’avais questionné Shazam pour savoir comment s’appelait cette chanson à l’époque, j’ai eu de l’instinct !)

Happy en chiffres c’est déjà 505 semaines en liste dans les tops 50 du monde entier, la première place atteinte dans 19 pays, et encore la place #6 dans le top 100 en France… Et c’est surtout, la première vidéo de 24 heures non-stop en ligne sur Internet sur 24hoursofhappy.com ! Elle regroupe des artistes comme Magic Johnson, Ana Ortiz (la sœur d’Ugly Betty, l’agente rivale de Nolan Ross ou la fausse servante d’Evelyn Powell), Jamie Foxx (avec ses deux filles), Odd Future, JoJo, Whit Hertford, Kelly Osbourne, Urijah Faber, Sérgio Mendes, Jimmy Kimmel, Steve Carell, Miranda Cosgrove et Gavin DeGraw (le chanteur du générique de One Tree Hill !).

Bref, continuons… La sixième chanson de G I R L est le troisième single commercialisé de cet album. Il vient tout juste de sortir, le 8 mai dernier, aux Etats-Unis. Et si, comme moi, vous avez suivi un peu les playoffs de NBA, elle devrait vous rappeler quelque chose, puisque Come Get It Bae a bien souvent été utilisée pendant ces playoffs par TNT notamment, mais aussi pour le visionnage de certains Top 5/10 des nuits de basket. Je vous laisse découvrir ci-dessous un des montages passés de manière récurrente sur les chaînes américaines.

Dans Come Get It Bae, Pharrell utilise la métaphore d’une moto pour parler dirty : "You wanna ride it, my motorcycle, You’ve got a license, but you got the right to, Gonna pop a wheelie, don’t try too high too, Take it easy on the clutch, cause girl I like you". Et cette voix féminine que vous entendez parfois ici est celle de Miley Cyrus ! Je ne pensais pas qu’un jour je vous parlerai d’elle sur ce blog, même si j’adore sa voix et même si j’adore Wrecking ball… ceci est un autre débat… Miley Cyrus vient ici apporter une touche féminine à la chanson. Les deux chanteurs avaient d’ores-et-déjà collaboré ensemble, puisqu’il est le producteur notamment de 4×4 et Get It Right par exemple, deux chansons de l’artiste féminine.

C’est ensuite avec Gust Of Wind que Pharrell poursuit la tracklist de son album. Cette chanson liste parmi ses contributeurs les célèbres Daft Punk, avec lesquels Pharrell a connu un énorme succès l’an dernier avec Get Lucky. Gust Of Wind possède cependant un contexte plus passionné. Pharrell compare la femme qui occupe ses pensées à l’air. Ça peut sembler bizarre dit comme ça, mais ça se tient si on réfléchit un peu aux paroles de cette chanson. Cette femme, telle une force incontrôlable de la nature, a débarqué dans sa vie de manière inattendue, et lui rappelle à quel point l’amour peut surgir de nulle part. Elle est imprévisible, peut-être instable, mais il a besoin d’elle pour le guider dans sa vie future. Les violons sont également bien présents dans ce titre.

Arrive cette huitième chanson, ma préférée de l’album, Lost Queen. Chaque personne possède une sensibilité différente, mais c’est vraiment ce titre, en terme de rythme, de richesse, de contenu, d’univers, d’originalité et de passion, qui m’a le plus touché. Lost Queen dure 7 minutes et 56 secondes. Je le précise, parce que c’est assez étonnant a priori que Pharrell ait fait ce choix. Mais ce titre se décompose en deux parties bien distinctes, finalement assez complémentaires. Dans la première partie de cette chanson, qui rappelle la qualité acoustique des chanteurs d’origine africaine, Pharrell se questionne sur l’origine de cette femme qui le perturbe. "What planet are you from, girl ? And are there others like you there ?" Il pense qu’elle est une reine perdue. Quoi qu’il en soit, il lui fait le vœu d’être toujours là pour elle, de lui rappeler de toutes ses qualités au moment où elle doutera d’elle-même.

