Ralenti d’Oswald et Mickael Guirand, la version konpa de Despacito

Aujourd’hui, je m’inspire de l’article Musique et Caraïbe : 5 + 1 morceaux (très) addictifs de Mylène, une blogueuse que je suis régulièrement qui nous parle entre autres de la Caraïbe avec des points de vue toujours intéressants ! C’est donc en lisant sa chronique il y a quelques jours que je suis tombée sur la version konpa de Despacito.

Vous avez tous entendu le méga tube de l’été Despacito de Luis Fonsi et Daddy Yankee. Au mois de mai dernier, c’est la chanson que j’ai le plus entendu lors de mon séjour à Miami (promis, je reviendrai sur ce sujet !) ; cet été, c’est celle qui jouait sur toutes les ondes en France métropolitaine.

Despacito est simplement un succès interplanétaire. C’est la première chanson chantée en espagnol à atteindre le Billboard Hot 100 depuis Macarena en 1996. En août 2017, son clip atteint les trois millions de vues sur YouTube, un record. Depuis octobre de cette même année, elle est la première vidéo à dépasser les quatre millions de vues sur ce même site. Cette chanson est acclamée par la cérémonie des Latin Grammy Awards 2017 qui lui attribue les titres de Record of the Year, Song of the Year, Best Urban Fusion/Performance et Best Short Form Music Video.

Au mois d’août dernier, Mickael Guirand et Oswald s’approprient cette chanson pour en faire un tube konpa intitulé Ralenti.

Mickael Guirand n’est autre que l’ancien chanteur du groupe Carimi. Ayant quitté ce groupe de konpa au succès international il y a maintenant plus d’un an officiellement, Mickael Guirand revient sur le devant de la scène musicale avec sa nouvelle formation musicale Vayb. Leur première chanson Lanmou Fasil a déjà conquis plus de 600 000 internautes.

Oswald, quant à lui, est un chanteur originaire d’Haïti. Ayant gagné le concours Défi Lycéens 2007 en Guadeloupe, un concours dans lequel sont représentés des talents de toutes les îles caribéennes, il poursuit sa carrière musicale en s’illustrant notamment dans le monde de la musique antillaise, zouk, R&B et konpa. En 2010, il est connu pour ses titres Nan lanmou laj pa ekzisté et Ton absence interprété en duo avec Misty Jean.

Les deux artistes haïtiens s’associent donc sur cette reprise de Despacito et nous offrent, ma foi, une version haute en couleurs que j’ai adorée. Les arrangements de cette version sont caractéristiques d’un morceau de konpa, avec des sonorités très posées associant guitare basse, percussions et clavier.

Ou sé solèy kap briyé nan fèl nwa / Dépi m’avèw msanti’m gen lajwa / Sé wou m’chwazi pou gen anpil jwa…

Il s’agit vraiment d’une belle reprise, cette chanson est mon coup de cœur musical de cette semaine. Il existe également une version salsa de Despacito proposée par Víctor Manuelle et bientôt, une version en mandarin sera interprétée par JJ Lin.

Beautiful de Saïk, un message pour sauver notre Terre

Copyright : Peter John Maridable

Depuis quelques jours, Saïk nous propose une nouvelle chanson aux rythmiques caribéennes, Beautiful, accompagné d’un clip haut en couleurs. Son principal message : protégeons la nature qui nous entoure si nous souhaitons que demain nos enfants puissent en profiter.

Avec des paroles en créole traduites en français pour un maximum de sensibilisation, Saïk revient sur le devant de la scène musicale pour faire entendre sa voix. Il affirme dans un texte engagé que la Terre souffre, et que nous en sommes les principaux destructeurs.

Selon lui, si aujourd’hui nous vivons un nombre accru de cyclones et de séismes, c’est une simple réaction de la nature vis-à-vis de la « souffrance » que nous, les hommes, lui imposons avec nos bombes nucléaires, l’assèchement des rivières, la pollution et la déforestation. Rappelons-le, la question du réchauffement climatique a largement été abordée il y a quelques semaines en raison du passage des ouragans Irma et Maria dans la région caribéenne, et des nombreux tremblements de terre au Mexique. La corrélation entre le réchauffement climatique et l’augmentation de la fréquence et de l’intensité des ouragans dans l’Océan Atlantique et l’augmentation de l’activité sismique dans le monde ne fait aucun doute pour certains scientifiques.

Avec ce texte, le chanteur guadeloupéen veut que l’Homme soit conscient des dommages qu’il cause à son environnement. Il remet d’ailleurs en question la position du président américain sur le sujet, Donald Trump, qui au moins de juin dernier a confirmé sa décision de quitter les accords de Paris visant à lutter contre le réchauffement climatique.

La musique adoucit les mœurs… mais la musique fait également danser les consciences, Saïk l’a bien compris. Que pensez-vous de cette chanson au texte engagé ? Quel est votre avis sur le lien qu’il peut exister entre le réchauffement climatique et les catastrophes naturelles ?

Une chose est sûre, la nature nous réserve mille et une merveilles, à nous d’en prendre soin si nous souhaitons demain encore en profiter. Vous pouvez télécharger Beautiful de Saïk sur Amazon.

Dancehall Is Back de Krys

Copyright : KRYS

Krys est enfin de retour, pour tous les amoureux de dancehall ! Il revient avec ce nouvel album Dancehall Is Back, quatre ans après Step Out.

Dancehall Is Back, c’est avant tout le moyen que Krys a trouvé pour nous rappeler son énorme travail dans le monde du dancehall. Cette année donne déjà 10 ans d’existence à Limé Mic’La, le premier album studio du chanteur, celui grâce auquel il a pu se construire la carrière qu’il possède actuellement. En 2004, Krys émergeait d’abord sur la scène locale, puis sur la scène nationale, avec des chansons comme An Vlé An Gal, Garde Cocotte ou encore Programme De La Semaine. Dancehall Is Back, c’est aussi le moyen que Krys a trouvé pour nous montrer son évolution musicale.

#DIB, le premier titre de cet album, est un morceau qui s’annonce plutôt précurseur de ce qui va suivre dans les autres chansons de l’album. Avec Dancehall Addict, le chanteur d’origine guadeloupéenne nous affirme ne vivre « que pour la dancehall music ». Et avec Pa Ni Pwoblem, on retrouve des couplets rappelant la plume du chanteur qui amusait beaucoup son auditoire il y a quelques années. Musicalement, cette chanson possède cependant des arrangements bien plus « électro » que ce à quoi je m’attendais.

On retrouve sur un rythme bien plus posé le chanteur jamaïcain Konshens, pour une collaboration sur Toulao. Cette chanson, sortie il y a déjà un peu plus d’un an, a malgré tout bien sa place sur ce nouvel album. La voix de Konshens mélangé à ces sonorités caribéennes nous invite sur la piste, à danser.

Je vous parlais un peu plus tôt du fameux Programme De La Semaine de Krys. Il est peut-être important que je vous rafraîchisse la mémoire ici ! Il y a un peu plus de dix ans, Krys nous proposait un « programme de la semaine » bien élaboré durant lequel il était capable de jongler avec plusieurs femmes en même temps. Aujourd’hui, le chanteur nous propose C Vou, une version évoluée de cette chanson, durant laquelle il n’est plus l’homme qui « butine de fleur en fleur ». Il y chante : "Dimanche an ké kriyé vou, Lundi mwen ké jéré vou, Mardi mwen ké enmé vou, Mercredi sé siné resto yen ki pou vou doudou, Jédi nou ké fè lanmou, Vendredi tou sa ké mwen anvi sé rété épi vou". Là encore, Krys tient à montrer l’évolution qu’il y a eu dans son parcours, sans pour autant négliger ce qu’il a été. Il a gagné en maturité, sa voix aussi…

De l’amour, on en retrouve également avec Malad’Aw, une chanson sur laquelle participe vocalement Misié Sadik. Malad’Aw est une vraie déclaration qu’offre les deux chanteurs guadeloupéens à celles qu’ils aiment. Avec Limbé, une chanson qui naît de la collaboration de Lylah et Krys, on sent toute l’émotion qui emplit le chanteur lors de son interprétation. Ce titre est d’ailleurs pour moi celui dans lequel on peut le mieux appréhender la capacité vocale de Krys. Ici, il se veut plus sérieux, et dans ce contexte nostalgique, sa voix est bien plus puissante et profonde que dans les précédentes. Lylah, ancienne leadeuse vocale du groupe Les Déesses, apporte une nouvelle dimension à cet album grâce à sa douce voix. Elle n’est pourtant pas la seule artiste féminine que l’on a la possibilité d’entendre sur Dancehall Is Back.

