Superman de Tarrus Riley

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En grande passionnée que je suis, c’est presque naturellement que je me suis mise à écouter en boucle la chanson de Tarrus Riley, Superman, depuis quelques jours. Alors bien sûr, vous me direz que cette chanson n’est pas tout à fait récente… Mais ce n’est pas ce qui importe ici. D’ailleurs, sachez qu’elle figure sur le Strictly The Best 42 sorti il y a peu de temps.

Tarrus Riley nous offre de magnifiques paroles à travers cet hymne à l’amour inconditionnel. Il rassure sa bien-aimée sur leur relation et ses intentions : il sera présent à chacun des moments de sa vie, qu’ils soient tristes ou gais, dans le meilleur, comme dans le pire. “I will be there when you need me… I will be there when you cry baby… I will be there when you need someone to dance with…” (Je serai là quand tu auras besoin de moi… Je serai là quand tu pleureras, baby… Je serai là quand tu auras besoin de quelqu’un avec qui danser…). Et ce, tout simplement car il n’aurait jamais pensé que l’on puisse aimer quelqu’un au point de renoncer à tout : “I never thought someone could love someone so much that he gives up on everything”. Amateurs de reggae aux sonorités douces et romantiques, vous apprécierez. :)

Messages de Lyricson

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Lyricson est un grand chanteur de reggae originaire de la Guinée. Il grandit au Libéria, qu’il quitte avec sa famille pour la Guinée au cours des années 80 à cause de la guerre civile qui dévaste le pays. Il arrive en France vers l’âge de 12 ans. Plus tard, il séjournera aux États-Unis et aux Antilles. De ce voyage, il retiendra sa rencontre avec un Rasta qui l’initie au mode de vie et à la spiritualité Rastafari et bien que le reggae ait toujours eu une place importante chez lui, de par ses origines africaines, il décide dès lors d’y consacrer son entière carrière musicale. Il commence à chanter aux côtés du groupe de hip hop français Assassin et se fait connaître auprès du public grâce à la chanson “Seeking for a better future” sur la mixtape Quality Streetz. Il participe également à la tournée internationale de Manu Chao avant de réellement se lancer en solo.

Aujourd’hui, Lyricson revient avec son troisième album Messages, sorti chez PJK Entertainment, son propre label. De nombreux compositeurs et musiciens ont participé à la réalisation de ce recueil musical : Special Delivery, Bost et Bim, TNT (France), Ghost, Foxx-T (Martinique), Firehouse Crew (Jamaique), Patko (Guyane).

“Jah you bless me, you bless me” sont les premiers mots de l’artiste (dans l’intro) et ceux-ci annoncent sans aucun doute le fil conducteur de ce disque. Il y remercie Dieu de lui donner la force de vivre jour après jour et de toujours l’accompagner pour avancer. Dans ce nouvel album, Lyricson nous offre avant tout un message d’amour. “Love is the answer, (…) so show love always” en est d’ailleurs la phrase la plus significative. Il apparaît ainsi que, si le monde pouvait faire preuve de plus d’amour et de tolérance, les choses seraient moins compliquées : “Open your heart let love come in”.

Un grand message de paix et d’espoir nous est aussi livré dans cet album. La situation actuelle de la Guinée, qui rappelons-le est extrêmement tendue, a probablement eu une incidence sur certaines paroles de Lyricson : “We don’t wanna see an other innocent die” (No More), “Stop with the crime and the violence” (Rise)… En elles reflète une certaine souffrance et injustice qui ne demande qu’à être soulagées. Cependant, l’artiste ne se complait pas dans la douleur, il essaie d’y apporter une finalité positive. Comme s’il pouvait, grâce à ses textes, se battre aux côtés de ses compatriotes. Régulièrement, il nous conseille : "N’abandonnez jamais", "Soyez forts", "Gardez la tête haute", "Faites du mieux que vous pouvez" (cf. Life is not a game).

J’ai, pour ma part, eu un immense coup de cœur pour “Crush on you”. Cette chanson m’a littéralement séduite avec son tempo doux et ses sonorités romantiques. Fans de lover’s rock reggae vous allez l’adorer. Pour ceux qui voudraient écouter un son un peu plus hip hop, vous pouvez vous diriger vers “Blessings Multiply”. A noter aussi que “Those without love” et “Glad you’re mine”, respectivement posées sur le Soprano riddim et le Sugar riddim, sont selon moi représentatives de l’immense talent de Lyricson pour nous faire redécouvrir la base instrumentale d’une composition musicale.

