Interview de Charly B

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Charly B est aussi un amoureux de la musique et compose ses propres mélodies depuis qu’il a 15 ans. Il est actuellement en pleine promotion de son album « Forever » sorti courant 2012. C’est dans ce cadre qu’il a répondu à nos questions dans cette interview.

Tout d’abord bonjour et merci de nous accorder un peu de ton temps. Peux-tu te présenter en quelques mots et nous expliquer pourquoi avoir choisi ce nom, Charly B ?

En quelques mots, on peut dire que je suis un passionné de musique, amoureux de la Jamaïque, avec une grande sensibilité aux bonnes vibes. Mon nom Charly B vient tout simplement de mon prénom Charly, et B la première lettre de mon nom de famille. Beaucoup de mes amis m’appelaient Mr. B, et c’est comme ça que j’ai pensé à m’appeler Charly B.

D’origines multiples et riche de cultures diverses (française, allemande, arménienne, né en Italie, installé à Genève), tu découvres le reggae à l’âge de 15 ans lors d’une année scolaire passée en Jamaïque. A quel moment exactement as-tu su que tu ferais carrière dans la musique reggae ? Tes longs séjours en Jamaïque ont-ils été décisifs ?

J’ai en fait su dès l’âge de 13 ans que j’avais la passion de la musique. Je me souviens d’avoir dit à mes parents que je serai chanteur à cet âge là. Pour moi c’était une évidence, car j’ai la musique dans le sang. Mais il est certain que le fait d’aller en Jamaïque à l’âge de 16 ans a déclenché encore plus ce désir de me plonger dans la musique jamaïcaine.

Avec un timbre de voix unique, des beats et des rythmes surprenants, tu es considéré comme l’ambassadeur d’un renouveau musical. Comment décrirais-tu ta musique à ceux qui ne te connaissent pas (encore) ?

J’ai toujours aimé faire des acrobaties, en skate j’en faisais beaucoup, en snowboard aussi, et finalement, je fais des acrobaties aussi en chantant. J’aime aller toujours aux limites du possible, et lorsque je chante, je ne veux pas faire simple, il faut que je chante avec tout mon cœur, toutes mes tripes. J’offre donc à ceux qui m’écoutent non seulement mes chansons, mais aussi tout mon savoir faire et toute mon âme.

Quels sont les artistes, les genres musicaux qui t’ont inspiré le plus pour arriver à proposer ton propre style ?

Les artistes dont je me sens proche, au départ c’est Bob Marley, King Tubby, Peter Tosh, IAm etc.. et puis beaucoup d’artistes jamaïcains qui proposent des bonnes paroles, un bon riddim et une bonne vibe, même s’ils sont très extravagants parfois. Nous avons une même mission de musique, et puis plus largement en fait, tous les bons musiciens, pas forcément en reggae, ça peut être aussi en rock, en hip hop, en pop, qui font de la bonne musique, et avec qui j’échange des vibes.

Je tire mon style de toutes ces expériences, mais aussi, souvent la nuit, je ne dors pas car c’est à ce moment là que j’ai des inspirations de fou, et il ne faut pas que je les laisse passer. Et j’ai beaucoup de bonheur à les faire partager avec mes fans.

Ton dernier album, intitulé Forever (French Edition) est composé de 15 titres, est sorti en septembre dernier. On y trouve des styles différents et des paroles fortes et engagées. Qu’est-ce qui t’a inspiré pour l’écriture de tes textes ? Quels messages souhaites-tu faire passer aux auditeurs ?

Il y a, c’est vrai, plusieurs thèmes abordés dans mon album. J’écris ce qui me touche, j’essaie de parler des choses de la vie qui m’émeuvent, qui m’inspirent, tout ce que je dis et écris est basé sur des expériences vécues, soit personnellement, soit par des amis proches. Les messages que je souhaite faire passer sont simples, tout est dit dans les paroles, et souvent dans les titres de mes chansons.

Malgré les nombreuses collaborations – notamment avec des légendes du dancehall comme Capleton, Bounty Killer ou encore Sean Paul – que tu as déjà à ton actif, avec quels artistes aimerais-tu travailler aujourd’hui ?

Avec les artistes qui peuvent m’inspirer et qui ont une bonne “aura” musicale. Plus important pour moi que de travailler avec un artiste de renom, je veux travailler avec des artistes vrais, talentueux et humbles, et dont la musique me touche.

Quel souvenir gardes-tu de ta collaboration avec Alborosie, qui dans la version anglaise de ton album Forever, est venu spécialement de Kingston avec son groupe pour composer quatre instrumentales, apportant ainsi une nouvelle vibe ?

Poupa Albo est vraiment un type super, il a toutes les qualités que je disais plus haut, avec lui, la bonne vibe passe et on est juste super bien ensemble. On a fait un super travail avec ses musiciens, on a passé des moments formidables, on se respecte beaucoup, on est sur la même longueur d’onde tous les deux.

Te sens-tu plus proche de l’univers du dancehall ou de celui du reggae ? Et pourquoi ?

Je trouve qu’avec le dancehall, on arrive à créer des patterns nouveaux qui apportent une touche novatrice au reggae, alors que le reggae uniquement permet peu d’innovation de ce genre. Par rapport à mon style, je suis plus proche du dancehall que de l’alternative reggae.

Depuis le début de ta carrière, quel souvenir reste le plus marquant à tes yeux ?

Les spectateurs qui chantent mes paroles dans une salle pleine à craquer, y compris des très jeunes ! Ça m’a donné des frissons et ça m’a fait tellement plaisir !

Quels sont tes projets pour les mois à venir ? Es-tu déjà en train de travailler sur un nouvel album ? Et si oui, sera-t-il aussi diversifié que le précédent ?

J’ai terminé l’album Forever version anglaise, qui va sortir en mai internationalement, je suis en ce moment même en Jamaïque pour tourner 2 nouvelles vidéos, et j’ai déjà plein de nouvelles chansons en préparation. J’ai beaucoup de pain sur la planche, et j’adore ça !

Merci beaucoup pour tes réponses, un mot pour la fin peut-être ?

Toutes les personnes qui aiment ma musique me donnent la force et l’inspiration. Merci à vous tous.

Interview de Laza Morgan

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Laza Morgan est un artiste originaire de la Jamaïque aux multiples facettes. Fils du célèbre Denroy Morgan, immense chanteur et musicien jamaïcain, il a passé son enfance entre les Etats-Unis et la Jamaïque, bercé par les rythmes de la musique. A l’aube de la sortie de son premier album en tant qu’artiste solo, il a accepté de répondre à mes questions, pour mon grand plaisir.

Pensez-vous que votre famille qui est ancrée dans le monde musical, que votre père, vos frères et sœurs, Morgan Heritage, ont apporté quelque chose de spécial dans votre carrière ?

Oh oui ! Ma famille m’a apporté des choses vraiment spéciales dans ma carrière d’artiste solo car la plupart de mon développement musical, je l’ai fait avec Morgan Heritage. J’ai été dans un jeune groupe aussi avec d’autres membres de ma famille, LMS. J’ai aussi fait plusieurs scènes autour du monde avec Morgan Heritage, et avec mon père. Vous savez, j’ai énormément appris de mon père et de Morgan Heritage. Ils ont fait énormément pour moi, pour ma carrière aussi bien en tant que groupe, qu’en tant qu’artiste solo.

Vous avez créé votre premier groupe musical avec votre frère, The Dredz. A quel moment avez-vous su que vous aurez votre pierre à apporter dans le monde de la musique ?

Eh bien, j’ai grandi dans une famille où la musique a une place vraiment importante. Je suis tombé amoureux de la musique à un très jeune âge. Ma vraie première influence musicale a été le hip-hop. Mon père m’a fait découvrir le reggae et le dancehall alors que j’étais adolescent. Et comme vous le disiez, mon frère et moi avons formé le groupe The Dredz pendant cette période. Nous avons été en Jamaïque, nous avons fait plusieurs scènes. Toute cette expérience fait partie de mon évolution musicale : faire des concerts avec LMS, Morgan Heritage, Gramps Morgan… C’est vraiment quelque chose de spécial vous savez.

Quelles genres musicaux et/ou artistes ont influencé votre musique à cette époque ?