T-Shaa participe également à cet album grâce à cette chanson, Méné Mwen Dansé, un titre écrit sur les rythmes du carnaval. Cette chanson est d’ailleurs sortie au mois de février 2014, peu de temps avant la période carnavalesque. Je suis convaincue qu’elle a bien été utilisée sur les ondes antillaises. Il y a quelques années, c’était avec son Big Tune Du Carnaval que Krys avait su faire sauter des foules entières !

Enfin, on peut entendre une toute nouvelle version Bootyshake sur Dancehall Is Back, un titre sur lequel on retrouve Big Ali. Mais c’est surtout Le Lendemain, la dernière chanson de cet album, que j’ai envie de souligner. Là encore, la voix de Krys est profonde et chaleureuse, et musicalement, c’est l’une des plus abouties de cet album. Dans cette chanson, il « remercie le ciel pour chaque matin ». Il joue, tour à tour, le rôle d’un père de famille, devenu papa trop jeune, qui tente de joindre les deux bouts ; et le rôle d’un homme divorcé en mal d’amour. Son message ici est de continuer à se battre jour après jour pour accomplir ses objectifs : demain, ça ira mieux.

Avec Dancehall Is Back, c’est bel-et-bien un retour tout en dancehall que nous offre Krys. Mais c’est surtout une façon pour le chanteur guadeloupéen de s’affirmer en tant qu’homme devenu « grand ». De nombreuses expressions dans Dancehall Is Back font référence à ce qu’a été le chanteur dans le passé. Krys se positionne ici en tant qu’artiste révolu qui a su apprendre de ses erreurs, qui a su vaincre la force du temps, venu pour affirmer son talent. Je pense que cet album mérite le détour. Vous pouvez télécharger Dancehall Is Back de Krys sur Amazon.



TRACKLIST :
01 – #DIB
02 – Dancehall Addict
03 – Mercy
04 – C Vou
05 – Toulao featuring Konshens
06 – Pa Ni Pwoblem
07 – Muderer
08 – Allumez Les Briquets
09 – Put Your Hands Up featuring J. Martins
10 – My Friend
11 – Malad’aw featuring Misié Sadik
12 – Méné Mwen Dansé featuring T-Shaa
13 – Bootyshake Remix featuring Big Ali
14 – Limbé featuring Lylah
15 – Le Lendemain

Limyè Mwen de Gaby Diop

Copyright : Gaby Diop

Gaby Diop est une artiste que j’ai découverte lors du Festival Tropiques en Fêtes, un peu plus tôt cette année. Elle a sorti le 1er mai 2014 son premier album Limyè Mwen.

J’ai eu un premier rapide aperçu de l’univers musical de Gaby Diop alors qu’elle évoluait sur la scène de la Foire de Paris. Et je me suis dit qu’il fallait absolument que je prenne le temps d’écouter ses compositions, et je ne suis pas déçue ! Gaby Diop est une artiste a la voix profonde. Et sa musique est un miroir ses deux origines, martiniquaise et sénégalaise. Limyè Mwen possède une forte empreinte soul. Les différents accords joués à la guitare confère à ce premier album de jolies sonorités acoustiques.

Chanteuse et guitariste d’origine Martinico Sénégalaise, Gaby Diop est Caribéenne dans l’âme : le sourire, l’élan vers l’autre, l’ouverture au monde….De son côté Sénégalais, on retiendra l’engagement culturel, héritage de sa famille, fortement engagée dans la lutte anti-Apartheid en Afrique du Sud et celle de la Diaspora noire.

Gaby Diop décrite sur son compte SoundCloud

L’ensemble de ce nouvel album de Gaby Diop reflète la culture créole : les textes de Limyè Mwen ont tous été écrits en créole, et bien des références renvoient à cet univers. Lodè Péyi MWen est un répertoire des petites choses qui rappellent la Martinique. Un lever de soleil sur un champ de canne, l’odeur de la pluie dans la savane, les lumières données par les lucioles, l’eau douce des sources naturelles, les sons du tambour traditionnel, la nature à l’état sauvage, le ciel étoilé, les grandes plages abandonnées… Je ne peux pas m’empêcher de penser « Matinik sé an bèl péyi ! » presque avec nostalgie en écoutant ce joli morceau.

L’un de mes premiers coups de cœur sur cet album est incontestablement Chimen Nou que Gaby Diop chante accompagnée de Louis-Cyril Tiquant. Cette chanson un peu jazzy nous donne beaucoup d’amour. Et c’est surtout toute la musicalité de ce titre qui me touche… De l’amour, on en retrouve dans tous les recoins de Limyè Mwen. Avec Atann Vou, c’est une véritable déclaration que la chanteuse offre à l’élu de son cœur. Et avec la chanson Sa Ki Pou’w, elle nous confie sur un tempo bien plus rythmé toutes les sensations que lui procure ce sentiment.

Limyè Mwen, c’est réellement un retour aux sources que nous propose Gaby Diop. Avec La Pli, elle nous parle des endroits qui lui sont familiers, des moments de la vie où il faut savoir se relever. Elle y utilise le bruit de la pluie également en fond sonore. Et Mèsi, dernière chanson de cet album, est simplement un dernier titre où Gaby Diop pose sa voix pour remercier les siens, sur un fond sonore où l’on distingue quelques paroles et quelques rires, probablement de son entourage. Vous pouvez télécharger Limyè Mwen de Gaby Diop sur Amazon.



TRACKLIST :
01 – Ba Mwen Lanmen’w
02 – Rété
03 – Chimen Nou featuring Louis-Cyril Tiquant
04 – Alé Pli Lwen
05 – I Alé
06 – Lodè Péyi Mwen
07 – Atann Vou
08 – Kité’w Alé
09 – Sa Mwen Pé Pa Di’w
10 – Sa Ki Pou’w
11 – La Pli
12 – An Tan Tala
13 – Mèsi (Outro)

Story d’Antonny Drew

Copyright : Sérénité Events

Story est un magnfique album du chanteur guadeloupéen Antonny Drew. Il est sorti au cours du mois de mai dernier chez le label Believe / Serenité Events. Story, c’est surtout douze titres complètement aboutis, avec lesquels le chanteur nous invite à partager son background musical, des rythmes rappelant ses origines culturelles. Ainsi, Antonny Drew nous livre sa vision de la soul, du reggae, de la musique traditionnelle, et du konpa massivement présent dans ses chansons.

Antonny Drew est un chanteur qui a la capacité de complètement captiver son audience, avec sa tessiture grave et la puissance qu’il implique dans chacune de ses paroles. Je crois que je vous l’avais déjà dit, mais cet artiste est véritablement l’un de mes coups de cœur de la soirée du concert caritatif, le Drépaction 2014. Il y avait interprété les chansons Péyi An Mwen, Doo et Yalla Yalla !, que je vais vous présenter dans les paragraphes suivants, alors qu’il était accompagné de David Mitrail au piano, Randy Jacobson à la guitare et de Yoan Zebina à la basse.

L’histoire que nous délivre Antonny Drew

Péyi Mwen est une déclaration d’amour d’Antonny Drew à son île natale, la Guadeloupe. Dans cette chanson qui marque le début de cet album, le chanteur montre sa fierté pour sa culture et ses origines. Sa force, il la tire de son appartenance culturelle et de la beauté du patrimoine guadeloupéen. Cette jolie chanson est introduite à la guitare, de manière acoustique, et c’est la voix du chanteur qui semble lui donner la dimension qu’elle possède. Péyi Mwen est une sorte de louange chantée en l’honneur de l’île antillaise.

Pèpl an mwen, sé pèpl ki ja soufè, pèpl ki konnèt doulè
Fòs an mwen, i adan kilti an mwen, mwen sé nèg é mwen fiè
An pa bizwen palé, listwa an mwen chajé

Tèt an mwen bien si zépol an mwen, lè an ka vansé ba mwen lè
Nonm an mwen, koté karibiyan an mwen sé kon lò i ni valè
An pa bizwen palé, listwa an mwen chajé

Antonny Drew

Le deuxième chapitre de cet album s’intitule Yenki Nou Dé. Avec cette chanson, Antonny Drew évoque pour la première fois dans Story les relations sentimentales. Toujours sur la base d’une guitare acoustique, le jeune chanteur décrit ce qu’il ressent vis-à-vis de la femme avec laquelle il a rendez-vous. Son parfum l’enivre, ses courbes le perturbent, elle a un grand pouvoir de séduction auquel il ne sait comment résister. Yenki Nou Dé, mot à mot « rien que nous deux », possède des sonorités proches de celles de l’album Haïtian Troubadours, notamment de cette chanson de Michael Benjamin, Ou Pati.

