Cyparis, le prisonnier de Saint-Pierre, dessiné par Lucas Vallerie

La Boîte à Bulles

Je suis tombée complètement par hasard sur cette bande dessinée alors que je me promenais dans ma librairie. J’ai vu son titre CYPARIS, le prisonnier de Saint-Pierre ; je me suis dit « hey… mais ça, je connais ! », et c’est ainsi que son auteur, Lucas Vallerie, a aiguisé ma curiosité avec son ouvrage paru aux éditions La Boîte à Bulles.

Un scénario bien ficelé qui retrace l’histoire de Cyparis et de Saint-Pierre

Toute personne ayant vécu ne serait-ce que quelques temps en Martinique connaît l’histoire de Louis-Auguste Cyparis. Le destin de cet homme est étroitement lié avec celui de la ville de Saint-Pierre, une commune située au Nord Caraïbe de la Martinique.

Le 8 mai 1902, Saint-Pierre connaît une éruption volcanique d’une violence sans précédent. Ce jour-là, la Montagne Pelée vit d’ailleurs la plus meurtrière éruption au monde du XXème siècle avec près de 30 000 morts en seulement deux minutes. Cyparis est l’un des miraculés de cette regrettable catastrophe. Emprisonné dans un cachot aux murs épais au moment de l’émission de la nuée ardente et de l’explosion du volcan, on le retrouve trois jours après l’éruption souffrant de nombreuses brûlures.

C’est cet incroyable récit que nous conte Lucas Vallerie. Avec des dessins magnifiques d’une technique irréprochable, une narration douce et distrayante, et des couleurs flamboyantes nées sous l’initiative de Lucie Firoud, cette bande dessinée m’aura fait réfléchir sur ce fait d’antan qui fait partie de l’histoire de la Martinique.

Une catastrophe, en général et quelle que soit sa nature, s’annonce avec fracas, a son lot de signes avant-coureurs, de lanceurs d’alerte, d’incroyables hasards et, parfois, certains miraculés. Mais malgré tout cela, l’homme ne parvient jamais à regarder la vérité en face, il ne peut pas croire que le pire puisse arriver et, continuellement, détourne le regard…

Lucas Vallerie

Grâce à cette bande dessinée, on peut suivre chronologiquement les signes avant-coureurs donnés par la Montagne Pelée. Ainsi on découvre l’apparition de fumerolles au sommet du cratère, les nuages de cendre recouvrant la ville, la croissance de la température des eaux avoisinantes, la montée de fortes odeurs de soufre, l’ensevelissement de l’usine Guérin (qui fait déjà quelques victimes), les pluies torrentielles, les coulées de boue… J’ai adoré la qualité des vignettes de cet album qui permettent de se rendre compte des différentes manifestations du volcan avant son entrée en phase explosive.

La Montagne Pelée avant son éruption, par Lucas Vallerie
La Montagne Pelée avant son éruption dessinée par Lucas Vallerie

Avec tous ces signes précurseurs donnés par la Montagne Pelée, si le contexte politique de la Martinique avait été différent, peut-être qu’une partie de la population pierrotine aurait pu être sauvée. Le scénario imaginé par Lucas Vallerie insiste également sur ce point. Les risques de catastrophe ont été soulevés par certains scientifiques de l’époque mais les dégâts éventuels ont été jugés modéremment par le gouvernement qui craignait de voir un taux d’abstention trop important le dimanche 11 mai 1902 si la population venait à quitter la ville. Il devait s’y tenir le second tour des élections législatives.

Si Saint-Pierre n’avait pas connu cette violente éruption, peut-être aurait-elle encore ses lettres de noblesse et serait-elle encore considérée comme le chef-lieu de ce département d’outremer.

Aujourd’hui…

La ville de Saint-Pierre a repris bien des couleurs depuis cette catastrophe. Mais, si vous avez un jour l’occasion de vous aventurer dans cette commune paisible, vous y verrez sans aucun doute les vestiges de ce passé incroyable. La ville possède encore des ruines bien présentes en son centre. Il est possible de visiter les vestiges des maisons du Figuier, les ruines du Théâtre… Et, le cachot de Cyparis, quoique recouvert de quelques végétations luxuriantes, se tient toujours debout, surplombant un espace qui autrefois accueillait les plus beaux spectacles d’antan.