Il y a eu beaucoup d’influences différentes dans ma musique, car j’ai à la fois grandi aux Etats-Unis et en Jamaïque. J’ai écouté beaucoup de genres de musique différents. J’écoute beaucoup de R&B, de hip-hop, beaucoup de pop et de reggae bien sûr, car le reggae c’est la "base". Ce que vous retrouvez dans ma musique en tant qu’artiste solo est un mélange de tout ces genres. C’est vraiment international, une fusion entre le hip-hop, le pop, le R&B…

Je me souviens du temps où vous étiez dans le groupe LMS avec votre frère et votre sœur, à l’époque où vous chantiez « Zion gates » par exemple…. Pouvez-vous nous dire comment s’est passé votre entrée dans le monde du reggae ?

Cet album justement, Zion Gates, a été le second album du groupe LMS. A cette époque, nous travaillions avec Philip ‘Fattis’ Burrel, un illustre jamaïcain, du label X-terminator. Il a aussi produit des artistes comme Sizzla, Luciano, Mikey General… Donc à cette époque, nous avons eu la chance de profiter de beaucoup d’expérience, de l’expérience de vrais chanteurs roots/reggae, des artistes importants en Jamaïque.

LMS a sorti quatre albums dont ‘Reality Check’ et ‘London to Paris’, et a fait le tour du monde à plusieurs reprises avec Morgan Heritage. Comment exploitez-vous cette expérience dans votre carrière ?

Toutes les choses que j’ai apprises avec LMS et en faisant des scènes avec Morgan Heritage, ça m’a permis de m’équilibrer. Ça m’a rendu fort pour devenir un artiste solo. Toutes ces expériences, travailler avec différents producteurs, faire des concerts, ça m’a réellement permis de savoir comment prendre soin de moi en tant qu’artiste solo, car nous avons énormément travaillé et nous avons essayé de traiter les gens qui nous écoutent avec respect. Toutes ces expériences m’ont réellement aidé à devenir un artiste solo.

Pourquoi avez-vous choisi de commencer une carrière en solo ?

Eh bien, c’était une chose dont notre père, Denroy Morgan, nous a toujours parlé dès notre plus jeune âge parce qu’il voit chacun de ses enfants comme des individus à part entière. Il voit des choses spéciales pour chacun d’entre nous. Il avait l’habitude de nous dire que nous devrions tous penser un jour à faire des projets en solo. Vous savez, nous avons tous commencé à faire de la musique en famille, dès le plus jeune âge. Et donc, il nous a toujours dit que chacun des membres de LMS devrait se reconsidérer en tant qu’artiste solo et pas seulement en tant que membre d’un groupe. Morgan Heritage a toujours été un groupe, LMS comme vous le disiez un peu plus tôt, a commencé par The Dredz : je chantais avec mon frère et nous avons ensuite décidé de monter notre groupe. Mon père voyait de grandes choses pour chacun d’entre nous et nous a conseillé de travailler en solo un jour. LMS a sorti quatre albums et je me suis dit "Ok, passons aux projets en solo".

Est-ce que le temps où vous chantiez avec vos frères et sœurs vous manque ?

Oh oui ! Biensûr que ça me manque ! Ça m’a rendu fort parce que quand nous faisions des scènes, des lives, j’avais toujours quelqu’un sur ma gauche et quelqu’un sur ma droite. Dans un groupe vous savez, quand vous avez votre frère et votre sœur, c’est comme si vous aviez des épaules sur lesquelles se reposer. En tant qu’artiste solo, tout repose sur moi : tous les yeux sont tournés vers moi. Mais ça a des bons côtés aussi ! Je réaliserai un autre projet LMS bientôt, dans le futur.

Comment décrireriez-vous votre musique personnelle ?

Ma musique personnelle est un mélange de pop, de hip-hop, d’R&B dont la base restera toujours le reggae. C’est, à mon sens, ce qui rend ma musique internationale.

De nos jours, où trouvez-vous votre inspiration pour écrire vos chansons ?

Je tire la plus part de mon inspiration de ma vie, je fais le vide dans ma tête, je me laisse traverser par l’esprit, je le laisse me donner de bonnes vibrations. Quand je suis au studio avec les producteurs à créer de la musique ou quand nous réalisons les mélodies sur nos claviers, nos guitares, celles-ci touchent mon esprit… La vie est la meilleure des inspirations. Donc je dirais que mon inspiration vient de là, elle vient de ma positivité.

Comment décrireriez-vous vos chansons à quelqu’un qui n’aurait jamais entendu parler de vous ?

Je décrirai mes chansons comme des chansons d’amour. Je parle toujours d’amour.

Comment sont nées vos collaborations avec Alexandra Burke et Tifa ?

Ce sont deux artistes avec lesquelles j’ai adoré collaborer. Premièrement Alexandra Burke est une artiste britannique. Cette collaboration est née grâce à un label, son label, qui est venu à ma rencontre pour que nous fassions un duo ensemble. Quand j’ai entendu pour la première fois sa chanson, je me suis dit "Wahou !". Je l’ai ensuite rencontré, et apprendre qu’elle a des origines jamaïcaines a été une véritable surprise pour moi. Cette collaboration a été super ! Nous avons sorti la chanson Start Without You et elle a été #1 en Grande-Bretagne, ça représente quelque chose d’énorme pour moi.

Et Tifa ! Tifa est une jeune femme artiste et deejay jamaïcaine. Alors que j’étais en Jamaïque, je l’ai vu pour la première fois au Reggae Sumfest, chanter sur scène. J’ai tout de suite adoré son style. J’ai donc tout de suite souhaité collaborer avec elle, et nous avons travaillé ensemble. Cette chanson s’appelle "Love me too" et est sortie en Jamaïque. Elle a vraiment de bonnes vibrations.

Comment s’est passé votre participation pour le film de Disney « Sexy Dance 3 » ?

Ça a été ma première chanson en tant qu’artiste solo. Cette chanson appelée This Girl est sortie pour le film de Disney "Sexy Dance 3 3D". Et ce single m’a vraiment ouvert beaucoup de portes, nous avons fait un clip pour cette chanson, et elle a eu des millions de vues. Du coup, beaucoup de personnes ont connu Laza Morgan en tant qu’artiste solo grâce à cette chanson. Cette chanson m’a permis d’enregistrer pour Elektra Records, et donc, cette chanson est vraiment spéciale pour moi.

Pouvez-vous m’en dire plus sur le titre « One by one » ? Comment s’est passé votre collaboration avec Mavado ?

A l’époque où nous avons enregistré This Girl, j’enregistrais également One By One. C’était mes débuts en tant qu’artiste solo, et c’est grâce à un travail commun avec mon producteur que nous avons pu réaliser One By One. Elle a été la chanson préférée de ma production. Un jour, mon manager m’a envoyé un message me demandant avec quel artiste jamaïcain j’aurais voulu chanter en duo. Puis, il m’a demandé si Mavado ça me plairait, je lui ai répondu "Mavado !!! Oh oui !!". Parce deux ans avant cet épisode, j’étais en première partie du concert de Mavado à Atlanta et on avait beaucoup discuté ensemble. Et nous nous étions dit "Un jour, nous devrions faire une chanson ensemble". Et c’est arrivé deux ans plus tard donc "Praise to Jah" et "Big up Mavado !". J’ai entendu la chanson et c’était comme mettre de la crème sur un gâteau vous savez, je l’ai énormément remercié !

En France, nous connaissons deux autres versions de cette chanson, une avec Gizmo, l’autre avec Kenza Farah. Que pensez-vous de ces morceaux?

Ça réchauffe vraiment mon cœur de savoir que One By One a traversé les frontières jusqu’à la France, jusqu’aux personnes habitant en France. Les Français adorent cette chanson. Et la version de Gizmo a été un réel big up pour moi parce que Gizmo est un jeune rappeur de la communauté française et j’adore son style. Je l’ai rencontré, et il était super sympa : tranquille et disponible. C’est comme s’il était mon petit frère de cœur… Et Kenza Farah est une grande chanteuse, je sais qu’elle a un bel avenir devant elle. Elle est vraiment connue en France. Ces deux versions apportent un autre niveau à ma musique. Ça l’a rend plus forte. Kenza et Gizmo touchent deux mondes, deux univers différents et c’est une bénédiction pour moi en tant qu’artiste de pouvoir les avoir tous les deux sur mes enregistrements.

Vous avez eu la chance de pouvoir partager la scène avec beaucoup d’artistes différents. Que gardez-vous de ces rencontres ?