Puis, le son de la mer, des douces vagues déferlent sur l’album. La deuxième partie du titre, parfois appelée Freq sur la toile, laisse apparaître la voix de JoJo. Vous vous souvenez forcément d’elle, elle chantait Baby, it’s you aux côtés de Bow Wow en 2004. D’ailleurs, je me demande ce qu’il devient lui… il m’avait quand même sorti ce son mémorable avec Omarion « Let me hold you ». Enfin bref, je m’éloigne du sujet. JoJo avait aussi proposé une version de Marvin’s Room de Drake, comme Teyana Taylor… Dans Freq, Pharrell chante "You gotta go inward, To experience the outer space, That was built for you, You gotta go inward". Il nous faut apprendre à être en paix avec soi-même, apprendre à se connaître et à s’aimer pour réellement prendre conscience de la beauté du monde qui nous entoure. Lost Queen est définitivement un titre hors du commun.

La neuvième, et presque dernière chanson de l’album, est Know Who You Are. Il s’agit d’un duo chanté avec la belle Alicia Keys. Pharrell joue le rôle de l’homme compréhensible, présent pour sa femme, il sait qui elle est profondément, même pendant ses moments de doute, et il est capable de ressentir ses craintes. Alicia Keys joue alors la femme forte, encourageant ainsi toutes les femmes à se sentir mieux dans leurs peaux, et à se sentir libre. La vie est déjà suffisamment compliquée pour en plus devoir se sentir diminuée tout le temps. Pharrell nous rappelle qu’il y aura toujours des personnes mal-intentionnées, capable d’apporter leur négativité en toute situation, parce qu’ils sont envieux, ou jaloux, ou juste négatifs. Le chanteur termine alors sa pensée avec ces mots : "We just shake our heads, and dance, the moment so surreal, Isn’t it sad ? There’s people in this world that don’t know how this feels". Le rythme de cette chanson rappelle le ska, et apporte un peu de douceur sur des vibrations reggae.

It Girl vient clôturer G I R L. Dans ce morceau, Pharrell identifie la femme comme une muse, celle qui l’inspire à avancer. Cette chanson possède un long solo d’instruments, de guitares offertes par Andrew Coleman et Brent Paschke. It Girl est ce genre de chansons qui permettent à un artiste, durant un concert, de laisser pleinement son public profiter de toutes les sonorités apportées par ses musiciens. C’était un choix judicieux de terminer cet album sur cette note plutôt joyeuse.



TRACKLIST :
01 – Marilyn Monroe
02 – Brand New featuring Justin Timberlake
03 – Hunter
04 – Gush
05 – Happy
06 – Come Get It Bae
07 – Gust of Wind
08 – Lost Queen
09 – Know Who You Are featuring Alicia Keys
10 – It Girl
— BONUS TRACK
11 – Smile

Life.Music.Love de Mischu Laikah

Copyright : Mischu Laikah

The show must go on !

Et c’est donc avec cet album très acoustique que je vous propose de redécouvrir Mischu Laikah en ce mois de mars plutôt ensoleillé : Life.Music.Love.

Mischu Laikah est une artiste âgée de 29 ans née aux Pays-Bas. Dès son plus jeune âge, cette chanteuse s’est retrouvée baignée dans le monde musical. Sa mère, Lorna Richardson, est une guitariste et choriste de profession. Âgée de 12 ans, Mischu Laikah part en direction de l’île de St Martin, l’île natale de sa mère, avec toute sa famille. C’est ainsi que diverses influences musicales entre dans sa vie, notamment le reggae, et qu’elle se construit une identité qui lui est propre. A 19 ans, elle retourne aux Pays-Bas afin de poursuivre ses études et consacre une place importante à la musique. En 2008, Mischu Laikah sort cette chanson, I Wish, qui fera d’elle une artiste dont je suis désormais le parcours. Cette chanteuse, qui est actuellement en tournée à l’île de St Martin, fait également partie de l’association Dare To Dream, une fondation créée dans le but d’aider les jeunes de l’île à réaliser leurs rêves.

Je vous avais rapidement dressé le portrait de Mischu Laikah en février 2012, vous annonçant qu’elle travaillait à cette époque, sur son premier album solo. Et c’est donc cet album, sorti à la fin de l’année 2012 que je vous présente aujourd’hui. Life.Music.Love est un condensé de bonne humeur et de positivité, "music that just makes you feel good about yourself" comme le dit si bien la chanteuse elle-même.