L’activité de la Montagne Pelée est aujourd’hui surveillée par l’Observatoire Volcanologique et Sismologique de la Martinique. Ce laboratoire scientifique a été créé en 1902 par Alfred Lacroix suite à la première éruption dévastatrice de la Montagne Pelée. Chaque trimestre l’OVSM propose un bilan de l’activité volcanique de la Montagne Pelée et de l’activité sismologique de l’île consultable en ligne.

Des croix gammées transformées en œuvres d’art à Berlin

Legacy Store BLN

Il est illégal de diffuser une croix gammée en Allemagne : cette image, ce qu’elle symbolise et l’idéologie qu’elle évoque font preuve d’une censure médiatique très sévère. Et pourtant, malgré cette interdiction, le symbole de haine qu’est la croix gammée apparaît encore de temps en temps dans les rues et les espaces publics de la ville de Berlin sous la forme de graffitis.

Dans le but d’effacer ces témoignages fanatiques, le collectif Legacy Store BLN, avec entre autres le street artiste Ibo Omari et d’autres activistes basés dans la capitale allemande, décide de repeindre ces croix en les masquant sous des œuvres de street-art. « We take their ugly message and make something beautiful out of it. » (Nous prenons leur message répugnant et nous en faisons quelque chose de beau.) Il était important, selon ces artistes, de répondre avec des messages d’amour et de joie.

Une croix gammée recouverte d'un hibou

L’Allemagne a connu une augmentation de la violence politique de l’extrême droite ces dernières années, une réaction en masse contre le gouvernement qui admettait plus d’un million de réfugiés depuis 2015. Le collectif dénonce la peur des résidents face aux étrangers, une situation « inacceptable » à leur sens. Ibo Omari attribue cependant l’idée au joli travail d’Irmela Mensah-Schramm.

Irmela Mensah-Schramm est l’une des pionnières dans le recouvrage de croix gammées à Berlin. Âgée de plus de 70 ans aujourd’hui, cette ancienne professeure des écoles a elle aussi entrepris ce long travail dans la ville il y a deux ans. Selon elle, la liberté d’expression a des limites, elle finit là où la haine et le mépris pour l’humanité commencent. « Freedom of speech has limits. It ends where hatred and contempt for humanity begins. »

Vous pouvez retrouver le collectif sur Instagram et Facebook, et leurs travaux sur ce projet via le hashtag #PaintBack.

Hommage à M. Hargreaves

Laëtitia et Christophe

Au cas où vous l’auriez manqué, Google a décidé de rendre hommage hier au créateur des Monsieur Madame, Roger Hargreaves, à l’occasion de son 76ème anniversaire. A chaque rafraîchissement de la page d’accueil du géant en matière de recherches sur Internet apparaissait de manière aléatoire un des 16 doodles créés pour l’évènement.

Ainsi étaient représentés : Little Miss Chatterbox (Madame Bavarde), Little Miss Curious (Madame Pourquoi), Little Miss Magic (Madame Magie), Mr Uppity (Monsieur Malpoli), Little Miss Naughty (Madame Canaille), Little Miss Shy (Madame Timide), Little Miss Sunshine (Madame Bonheur), Little Miss Tiny (Madame Petite), Little Miss Whoops (Madame Malchance), Mr Dizzy (Monsieur Nigaud), Mr Forgetful (Monsieur Étourdi), Mr Funny (Monsieur Rigolo), Mr Happy (Monsieur Heureux), Mr Messy (Monsieur Sale), Mr Rush (Monsieur Pressé), Mr Slow (Monsieur Lent) et Mr Tickle (Monsieur Chatouille).

Pour la petite histoire, cette année marquera en août prochain le 40ème anniversaire de Mr Tickle, le premier personnage des « Mr Men and Little Miss ». On dénombre aujourd’hui plus de 100 millions d’exemplaires vendus à travers 28 pays du monde [voir source]. La série compte d’ailleurs 44 personnages récurrents que vous pouvez visualiser ici.