Mwen Love est une nouvelle chanson d’amour. Après tout, comme nous l’avait lui-même dit Antonny Drew lors du Drépaction, une bonne histoire possède forcément des passages d’amour. Avec Mwen Love, la guitare est à nouveau la star des instruments. Ce titre est surtout une déclaration que le chanteur offre à l’élue de son cœur. Il lui proclame qu’elle est la numéro 1 dans son cœur et qu’il est la seule qu’il veut dans sa vie.

Gwada Ka Pléré est une chanson que l’on retrouve à deux reprises dans Story. La première fois qu’elle apparaît dans l’album, elle possède les allures d’un chouette morceau de reggae. Cette première version de Gwada Ka Pléré est déjà bien intéressante, mais c’est bien la deuxième version de cette chanson, strictement acoustique, que je préfère. Onzième titre de Story cette fois, Gwada Ka Pléré est interprété de telle sorte que ce soit bien la voix du chanteur qui soit « l’instrument prédominant ». D’un point de vue musical, je trouve que la voix du chanteur se retrouve bien plus mise à son avantage, et que les paroles ont bien plus de sens avec ses arrangements. Gwada Ka Pléré est un titre cette fois joué sur les notes d’un piano. Cette chanson est un rappel à l’ordre adressé aux guadeloupéens. Vous en avez très certainement entendu parler, mais la Guadeloupe a été l’année dernière le département le plus meurtrier de la France. Et les violences continuent d’affliger bien des souffrances aux populations antillaises, parce que disons-le franchement, en Martinique, il y a également eu une recrudescence des agressions.

Le cinquième morceau de Story est la preuve vivante que la nouvelle génération de la scène locale n’a pas oublié le konpa, un genre musical qui nous provient d’Haïti. Depuis que j’ai commencé à écrire ces quelques chroniques d’album, je dois bien vous dire que j’ai été assez agréablement surprise de voir que des artistes tels que Swé, Antonny Drew ou encore T-Micky pour ne citer qu’eux, ont définitivement décidé de marcher dans les pas de leurs prédécesseurs. Premyé Fwa est le premier morceau que j’associerai au konpa de l’album d’Antonny Drew. Avec ce titre, le chanteur nous propose une intrigue bien moins sérieuse que celle de la chanson précédente. Premyé Fwa c’est surtout l’histoire de la première fois que le jeune homme rencontre sa dulcinée.

En tant que sixième chanson de cet album, on retrouve On Doucè, une reprise de la chanson du même titre chantée originellement par Gilles Floro. Gilles Floro est un chanteur français, originaire de la Guadeloupe. Il a longtemps marqué la musique caribéenne grâce à des chansons comme A Pa Pawol Anlè, Rèv Bleu ou justement On Doucè. Cette année, cela fait déjà 15 années que la Guadeloupe déplore son absence, et cet hommage que nous propose Antonny Drew semble tomber à point nommé. Sa reprise d’On Doucè est assez classique et son interprétation reste authentique. Même le solo de saxophone est bien présent dans cette nouvelle interprétation.

Puis, en reprenant une nouvelle fois le rythme caractéristique du konpa, Antonny Drew nous présente le titre Pwomès, peut-être l’un des morceaux que je préfère dans cette très belle histoire pleine de rebondissements. Cette chanson reprend les paroles d’un homme amoureux qui souhaiterait voir évoluer positivement la dernière relation sentimentale qu’il a entretenu. Il chante dans le refrain les mots : Ou té pwomèt mwen ou té ké rété, ‘Té pwomèt mwen sa té diré, qui signifie en français « Tu m’avais promis que tu resterais, Tu m’avais promis que ça durerait ». La cadence de cette chanson est plus lente que Premyé Fwa, mais tout aussi intéressante de par le mélange orchestré des instruments qui s’y enchaînent parfaitement. Même mes parents adorent ce titre, c’est pour vous dire !

Ou Té Tini Rézon ne dure que deux minutes et cinquante-quatre secondes. Et pourtant, il s’agit d’une réelle prouesse vocale du jeune chanteur. Ce titre, sûrement le plus émouvant de cet album, est chanté d’une voix puissante et d’un seul trait. Il s’agit d’une harmonie absolue entre le piano et la voix d’Antonny Drew. Parfois, je pense que la musique ne s’explique pas, elle se vit, elle se ressent, et sa chanson en est un excellent exemple : "Ou té tini rézon fè mwen pléré, Ou té tini rézon fè mwen ségné, An jou ké ni padon solèy kléré, Nou tout ka pran léson lè lannuit vin tonbé, Sé pas mwen désidé accepté san an mwen, Ké jòdi mwen ka di 'Ou té tini rézon'"

Je pense que l’une des principales raisons pour laquelle je me suis mise à chercher des informations sur Antonny Drew, est la représentation live de Doo, à laquelle j’ai eu la chance d’assister alors qu’il répétait encore pour son passage au Zénith. Je me souviens l’avoir d’abord vu arriver sur scène, l’air de rien, et me surprendre par cette voix si grave et si captivante. Antonny Drew est le genre de chanteur capable de faire à tout un auditoire retenir son souffle le temps d’une chanson. Alors qu’il chantait Doo, je me souviens de ne pas avoir quitté les yeux de la scène. Aujourd’hui, cette chanson qui figure dans son album en tant que dixième chapitre de cette histoire, est exécuté de la plus simple des façons. Il s’agit d’un titre dans lequel le chanteur demande pardon à celle qu’il aime. C’est un des textes qui donne l’illusion que le chanteur a tout vécu des relations amoureuses, malgré sa jeunesse. Si vous hésitez encore à acheter cet album, écoutez juste ce morceau.

Pour reprendre un tempo bien plus rythmé, The End suit la belle interprétation de Doo. The End décrit la fin d’une histoire d’amour. Antonny Drew y décrit son incapacité à satisfaire tous les besoins de son ex. Il lui souhaite de trouver un homme qui saura combler tous ses manques, et se retrouve contraint de constater que c’est la fin de leur relation. Bien que la situation soit douloureuse, elle semble nécessaire pour que les deux êtres puissent chacun évoluer en toute tranquillité.

Enfin, Yalla Yalla !, douzième et dernière chanson de Story, est sans aucun doute l’une des plus joyeuses chansons de Story. Avec Yalla Yalla !, Antonny Drew nous invite à viser la lune pour arriver sur les étoiles. Si chacun d’entre nous se fixe des objectifs, et se met à réellement travailler pour les atteindre, la vie ne peut qu’en être meilleure. Tel est le discours que nous invite à entendre Antonny Drew avec cette chanson qui possède une musicalité nuancée et rayonnante.

Je serais bien incapable de vous dire quelle chanson parmi ces douze titres est celle qui me touche le plus ! Story est vraiment un très bel album, dont il fallait absolument que je parle. Je suis persuadée qu’Antonny Drew a une belle carrière qui l’attend. Et si vous en avez la possibilité, allez le voir sur scène ! Ce qu’il dégage est vraiment indescriptible. Vous pouvez télécharger Story d’Antonny Drew sur Amazon.



TRACKLIST :
01 – Péyi Mwen
02 – Yenki Nou Dé
03 – Mwen Love
04 – Gwada Ka Pléré
05 – Premyé Fwa
06 – On Doucè
07 – Pwomès
08 – Ou Té Tini Rézon
09 – Doo
10 – The End
11 – Gwada Ka Pléré (Acoustique)
12 – Yalla Yalla !

Diasporas de Victor O

Le dernier album de Victor O, Diasporas est sorti le 5 mai dernier. Il s’agit d’un album plein de couleurs dans lequel le chanteur martiniquais a souhaité mêler histoire et amour, culture et patriotisme, romantisme et détermination. Cet album, Diasporas est à l’image de l’artiste : multiculturel.

Le dernier album de Victor O, Diasporas est sorti le 5 mai dernier. Il s’agit d’un album plein de couleurs dans lequel le chanteur martiniquais a souhaité mêler histoire et amour, culture et patriotisme, romantisme et détermination. Cet album, Diasporas est à l’image de l’artiste : multiculturel.

