Touch The Sky Riddim

On l’attendait, il est enfin arrivé, le Touch The Sky Riddim est enfin disponible sur toutes les plateformes légales de téléchargement de musique ! Il y a déjà un bon mois, je vous proposais d’écouter la première chanson commericalisée sur cette base instrumentale : Tou Sèl An Mwen de Saïk.

Et depuis le mercredi 30 juillet dernier, quatorze autres artistes ont également posé leurs voix sur ce riddim aux sonorités légères, qui nous est offert par la maison de production Blue Lagoon Music Records. Vous pouvez d’ailleurs télécharger le Touch The Sky Riddim sur Amazon.

Le Touch The Sky Riddim en résumé

Le Touch The Sky Riddim est l’un des riddims les plus convaincants sortis cette année à l’échelle caribéenne locale, si je peux m’exprimer ainsi. De nombreux artistes d’origines guadeloupéenne, mais aussi dominicaine, martiniquaise, réunionnaise et même guinéenne avec l’apport musical de Lyricson, ont décidé d’envahir les ondes avec cette base instrumentale proposée par le label Blue Lagoon.

Cette compilation nous propose avant tout toutes les couleurs de l’amour à l’antillaise. De nombreuses chansons comme Si Tu Es Là qui signe le retour de Colonel Reyel ou encore Amour Idyllique de T-Shaa, sont représentatives de ce que ce sentiment apporte chaque jour à notre quotidien. Jaïan K nous dira à sa manière, par exemple, qu’il adore partager les bras de sa dulcinée. Misié Sadik nous fera part des incertitudes qui envahit sa partenaire dans An Dé Mo, un morceau dans lequel finalement le chanteur se veut réconfortant et attentif à celle qu’il aime. Et c’est aussi l’occasion de découvrir Kendell avec son titre Talk To Me, dans lequel la seule pensée de perdre celle qu’il aime le rend complètement fou.

En outre, le Touch The Sky Riddim nous présente également des paroles "conscientes", comme le disent les jamaïcains. La question de l’appartenance culturelle revient notamment avec Istwa An Nou de Rachelle Allison, mais aussi d’une certaine façon avec une des grandes gagnantes des Hit Lokal Awards de l’année dernière, Swé. Ainsi, les notions de liberté, de partage et de détermination sont bien définies par la chanteuse guadeloupéenne, mais aussi par Saïk et ProfA qui nous décrivent leur envie de réussir, par tous les moyens possibles : "An ka véyé si pa ni rékin an dlo a an ka navigué, Sé pou sa ké an préféré rété tou sèl an mwen".

Et si cette compilation a bien commencé avec le titre de Saïk, Tou Sèl An Mwen, c’est bien Admiral T qui intervient pour finir ce chapitre musical de très bon augure. Il annonce sur Facebook que ce riddim lui a tant plu, qu’il a souhaité en faire partie. Et c’est ainsi que naît la seule bonus track de ce riddim. Une dernière chanson où l’amour règle une dernière fois.

Les sonorités de ce riddim font appel à quelques touches de piano mais surtout une guitare bien présente, qui rythme les paroles que chacun des artistes ont bien voulu nous offrir. Le Touch The Sky vous permettra de vous envoler et de réellement toucher le ciel comme le dit si bien Krys dans Alleluia.

Le Touch The Sky Riddim piste par piste

Comme je vous le disais en préambule, le premier artiste que l’on retrouve sur cette compilation est donc Saïk, avec la chanson Tou Sèl An Mwen. Cette chanson est une invitation à l’évasion. Saïk préfère rester seul en certaines situations pour pouvoir mieux respirer et profiter de sa vie comme il l’entend. Il a des objectifs à atteindre, et compte bien s’y atteler. Ce magnifique titre aura permis au riddim de se faire une certaine notoriété avant sa sortie officielle ce mercredi 30 juillet.

C’est ensuite Colonel Reyel que l’on peut écouter sur le Touch The Sky Riddim. La trame de sa chanson se cadre dans un contexte bien précis, celui des relations sentimentales. L’artiste, que l’on ne présente plus grâce à ses chansons comme Celui ou encore Aurélie, déclare sa flamme à sa partenaire. Si Tu Es Là est une chanson dans laquelle il confesse son amour à sa dulcinée : "Si tu es là avec moi jamais rien ne m’atteindra, Aucun obstacle sur la route ne me freinera, Je surmonterai tout si tu es là, Seulement si tu es là".

Kendell est un chanteur d’origine dominicaine que je ne connaissais pas jusqu’alors. Avec son titre Talk To Me sur ce riddim, il réalise un premier pas vers une reconnaissance de sa voix à l’échelle nationale. Sa voix est plutôt posée et douce, il est capable de monter facilement (ou en tout cas, c’est l’impression qu’il donne) dans les aigus. Il est le premier artiste sur cette compilation à nous offrir ainsi des paroles chantées en anglais, pour nous exprimer lui aussi son attirance pour l’objet de ses désirs. "You got me going crazy", est l’une des phrases les plus révélatrices du caractère de sa chanson. C’est l’un de mes titres préférés de cet album.