Google Doodle - Little Miss Whoops

Google Doodle - Little Miss Curious

Google Doodle - Little Miss Chatterbox

Google Doodle - Little Miss Magic

Google Doodle - Mr Uppity & Little Miss Naughty

Google Doodle - Little Miss Shy

Google Doodle - Little Miss Sunshine

Google Doodle - Mr Forgetful

Google Doodle - Mr Dizzy

Google Doodle - Mr Messy

Google Doodle - Mr Funny

Google Doodle - Mr Happy

Google Doodle - Mr Slow

Google Doodle - Mr Rush

Google Doodle - Mr Tickle

Google Doodle - Little Miss Tiny

Boulevard Amilcar Cabral

christelle.

À l’occasion du 39ème festival de Fort-de-France "Résonance", qui est dédié cette année au Docteur Pierre Aliker, des graffeurs ont réalisé une fresque en hommage à André Aliker, Amilcar Cabral et Aimé Césaire.

Pour réaliser cette oeuvre, les organisateurs du festival ont fait appel au cap verdien Carlos Manuel Mendes Abreu ainsi qu’aux artistes martiniquais Xan, Oshea et Cima. Le mur du lycée André Aliker, au Boulevard Amilcar Cabral de Fort-de-France, est désormais chargé d’une empreinte culturelle. Une véritable rencontre entre la modernité et l’histoire de la Martinique.

Qui était André Aliker ?

André Aliker est né le 10 février 1894 au quartier Roches-Carrées (Lamentin), dans une famille modeste d’ouvriers agricoles. Durant la première guerre mondiale, il se porte volontaire et sera distingué par son dévouement et son courage.

Lors de son retour en Martinique, il s’inscrit au groupe communiste Jean Jaurès tout en animant de temps à autre, le syndicat des employés de commerce. C’est ainsi qu’il devint rédacteur en chef du journal Justice, dont la première parution date du 8 mai 1920. Il soulève de nombreuses injustices dans son journal. Il vient à publier dans l’édition spéciale du 11 juillet 1933 des pièces d’un dossier prouvant la culpabilité du béké Aubéry dans une affaire de fraude fiscale.

Victime de pressions et de menaces, André Aliker écrit à son frère que sa tête est mise à prix. Le 12 janvier 1934, son corps ligoté est retrouvé sur la plage de Fond Bourlet, entre les communes de Case-Pilote et de Bellefontaine. Lathèse du meurtre sera retenue après autopsie. Pour les journalistes d’aujourd’hui, Aliker est un modèle. Dans les années trente, il avait compris l’importance de la presse. Il avançait de front dans les deux directions que lui conféraient sa double conscience de journaliste et de communiste. Il savait par ailleurs qu’il devait être avant tout au service de la vérité. Le réalisateur Guy Deslaurier lui consacre un long métrage « Aliker » diffusé en novembre 2009 sur les écrans martiniquais.

Qui était Amilcar Cabral ?

Amílcar Cabral est né en Guinée portugaise le 12 septembre 1924 de parents capverdiens. Il part étudier l’agronomie à Lisbonne (Portugal) et y demeure jusqu’en 1952.

De retour en Guinée-Bissau comme agronome, il entend contribuer à améliorer la condition de son peuple et mettre fin à la domination coloniale portugaise. En 1956 il fonde, avec Luís Cabral, son demi-frère (futur président de la République de Guinée-Bissau), Aristides Pereira (futur président de la République du Cap-Vert), Abilio Duarte (futur ministre et président de l’Assemblée nationale du Cap-Vert), le PAIGC, Parti Africain pour l’Indépendance de la Guinée et du Cap-Vert.

Amílcar Cabral est assassiné le 20 janvier 1973 à Conakry (Guinée-Conakry), six mois seulement avant l’indépendance de la Guinée-Bissau. Ses assassins sont des membres de son parti, manipulés par les autorités portugaises et bénéficiant de complicités au plus haut niveau dans l’État guinéen. Amilcar Cabral ne verra donc jamais l’indépendance de la Guinée-Bissau et du Cap-Vert, cause pour laquelle il a combattu pendant plus de vingt ans.