Eh bien, j’apprécie les rencontres d’artistes car nous partageons de bonnes vibrations. J’aime voir ce qu’ils représentent sur scène, voir comment on partage ensemble sur podium. Et partager toutes ces choses avec ces artistes, des amis, est un sentiment particulier car nous travaillons tellement pour réaliser de la bonne musique. Pouvoir jouer à la lumière, sous les projecteurs est un autre niveau dans la musique. et j’adore avoir l’opportunité de chanter auprès de grands chanteurs et voir de l’énergie se dégager… On partage des énergies positives !

A quelle place positionnez-vous la Jamaïque dans vos textes ?

La Jamaïque sera toujours présente dans les paroles de mes chansons. Elle sera toujours la base de ma musique parce que je pense tous les jours à la Jamaïque et je pense à mes amis jamaïcains. Je viens de la Jamaïque, le reggae vient de la Jamaïque et donc, je veux plaire aux jamaïcains avant tout. Je penserai toujours à mon île.

Parmi votre répertoire, quelles seraient les chansons que vous aimeriez qu’une personne qui ne connaît pas votre musique écoute en premier ? Et pourquoi ?

Je voudrais que les personnes qui ne connaissent pas mes chansons commencent par écouter This Girl car c’est la première chanson que j’ai créé en tant qu’artiste solo. Ils doivent d’abord écouter This Girl puis écouter One By One. Ces chansons racontent l’histoire de l’homme, Laza Morgan.

Qu’avez-vous prévu pour les mois prochains ?

Pendant les mois à venir, je vais finir de produire mon album, finaliser ses derniers arrangements et préparer sa sortie. Aussi, je ferai plusieurs scènes au Canada, quelques shows dans la Caraïbe, en Guadeloupe, en Martinique… J’ai beaucoup de travail pour les prochains mois !

Pouvez-vous m’en dire plus sur votre futur album ?

Mon futur album possèdera plusieurs featurings. J’ai travaillé avec plusieurs artistes différents. Je travaille aussi avec de nombreux chanteurs français : Colonel Reyel et Krys, d’excellents artistes originaires de la Caraïbe. Je travaille aussi avec des chanteurs de hip-hop français, et pas mal d’artistes américains. J’ai un duo avec B.o.B, et j’espère avoir la chance de chanter avec Bruno Mars. J’ai collaboré avec Cee-Lo Green grâce à mon label. Je m’envole pour Los Angeles afin de finir mon album dans les prochains jours. Cet album sera vraiment riche et a pour principal objectif de donner de la joie aux gens. C’est un album que les personnes apprécieront et grâce auxquels ils s’amuseront !

Interview de Professor

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La semaine dernière, Harrison « Professor » Stafford présentait son dernier album Throw Down Your Arms en concert au Divan du Monde. Cette salle est un lieu mythique du 18ème arrondissement de Paris, une salle pouvant accueillir près de 500 personnes : un contrat quasi rempli pour Professor ce soir-là, qui malgré le froid et la pluie a su rassembler un bon nombre de fidèles. L’artiste est accompagné d’un orchestre exceptionnel composé de musiciens connus dans le monde du reggae : le célèbre batteur Leroy « Horsemouth » Wallace, Lloyd « Obeah » Denton au clavier, Dalton Browne à la guitare électrique et Errol « Flabba Holt » Carter à la guitare basse.

Si Harrison Stafford s’est avant tout illustré comme leader vocal du groupe Groundation, un groupe de reggae aux influences multiples, aujourd’hui, il revient sur le devant de la scène avec des ambitions beaucoup plus personnelles. Throw Down Your Arms est son deuxième album solo, un album live que l’artiste a souhaité faire partager à l’ensemble de ses fans. Il est actuellement en tournée en France afin de faire connaître ses titres et revient dans cette interview exclusive sur les raisons pour lesquelles il a décidé de faire de sa représentation lors du festival Reggae Sun Ska 2011 un album.

Quels sont les genres musicaux ou les musiciens qui vont ont inspiré, qui ont été déterminants dans votre carrière musicale ?

Enormément de musiques et de musiciens sont intervenus à ce stade depuis que le monde parle de la musique et des musiciens jamaïcains. Evidemment, la première personne que j’ai entendue est Bob Marley. J’écoutais Bob Marley quand j’étais très jeune. J’avais à peu près 6 ou 7 ans quand j’ai commencé à être touché par ses chansons. J’adore Bob Marley ! Et l’écoute de sa musique m’a transporté vers d’autres illustres chanteurs comme Burning Spear, Culture, Israel Vibration et toute la musique roots/reggae.

Pourquoi avez-vous choisi de chanter du reggae à un âge précoce ?

J’ai choisi de chanter du reggae car ce genre s’est imposé à moi. Le reggae a un but, il y a toujours une intention derrière les paroles d’une chanson de reggae. Il ne s’agit pas de chanter dans l’objectif de faire la fête ou de détester quelque chose. Le reggae a un message social, et moi qui adore la musique, j’ai tout de suite était vraiment concerné par l’aspect social de la vie : la pauvreté, les personnes qui essaient de vivre malgré leur pauvreté, les personnes qui essaient d’améliorer leur qualité de vie. Vos influences font de vous qui vous êtes. Quand j’étais jeune, j’écoutais la musique de Bob Marley et à mon sens, ses chansons sont les témoins de son amour pour l’humanité. C’est vraiment une partie de la vie. Alors, j’essaie d’être une voix forte pour les personnes pauvres, car ces personnes sont les plus nombreuses dans le monde. J’essaie de chanter pour les défavorisés.

D’où vous provient votre inspiration pour écrire les paroles de vos chansons ?

De la même chose. J’ai passé beaucoup de temps à la Jamaïque, c’est comme ma seconde maison. Ma famille vit en Jamaïque. Mais je viens de la Californie, « the first world », un lieu où l’on peut tout avoir : de grands supermarchés, une facilité de vie inconditionnelle… Aller en Jamaïque, être avec les gens du peuple ou les pauvres dans les rues du centre-ville et, voir finalement ce qu’est vraiment la vie – à savoir se battre jour à jour pour se nourrir et nourrir ses enfants, essayer d’avoir une maison digne de ce nom – m’amène sur le chemin de la réflexion. Vous pouvez apercevoir la réalité du monde en Jamaïque. Et pour moi, c’est ça l’inspiration. Mon inspiration se résume à une simple maxime : « plus tu es dépourvu de biens matériels, plus tu es en mesure de réellement discuter de la vie ».

Pouvez-vous m’en dire plus sur votre album Throw Down Your Arms ?

Je pense que Throw Down Your Arms est un moment dans le temps. L’album est la reproduction d’un concert joué en live : nous y présentons le reggae sous sa forme la plus simple. Et notre musique est une sorte de roots/reggae révolutionnaire. Ma musique concerne Israël, la Palestine. Cette musique essaie d’apporter une nouvelle demeure à la Palestine.

Throw Down Your Arms est à propos d’égalité : où que nous soyons sur cette Terre, nous devrions être égaux. Il faut que l’on arrête de vivre avec des armes, il faut que l’on commence à se comprendre, par le biais d’une discussion pacifique. Throw Down Your Arms doit résonner comme un message de paix.

Et donc, quel serait le message que votre musique doit apporter au monde entier ?

Un message d’espoir ! Un message pour que le monde garde à l’esprit qu’il y a toujours quelque chose de bon à venir quand la vie est difficile. C’est comme si vous marchiez dans le noir et que la lumière était dissimulée, à attendre que vous la trouviez. Et comme je l’ai dit précédemment, tout le monde devrait profiter d’un minimum de ressources. Tout le monde peut avoir une vie correcte, une éducation, et élever ses enfants : c’est ça le véritable message. Le message serait « Vivez avec votre cœur, faites de bonnes actions autour de vous ».

Comment a véritablement démarré votre carrière avec Groundation ?

Ma carrière avec Groundation a commencé avec la musique, à l’université. Vous savez, quand vous grandissez et que vous allez au lycée, vous devez absolument faire des choix pour votre vie future. Vous devez choisir votre orientation professionnelle à venir. J’ai toujours souhaité étudier la musique. La musique fait partie intégrante de ma vie. J’ai donc décidé d’obtenir un diplôme de jazz, avec ma guitare. C’est ainsi que j’ai rencontré Ryan Newman à la basse, Marcus Urani au clavier et Kelsey Howard au trombone. Et c’est ainsi que l’histoire de Groundation a commencé.

