Happy birthday Beenie Man

Flickr.

Aujourd’hui, Beenie Man, de son vrai nom Anthony Moses Davis, fête ses 42 ans !

Et, oui, ça ne nous rajeunit pas ! À cette occasion, je vous propose de redécouvrir quelques passages de la vie de ce grand chanteur originaire de Jamaïque, et de prendre plaisir à entendre à nouveau certains de ses plus grands hits.

Un parcours pavé d’or pour Beenie Man

Beenie Man fait ses débuts remarqués dans le monde du dancehall en 1978. Habitant dans les quartiers de Kingston en Jamaïque, il est très rapidement imprégné de la musique locale, et commence donc à toaster dès son plus âge, encouragé par son oncle Sydney Knowles. Il n’avait alors que 5 ans ! Sydney Knowles est notablement connu pour avoir été percussionniste pour Jimmy Cliff, le grand chanteur de reggae.

Introduit par le producteur Henry « Junjo » Lawes, il réalise Too Fancy, un tube considéré aujourd’hui comme le premier single de la longue carrière musicale de Beenie Man.

En 1981, âgé alors de 8 ans, il gagne le Tastee Talent Contest, un concours très prisé en Jamaïque qui aura permis la montée en popularité de nombreux artistes comme Yellowman, Nadine Sutherland, Mr Vegas, T.O.K, Voicemail, Chevaughn Clayton ou encore le trompettiste Dwight Richards.

En 1983, Beenie Man a 10 ans. Il sort son premier album produit par Bunny Lee : The Invincible Beany Man – The 10 Year Old D.J. Wonder. On y retrouve des chansons comme Con Don sur le Two Year Old Riddim, Try Some Hustlin sur le Rope In Riddim ou encore Sound Boy Kuffing sur le Mud Up Riddim. En 1984, il chante avec Barrington Levy les chansons Murderer et Under Mi Sensi, des chansons qui ne deviendront renommées que dix ans plus tard.

Beenie Man était encore bien trop jeune pour continuer à plein temps sur sa voie musicale ; il a bien évidemment été à l’école comme tous les jeunes de son âge afin de se construire un avenir. Mais la voie toute trouvée du chanteur, lui a permis de très rapidement pouvoir occuper des scènes musicales importantes avec des chanteurs de grande renommée comme Ninjaman, Admiral Bailey ou encore Shabba Ranks.

En 1992, il sort son deuxième album studio Cool Cool Rider chez VP Records. Celui possède des titres comme Tek Him Money sur le Cuss Cuss Riddim, Hey sur le All Fruits Ripe Riddim ou encore Cool Cool Rider, chanson éponyme de cet album. L’année suivante, Matie devient son premier single numéro 1 en Jamaïque et il gagne la récompense du DJ of the Year.

En 1994, c’est cette fois aux côtés de Sly and Robbie qu’il enregistre Crazy Baldhead et No Woman No Cry, toutes deux tirées du répertoire du grand Bob Marley. Il signe chez Island Records cette année là. Dès lors sa réputation devient internationale.

On peut entendre sa voix sur les plus grands riddims du moment : Love Me Forever, African Beat, Champion, Arab Attack, Dengue Fever, Quarter To Twelve, et j’en passe…

Il collabore avec Lady Saw pour la chanson Healing, Sanchez pour Refugee, Mad Cobra et Lieutenant Stitchie sur l’album Mad Cobra Meets Lt. Stitchie & Beenie Man, Deenis Brown et Triston Palma sur Three Against War et Michael Prophet sur Gun ‘n’ Bass.

Beenie Man devient véritablement connu aux États-Unis en 1997.

Pour la petite histoire : il entend la version instrumentale d’une chanson, créée par un producteur encore inconnu Jeremy Harding. Il rentre en contact avec lui, et lui demande s’il peut ajouter sa voix à ce rythme musical. Et c’est ainsi que naît son premier vrai single international, Who Am I, qui se transformera rapidement un hit de légende ! Le riddim est désormais connu sous le nom du Playground Riddim. Cette année-là fut particulièrement bonne pour le chanteur jamaïcain, qui eût 7 de ses singles tout en haut du Top Singles/Charts jamaïcains.

Aujourd’hui encore, Beenie Man est reconnu comme l’un des géants en matière de dancehall et de reggae. Je finis cet article sur cette chanson, qui est à mon sens, l’une des meilleures de son répertoire. Mais peut-être que vous saurez me citer, parmi les commentaires, quelles chansons de Beenie Man, vous ont particulièrement marqué. C’est avec plaisir que je (re)découvrirai peut-être ces chansons si familières… :)

Dancehall Is Back de Krys

KRYS

Krys est enfin de retour, pour tous les amoureux de dancehall ! Il revient avec ce nouvel album Dancehall Is Back, quatre ans après Step Out.

Dancehall Is Back, c’est avant tout le moyen que Krys a trouvé pour nous rappeler son énorme travail dans le monde du dancehall. Cette année donne déjà 10 ans d’existence à Limé Mic’La, le premier album studio du chanteur, celui grâce auquel il a pu se construire la carrière qu’il possède actuellement. En 2004, Krys émergeait d’abord sur la scène locale, puis sur la scène nationale, avec des chansons comme An Vlé An Gal, Garde Cocotte ou encore Programme De La Semaine. Dancehall Is Back, c’est aussi le moyen que Krys a trouvé pour nous montrer son évolution musicale.

#DIB, le premier titre de cet album, est un morceau qui s’annonce plutôt précurseur de ce qui va suivre dans les autres chansons de l’album. Avec Dancehall Addict, le chanteur d’origine guadeloupéenne nous affirme ne vivre « que pour la dancehall music ». Et avec Pa Ni Pwoblem, on retrouve des couplets rappelant la plume du chanteur qui amusait beaucoup son auditoire il y a quelques années. Musicalement, cette chanson possède cependant des arrangements bien plus « électro » que ce à quoi je m’attendais.

On retrouve sur un rythme bien plus posé le chanteur jamaïcain Konshens, pour une collaboration sur Toulao. Cette chanson, sortie il y a déjà un peu plus d’un an, a malgré tout bien sa place sur ce nouvel album. La voix de Konshens mélangé à ces sonorités caribéennes nous invite sur la piste, à danser.

Je vous parlais un peu plus tôt du fameux Programme De La Semaine de Krys. Il est peut-être important que je vous rafraîchisse la mémoire ici ! Il y a un peu plus de dix ans, Krys nous proposait un « programme de la semaine » bien élaboré durant lequel il était capable de jongler avec plusieurs femmes en même temps. Aujourd’hui, le chanteur nous propose C Vou, une version évoluée de cette chanson, durant laquelle il n’est plus l’homme qui « butine de fleur en fleur ». Il y chante : "Dimanche an ké kriyé vou, Lundi mwen ké jéré vou, Mardi mwen ké enmé vou, Mercredi sé siné resto yen ki pou vou doudou, Jédi nou ké fè lanmou, Vendredi tou sa ké mwen anvi sé rété épi vou". Là encore, Krys tient à montrer l’évolution qu’il y a eu dans son parcours, sans pour autant négliger ce qu’il a été. Il a gagné en maturité, sa voix aussi…

De l’amour, on en retrouve également avec Malad’Aw, une chanson sur laquelle participe vocalement Misié Sadik. Malad’Aw est une vraie déclaration qu’offre les deux chanteurs guadeloupéens à celles qu’ils aiment. Avec Limbé, une chanson qui naît de la collaboration de Lylah et Krys, on sent toute l’émotion qui emplit le chanteur lors de son interprétation. Ce titre est d’ailleurs pour moi celui dans lequel on peut le mieux appréhender la capacité vocale de Krys. Ici, il se veut plus sérieux, et dans ce contexte nostalgique, sa voix est bien plus puissante et profonde que dans les précédentes. Lylah, ancienne leadeuse vocale du groupe Les Déesses, apporte une nouvelle dimension à cet album grâce à sa douce voix. Elle n’est pourtant pas la seule artiste féminine que l’on a la possibilité d’entendre sur Dancehall Is Back.

T-Shaa participe également à cet album grâce à cette chanson, Méné Mwen Dansé, un titre écrit sur les rythmes du carnaval. Cette chanson est d’ailleurs sortie au mois de février 2014, peu de temps avant la période carnavalesque. Je suis convaincue qu’elle a bien été utilisée sur les ondes antillaises. Il y a quelques années, c’était avec son Big Tune Du Carnaval que Krys avait su faire sauter des foules entières !

