Ralenti d’Oswald et Mickael Guirand, la version konpa de Despacito

Aujourd’hui, je m’inspire de l’article Musique et Caraïbe : 5 + 1 morceaux (très) addictifs de Mylène, une blogueuse que je suis régulièrement qui nous parle entre autres de la Caraïbe avec des points de vue toujours intéressants ! C’est donc en lisant sa chronique il y a quelques jours que je suis tombée sur la version konpa de Despacito.

Vous avez tous entendu le méga tube de l’été Despacito de Luis Fonsi et Daddy Yankee. Au mois de mai dernier, c’est la chanson que j’ai le plus entendu lors de mon séjour à Miami (promis, je reviendrai sur ce sujet !) ; cet été, c’est celle qui jouait sur toutes les ondes en France métropolitaine.

Despacito est simplement un succès interplanétaire. C’est la première chanson chantée en espagnol à atteindre le Billboard Hot 100 depuis Macarena en 1996. En août 2017, son clip atteint les trois millions de vues sur YouTube, un record. Depuis octobre de cette même année, elle est la première vidéo à dépasser les quatre millions de vues sur ce même site. Cette chanson est acclamée par la cérémonie des Latin Grammy Awards 2017 qui lui attribue les titres de Record of the Year, Song of the Year, Best Urban Fusion/Performance et Best Short Form Music Video.

Au mois d’août dernier, Mickael Guirand et Oswald s’approprient cette chanson pour en faire un tube konpa intitulé Ralenti.

Mickael Guirand n’est autre que l’ancien chanteur du groupe Carimi. Ayant quitté ce groupe de konpa au succès international il y a maintenant plus d’un an officiellement, Mickael Guirand revient sur le devant de la scène musicale avec sa nouvelle formation musicale Vayb. Leur première chanson Lanmou Fasil a déjà conquis plus de 600 000 internautes.

Oswald, quant à lui, est un chanteur originaire d’Haïti. Ayant gagné le concours Défi Lycéens 2007 en Guadeloupe, un concours dans lequel sont représentés des talents de toutes les îles caribéennes, il poursuit sa carrière musicale en s’illustrant notamment dans le monde de la musique antillaise, zouk, R&B et konpa. En 2010, il est connu pour ses titres Nan lanmou laj pa ekzisté et Ton absence interprété en duo avec Misty Jean.

Les deux artistes haïtiens s’associent donc sur cette reprise de Despacito et nous offrent, ma foi, une version haute en couleurs que j’ai adorée. Les arrangements de cette version sont caractéristiques d’un morceau de konpa, avec des sonorités très posées associant guitare basse, percussions et clavier.

Ou sé solèy kap briyé nan fèl nwa / Dépi m’avèw msanti’m gen lajwa / Sé wou m’chwazi pou gen anpil jwa…

Il s’agit vraiment d’une belle reprise, cette chanson est mon coup de cœur musical de cette semaine. Il existe également une version salsa de Despacito proposée par Víctor Manuelle et bientôt, une version en mandarin sera interprétée par JJ Lin.

Story d’Antonny Drew

Copyright : Sérénité Events

Story est un magnfique album du chanteur guadeloupéen Antonny Drew. Il est sorti au cours du mois de mai dernier chez le label Believe / Serenité Events. Story, c’est surtout douze titres complètement aboutis, avec lesquels le chanteur nous invite à partager son background musical, des rythmes rappelant ses origines culturelles. Ainsi, Antonny Drew nous livre sa vision de la soul, du reggae, de la musique traditionnelle, et du konpa massivement présent dans ses chansons.

Antonny Drew est un chanteur qui a la capacité de complètement captiver son audience, avec sa tessiture grave et la puissance qu’il implique dans chacune de ses paroles. Je crois que je vous l’avais déjà dit, mais cet artiste est véritablement l’un de mes coups de cœur de la soirée du concert caritatif, le Drépaction 2014. Il y avait interprété les chansons Péyi An Mwen, Doo et Yalla Yalla !, que je vais vous présenter dans les paragraphes suivants, alors qu’il était accompagné de David Mitrail au piano, Randy Jacobson à la guitare et de Yoan Zebina à la basse.