En conclusion, je pense que Lyricson fait preuve de beaucoup plus de maturité sur ce dernier album. Et c’est probablement la raison pour laquelle c’est de loin le meilleur à mon sens.


TRACKLIST :
01 – Intro
02 – From The Beginning
03 – Love Is The Answer
04 – Revolution Start featuring Zamunda
05 – Those Without Love
06 – Glad You’re Mine
07 – Life Is Not A Game
08 – Bless The Youths
09 – Upright
10 – No More
11 – Blessings Multiply
12 – Wise Up
13 – Rise
14 – Crush On You
15 – Provider & Guide
16 – Outro

Krys à l’Elysée Montmartre

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Krys fait son entrée sur la scène devant un public impatient de l’accueillir en reprenant le Gangsta Ting riddim, emprunté aux jamaïcains. Il nous entonne alors un medley de quelques-uns de ses refrains les plus connus tels que An vlé an gal, Pa goumé ba fanm, Gwada, Mouvement la… Ainsi, il entame son show avec le répertoire des chansons qui ont fait sa notoriété : V.I.P, Programme de la Semaine. Il est accompagné sur scène de ses danseurs et d’un orchestre tout simplement grandiose. En bon ambianceur, il entraîne son auditoire déjà en liesse à danser avec lui. Il poursuit sur la même lancée en nous interprétant le morceau Garde cocotte sorti sur la compile Dancehall Tracks en 2004. Le B52 riddim a tout simplement connu ses heures de gloire grâce à cette chanson. On assiste à un enchaînement logique du répertoire de Krys.

Puis, sur un rythme aux sonorités "reggae" et des paroles beaucoup plus posées, il nous rappelle à quel point la musique est « magique », et permet le rassemblement. C’est ainsi que, face à son public dans lequel se fondent plusieurs communautés, Krys nous rappelle ô combien il est important de savoir qui l’on est pour mieux accepter l’autre. Un rappel vers le combat contre la discrimination raciale. Par ailleurs, l’artiste n’a presque plus besoin de chanter tant son public l’accompagne pour ces véritables hymnes à la paix « Solidarité ké rende la vie pli facile » (La solidarité rendra la vie plus facile, cf. ), « Fo nou rété dan linité » (Faut que l’on reste unis, cf. Nèg)…

Quelques minutes plus tard, le revoilà traversant la scène avec un air enjoué pour interpréter des chansons sur des trames moins sérieuses telles que Ti Négress’ay, Hey Selecta, Dangereuse, Caroline, Commercial… Il prendra même le temps de nous offrir un mix du super hit "Alors on danse" de Stromae. Ce n’est qu’après ce retour nécessaire dans le passé qu’il nous invite à écouter ses dernières chansons. S’enchaînent alors les titres Français des DOM TOM, Hustle… Toujours en communion avec son public, Krys nous expose ses idées sur la société actuelle. De nouveau, on réalise un petit comeback dans le passé avec Sa nou vlé cé dancehall sorti en 2005. Krys nous offre quelques pas avec ses danseurs. Et c’est avec surprise que l’on accueille sur scène les dancehall queens Shisha et Axxia sur ce riddim (le Junkanoo). Sur une mise en scène plutôt sympathique, elles entraînent Krys sur la scène et exécutent quelques pas de dancehall…

Ensuite, Krys décide de nous interpréter Fessebook et Saucisse son la. Survient alors, selon moi, la meilleure partie de ce concert. Un jeune garçon arrive sur le podium et nous lit un texte sur la négritude écrit par Aimé Césaire. Krys remonte sur la scène, cette fois revêtu d’un costume. Dès les premières secondes de la mélodie, l’ambiance de la salle n’est plus la même. L’artiste rend hommage au grand homme qu’était Aimé Césaire à travers cette lettre posthume qui est adressée. Il le remercie de nous avoir laissé un héritage riche et d’avoir réhabilité le mot "nègre". « Car aujourd’hui, l’on peut être nègre et fier. » Suite à ce témoignage de respect, Krys poursuit sur la même lancée en nous demandant d’avoir une pensée pour nos êtres chers disparus. C’est un énorme moment d’émotion qu’il nous offre en interprétant Bye Bye, chanson en duo avec Fanny J sur son dernier album : « Et je prie pour son âme sans déposer les armes ». Il nous livre une liste de prénoms, ceux de ses amis partis trop tôt… Il évoquera également Patrick Saint-Eloi, juste avant de quitter la scène en retenant ses larmes.