Enfin, on peut entendre une toute nouvelle version Bootyshake sur Dancehall Is Back, un titre sur lequel on retrouve Big Ali. Mais c’est surtout Le Lendemain, la dernière chanson de cet album, que j’ai envie de souligner. Là encore, la voix de Krys est profonde et chaleureuse, et musicalement, c’est l’une des plus abouties de cet album. Dans cette chanson, il « remercie le ciel pour chaque matin ». Il joue, tour à tour, le rôle d’un père de famille, devenu papa trop jeune, qui tente de joindre les deux bouts ; et le rôle d’un homme divorcé en mal d’amour. Son message ici est de continuer à se battre jour après jour pour accomplir ses objectifs : demain, ça ira mieux.

Avec Dancehall Is Back, c’est bel-et-bien un retour tout en dancehall que nous offre Krys. Mais c’est surtout une façon pour le chanteur guadeloupéen de s’affirmer en tant qu’homme devenu « grand ». De nombreuses expressions dans Dancehall Is Back font référence à ce qu’a été le chanteur dans le passé. Krys se positionne ici en tant qu’artiste révolu qui a su apprendre de ses erreurs, qui a su vaincre la force du temps, venu pour affirmer son talent. Je pense que cet album mérite le détour. Vous pouvez télécharger Dancehall Is Back de Krys sur Amazon.



TRACKLIST :
01 – #DIB
02 – Dancehall Addict
03 – Mercy
04 – C Vou
05 – Toulao featuring Konshens
06 – Pa Ni Pwoblem
07 – Muderer
08 – Allumez Les Briquets
09 – Put Your Hands Up featuring J. Martins
10 – My Friend
11 – Malad’aw featuring Misié Sadik
12 – Méné Mwen Dansé featuring T-Shaa
13 – Bootyshake Remix featuring Big Ali
14 – Limbé featuring Lylah
15 – Le Lendemain

Saturday Night d’X Man

XMAN972

X Man nous propose, je pense, l’un des meilleurs albums de dancehall de cette année 2014. Son nouvel opus Saturday Night est, à mon sens, une pure merveille !

L’artiste a travaillé sur cet album, comme s’il écrivait un livre ou comme s’il se retrouvait d’un seul coup le héros d’un film. C’est un concept que l’on retrouve un peu pour l’album Because The Internet de Childish Gambino par exemple, complètement novateur pour la Martinique. Ici, tout a été pensé de façon à ce que l’on se croit réellement un « samedi soir » en Martinique. D’ailleurs c’est là qu’est planté le décor de Saturday Night, un album qui survient trois ans après Atypique, le premier album studio du chanteur qui a pourtant plus de dix années de carrière dans la musique, grâce à sa solide présence en musique undergound.

Ce nouvel album donc se découpe en trois principales parties, chacune bien introduites grâce à une interlude : le before, la « party » et l’after. Et chacune des chansons qu’X Man choisit d’y insérer sont finalement intégrées dans un contexte bien prédéfini pour ce samedi pas comme les autres. Et c’est d’ailleurs, non sans humour, que cet artiste nous conte toutes ses péripéties.

Before

Le « before » nous décrit tout ce qui se passe avant la soirée. C’est le moment propice pour se préparer et organiser réellement les retrouvailles avec ses amis. Et c’est surtout la partie de cet album que consacre X Man à l’énonciation de ses textes conscients. Avec Médias, le chanteur martiniquais nous fera une analyse des informations les plus plébiscitées par la presse aux Antilles. On constate à cette occasion que les faits divers les plus marquants relatent plutôt des actes violents, sanglants au détriment de cette jeunesse diplômée et entreprenariale : "Sa pa ka entérésé yo di sav ke mwen ka fè le tour du monde é ke mwen ka chanté kréyol non-stop, Mé si yo té tchébé mwen laéropò épi an tchilo kokain tout’ moun té ké palé di sa an trop".

Arété Palé, la première véritable chanson de Saturday Night, nous donne un aperçu originel de ce à quoi ressemble ce nouvel opus. Sur un ton presque amusant, presque moqueur, il nous invite à réaliser que l’on est entourés de menteurs invétérés. Et c’est dans ce même registre que #MrTube et An Kou Tonbé s’inscrivent. X Man a sa propre vision du quatrième art : s’il doit chanter, il doit parvenir à nous exprimer des paroles si véridiques qu’elles déclenchent automatiquement un sourire chez son auditeur.

Le titre incontournable de cette première partie de Saturday Night est incontestablement Fake Friend. Dès la première écoute de cette chanson, vous comprendrez aisément la force de monsieur l’X-traterrestre. Fake Friend, c’est un tout. D’abord musicalement, cette chanson est purement dancehall, ses sonoriétés me rappellent un peu l’époque des riddims locaux des années 2004-2005 je dirais. Ensuite, cette chanson est poignante de par son contenu textuel puisque X Man se met dans la peau d’un homme fraîchement sorti de prison qui appelle son ancien complice pour récupérer une part de leur butin. Cette scène imaginée est le reflet d’une histoire qui se serait déroulée en 1996, un double-crime pour lequel a été réincarcéré le prisonnier.

Party

Cette seconde partie de Saturday Night, c’est le moment où tout le monde fait la fête. Des chansons comme My Name Is X, Ragga Muffin et Sans Ordonnance reprennent vraiment le rythme des soirées auxquelles on peut participer aux Antilles. Avec Bouge, on se croirait presque au carnaval. Et Brennen est chantée un peu à l’image de Bruk It Down de Mr Vegas ou encore les fameux Dança Do Créu et Velocidad 6 de Mc Créu et de la Mulher Melancia respectivement.

X Man profite de cette « party » pour continuer à nous faire danser, notamment avec son titre Fout Ou Good. Une des caractéristiques de Saturday Night est la bonne humeur qui y règne tout au long des chansons. On va y entendre souvent des éclats de rire et on pourrait presque s’imaginer le chanteur en train de sourire à ses propres blagues. Là où, selon moi, la force d’X Man réside, c’est en sa capacité de délivrer un message extrêmement sérieux, mais parfois sur le ton de la plaisanterie. On pourrait penser qu’il ne se prend pas du tout au sérieux, mais à mon sens, il est surtout très intelligent, car après tout, le rire est sans aucun doute le meilleur moyen d’échapper aux frustrations de la vie.

After

L’after a un côté bien plus romantique. Mais c’est toujours avec ce côté rieur et sur un ton joyeux qu’X Man démarre le début de cette « après-soirée ». Dans Les Étoiles, est le premier single sorti de cet album. Et que dire de cette chanson ?! Le martiniquais a réussi à y mêler sensualité et désir en un seul titre. On retrouvera par la suite bien des témoignages d’amour dans cette dernière partie de soirée, comme dans Mwen Love Ou et Telle Que Tu Es, une de mes chansons préférées de cet album.

C’est dans ce contexte que la chanteuse jamaïcaine J Capri vient épauler le martiniquais pour les besoins de la chanson Thug Love. Elle est la seule artiste invitée sur Saturday Night, et je vous dirais bien que ça suffit amplement. La douce voix de J Capri, une artiste qui ne cesse de monter en puissance, confère à ce titre toute la passion qu’elle doit avoir.

Saturday Night est pour moi un album complètement abouti de la part d’un chanteur qui a su conserver sa flamme du tout début envers la musique. X Man nous donne du très bon dancehall, comme ça a toujours été le cas, en continuant d’innover dans un secteur où le copier/coller a bien souvent sa place. Vous pouvez télécharger Saturday Night d’X Man sur Amazon. Vous « devez » l’acheter, ou vous passerez sûrement à côté de ce qui se fait de meilleur en dancehall en cette année 2014 !



TRACKLIST :
01 –– BEFORE
02 – Arété Palé
03 – Médias
04 – #MrTube
05 – Fake Friend
06 – An Kou Tonbé
07 –– PARTY
08 – My Name Is X
09 – Bouge
10 – Brennen
11 – Raggamuffin
12 – Fout Ou Good
13 – Sans Ordonnance
14 –– AFTER
15 – Dans Les Étoiles
16 – Thug Love featuring J Capri
17 – Mwen Love Ou
18 – Telle Que Tu Es

Touch The Sky Riddim

On l’attendait, il est enfin arrivé, le Touch The Sky Riddim est enfin disponible sur toutes les plateformes légales de téléchargement de musique ! Il y a déjà un bon mois, je vous proposais d’écouter la première chanson commericalisée sur cette base instrumentale : Tou Sèl An Mwen de Saïk.