Des notions d’amour, un parfum d’espoir

Roots est la première chanson de Life.Music.Love et s’annonce comme le fil conducteur de la première partie de cet album. Cette jolie chanson acoustique dans laquelle la guitare est l’instrument prédominant nous renseigne sur la place que possèdent la musique et les origines caribéennes dans la vie de la chanteuse néerlandaise. Mischu Laikah nous explique ici que ses racines font entièrement partie de ce qu’elle est aujourd’hui : elle est visiblement reconnaissante vis-à-vis de cette diversité culturelle que lui a apporté la vie. Elle s’en sert comme une force et une fierté dans son quotidien. Tout l’amour qu’elle ressent est dû à cette richesse car après tout, pour reprendre ce que disait Antoine de Saint-Exupéry, « Il n’y a d’homme plus complet que celui qui a beaucoup voyagé, qui a changé vingt fois la forme de sa pensée et de sa vie. ».

L’album se poursuit ensuite avec des sonorités toujours propres à la chanteuse. Mischu Laikah nous fait ainsi un hommage au courage des femmes du monde avec la deuxième chanson de Life.Music.Love : Strong Woman. Celle-ci nous montre l’image de cette femme forte, moderne, qui se bat jour après jour pour y arriver dans la vie : « She knows her life is anything but easy, She works so hard there’s no time to be free, She knows that she can do it on her own ». La femme actuelle est une femme indépendante. Cette phrase vous semblera probablement féministe, pourtant Mischu Laikah ne fait qu’évoquer un fait qui se révèle aujourd’hui être d’actualité. Dans notre société, la femme se veut autonome, éduquée, capable d’y arriver par ses propres moyens, et non plus dépendante de l’homme avec lequel elle choisit de faire sa vie.

La troisième chanson de Life.Music.Love est à l’image de cet album, en deux parties bien distinctes. Hate You commence sur les notes d’un piano. Comme son titre le suggère, cette chanson est un triste morceau d’amour. J’ai adoré la passion mise à fleur de peau de la chanteuse. Mischu Laikah semble ici marquée, presque affaiblie par ses sentiments, et pourtant si forte avec la puissance de sa voix. Le début de cette chanson contraste complètement avec le milieu de cette chanson qui arrive aux environs de la deuxième minute. Une version plus rock, où la guitare électrique fait son apparition, nous est alors offerte. Mischu Laikah nous déclare cette fois qu’elle ne s’attendait pas à cet amour inattendu, qu’elle n’aurait pas cru qu’elle s’exposait à souffrir comme ça. Avec One Night Stand, c’est ce sentiment d’incompréhension qui prend le pas sur l’expression d’amour présent en premier lieu.

C’est ensuite Do For Love qui nous est proposé d’entendre. Ce titre, qui commence également sur des notes de piano, nous démontre la réelle puissance de la voix de la chanteuse. Mischu Laikah a choisi des accords doux pour ce morceau dans lequel il est question une nouvelle fois d’amour : la jeune femme ne sait pas qu’elle serait la limite de ce qu’elle pourrait faire par amour pour celui qu’elle aime. Elle se déclare prête à prendre soin de lui "I love taking care of you" et d’avoir en sa possession tout ce dont il a besoin "Yes, I’ve got what you need".

Dans un genre un peu plus rythmé, Mischu Laikah nous interprète après Fall In Love Again.. Et c’est pour une fois la batterie qui, selon moi, possède réellement le rôle de chef d’orchestre dans ce titre. Quand cet instrument se fait plus présent, la voix de la néerlandaise s’intensifie, et la musique a une portée plus forte, influente. Cette chanson me touche particulièrement par son caractère inattendu. Un peu comme Mischu Laikah le déclare à l’égard de la personne présente dans son cœur, the way [this song] makes me feel is so amazing

Dreams vient ralentir le tempo quelque peu. Mischu Laikah prend ici la mesure du temps pour nous offrir toutes les couleurs de sa voix dans Dreams. Par moments, sa manière d’énoncer les paroles de cette chanson me rappelle beaucoup I Wish. Dans cette chanson, elle nous demande de garder espoir même quand tout semble aller mal. "No matter what keep on fighting…", cette chanson est un hymne au courage et au combat que l’on doit mener au quotidien pour faire de ses rêves une réalité. A nouveau, le piano est l’instrument choisi pour parcourir cette jolie mélodie. Dans la version live acoustique que je vous propose ci-dessous, Nick Croes accompagne Mischu Laikah à la guitare.