Qui était Aimé Césaire ?

Aimé Césaire est né en 1913 en Martinique. Il part pour Paris en 1931 avec une bourse d’études. Au contact des jeunes africains étudiant à Paris, Aimé Césaire et son ami guyanais Léon Gontran Damas découvrent petit à petit une part refoulée de leur identité, la composante africaine.

En septembre 1934, Aimé Césaire, Léon Gontran Damas, Guy Tirolien, Léopold Sédar Senghor et Birago Diop fondent le journal « L’Étudiant noir ». Le terme de négritude apparaître pour la première fois dans cette revue. Cette idéologie, basée en réaction à l’oppression culturelle du système colonial français, vise d’une part à rejeter le projet français d’assimilation culturelle et, d’autre part, à promouvoir l’Afrique et sa culture, dévalorisées par le racisme issu du colonialisme.

En 1936, Césaire a commencé à travailler sur son œuvre la plus célèbre « Cahier d’un retour au pays natal ». Aimé Césaire rentre en Martinique en 1939, pour enseigner au lycée Schœlcher. En 1945, Aimé Césaire est élu maire de Fort-de-France. Dans la foulée, il est également élu député, mandat qu’il conservera sans interruption jusqu’en 1993.

Surnommé « le nègre fondamental », il influencera des auteurs tels que Frantz Fanon, Édouard Glissant (qui ont été élèves de Césaire au lycée Schoelcher), le guadeloupéen Daniel Maximin et bien d’autres. Sa pensée et sa poésie ont également nettement marqué les intellectuels africains et noirs américains en lutte contre la colonisation et l »acculturation. Il meurt le 17 avril 2008 à Fort-de-France.

La Maison de la Canne

christelle.

La Maison de la Canne se situe dans les murs de l’ancienne distillerie de l’habitation Vatable aux Trois-Ilets. Cette dernière possède un fonds de terre de 323 hectares. Justin Mario, propriétaire à partir de 1904 y installe cette fameuse distillerie en 1916. La ville de Trois-Îlets possède à l’époque 3 autres distilleries agricoles : L’Espérance, l’Anse à l’Âne et Poterie.

Le rhum Le Soleil est produit à Vatable jusqu’en 1962, quand Luc Mario cède son contingent de rhum aux établissements Simonnet. Achetée en 1987 par l’Association Martiniquaise de la Maison de la Canne, la distillerie est restaurée et modifiée afin d’y abriter le musée qui retrace l’histoire de la canne à sucre depuis son introduction en Martinique au milieu du XVIIème siècle. Ci-dessous, un descriptif de quelques éléments de ce musée. D’autres photos de cette visite sont visibles dans la galerie de la Maison de la Canne.

La Locomotive

Les champs de cannes à sucre ne se trouvant pas toujours à proximité des usines et des distilleries, le problème du transport de la canne s’est rapidement posé (dès la période de l’esclavage). Il y eut d’abord les chariots tirés par les animaux (chevaux, ânes ou boeufs) puis à une époque plus avancée les chemins de fer se sont imposés à la Martinique. Les locomotives tractant des wagons de cannes coupées manuellement arrivaient directement dans les usines. De nos jours, le transport se fait uniquement à l’aide des tracteurs.

locomotive

Le Moulin à bêtes

Le moulin à bêtes est le plus ancien moyen de broyage de la canne connu aux Antilles. Il apparaît pour la première fois en Guadeloupe vers 1642 grâce à des protestants Hollandais. Ses avantages sont multiples. Il peut s’implanter partout et coûte deux fois moins cher qu’un moulin à vent et quatre fois moins cher qu’un moulin à eau. Son utilisation est majoritaire au XVIIIème siècle. Ils sont devenus obsolètes dès lors de l’arrivée de la machine à vapeur et de la mécanisation.

moulin

Découverte du Village de la Poterie

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Le Village de la Poterie se situe sur la Route des Trois-Ilets. Ancienne habitation des jésuites, l’habitation Poterie regroupait autrefois non seulement des activités de poterie, mais également une sucrerie, qui fonctionne certainement dès le XVIIème siècle, avant de se spécialiser progressivement dans la poterie à usages industriel et domestique, pratiquée dès le XVIIIème siècle. Une partie des bâtiments de l’usine date du XIXème siècle, époque de cuisson au four à bois. Des modifications sont apportées au XXème siècle, au gré des innovations technologiques.