Et depuis le mercredi 30 juillet dernier, quatorze autres artistes ont également posé leurs voix sur ce riddim aux sonorités légères, qui nous est offert par la maison de production Blue Lagoon Music Records. Vous pouvez d’ailleurs télécharger le Touch The Sky Riddim sur Amazon.

Le Touch The Sky Riddim en résumé

Le Touch The Sky Riddim est l’un des riddims les plus convaincants sortis cette année à l’échelle caribéenne locale, si je peux m’exprimer ainsi. De nombreux artistes d’origines guadeloupéenne, mais aussi dominicaine, martiniquaise, réunionnaise et même guinéenne avec l’apport musical de Lyricson, ont décidé d’envahir les ondes avec cette base instrumentale proposée par le label Blue Lagoon.

Cette compilation nous propose avant tout toutes les couleurs de l’amour à l’antillaise. De nombreuses chansons comme Si Tu Es Là qui signe le retour de Colonel Reyel ou encore Amour Idyllique de T-Shaa, sont représentatives de ce que ce sentiment apporte chaque jour à notre quotidien. Jaïan K nous dira à sa manière, par exemple, qu’il adore partager les bras de sa dulcinée. Misié Sadik nous fera part des incertitudes qui envahit sa partenaire dans An Dé Mo, un morceau dans lequel finalement le chanteur se veut réconfortant et attentif à celle qu’il aime. Et c’est aussi l’occasion de découvrir Kendell avec son titre Talk To Me, dans lequel la seule pensée de perdre celle qu’il aime le rend complètement fou.

En outre, le Touch The Sky Riddim nous présente également des paroles "conscientes", comme le disent les jamaïcains. La question de l’appartenance culturelle revient notamment avec Istwa An Nou de Rachelle Allison, mais aussi d’une certaine façon avec une des grandes gagnantes des Hit Lokal Awards de l’année dernière, Swé. Ainsi, les notions de liberté, de partage et de détermination sont bien définies par la chanteuse guadeloupéenne, mais aussi par Saïk et ProfA qui nous décrivent leur envie de réussir, par tous les moyens possibles : "An ka véyé si pa ni rékin an dlo a an ka navigué, Sé pou sa ké an préféré rété tou sèl an mwen".

Et si cette compilation a bien commencé avec le titre de Saïk, Tou Sèl An Mwen, c’est bien Admiral T qui intervient pour finir ce chapitre musical de très bon augure. Il annonce sur Facebook que ce riddim lui a tant plu, qu’il a souhaité en faire partie. Et c’est ainsi que naît la seule bonus track de ce riddim. Une dernière chanson où l’amour règle une dernière fois.

Les sonorités de ce riddim font appel à quelques touches de piano mais surtout une guitare bien présente, qui rythme les paroles que chacun des artistes ont bien voulu nous offrir. Le Touch The Sky vous permettra de vous envoler et de réellement toucher le ciel comme le dit si bien Krys dans Alleluia.

Le Touch The Sky Riddim piste par piste

Comme je vous le disais en préambule, le premier artiste que l’on retrouve sur cette compilation est donc Saïk, avec la chanson Tou Sèl An Mwen. Cette chanson est une invitation à l’évasion. Saïk préfère rester seul en certaines situations pour pouvoir mieux respirer et profiter de sa vie comme il l’entend. Il a des objectifs à atteindre, et compte bien s’y atteler. Ce magnifique titre aura permis au riddim de se faire une certaine notoriété avant sa sortie officielle ce mercredi 30 juillet.

C’est ensuite Colonel Reyel que l’on peut écouter sur le Touch The Sky Riddim. La trame de sa chanson se cadre dans un contexte bien précis, celui des relations sentimentales. L’artiste, que l’on ne présente plus grâce à ses chansons comme Celui ou encore Aurélie, déclare sa flamme à sa partenaire. Si Tu Es Là est une chanson dans laquelle il confesse son amour à sa dulcinée : "Si tu es là avec moi jamais rien ne m’atteindra, Aucun obstacle sur la route ne me freinera, Je surmonterai tout si tu es là, Seulement si tu es là".

Kendell est un chanteur d’origine dominicaine que je ne connaissais pas jusqu’alors. Avec son titre Talk To Me sur ce riddim, il réalise un premier pas vers une reconnaissance de sa voix à l’échelle nationale. Sa voix est plutôt posée et douce, il est capable de monter facilement (ou en tout cas, c’est l’impression qu’il donne) dans les aigus. Il est le premier artiste sur cette compilation à nous offrir ainsi des paroles chantées en anglais, pour nous exprimer lui aussi son attirance pour l’objet de ses désirs. "You got me going crazy", est l’une des phrases les plus révélatrices du caractère de sa chanson. C’est l’un de mes titres préférés de cet album.

La première voix féminine présente sur le Touch The Sky Riddim est donc celle de Swé, qui continue sa percée dans le monde musical. La voix de cette chanteuse que je connais depuis un plus d’un an maintenant grâce au titre Papyon, dont je vous parlerai bien vite et qui est aussi ma sonnerie de téléphone, possède cet aspect versatile que lui permet de pouvoir nuancer ses propos. Avec Lib, Swé revient finalement sur le droit à la liberté d’expression. Elle nous déclare comme « libres », chacun d’entre nous capables de faire ses propres choix, d’avancer et de rêver tranquillement, peu importe ce que les gens peuvent en penser. Swé a aucunement l’intention de se laisser dicter une conduite, et avec ce titre, elle l’affirme explicitement.

Misié Sadik, auteur de bien des chansons aux paroles qui mènent à la réflexion, nous propose une chanson pleine d’amour sur le Touch The Sky Riddim. Misié Sadik prend le temps de déclarer aussi ce qu’il éprouve pour la personne avec laquelle il partage sa vie. An Dé Mo, « en deux mots », l’artiste parle de l’amour qu’il porte à cette femme, tout en évoquant les doutes infondés qu’elle a à son égard. De leur relation, on perçoit comme un malaise que Misié Sadik tente de dissumer avec cette chanson. L’important pour lui serait qu’ils arrivent à réellement communiquer sur leurs possibles divergences d’opinion.

Jaïan K est l’une de mes plus grandes découvertes de cette compilation. Je ne connaissais pas, honte à moi, ce chanteur d’origine antillaise. Et pourtant, son parcours dans le monde de la musique sur le plan local est déjà bien tracé, avec des chansons comme This Woman ou Rété Natwal, dont je vous parlerai prochainement, par exemple. Pour le Touch The Sky Riddim, Jaïan K chante That X Thing. Ici, il fait allusion à tout l’amour qu’il éprouve pour son alter ego.

C’est ensuite Krys qui prend le relais avec son titre Alleluia. Ce chanteur de dancehall d’origine guadeloupéenne change complètement de registre pour son titre qui se veut sur le ton de la reconnaissance. Alleluia est une sorte d’hymne à la vie. Krys y est conscient de la chance qu’il a d’être en vie, et avec cette chanson il remercie le ciel de lui permettre de profiter de chaque jour avec autant de joie, de bonheur et de bien-être.

Istwa An Nou est une magnifique chanson de Rachelle Allison sur son histoire avec la Guadeloupe. La chanteuse y relate son affection pour son île d’origine et pour sa culture. Istwa An Nou est sa manière de rendre hommage à la Guadeloupe. Et, pleinement consciente de l’héritage que lui a laissé ses ancêtres, l’artiste nous chante avec conviction la fierté qu’elle a envers son berceau culturel.

C’est ensuite Mc Duc qui reprend le riddim. Mc Duc est un chanteur originaire de l’île de la Réunion, qui est notamment connu pour sa reprise du célèbre Jump de RDX intitulée Daggaring. Ici, sur le Touch The Sky, Mc Duc nous invite à rendre compte de son amour pour l’élue de son cœur, celle sans laquelle il ne peut pas concevoir sa vie : "I need you by my side, that’s why I don’t wanna see you cry, I wanna make you my wife, Girl you’re always on my mind".

Suite à cette nouvelle déclaration d’amour, Lyricson nous propose Sunday To Sunday. Sur un ton assez festif et décontracté, Lyricson nous invite à profiter de la vie autant que possible et à danser du dimanche au dimanche ! "Cause we are party from Sunday to Sunday, Cause to we everyday is not an holiday, Dance wi a dance until the sunlight, Come join the party, free up your body", telle est la première partie du refrain de cette chanson au contexte reposant.