Et pourquoi avez-vous choisi de mener une carrière solo en parallèle ?

J’ai choisi de chanter en solo car mon expérience personnelle est différente de l’empreinte musicale de Groundation. Ma famille, mes origines sont ce que je suis. La musique de Groundation concerne le monde entier. Groundation vient à la rencontre du monde. Je ne voulais pas que mon point de vue personnel sur Israël, la Palestine devienne celui du groupe. Je voulais néanmoins faire partager mes opinions. Et pour moi, le seul moyen de le faire était de faire participer de vrais rastas à ce projet, d’exceptionnels musiciens tels que Horsemouth, Obeah et Dalton. Ce sont des personnes qui ont joué la musique de Burning Spear, Bob Marley, James Brown, Peter Tosh, des personnes qui comprennent le vrai sens du reggae.

Comment les avez-vous rencontrés ?

Je les ai chacun rencontré différemment. J’ai rencontré Horsemouth quand je travaillais avec Ijahman, quand je l’aidais à faire un album, il y a sûrement une vingtaine d’années. Horsemouth a participé à ce qu’est devenu Groundation. Je le connais depuis de longues
années. Et vous savez, le monde du reggae c’est comme le monde du jazz : un monde dans lequel on est tous connectés. Si vous connaissez un musicien, celui-ci en connaît d’autres, qui en connaissent aussi : tout le monde se connaît ! Et donc, Obeah… Je ne suis même plus sûr de la façon dont je l’ai rencontré ! Cela fait sans aucun doute quelques années. J’étais en Jamaïque, la musique avait une place essentielle à mes yeux et je participais à de nombreux évènements relatifs au reggae… Et ces musiciens, ils se sont toujours connus.

Pour moi, le projet « Professor » a démarré quand j’ai rencontré un poète palestinien. Il me disait qu’il connaissait le reggae, mais qu’il n’aimait pas du tout les paroles de ces chansons. Il me disait « Je n’aime pas Bob Marley car Bob Marley est un zioniste. La musique de Bob Marley est négative et tout ce que j’ai toujours entendu dans le reggae, ce sont des paroles négatives ». J’ai donc voulu lui prouver qu’il avait tort, que Bob Marley et le mouvement rasta étaient au contraire de bonnes choses. La musique de Bob Marley n’est pas commerciale, c’est plus une pensée positive, pleine d’espoir, créée pour aider les gens. Et donc, quand j’ai commencé à jouer en solo, c’était dans le but d’apporter de l’amour aux gens, de les inciter à toujours se battre pour améliorer leurs conditions.

Votre premier album solo, Madness, est un mélange d’amour justement, de paix et d’unité. Qu’il y a-t-il de différent avec ce nouvel album ?

Eh bien cet album est avant tout un album live. Nous avons joué ces chansons en une seule soirée, au festival Reggae Sun Ska. Et vous savez, quand vous avez des musiciens comme Horsemouth, Obeah et Dalton, qui ont chacun travaillé sur de divers grands albums mais qui n’ont jamais fait de live ensemble, vous vous dites que vous devez enregistrer la représentation. Vous devez le préserver comme un précieux souvenir. Et donc, je leur ai dit « On devrait s’enregistrer », et ce que nous avons fait. C’est de là que vient Throw Down Your Arms. C’est la magie d’un instant, de musiciens en parfaite symbiose.

Pourquoi ne pas avoir réalisé à faire un album studio avec ces mêmes chansons ? Pourquoi avoir choisi de rester au live ?

A cause du « moment ». C’est comme si vous aviez la possibilité d’avoir Sly & Robbie sur la même scène, accompagnés d’Ernest Ranglin et de Ken Boothe, et que vous vous dites « Et si je les enregistrais ?! ». Vous avez enregistré une pareille représentation et vous rendez compte d’à quel point ces musiciens sont excellents ensemble. C’est un moment dans le temps que vous ne serez jamais capable de revivre. Quand nous avons écouté le live du Reggae Sun Ska, nous avons tout de suite pensé « Nous devons quelque chose de cet enregistrement ! ». Throw Down Your Arms représente ainsi la vie : je ne me suis jamais dit un jour « Tiens ! Je vais faire un album live ! ». C’est juste arrivé par la force des choses.

Qu’avez-vous prévu pour les mois à venir ?

Je vais énormément voyagé. Pendant les deux semaines à venir, je serai ici en France, à faire quelques scènes, à présenter Throw Down Your Arms. Puis, je vais rentrer chez moi et commencer une tournée aux Etats-Unis avec Groundation. Nous jouerons tout un mois en traversant les Etats-Unis à travers New York, Los Angeles, le Colorado… Nous jouerons à Mexico City, Mexico, Porto Rico, aux Antilles. Ensuite, j’irai en Amérique du Sud, au Brésil. J’ai un programme chargé ! Marcus et moi voyageons souvent ensemble. Et j’ai prévu avec Horsemouth de réaliser de nombreuses choses, toujours liées à la musique. Donc, il y a beaucoup de projets à venir récemment.

Que voudriez-vous donner comme conseil aux lecteurs de cette interview ?

Rappelez-vous toujours des choses positives de votre vie. Soyez reconnaissants pour ces bonnes choses qui vous arrivent, car la vie n’est pas facile. Beaucoup de personnes ont des problèmes de dépression et le seul moyen de pallier à ce problème est de rester positif. Soyez reconnaissants pour la vie, pour les simples choses que nous avons tous. Mon dernier message serait « Souvenez-vous que même quand la vie est difficile, elle possède malgré ses propres bénédictions et c’est ce qui rend la vie parfaite ».

Interview de G’ny

Copyright : Officiel G'ny

Aujourd’hui, je vous propose de découvrir G’ny, une artiste d’origine guadeloupéenne que j’ai eu l’immense chance d’interviewer il y a quelques jours. Elle sera en show acoustique ce mercredi 16 mai, au Deterw Bar à 20h30. Elle travaille actuellement sur la réalisation de son premier album solo prévu pour l’automne 2012. Et c’est avec une gentillesse sans pareille qu’elle a répondu à toutes mes questions.

La carrière de G’ny

G’ny commence très tôt à chanter. Mais ce n’est pas le premier métier artistique auquel elle se prédestinait étant petite : elle voulait devenir danseuse. En fait, à la base, je voulais être danseuse, chorégraphe. Mais j’ai eu un problème physique, un problème au genou qui s’est déclaré vers l’âge de 14 ou 15 ans, au moment où je devais partir en sports-études. Ce problème m’a empêché de suivre mes cours de danse du moment et donc de progresser. J’ai donc dû remettre en question mon cursus en sports-études. Du coup, étant finalement une artiste forte dans l’âme, j’ai eu le besoin d’exprimer les choses différemment et dans quelque chose d’autre. C’est là que je me suis penchée vers la musique. Ne pouvant pas danser, je me suis retranchée vers cet art et c’est comme ça que la musique est entrée dans ma vie. En 1995, G’ny participe au concours de chant La Pwent aux étoiles organisé par Freddy Marshall. Freddy Marshall est un grand professionnel de la musique caribéenne. Il est connu pour l’amour qu’il porte à la musique antillaise : il sera l’un des précurseurs, l’un des pionners du zouk et participera activement à l’histoire et la reconnaissance internationale de Kassav’. De ce concours, elle gardera à l’esprit que le talent ne suffit pas toujours : il faut se battre et se motiver pour parvenir à ses fins. Son parcours s’arrête ici en demi-finale mais elle sera ensuite recontactée par Freddy Marshall pour la sortir d’un single, qui malheureusement ne verra jamais le jour pour raison de logistique.