Winner nous laisse, en revanche, apercevoir la guitare acoustique de manière franche et tranchée. Ce titre est le dernier du premier disque que comporte cet album. Mischu Laikah a une vision de la vie assez simple finalement, elle la voit comme une succession d’accomplissements en tout genre, et chacun des objectifs fixés une fois atteint doit être considéré comme une réussite. La morale de ce titre serait presque comparable au fameux Nothing is impossible.

Un mélange de cultures musicales

I Can’t Love You annonce la seconde moitié de Life.Music.Love, une seconde moitié dans laquelle les influences musicales de l’artiste s’en ressentent d’autant plus. Mischu Laikah nous fait part ici des raisons pour lesquelles son amour semble interdit. Je ne suis pas très fan de cette chanson en particulier, car elle possède une rythmique un peu plus pop. Mais je reste convaincue qu’elle ravira tous les amateurs de musique urbaine car son tempo plus dynamique est en définitive dans l’ère du temps.

Avec Take Me Away, Mischu Laikah exprime le bonheur qu’elle ressent vis-à-vis des sentiments que lui permet d’éprouver la personne avec laquelle elle partage sa vie actuellement. Elle semble heureuse, presque sur un nuage, compte tenu de tout cet amour qu’elle ressent pour lui. Cela faisait longtemps qu’elle n’avait pas partagé une telle sensation d’évasion et c’est cette joie qu’elle voudrait à jamais ressentir, et qu’elle nous transmet avec Take Me Away.

Those Lies a une trame beaucoup moins joyeuse : "Come sit down right here right now, ‘Cause I’ve got something to say, I’ve got a problem baby it ain’t going away, no.. I heard that you’ve been creeping, sleeping with some other chicks, And how I found out lately, boy you’re really make me sick…". On comprend aisément par quelles émotions passe la jeune femme dans cette chanson. Et c’est avec un rythme assez jazzy qui me plaît bien que Mischu Laikah décide d’illustrer ces images.

Pour la réalisation de Let You Go, Mischu Laikah est accompagné de Lev Carty, un chanteur et rappeur versatile quit vit aux Pays-Bas. Pendant toute la première partie de la chanson, elle parcourt sans fautes le beat posé de ce morceau, avant que ne la rejoigne Lev Carty. La présence d’une voix masculine sur cet album apporte un peu de percussion à Life.Music.Love. Le rappeur taille le diamant un peu brut de cette chanson et nous explique pourquoi il doit laisser cette personne visiblement pas faite pour lui.

Dans Forgive Me, si on fait un parallèle avec Those Lies, Mischu Laikah passe du côté du bad guy. C’est cette fois elle la fautive dans le sort de la relation qu’elle entretient. Elle est celle qui a brisé le cœur de l’être cher. Elle se demande s’il trouvera la force de lui pardonner, mais bien qu’elle soit entièrement consciente du mal qu’elle lui causera, elle ne sent plus capable d’assumer cette relation. Toute la trame de cette chanson est déposée sur une basse assez importante qui compose un beat plutôt surprenant.

Ce que les femmes veulent, ce que Mischu Laikah, ce que je veux, c’est ça : I Want That ! On a toutes envie de se sentir la plus importante dans la vie de quelqu’un, de se sentir bien dans une relation. J’adore l’accent de Mischu Laikah quand elle prononce la phrase "I wanna feel it, that’s for sure" presque à la jamaïcaine. Ce titre est un morceau empreint de plusieurs styles musicaux à mon sens. On y retrouve tout cet univers presque pop/rap, le piano ajoute un peu de douceur et la voix de Mischu Laikah dans le refrain me rappelle un peu plus la Caraïbe.

A nouveau, Life.Music.Love nous offre en fin de disque le titre Winner. Cette fois, la basse est un peu plus présente, et le tempo de la chanson est légèrement plus lent. Un choix assez audacieux puisque la chanteuse insiste ainsi sur le message qu’elle souhaite apporter avec ses paroles. Life.Music.Love est un condensé d’amour. La vie semble plus rose quand elle nous est décrite par Mischu Laikah. Je préfère naturellement ce disque 1, dans lequel les rythmes sont beaucoup plus semblables aux playlists que je pourrais composer, mais j’ai simplement adoré toutes les tonalités que possède la voix de cette artiste qui mériterait d’être plus connue.