La trame romantique du Touch The Sky Riddim revient ensuite avec T-Shaa qui nous interprète Amour Idyllique. La chanteuse produite par le fameux Step Out Productions de Krys reprend à son tour des paroles relatives aux relations amoureuses. La chanteuse qualifie « d’idyllique » l’amour qu’elle vit avec son compagnon. Elle en profite pour souligner ici que son amour touche le ciel, petit clin d’œil au nom de ce riddim sur lequel elle a été invitée à poser sa voix.

Jeva 9 chante une de mes chansons préférées sur cette base instrumentale. Avec An Tout Sens, il fait contraster son impatience vis-à-vis d’une relation encore naissante avec son envie de prouver à l’élue de son cœur qu’il sera là en toute situation pour elle. Et son donc en toute simplicité qu’il lui livre les attentions qu’il aura à son égard. Jeva 9 se sent prêt et semble avoir mesuré l’impact que cette nouvelle personne aura dans sa vie de manière concrète.

C’est ensuite à ProfA de se lancer dans l’exercice de reprise de cette base rythmique. Do It Right est une chanson pour souligner la détermination qui doit nous animer pour arriver à atteindre nos objectifs. La vie n’est pas facile, mais si nous arrivons à maintenir le cap, de manière franche, directe et honnête, nous arrivons là où nous le souhaitons.

Chanté Baw interprété par Xelo, un chanteur de reggae, dancehall originaire de la Guadeloupe, est une autre chanson pleine de sentiments amoureux, à l’image d’An Dé Mo par exemple. Dans ce titre, Xelo nous parle de son affection pour celle qu’il aime. Il chante ce morceau pour elle, comme nous l’indique de cette chanson : "Lè nou ansanm mwen ka santi an lov baby, An bèl sansasyon ka mèt mwen an trans, Lè nou kolé séré an vlé dansé…".

Pour compléter cette magnifique compilation, Admiral T nous offre une bonus track de toute beauté. Magic Love est un dernier titre en puissance qui permet d’appréhender l’amour qu’il existe entre Admiral T et la femme qu’il aime. "Girl sé vou mwen vé, Sé sa non fo pa’w douté, Sa ki tin’ antre nou dé, Sa majik" (Girl, c’est toi que je veux, Non, il ne faut pas que tu en doutes, Ce qu’il y a entre nous deux, C’est magique…).

La seizième et dernière piste de cette compilation est un megamix proposé par DJ Axx, que vous pouvez retrouver sur son compte SoundCloud ou sur Twitter. Ce remix reprend un bout de chacune des chansons présentes sur la compilation en un peu moins de sept minutes ! Une manière agréable de redécouvrir chacun des artistes en une seule fois.



TRACKLIST :
01 – Saïk – Tou Sèl An Mwen
02 – Colonel Reyel – Si Tu Es Là
03 – Kendell – Talk To Me
04 – Swé – Nou Lib
05 – Misié Sadik – An Dé Mo
06 – Jaïan K – That X Thing
07 – Krys – Alleluia
08 – Rachelle Allison – Istwa An Nou
09 – Mc Duc – You
10 – Lyricson – Sunday To Sunday
11 – T-shaa – Amour Idyllique
12 – Jeva 9 – An Tout Sens
13 – ProfA – Do It Right
14 – Xelo – Chanté Baw
15 – Admiral T – Magic Love (BONUS TRACK)
16 – DJ Axx – Megamix

Tou Sèl An Mwen de Saïk

Saïk, qui se fait de plus en plus présent sur les scènes nationales en ce moment, nous propose depuis une semaine, cette nouvelle chanson : Tou Sèl An Mwen. Ce titre, assez original, n’est pas sorti seul, puisqu’un clip, réalisé par Nicolas Noël l’accompagne déjà ! J’en profite ici pour souligner l’excellent travail de Nicolas Noël en tant que directeur/réalisateur de la vidéo illustrant ce titre.

Tou Sèl An Mwen, c’est une invitation de Saïk à l’évasion, dans le but de pouvoir atteindre paisiblement ses objectifs. Cette chanson est en fait un avant-goût de ce que nous réservera la compilation Touch The Sky Riddim, proposée par la maison de production BlueLagoon Music Records. On retrouvera d’ailleurs plusieurs artistes de la scène reggae/dancehall sur cette base instrumentale, des artistes comme MC Duc, Colonel Reyel, Rachelle Allison, Kendell, Jaïan K, Xelo, et bien d’autres encore.

Saïk est attendu ce soir, en compagnie d’Etana et de Saa’Turn, sur le Malecon ce soir, à l’occasion du 43ème Festival de la ville de Fort-de-France. Vous avez la possibilité d’en savoir un peu plus à ce sujet ici. Pour ma part, étant (un peu) loin de la Martinique en ce moment, je vais me contenter des prochaines vidéos, que certains d’entre vous (je l’espère) partageront de ce concert en plein air ! En attendant, je me couche, en fredonnant Tou Sèl An Mwen… :)

Vous pouvez acheter Tou Sèl An Mwen sur Amazon !

Organ Donor de Laza Morgan et Admiral T

Charly Clodion

Depuis quelques jours déjà, ma sœur me propose quelques-uns de ses coups de cœur musicaux, dont je n’aurais pas forcément entendu parler. Il y a déjà une semaine, elle m’a proposé d’écouter cette chanson unissant Laza Morgan et Admiral T sur un même titre.

Organ Donor sort en ce début d’année 2014, au cours du mois de février. La première version de cette chanson, sur laquelle l’artiste jamaïcain chante seul, est sorti en 2011, sur la compilation First Look du chanteur. Cette mixtape de Laza Morgan possède huit titres, tous plus engageants les uns que les autres !

Le clip d’Organ Donor a visiblement été tourné dans un hangar de la ville de Montreuil, et c’est Charly Clodion qui était à la réalisation de celui-ci. Organ Donor commence avec les notes d’un synthétiseur, et c’est la première voix d’Admiral T qui nous informe qu’ils sont tous deux réunis pour tirer des "rafales d’amour", donner leurs cœurs, comme des donneurs d’organes.

Cette chanson, au tempo plutôt reposant, se veut révélatrice de tout ce que nous sommes capable de faire par amour pour sa famille, pour ses amis. Elle évoque le don de soi au quotidien, cette capacité à répondre toujours présent pour aider les autres, sans rien attendre en retour.

C’est une chanson sur l’amour. Ça parle de sacrifice. J’y explique que je suis prêt à me sacrifier pour mon frère. C’est un titre qui parle de ce que tu es capable de faire pour ta famille.

Je l’ai écrit en quinze minutes, parce que les paroles sortaient directement de mon cœur. Et je voulais en profiter pour dire un BIG UP à Admiral T, qui est venu m’accompagner sur ce titre !

Laza Morgan

Laza Morgan est reconnaissant de la vie qu’il mène, et demande au Tout Puissant de toujours veiller sur les siens, alors qu’Admiral T nous délivre ces paroles : "La vie est belle, La vie est belle, Tous les jours, Remercie le Ciel, Même si nos problèmes sont réels, On aperçoit l’arc-en-ciel".

A noter que Kalash est également présent dans le clip de cette chanson. On l’aperçoit de temps en temps à l’image, entrecoupé par de jolies demoiselles, légèrement vêtues… :)

Festival Tropiques en Fêtes en 2011

Christelle

Souvenez-vous, il y a trois ans ! Je profite de ce week-end, largement dédié au Festival Tropiques en Fêtes de la Foire de Paris, pour rebondir sur l’évènement et vous proposer un petit résumé de ce qu’il y avait eu il y a trois ans, alors que le podium de ce festival se tenait encore à l’entrée de la Foire.

Découvrez le Festival Tropiques en Fêtes de la Foire de Paris 2011 en vidéos ! L’ensemble des moments décrits dans cet article se retrouve dans la playlist proposée ici. UNE ASTUCE : Vous pouvez sélectionner la vidéo que vous souhaitez visionner en cliquant sur le bouton « Playlist » de YouTube.