La première voix féminine présente sur le Touch The Sky Riddim est donc celle de Swé, qui continue sa percée dans le monde musical. La voix de cette chanteuse que je connais depuis un plus d’un an maintenant grâce au titre Papyon, dont je vous parlerai bien vite et qui est aussi ma sonnerie de téléphone, possède cet aspect versatile que lui permet de pouvoir nuancer ses propos. Avec Lib, Swé revient finalement sur le droit à la liberté d’expression. Elle nous déclare comme « libres », chacun d’entre nous capables de faire ses propres choix, d’avancer et de rêver tranquillement, peu importe ce que les gens peuvent en penser. Swé a aucunement l’intention de se laisser dicter une conduite, et avec ce titre, elle l’affirme explicitement.

Misié Sadik, auteur de bien des chansons aux paroles qui mènent à la réflexion, nous propose une chanson pleine d’amour sur le Touch The Sky Riddim. Misié Sadik prend le temps de déclarer aussi ce qu’il éprouve pour la personne avec laquelle il partage sa vie. An Dé Mo, « en deux mots », l’artiste parle de l’amour qu’il porte à cette femme, tout en évoquant les doutes infondés qu’elle a à son égard. De leur relation, on perçoit comme un malaise que Misié Sadik tente de dissumer avec cette chanson. L’important pour lui serait qu’ils arrivent à réellement communiquer sur leurs possibles divergences d’opinion.

Jaïan K est l’une de mes plus grandes découvertes de cette compilation. Je ne connaissais pas, honte à moi, ce chanteur d’origine antillaise. Et pourtant, son parcours dans le monde de la musique sur le plan local est déjà bien tracé, avec des chansons comme This Woman ou Rété Natwal, dont je vous parlerai prochainement, par exemple. Pour le Touch The Sky Riddim, Jaïan K chante That X Thing. Ici, il fait allusion à tout l’amour qu’il éprouve pour son alter ego.

C’est ensuite Krys qui prend le relais avec son titre Alleluia. Ce chanteur de dancehall d’origine guadeloupéenne change complètement de registre pour son titre qui se veut sur le ton de la reconnaissance. Alleluia est une sorte d’hymne à la vie. Krys y est conscient de la chance qu’il a d’être en vie, et avec cette chanson il remercie le ciel de lui permettre de profiter de chaque jour avec autant de joie, de bonheur et de bien-être.

Istwa An Nou est une magnifique chanson de Rachelle Allison sur son histoire avec la Guadeloupe. La chanteuse y relate son affection pour son île d’origine et pour sa culture. Istwa An Nou est sa manière de rendre hommage à la Guadeloupe. Et, pleinement consciente de l’héritage que lui a laissé ses ancêtres, l’artiste nous chante avec conviction la fierté qu’elle a envers son berceau culturel.

C’est ensuite Mc Duc qui reprend le riddim. Mc Duc est un chanteur originaire de l’île de la Réunion, qui est notamment connu pour sa reprise du célèbre Jump de RDX intitulée Daggaring. Ici, sur le Touch The Sky, Mc Duc nous invite à rendre compte de son amour pour l’élue de son cœur, celle sans laquelle il ne peut pas concevoir sa vie : "I need you by my side, that’s why I don’t wanna see you cry, I wanna make you my wife, Girl you’re always on my mind".

Suite à cette nouvelle déclaration d’amour, Lyricson nous propose Sunday To Sunday. Sur un ton assez festif et décontracté, Lyricson nous invite à profiter de la vie autant que possible et à danser du dimanche au dimanche ! "Cause we are party from Sunday to Sunday, Cause to we everyday is not an holiday, Dance wi a dance until the sunlight, Come join the party, free up your body", telle est la première partie du refrain de cette chanson au contexte reposant.

La trame romantique du Touch The Sky Riddim revient ensuite avec T-Shaa qui nous interprète Amour Idyllique. La chanteuse produite par le fameux Step Out Productions de Krys reprend à son tour des paroles relatives aux relations amoureuses. La chanteuse qualifie « d’idyllique » l’amour qu’elle vit avec son compagnon. Elle en profite pour souligner ici que son amour touche le ciel, petit clin d’œil au nom de ce riddim sur lequel elle a été invitée à poser sa voix.

Jeva 9 chante une de mes chansons préférées sur cette base instrumentale. Avec An Tout Sens, il fait contraster son impatience vis-à-vis d’une relation encore naissante avec son envie de prouver à l’élue de son cœur qu’il sera là en toute situation pour elle. Et son donc en toute simplicité qu’il lui livre les attentions qu’il aura à son égard. Jeva 9 se sent prêt et semble avoir mesuré l’impact que cette nouvelle personne aura dans sa vie de manière concrète.

C’est ensuite à ProfA de se lancer dans l’exercice de reprise de cette base rythmique. Do It Right est une chanson pour souligner la détermination qui doit nous animer pour arriver à atteindre nos objectifs. La vie n’est pas facile, mais si nous arrivons à maintenir le cap, de manière franche, directe et honnête, nous arrivons là où nous le souhaitons.

Chanté Baw interprété par Xelo, un chanteur de reggae, dancehall originaire de la Guadeloupe, est une autre chanson pleine de sentiments amoureux, à l’image d’An Dé Mo par exemple. Dans ce titre, Xelo nous parle de son affection pour celle qu’il aime. Il chante ce morceau pour elle, comme nous l’indique de cette chanson : "Lè nou ansanm mwen ka santi an lov baby, An bèl sansasyon ka mèt mwen an trans, Lè nou kolé séré an vlé dansé…".

Pour compléter cette magnifique compilation, Admiral T nous offre une bonus track de toute beauté. Magic Love est un dernier titre en puissance qui permet d’appréhender l’amour qu’il existe entre Admiral T et la femme qu’il aime. "Girl sé vou mwen vé, Sé sa non fo pa’w douté, Sa ki tin’ antre nou dé, Sa majik" (Girl, c’est toi que je veux, Non, il ne faut pas que tu en doutes, Ce qu’il y a entre nous deux, C’est magique…).