L’histoire que nous délivre Antonny Drew

Péyi Mwen est une déclaration d’amour d’Antonny Drew à son île natale, la Guadeloupe. Dans cette chanson qui marque le début de cet album, le chanteur montre sa fierté pour sa culture et ses origines. Sa force, il la tire de son appartenance culturelle et de la beauté du patrimoine guadeloupéen. Cette jolie chanson est introduite à la guitare, de manière acoustique, et c’est la voix du chanteur qui semble lui donner la dimension qu’elle possède. Péyi Mwen est une sorte de louange chantée en l’honneur de l’île antillaise.

Pèpl an mwen, sé pèpl ki ja soufè, pèpl ki konnèt doulè
Fòs an mwen, i adan kilti an mwen, mwen sé nèg é mwen fiè
An pa bizwen palé, listwa an mwen chajé

Tèt an mwen bien si zépol an mwen, lè an ka vansé ba mwen lè
Nonm an mwen, koté karibiyan an mwen sé kon lò i ni valè
An pa bizwen palé, listwa an mwen chajé

Antonny Drew

Le deuxième chapitre de cet album s’intitule Yenki Nou Dé. Avec cette chanson, Antonny Drew évoque pour la première fois dans Story les relations sentimentales. Toujours sur la base d’une guitare acoustique, le jeune chanteur décrit ce qu’il ressent vis-à-vis de la femme avec laquelle il a rendez-vous. Son parfum l’enivre, ses courbes le perturbent, elle a un grand pouvoir de séduction auquel il ne sait comment résister. Yenki Nou Dé, mot à mot « rien que nous deux », possède des sonorités proches de celles de l’album Haïtian Troubadours, notamment de cette chanson de Michael Benjamin, Ou Pati.

Mwen Love est une nouvelle chanson d’amour. Après tout, comme nous l’avait lui-même dit Antonny Drew lors du Drépaction, une bonne histoire possède forcément des passages d’amour. Avec Mwen Love, la guitare est à nouveau la star des instruments. Ce titre est surtout une déclaration que le chanteur offre à l’élue de son cœur. Il lui proclame qu’elle est la numéro 1 dans son cœur et qu’il est la seule qu’il veut dans sa vie.

Gwada Ka Pléré est une chanson que l’on retrouve à deux reprises dans Story. La première fois qu’elle apparaît dans l’album, elle possède les allures d’un chouette morceau de reggae. Cette première version de Gwada Ka Pléré est déjà bien intéressante, mais c’est bien la deuxième version de cette chanson, strictement acoustique, que je préfère. Onzième titre de Story cette fois, Gwada Ka Pléré est interprété de telle sorte que ce soit bien la voix du chanteur qui soit « l’instrument prédominant ». D’un point de vue musical, je trouve que la voix du chanteur se retrouve bien plus mise à son avantage, et que les paroles ont bien plus de sens avec ses arrangements. Gwada Ka Pléré est un titre cette fois joué sur les notes d’un piano. Cette chanson est un rappel à l’ordre adressé aux guadeloupéens. Vous en avez très certainement entendu parler, mais la Guadeloupe a été l’année dernière le département le plus meurtrier de la France. Et les violences continuent d’affliger bien des souffrances aux populations antillaises, parce que disons-le franchement, en Martinique, il y a également eu une recrudescence des agressions.

Le cinquième morceau de Story est la preuve vivante que la nouvelle génération de la scène locale n’a pas oublié le konpa, un genre musical qui nous provient d’Haïti. Depuis que j’ai commencé à écrire ces quelques chroniques d’album, je dois bien vous dire que j’ai été assez agréablement surprise de voir que des artistes tels que Swé, Antonny Drew ou encore T-Micky pour ne citer qu’eux, ont définitivement décidé de marcher dans les pas de leurs prédécesseurs. Premyé Fwa est le premier morceau que j’associerai au konpa de l’album d’Antonny Drew. Avec ce titre, le chanteur nous propose une intrigue bien moins sérieuse que celle de la chanson précédente. Premyé Fwa c’est surtout l’histoire de la première fois que le jeune homme rencontre sa dulcinée.