C’était donc le très bon groupe Original H qui ouvrait le bal ! Original H, pour ceux qui ne les connaissent pas, est un groupe d’artistes chanteurs et musiciens qui s’illustrent dans le genre musical qu’est le konpa. Le konpa est une musique originaire d’Haïti qui a émergé au XIXème siècle. Ce genre musical est popularisé en 1955 avec des musiciens comme Nemours Jean-Baptiste d’abord dans les Antilles, puis à l’international. Original H, qui n’est pas habitué à se produire sur scène seulement pour quelques minutes (il faut savoir qu’un morceau de konpa dure au moins 7 bonnes minutes de manière générale), nous interprète d’abord Choké avant de nous offrir Ouvè Pot La, avec une introduction reprenant Alors On Danse de Stromae.

C’est ensuite Thierry Cham qui monte sur les planches de ce Festival Tropiques en Fêtes. Bien connu du public présent sur place ce jour-là, Thierry Cham chante d’abord Océan, titre avec lequel il s’amuse à montrer toute sa puissance vocale. Après un magnifique I Love Youuuu chanté accapella, il poursuit avec le titre Lanmou Idéal, dont le refrain reprend ces mots : "Sa ki ni entre nou sé lidéal, An lanmou pou nou isé lé voiles, Sa ki ni entre nou sa pa banal, An limiè, an zéclè, an zétwal". Il finit son show en déclarant un amour idéal pour les tropiques en citant Haïti, la Guadeloupe, la Martinique, l’Afrique et la Réunion.

E.sy Kennenga entre sur scène, guitare à la main. Après avoir saluer la foule, il nous déclare qu’il fera tout pour toujours avoir du love dans son cœur. C’est donc avec la chanson Love Adan Tchè Mwen qu’il démarre sa représentation vocale ce soir-là. Il apporte ainsi une sacrée note acoustique à ce concert en plein air. E.sy Kennenga a choisi de jouer pour son deuxième morceau un titre de son répertoire aux sonorités carnavalesques : Nou Anlè Sa. Sous les acclamations, le chanteur martiniquais nous fera partager l’ambiance présente dans les rues des villes antillaises en chantant "Es zot paré pou nou mété difé…".

A peine arrivée sur les planches, Kim commence à fredonner les phrases : "Je le sens, c’est lui l’homme de ma vie, Sa douce voix sans cesse me chavire, Son parfum m’enivre, je sens le désir, Je veux qu’il soit mon avenir". C’est ainsi qu’est donc introduit Confidence sur la scène du Festival Tropiques en Fêtes. Pour sa première fois à la Foire de Paris, Kim nous dévoile deux titres de son album Premiers pas sorti en 2009 chez Maxi Flow. Elle poursuit avec Je Suis Accro, une de mes chansons préférées dans son répertoire. Kim dédie ce morceau à toute la gente féminine. Je tiens à souligner le bon travail des musiciens sur ce titre d’ailleurs, ils nous en offrent une version semi konpa que le public parisien a adoré tout autant que moi. J’ai également adoré la douceur apportée par la chanteuse alors qu’elle récitait les paroles "Tout ce que j’ai sur le cœur, Je suis condamnée à le garder".

La Mc Malcriado est un groupe dont les quatre membres sont d’origine cap-verdienne. On retrouve parmi eux Stomy Bugsy, Jacky Brown des Nèg Mawons, Izé et JP des 2 Doigts. Ils sont habillés d’un tee-shirt reprenant les mots Fidju Di Kriolu, aussi nom de leur album sorti en 2011. L’expression "fidju di kriolu" signifie "fils de créole". Au Cap-Vert, elle perçue comme une émotion particulière pour toute la population émigrée de l’île fière de sa culture et de sa diversité. C’est ce qu’ils veulent nous transmettre à leur tour sur scène, puisqu’ils font un hommage particulier à toutes ces personnes fières de leur racine et de leur couleur de peau. Ce soir-là, La Mac Malcriado chante d’abord Assim Ki Fetu dans un rythme effrené, puis Funan´.

C’est ensuite un couple de danseurs qui prennent le relais sur les planches. Il nous font une présentation de la kizomba en nous faisant une petite démonstration sur la chanson de Nelson Freitas, Rebound Chick. La kizomba est une danse originaire d’Angola. Il s’agit d’un mix de semba traditionnel avec du merengue traditionnel et de Kilapanda. La kizomba se caractérise entre autres par son tempo lent, son beat puissant (avec la résonance de la basse) et la langue utilisée pour les paroles, à savoir le portugais.

Orlane est la prochaine artiste à chanter. Elle commence toniquement avec le titre Nalé, un hymne à la beauté des tropiques, notamment la Réunion, de la Guadeloupe, de la Martinique, de la Guyane, d’Haïti et Saint-Martin. Elle chante "Chéri mwen anvi bo Mami tout la fanmi, Santi lodè vani gadé lè mang fléri, Bwè dité sitwonel lanmou nou ké pli bel". Orlane poursuit avec la chanson Déposer les Armes, une chanson d’amour, alors que d’ores-et-déjà le public semble lui réclamer Chokola. Avant de soumettre à cet exercice, la chanteuse commence une version a cappella de cette chanson durant laquelle elle s’amuse avec son public à tenir une longue note. Elle lance un mini concours, qu’elle gagne largement d’ailleurs, et finit son passage sur scène avec cette chanson du coup.

La prochaine artiste à se présenter sur la scène est Tina Ly. Elle chante en premier lieu la chanson Reviens-Moi. Les excellents musiciens qui l’accompagne sur scène lui permettent de proposer une version un peu plus saccadée, ressemblant fortement au dancehall, durant laquelle le public doit reprendre les phrases "Baby, reviens, Baby reviens moi". Tina Ly introduit ensuite le titre A Tes côtés, qu’elle chante normalement avec Richard Cavé de Carimi. Mais c’est finalement Ali Angel qui la rejoint sur scène, pour le plus grand plaisir de l’auditoire surpris. Cette chanson lui permet de rappeler son amour pour Haïti, et d’offrir un peu de konpa à nouveau au public. Les deux chanteurs vont d’ailleurs danser un instant ensemble. C’est ensuite Lynnsha qui retrouve Tina Ly. Les deux chanteuses chantent alors Pa Ni Tan, leur chanson qui date de l’année 2009.

Lynnsha reste ensuite seule le temps d’interpréter Ma Rivale, une chanson qu’elle chante normalement en duo avec Lady Sweety. Lynnsha va proposer à son public quelques pas de danse sur un rythme ressemblant cette fois plus à du soukouss ou du coupé décalé, avant de reprendre la partie de Lady Sweety et donc de toaster le temps de quelques phrases. Elle appelle ensuite Jacky et Ben J des Nèg Mawons pour chanter Mon Idéal.

Après un interlude proposé par un groupe de danse venu se représenter le temps de quelques chansons, c’est Tom Frager qui arrive sur scène. Dans un style reggae et avec une guitare électrique bien prédominante, il nous entonne les phrases "An pansé pou la Gwada, Tou lé jou, Tou lé jou ké Bondié ka fè, Nou ka éséyé tchenbé, Moun Gwada, Fo mwen di zot konbien zot té ka mantché mwen, mèm si zot pa janmé kité tchè an mwen." reprises de la chanson Miss Gwada. Tom Frager interprète ensuite Lady Melody, une chanson plus largement connue du public, puisqu’il n’a presque plus besoin de chanter les paroles tant sa voix est complétée par celle de son auditoire à l’unisson. Le chanteur, versatile, nous propose également une version dancehall grâce à cet orchestre de musiciens décidément exceptionnels.

C’est enfin Admiral T qui monte sur les planches du Festival Tropiques en Fêtes. Très attendu par le public parisien, Admiral T fait son entrée avec Fos A Péyi La, une chanson qu’il chante normalement accompagné du groupe Kassav. Et là, de manière encore plus flagrante que pour Lady Melody, Admiral T pourrait pratiquement s’arrêter de chanter pour laisser son public célébrer chacun de ses titres. Le chanteur guadeloupéen va même se permettre de descendre dans la foule et ainsi partager l’ambiance qu’il crée lui-même ! Sur "fos a péyi la" c’est les poings levés que plus d’un millier de personnes se retrouvent à danser. Le chanteur ne s’arrête pas là, et nous propose même une version accélérée de son titre. A la fin de ce titre, il se sert des paroles de Rèv An Mwen pour nous offrir une interlude a cappella : "An ti réyon a solèy, Asi figi an mwen ka fè mwen sav kè sé lè a révèy, Syèl la byen blé, An ti van ka chichoté an zorey an mwen, An nou alé pwofité dé la vi, Sé an tou piti péyi, Mé sé on paradi". Un classique ! Pour honorer Haïti, Admiral T choisit ensuite de chanter Yo Pa Enmé Haïtien. Pour la dernière fois dans cette soirée, le konpa est réellement à l’honneur. Accompagné de deux danseurs, le chanteur va entonner l’expression "Nou pa bizwen sa" en proposant une petite chorégraphie à son public, chargé alors de balancer les mains en direction de la scène. Admiral T récupère ensuite quelques personnes du public, notamment des enfants, pour danser en rythme sur la scène. Il nous demandera plus tard d’ailleurs de saluer ces enfants, car sé yo ki fos a péyi la. Un tambour puissant final reprendra le traditionnel tak pi tak des musiques antillaises. Enfin, le moment attendu de tous arrive, Admiral T termine son show sur Oh Yeah, LE morceau du moment. Et c’est donc sur ce titre que se clôture la Nuit de la Foire 2011.