La seizième et dernière piste de cette compilation est un megamix proposé par DJ Axx, que vous pouvez retrouver sur son compte SoundCloud ou sur Twitter. Ce remix reprend un bout de chacune des chansons présentes sur la compilation en un peu moins de sept minutes ! Une manière agréable de redécouvrir chacun des artistes en une seule fois.



TRACKLIST :
01 – Saïk – Tou Sèl An Mwen
02 – Colonel Reyel – Si Tu Es Là
03 – Kendell – Talk To Me
04 – Swé – Nou Lib
05 – Misié Sadik – An Dé Mo
06 – Jaïan K – That X Thing
07 – Krys – Alleluia
08 – Rachelle Allison – Istwa An Nou
09 – Mc Duc – You
10 – Lyricson – Sunday To Sunday
11 – T-shaa – Amour Idyllique
12 – Jeva 9 – An Tout Sens
13 – ProfA – Do It Right
14 – Xelo – Chanté Baw
15 – Admiral T – Magic Love (BONUS TRACK)
16 – DJ Axx – Megamix

Tou Sèl An Mwen de Saïk

Saïk, qui se fait de plus en plus présent sur les scènes nationales en ce moment, nous propose depuis une semaine, cette nouvelle chanson : Tou Sèl An Mwen. Ce titre, assez original, n’est pas sorti seul, puisqu’un clip, réalisé par Nicolas Noël l’accompagne déjà ! J’en profite ici pour souligner l’excellent travail de Nicolas Noël en tant que directeur/réalisateur de la vidéo illustrant ce titre.

Tou Sèl An Mwen, c’est une invitation de Saïk à l’évasion, dans le but de pouvoir atteindre paisiblement ses objectifs. Cette chanson est en fait un avant-goût de ce que nous réservera la compilation Touch The Sky Riddim, proposée par la maison de production BlueLagoon Music Records. On retrouvera d’ailleurs plusieurs artistes de la scène reggae/dancehall sur cette base instrumentale, des artistes comme MC Duc, Colonel Reyel, Rachelle Allison, Kendell, Jaïan K, Xelo, et bien d’autres encore.

Saïk est attendu ce soir, en compagnie d’Etana et de Saa’Turn, sur le Malecon ce soir, à l’occasion du 43ème Festival de la ville de Fort-de-France. Vous avez la possibilité d’en savoir un peu plus à ce sujet ici. Pour ma part, étant (un peu) loin de la Martinique en ce moment, je vais me contenter des prochaines vidéos, que certains d’entre vous (je l’espère) partageront de ce concert en plein air ! En attendant, je me couche, en fredonnant Tou Sèl An Mwen… :)

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Rvssian Riddim

Copyright : dancehallworld

Cela fait vraiment longtemps que je ne vous avais pas parlé de riddims, mais l’instrumental du Rvssian Riddim sorti au cours du mois dernier a attisé ma curiosité ! En réalité, cette version, dont le nom n’a réellement aucun rapport avec la communauté russe comme je l’ai presque cru au premier abord, a été imaginée par le producteur et président du label Head Concussion Records Tarik 'Rvssian' Johnston (et là, on comprend aisément le nom de ce riddim, n’est-ce-pas?!).

Rvssian est avant tout un passionné de musique. Son père, qui n’est autre que Michael 'Micron' Johnston, était également un producteur de musique, notamment connu pour sa participation en tant qu’headmaster sur l’album jazz/reggae Negril du célèbre guitariste Eric Gale. Rvssian commence donc très jeune à apprendre à jouer au clavier et à la batterie, grâce aux équipements de son père. En 2008, il prend la décision de réellement faire carrière dans la musique, et son premier projet, le Liberty Riddim lui permet de se faire une place parmi les grands grâce aux morceaux Nah Hold We Down de Vybz Kartel, Ago Kill Me de Konshens ou encore My Name de Shane O.

One day I decided to try out this producing thing and thus far it has been good. The deejays and disc jocks have been working with me, I’ve found my own artiste Chan Dizzy and have even launched my own career, so I can’t complain.

Rvssian

Son label, Head Concussion Records, a continué son ascension grâce à la production de nombreux hits internationaux comme Good Girl Gone Bad de Tarrus Riley et Konshens, This Means Money de Konshens, Evil Head d’Aidonia, ou encore Nuh Strange Face et Hello Badmind de Chan Dizzy. La première voix féminine du label est donc J Capri, qui vient complètement cette liste d’artistes reconnus. Aujourd’hui âgé de 24 ans (si mes comptes sont bons…), Rvssian vit à Miami et possède son propre studio de production à Kingston, en Jamaïque.