En tant que sixième chanson de cet album, on retrouve On Doucè, une reprise de la chanson du même titre chantée originellement par Gilles Floro. Gilles Floro est un chanteur français, originaire de la Guadeloupe. Il a longtemps marqué la musique caribéenne grâce à des chansons comme A Pa Pawol Anlè, Rèv Bleu ou justement On Doucè. Cette année, cela fait déjà 15 années que la Guadeloupe déplore son absence, et cet hommage que nous propose Antonny Drew semble tomber à point nommé. Sa reprise d’On Doucè est assez classique et son interprétation reste authentique. Même le solo de saxophone est bien présent dans cette nouvelle interprétation.

Puis, en reprenant une nouvelle fois le rythme caractéristique du konpa, Antonny Drew nous présente le titre Pwomès, peut-être l’un des morceaux que je préfère dans cette très belle histoire pleine de rebondissements. Cette chanson reprend les paroles d’un homme amoureux qui souhaiterait voir évoluer positivement la dernière relation sentimentale qu’il a entretenu. Il chante dans le refrain les mots : Ou té pwomèt mwen ou té ké rété, ‘Té pwomèt mwen sa té diré, qui signifie en français « Tu m’avais promis que tu resterais, Tu m’avais promis que ça durerait ». La cadence de cette chanson est plus lente que Premyé Fwa, mais tout aussi intéressante de par le mélange orchestré des instruments qui s’y enchaînent parfaitement. Même mes parents adorent ce titre, c’est pour vous dire !

Ou Té Tini Rézon ne dure que deux minutes et cinquante-quatre secondes. Et pourtant, il s’agit d’une réelle prouesse vocale du jeune chanteur. Ce titre, sûrement le plus émouvant de cet album, est chanté d’une voix puissante et d’un seul trait. Il s’agit d’une harmonie absolue entre le piano et la voix d’Antonny Drew. Parfois, je pense que la musique ne s’explique pas, elle se vit, elle se ressent, et sa chanson en est un excellent exemple : "Ou té tini rézon fè mwen pléré, Ou té tini rézon fè mwen ségné, An jou ké ni padon solèy kléré, Nou tout ka pran léson lè lannuit vin tonbé, Sé pas mwen désidé accepté san an mwen, Ké jòdi mwen ka di 'Ou té tini rézon'"

Je pense que l’une des principales raisons pour laquelle je me suis mise à chercher des informations sur Antonny Drew, est la représentation live de Doo, à laquelle j’ai eu la chance d’assister alors qu’il répétait encore pour son passage au Zénith. Je me souviens l’avoir d’abord vu arriver sur scène, l’air de rien, et me surprendre par cette voix si grave et si captivante. Antonny Drew est le genre de chanteur capable de faire à tout un auditoire retenir son souffle le temps d’une chanson. Alors qu’il chantait Doo, je me souviens de ne pas avoir quitté les yeux de la scène. Aujourd’hui, cette chanson qui figure dans son album en tant que dixième chapitre de cette histoire, est exécuté de la plus simple des façons. Il s’agit d’un titre dans lequel le chanteur demande pardon à celle qu’il aime. C’est un des textes qui donne l’illusion que le chanteur a tout vécu des relations amoureuses, malgré sa jeunesse. Si vous hésitez encore à acheter cet album, écoutez juste ce morceau.

Pour reprendre un tempo bien plus rythmé, The End suit la belle interprétation de Doo. The End décrit la fin d’une histoire d’amour. Antonny Drew y décrit son incapacité à satisfaire tous les besoins de son ex. Il lui souhaite de trouver un homme qui saura combler tous ses manques, et se retrouve contraint de constater que c’est la fin de leur relation. Bien que la situation soit douloureuse, elle semble nécessaire pour que les deux êtres puissent chacun évoluer en toute tranquillité.

Enfin, Yalla Yalla !, douzième et dernière chanson de Story, est sans aucun doute l’une des plus joyeuses chansons de Story. Avec Yalla Yalla !, Antonny Drew nous invite à viser la lune pour arriver sur les étoiles. Si chacun d’entre nous se fixe des objectifs, et se met à réellement travailler pour les atteindre, la vie ne peut qu’en être meilleure. Tel est le discours que nous invite à entendre Antonny Drew avec cette chanson qui possède une musicalité nuancée et rayonnante.