Le final aura bien évident lieu sur Bootyshake, son plus gros tube du moment. Presque naturellement, Krys invite des demoiselles à nous montrer leur pas de danse et un mini battle de bootyshake s’organise. C’est ainsi qu’après plus d’une heure et cinquante minutes de show, c’est une salle pleine à craquer et dynamique qui applaudit dans la salle parisienne de l’Élysée Montmartre le retour de Krys sur la scène métropolitaine. L’artiste nous prouve ici qu’il mérite amplement sa place dans le monde du dancehall. Il nous démontre par la même occasion sa capacité à traiter des sujets plus sérieux que les thèmes des chansons qui l’ont rendu célèbre. Pour l’accompagner, on notera aussi la présence de Colonel Reyel.

Revivez le concert de Krys à l’Elysée Montmartre. UNE ASTUCE : Vous pouvez sélectionner la vidéo que vous souhaitez visionner en cliquant sur le bouton « Playlist » de YouTube.

Interview de Maikal X

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Je ne vous en avez pas encore parlé à cause de mon rythme effrené du moment, mais aujourd’hui, voici l’occasion rêvée ! Depuis très récemment, je suis rédactrice chez ReggaeMag. Comme son nom l’indique, ReggaeMag est un magazine traite les dernières actualités en matière de reggae. Ainsi, on y retrouve de très bons articles, de la musique, des vidéos et un agenda des meilleurs événements dancehall/reggae en France. Ils m’ont repéré grâce aux quelques articles reggae que je poste ici de temps en temps. D’ailleurs, je suis trop contente de savoir que je suis lue :’) Enfin bref, donc très récemment, mes collaborateurs m’ont proposé d’écrire l’interview de Maikal X ! Et moi, les yeux remplis d’étoiles **, j’ai bien évidemment accepté ! J’ai saisi cette opportunité afin de lui poser quelques questions qui me tenaient à cœur depuis que je l’ai vu sur scène, en première partie du concert de Busy Signal, au Cabaret Sauvage (vous pouvez découvrir en intégralité ce passage ici). Enfin voilà, vous pouvez découvrir l’artiste à travers MON interview que vous trouverez ci-dessous : bonne lecture !

Qui est vraiment Maikal X ?

Maikal X est un jeune artiste né en Hollande de parents Caribéens, amateur de hip hop de la première heure, artiste reggae, MC, père, militant pour la justice, et allergique aux pessimistes et aux “badminds”.

Tes parents sont originaires de Curacao et de la Guyane… Que conserves-tu de leurs origines ?

Tout ! Parce que ce sont deux aspects qui font partie de moi, j’ai grandi avec ces deux cultures. Enfant, nous avons toujours parlé trois langues, c’est naturel.

Quand as-tu vraiment compris ta passion pour la musique ?

Ma passion pour le chant remonte à aussi loin que je peux me rappeler, mais pour être plus précis, ça a dû commencer quand je faisais les chœurs pour un groupe de funk qui s’appelait Gotcha.

Quel genre de musique t’a bercé tout au long de ta vie ?

Le reggae m’a influencé quand j’étais ado parce que mon père avait une grande collection de disques et aussi parce qu’il a travaillé chez CBS Records. Des groupes comme Steel Pulse et Aswad m’ont beaucoup influencé, tout comme Bob Marley et Big Youth, John Holt et Bunny Wailer. Mais ma plus grande influence était le rap.

Parle nous de ton parcours.

Jeune, j’ai fait des tournées avec Gotcha, le groupe de Funk. Cette expérience m’a ouvert les yeux sur le monde de la musique. Plus tard, j’ai rejoint un groupe de hip hop appelé Postmen. On a eu un véritable succès en Hollande, notre premier album Documents a été disque d’or. On a fait trois albums avant que je ne quitte le groupe : Documents, Revival et Era. J’ai aussi fait parti d’Amolab, un autre groupe de hip hop plus underground. J’ai arrêté en 2004 et j’ai commencé à m’investir dans un sound system appelé Jamrock avec Dj Waxfiend. On organise une soirée par semaine à Amsterdam et on fait aussi de grosses soirées comme les Jamrock Explosion et les Jamrock XXL, tu peux regarder sur Google.