Pour les besoins de cette nouvelle production, Rvssian fait à nouveau appel à ses artistes de prédilection avec Konshens, J Capri et Vybz Kartel pour faire vivre ses arrangements musicaux. Sean Paul vient compléter la liste des chanteurs et nous propose un pétillant Front & Back. Pour ma part, c’est bel-et-bien la voix de J Capri que je redécouvre. Je la connaissais alors uniquement pour son tube Whine & Kotch sorti en 2012, chanson qui a connu un énorme succès aux Antilles… Le Rvssian Riddim possède des sonorités rappelant les rythmes d’Amérique latine et possède un tempo posé particulièrement appréciable. J’ai l’impression d’être au soleil et d’écouter des instruments à percussion joués au gré du vent quand j’entends les premières notes de cette instrumentale. Vous me direz ce que vous en pensez…

Shaggy, Rayvon, Sly and Robbie en concert

Copyright : yle yves

Le 20 octobre dernier, la star internationale Shaggy était en concert dans la salle parisienne du Bataclan. Rayvon assurait la première partie de ce concert, et ce sont les illustres Sly Dunbar et Robbie Shakespeare qui ont été choisis pour les accompagner ce soir : choix logique quand on sait que ces deux musiciens sont également présents sur le dernier album du chanteur jamaïcain, Out Of Many, One Music, un album que Shaggy a souhaité entièrement reggae, pour la première fois de sa carrière. Tout au long de cette soirée, nous aurons le droit à la présence de chœurs de qualité en les personnes de Tony Gold, Samira et Jimmy Cozier.

Rayvon

Aux environs de 19h30, on retrouve tout d’abord Rayvon sur la scène du Bataclan. Il débute son show sur la très jolie chanson Story Of My Life, un titre plutôt reggae sur lequel il apparaîtra parfaitement à l’aise, face à un public, pas tout à fait connaisseur. Charmeur, Rayvon utilise alors sa douce voix pour ravir la gente féminine et en profite même pour donner la main à certaines demoiselles. Dans cet esprit joueur, il poursuit avec sa chanson No Other Like You, durant laquelle il décide de faire participer le public en l’incitant à lever les mains au ciel. Puis, il invite l’auditoire à répéter la séquence "We luv di party !" sur No Guns No Murder, qui par ailleurs, possède un rythme bien plus à l’image des sound systems. Avec Selecta (Kingston 13), Rayvon souhaite rendre un hommage au travail des selectas, (je ne sais même pas comment traduire ce mot avec la même connotation en bon français;) et leur vouer un respect inconditionnel. J’ai adoré le moment où il nous chante One More Shot, le titre suivant sur la tracklist de ses chansons jouées ce soir-là. Le rythme de cette chanson est à mon sens assez festif et à la fois tout à fait caribéen. Enfin, Back It Up vient terminer cette première partie de concert, qui aura duré près de vingt minutes. Et c’est donc avec un tempo carnavalesque que ce premier artiste va quitter une première fois la scène parisienne.

Sly & Robbie

C’est ensuite aux très célèbres Sly & Robbie de nous offrir un interlude musical. Ces deux musiciens reconnus mondialement pour leurs accomplissements dans le monde de la musique jamaïcaine, arrivent en fanfare, puisque c’est avec la base instrumentale du Swing Easy qu’ils commencent à jouer devant nous. Robbie, accompagné de sa guitare basse, et Sly, accompagné de son casque de plombier jaune, de sa combinaison de couleur rouge et de sa batterie bien sûr, poursuivent leur représentation avec Rockfort Rock, avant de totalement s’emparer du public du Bataclan avec un puissant "Welcome to Jamrock", ou plutôt une interprétation originale de la version du World Jam riddim. Robbie s’empare ensuite du micro pour chanter l’expression rendue connue par Damian Marley : "Out in the streets, they call it murder". C’est ensuite les mots empruntés à Anthony B "World a reggae music on yah ! Keep yuh rockin wid yuh dawta !" qu’il s’approprie, toujours sous les acclamations de son auditoire.

Ensemble, les deux accolytes vont subséquemment jouer la base instrumentale de "Shine Eye Girl, it’s a trouble for a man" durant laquelle Robbie chante également le refrain, et surtout l’excellent Night Nurse du très regretté Gregory Isaacs. Durant ce morceau, c’est Tony Gold qui nous rejoint sur le devant de la scène afin de nous en chanter les paroles. Il laissera la place à la très jeune, et très jolie, Samira. Cette jamaïcaine à la voix très suave, que je ne connaissais que par sa figuration sur le dernier album de Shaggy, nous chantera le titre No No No, sur les notes des musiciens. Elle nous fera d’ailleurs la confidence que c’est la première fois qu’elle vient à Paris avant de reprendre les mots "I’ll do anything you say boy". Pendant toute la durée de cette chanson, Samira et Robbie nous offrent un petit jeu de scène durant lequel, la chanteuse déclare son amour au bassiste, qui lui répondra : "Yeah, yeah, yeah, I do love you and you know that !". C’est ensuite avec les bases instrumentales du Taxi et du Bam Bam riddims que Sly & Robbie décident de terminer leur show. Tony Gold les accompagnera avec les célèbres paroles de Chaka Demus & Pliers : "I know this little girl, Her name is Maxine, Her beauty is like a bunch of rose, If I ever tell you about Maxine, You would a say 'I don’t know what I know'".

Shaggy

C’est enfin à l’homme le plus attendu de se présenter sur scène : Shaggy ! Il entre sur l’estrade du Bataclan, drapeau de la Jamaïque en poche, avec la chanson Long Time du Street Bullies riddim. Rapidement, il enchaîne avec Bonified Girl, une chanson sortie en 2007 sur l’album Intoxication de l’artiste. Puis : Wow ! Énorme travail des musiciens pour introduire la chanson précédente de Shaggy, Boombastic ! Mista Lova Lova va en jouer tout au long de son interprétation devant un public complètement à son comble. Shaggy temporise alors son show et nous déclare les mots "Big up to my reggae people, thank you for coming out". Il va nous remercier de notre présence et nous demander de saluer le travail de Sly & Robbie, notamment pour leur participation sur son nouvel album Out Of Many, One Music. Pour poursuivre avec cette séquence nostalgie, Shaggy nous offre après coup Oh Carolina.