La clôture du Festival Tropiques en Fêtes

Christelle

Le dimanche 11 mai dernier, se déroulait à la Foire de Paris, la clôture musicale du Festival Tropiques en Fêtes. Il y avait beaucoup d’artistes présents, prêt à nous offrir un beau spectacle avant le renouveau de la Foire l’année prochaine. Et c’est cette fois, Esthèle Dumand, Claudy Siar et Logan qui étaient chargés d’orchestrer le show de cette clôture.

Par ailleurs, sachez que les photos que j’ai prises, vous permettront de bien saisir l’ordre de passage des différents artistes ce soir -là sur la scène. Je suis bien plus satisfaite du rendu de ces photos, que de celles de la nocturne du Festival Tropiques en Fêtes. Il faut dire, que cette fois, je n’étais pas trop mal placée !

La communauté tahitienne à l’honneur

C’est ainsi que l’on retrouve Ken Carlter pour représenter l’île Tahiti en ce dimanche à la Foire de Paris. Ken Carlter est un chanteur, auteur et compositeur d’origines polynésienne, française et italienne. Il est connu pour de nombreux titres et notamment sa collaboration au sein du groupe ManaPacific avec Tea, le chanteur qui le suivra sur la scène. Ken Carlter nous interprète une magnifique reprise de Somewhere over the rainbow. Accompagné d’un de ses amis, il reprendra également un titre bien connu avant de nous chanter Tahitian Boy, un titre bien plus rythmé que les précédents.

Tea s’accompagne d’un ukulele afin de gravir les planches du Festival Tropiques en Fêtes. Le chanteur sera également en compagnie d’un homme au clavier, qui l’assistera tout au long de sa représentation. Tea va nous proposer des titres, dont je serais bien incapable de vous dire le nom, aux sonorités typiques des îles polynésiennes. Sa dernière chanson sur scène s’inscrit dans un genre plus dancehall/pop à mon sens. Il quittera la scène en nous disant un mauru’uru (merci) pour le courage qu’ont eu les spectateurs qui, comme moi, sont restés sous la pluie, le découvrir en live.

Des influences soul et jazzy

Gaby Diop est une chanteuse d’origines martiniquaise et sénégalaise. C’est la première artiste que je découvre en ce dimanche là, à la Foire de Paris. En ce début d’année 2014, Gaby Diop a sorti un album du nom de Limyè Mwen. Sa carrière musicale est tout juste sur le point d’être massivement reconnue à mon sens, l’artiste se donne les moyens d’y arriver, et ça marche plutôt bien ! La chanteuse a ainsi participé au concours Tremplin Soul’R Sessions de TraceTV, aux côtés d’Indy Eka, la grande gagnante.

Un peu plus tard, ce sera au tour de Freepon d’entrer sur scène. Habillé d’un joli ensemble chic, il offre au public parisien une des chansons figurant son EP sorti au mois de janvier 2014 Nu Soul Creole, Pamela. Ce titre basé sur la base instrumentale de la guitare n’a rien de romantique, et n’est absolument pas dédié à une certaine Pamela. Non, il dénonce l’implication des gens dans la vie d’autrui. Il nous permet de réfléchir, avec un ton humoristique, sur la manière dont il faut vivre sa vie, sans se préoccuper de ce que peuvent dire les autres.

Le zouk massivement représenté

Thierry Cham est le premier des chanteurs de zouk à monter sur les planches ce soir-là. On ne présente plus ce grand chanteur, qui aujourd’hui, possède à son actif plus de 20 ans de carrière professionnelle dans la musique. C’est bien évident ce titre, Océan, qui nous reprendra ce soir-là, avec un auditoire qui lui servira de chœurs. Habillé d’un tee-shirt représentant the King of Pop, Michael Jackson, Thierry Cham anime son show de ses performances hip-hop et terminera sa chanson avec un battement de cœur, sous les rires et applaudissements du public parisien.

La chanteuse guadeloupéenne, Njie, le suit de très près sur scène. Njie, qui elle aussi possède une grande carrière musicale, décide de ne pas nous interpréter les tubes qui lui ont permis d’être sur le devant de la scène nationale, comme Dadoué ou J’ai Trouvé (l’une de mes préférées). L’artiste féminine nous interprète en premier lieu Charmant, avec une démonstration assez marrante d’hommes, qui à tour de rôle, défileront pour conquérir son cœur. Le dernier d’entre-eux lui offrira même une rose blanche sur scène. Puis, la chanteuse nous interprète Mazouk Soleil, accompagnée d’un groupe de danseurs de mazouk. J’ai adoré la voir évoluer sur scène, pour la première fois.

Un peu plus tard dans la soirée, ce sera à Marvin de conquérir le cœur du public féminin venu massivement l’accueillir auprès du podium. Pour ma part, je serais, une fois encore, bien incapable de vous dire quelles sont les chansons chantées ce soir-là, mais l’ensemble des femmes/jeunes filles à côté de moi semblaient connaître les paroles de ces chansons par cœur !

Des notes légèrement plus dancehall

Le dancehall avait définitivement sa place en cette clôture de festival. C’est d’ailleurs chouette de voir à quel point les mentalités ont évoluées à ce sujet, et à quel point ces artistes marquent de plus en plus les générations de tout âge. Saïk nous propose alors un medley composé d’un grand nombre de ses titres, présents sur l’album Second Souffle. Il introduit ces morceaux avec un prélude de L’Ecole sur l’Avè Riddim. Il nous interprète ensuite des couplets de chacun des morceaux suivants : You And Me, Je t’emmène, Mamamia et pour finir Sexy Swaggaring.

Admiral T était probablement l’artiste le plus attendu sur l’estrade. Il va clôturer le show avec une intensité qui est propre à l’ensemble de ses shows. Admiral T est cet artiste versatile, qui touche à tout, capable de passer du dancehall à la musique traditionnelle, au zouk, en un rien de temps. Il va nous présenter plusieurs de ses titres bien connu, notamment Perle Rare sur l’EDF Riddim, Fanm Fatal et surtout Ti Milo, l’excellent titre hommage à Eugène Mona présent sur la collection Léritaj Mona.

Et un peu de comédie pour détendre l’atmosphère

Aussi, tout au long du show musical, plusieurs comédiens nous ont rendus visite sur la scène du Festival Tropiques en Fêtes. Je n’ai malheureusement pas tous retenus leurs noms, mais il y avait par exemple Patson. Patson est un humoriste français originaire de la Côte d’Ivoire. Il est connu et même reconnu de par ses divers passages au Jamel Comedy Club.

Il y avait également le duo Domino, une femme noire, Laurence Joseph, un homme blanc, Laurent Tanguy. Je le précise car l’ensemble de leur show s’en tient à cette image. Domino parcourt avec humour le possible quotidien de deux personnes de couleurs et de cultures différentes. Il nous parle sans détour des situations gênantes au quotidien pour ce couple formé par une antillaise et un métropolitain. Domino est actuellement sur scène au Théâtre BO Saint-Martin de Paris.

J’ai vraiment passé un excellent moment à ce Festival Tropiques en Fêtes 2014. La diversité des artistes présents m’aura permis à la fois de profiter de sonorités que je ne connaissais pas particulièrement jusqu’alors, et de me laisser porter par la voix de ces artistes que j’aime tant.