Je serais bien incapable de vous dire quelle chanson parmi ces douze titres est celle qui me touche le plus ! Story est vraiment un très bel album, dont il fallait absolument que je parle. Je suis persuadée qu’Antonny Drew a une belle carrière qui l’attend. Et si vous en avez la possibilité, allez le voir sur scène ! Ce qu’il dégage est vraiment indescriptible. Vous pouvez télécharger Story d’Antonny Drew sur Amazon.



TRACKLIST :
01 – Péyi Mwen
02 – Yenki Nou Dé
03 – Mwen Love
04 – Gwada Ka Pléré
05 – Premyé Fwa
06 – On Doucè
07 – Pwomès
08 – Ou Té Tini Rézon
09 – Doo
10 – The End
11 – Gwada Ka Pléré (Acoustique)
12 – Yalla Yalla !

Festival Tropiques en Fêtes en 2011

Copyright : Christelle

Souvenez-vous, il y a trois ans ! Je profite de ce week-end, largement dédié au Festival Tropiques en Fêtes de la Foire de Paris, pour rebondir sur l’évènement et vous proposer un petit résumé de ce qu’il y avait eu il y a trois ans, alors que le podium de ce festival se tenait encore à l’entrée de la Foire.

Découvrez le Festival Tropiques en Fêtes de la Foire de Paris 2011 en vidéos ! L’ensemble des moments décrits dans cet article se retrouve dans la playlist proposée ici. UNE ASTUCE : Vous pouvez sélectionner la vidéo que vous souhaitez visionner en cliquant sur le bouton « Playlist » de YouTube.

C’était donc le très bon groupe Original H qui ouvrait le bal ! Original H, pour ceux qui ne les connaissent pas, est un groupe d’artistes chanteurs et musiciens qui s’illustrent dans le genre musical qu’est le konpa. Le konpa est une musique originaire d’Haïti qui a émergé au XIXème siècle. Ce genre musical est popularisé en 1955 avec des musiciens comme Nemours Jean-Baptiste d’abord dans les Antilles, puis à l’international. Original H, qui n’est pas habitué à se produire sur scène seulement pour quelques minutes (il faut savoir qu’un morceau de konpa dure au moins 7 bonnes minutes de manière générale), nous interprète d’abord Choké avant de nous offrir Ouvè Pot La, avec une introduction reprenant Alors On Danse de Stromae.

C’est ensuite Thierry Cham qui monte sur les planches de ce Festival Tropiques en Fêtes. Bien connu du public présent sur place ce jour-là, Thierry Cham chante d’abord Océan, titre avec lequel il s’amuse à montrer toute sa puissance vocale. Après un magnifique I Love Youuuu chanté accapella, il poursuit avec le titre Lanmou Idéal, dont le refrain reprend ces mots : "Sa ki ni entre nou sé lidéal, An lanmou pou nou isé lé voiles, Sa ki ni entre nou sa pa banal, An limiè, an zéclè, an zétwal". Il finit son show en déclarant un amour idéal pour les tropiques en citant Haïti, la Guadeloupe, la Martinique, l’Afrique et la Réunion.

E.sy Kennenga entre sur scène, guitare à la main. Après avoir saluer la foule, il nous déclare qu’il fera tout pour toujours avoir du love dans son cœur. C’est donc avec la chanson Love Adan Tchè Mwen qu’il démarre sa représentation vocale ce soir-là. Il apporte ainsi une sacrée note acoustique à ce concert en plein air. E.sy Kennenga a choisi de jouer pour son deuxième morceau un titre de son répertoire aux sonorités carnavalesques : Nou Anlè Sa. Sous les acclamations, le chanteur martiniquais nous fera partager l’ambiance présente dans les rues des villes antillaises en chantant "Es zot paré pou nou mété difé…".