En 1998, alors âgée de seulement 16 ans, G’ny fera sa première scène lors du concert de Passi en Guadeloupe, en compagnie du groupe de hip-hop guadeloupéen La Horde Noire, qui se compose des chanteurs Daly, Darkman et Edinyo. Ma première scène, c’était vraiment une très belle expérience. J’étais un peu impressionnée mais bien entourée par les copains donc ça a été. C’est un très bon souvenir pour moi donc un baptême réussi ! Dès lors, elle est de plus en plus sollicitée pour des collaborations musicales en tout genre avec des artistes qui revendiquent les îles et la culture créole dans leurs textes. Ainsi, on la retrouve sur les titres Taspé en compagnie de N’O Clan et Une Pensée en combinaison avec Tiwony et Typical Féfé. Puis, elle travaille avec Darkman et Riko Rekords pour produire la chanson Mr DJ en 2001, un titre qui se révèlera être un tremplin majeur dans sa carrière. Il faut savoir que ce label indépendant a largement contribué à la renommée de la musique créole avec des personnalités comme Fuckly, Riddla, Def B.Y et j’en passe… C’était de la découverte pour moi en fait. Je suis arrivée de façon insouciante, juste pour l’amour de la musique sans vraiment considérer ce qui arriverait derrière. J’avais pas particulièrement l’idée de carrière à cette période là. J’en rêvais comme toutes les petites filles mais j’avais tout simplement envie de chanter. Donc j’ai été bien récompensé je pense, parce que derrière les gens m’ont soutenu. C’était ma découverte du milieu, ma découverte de l’interview, ma découverte de mon talent aussi. Une découverte à tous les niveaux.

G'ny

Deux ans plus tard, elle travaille en collaboration avec Admiral T : G’ny figure sur le premier album de l’artiste Mozaik Kreyol où ensemble, ils interprètent Doum doum. Ce duo est un condensé de paroles conscientes, une chanson qui dénonce les difficultés de la vie quotidienne d’un esclave : "Lévé nonm ! Pa pè pa vansé ! / Sé douvan libèté yé / Réfléchi pou ou sonjé / Vou tou sèl ké pé gangné". Ce titre est né du montage d’un spectacle, que j’ai monté moi-même avec deux autres collaborateurs. Ce spectacle, qui s’appelait Fèy fè pach, était pour la commémoration du rétablissement de l’esclavage. On a décidé de monter une pièce avec tout une trame et de créer des titres inédits. Plusieurs artistes ont participé à la production de ces titres inédits, y’avait le Gwada Nostra, tous les groupes de l’époque, KSS, Admiral T etc. Et on a tous fait des titres en croisé, des titres ensemble, avec toute l’histoire de l’esclave partant d’Afrique. Doum doum est né de là, au départ il n’y avait que nous, on était trois. Et puis, c’est un titre qu’Admiral T avait aimé, et du coup, il m’a proposé de le faire sur Mozaik Kreyol, son premier album. [ Ndlr, en mai 1802, Napoléon de Bonaparte légalise à nouveau l’esclavage après une courte trève de huit années. En 2002, on commémorait donc les deux centenaires de cette loi. ] Ce morceau leur permettront de faire de nombreuses scènes ensemble notamment en France, mais aussi de partir en Afrique, où ce titre a été très apprécié.

En 2004, la carrière de G’ny prend un nouveau tournant. Elle est à l’affiche d’une comédie musicale antillaise La rue Zabym en tant que rôle principal. Cette comédie, créée par Pascal Vallot, est l’histoire d’une jeune marchande qui croit en sa destinée et qui souhaite rencontrer un homme en mesure de respecter ses convictions. L’histoire se passe en 1902 et malheureusement, à cette période historique, les sentiments c’est avant une histoire de couleur de peau. Cette pièce porte réflexion à la condition des femmes, au racisme et au rôle joué par le contexte politique. Elle deviendra un succès considérable au fil des années, si bien que G’ny tiendra ce rôle jusqu’en 2008. Pour moi, l’expérience la plus marquante, même si « Mr DJ » ce sont mes débuts et que c’est le coeur qui parle, c’est vraiment la Rue Zabym. Parce qu’elle m’a permis d’utiliser de toutes les compétences que j’avais déjà, artistiquement parlant. J’ai pu revenir à la danse. Et j’ai envie de dire que c’est le plus grand succès que j’ai pu connaître parce qu’on a tourné pendant quatre années et que ça a été très fort. Ça m’a permis d’avoir confiance en moi et d’oser penser la musique comme un métier. J’ai commencé à avoir des bonnes connaissances de la législation du spectacle. J’ai pu me professionnaliser aussi donc c’est vraiment le début pour moi d’une vraie démarche professionnelle. Elle participera également aux comédies Autant en emporte le vent et Le Roi Lion.

Son véritable retour sur la scène musicale a lieu avec Péyi Mwen, une chanson sortie en 2009. G’ny a été plus que plébiscitée par un public heureux de la retrouver. Les sonorités qu’elle apporte à ce titre se veulent beaucoup proches de ce que l’on a l’habitude d’entendre aux Antilles : tambour, guitare acoustique… C’est d’ailleurs une sorte d’hymne à la tradition, un véritable culte à la Guadeloupe, qu’elle nous offre. La musique de G’ny possède plusieurs couleurs, elle chante au gré de ce qu’elle écoute et souhaite délivrer un message d’amour à tous. Je pense que le propre de ce que je fais justement, c’est un vrai mélange et c’est vraiment à l’image de toutes les influences que j’ai pu avoir. Au tout départ, en tant qu’adolescente, j’ai été fan de Mariah Carey, de Mary J. Blige, du hip-hop français. Puis, j’ai eu envie de retrouver notre essence ethnique : j’écoutais beaucoup de Kassav, du Mario Canonge, du Kali, des choses de ce genre. Avec le temps j’ai appris à diversifier ma culture musicale : je suis une grande fan de la chanteuse de jazz Anita Baker, je l’aime énormément. A la mesure du temps, je me suis ouverte et j’ai commencé à décider plus précisément ce que j’aurais aimé faire par rapport aux chanteuses antillaises que j’ai aimé comme Tanya Saint-Val ou Jocelyne Béroard. Et c’est finalement grâce à toutes ces influences que je suis celle que je suis aujourd’hui.

G'ny

Un album en préparation

Aujourd’hui, G’ny revient avec Fanm isi, une chanson aux rythmiques caribéennes. Ce mélange audacieux de sonorités entre gwo ka, percussions et beat électronique dégage une nouvelle fraîcheur. Elle décrit la femme dans toute sa splendeur à travers ce titre : sa douceur, son assurance, sa timidité et son énergie. Véritable hymne aux combats quotidiens de la femme, Fanm isi rappelle à tous que les femmes se cachent souvent derrière une apparence solide pour dissimuler sa fragilité, mais que c’est cette même sensibilité qui est sa force. Un remix de ce morceau existe, et c’est avec Admiral T que G’ny choisit d’être accompagnée sur ce titre. Un choix qui s’est révélé naturel pour la jeune artiste : Il fallait quelqu’un de disponible pour camper l’homme, l’homme le vrai (rires). Et, pour moi c’était évident que c’était lui, parce qu’on avait déjà collaboré, parce qu’on se connaît vraiment. En plus, il aimait beaucoup le titre. Ça été assez systématique, ça s’est passé assez rapidement. Il a répondu « oui » direct.

Comme je vous en parlais précédemment, G’ny travaille actuellement sur la réalisation de son premier album, prévu courant septembre. Elle tient à ce que celui-ci fasse l’effet d’une surprise. Globalement, il sera à l’image de ce qu’elle est. Cet album sera acoustique, mais aussi beaucoup plus authentique, écclectique et urbain : un mélange de saveurs. Les thématiques abordées y seront surtout la femme et l’amour. De belles combinaisons sont prévues, mais là encore, la surprise reste entière quant à l’identité des protagonistes. Elle souhaite surtout pouvoir toucher le monde créole dans un premier temps, et pense que sa musique a la capacité d’être suffisamment ouverte pour voyager : la musique est universelle. En attendant de pouvoir découvrir ses nouveaux titres, je vous propose d’écouter Fanm Isi grâce au clip tourné à Paris, situé ci-dessous.

Interview de Sebastian Sturm

Copyright : Thomas Schermer

J’ai rencontré Sebastian Sturm au mois d’octobre 2011 alors qu’il était en pleine promotion de son nouvel album dans la ville de Paris. Sebastian Sturm est un chanteur de reggae accompli depuis plus de six ans. Il a bouleversé la scène internationale du reggae en 2006 avec son premier album THIS CHANGE IS NICE écrit en collaboration avec le Jin Jin Band. Aujourd’hui, il revient avec GET UP & GET GOING, un troisième album travaillé en collaboration avec le groupe Exile Airline. Vous trouverez donc le compte-rendu intégral de cette rencontre ci-dessous.

Quand la musique est-elle devenue ton principal centre d’intérêt ?