Avec Diasporas, on parcourt l’ensemble des îles antillaises, l’Amérique Latine, et même un bout d’Afrique. Victor O a cette capacité de donner le goût du voyage à ses interlocuteurs. Bien des genres musicaux sont présents au sein de cet album qui se veut à la fois dénonciateur de notre condition de français à multiples origines et, à la fois sensible avec des titres plus doux comme Saudade ou encore Slow Love.

Sur les notes de Diasporas…

Cet album de Victor O commence sur les rythmes de Diaspora. La chanson éponyme de cet album est sortie au cours du mois de février dernier, c’est-à-dire juste avant la sortie de l’album complet Diasporas. Diaspora a naturellement été choisie pour introduire le nouvel opus de Victor O. L’histoire de cette chanson est celle d’un homme fraîchement arrivé en France, la « mère patrie » des terres d’outre-mer comme la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane française, la Réunion ou encore Mayotte. Victor O y relate, non sans humour, le mal du pays ressenti par les personnes qui s’éloignent de leur terre natale dans le but d’avoir un meilleur avenir, les « gens de la diaspora » comme il le souligne lui-même. Et si seulement il existait un vaccin pour guérir de la nostalgie du pays… Cette chanson est une belle œuvre réunissant plusieurs instruments à cordes, tels que la guitare et le violon. Victor O a proposé cette chanson lors du Festival Tropiques en Fêtes de cette année, à la Foire de Paris, c’est la vidéo que je vous propose ci-dessous.

Tabanka, titre de la deuxième chanson de Diasporas, est un terme d’origine caribéenne, provenant de Trinidad-et-Tobago et de Grenade plus précisément. "tabanka" définit l’inaptitude à se remettre d’une relation sentimentale. Cette expression désigne les sentiments de perte, de rejet et de peine qui surviennent après une rupture. Cette chanson au titre si particulier emprunte les rythmes du reggae pour dévoiler les intentions du chanteur vis-à-vis de la femme qui le rend fou : "Sé sèlman lanmou ka méné mwen dou, Pas tchè mwen sé ta’w pou léternité, Mwen sav jòdi fok mwen alé". Victor O y joue le rôle d’un homme si amoureux et si déboussolé, qu’il préfère s’en aller pour éviter de trop souffrir de cette relation qu’il sent destructrice.

Diasporas se poursuit avec la chanson Alma Negra, un joli titre qui commence à la guitare acoustique. Victor O y chante son arrivée à Salvador da Bahia, au Brésil. Cette chanson répertorie toutes les bonnes choses que l’on retrouve dans le pays de la samba : les grandes plages, les bons petits plats de dombrés aux crevettes, la caïpirinha, et la bonne humeur de la population locale. En tant que martiniquais, il se sent vraiment bien accueilli au Brésil, et c’est vraiment de bon cœur qu’il offre ce titre en hommage à cette région.

Puis, la liste de lecture de cet album reprend plus posément avec Gare Saint-Jean. Cette fameuse gare Saint-Jean est le lieu qui unit Victor O à la femme qu’il évoque dans la chanson. Comme un coup du destin, il l’a rencontré par un merveilleux hasard en ce lieu, et cette chanson a pour but de nous conter cette histoire pleine de romantisme. « Un rendez-vous avec la vie, un rendez-vous avec l’amour. » Gare Saint-Jean est une douce ballade dans laquelle je crois également entendre quelques violons.

Avec Marianne, c’est un tout autre genre musical que l’on peut entendre. Je ne saurais trop qualifier d’ailleurs ce genre musical de cette chanson que je trouve funk-soul-créole. Parfois le piano vient radoucir le tempo qui ressemble alors à celui de la musique cha-cha-cha. Mais parfois, le rythme de cette chanson est bien plus rapide. Marianne est un titre en réalité profond dans lequel Victor O souligne les différentes couleurs de cette France dans laquelle nous sommes. Il utilise ce prénom féminin car il s’agit du symbole français par excellence : une représentation de la liberté et de la raison.

Saudade est à mon sens l’une des plus belles chansons de cet album. Elle prend pourtant naissance dans un cadre un peu mélancolique. « saudade » provient de la langue portugaise et signifie nostalgie. C’est la parfaite expression pour définir l’ensemble du contexte sentimental dans lequel s’inscrit cette chanson. Victor O décrit ici l’amour qu’il a encore pour une femme dont il ne partage plus la vie. L’absence de cette personne avec laquelle il a vécu des moments heureux est pour lui un véritable crève-cœur qu’il doit vivre au quotidien. Le clip de cette chanson, réalisé par Nadia Charlery, est également un des plus aboutis de la scène créole cette année, ou en tout cas, de ceux que j’ai eu l’occasion de visionner jusqu’alors.

Le septième titre de cet album Redemption Time est un duo de Dominik Coco et Victor O. La voix de Dominik Coco apporte une nouvelle dimension à cet album, déjà très axé sur les rythmes locaux. Redemption Time est un morceau de reggae bien rythmé qui possède une introduction franche grâce aux résonances d’une guitare électrique. Les deux chanteurs y décrivent leur envie d’avancer et leur détermination face aux évènements de la vie. C’est le temps de la rédemption, celui de commencer un nouveau souffle, de rendre compte du passé et d’avancer le cœur léger.

Voices of New Combinati accompagne Victor O sur Dansi Mang. Je n’ai malheureusement pas réussi à trouver de réelles informations sur ce groupe, visiblement composé à la fois de voix féminines et masculines. Mais, Dansi Mang possède des sonorités africaines. Et donc, ce groupe, Voices of New Combinati, accompagne le chanteur tout au long de l’énonciation du refrain de cette chanson. La trame de celle-ci se veut plutôt détendue, puisque le chanteur y raconte, entre autres, l’histoire de sa rencontre avec une demoiselle qui le fera manger un plat qui lui est inconnu, et qui lui fera tourner la tête !

No Crisis est une chanson aux sonorités plutôt reggae. La batterie y est pour moi l’instrument qui mène la danse. Dans No Crisis sont énumérés de nombreux cas dans lesquels Victor O s’avoue être effrayé de la société actuelle, celle que l’on « subit » actuellement. En qui pouvons-nous avoir réellement confiance ? Les informations choisies par les médias sont rarement à caractère objectif, et Victor O se méfie de leurs dires, si bien qu’il refuse que ses enfants restent à veiller devant la télévision.

Slow Love est, comme son nom l’indique, une chanson dans laquelle il est question d’amour. Avec Slow Love, Victor O redonne des allures de soul music à son album. Ce titre est un de mes préférés de Diasporas. Tout, dans ce morceau, est une question de sensualité, de caresses et de tendresse. Slow Love nous offre les paroles qu’un homme réciterait pour la femme de ses désirs. J’adore ce moment où le rythme s’amplifie et où les paroles deviennent : "so hit me baby, mwen ké ba’w sa kon ou lé…" – enfin « hit », ou « eat » après tout… C’est une chanson que je trouve vraiment magnifique.

En tant que dernier artiste invité sur Diasporas, Senso nous propose Till Da Victory en compagnie de Victor O. Je vous avouerais que je ne connaissais pas du tout ce chanteur, Senso, dont je n’ai malheureusement pas trouvé tant d’informations sur Internet – vous pouvez m’en donner si vous en trouvez via le bloc de commentaires. Senso possède une voix que je qualifierais de soft, douce et harmonieuse à la fois. Je trouve que sa tessiture est faite pour des chansons d’un genre reggae lovers rock. Je serais tout à fait capable d’acheter un album de cet artiste. Il chante ici : "I’m an African boy tryin’ to live the best way I can, I’m the only king in my kingdom and I hope that you overstand". Le refrain de ce titre nous explique que ce combat est mené pour vivre des jours plus gais. Till Da Victory est une chanson qui nous fait étalage d’une lutte pour toutes les libertés.

Dominika a un rythme profondément caribéen, et la voix de Victor O parcourt à nouveau une ambiance recréée par des violons et une batterie prédominante. Il s’agit d’un titre bercé par la nostalgie de ce que le chanteur ressent vis-à-vis de la Dominique. Cette chanson possède une petite vague de souvenirs et de nostalgie, comme ça aura été souvent le cas dans ce nouvel album de Victor O.