Puis dans un tout autre genre, quelques notes de Blurred Lines – oui oui, je parle bien de la chanson de Robin Thicke ! – puis de New York et de Niggas in Paris de Jay-Z vont résonner dans toute la salle. Shaggy explique ce petit teaser par le fait que "ce soir, c’est la fête" mais il coupe court à cette introduction en nous disant qu’il est ressortissant de la Jamaïque, et que c’est sur son île qu’il veut nous faire voyager. Rayvon le rejoint alors sur scène pour chanter Angel. C’est ensuite Strength Of A Woman et donc le refrain suivant qui retentit dans la salle parisienne : "She’ll put a smile upon your face, And take you to that higher place, So don’t you under estimate, The strength of a woman". Rayvon nous gratifie une nouvelle fois de sa présence pour accompagner Shaggy sur la chanson In The Summertime. Puis, c’est avec le méga hit Wasn’t Me que Shaggy nous propose une version dancehall et rythmée de sa performance. C’est ensuite Lucky Day, puis Church Heathen qui sont interprétés par la star mondiale avec la même intensité. Il reprendra également I Can’t Fight This Feeling, posé sur le Baddaz riddim.

Shaggy continue sa représentation avec Make Up une chanson originellement chantée en compagnie de Wayne Wonder. Puis, juste avant de chanter Luv Mi Jamaica, il nous parlera du 50ème anniversaire de l’indépendance de la Jamaïque, ayant eu lieu courant 2012, un temps où l’équipe nationale du pays a participé avec brio aux Jeux Olympiques de Londres puisqu’elle remporte 12 médailles dont 4 en or. Shaggy poursuit avec I Wanna, une chanson, que je connaissais pas jusqu’alors, née de sa collaboration avec Bob Sinclar et Sahara. Il continue avec Fly High, mais surtout avec Sexy Lady, qu’il introduira avec les phrases suivantes : "I didn’t come to Paris for the weather ! I didn’t come to Paris for the weed ! I came to Paris for the women !". Et c’est bien évidemment Tony Gold qui nous accompagnera vocalement sur cette chanson.

C’est ensuite avec des titres sortis exclusivement de son dernier album Out Of Many, One Music, que Shaggy poursuite son show. Sly & Robbie sont donc de retour sur la scène, et c’est ainsi, avec Samira que Shaggy interprète If U Slip U Slide. La chanteuse reprend ainsi les couplets chantés par Melissa Musique sur ce nouvel opus. Puis, c’est Jimmy Cozier, mon préféré, qui prend place aux côtés de l’artiste vedette pour chanter All We Need Is Love. Je dois dire que j’ai été totalement envoûtée par ce chanteur à la voix d’or. Son grain était juste magnifique ! Enfin, j’étais totalement sous son charme ! Le spectacle continue et, c’est Never Knew What I Missed (Till I Kissed You) que Samira va nous chanter en toute douceur avec Shaggy. Sa voix est vraiment très belle en live d’ailleurs. Puis, c’est, à nouveau, Jimmy Cozier qui va chanter le duo de Ne-Yo et Shaggy, le morceau You Girl. La dernière chanson que les deux artistes vont chanter ensemble est Can’t Fight This Feeling, un duo chanté normalement par Beres Hammons et Shaggy. Durant ce titre, on a le droit à un beau remix plutôt dancehall de Shaggy, et Jimmy Cozier s’impose en tant que leader vocal.

Enfin, le concert touche à sa fin, et Shaggy termine avec les titres Stand Up, Come Around qu’il emprunte à Collie Buddz, Big Up, Bashment, Wild Tonite et Feel The Rush. J’ai passé un très bon moment pendant ce concert, et celui-ci s’est terminé presque sans encombre, bien que pendant le show, un homme ait réussi à monter sur la scène. Shaggy l’a par ailleurs poussé dans la foule, et celui-ci est retombé sur une fille de l’assemblée…

Shining Hope de Gappy Ranks

Copyright : Gappy Ranks

Aujourd’hui sort le nouvel album de Gappy Ranks : Shining Hope. Rappelons-le, Gappy Ranks est un chanteur de reggae et dancehall originaire de Grande-Bretagne. J’ai d’ores-et-déjà, pour ma part, eu l’occasion de le voir chanter en live lors du Rockers Rockers Rockers Festival. C’est alors l’album Put The Stereo On qu’il défendait devant le public parisien du Zénith. Shining Hope est avant tout un condensé de roots/reggae parfois sentimental composé de 14 excellents titres.

L’album démarre avec Shining Hope, le titre éponyme de la compilation. Ce morceau est naturellement la raison d’être de cet album. Dans celui-ci, Gappy Ranks se questionne sur les conditions de notre vie quotidienne. Cette chanson commence dans la vidéo du clip avec une introduction verbale, récitée telle un poème : "People’s dying, people’s crying. Is there any hope ? Is there any hope for the innocent children ? … I guess there is. I am hope. I have a shining hope.". Dans l’album digital, ce prélude n’existe pas et la mélodie se fait directement entendre. Les sonorités de ce titre sont complètement reggae, et l’artiste y délivre un message d’espoir à ses auditeurs. Shining Hope reprend le dub du Lighthouse Riddim, de Nite Lite Records. Sur cette instrumentale, on peut ainsi retrouver également Chevaughn et Million Stylez.