Le tout premier bâtiment visible en arrivant dans le Village de la Poterie est le bâtiment ayant abrité le débit de la régie, aussi appelé simplement Boutique de Poterie. A l’origine, cette construction permettait la vente de produits alimentaires en détail. L’appellation débit de régie lui est conféré car les inspecteurs de la régie de l’époque y étaient chargés de contrôler le débit de boissons, notamment des alcools, qui étaient commercialisés. Aujourd’hui, le bâtiment a perdu toutes ces fonctions. Il est presque uniquement décoratif, et témoigne des échanges monétaires passés.

Le débit de la régie

J’ai ensuite continué ma visite par la première maison créole que j’ai vu à ma gauche. Celle-ci proposait un certain nombre de produits originaux (faces créoles, masques, vases en tout genre, etc.). Dans l’atelier, des personnes travaillaient la terre afin de la modeler.

Puis, je me suis rendue dans la maison créole « Le Coffret ». J’ai eu un véritable coup de cœur pour cette petite boutique. La personne qui m »a reçue crée ses propres modèles de bijoux et de tableaux. Vous trouverez plus d’informations sur les produits proposés par « Le Coffret » ici.

Boutique Le Coffret

Pour ma part, j’y ai acheté une paire de boucles d’oreilles réalisée grâce à la technique de fabrication du Raku, d’origine Coréenne. Celle-ci consiste à enfourner les pièces découpées et travaillées avec la terre dans un four Raku aux environs de 1000°C. Ces dernières sont alors rapidement recouvertes de sciure de bois compactée pour limiter l’apport d’oxygène et faire apparaître les couleurs, les craquelures et l’effet d’enfumage de la terre laissée brute.

Boutique Le Coffret

En continuant ma visite du site, je suis tombée sur plusieurs statues Taïnos. Les Taïnos constituent une ethnie amérindienne appartenant aux Arawaks, qui occupait les grandes Antilles lors de l’arrivée de Christophe Colomb en 1492 sur l’île qu’il baptisera Hispaniola (qui deviendra Haïti – République Dominicaine). Les Taïnos étaient animistes et attribuaient donc un esprit aux animaus, aux phénomènes naturels et à la mort. Ces statues représentent les petites idoles avec lesquelles les Taïnos rentraient en contact avec les esprits : les zémis (ou cémis) « los cemíes ». Il faut savoir que la langue française contient des mots d’origine Taïno. Voir ici.

Enfin, après avoir visité quelques boutiques, j’ai pu accéder au dernier bâtiment du village. Il s’agit de l’ancien bâtiment administratif. Construit sur le modèle d’une maison de maître, ce bâtiment, selon certaines sources, aurait pu appartenir aux jésuites. Il a abrité au XVIIIème siècle, un relais de poste et les bureaux de la Poterie. C’est désormais un atelier artisanal de poterie, une salle d’exposition et de vente. J’y ai acheté des cuillères en paille de coco, et un paréo. :)

Certaines informations de cet article proviennent du livre Le Patrimoine des Communes de la Martinique (Éditions Flohic). D’autres photos du Village de la Poterie sont visibles dans cette galerie.

Visite du Musée du Café et du Cacao

christelle.

La semaine dernière, j’ai décidé de redécouvrir la ville des Trois-Ilets grâce son riche patrimoine. Je me suis donc rendue au Musée du Café et du Cacao, au Village de la Poterie et à la Maison de la Canne.