Gaby Diop à la Foire de Paris

Gaby Diop à la Foire de Paris

Gaby Diop à la Foire de Paris

Ken Carlter à la Foire de Paris

Ken Carlter à la Foire de Paris

Ken Carlter à la Foire de Paris

Ken Carlter à la Foire de Paris

Ken Carlter à la Foire de Paris

Tea à la Foire de Paris

Tea à la Foire de Paris

Tea à la Foire de Paris

Tea à la Foire de Paris

Tea à la Foire de Paris

Freepon à la Foire de Paris

Freepon à la Foire de Paris

Freepon à la Foire de Paris

Freepon à la Foire de Paris

Freepon à la Foire de Paris

Esthèle Dumand et Patson à la Foire de Paris

Esthèle Dumand et Patson à la Foire de Paris

Esthèle Dumand et Patson à la Foire de Paris

Esthèle Dumand et Patson à la Foire de Paris

Esthèle Dumand et Patson à la Foire de Paris

A la Foire de Paris

A la Foire de Paris

Saïk à la Foire de Paris

Saïk à la Foire de Paris

Saïk à la Foire de Paris

Saïk à la Foire de Paris

Saïk à la Foire de Paris

Thierry Cham à la Foire de Paris

Thierry Cham à la Foire de Paris

Thierry Cham à la Foire de Paris

Thierry Cham à la Foire de Paris

Thierry Cham à la Foire de Paris

Njie à la Foire de Paris

Njie à la Foire de Paris

Njie à la Foire de Paris

Njie à la Foire de Paris

Njie à la Foire de Paris

Logan et... à la Foire de Paris

Logan et... à la Foire de Paris

Logan et... à la Foire de Paris

Logan et... à la Foire de Paris

Logan et... à la Foire de Paris

Domino à la Foire de Paris

Domino à la Foire de Paris

Domino à la Foire de Paris

Domino à la Foire de Paris

Domino à la Foire de Paris

Marvin à la Foire de Paris

Marvin à la Foire de Paris

Marvin à la Foire de Paris

Marvin à la Foire de Paris

Marvin à la Foire de Paris

Admiral T à la Foire de Paris

Admiral T à la Foire de Paris

Admiral T à la Foire de Paris

Admiral T à la Foire de Paris

Admiral T à la Foire de Paris

La nocturne du Festival Tropiques en Fêtes

Christelle

Vendredi 9 mai dernier se déroulait, à la Foire de Paris, la très célèbre Nuit de la Foire. En cette soirée, comme le veut la coutume, un certain nombre de concerts sont organisés dans l’enceinte de la Foire, pour le plus grand plaisir des parisiens. En compagnie de ma tante, j’ai ainsi assisté à la Nocturne du festival Tropiques en Fêtes, qui réunissait entre autres des artistes originaires des « Tropiques » qui s’illustrent dans des genres de musique assez diversifiés : de la soul, du traditionnel, du jazz, du reggae, du zouk, etc..

J’ai vraiment fait du mieux que j’ai pu pour prendre les quelques photos que vous trouverez ci-dessous. Malheureusement, de mon mètre 61, il m’était très difficile de pouvoir rivaliser avec le public présent, j’étais bien trop mal placée dans la foule ! En revanche, vous remarquerez qu’au fil du temps, je me rapproche peu à peu de la scène, grâce aux départs de certains (peut-être trop fatigués pour assister à l’ensemble du show, merci à eux haha!), et que mes photos deviennent de plus en plus exploitables.

Indy Eka, une valeur montante de la soul

Quand je suis arrivée face au podium de la Foire de Paris, Indy Eka était déjà sur la scène, en train de nous interpréter une chanson de son répertoire. (Je vous propose d’écouter ci-dessous Mama Africa.) Et d’ailleurs, je dois souligner que je pense avoir malheureusement raté le passage d’Ines Khai, une chanteuse originaire de la Guadeloupe, annoncée dans la liste des artistes présents ce jour-là à la Foire de Paris.

Indy Eka est la grande gagnante du Tremplin Soul’R Sessions, un concours organisé par Trace Urban qui a pour objectif final de permettre aux nouveaux talents de la scène musicale émergente de se faire connaître. Ainsi, il regroupe des artistes s’illustrant dans la soul, le R&B, le gospel, et j’en passe. Il est d’ailleurs encore possible d’écouter toutes les prestations des 16 finalistes de ce dernier concours sur le compte SoundCloud de Tremplin Soul’R Sessions (on retrouve parmi eux la chanteuse d’origines martiniquaise et sénégalaise Gaby Diop).

Un univers jazz soul créole avec Florence Naprix

C’est ensuite au tour de Florence Naprix d’entrer sur scène pour nous interpréter deux chansons de son répertoire : Kaz An Mwen et Zétwal An Mwen. Florence Naprix est une artiste originaire de la Guadeloupe. Elle commence très jeune à se passionner pour la musique, avec son amour pour le piano. Sarah Vaughan, Ella Fitzgerald et Erykah Badu sont d’ailleurs des artistes qui vont très fortement influencer Florence Naprix dans ses choix de carrière.

Quand elle arrive sur la scène de la Nuit de la Foire, Florence Naprix a bel-et-bien l’intention ferme de faire découvrir son univers à son auditoire. Pour ma part, je ne la connaissais que de nom, et je ne m’étais jamais réellement penchée sur ses capacités vocales. Ses deux interprétations ce soir-là m’ont donc permis de compléter ma découvert d’un personnage que j’ai trouvé vivant, chaleureux et engagé. La dernière chanson de son passage sur scène, Zétwal An Mwen, est avant tout une chanson pour redonner de l’espoir. Florence Naprix va alors proposer à son public d’entonner avec elle le message puissant : Pa lagé / Fò’w kenbé (Ne lâchez rien, tenez bon!, sous-entendu face aux épreuves de la vie).

Le zouk fortement représenté par Yoan, Warren et Fanny J

En effet, le zouk avait pleinement sa place dans cette Nocturne du Festival Tropiques en Fêtes, car après tout, ce genre musical tire bien son origine des « tropiques ». C’est ainsi, Yoan, qui tient le rôle de l’élément déclencheur ici. En entendant sa chanson, et son nom, j’ai tout de suite pensé ne pas du tout connaître cet artiste (au vu de ma terrible affection du zouk…), mais pourtant, il y a bien longtemps que Yoan est dans le monde de la musique. Ce chanteur, à la voix mémorable, a longuement fait partie du groupe Trade Union, connu entre autres pour ses chansons Quand On Aime et D’un mot, mais surtout pour sa collaboration avec Booba sur le magnifique titre Au Bout de Mes Rêves (l’un des rares que j’aime de ce rappeur français d’ailleurs, je sais, je sais…). Yoan est donc venu sur scène nous présenter ce soir Emmène-Moi, en nous promettant de revenir bien vite sur le devant de la scène musicale avec un nouvel album prévu pour septembre 2014, et une collaboration à venir avec Kalash.

C’est ensuite au tour de Warren d’entrer sur la scène, sous les forts applaudissements de la gente féminine. Comme à son habitude Warren a réussi à captiver l’ensemble de son auditoire. Je serais, pour ma part, bien incapable de vous dire le titre de la chanson qu’il a interprété ce soir-là, mais force était de constater que toutes les paroles de celle-ci était connues par cœur de l’auditoire parisien (et de ma tante…). Il a introduit ensuite l’une de ses collaboratrices de prédilection dans le domaine : Fanny J.

Fanny J possède un nombre de fans qui augmente avec le temps. Elle est arrivée sur scène, tout sourire, pour nous proposer de partager quelque chose qui lui tenait véritablement à cœur. C’est ainsi qu’elle nous offre le titre Aucune Larme, une chanson de son nouveau répertoire, encore méconnue, puisque pas encore commercialisée à cet instant. Elle nous explique dans le contexte de cette chanson, que malgré les épreuves qu’elle a connues depuis le début de sa carrière, et que malgré les médisances ou autres broutilles de ce genre, elle est reconnaissante pour tout l’amour qui lui a transmis son public jusque là. Très émue, elle nous propose alors cette chanson, non sans larmes, et finit sa représentation en nous précisant qu’elle travaille actuellement sur la préparation d’un nouvel opus.

Un aperçu de la richesse culturelle de Victor O

Victor O, chanteur d’origine martiniquaise à la douce voix, était également un invite de cette Nuit de la Foire parisienne. Comme ce dernier vient tout juste de sortir son deuxième album Diasporas, il en a profité pour nous interprété le titre phare de cet album de manière inédite Diasporas. C’est ce titre que j’ai filmé et que vous retrouverez donc ci-dessous.