Gappy Ranks choisit ensuite de proposer en tant que deuxième titre de cet album le single Tomorrow Loves You. Cette chanson composée par Matthieu Bost et Jeremie Dessus dits respectivement Bost & Bim. Une surprise assez agréable tant ces deux français méritent cette reconnaissance grâce à leurs talents. Jérémie « Bim » Dessus a souvent accompagné Taïro lors de ses concerts, comme lors de la première partie du concert de Gyptian auquel j’ai assisté il y a trois ans par exemple. D’ailleurs, j’aime particulièrement cette douce chanson car son rythme est posé et calme.

Hello s’ajoute à cette liste de morceaux à la cadence tranquille. On jurerait qu’il est simple de chanter en entendant les quelques premières secondes du titre tant la musique de Gappy Ranks respirent la simplicité. Cette chanson a cette fois été composée par Kemar « Flava » McGregor, un producteur de pop et de reggae originaire de la Jamaïque. Je ne qualifierais pas cette chanson de réel hymne à l’amour. Pourtant, dans celle-ci, l’interprète de Stinkin Rich parle de la peur et de l’anxiété que l’on peut ressentir face à l’idée d’exprimer ses sentiments à l’être que l’on aime. C’est, selon moi, un très bon morceau qui mérite toute notre attention. Il est joué sur le 80’s Rock Riddim, un riddim où Junior Kelly, JC Lodge et Gyptian notamment se retrouvent également.

Pour le quatrième titre figurant sur Shining Hope, Gappy Ranks est accompagné de Denyque. Un magnifique "’Cause we fall in love from the first sight" nous est offert par les deux chanteurs dans le refrain de First Sight. Cet opus est également sorti en tant que single avant ce nouvel album pour Asha D Records. Cette fois, je parlerai bien d’amour pour exprimer cet élan d’émotions balancées par ces deux êtres. Là, encore Gappy Ranks est très habile sur ce disque et orchestre de manière intelligente l’ordre des chansons sur ce dernier.

Back To Reality tranche de manière nette l’univers jusqu’alors recréé par l’album. Ce titre correspond à l’une des pièces maîtresses de l’œ de Gappy Ranks. Il y consacre une réelle motivation, et se dicte une ligne de conduite, vis-à-vis de la musique. Il doit essayer de devenir meilleur jour après jour, et de ne pas oublier ses objectifs premiers à savoir faire en sorte que ses rêves deviennent réalité. Il déclare : "You try to remember why you love music / And start to remember why you start do this / And always defend who’s around you and who surround you" ».

Un nouvel invité s’invite à la liste des interprètes de cet album, il s’agit de Reddman UK. Je reconnais que pour le coup, je n’avais jamais entendu parler de cet artiste DJ avant la sortie de Shining Hope. Ensemble, lui et Gappy Ranks faisaient partie du Suncycle Crew, un collectif assez urbain britannique composé également d’artistes tels que Lady Chann, Dolamite, Shortie Kwarmz ou Landa Boo. Et donc, ces deux personnalités, habituées à collaborer en communion, nous délivre un duo du nom de Nothing Comes Easy. Cette chanson a également été composé par Asha D Records.

Kemar « Flava » McGregor est à nouveau sollicité pour la composition du morceau suivant : Maybe I. Les sonorités de ce morceau rappellent celles des plus grands tubes reggae des années passées. A nouveau, le tempo donné par les musiciens est calme sur la version instrumentale de ce titre. Et donc, Gappy Ranks se laisse porter par la portée de ce son. Je pense que ce morceau conviendrait à tous les amateurs de lovers rock reggae.

Sell Out appartient au Broke Life Riddim, un riddim créé par le label Larger Than Life Records. De nombreux artistes avaient participé à cette compilation dont notamment Delly Ranx, Jah Sun et Exco Levi, que l’on va d’ailleurs retrouver un peu plus tard sur cet album, pour le troisième et dernier featuring de Gappy Ranks. Sell Out. En résumé, cette chanson traite des mauvaises relations que l’on peut avoir dans la vie et des choses négatives nous empêchant d’avancer dans notre quotidien.

Up Again a été produit Richard A. Thomas pour le Lionface Records. Sur ce morceau sorti au début de cette année 2013, Gappy Ranks remercie le ciel pour la vie qu’il mène et il est reconnaissant pour tous ces matins où il se réveille avec le soleil. Cette chanson pourrait sans aucun doute servir en guise de sonnerie de réveil pour affronter une mauvaise journée et se mettre en condition morale d’accepter la vie pour ce qu’elle est. Encore une fois, un travail minutieux est réalisé par l’artiste pour nous trouver des rimes et des paroles pleine de bon sensw.

Comme je l’annonçais précédemment, la troisième et dernière collaboration ayant eu lieu pour la réalisation de cet album concerne Everything Gonna Be Alright. Et c’est, en effet, Exco Levi, un chanteur de reggae originaire de la Jamaïque, qui accompagne Gappy Ranks sur ce titre. Ce duo est à l’image de son titre, plein de positives vibes. Il démarre avec un rythme donné par une guitare acoustique, tout simplement magique. La basse arrive sur le premier couplet de ce morceau. J’ai complètement adhéré à ce que nous véhicule ce morceau dont les paroles rappelle avec force celles de l’illustre Bob Marley, compte tenu de son refrain notamment. C’est à nouveau Bost & Bim qui collaborent avec Exco Levi pour nous produire ce morceau.