La musique a toujours fait partie de ma vie. Je suis vraiment né dans cet univers et j’ai commencé à jouer de la guitare vers l’âge de sept ou huit ans. Je me suis découvert une passion pour cet instrument vers l’âge de dix ans. Mais c’est bien plus tard que j’ai commencé à jouer du reggae et du roots, vers l’âge de dix-neuf ans je dirais : j’ai réellement été touché par la musique de Bob Marley.

Avant que tu n’entres dans l’optique de jouer du reggae, comment as-tu compris que tu devais chanter ?

J’ai commencé le chant en même temps que la guitare. Très vite, je me suis senti attiré par le monde de la musique. J’avais pour habitude de jouer dans différents groupes avant que le reggae ne vienne bouleverser ma vie. Dès lors, je me suis complètement inspiré des chansons de Bob Marley. Je n’ai jamais fait d’école de chant, alors je me demandais constamment comment il arrivait à manier sa voix comme bon lui semblait. Aujourd’hui, chanter c’est ma passion.

Tu as d’ailleurs souvent été comparé à Bob Marley par la presse. Penses-tu que cela t’auras permis d’avancer dans ta carrière, ou qu’au contraire cela te positionne dans son ombre ?

Oh non! Je pense que toutes les personnes qui écoutent du reggae adoreraient marcher sur les traces de Bob Marley et être dans son ombre. A mon avis, ce n’est pas quelque chose de négatif : c’est plutôt un compliment ! Bob Marley, c’est vraiment le chanteur qui m’aura amené dans le monde du reggae. Et maintenant que j’en fais aussi et que j’essaie d’en vivre, je suis heureux que l’on puisse me comparer à l’illustre homme qu’il était.

Et quand tu étais jeune, il y a-t-il d’autres musiciens qui t’ont influencé ?

Quand j’étais jeune, j’étais un grand fan de Nirvana et de NOFX. J’adorais la musique provenant de San Francisco ou Seattle. C’est bien plus tard que la musique jamaïcaine est entrée dans ma vie.

Pour la réalisation de ton nouvel album GET UP & GET GOING, tu as travaillé avec le groupe Exline Airline. Quand et comment cette aventure a-t-elle commencé ?

Eh bien, ça a commencé l’an dernier, alors que je quittais mon ancien groupe, le Jin Jin Band. Nous voulions enregistrer un troisième album ensemble dans un premier temps. Mais nous avions différents points de vue sur la manière de réaliser celui-ci. Après cinq ans ensemble, nous sommes restés en très bons termes. C’est juste qu’en studio, je me suis senti prêt à franchir cette troisième étape, en travaillant davantage sur moi-même et en rencontrant d’autres personnes. Et donc, j’ai commencé à travailler avec Philip Breidenbach. Il s’agit du producteur de l’album, il en est à ses débuts. En l’espace de quelques mois, nous sommes parvenus à enregistrer cet album. C’est vraiment une nouvelle et superbe expérience pour moi d’avoir la chance de travailler avec ces personnes, que l’on puisse arriver à produire quelque chose de bon ensemble.

Qu’est-ce-que cette collaboration a donc apporté de plus à l’album ?

Ils m’ont apporté diverses influences. Il faut savoir que dans le groupe, je suis le seul à vraiment écouter du reggae du matin au soir. Les autres gars ont d’autres univers musicaux. Cela m’aura permis de m’ouvrir et d’essayer de mieux appréhender les goûts et les attentes des gens face à ce nouvel album. L’idée était de faire ces personnes partager un intérêt commun vers ma musique, et ce, malgré leurs différentes orientations et influences. Bien évidemment, on a travaillé sur la base du reggae, mais cela m’aura permis d’expérimenter de nouveaux genres tels que l’Indie Rock Riff par exemple. Je suis vraiment content que cela ait pu être fait — je pense que c’est très important dans la vie d’un guitariste.

Peux-tu nous parler de l’album de manière globale ?

GET UP & GET GOING est un condensé de roots et de reggae. Je pense qu’il s’inspire avant tout de la musique reggae datant des années 70. C’est aussi un répertoire acoustique dont le ton n’est pas vraiment celui du bonheur et de la joie — comme l’on pourrait s’y attendre quand on écoute un album de reggae. GET UP & GET GOING est plutôt empreint de mélancolie mais aussi d’espoir. Certaines chansons sont tristes, possèdent des paroles tristes qui contrastent avec la rythmique positive que leur procure la guitare. Je pense qu’il s’agit d’un mélange qui fonctionne bien.

Où trouves-tu ton inspiration pour écrire ?

Ça peut vraiment être partout. Je commence toujours avec ma guitare acoustique à jouer quelques notes, puis j’essaie de m’exprimer, tout simplement ! J’utilise les rythmiques du reggae comme base. Je ne peux pas vraiment définir d’où vient mon inspiration, "inspiration is my life" (ndlr, "l’inspiration c’est ma vie").

Et comment s’est passé ta collaboration avec Kiddus I, la légende vivante du reggae ?

Dans un premier temps, je souhaiterais vraiment remercier Kiddus pour avoir participer à mon album ! C’était un réel plaisir ! Nous avions participé à un même projet au Reggae Sun Ska il y a deux ans. Nous travaillions avec Jahcoustix en Allemagne. Et nous avions une semaine pour nous préparer à ce projet. Durant cette période, nous avons vécu dans la même maison, et c’est là que nous sommes devenus amis. Je l’ai donc contacté afin de travailler avec lui. J’ai passé quelques jours à Cologne, il a choisi Tear Down The Walls et c’est ainsi qu’est né notre duo.

Quelle chanson préfères-tu sur ce nouvel album et pourquoi ?

C’est une bonne question ! Je les aime vraiment toutes. Je dirais que ma préférée, en ce moment, c’est Children, Don’t Go Blind, probablement parce qu’Exline Airline et moi avons particulièrement travaillé sur cette chanson.

Penses-tu avoir changé au cours des années ?

Peut-être un peu. J’ai voulu montrer à mon public ce que l’acoustique apporte de plus à mes chansons, leur montrer comment celles-ci étaient lors de leur création, comme lorsque j’ai composé Get up and get going ou encore Faith. Ma guitare acoustique uniquement accompagnée de quelques éléments se suffit à elle-même : l’intérêt est d’avoir un rendu minimaliste. J’ai toujours fonctionné comme ça d’ailleurs : il existe des versions acoustiques des chansons figurant sur THE CHANGE IS NICE ou sur ONE MOMENT IN PEACE. Je ne les avais jamais montrées aux gens. Je sens qu’aujourd’hui, il est temps de laisser apparaître cette facette de moi.

Dans la "vraie vie", quel genre de personne es-tu ?

Je suis sensible et je suis compliqué ! Mais je sais parfaitement ce que je veux. Et durant la période pendant laquelle je ne composais plus trop de chansons, j’ai appris à me connaître, et j’ai compris qu’il fallait que je retourne sur le devant de la scène. J’en suis finalement devenu accro et j’ai vraiment hâte de reprendre les lives. C’est mon principal objectif.

Le mot de la fin ?

Aux personnes qui ont aimé les deux premiers albums, j’espère que vous apprécierez GET UP & GET GOING, qui lui possède des sonorités vraiment acoustiques. Je ne veux absolument pas perdre de fans, je veux toucher un plus large public : je veux plus de fans ! Plus sérieusement, je pense que vous allez adorer !

Interview de Cecile

Copyright : jamaicanization.

Comme promis, je vous propose de lire l’interview de Cecile, chanteuse internationale de reggae et de dancehall, que j’ai rencontré au début du mois d’octobre dans un studio parisien. Elle était en France afin d’assurer la promotion de son nouvel album Jamaicanization.

Tout d’abord, pourrais-tu présenter la véritable Cecile aux français qui ne te connaissent pas ?

Eh bien, je suis Cecile, chanteuse de reggae/dancehall originaire de la Jamaïque. Concrètement, je ne suis pas parfaite et vous devez me prendre pour ce que je suis. Je veux dire par là que je m’identifie souvent comme étant une Bad Gyal car c’est le rôle que je me suis attribuée sur scène, mais dans la vraie vie je suis une personne plutôt timide.

J’adore écrire des chansons quand je suis chez moi. Et je joue aux dominos, au Scrabble et même à Mario Kart : ce sont mes passe-temps favoris ! Cependant, la principale chose que vous devez retenir à mon sujet, c’est que j’adore vraiment la musique et j’adore mes amis. Et j’aime par-dessus tout chanter et me produire devant eux, alors big up à tous mes amis !