A peine arrivée sur les planches, Kim commence à fredonner les phrases : "Je le sens, c’est lui l’homme de ma vie, Sa douce voix sans cesse me chavire, Son parfum m’enivre, je sens le désir, Je veux qu’il soit mon avenir". C’est ainsi qu’est donc introduit Confidence sur la scène du Festival Tropiques en Fêtes. Pour sa première fois à la Foire de Paris, Kim nous dévoile deux titres de son album Premiers pas sorti en 2009 chez Maxi Flow. Elle poursuit avec Je Suis Accro, une de mes chansons préférées dans son répertoire. Kim dédie ce morceau à toute la gente féminine. Je tiens à souligner le bon travail des musiciens sur ce titre d’ailleurs, ils nous en offrent une version semi konpa que le public parisien a adoré tout autant que moi. J’ai également adoré la douceur apportée par la chanteuse alors qu’elle récitait les paroles "Tout ce que j’ai sur le cœur, Je suis condamnée à le garder".

La Mc Malcriado est un groupe dont les quatre membres sont d’origine cap-verdienne. On retrouve parmi eux Stomy Bugsy, Jacky Brown des Nèg Mawons, Izé et JP des 2 Doigts. Ils sont habillés d’un tee-shirt reprenant les mots Fidju Di Kriolu, aussi nom de leur album sorti en 2011. L’expression "fidju di kriolu" signifie "fils de créole". Au Cap-Vert, elle perçue comme une émotion particulière pour toute la population émigrée de l’île fière de sa culture et de sa diversité. C’est ce qu’ils veulent nous transmettre à leur tour sur scène, puisqu’ils font un hommage particulier à toutes ces personnes fières de leur racine et de leur couleur de peau. Ce soir-là, La Mac Malcriado chante d’abord Assim Ki Fetu dans un rythme effrené, puis Funan´.

C’est ensuite un couple de danseurs qui prennent le relais sur les planches. Il nous font une présentation de la kizomba en nous faisant une petite démonstration sur la chanson de Nelson Freitas, Rebound Chick. La kizomba est une danse originaire d’Angola. Il s’agit d’un mix de semba traditionnel avec du merengue traditionnel et de Kilapanda. La kizomba se caractérise entre autres par son tempo lent, son beat puissant (avec la résonance de la basse) et la langue utilisée pour les paroles, à savoir le portugais.

Orlane est la prochaine artiste à chanter. Elle commence toniquement avec le titre Nalé, un hymne à la beauté des tropiques, notamment la Réunion, de la Guadeloupe, de la Martinique, de la Guyane, d’Haïti et Saint-Martin. Elle chante "Chéri mwen anvi bo Mami tout la fanmi, Santi lodè vani gadé lè mang fléri, Bwè dité sitwonel lanmou nou ké pli bel". Orlane poursuit avec la chanson Déposer les Armes, une chanson d’amour, alors que d’ores-et-déjà le public semble lui réclamer Chokola. Avant de soumettre à cet exercice, la chanteuse commence une version a cappella de cette chanson durant laquelle elle s’amuse avec son public à tenir une longue note. Elle lance un mini concours, qu’elle gagne largement d’ailleurs, et finit son passage sur scène avec cette chanson du coup.

La prochaine artiste à se présenter sur la scène est Tina Ly. Elle chante en premier lieu la chanson Reviens-Moi. Les excellents musiciens qui l’accompagne sur scène lui permettent de proposer une version un peu plus saccadée, ressemblant fortement au dancehall, durant laquelle le public doit reprendre les phrases "Baby, reviens, Baby reviens moi". Tina Ly introduit ensuite le titre A Tes côtés, qu’elle chante normalement avec Richard Cavé de Carimi. Mais c’est finalement Ali Angel qui la rejoint sur scène, pour le plus grand plaisir de l’auditoire surpris. Cette chanson lui permet de rappeler son amour pour Haïti, et d’offrir un peu de konpa à nouveau au public. Les deux chanteurs vont d’ailleurs danser un instant ensemble. C’est ensuite Lynnsha qui retrouve Tina Ly. Les deux chanteuses chantent alors Pa Ni Tan, leur chanson qui date de l’année 2009.

Lynnsha reste ensuite seule le temps d’interpréter Ma Rivale, une chanson qu’elle chante normalement en duo avec Lady Sweety. Lynnsha va proposer à son public quelques pas de danse sur un rythme ressemblant cette fois plus à du soukouss ou du coupé décalé, avant de reprendre la partie de Lady Sweety et donc de toaster le temps de quelques phrases. Elle appelle ensuite Jacky et Ben J des Nèg Mawons pour chanter Mon Idéal.