D’où provient ton inspiration pour l’écriture de tes textes ?

Je puise mon inspiration de la vie, de mes expériences, de celles de mes amis et de ma famille, des choses qui se passent dans la rue. J’essaie de ne pas écrire de la fiction ou des choses imaginaires. Je parle de la vraie vie !

Comment s’est produite ta collaboration avec Don Corleon ?

Don Corleon était au Suriname avec Alaine et Danny, un de mes amis. Ils roulaient et ils écoutaient “Best In You” dans leur voiture. C’est à ce moment-là que Don a demandé à Danny qui chantait et que ce dernier lui a répondu qu’il s’agit de ma voix, et que nous étions amis. Il m’a donc appelé et m’a passé Don au téléphone. C’est comme ça que la connexion s’est faite ! Ensuite, Don m’a envoyé le Changes riddim… Et c’est ainsi qu’est né le titre “Bear With Me” !

Comment présenterais-tu ton album “Genesis” à une personne qui ne t’a jamais entendu ?

Genesis est un bon album de reggae avec de la bonne musique pour ton âme. C’est une bonne production, tu ne zapperas aucune chanson !

Ton style a-t-il complètement changé entre cet album et le temps où tu faisais partie du groupe Postmen ?

Je ne dirais pas que j’ai changé, je dirais plutôt que j’ai évolué. Si tu écoutes les albums de Postmen, tu verras que le style était déjà là. Il a juste évolué en même temps que j’ai vieilli. La seule vraie différence entre cet album et ceux des Postmen, c’est que dans celui-là je n’ai pas incorporé de hip hop, je l’ai voulu strictly reggae. Je vais peut-être changer ça sur mon prochain album…

Qu’as-tu ressenti en travaillant avec Luciano, la légende vivante du reggae ?

Cela a été une réelle bénédiction pour moi. Luciano est un artiste que j’admire depuis longtemps. Il m’a béni avec ses vibrations, je l’en remercie sincèrement.

Quels sont tes sentiments concernant ta signature avec VP Records ?

C’est un sentiment agréable, je me rends compte que je fais ce que je dois faire. VP Records est le plus gros distributeur de reggae au monde, alors qu’ils me reconnaissent, c’est vraiment wicked !

Quelle est la chanson de ton propre répertoire que tu préfères ?

Je n’ai pas de chanson préférée (en riant, ndlr), mais j’aime chanter “Come Over” !

Te considères-tu comme faisant partie d’une toute nouvelle génération de chanteur reggae ?

Oui, je le pense, mais je réalise aussi que je fais partie d’un mouvement encore plus large. Ce n’est pas juste moi, c’est aussi Ziggi Recado, Gappy Ranks, Million Stylez etc. C’est à nous tous de jouer notre rôle.

Qu’as-tu pensé du public français lors du concert de Busy Signal ?

Yo ! Big up France ! Ce concert était mad parce que je ne savais pas du tout à quoi m’attendre, et l’amour que j’ai reçu était énorme. Big up à tous ceux qui sont venus ce soir là au concert ! Big up à Special Delivery, JP et Pierre !

Ton mot de la fin ?

Vivez votre vie au maximum et pensez positif ! Bun badmind and negativity !

Busy Signal au Cabaret Sauvage

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Aujourd’hui, j’ai eu la chance de pouvoir assister au concert de Busy Signal au Cabaret Sauvage de Paris. Le premier invité surprise de ce show était Lieutenant. Pour ceux qui ne le connaissent pas, Lieutenant est un chanteur de dancehall originaire de la Martinique. Il commence à chanter dans des sound systems aux côtés de Saël, African T, Dahona et Ices Matter. Il participera d’ailleurs au projet Saël and Friends en 2001. Mais c’est la mixtape Dancehall Teworist qui lui confère sa notoriété sur la scène martiniquaise grâce au titre 9 millimètres en duo avec Byronn. Aujourd’hui, Lieutenant revient avec un premier album sorti en juillet 2010 sous le label Don’s Music : Dancehall Anarchy. Vous y trouverez de nombreux featurings avec des artistes tels que Kalash, Mali, Pleen, Valley…