Diasporas se termine sur Tjé Blendé, une chanson dans laquelle on entend clairement une guitare électrique jouer et guider la voix du chanteur. Victor O y évoque sa foi et son amour pour la vie. Pour lui, croire est une manière de survivre, et d’affronter tel un conquérant les épreuves de la vie. Tjé Blendé est une manière de terminer cet album en beauté, avec comme dernier message pour ses auditeurs : « Soyez confiants en la vie, croyez et vous verrez ». Cet album s’inscrit dans la continuité de Revolucion Karibeana de par toutes ses magnifiques sonorités. Victor O y exprime tous ses questionnements vis-à-vis de la société actuelle, sans tabous. Mais par-dessus tout, Victor O nous y délivre un message d’amour incommensurable à la vie. Vous pouvez télécharger Diasporas de Victor O sur Amazon.



TRACKLIST :
01 – Diaspora
02 – Tabanka
03 – Alma Negra
04 – Gare Saint-Jean
05 – Marianne
06 – Saudade
07 – Redemption Time featuring Dominik Coco
08 – Dansi Mang featuring Voices of New Combinati
09 – No Crisis
10 – Show Love
11 – Till Da Victory featuring Senso
12 – Dominika
13 – Tjé Blendé

Nu Soul Creole de Freepon

Freepon nous propose depuis le 13 janvier 2014, son premier EP officiel, du nom de Nu Soul Creole. Nu Soul Creole est un titre qui convient parfaitement à cet album qui reflète complètement les origines caribéennes de Freepon, ainsi que son appartenance au monde de la musique nu-soul, un mélange de R&B et de soul. Cet album, Nu Soul Creole possède ce côté acoustique digne des artistes engagés qui font preuve d’authenticité.

Nu Soul Creole, c’est finalement est un mélange de soul, de reggae, de hip-hop et de musique traditionnelle. Je parle ici de musique traditionnelle car bien souvent le créole à sa place dans les paroles des titres de cet album, et que bien des sonorités de cet EP me rappellent mon amour pour la musique antillaise. La musique de Freepon c’est aussi celle de cette nouvelle scène créole qui cherche à revendiquer les sonorités caribéennes tout en s’influençant des grands chanteurs de soul et des illustres proclamateurs de slam.

Entre les lignes de chaque portée

Pamela, première chanson de cet EP du chanteur guadeloupéen, me rappelle, grâce à son rythme, les résonances caractéristiques des anciens zouks des années 90, les zouks dits rétros. Avec les paroles de ce titre, Freepon dénonce un art bien connu de nos îles : la médisance gratuite envers autrui, plus connu sous l’appellation makrélaj. Il choisit volontairement le prénom Pamela, pour cette chanson, capable ainsi de créer en créole, le jeu de mots "Pamela, pa mélé’w adan sa" (Pamela, ne te mêle de ça), et bien d’autres encore tout au long de cette chanson. Freepon nous donne ici des exemples concrets avec lesquels Pamela s’imagine connaître tout de la vie de son entourage, ses cibles. L’artiste nous invite tous avec cette chanson à stopper les commérages destructifs.

Le titre qui suit, Stupid, est définitivement l’une de mes chansons préférées de Nu Soul Creole. Freepon nous y raconte ses envies, ou plutôt nous y décrit toutes les choses qu’il ne compte pas faire pour rentrer dans le moule que la société actuelle met à notre disposition. Freepon n’a pas envie du conformément correct, l’artiste préfère ne pas se prendre la tête avec des futilités, et aider son prochain s’il en a les moyens. Stupid est chanté sur un ton enjoué, rieur, au rythme d’une guitare prédominante et de bien d’autres instruments de percussion, conférant à ce titre une certaine sonorité acoustique.

Je n’ai pas envie de te parler,
Tu m’as trahi, tu m’as menti,
Je n’ai plus envie de te comprendre,
Je garde ça pour les vrais amis.
Je n’ai pas envie de me ranger,
J’ai bien compris mes enjeux,
Mettre de l’eau dans mon vin,
Et voir les choses s’arranger.

Je n’ai pas envie de manquer
D’un repas pour mes gamins,
Mais je partagerais la mienne,
Si jamais tu perdais ta gamelle.
Je n’ai pas envie de me ranger,
J’ai bien compris mes enjeux,
Mettre de l’eau dans mon vin,
Et voir les choses s’arranger.

Freepon

Le troisième titre de Nu Soul Creole est Dousinéw, un titre que je connais depuis un peu plus de trois ans maintenant, puisque Freepon nous l’avait proposé lors de sa première partie au concert d’E.sy Kennenga au New Morning, en janvier 2011. Les arrangements de cette chanson ont été un peu revus, et sont plus rythmés que la version acoustique que je vous propose ci-dessous. Ces deux versions sont pour moi totalement différentes, mais peut-être suis-je simplement une adepte de la musique en live, et donc Dousinéw, dans ce nouvel EP, me permet d’entrevoir une nouvelle facette de cet artiste aux multiples savoir-faire. C’est lors de ce concert que j’ai découvert pour la première fois Freepon.

La chanson qui me touche le plus dans cet album est assurément la chanson qui suit, Me Taire, que l’on retrouve en quatrième position de Nu Soul Creole. Je pense qu’il s’agit du titre par excellence qui permet d’appréhender toute la capacité vocale de Freepon. Sa tessiture lui permet de profiter d’une aisance assez déconcertante quant à l’énonciation de son texte. Et cette chanson, Me Taire, nous propose un contexte bien plus sérieux que les précédents morceaux. "Me Taire, Tant de choses à faire, L’enfant de mon père, Fier, Les deux pieds sur terre, Mais comment me taire et, Écouter mon cœur, J’ai appris l’amour dans les choix de ma mère…". On y entend clairement les notes d’un piano qui nous berce avec une mélodie nu-soul, presque roots. Me Taire est vraiment un titre que je trouve magnifique, à l’image de Vybe Sé Lanmou Sé Lèspwa que Freepon propose régulièrement à son auditoire lors de ses représentations live.

My Superstar est une chanson à la trame plus légère que la précédente. Il s’agit avant tout de romantisme, et de paroles chantées sur les allures d’un zouk. Dans My Superstar, Freepon chante son affection pour cette demoiselle qui a su le conquérir par son charisme et ses atouts. En termes de sonorités, ce titre est bien cadencé et nous laisse profiter des rythmiques antillaises bien connues. Ce premier EP officiel de Freepon se termine sur une nouvelle note acoustique, avec une version bien plus posée du titre Dousinéw, dans laquelle le véritable instrument prédominant est bien la voix du chanteur, accompagnée de jolis chœurs.

Nu Soul Creole est vraiment un album que je conseillerai à tous les adeptes de musique aux allures caribéennes, à tout ceux qui aiment les ambiances soul calfeutrées dans un bar parisien, ou ceux qui sont simplement amoureux des belles voix profondes masculines. Vous retrouverez Nu Soul Creole de Freepon sur Amazon. Et vous pouvez toujours me laisser un commentaire ci-dessous pour me faire par de vos impressions sur cet EP. Pour ma part, j’attends avec impatience son premier réel album, qui devrait sortir d’ici la fin de l’année. Celui-ci s’appellera Premyé Fwa. Affaire à suivre, donc. :)



TRACKLIST :
01 – Pamela
02 – Stpid
03 – Dousinéw
04 – Me Taire
05 – My Superstar (Version Zouk)
06 – Dousinéw (Remix Acoustik)

Festival de Gwo Ka à Sainte-Anne

Copyright : NikonUser

Le Festival Gwo Ka de Sainte-Anne se déroulait cette année du mardi 8 juillet au lundi 14 en Guadeloupe. Cet évènement, qui ressemble tous les amoureux de la musique gwo ka offre à chaque nouvelle édition un grand nombre de concerts en plein air et de rassemblements autour de cette musique traditionnelle. Cette année, la jeunesse est largement mise à l’honneur avec des soirées réservées aux écoles de musique et des invitations à danser pour les tout-petits.

Faire que tous les guadeloupéens, quelque soit leur lieu de vie, deviennent les ambassadeurs de nos musiques et danses est un challenge dépassant largement nos frontières.

La musique traditionnelle, le gwo ka, fondé sur les sept rythmes ancestraux de l’esclavage, est la base de notre culture.

Notre devoir, notre responsabilité envers les générations futures, est de sauvegarder cette richesse qui est nôtre.