TRACKLIST :
CD 1
01 – Roots
02 – Strong Woman
03 – Hate You / One Night Stand
04 – Do For Love
05 – Fall In Love Again
06 – Dreams
07 – Winner
CD 2
01 – I Can’t Love You
02 – Take Me Away
03 – Those Lies
04 – Let You Go featuring Lev Carty
05 – Forgive Me
06 – I Want That
07 – Winner

An Ba Soley de Loriane Zacharie

Loriane Zacharie, que je découvre complètement par hasard, durant mon séjour en Martinique, est une chanteuse martiniquaise à la voix ambrée. Cette artiste parcourt divers univers musicaux, mais se prédestine naturellement à représenter les sonorités caribéennes en empruntant les voies du bèlè, de la biguine, de la mazurka ou encore du zouk.

Loriane Zacharie s’intéresse fortement à l’histoire de la Martinique, et essaie de faire partager son amour pour son île à travers ses textes. Je me suis donc penchée sur son dernier album sorti vraisemblablement il y a environ un an : An Ba Soley. Surprise, surprise, sur cet album, on y retrouve plusieurs musiciens connus de la scène antillaise comme Joël Jaccoulet au clavier et à la programmation, ou encore Cédric Cléry à la batterie et Didier Juste aux percussions.

An Ba Soley en quelques mots

L’album de Loriane Zacharie commence avec un interlude rafraîchissant. On y entend le bruit d’une porte qui s’ouvre, le gazouillement des oiseaux, des petits rires, des bruits de pas dans de l’herbe, le bruit de la mer. Et on y distingue un mot répété dans un murmurement : "Soleil".

Puis c’est tout de suite avec sa chanson éponyme, An Ba Soley, que démarre cet album. Loriane Zacharie nous y chante son amour pour son pays, pour le soleil : "An ba soley la, Sé la mwen lé rété, Mwen ni an tchè kréyol la, Bizwen doucè péyi a". Les sonorités de cette chanson sont assez douces, et reflète pleinement la Caraïbe de manière acoustique. Ainsi, on y entend des tambours rappelant les rythmes du bèlè et des autres musiques traditionnelles en Martinique. Ce premier titre est à l’image de tout cet album : dynamique et emprunt de bonnes vibrations.

Alè La, le deuxième morceau de an Ba Soley débute sur les notes d’une guitare acoustique, avant que très rapidement se fassent entendre le tambour. L’artiste martiniquaise y chante l’amour : "Sé ou sèlman an ka wè, Ou sé orizon mwen" (C’est toi seulement que je vois, Tu es mon horizon). Tout en douceur et avec une voix presque suave, Loriane Zacharie nous fait part de ses sentiments avec des expressions intelligentes, elle compare son amour aux résonances d’un tambour battant, aux vibrations que lui apporte la musique. J’aime beaucoup cette chanson dans laquelle on distingue plusieurs ambiances sonores.

La troisième chanson de cet album, Vini, est un duo entre Fred Deshayes et la chanteuse antillaise. On y entend très nettement un saxophone apporter un peu de jazz à la base rythmique. C’est d’ailleurs Jussi Paavola qui jouera de cet instrument pour les besoins de cette chanson. La voix de Fred Deshayes, aussi connu pour être le leader vocal du groupe guadeloupéen Soft, apporte une première touche masculine à An Ba Soley. En toute simplicité, les deux chanteurs nous parlent d’amour, de chaleur et de sentiments agréables. Un solo de saxophone nous est offert au milieu de la chanson, avant que le clavier ne vienne flirter avec nos oreiller. Je trouve plein de sensualité et de douceur à cette chanson, qui est probablement celle que je préfère de tout l’album.

La morceau suivant s’intitule Moun Lanmou. Il s’agit du premier single officiel d’An Ba Soley, sorti en octobre 2012. Loriane Zacharie y parle d’amour, comme elle pourrait parler de sa relation au soleil. Dans ce titre, elle nous parle de son besoin de lumière et donc de son besoin de sentir aimée. Elle nous parle d’une relation idyllique dans laquelle les mots ne sont pas nécessaires pour exprimer ce que l’on ressent : "Moun lanmou ka compran kò yo san palé, Kon vou kon mwen, Kon mwen kon vou".

Avec É Si, la chanteuse martiniquaise nous entraîne à nouveau sur des rythmes de musique traditionnelle. La richesse de sa voix nous emmène alors à redécouvrir toutes ces ambiances acoustiques et sonores de la musique antillaise. Cette chanson est plus un hymne à la foi de Loriane Zacharie. Elle ne serait rien sans cette foi qui guide ses pas. Elle la chante avec humilité, comme pour inviter à prendre connaissance de sa force naturelle.