Après un interlude proposé par un groupe de danse venu se représenter le temps de quelques chansons, c’est Tom Frager qui arrive sur scène. Dans un style reggae et avec une guitare électrique bien prédominante, il nous entonne les phrases "An pansé pou la Gwada, Tou lé jou, Tou lé jou ké Bondié ka fè, Nou ka éséyé tchenbé, Moun Gwada, Fo mwen di zot konbien zot té ka mantché mwen, mèm si zot pa janmé kité tchè an mwen." reprises de la chanson Miss Gwada. Tom Frager interprète ensuite Lady Melody, une chanson plus largement connue du public, puisqu’il n’a presque plus besoin de chanter les paroles tant sa voix est complétée par celle de son auditoire à l’unisson. Le chanteur, versatile, nous propose également une version dancehall grâce à cet orchestre de musiciens décidément exceptionnels.

C’est enfin Admiral T qui monte sur les planches du Festival Tropiques en Fêtes. Très attendu par le public parisien, Admiral T fait son entrée avec Fos A Péyi La, une chanson qu’il chante normalement accompagné du groupe Kassav. Et là, de manière encore plus flagrante que pour Lady Melody, Admiral T pourrait pratiquement s’arrêter de chanter pour laisser son public célébrer chacun de ses titres. Le chanteur guadeloupéen va même se permettre de descendre dans la foule et ainsi partager l’ambiance qu’il crée lui-même ! Sur "fos a péyi la" c’est les poings levés que plus d’un millier de personnes se retrouvent à danser. Le chanteur ne s’arrête pas là, et nous propose même une version accélérée de son titre. A la fin de ce titre, il se sert des paroles de Rèv An Mwen pour nous offrir une interlude a cappella : "An ti réyon a solèy, Asi figi an mwen ka fè mwen sav kè sé lè a révèy, Syèl la byen blé, An ti van ka chichoté an zorey an mwen, An nou alé pwofité dé la vi, Sé an tou piti péyi, Mé sé on paradi". Un classique ! Pour honorer Haïti, Admiral T choisit ensuite de chanter Yo Pa Enmé Haïtien. Pour la dernière fois dans cette soirée, le konpa est réellement à l’honneur. Accompagné de deux danseurs, le chanteur va entonner l’expression "Nou pa bizwen sa" en proposant une petite chorégraphie à son public, chargé alors de balancer les mains en direction de la scène. Admiral T récupère ensuite quelques personnes du public, notamment des enfants, pour danser en rythme sur la scène. Il nous demandera plus tard d’ailleurs de saluer ces enfants, car sé yo ki fos a péyi la. Un tambour puissant final reprendra le traditionnel tak pi tak des musiques antillaises. Enfin, le moment attendu de tous arrive, Admiral T termine son show sur Oh Yeah, LE morceau du moment. Et c’est donc sur ce titre que se clôture la Nuit de la Foire 2011.

E.sy Kennenga au New Morning

Copyright : Johanna Bizet

Le concert d’E.sy Kennenga a eu lieu le 14 janvier au New Morning, une salle parisienne dans laquelle de nombreux concerts toute l’année ont lieu. La grande particularité de cette salle est sa convivialité : les artistes se présentant sur la scène sont réellement proches du public. De manière générale, cette pièce accueille des musiciens de jazz, de soul et de salsa.

Revivez le concert d’E.sy Kennenga en vidéos. UNE ASTUCE : Vous pouvez sélectionner la vidéo que vous souhaitez visionner en cliquant sur le bouton « Playlist » de YouTube.

Ma première découverte musicale de cette année 2011 concerne Freepon. C’est lui qui assurait la première partie du concert d’E.sy Kennenga ce soir-là. Accompagné de sa guitare et de deux autres musiciens, cet artiste entier a su, grâce à son style subtil et sa musique douce, nous faire parcourir des thèmes tels que l’indifférence, l’inégalité ou l’amour à travers ses chansons. Tantôt sérieux, tantôt ambianceur, Freepon a touché un large public grâce à ses textes d’espoir. Le public, connaisseur, a joué le rôle de chœurs notamment sur les chansons « Doucinéw » ou « My Superstar ». J’ai, pour ma part, eu un réel coup de cœur pour la voix de cet artiste qui semble être polyvalent tant il se joue de son auditoire pour déclamer ses chansons aux textes réalistes.