Ensuite, Maikal X, qui selon moi, mérite vraiment d’être mieux connu, attaque la première partie du concert comme on l’avait annoncé. Il démarre son show avec The Warning. Il a vraiment une grand présence sur scène, et ses chansons sur des riddims un peu plus connus comme So Much (Here I Am), Bear With Me (Changes) ou encore Get Away (Police In Helicopter) retiennent l’attention du public. Il aura su faire partager son talent et faire apprécier sa voix en or. Pour info, Maikal X commence sa carrière musicale au sein du groupe Postmen, un groupe de reggae/hip hop des Pays Bas avec des titres tels que Cocktail ou U Wait. Maikal X quitte le groupe en 2004 pour débuter une carrière en solo. En 2008, il signe chez Rock’N’Vibes. Son premier single The Best In You est un énorme succès et se retrouve sur l’une des plus importantes compilations reggae, le Stricly The Best Vol.40 (VP Records).

Accompagné du groupe Hi Voltage Band (qui est juste EXCELLENT), Busy Signal fait son entrée avec Not Going Down (Ice Breaker) sur la scène du Cabaret Sauvage. Il poursuivra rapidement avec Badman Place et Full Clip (Anger Management). Puis, il enchaînera avec Step Out, So Busy, Loaded et Hey Girl (Final Warning). C’est avec un rythme effrené que Busy Signal nous interprète Pon Di Edge (Chromium), Mek she Stamma (Day Rave), Dah Style Deh (accompagné de deux demoiselles habillées en tenue de soubrette, Up In Her Belly et Tic Toc. Vient alors une partie plus calme avec les morceaux Tightest (Miss Independent), Take You To Jamaica (Smoke Some High Grade), l’irrésistible Jamaica Love et These Are The Fuck*** Days. L’orchestre très polyvalent va même nous jouer une bref extrait de la version instrumentale de This Love de Maroon 5. Mais déjà, Busy reprend son répertoire avec Unknown Number (Private Call) et Hustling (Baddaz). L’une des parties les plus attendues arrive avec Night Shift (Sweet Love) et . Suite à ça, un petit retour dans le passé nous est proposé avec en introduction Dat Mi Love (Boops) suivi de Zungu Zeng emprunté à King Yellowan, Tie and Dye Face (Bam Bam 2k9), Dem A Bleach (Bam Bam) emprunté à Nardo Ranks, What a Bam Bam de Chaka Demus et Pliers et Too Much Guns (Petty Thief). Je dois dire que l’artiste nous offre des toats juste impressionnants ! Suite à No Escape (Shoot Out), un hommage à Gregory Isaacs décédé le 25 octobre dernier est rendu. Busy Signal nous interprète Rumours, Hard Drugs, My Number One et bien évidemment Night Nurse. L’artiste enchaînera avec Cool Baby, Picante, Gal Bounce (We No Speak Americano) et Pon Me (Pon Di Floor). Le final aura lieu sur Burial Spot, Hands Up et Nah Go A Jail Again. Et c’est ainsi qu’après plus d’une heure quarante de show, Busy Signal quitte la scène sous une pluie d’applaudissements.

Revivez en vidéos l’ensemble du concert de Busy Signal. UNE ASTUCE : Vous pouvez sélectionner la vidéo que vous souhaitez visionner en cliquant sur le bouton « Playlist » de YouTube.

Gyptian au Cabaret Sauvage

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Taïro a assuré la première partie de ce concert. Il a démarré son show en nous interprétant Je ne t’aime plus accompagné de Jérémie ‘Bim’ Dessus à la guitare. Ainsi, ils enchaîneront les tubes Aime la vie, Elle veut, Mama, Une seule vie sur le Hold Yuh riddim et Bonne weed dont il emprunte l’instrumental à Konshens et Tarrus (cf. Good Girl Gone Bad). Son temps de scène s’écoule rapidement – à mon grand regret – mais le spectacle doit suivre son cours.