Quand tu étais jeune, comment as-tu découvert que tu devais entrer dans le monde de la musique ?

Quand j’étais jeune, je lisais beaucoup de livres – j’adore lire – et j’écrivais des poèmes. Puis, j’ai entendu Sweet Love d’Anita Baker et je me rappelle avoir dit à ma mère “Maman, je crois que je veux devenir chanteuse”. Mon père avait un ami qui avait un ami qui était musicien. Il faisait partie du groupe de reggae Third World et on allait le voir jouer le dimanche. J’ai donc pris l’habitude de transformer mes poèmes en chansons : c’est devenu tellement facile pour moi que j’ai commencé à me dire “Je veux vraiment devenir chanteuse”.

Un peu plus tard, un ami de mon père qui avait un studio m’a dit “Est-ce que ça te dirais de venir travailler au studio en tant que manager ? Je t’apprendrai des choses en matière de musique, de production et tout ce qui te plaît.”. Cet épisode de ma vie s’est déroulé en 1998 ou 1999, je sais que j’aurais dû être à l’école mais je me disais “Je veux faire de la musique, donc je ferai de la musique”. De ce fait, j’ai été à Kingston pour commencer à chanter et apprendre le métier de la scène. Pour moi, ça s’est vraiment bien passé, et depuis, j’adore ce que je fais.

Quelle musique ou quels artistes ont influencé tes goûts en matière de musique ?

J’aime différents styles de musique. Je n’écoute pas que du reggae, j’aime vraiment de tout. J’adore Jill Scott, Fiona Apple, Lauryn Hill, Mariah Carey, Whitney Houston, Red Hot Chili Peppers, System Of A Down, Super Cat, Shabba Ranks – les deux derniers sont vraiment mes préférés. J’aime m’inspirer de certains artistes comme Marcia Griffiths, Rita Marley, Bob Marley… Je suis vraiment fan de musique. J’adore aussi Beenie Man !

Quel genre de musique écoutes-tu maintenant ?

J’écoute tout ce qui me permet de m’évader. Depuis peu, j’écoute beaucoup Bruno Mars. Je pense que c’est un artiste merveilleux ! Et, bien sûr, j’aime aussi Nicki Minaj, Rihanna, Lady Gaga, Beyoncé… Je sais que j’ai déjà nommé Bruno Mars, mais j’aime vraiment tout ce qu’il fait : il est le numéro 1 de ma liste. Bruno Mars apporte énormément au reggae, et son talent est tellement différent, cool et brillant à la fois. J’adore aussi R. Kelly, Chris Brown… J’ai beaucoup d’influences différentes. Venant de Jamaïque, j’affectionne tout particulièrement Christopher Martin et Mavado.

Durant ta carrière, tu as travaillé avec pas mal d’artistes tels que Tanya Stephens, Lady Saw, Elephant Man, etc. Avec lequel de ces artistes gardes-tu le meilleur souvenir et pourquoi ?

Oh mon Dieu ! C’est une question difficile… J’ai vraiment adoré travailler avec Shaggy et Sean Paul. Mais je pense que je me dois de dire Sean Paul car ma première collaboration fut avec lui sur la chanson “Mi nuh you kinda cute bwoy, can you do the work ?”, et c’est toujours un énorme tube de nos jours. Donc, je vais dire Sean Paul.

Comment décrirais-tu ton nouvel album Jamaicanization à quelqu’un qui n’a jamais entendu parler de toi?

Eh bien, Jamaicanization parle naturellement de la Jamaïque. J’ai voulu que dès le premier coup d’œil sur l’album, les personnes qui ne connaissent pas Cecile puissent se dire “Je pense qu’il y a beaucoup de reggae dessus” ou “Je pense que cet album possède une certaine atmosphère musicale”. J’ai voulu que lorsqu’elles saisissent l’album, elles se disent “J’aime Bob Marley, et donc je pense que j’ai vais apprécier cet album”. Tout l’album apporte des pensées positives et de l’amour en général. Il n’y a pas rien de négatif dessus, rien qui ne dénigre qui que ce soit. Jamaicanization c’est vraiment une histoire d’amour. L’album possède aussi des chansons qui portent à la réflexion, mais toujours de manière positive. Le titre de l’album, Jamaicanization, t’emmène directement à la source de ce que nous faisons en Jamaïque : le reggae et le dancehall. Et donc, si tu ne connais pas encore Cecile, tu dois absolument écouter cet album, tu y entendras la Jamaïque, le reggae, le dancehall, le soleil et toutes les sonorités de l’île !

Pour ma part, j’ai eu un énorme coup de cœur pour deux chansons de ton album à savoir “Singing this song” et “Cheater”. Comment t’es venu l’idée d’écrire les paroles de ces chansons ?

Le riddim de Singing this song a été le premier que j’ai entendu pour cet album. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle j’adore cette production et je me suis décidée à travailler avec elle. Un de mes amis, Ben Bazzazian, se trouvait en Allemagne à faire du reggae, alors que je commençais à travailler sur Jamaicanization. Il s’est chargé de la base rythmique de Singing this song. Quand je l’ai écouté, je me suis dit “Hum”, c’était comme “No, no, no” (Cecile fredonnait l’air, ndlr). Le rythme imposait une certaine ambiance, et j’ai tout de suite souhaité chanter sur cette version. Donc, nous avons travaillé là-dessus ensemble et j’ai obtenu une chanson d’amour magnifique, une chanson juste superbe.

Cheater était initialement une chanson écrite pour le fun, juste pour dénoncer ce genre de gars, tu sais ! Elle ne devait pas faire partie de l’album. Elle se destinait à devenir un interlude de quelque chose… Mais mon ami Ben Bazzazian, a ajouté une alternative reggae sur le rythme originel du son. Et je me suis dit “Wahou ! C’est super ! J’adore !”. De plus, je pense que beaucoup de femmes peuvent se sentir concernées par les paroles de ce morceau. J’ai donc finalement décidé de le mettre sur l’album. Tout le monde connaît une femme qui a vécu cette situation ou une femme qui s’est rendu compte que son copain était un homme malhonnête. Et elles ont toutes besoin de les exclure de leurs vies ! C’est comme ça que m’est venue l’idée d’écrire cette chanson.

Comment ta collaboration avec Agent Sasco pour le son “Hey” s’est-elle déroulée ?

C’est ma chanson préférée ! J’ai entendu les premières notes de Hey et je me suis sentie joyeuse. Je me sentie si heureuse que j’ai commencé à chanter “You make me say hey, hey”. J’étais en Allemagne pour enregistrer ce morceau mais je l’ai envoyé à Sasco en lui disant “J’ai besoin de toi sur cette instru”. Il m’a aussitôt recontacté via BBM (BlackBerry) et m’a dit “Oh mon Dieu ! Nous devons l’enregistrer tout de suite !”. Et donc il l’a fait pour moi… C’est vraiment ma chanson préférée de cet album.

Penses-tu que ton style a évolué au cours des années ? Je me souviens, par exemple, du temps où tu chantais “Playa” sur le Toppatop riddim ou encore “Changez”. Qu’est-ce-qui a changé depuis ?

Je pense que j’ai évolué musicalement. Ma voix s’est développée. Ma voix a réellement changé. J’ai appris énormément depuis cette époque. J’ai appris que j’avais de nombreux fans, et que ces fans se trouvaient partout dans le monde. Et donc, j’ai compris que je ne pouvais pas uniquement chanter un même style de musique : je me dois de chanter pour le monde entier. Bien sûr, je pense un peu plus aux femmes dans mes chansons, car je suis une femme qui observe le monde actuel. Un monde dans lequel les femmes sont encore dominées. Je dois montrer le chemin et clamer “Girl power !”. Je dois dire haut et fort que je suis forte, que je suis une bad gyal, que je suis indépendante et puissante. Mais j’ai compris avec le temps, que je devais aussi chanter pour les autres personnes. Je dois chanter pour les hommes, ou à propos des cœurs brisés, des personnes amoureuses, je dois interpréter des chansons comme Woot woot : je me dois de traiter tous les sujets. Je dois être positive quand j’interprète Gwaan live life. Mes chansons doivent apporter des messages positifs à ceux qui les écoutent. Donc, je pense que j’ai énormément grandi, que je me suis quelque part réinventée… Nous devons tous nous réinventer : si vous voulez être consistant dans ce que vous faites, vous devez apprendre à évoluer.