Puis, E.sy Kennenga nous rejoint sur la scène du New Morning. Il est accompagné de Joël Jaccoulet au clavier, de Rémi Rascar à la basse et de Cédric Cléry à la batterie. Le show commence avec « Ek Trip », la chanson du même nom que le premier album solo de l’artiste. Il poursuit son show avec « La La La » puis « Malpalan », une très belle chanson qui aborde – comme son titre l’indique – le thème de la médisance. Accompagné de Jimmy Felvia au piano, E.sy nous interprète « Yonn », un morceau sur la tolérance. Pour poursuivre dans la même lancée, Kenzy nous rejoint sur la scène du New Morning pour « Frè é sè », en témoignage de respect aux « îles-sœurs », la Martinique et la Guadeloupe.

On change de registre avec « Beau mois de mai » et « Question de time ». Une partie beaucoup plus dancehall s’offre alors à nos yeux avec par exemple « Rété Fo » du Ghetto Raid vol.3. Aussi, on accueille Goldee pour une interprétation de « Comme du wine » en duo avec le chanteur. Goldee est une artiste originaire de la Martinique aux talents multiples. Elle est notamment connue pour ses titres « Pointe des Nègres » ou « Chaque Jour ». Juste après ce magnifique titre aux sonorités rappelant les îles de la Caraïbe, E.sy reprend seul chanteur place sur la scène afin de nous offrir un magnifique « Pinting party ». Il nous accorde ensuite un moment acoustique avec pour seul instrument d’accompagnement sa guitare. Ainsi, les voix du public et du chanteur se mêlent sur les chansons « Décidé » et « Love adan tchè mwen ».

Une fois les musiciens en place, on reprend avec « Truc de fou ». Puis, Victor O fait son apparition pour nous interpréter « Mi Natty Dread ». C’est dans un genre plus romantique, que l’on poursuit avec « Es ou paré », mon véritable coup de cœur de la soirée. Généreux avec son auditoire, E.sy Kennenga nous gratifiera même d’un « bis » en nous permettant d’apprécier deux fois cette chanson remplie d’amour. E.sy Kennenga continue avec les chansons « Never give up the fight » et « Sous ton charme ». Cette dernière sera reprise avec Kim pour un condensé de « We fly » et « Je fonds ». Un accueil chaleureux est réservée à cette jeune artiste qui s’affirme de plus en plus dans le monde du zouk.

Le moment que le public attend avec impatience arrive. E.sy nous interprète « Pa pè », un véritable hymne au courage et à la détermination : « Tonbé sa vlé pa di ou échoué, fok ou rilévé la vi’a ka kontinué » (Mot à mot, « Tomber ne veut pas dire échouer, il faut se relever, la vie continue »). Le concert se finira bien évidemment avec deux de ses titres qui ont touché la scène créole. C’est dans un premier temps « Madinina #1 » qui s’est fait entendre. Cette chanson est un hymne à l’amour envers l’île de la Martinique. J’ai particulièrement apprécié l’implication des musiciens sur ce morceau aux allures de kompa rappelant les influences diverses du chanteur. Et pour finir, c’est une version à double mesure de « Nou anlè sa » qui nous est proposé. L’interprétation souhaitée par le chanteur est d’abord douce, presque romantique et ferait presque penser à du zouk. Mais c’est bien sûr, un final avec le rythme du carnaval qui transportera le public dans une joie infinie. Je dirais même que cette chanson aura fini par totalement nous réchauffer alors que l’hiver bat son plein en ce moment. L’auditoire ne cesse alors d’applaudir et de manifester son contentement à ce jeune artiste dont la notoriété prend de l’ampleur à chaque nouveau concert.

A tous les absents, je voudrais simplement vous dire que vous avez eu tort ! Les musiciens qui accompagnaient le chanteur étaient simplement EXCELLENTS. Quant à E.sy Kennenga, il nous aura offert un show très professionnel dans un genre éclectique puisque touchant à la fois à plusieurs genres musicaux : le reggae, la soul, le kompa, le zouk et le dancehall. J’espère rapidement avoir la chance de le revoir sur scène.