Le Musée du Café et du Cacao se situe dans le Domaine du Château Gaillard, dans la commune des Trois-Ilets. Il s’agit d’une grande demeure de style créole regroupant un certain nombre d’espaces culturels et artisanaux dont une pépinière, des ateliers de création de parfums et de compositions aromatiques, des ateliers de poterie et de céramique, des boutiques de bijoux, un restaurant, etc.

Située au cœur du centre d’artisanat d’art et d’horticulture, la pépinière des Trois-Îlets est la plus grande serre de plantes tropicales de la Martinique. Elle possède plus de mille variétés végétales : fruits, agrumes, plantes ornementales, plantes aromatiques, orchidées (toutes produites en Martinique).

Le Musée du Café et du Cacao propose un large panel d’illustrations, de machines et de textes explicatifs relatant l’histoire du café et celle du cacao.

L’histoire du Café

Beaucoup de légendes existent autour de la découverte du café. Parmi elles se trouve la légende du jeune berger Kaldi datant de 850 avant J.-C.. Celui-ci remarqua que ses chèvres étaient agitées lorsqu’elles se nourrissaient de petites baies rouges. Il les goûta lui-même et constata alors qu’il était plus énergique que d’habitude. Il raconta son histoire à quelques moines d’un monastère du village et ceux-ci commencèrent à manger ces fruits pour rester éveillés pendant leurs prières nocturnes. Oubliant un jour par mégarde une branche de l’arbuste sur le feu, ils découvrirent que carbonisées, ces graines donnaient une boisson possédant les mêmes propriétés stimulantes mais d’un goût beaucoup plus agréable.

C’est au XVIème siècle que les Européens découvrent le breuvage grâce aux Ottomans. Son succès est immédiat. Dès 1615, le café se diffuse sur l »ensemble du continent, soit cinq ans après le thé et de nombreuses années après le cacao, introduit par les Espagnols en 1528.

Le Brésil est aujourd’hui le plus grand producteur de café du monde, suivi par le Vietnam, la Colombie et l’Indonésie. Un grand nombre de pays se partage le reste de la production mais ne réalisent que de faibles volumes. Le nombre de personnes travaillant dans un secteur directement ou indirectement lié au café est au café est aujourd’hui estimé à 20 millions.

L’histoire du Cacao

Les terres d’origine du cacao sont l’Amérique centrale et l’Amérique du Sud, plus précisément la Presqu’île du Yucatán et les bassins de l’Orénoque et de l’Amazone. Il apparut il y a plus de 4000 ans dans l’Empire Maya et connut plusieurs grandes civilisations.

Considérées par les peuples d’Amérique centrale comme un produit divin, les graines de cacao comptaient parmi les présents précieux offerts en hommage aux dieux et aux souverains.

C’est à Hernán Cortes que l’on doit la découverte du chocolat. Lorsqu’il débarqua en avril 1519, il fut emmené auprès de l’empereur Moctezuma; ce dernier lui offrit dans un gobelet d’or un « xocolatl », boisson épaisse édulcorée au miel et relevée d’épices et de piment.

En Amérique, peu coûteux à la production et de culture relativement aisée, le cacao séduit les planteurs qui vont chercher de la main d’œuvre en Afrique : le cacao, comme le sucre, contribue alors au développement de l »esclavage.

Vous pouvez voir d’autres photos de cette visite ici

Saint-Pierre, ville d’art et d’histoire

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Vendredi dernier, j’ai été à Saint-Pierre avec ma petite maman. On a commencé par le Centre de Découverte des Sciences de la Terre. Celui-ci a été inauguré le samedi 7 février 2004 sous la présidence de Claude Lise. Le CDST a été créé dans le but de rendre hommage aux 28000 personnes décédées lors de l’éruption du 8 mai 1902 (représentées par les 28 blocs rouges disposés dans le jardin du Centre). Il s’agit également de témoigner de l’importance des évènements volcanologiques ayant eu lieu le siècle dernier, et d’inciter la population Martiniquaise à prendre conscience des réels dangers liés à la Montagne Pelée. Le CDST se compose de 3 principaux espaces : la station météorologique, le cyclone et le volcan.