Still In Love possède une couleur bien plus enjouée, ce qui est paradoxal au contenu du morceau d’ailleurs. Gappy Ranks nous déclare dans ce titre que malgré les apparences, il reste amoureux de chère et tendre. Pour ce dernier titre produit par Bost & Bim, le refrain reprend les mots "Yes, I’m still in love with my ex". Je n’ai pas réussi à trouver quelle est la présence féminine sur ce titre, mais sa voix est sublime, notamment sur la fin de la chanson, quand elle s’accapare le titre à elle pendant quelques secondes.

Never Enough traite des relations compliquées qu’il peut y avoir entre deux personnes dans un couple. Gappy Ranks joue le rôle de l’homme délaissé. Il semble avoir toujours été aux côtés de celle qu’il aime, sans que ce ne soit jamais assez pour elle. Il pense avoir tout mis en œuvre pour que leur couple puisse tenir, mais ce n’était visiblement pas ce que recherchait son amie. Je me suis peut-être un peu moins concernée par cette chanson composée par Lamar Brown, bien qu’elle soit tout de même assez plaisante de son par son acoustique. Peut-être que votre avis sera différent du mien sur cette chanson ?

Dans Why ?, Gappy Ranks pose plusieurs questions qui finalement restent sans réponse. Ainsi, pourquoi devons-nous être sans arrêt en guerre ? Et comment les enfants peuvent-il représenter notre futur, si nous ne nous unissons pas ? Ce morceau sorti sur le Real Reggae Riddim en 2012 ne vieillit pas, bien en contraire. De nos jours, nous observons malheureusement encore à des actes de violence et de guerre de manière quotidienne. Il ne faut pas « lâcher le combat » nous répète l’artiste.

Pour terminer cet album, Gappy Ranks choisit d’interpréter Carpenter. Un morceau que je classerais dans le genre roots. Je crois que c’est mon coup de cœur de la semaine tant le son dégage cette atmosphère que possède les chansons du His Imperial Majesty Riddim par exemple. On oublie totalement sur cette chanson que Gappy Ranks n’est pas un jamaïcain, il nous chante : "Carpenter, carpenter, beg you build a box / Cah di fool dem violate, but now mi catch dem inna di traps / Some from di last down to di boss haffi lay down inna dat / Dem have di people inna bondage, now di system haffi stop / I seh carpenter build Mr. babylon a box / I can’t take it no more, mi nah go cool and relax / Pon poor people dem rising up tax / So I ah fire burn everything to di max". Carpenter dénonce l’injustice qu’il peut y avoir en matière des taxes liées à l’éducation, des licenciements liées aux usines qui ferment et de la facilité avec laquelle on peut trouver de la drogue et des armes dans la société d’aujourd’hui.

Shining Hope est un album à absolument écouter. Gappy Ranks possède cet aura tout simplement majestueuse, qui rend les titres de cet album absolument magnifiques. Pour ma part, j’ai été plutôt agréablement surprise d’entendre l’artiste à ce tel niveau musical.


TRACKLIST :
01 – Shining Hope
02 – Tomorrow Loves You
03 – Hello
04 – First Sight featuring Denyque
05 – Back To Reality
06 – Nothing Comes Easy featuring Reddman UK
07 – Maybe I
08 – Sell Out
09 – Up Again
10 – Everything Gonna Be Alright featuring Exco Levi
11 – Still In Love
12 – Never Enough
13 – Why ?
14 – Carpenter

Ride de Bounty Killer et Cecile

Copyright : Cecile and Bounty Killer

Petit coup de cœur musical du jour : Bounty Killer en combinaison avec Cecile sur le Back Way riddim. Ils nous interprètent le titre Ride sur cette version instrumentale dancehall offerte par la production Madhouse. Dans le refrain, Cecile nous chante des paroles au contenu explicite que Bounty Killer intensifiera au cours de ses trois couplets tout aussi puissants les uns que les autres. On retrouve également Cham en featuring avec O sur ce riddim fraîchement sorti.

Telles sont les paroles de la célèbre chanteuse jamaïcaine Cecile, connue notamment pour ses chansons Goody ou Hot Like We : "Mi is a gyal weh can handle di ride, So mi nuh fraid a no gyal pon di side, Mi know how fi flip it an mi know how fi ride, Woman mi like when yo sit down an a turn it, An it a burn an yo se gwaan mek it burn it, Love how yo mek di something grab a we yo learn it, Some gyal a give dem self praise but yo earn it, Your life and she turn if you, Reach on, Me want the love".

Danger Luv Riddim

Voilà une semaine que ce riddim est sorti, et je crois bien que plus j’entends les chansons proposés par les jamaïcains présents sur cette version, plus je l’apprécie ! Le Danger Luv Riddim a été réalisé par Troyton Music sous le label Amplex Records. Plusieurs artistes ont d’ores-et-déjà posé leurs voix dessus à savoir Aidonia, Bencil en featuring avec Mr G, Bugle, Khago, I Octane, Konshens, Lutan Fyah, T’Nez et Tarrus Riley – sa chanson, Dangerous Luv, est un de mes coups de cœur musical du mois !