Vient alors Nitty Kutchie sur les planches du Cabaret Sauvage. Pour ceux qui ne le connaissent pas, Nitty Kutchie est un chanteur jamaïcain à la voix juste exceptionnelle. Il s’inscrit généralement autour de douces mélodies dignes du Lover’s Rock Reggae, unvgenre de reggae aux sonorités particulièrement romantiques. On retrouve parmi ses chansons les plus connues Girl is mine, un duo avec Ghost ou sa reprise de Let me Love you de Mario sur le Real Rock Return riddim – qu’il a décidé de nous interpréter ce soir-là…

Le moment que tout le monde attend arrive : l’entrée de Gyptian sur la scène ! Le public manifeste fortement sa liesse dès les premières notes de To be held, l’intro du dernier album de l’artiste. Son show débute sur certains de ses plus gros tubes notamment Is There a Place (Seasons), You Never Know (Handle), School Girl et Nobody No Cry (Hagnet). On aura le droit à une série de chansons qui ont contribué à sa notoriété comme Mama (Triumphant), Life Hard (Coming in from the cold), Beng Beng, l’excellent Serious times – chanson qui l’a propulsé sur la scène mondiale en 2005 – et Girl I love you. Chanteur aux multiples talents, il empruntera Jah jah see dem a come de Culture, ou encore Call on me de Jah Cure – après nous avoir entonné Butterlfy, sa propre chanson posée sur le Good Love riddim. Bien évidemment, le final aura lieu sur les trois plus gros succès de Gyptian du moment, à savoir Nah let go, Beautiful Lady et Hold Yuh, le titre qui lui aura permis de gagner le Soul Train Award du meilleur chanteur de reggae en 2010.

Découvrez le concert de Gyptian au Cabaret Sauvage dans son ensemble grâce à ces vidéos. UNE ASTUCE : Vous pouvez sélectionner la vidéo que vous souhaitez visionner en cliquant sur le bouton « Playlist » de YouTube.

Edit du 16 février 2011 : Pour la petite histoire, le concert de Gyptian est mon premier concert et, c’est d’ailleurs, celui qui m’aura donné envie de faire partager tout ces bons moments avec vous.

EK Trip d’E.sy Kennenga

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Pour une présentation rapide du chanteur, E.sy Kennenga a débuté sa carrière musicale au sein du groupe One Day, connu notamment pour les chansons Bato, Pou toujou, Il faut le dire… Ils connurent un succès remarquable en Martinique, Guadeloupe et en Guyane. Il revient cette année sur le devant de la scène en créant tout d’abord un buzz autour de son clip “Nou anlè sa”, le premier extrait de son premier album solo EK Trip. Il fera longtemps parler de lui grâce au clip de ce morceau pour lequel il aura fait appel aux internautes via Facebook. On retrouve d’ailleurs parmi les guests Lieutenant, Pleen Pyroman, Saël, Papa Tank, DJ Galak, Valley, Daly, Captain Nico, et plein d’autres encore… Et donc aujourd’hui, je souhaite vous présenter EK Trip, qui je l’espère, annonce le début d’une longue carrière musicale pour cet artiste martiniquais.

“EK Trip”, la chanson éponyme, est la première de cet album. Il s’agit d’un reggae finalement très acoustique malgré les instruments qui accompagnent la guitare. Les paroles de cet hymne à la positivité nous mettent en condition pour aborder la suite de l’album. Très vite, E.sy Kennenga nous annonce la couleur : il “chante ce qu’il est”, il “est ce qu’il vit” et ne “chante pas pour plaire” aux gens. C’est donc en tout simplicité qu’il nous amène ses lyrics conscientes, tout en délivrant en énorme message d’amour.

De l’amour, on en retrouve d’ailleurs à tous les degrés en parcourant les chansons de cet album, mais notamment à travers les morceaux suivants : “Sous Ton Charme”, “Love Adan Tchè Mwen” et “Es Ou Paré”. Cette dernière est probablement celle qui m’a le plus touché — en grande romantique que je suis… C’est une des plus belles déclarations d’amour que j’ai entendu en chanson cette année. Son refrain ça donne “Doudou es ou paré pou nou voyajé, é esske ou vlé, ké mwen ménéw révé”.

Beaucoup de messages de détermination sont à noter aussi dans cet album comme en témoignent “Décidé”, “Pa Pè” et “Never Give Up”. E.sy Kennenga chante pour donner à tous la force d’avancer malgré les embûches de la vie. Notre quotidien est un combat mais nous nous devons de trouver en nous le courage de continuer à croire en des jours meilleurs. La chanson “Pa Pè” est actuellement celle qui tourne dans les stations radio et à la télé. Je voudrais aussi souligner tout particulièrement l’hommage puissant d’E.sy à toutes les femmes avec “Dédicace à toutes les femmes”. Cette chanson dénonce la violence affligée aux femmes sur un tempo acoustique doux et lent. D’un point de vue technique, elle est juste magnifique.