Les données telles que la pluviométrie, la température et/ou le vent sont récoltées dans la station métérologique et transmises directement à Météo France. L’oeil du cyclone a été conçu avec des pierres rappelant les constructions des habitations du Saint-Pierre d’avant l’éruption. Il est symbolisé par un puits. Il existe un dinosaure au centre de ce cyclone (j’ai pas pensé à demander pourquoi). L’amphithéâtre de 300 places situé au milieu du Centre a été construit afin de rappeler le cratère de la Montagne Pelée.

On a assisté à la projection du film « Volcan des Antilles ». Ce film analyse en détail ces deux crises volcaniques, en les replaçant dans le contexte plus général du volcanisme dans la Caraïbe. Il montre comment, grâce aux travaux d »Alfred Lacroix sur les éruptions de la Montagne Pelée, un nouveau concept est né : celui de la nuée ardente et d »éruption péléenne, permettant aux scientifiques qui lui ont succédé de mettre en place un système de surveillance et des plans d »évacuation destinés à empêcher que se reproduisent aujourd »hui, dans chacune des îles des Petites Antilles où le volcanisme est toujours actif, des catastrophes aussi meurtrières que celle de Saint-Pierre en 1902. [source]

Après ce documentaire, on a pu parcourir les différentes salles du CDST et découvrir les expositions qui y figuraient. De nombreuses expériences étaient réalisables dans la première salle. Elles avaient la particularité de mettre en évidence l’énergie solaire.

Peinture de Dominique Serafini

Dans la salle suivante, il y avait l’exposition « Les bulles la Calypso » réalisée par Dominique Serafini. Je crois que c’est la partie que j’ai préféré dans ma visite du CDST… De magnifiques toiles de fonds marins étaient accrochées aux murs. Il y avait également les planches de bandes dessinées sur la vie du commandant Cousteau, dont on fête le centenaire de la naissance. Dominique Serafini est un illustrateur, artiste peintre français qui passe sa vie au rythme de ses deux passions – la mer et l’art. Né en 1946, Dominique Serafini étudie la peinture à l’école des Beaux-Arts de Paris de 1966 à 1968. De 1982 à 1997, il crée une série de 17 bandes dessinées en s’inspirant des expéditions de Jacques Cousteau à travers le monde entier. Cliquez ici pour voir quelques unes de ses œuvres. La dernière salle proposait des oblitérations postales de la Martinique depuis 1820 sous le thème « Plongée dans l’Histoire ».

Après la visite du CDST, direction le bourg de Saint-Pierre. On a parcouru la ville et observé ses ruines et ses sculptures. Je vous parlerai ici de quelques éléments du patrimoine pierrotain. D’autres photos sont visibles dans la galerie de Saint-Pierre ou celle du CDST.

La batterie d’Esnotz

La batterie de canons, d’abord appelée batterie Saint-Nicolas, est installée en haut de ce mur par le lieutenant général et gouverneur Nicolas de Gabaret. Elle prend place sur les hauts de Saint-Pierre en 1694. Le comte d’Esnotz, gouverneur qui lui donne son nom actuel, la renforce par l’ajout de onze canons.

C’est en 1793, que cette partie de Saint-Pierre, passe dans le domaine public. En effet, Jean de l’Horme, un riche négociant jusqu’alors propriétaire de ce patrimoine, offre tout le terrain avoisinant la batterie d’Esnotz au domaine public, à la seule condition que celui soit transformé en promenade.

La batterie d'Esnotz

La Place de l’Abolition

Inaugurée le 20 mai 2006 sous l’administration de Raphaël Martine, le Maire de Saint-Pierre, la Place de l’Abolition est le lieu où a été proclamée l’abolition de l’esclavage le 23 mai 1848 par le Gouveneur Rostolan. C’est une œuvre réalisée par Hector Charpentier, offerte à la ville.