Christian BAPTISTE, maire de Sainte-Anne

Le Festival de Gwo Ka existe depuis 1987. Cette année, c’est donc la 27ème édition de ce festival qui est proposé. Et comme chaque année, toute la Guadeloupe est conviée à sortir tous ses tambours, et à danser au rythme des artistes percussionnistes et des chanteurs. Ce festival, situé au sud de Grande-Terre, propose ainsi des colloques, des expositions, des concerts, des activités d’écriture de musique, des soirées léwoz, etc., à toutes les personnes désireuses d’apprendre et de participer à l’évènement.

L’histoire du Gwo Ka

Le gwo ka est une musique traditionnelle de la Guadeloupe, qui tire son origine du temps de l’esclavage. Le gwo ka (parfois écrit en un seul mot) se joue à l’aide de tambours, que l’on appelle des ka, de tibwa, un instrument de percussion créé à l’aide de tiges de bambou, et de chacha, de grosses calebasses évidées remplies de petits cailloux et fermées hermétiquement servant de maracas dans les ensembles de gwo ka.

Le gwo ka existerait depuis le début du XVIIIème siècle, selon des études musicologies et historiques. Ses origines sont africaines, et proviennent plus précisément du Golfe de Guinée, ancien royaume du Congo. Les chants et les percussions de cette région géographique sont semblables à celles du gwo ka. Les esclaves utilisaient la musique comme un moyen d’évasion, pour fuir le quotidien difficile dans les plantations. Comme le créole, le gwo ka, que l’on peut ainsi comparé au bèlè martiniquais, était un véritable moyen de communication, notamment pour les Nèg-mawon, les esclaves fugitifs. [source]

Programme de ce lundi 14 juillet

Je vous propose ci-dessous le programme d’aujourd’hui, étant donné que nous sommes déjà le dernier jour du Festival Gwo Ka. Mais, vous pouvez toujours retrouver l’ensemble du programme du festival grâce au fichier PDF lié à la manifestation que nous propose le site Coconews.



9h00 :
Plage Galba : « Randévou pou sa ki pa konnèt »
Initiation à la musique Gwo Ka
Prix : enfants : 10€ / adultes : 20€
Réservation à la boutique du festival, sur la plage Galba
Informations CASC : 05.90.89.08.49 / 06.90.33.16.51

10h00 :
Mésyè Zédanm byen bonjou, Kontan vwè zot, Dékolaj o Koko
Discours d’ouverture de cette dernière journée de festival

11h00 :
Eksposisyon : Expositions en tout genres :
Présentation des tambours Ka
Présentation et démonstration des relations entre makè / dansè
Le makè, marqueur, est le petit tambour Ka qui marque la mélodie et influe sur le rythme de la musique, et donc sur la manière de répondre des danseurs, du chanteur et des chœurs.

12h00 :
« Kozé Bokantaj »
Explications des règles des soirées léwoz.
Les soirées léwoz sont des soirées, ayant lieu généralement le vendredi et le samedi soir, durant lesquelles le répertoire traditionnel du Gwo Ka va être représenter. Ce sont des soirées de grand rassemblement, des moments de convivialité où les gens se retrouvent, s’amusent et peuvent librement participer.

13h00 :
Manjé anba bwa
Invitation à déguster des plats ensemble
Possibilité de manger dans des kwi, comme à l’époque.
Un kwi est une calebasse, bien creuse, destinée à servir de récipient pour la nourriture.

14h30 :
« Koutzyé asi mizik é dansè tradisyonèl a moun Gwadloup »
Présentation des musiques traditionnelles de la Guadeloupe
Présentation et démonstration des danseurs de musique traditionnelle

15h30 :
« Bèlè, Kout tanbou »
Détente et animations autour de la musique bèlè et des tambours
Le bèlè est la musique traditionnelle héritée des plantations martiniquaises.
Il mêle le conte à la musique et à la danse.

18h00 :
« Bal fini, vyolon an sak »
Fin des animations dansantes

20h00 :
« Mizik évè… »
Concert en plein air sur la Plage Galba avec divers artistes gwo ka :
Le collectif Voukoum,
Le groupe Fanm Ki Ka,
Le groupe
Kalbas Ka
Le chanteur Rosan Monza.

La clôture du Festival Tropiques en Fêtes

Copyright : Christelle

Le dimanche 11 mai dernier, se déroulait à la Foire de Paris, la clôture musicale du Festival Tropiques en Fêtes. Il y avait beaucoup d’artistes présents, prêt à nous offrir un beau spectacle avant le renouveau de la Foire l’année prochaine. Et c’est cette fois, Esthèle Dumand, Claudy Siar et Logan qui étaient chargés d’orchestrer le show de cette clôture.

Par ailleurs, sachez que les photos que j’ai prises, vous permettront de bien saisir l’ordre de passage des différents artistes ce soir -là sur la scène. Je suis bien plus satisfaite du rendu de ces photos, que de celles de la nocturne du Festival Tropiques en Fêtes. Il faut dire, que cette fois, je n’étais pas trop mal placée !

La communauté tahitienne à l’honneur

C’est ainsi que l’on retrouve Ken Carlter pour représenter l’île Tahiti en ce dimanche à la Foire de Paris. Ken Carlter est un chanteur, auteur et compositeur d’origines polynésienne, française et italienne. Il est connu pour de nombreux titres et notamment sa collaboration au sein du groupe ManaPacific avec Tea, le chanteur qui le suivra sur la scène. Ken Carlter nous interprète une magnifique reprise de Somewhere over the rainbow. Accompagné d’un de ses amis, il reprendra également un titre bien connu avant de nous chanter Tahitian Boy, un titre bien plus rythmé que les précédents.

Tea s’accompagne d’un ukulele afin de gravir les planches du Festival Tropiques en Fêtes. Le chanteur sera également en compagnie d’un homme au clavier, qui l’assistera tout au long de sa représentation. Tea va nous proposer des titres, dont je serais bien incapable de vous dire le nom, aux sonorités typiques des îles polynésiennes. Sa dernière chanson sur scène s’inscrit dans un genre plus dancehall/pop à mon sens. Il quittera la scène en nous disant un mauru’uru (merci) pour le courage qu’ont eu les spectateurs qui, comme moi, sont restés sous la pluie, le découvrir en live.

Des influences soul et jazzy

Gaby Diop est une chanteuse d’origines martiniquaise et sénégalaise. C’est la première artiste que je découvre en ce dimanche là, à la Foire de Paris. En ce début d’année 2014, Gaby Diop a sorti un album du nom de Limyè Mwen. Sa carrière musicale est tout juste sur le point d’être massivement reconnue à mon sens, l’artiste se donne les moyens d’y arriver, et ça marche plutôt bien ! La chanteuse a ainsi participé au concours Tremplin Soul’R Sessions de TraceTV, aux côtés d’Indy Eka, la grande gagnante.

Un peu plus tard, ce sera au tour de Freepon d’entrer sur scène. Habillé d’un joli ensemble chic, il offre au public parisien une des chansons figurant son EP sorti au mois de janvier 2014 Nu Soul Creole, Pamela. Ce titre basé sur la base instrumentale de la guitare n’a rien de romantique, et n’est absolument pas dédié à une certaine Pamela. Non, il dénonce l’implication des gens dans la vie d’autrui. Il nous permet de réfléchir, avec un ton humoristique, sur la manière dont il faut vivre sa vie, sans se préoccuper de ce que peuvent dire les autres.

Le zouk massivement représenté

Thierry Cham est le premier des chanteurs de zouk à monter sur les planches ce soir-là. On ne présente plus ce grand chanteur, qui aujourd’hui, possède à son actif plus de 20 ans de carrière professionnelle dans la musique. C’est bien évident ce titre, Océan, qui nous reprendra ce soir-là, avec un auditoire qui lui servira de chœurs. Habillé d’un tee-shirt représentant the King of Pop, Michael Jackson, Thierry Cham anime son show de ses performances hip-hop et terminera sa chanson avec un battement de cœur, sous les rires et applaudissements du public parisien.

La chanteuse guadeloupéenne, Njie, le suit de très près sur scène. Njie, qui elle aussi possède une grande carrière musicale, décide de ne pas nous interpréter les tubes qui lui ont permis d’être sur le devant de la scène nationale, comme Dadoué ou J’ai Trouvé (l’une de mes préférées). L’artiste féminine nous interprète en premier lieu Charmant, avec une démonstration assez marrante d’hommes, qui à tour de rôle, défileront pour conquérir son cœur. Le dernier d’entre-eux lui offrira même une rose blanche sur scène. Puis, la chanteuse nous interprète Mazouk Soleil, accompagnée d’un groupe de danseurs de mazouk. J’ai adoré la voir évoluer sur scène, pour la première fois.