Son passage sur la scène du Festival Tropiques en Fêtes ne s’est pas terminé sur ces notes. Victor O nous offre ensuite un puissant Vini Dou, en mode force tranquille. Le public, d’autant plus connaisseur cette fois, accompagne le chanteur en reprenant les paroles du refrain : Vini dou, Mwen bizwen touché fon tchè’aw, Pa di mwen non non non non, Ou sav ke mwen lov de vou, Lanmou sé an bagay ki dou, Fodré ké ou sonjé sa, Pa di mwen non non non non, Tou sa ou lé mwen ké sa ba’w ». Ce titre, l’un de mes préférés du répertoire de ce chanteur de mon île, est posé sur le rythme d’une guitare acoustique, d’une guitare basse et d’autres percussions nous rappelant le kompa made in Haïti.

Joëlle Ursull, marraine du Festival Tropiques en Fêtes

Eh oui ! Jöelle Ursull ! Comme elle l’a si bien dit, pas sûr que les jeunes demoiselles de 15 ans présentes devant la scène de ce concert plein air, soit bien au courant de qui elles avaient sous leurs yeux… Mais c’était un plaisir d’apprendre que Joëlle Ursull était tout simplement la marraine de cette soirée. Elle nous a interprété plusieurs chansons tirées de sa discographie. Juste gracieuse, elle arrive sur scène une première fois habillée d’une jolie robe noire mettant toutes ses formes en valeur, pour nous chanter entre autres White and Black Blues.

Un peu plus tard, notre marraine revient avec un afro sur cette scène, cette fois dans le but de bien relancer le dynamisme de la soirée, malgré la pluie, avec son titre Amazone. Avec cette chanson, Amazone, elle nous invite à l’accompagner vocalement sur des rythmes bien connus du grand public.

Une touche de soul avec Gage, Vigon, Bamy, Jay et Yoann Fréget

Au vu de l’affluence qui lui était réservée, Gage était massivement attendu par les personnes présentes ce soir-là à la Nocturne de la Foire de Paris. Cela faisait un moment que je n’avais pas spécialement entendu parler de lui, et c’était assez rafraîchissant de le découvrir en live. C’était la première fois que je le voyais en live. Sa voix est tout simplement magnifique. Gage nous propose l’un des titres qui l’a rendu célèbre Pense A Moi, mais aussi Vient Danser par exemple. Gage nous présentait son nouvel album Soul R.Évolution sorti le 3 mars dernier.

C’est ensuite aux incroyables Vigon, Bamy, Jay, qui composent un groupe souvent surnommé à juste titre Les Soul Men – surnom qui fait aussi référence au nom de leur dernier album – de mettre un rythme fou sur la scène dédiée à cette nocturne du festival. Les trois chanteurs, ayant tous accomplis à leur manière d’illustres choses dans le monde de la musique, nous proposent alors un show complètement ancré dans la musique soul/gospel américaine. Ils ont dépensé, ce vendredi, une telle joie de vivre que le public s’est massivement rapproché des planches. Je ne connaissais d’ailleurs pas du tout leur univers, et les deux seuls morceaux extraits de leur répertoire ce soir-là, m’ont rendue extrêmement curieuse à leur sujet !

Ils nous ainsi interprétés Soul Man reprenant naturellement la phrase I’m Soul Man. Vigon, nous invite à crier avec lui un terrible « Aaayyyyy » avant de reprendre le tube planétaire Stand By Me de Ben E. King, et donc nous encourageant à implorant avec eux la fameuse darling "So darling, darling / Stand by me, oh stand by me / Oh stand, stand by me / Stand by me". Je ne savais pas du tout qu’ils seraient présents ce soir-là, mais ils m’ont littéralement fait sourire !

Enfin, Yoann Fréget pour clôturer le spectacle (ou en tout cas, pour moi) ! Yoann Fréget est le gagnant de la deuxième édition française de The Voice. Pour ma part, je n’ai pas du tout suivi ce programme, et donc je ne connaissais pas du tout l’univers artistique de ce chanteur. C’était une chouette découverte, parce que, pour tout vous dire, je m’apprêtais à prendre le chemin du Tram pour rentrer chez moi, et sa voix, m’a touché, et je suis donc restée le regarder ! Il nous chante une première chanson dont je n’ai pas retenu suffisamment de paroles pour vous dire ce que c’était… mais nous interprète ensuite un powerful Couleurs love. Yoann Fréget nous invite ainsi à être plein d’amour les uns envers les autres, et son refrain reprend les mots suivants : On a chacun le pouvoir, De changer le cours de l’histoire, Et soudain se voir, Couleur lo-lo-lo-love, Comme les passants qui s’étalent, Et vont peindre les étoiles, Pour que les soleils toujours dévalent, Couleur lo-lo-lo-love. Yoann Fréget est arrivé tel un ovni, et nous a entièrement fait partager son amour pour la musique.

La Nocturne du Festival Tropiques en fêtes se termine ici pour moi. C’était un lot de bonnes surprises, accompagné d’artistes que je connaissais déjà, que j’ai tout autant apprécié à redécouvrir en représentation musicale.

Indy Eka

Indy Eka

Florence Naprix

Florence Naprix

Florence Naprix

Florence Naprix

La présentatrice

Yoan

Warren

Warren

Warren

Corners Of My Mind de Tanya Stephens et Sanjay

TanyaStephensVEVO

Cette chanson m’a fait simplement perturbée à la première écoute… Tanya Stephens a signé son grand retour sur le devant de la scène en fin d’année 2013 avec son neuvième album intitulé Guilty.

Cet album, dont je n’avais jamais entendu parlé avant la commercialisation de ce single Corners of My Mind, possède 16 chansons reggae toutes plus attractives que les autres. Je vous écrirai peut-être une chronique dessus un de ces jours… En attendant, cette chanson, qui réunit Tanya Stephens et Sanjay, et qui est d’ailleurs le seul featuring de Guilty, est juste un diamant à l’état brut !

Tout d’abord, ce sont les sonorités de ce morceau qui m’ont tout de suite plu. Il s’agit d’un mélange de reggae et de dancehall dans lequel la guitare électrique fait son apparition par moments pour accentuer toute la notion tragique des paroles de cette chanson d’amour. On comprend, si on écoute cette fois les paroles de Corners of My Mind, que ce titre défend le point de vue bien différent de deux personnes ayant été en couple. C’est bel-et-bien la femme qui a pris la décision de mettre fin à cette relation qu’elle ne jugeait pas saine. L’homme apparaît ici comme quelqu’un de nostalgique, qui voudrait que son ex lui donne une autre chance. Il n’arrive pas à comprendre pourquoi tout est fini entre eux et voudrait juste qu’ils soient ensemble, même si cette relation ne doit être qu’amicale. Il ne se voit pas vivre sans cette femme.

Et c’est ensuite ce clip, qui m’a juste bouleversé… Dans cette vidéo, Tanya Stephens joue le rôle de la femme qui souhaite sa liberté. Elle arrive accompagnée chez son ex, interprété par Sanjay, afin de récupérer les affaires qu’elle a laissé chez lui. Alors qu’elle répertorie l’ensemble de ses affaires, elle tombe sur un bracelet qui lui a été offert par son ancien amant. Les différents champs de caméra proposés nous laissent entendre que ce bracelet a une énorme valeur sentimentale. En effet, il s’agit d’un cadeau de Sanjay, et presque de manière nostalgique, Tanya se retrouve dans les bras de son ex. Alors qu’on croit au renouveau de leur flamme, petit à petit, on comprend que c’est en réalité un amour égoïste que ressent l’homme. Il sort en effet un pistolet et Sanjay accentue la portée de son geste, en chuchotant au creux de l’oreille de son amante morte les mots "Can i remind you of words like 'Forever'".

On comprend alors que la vidéo, et finalement cette chanson, est un hommage aux femmes qui subissent la violence de leurs partenaires. Par ailleurs, ces deux statistiques impressionnantes nous sont proposées en fin de clip :

According to a 2013 global review if available data, 35 per cent of women worldwide have experienced either physical and/or sexual intimate partner violence or non-partner sexual violence.

Un Women

Some national violence studies show that up to 70 per cent of women have experienced physical and/or sexual violence in their lifetime from an intimate partner.

Un Women

Je ne sais pas ce que vous penserez de cette fin tragique, ni de cette chanson, mais pour le coup, c’est assurément l’un des titres qui m’aura le plus marqué en ce début d’année 2014. Corners of My Mind est définitivement un de mes coups de cœur du moment !