Fanny J au Zénith

Copyright : Dycine

Fanny J a donné rendez le 26 décembre dernier à son public parisien, afin de lui présenter son deuxième album Secrets de Femme. Ce concert a eu lieu dans la très grande salle du Zénith (qui était comble). La jeune femme était bien accompagnée. En effet, de nombreux artistes ont répondu à l’appel pour l’entourer. On retrouve parmi eux Thayna, M’Wayne, Warren, Krys, Admiral T et Black Kent.

Revivez le concert de Fanny. UNE ASTUCE : Vous pouvez sélectionner la vidéo que vous souhaitez visionner en cliquant sur le bouton « Playlist » de YouTube.

La première partie du concert s’accompagne tout d’abord de la douce voix de Thayna, une chanteuse de zouk connue pour son album Nouveau Départ sorti en fin d’année 2008. Elle nous interprète ce soir-là deux chansons de son répertoire : Lettre ouverte et Mal sans toi. Puis, c’est au tour de M’Wayne d’assurer la deuxième moitié de cette première partie de concert. Cet homme aux allures charismatiques la remplace sur la scène du Zénith le temps de nous chanter son titre Histoires d’amour, une chanson dans laquelle il se voit obligé de dire « au revoir » à l’être aimé.

Habillée d’une robe du couturier Kévin O’Brian originaire de la Martinique, Fanny J débute son show avec Radio. C’est avec beaucoup de sensualité qu’elle nous expose son programme et va nous chanter Sé Taw, Wonderful, Lé ou joinn lanmou – qui reçut une étonnante acclamation du public – et Mes regrets. On observe d’ailleurs que le "kompa" occupe une place très importante dans les compositions de la jeune artiste. Krys rejoint ensuite Fanny sur scène afin de l’accompagner sur la chanson Bye Bye, un magnifique duo présent sur les albums de ces deux artistes. Krys restera seul sur le podium pour le plus grand plaisir du public et proposera son fameux Bootyshake qui fera l’unanimité auprès de l’auditoire.

Fanny J remonte sur scène vêtue d’une magnifique robe pour nous offrir les chansons Pas ce soir, durant laquelle elle invitera des personnes à danser avec elle et Je l’aime, un tube que son auditoire connaît par cœur et chantera d’une seule voix en même temps que l’artiste guyanaise. Les enfants de Lékol a Ti Moun sont ensuite appelés pour interpréter une sélection de chansons de Fanny sous les yeux de leurs proches. Après ce show animé par les jeunes, Fanny J attaque à nouveau avec des morceaux de son dernier album Secrets de Femme — tels que Mon bad boy et Comme toi — avant de revenir avec Vous les hommes, le tube éponyme de son premier album.

Warren nous rejoindra pour J’ai trouvé l’erreur avant d’introduire Ancrée à ton port, la chanson qui m’aura fait découvrir cette brillante artiste en 2007. C’est d’ailleurs Warren qui a composé et écrit cette chanson pour la chanteuse à l’époque, et le premier album de Fanny J Vous les homme avait connu un succès incommensurable. Admiral T débarque par la suite sur la scène du Zénith de Paris pour le plus grand plaisir du public. Il nous propose tout d’abord Bay Love en duo avec Fanny. Puis, il poursuit avec Fos a péyi a, un petit remix de Gwadada et de Move together, des chansons à la renommée incontestable de son propre recueil de chansons. On a eu le droit à presque dix minutes de dancehall dans ce concert de zouk. :) Enfin, le final a eut lieu sur Okay suivi de Okay Remix en duo avec Black Kent. Black Kent joue le personnage de l’homme infidèle alors que Fanny obtient les faveurs des femmes de l’auditoire. Quoiqu’on en dise, ce concert fut une belle découverte pour moi, qui ne connaissait finalement que très peu de chansons de Fanny J, et l’artiste aura su donner le maximum d’elle-même devant une salle complètement remplie. Cette première grande scène représente sans aucun doute une excellente expérience pour la chanteuse qui fait ses débuts à l’échelle nationale.