Un peu plus tard dans la soirée, ce sera à Marvin de conquérir le cœur du public féminin venu massivement l’accueillir auprès du podium. Pour ma part, je serais, une fois encore, bien incapable de vous dire quelles sont les chansons chantées ce soir-là, mais l’ensemble des femmes/jeunes filles à côté de moi semblaient connaître les paroles de ces chansons par cœur !

Des notes légèrement plus dancehall

Le dancehall avait définitivement sa place en cette clôture de festival. C’est d’ailleurs chouette de voir à quel point les mentalités ont évoluées à ce sujet, et à quel point ces artistes marquent de plus en plus les générations de tout âge. Saïk nous propose alors un medley composé d’un grand nombre de ses titres, présents sur l’album Second Souffle. Il introduit ces morceaux avec un prélude de L’Ecole sur l’Avè Riddim. Il nous interprète ensuite des couplets de chacun des morceaux suivants : You And Me, Je t’emmène, Mamamia et pour finir Sexy Swaggaring.

Admiral T était probablement l’artiste le plus attendu sur l’estrade. Il va clôturer le show avec une intensité qui est propre à l’ensemble de ses shows. Admiral T est cet artiste versatile, qui touche à tout, capable de passer du dancehall à la musique traditionnelle, au zouk, en un rien de temps. Il va nous présenter plusieurs de ses titres bien connu, notamment Perle Rare sur l’EDF Riddim, Fanm Fatal et surtout Ti Milo, l’excellent titre hommage à Eugène Mona présent sur la collection Léritaj Mona.

Et un peu de comédie pour détendre l’atmosphère

Aussi, tout au long du show musical, plusieurs comédiens nous ont rendus visite sur la scène du Festival Tropiques en Fêtes. Je n’ai malheureusement pas tous retenus leurs noms, mais il y avait par exemple Patson. Patson est un humoriste français originaire de la Côte d’Ivoire. Il est connu et même reconnu de par ses divers passages au Jamel Comedy Club.

Il y avait également le duo Domino, une femme noire, Laurence Joseph, un homme blanc, Laurent Tanguy. Je le précise car l’ensemble de leur show s’en tient à cette image. Domino parcourt avec humour le possible quotidien de deux personnes de couleurs et de cultures différentes. Il nous parle sans détour des situations gênantes au quotidien pour ce couple formé par une antillaise et un métropolitain. Domino est actuellement sur scène au Théâtre BO Saint-Martin de Paris.

J’ai vraiment passé un excellent moment à ce Festival Tropiques en Fêtes 2014. La diversité des artistes présents m’aura permis à la fois de profiter de sonorités que je ne connaissais pas particulièrement jusqu’alors, et de me laisser porter par la voix de ces artistes que j’aime tant.

Gaby Diop à la Foire de Paris

Gaby Diop à la Foire de Paris

Gaby Diop à la Foire de Paris

Ken Carlter à la Foire de Paris

Ken Carlter à la Foire de Paris

Ken Carlter à la Foire de Paris

Ken Carlter à la Foire de Paris

Ken Carlter à la Foire de Paris

Tea à la Foire de Paris

Tea à la Foire de Paris

Tea à la Foire de Paris

Tea à la Foire de Paris

Tea à la Foire de Paris

Freepon à la Foire de Paris

Freepon à la Foire de Paris

Freepon à la Foire de Paris

Freepon à la Foire de Paris

Freepon à la Foire de Paris

Esthèle Dumand et Patson à la Foire de Paris

Esthèle Dumand et Patson à la Foire de Paris

Esthèle Dumand et Patson à la Foire de Paris

Esthèle Dumand et Patson à la Foire de Paris

Esthèle Dumand et Patson à la Foire de Paris

A la Foire de Paris

A la Foire de Paris

Saïk à la Foire de Paris

Saïk à la Foire de Paris

Saïk à la Foire de Paris

Saïk à la Foire de Paris

Saïk à la Foire de Paris

Thierry Cham à la Foire de Paris

Thierry Cham à la Foire de Paris

Thierry Cham à la Foire de Paris

Thierry Cham à la Foire de Paris

Thierry Cham à la Foire de Paris

Njie à la Foire de Paris

Njie à la Foire de Paris

Njie à la Foire de Paris

Njie à la Foire de Paris

Njie à la Foire de Paris

Logan et... à la Foire de Paris

Logan et... à la Foire de Paris

Logan et... à la Foire de Paris

Logan et... à la Foire de Paris

Logan et... à la Foire de Paris

Domino à la Foire de Paris

Domino à la Foire de Paris

Domino à la Foire de Paris

Domino à la Foire de Paris

Domino à la Foire de Paris

Marvin à la Foire de Paris

Marvin à la Foire de Paris

Marvin à la Foire de Paris

Marvin à la Foire de Paris

Marvin à la Foire de Paris

Admiral T à la Foire de Paris

Admiral T à la Foire de Paris

Admiral T à la Foire de Paris

Admiral T à la Foire de Paris

Admiral T à la Foire de Paris

La nocturne du Festival Tropiques en Fêtes

Copyright : Christelle

Vendredi 9 mai dernier se déroulait, à la Foire de Paris, la très célèbre Nuit de la Foire. En cette soirée, comme le veut la coutume, un certain nombre de concerts sont organisés dans l’enceinte de la Foire, pour le plus grand plaisir des parisiens. En compagnie de ma tante, j’ai ainsi assisté à la Nocturne du festival Tropiques en Fêtes, qui réunissait entre autres des artistes originaires des « Tropiques » qui s’illustrent dans des genres de musique assez diversifiés : de la soul, du traditionnel, du jazz, du reggae, du zouk, etc..

J’ai vraiment fait du mieux que j’ai pu pour prendre les quelques photos que vous trouverez ci-dessous. Malheureusement, de mon mètre 61, il m’était très difficile de pouvoir rivaliser avec le public présent, j’étais bien trop mal placée dans la foule ! En revanche, vous remarquerez qu’au fil du temps, je me rapproche peu à peu de la scène, grâce aux départs de certains (peut-être trop fatigués pour assister à l’ensemble du show, merci à eux haha!), et que mes photos deviennent de plus en plus exploitables.

Indy Eka, une valeur montante de la soul

Quand je suis arrivée face au podium de la Foire de Paris, Indy Eka était déjà sur la scène, en train de nous interpréter une chanson de son répertoire. (Je vous propose d’écouter ci-dessous Mama Africa.) Et d’ailleurs, je dois souligner que je pense avoir malheureusement raté le passage d’Ines Khai, une chanteuse originaire de la Guadeloupe, annoncée dans la liste des artistes présents ce jour-là à la Foire de Paris.

Indy Eka est la grande gagnante du Tremplin Soul’R Sessions, un concours organisé par Trace Urban qui a pour objectif final de permettre aux nouveaux talents de la scène musicale émergente de se faire connaître. Ainsi, il regroupe des artistes s’illustrant dans la soul, le R&B, le gospel, et j’en passe. Il est d’ailleurs encore possible d’écouter toutes les prestations des 16 finalistes de ce dernier concours sur le compte SoundCloud de Tremplin Soul’R Sessions (on retrouve parmi eux la chanteuse d’origines martiniquaise et sénégalaise Gaby Diop).

Un univers jazz soul créole avec Florence Naprix

C’est ensuite au tour de Florence Naprix d’entrer sur scène pour nous interpréter deux chansons de son répertoire : Kaz An Mwen et Zétwal An Mwen. Florence Naprix est une artiste originaire de la Guadeloupe. Elle commence très jeune à se passionner pour la musique, avec son amour pour le piano. Sarah Vaughan, Ella Fitzgerald et Erykah Badu sont d’ailleurs des artistes qui vont très fortement influencer Florence Naprix dans ses choix de carrière.

Quand elle arrive sur la scène de la Nuit de la Foire, Florence Naprix a bel-et-bien l’intention ferme de faire découvrir son univers à son auditoire. Pour ma part, je ne la connaissais que de nom, et je ne m’étais jamais réellement penchée sur ses capacités vocales. Ses deux interprétations ce soir-là m’ont donc permis de compléter ma découvert d’un personnage que j’ai trouvé vivant, chaleureux et engagé. La dernière chanson de son passage sur scène, Zétwal An Mwen, est avant tout une chanson pour redonner de l’espoir. Florence Naprix va alors proposer à son public d’entonner avec elle le message puissant : Pa lagé / Fò’w kenbé (Ne lâchez rien, tenez bon!, sous-entendu face aux épreuves de la vie).