Je suis sûre que tes fans t’attendent en France… Quand reviendras-tu ici pour chanter en concert ?

J’espère que je pourrais revenir en France rapidement, pour travailler et promouvoir l’album. Je sais que je devais avoir quelques dates prévues pour la France, mais celles-ci étaient déjà réservées et donc je suis vraiment désolée. Mais c’est vraiment super de pouvoir travailler avec la France. J’ai travaillé sur une collaboration zouk avec Yann Sélo en Guyane française. C’était la première collaboration officielle de dancehall et de zouk. Grâce à ça, les jamaïcains savent désormais ce qu’est le zouk. Là-bas, cette chanson, Call me, joue à la radio et les gens l’adorent ! Donc, j’espère avoir l’occasion de faire d’autres collaborations avec des artistes français. Et j’espère vraiment revenir en France rapidement pour cela.

Et en ce qui concerne la Martinique et la Guadeloupe, as-tu l’intention d’y aller pour t’y produire?

J’ai été contacté pour deux shows pour la Martinique pour l’année prochaine. Je suis impatiente de pouvoir m’y rendre car j’ai déjà été en Guadeloupe plusieurs fois, et j’ai déjà été trois fois en Guyane française. Donc, j’ai vraiment hâte de voir la Martinique. Martinique, je suis impatiente de te voir ! Je serai bientôt là !

Enfin, si tu avais un seul message à faire passer à toutes ces personnes qui écoutent tes chansons, quel serait-il ?

Mon principal objectif est de faire les gens comprendre qu’à travers mes chansons, il n’y a que de la bonne humeur ! Venez me voir et prenez plaisir ! Mon rôle n’est pas de vous transmettre du stress, ni de vous faire entendre ce que vous faites dans votre vie privée. Non, non, non ! Venez me voir chanter, prenez plaisir puis retournez à votre vie. La vie est suffisamment stressante en elle-même ! Avec moi, dans mes concerts : no stress ! C’est la fête ! Prenez plaisir à vivre ! Amusez-vous !

Pourrais-tu chanter quelque chose pour les personnes qui liront cette interview ?

Interview de Maikal X

Copyright : fab5ive

Je ne vous en avez pas encore parlé à cause de mon rythme effrené du moment, mais aujourd’hui, voici l’occasion rêvée ! Depuis très récemment, je suis rédactrice chez ReggaeMag. Comme son nom l’indique, ReggaeMag est un magazine traite les dernières actualités en matière de reggae. Ainsi, on y retrouve de très bons articles, de la musique, des vidéos et un agenda des meilleurs événements dancehall/reggae en France. Ils m’ont repéré grâce aux quelques articles reggae que je poste ici de temps en temps. D’ailleurs, je suis trop contente de savoir que je suis lue :’) Enfin bref, donc très récemment, mes collaborateurs m’ont proposé d’écrire l’interview de Maikal X ! Et moi, les yeux remplis d’étoiles **, j’ai bien évidemment accepté ! J’ai saisi cette opportunité afin de lui poser quelques questions qui me tenaient à cœur depuis que je l’ai vu sur scène, en première partie du concert de Busy Signal, au Cabaret Sauvage (vous pouvez découvrir en intégralité ce passage ici). Enfin voilà, vous pouvez découvrir l’artiste à travers MON interview que vous trouverez ci-dessous : bonne lecture !

Qui est vraiment Maikal X ?

Maikal X est un jeune artiste né en Hollande de parents Caribéens, amateur de hip hop de la première heure, artiste reggae, MC, père, militant pour la justice, et allergique aux pessimistes et aux “badminds”.

Tes parents sont originaires de Curacao et de la Guyane… Que conserves-tu de leurs origines ?

Tout ! Parce que ce sont deux aspects qui font partie de moi, j’ai grandi avec ces deux cultures. Enfant, nous avons toujours parlé trois langues, c’est naturel.

Quand as-tu vraiment compris ta passion pour la musique ?

Ma passion pour le chant remonte à aussi loin que je peux me rappeler, mais pour être plus précis, ça a dû commencer quand je faisais les chœurs pour un groupe de funk qui s’appelait Gotcha.

Quel genre de musique t’a bercé tout au long de ta vie ?

Le reggae m’a influencé quand j’étais ado parce que mon père avait une grande collection de disques et aussi parce qu’il a travaillé chez CBS Records. Des groupes comme Steel Pulse et Aswad m’ont beaucoup influencé, tout comme Bob Marley et Big Youth, John Holt et Bunny Wailer. Mais ma plus grande influence était le rap.

Parle nous de ton parcours.

Jeune, j’ai fait des tournées avec Gotcha, le groupe de Funk. Cette expérience m’a ouvert les yeux sur le monde de la musique. Plus tard, j’ai rejoint un groupe de hip hop appelé Postmen. On a eu un véritable succès en Hollande, notre premier album Documents a été disque d’or. On a fait trois albums avant que je ne quitte le groupe : Documents, Revival et Era. J’ai aussi fait parti d’Amolab, un autre groupe de hip hop plus underground. J’ai arrêté en 2004 et j’ai commencé à m’investir dans un sound system appelé Jamrock avec Dj Waxfiend. On organise une soirée par semaine à Amsterdam et on fait aussi de grosses soirées comme les Jamrock Explosion et les Jamrock XXL, tu peux regarder sur Google.

D’où provient ton inspiration pour l’écriture de tes textes ?

Je puise mon inspiration de la vie, de mes expériences, de celles de mes amis et de ma famille, des choses qui se passent dans la rue. J’essaie de ne pas écrire de la fiction ou des choses imaginaires. Je parle de la vraie vie !

Comment s’est produite ta collaboration avec Don Corleon ?

Don Corleon était au Suriname avec Alaine et Danny, un de mes amis. Ils roulaient et ils écoutaient “Best In You” dans leur voiture. C’est à ce moment-là que Don a demandé à Danny qui chantait et que ce dernier lui a répondu qu’il s’agit de ma voix, et que nous étions amis. Il m’a donc appelé et m’a passé Don au téléphone. C’est comme ça que la connexion s’est faite ! Ensuite, Don m’a envoyé le Changes riddim… Et c’est ainsi qu’est né le titre “Bear With Me” !

Comment présenterais-tu ton album “Genesis” à une personne qui ne t’a jamais entendu ?

Genesis est un bon album de reggae avec de la bonne musique pour ton âme. C’est une bonne production, tu ne zapperas aucune chanson !

Ton style a-t-il complètement changé entre cet album et le temps où tu faisais partie du groupe Postmen ?

Je ne dirais pas que j’ai changé, je dirais plutôt que j’ai évolué. Si tu écoutes les albums de Postmen, tu verras que le style était déjà là. Il a juste évolué en même temps que j’ai vieilli. La seule vraie différence entre cet album et ceux des Postmen, c’est que dans celui-là je n’ai pas incorporé de hip hop, je l’ai voulu strictly reggae. Je vais peut-être changer ça sur mon prochain album…

Qu’as-tu ressenti en travaillant avec Luciano, la légende vivante du reggae ?

Cela a été une réelle bénédiction pour moi. Luciano est un artiste que j’admire depuis longtemps. Il m’a béni avec ses vibrations, je l’en remercie sincèrement.

Quels sont tes sentiments concernant ta signature avec VP Records ?

C’est un sentiment agréable, je me rends compte que je fais ce que je dois faire. VP Records est le plus gros distributeur de reggae au monde, alors qu’ils me reconnaissent, c’est vraiment wicked !

Quelle est la chanson de ton propre répertoire que tu préfères ?

Je n’ai pas de chanson préférée (en riant, ndlr), mais j’aime chanter “Come Over” !

Te considères-tu comme faisant partie d’une toute nouvelle génération de chanteur reggae ?

Oui, je le pense, mais je réalise aussi que je fais partie d’un mouvement encore plus large. Ce n’est pas juste moi, c’est aussi Ziggi Recado, Gappy Ranks, Million Stylez etc. C’est à nous tous de jouer notre rôle.

Qu’as-tu pensé du public français lors du concert de Busy Signal ?

Yo ! Big up France ! Ce concert était mad parce que je ne savais pas du tout à quoi m’attendre, et l’amour que j’ai reçu était énorme. Big up à tous ceux qui sont venus ce soir là au concert ! Big up à Special Delivery, JP et Pierre !

Ton mot de la fin ?

Vivez votre vie au maximum et pensez positif ! Bun badmind and negativity !