E.sy Kennenga traite de notions telles que l’unité avec “Yonn” (les notes au piano : un régal) ou encore le respect et le racisme avec “Truc de Fou”. L’artiste voue un culte à notre belle île avec “Madinina #1”. Et des thèmes beaucoup moins sérieux font également leur apparition ici. Ainsi, “Beau Mois De Mai” relate l’histoire d’un jeune homme dont les poches sont vides, “Pinting Party” celle d’une soirée ambiancée et “Nou Anlè Sa” emprunte le rythme du traditionnel carnaval.

Vous l’aurez compris, EK Trip est un concentré de bonne humeur ! Cet album possède des intonations très douces, et la guitare procure aux chansons des sonorités soul/reggae. Ci-dessous, vous trouverez mon véritable coup de cœur musical du moment à savoir “Décidé”, le cinquième morceau de cet album, celui qui m’aura permis de découvrir la voix du chanteur… celui qui m’a rendue suffisamment curieuse pour chercher à en savoir plus sur E.sy Kennenga. Vous pourrez écouter les autres chansons de cet album sur Deezer ou directement acheter Ek Trip en suivant le lien.

TRACKLIST :
01 – EK Trip
02 – Beau Mois De Mai
03 – Sous Ton Charme
04 – Pinting Party
05 – Décidé
06 – Truc De Fou
07 – Pa Pè
08 – Madinina #1
09 – Love Adan Tchè Mwen
10 – Never Give Up
11 – Nou Anlè Sa
12 – Yonn
13 – Es Ou Paré
14 – Dédicace A Toutes Les Femmes

Liquor Store Blues de Bruno Mars

Copyright : Bruno Mars

Ma découverte musicale du jour est Liquor Store Blues, un duo interprété par Bruno Mars et Damian Marley. Celui-ci fera partie du nouvel album de Bruno Mars Doo-Woops & Hooligans qui sortira le 5 octobre prochain. Une véritable alchimie entre ces 2 artistes se dégage à travers cette chanson et ce, sur des rythmiques rouge-jaune-vert. Avis aux amateurs de reggae.

C’est avec les paroles suivantes que Bruno Mars tente de capter l’attention de son auditoire : "Because my job got me going nowhere, So I ain’t got a thing to lose, Take me to a place where I don’t care, This is me and my liquor store blue, I’ll take one shot for my pain, One drag for my sorrow"

Pour ceux qui ne le connaissent pas encore, Bruno Mars a été compositeur et producteur de musique pour des artistes comme Flo Rida, Maroon 5, Brandy, Alexandra Burke, Travie McCoy, Adam Levine, ou encore Sean Kingston. On le connaît notamment grâce au succès de Nothin’ On You, duo avec B.o.B sorti en mai dernier.

Il s’appelait Bob Marley

Copyright : Matthew Cachia

Bob Marley est mort le 11 mai 1981, à 36 ans à Miami, aux Etats-Unis. Ses chansons continuent de vivre à travers le temps. Aujourd’hui, 29 ans après sa disparition, ce grand chanteur jamaïcain est plus qu’ancré dans le monde du reggae.

Je ne saurais dire depuis quel âge les chansons de Bob Marley font partie de ma vie tant j’ai l’impression de les avoir toujours connues. Je pense que c’est en grande partie grâce à mes parents qui l’écoutaient « à l’époque ».

Une chose est sûre, ses chansons m’ont accompagné tout au long de mon adolescence. Ses chansons me touchent particulièrement car peu importe l’humeur dans laquelle je me trouve, elles m’apportent ce dont j’ai besoin pour rire, sourire, pleurer, me remettre en question.

Et si aujourd’hui, Bob Marley est encore considéré comme le roi du reggae, c’est simplement grâce à son message universel. Il nous apporte de l’espoir « Every little thing is gonna be allright » (cf. Three little birds) mais surtout de l’amour « I wanna love you every day and every night » (cf. Is this love) alors que le monde semble être en perdition. Et bien que les guerres soient encore à l’ordre du jour, on a TOUS envie de croire en un monde meilleur. Rest In Peace Bob Marley.