Le zouk fortement représenté par Yoan, Warren et Fanny J

En effet, le zouk avait pleinement sa place dans cette Nocturne du Festival Tropiques en Fêtes, car après tout, ce genre musical tire bien son origine des « tropiques ». C’est ainsi, Yoan, qui tient le rôle de l’élément déclencheur ici. En entendant sa chanson, et son nom, j’ai tout de suite pensé ne pas du tout connaître cet artiste (au vu de ma terrible affection du zouk…), mais pourtant, il y a bien longtemps que Yoan est dans le monde de la musique. Ce chanteur, à la voix mémorable, a longuement fait partie du groupe Trade Union, connu entre autres pour ses chansons Quand On Aime et D’un mot, mais surtout pour sa collaboration avec Booba sur le magnifique titre Au Bout de Mes Rêves (l’un des rares que j’aime de ce rappeur français d’ailleurs, je sais, je sais…). Yoan est donc venu sur scène nous présenter ce soir Emmène-Moi, en nous promettant de revenir bien vite sur le devant de la scène musicale avec un nouvel album prévu pour septembre 2014, et une collaboration à venir avec Kalash.

C’est ensuite au tour de Warren d’entrer sur la scène, sous les forts applaudissements de la gente féminine. Comme à son habitude Warren a réussi à captiver l’ensemble de son auditoire. Je serais, pour ma part, bien incapable de vous dire le titre de la chanson qu’il a interprété ce soir-là, mais force était de constater que toutes les paroles de celle-ci était connues par cœur de l’auditoire parisien (et de ma tante…). Il a introduit ensuite l’une de ses collaboratrices de prédilection dans le domaine : Fanny J.

Fanny J possède un nombre de fans qui augmente avec le temps. Elle est arrivée sur scène, tout sourire, pour nous proposer de partager quelque chose qui lui tenait véritablement à cœur. C’est ainsi qu’elle nous offre le titre Aucune Larme, une chanson de son nouveau répertoire, encore méconnue, puisque pas encore commercialisée à cet instant. Elle nous explique dans le contexte de cette chanson, que malgré les épreuves qu’elle a connues depuis le début de sa carrière, et que malgré les médisances ou autres broutilles de ce genre, elle est reconnaissante pour tout l’amour qui lui a transmis son public jusque là. Très émue, elle nous propose alors cette chanson, non sans larmes, et finit sa représentation en nous précisant qu’elle travaille actuellement sur la préparation d’un nouvel opus.

Un aperçu de la richesse culturelle de Victor O

Victor O, chanteur d’origine martiniquaise à la douce voix, était également un invite de cette Nuit de la Foire parisienne. Comme ce dernier vient tout juste de sortir son deuxième album Diasporas, il en a profité pour nous interprété le titre phare de cet album de manière inédite Diasporas. C’est ce titre que j’ai filmé et que vous retrouverez donc ci-dessous.

Son passage sur la scène du Festival Tropiques en Fêtes ne s’est pas terminé sur ces notes. Victor O nous offre ensuite un puissant Vini Dou, en mode force tranquille. Le public, d’autant plus connaisseur cette fois, accompagne le chanteur en reprenant les paroles du refrain : Vini dou, Mwen bizwen touché fon tchè’aw, Pa di mwen non non non non, Ou sav ke mwen lov de vou, Lanmou sé an bagay ki dou, Fodré ké ou sonjé sa, Pa di mwen non non non non, Tou sa ou lé mwen ké sa ba’w ». Ce titre, l’un de mes préférés du répertoire de ce chanteur de mon île, est posé sur le rythme d’une guitare acoustique, d’une guitare basse et d’autres percussions nous rappelant le kompa made in Haïti.

Joëlle Ursull, marraine du Festival Tropiques en Fêtes

Eh oui ! Jöelle Ursull ! Comme elle l’a si bien dit, pas sûr que les jeunes demoiselles de 15 ans présentes devant la scène de ce concert plein air, soit bien au courant de qui elles avaient sous leurs yeux… Mais c’était un plaisir d’apprendre que Joëlle Ursull était tout simplement la marraine de cette soirée. Elle nous a interprété plusieurs chansons tirées de sa discographie. Juste gracieuse, elle arrive sur scène une première fois habillée d’une jolie robe noire mettant toutes ses formes en valeur, pour nous chanter entre autres White and Black Blues.

Un peu plus tard, notre marraine revient avec un afro sur cette scène, cette fois dans le but de bien relancer le dynamisme de la soirée, malgré la pluie, avec son titre Amazone. Avec cette chanson, Amazone, elle nous invite à l’accompagner vocalement sur des rythmes bien connus du grand public.

Une touche de soul avec Gage, Vigon, Bamy, Jay et Yoann Fréget

Au vu de l’affluence qui lui était réservée, Gage était massivement attendu par les personnes présentes ce soir-là à la Nocturne de la Foire de Paris. Cela faisait un moment que je n’avais pas spécialement entendu parler de lui, et c’était assez rafraîchissant de le découvrir en live. C’était la première fois que je le voyais en live. Sa voix est tout simplement magnifique. Gage nous propose l’un des titres qui l’a rendu célèbre Pense A Moi, mais aussi Vient Danser par exemple. Gage nous présentait son nouvel album Soul R.Évolution sorti le 3 mars dernier.

C’est ensuite aux incroyables Vigon, Bamy, Jay, qui composent un groupe souvent surnommé à juste titre Les Soul Men – surnom qui fait aussi référence au nom de leur dernier album – de mettre un rythme fou sur la scène dédiée à cette nocturne du festival. Les trois chanteurs, ayant tous accomplis à leur manière d’illustres choses dans le monde de la musique, nous proposent alors un show complètement ancré dans la musique soul/gospel américaine. Ils ont dépensé, ce vendredi, une telle joie de vivre que le public s’est massivement rapproché des planches. Je ne connaissais d’ailleurs pas du tout leur univers, et les deux seuls morceaux extraits de leur répertoire ce soir-là, m’ont rendue extrêmement curieuse à leur sujet !

Ils nous ainsi interprétés Soul Man reprenant naturellement la phrase I’m Soul Man. Vigon, nous invite à crier avec lui un terrible « Aaayyyyy » avant de reprendre le tube planétaire Stand By Me de Ben E. King, et donc nous encourageant à implorant avec eux la fameuse darling "So darling, darling / Stand by me, oh stand by me / Oh stand, stand by me / Stand by me". Je ne savais pas du tout qu’ils seraient présents ce soir-là, mais ils m’ont littéralement fait sourire !

Enfin, Yoann Fréget pour clôturer le spectacle (ou en tout cas, pour moi) ! Yoann Fréget est le gagnant de la deuxième édition française de The Voice. Pour ma part, je n’ai pas du tout suivi ce programme, et donc je ne connaissais pas du tout l’univers artistique de ce chanteur. C’était une chouette découverte, parce que, pour tout vous dire, je m’apprêtais à prendre le chemin du Tram pour rentrer chez moi, et sa voix, m’a touché, et je suis donc restée le regarder ! Il nous chante une première chanson dont je n’ai pas retenu suffisamment de paroles pour vous dire ce que c’était… mais nous interprète ensuite un powerful Couleurs love. Yoann Fréget nous invite ainsi à être plein d’amour les uns envers les autres, et son refrain reprend les mots suivants : On a chacun le pouvoir, De changer le cours de l’histoire, Et soudain se voir, Couleur lo-lo-lo-love, Comme les passants qui s’étalent, Et vont peindre les étoiles, Pour que les soleils toujours dévalent, Couleur lo-lo-lo-love. Yoann Fréget est arrivé tel un ovni, et nous a entièrement fait partager son amour pour la musique.

La Nocturne du Festival Tropiques en fêtes se termine ici pour moi. C’était un lot de bonnes surprises, accompagné d’artistes que je connaissais déjà, que j’ai tout autant apprécié à redécouvrir en représentation musicale.

Indy Eka

Indy Eka

Florence Naprix

Florence Naprix

Florence Naprix

Florence Naprix

La présentatrice

Yoan

Warren

Warren

Warren