Dans la septième chanson de cet album, Mwen Enmenw Ou Enmen Mwen, il est une nouvelle fois question d’amour. Loriane Zacharie nous parle des couleurs que lui apporte son amour. Elle joue le rôle d’une femme pleinement épanouie sur le plan sentimental. Ce morceau que je rangerais dans une catégorie zouk/semi-acoustique est une assez belle découverte pour moi. J’ai particulièrement apprécié les accords de la guitare et le timbre vocal choisi par la chanteuse ici.

Victor O rejoint ensuite la liste des invités sur cet album pour Manzé Madi. Dans une interview de Loriane Zacharie pour Martinique 1ère, la chanteuse nous explique comment s’est déroulé cette collaboration avec l’auteur de Revolucion Karibeana. Loriane Zacharie a rencontré Victor O pour la première fois lors du concert Léritaj Mona. Ils ont été amenés à se revoir ensuite au cours de plusieurs émissions, interviews ; c’est donc tout naturellement qu’ils ont commencé à travailler ensemble. La chanteuse apprécie énormément le travail de l’interprète de Mi Natty Dread, elle a un respect sans pareil pour sa musique. Plusieurs chansons d’An Ba Soley ont ainsi été rédigées avec l’aide du chanteur martiniquais. Victor O apporte cette fois sa voix sur Manzè Madi, un duo plutôt original.

An Ti Manmaye est une chanson dans laquelle la chanteuse exprime son envie d’avoir un enfant. Cette chanson, que je trouve magnifique dans le sens où elle m’a plutôt surprise en termes de contenu, est réellement une déclaration de la chanteuse quant à son envie de materner. L’enfant est le fruit de l’amour, elle souhaiterait avoir un enfant qui soit le reflet de cet amour là.

C’est ensuite avec Non que se poursuit la tracklist d’An Ba Soley. Ici, c’est les notes jouées au clavier qui apportent à mon sens toute la portée significative de la chanson. Il joue le rôle de chef d’orchestre parmi les instruments, d’ailleurs, Loriane Zacharie, suit complètement la musique du piano lorsqu’elle chante.

Misié A s’annonce comme une mise à garde d’une femme vis-à-vis de l’homme qui partage sa vie. Celui-ci se doit d’avoir un comportement correct envers elle, de prendre soin d’elle et de lui accorder toute son attention. La femme jouée par l’artiste ici est celle d’une femme blessée, en manque de reconnaissance de la part de celui qu’elle aime. Loriane Zacharie aborde ce thème, pourtant des plus sérieux, avec une certaine liberté acoustique et musicale.

Avec des sonorités rappelant quelque peu les airs de bèlè, Dramatik continue dans cette même thématique. Le tambour se refait à nouveau bien présent. En entendant cette chanson, je visualise tout à fait les danseurs de musique traditionnelle danser. Loriane Zacharie nous offre à nouveau un titre aux rythmiques traditionnelles, en hommage à son île natale, la Martinique. Ce morceau est le coup de cœur personnel de ma mère. ;)

L’album se termine avec la chanson Padon, une sorte de ballade aux rythmes qui me rappelle un peu la samba, et même presque la salsa parfois, bien que l’on ne soit pas totalement sur le tempo de base de la salsa – j’arrive quand même par moment à retrouver le 1-2-3, 5-6-7, c’est donc dansable en salsa je suppose :). Pour finir An Ba Soley en toute beauté, Loriane Zacharie nous fait voyager dans les pays où la musique latine bat son plein. Cette chanson est vraiment la plus aboutie à mon sens, un très bon choix pour terminer cet album qui, ma foi, annonce la montée en puissance de cette chanteuse martiniquaise. Je resterai à l’affût des prochaines sorties musicales de cette chanteuse pour vous les partager ici. En attendant, je vous recommande d’acheter An Ba Soley sur Amazon, ou de partager avec moi vos impressions en l’écoutant !



TRACKLIST :
01 – …
02 – An Ba Soley
03 – Alè La
04 – Vini featuring Fred Deshayes
05 – Moun Lanmou
06 – É si
07 – Mwen Enmenw Ou Enmen Mwen
08 – Manzè Madi featuring Victor O
09 – An Ti Manmaye
10 – Non
11 – Misiè A
12 – Dramatik
13 – Padon