Hector Charpentier est un peintre, sculpteur et plasticien originaire de la Martinique né en 1950. Il a fortement été influencé par ses parents pour son goût de l’art. Sa mère, Paule Charpentier, était une artiste peintre et professeure d’arts plastiques. Et son père, Hector Charpentier, était un peintre de passion. Dès son plus jeune âge, il est donc baigné dans cet univers qui ne le quittera plus. Il est l’un des seuls peintres antillais à être représenté au Musée du Louvre de Paris. Hector Charpentier a par ailleurs offert plusieurs de ses œuvres au patrimoine culturel de la Martinique, dont notamment les Bras de la Liberté, une statue présente au Prêcheur.

Place de l'Abolition

Vestiges de maisons du Figuier

Accolées au mur de la batterie d’Esnotz, ces petites maisons à un étage étaient, à l’origine, des logements militaires reliés aux fortifications par un escalier dissimulé derrière la muraille. Elles sont désormais témoins des coulées de lave ayant eu lieu lors de l’éruption de la Montagne Pelée.

Ces maisons dites « du Figuier » ont été construites au XVIIème siècle pour des raisons militaires, dans le but de servir de défense en cas de guerre. En temps de paix, elles étaient alors utilisées comme des bâtiments de commerce, car elles possèdent l’avantage de se situer en face de la mer – ce qui facilitait les échanges entre pêcheurs et particuliers.

Ruines des maisons du Figuier

Vestiges du Théâtre

Le théâtre, appelé aussi La Comédie, fut inauguré en 1786. Il pouvait accueillir jusqu’à 800 spectateurs sur 3 niveaux. La scène immense était prévue pour des représentations à grand spectacle. Des troupes théâtrales venaient de toute part pour y jouer.

Un cyclone détruit ce théâtre une première fois en 1813. Il est ensuite petit à petit réaménagé. En 1901, une année avant l’éruption de la Montagne Pelée donc, il connaît une grosse faillite suite aux efforts financiers réalisés pour la réhabilitation du lieu. Le théâtre fermera ses portes de manière définitive cette année-là, juste avant d’être entièrement détruit par les coulées en 1902.

Vestiges du théâtre de Saint-Pierre

Saint-Pierre renaissant de ses cendres

Cette sculpture, offerte à la ville par Madeleine de Jouvray, est inaugurée le 2 février 1928 près de l’embarcadère de la place Bertin. C’est le gouverneur Guy qui la présentera pour la première fois aux pierrotains. La statue faite de roches volcaniques, est finalement déplacée sur la terrasse supérieure des ruines du théâtre.

Saint-Pierre renaissant de ses cendres

108 ans après l’éruption de la Montagne Pelée

André Allaguy-Salachy

Au XVIIIème siècle, Saint-Pierre est la capitale des Isles-sous-le-Vent. Construit en pierre de taille, la ville compte d »importants bâtiments et monuments, ainsi qu’une douzaine de rhumeries. Le port, où transitent des navires du monde entier, est le lieu d’un commerce intense. Ville du confort, de la vie intellectuelle et culturelle, Saint-Pierre est un haut lieu de divertissement : son théâtre et son carnaval sont très réputés.

Dans la seconde moitié du XIXème siècle, Saint-Pierre devient la capitale du rhum, et compte au début du XXème siècle, vingt distilleries dans ses murs, et treize autres dans ses environs.

Le 8 mai 1902, juste avant le second tour du scrutin législatif, l’éruption soudaine de la Montagne Pelée dépasse toutes les prévisions qui se voulaient rassurantes, et inaugure un nouveau phénomène volcanique encore inconnu. En trois minutes, la ville disparaît sous des nuées ardentes, ensevelissant ses 30000 habitants.

Aujourd’hui, à l’occasion de cet anniversaire, une exposition philatélique, réalisée par Jean-Claude Saint-Marc, a lieu à Saint-Pierre sur le thème « Plongée dans l’histoire ». Cet exposition restera visible jusqu’au 30 mai 2010. J’essaierai de m’y rendre prochainement afin de vous en proposer quelques photos. Par ailleurs, un certain nombre d’évènements sont proposés à Saint-Pierre au cours de ce mois de mai (source Martinique Scoop).

La plupart des informations utilisées pour cet article ont été recueillies dans le livre Le Patrimoine des Communes de la Martinique (aux Éditions Flohic).