C’est Aidonia et son puissant Stay In My Arms qui déclament les premières notes du Danger Luv Riddim. Aidonia, dont la renommée a réellement pris son ampleur grâce à ses chansons Innocent Blood sur le Gangsta Rock Riddim ou Chicken Head sur le Galore Riddim en 2006, exprime à sa façon l’attention qu’il porte à sa compagne : "Mi seh baby girl I love yuh she seh yes I feel suh / A nuh gal cyan mek mi leff I woulda neva leave yuh". Il apporte un peu d’amour sur cette instrumentale avant que le ton ne devienne plus sérieux avec les thèmes abordés par les autres artistes de cette compilation.

En effet, Bencil, alors accompagné de Mr G sur le titre Life Of A Ghetto Soldier, choisit de décrire la place de la violence dans la vie d’un homme vivant dans les ghettos. Les guerres et autres démêlés que s’octroient les jeunes des quartiers apportent systématiquement des larmes. Bencil déclare d’ailleurs que sa mère prie pour qu’il ne se retrouve jamais dans de pareilles histoires, tandis que Mr G compte sur Jah pour protéger les siens des méfaits de la violence. Cette première collaboration entre ces deux artistes est assez sympathique et très élaborée finalement tant leurs capacités vocales sont différentes et créent un juste milieu entre la ferveur de leurs propos et la réalité de la vie en Jamaïque.

Bugle s’essaie ensuite à l’exercice avec, cette fois encore, un nouveau sujet à traiter. Dans Call Him, il fait clairement référence au bien-être que lui procure sa religion. Jah lui apporte un soulagement face aux problèmes qu’il rencontre, il se déclare sans peur, sans crainte vis-à-vis des tragédies que la vie peut nous apporter quotidiennement. Il demande d’ailleurs aux jeunes de ne jamais sous-estimer la force de Jah, qui sans cesse vient à son secours : "Jah Jah always join on [his] rescue quickly". Il l’adore et ne peut en aucun cas faire passer quelqu’un avant lui. La foi de Bugle existe de façon claire, et ce morceau ne peut qu’en témoigner.

Khago, un jeune artiste de la scène jamaïcaine notamment connu pour son tube Only If You Know, nous offre Nothing Like Life sur le Danger Luv Riddim. Dans cette chanson, il nous déclare que rien n’est comparable à la vie elle-même. Il déclare n’avoir besoin d’aucun diamant, ni de grosse voiture. Il prie simplement Jah pour qu’il lui accorde la vie et qu’il soit en bonne santé.

L’excellent Trust No One de Konshens commence par un dialogue entre un homme et son fils. Konshens joue le rôle de ce père de famille et promulgue un unique conseil à son enfant : "In life, don’t trust nobody, ok ?" (Dans la vie, n’aie confiance en personne). Tout au long de cette chanson, Konshens déclare avoir connu plusieurs situations durant lesquelles il a dû se résoudre à comprendre que personne ne mérite sa confiance. Son refrain "Mi trust nuh one" est plutôt clair. Ce morceau met en garde tout à chacun contre les déceptions qu’apportent une confiance trop vite donnée. Konshens demande à tout à chacun de rester sur ses gardes, et ce, même avec nos soi-disant amis, car le mal peut venir de n’importe où.

La voix semi enrouée d’I Octane, celle qui fait sa particularité, nous délivre un puissant : "Troyton, tell me who wanna see me fall". Dans sa chanson, l’interprète de My Life cherche à savoir quelles sont les personnes qui veulent l’emmener à sa perte. I Octane, ici, est pleinement conscient de sa qualité de pécheur sur cette terre, il ne se voit pas comme un homme parfait, et ne comprend pas pourquoi ces personnes qui veulent lui nuire sont incapables de le percevoir comme tel. Je pense que sa chanson rejoint un peu celle de Konshens dans le sens où il aimerait connaître ses ennemis pour pouvoir être pleinement averti et agir en conséquence en toute situation.

Lutan Fyah traite un sujet bien moins solennel avec No Wah Settle Down. En effet, il nous parle d’une femme incapable de faire de réels choix dans sa vie personnelle. Elle apparaît comme une personne incapable de s’engager, que ce soit dans le domaine sentimental, et financier surtout. Cette femme préfère frimer avec de beaux vêtements qu’économiser, papillonner que vivre en couple. Lutan Fyah ne comprend pas comment, de nos jours, peut vivre ainsi et ne pas vouloir améliorer son style de vie.

Un de mes coups de cœur sur ce riddim est la chanson proposée par T’Nez, que je ne connaissais pas jusqu’alors. T’Nez est un chanteur jamaïcain né en 1987 dont la reconnaissance grandit peu à peu. Sa voix lui permet de pouvoir chanter relativement aigu pour un homme et de posséder à la fois une aisance assez perceptible sur les tubes qu’il interprète. Dans Press Play Pause, T’Nez parle d’une femme qui a connu une relation sentimentale tumultueuse. Cette femme souhaite pouvoir effacer cette partie de sa vie pour obtenir enfin l’amour qu’elle mérite. Elle aimerait revenir dans le passé comme on peut avancer, reculer dans le temps dans une chanson grâce aux touches « play », « pause », « avance rapide », etc.

La chanson de Tarrus Riley, pleine de bon sens finalement, s’intitule "Dangerous Luv". L’artiste y décrit les relations compliquées qu’il peut y avoir dans un couple. Car parfois, malgré l’amour qu’il peut exister entre deux personnes, il se peut qu’un trop plein de ressentiment détruise l’entente cordiale entre les deux êtres : « First she love mi / Then she hate mi / Everyday mi feel like it warfare / We fighting on the daily / Me and you together girl it unfair ». L’artiste nous dit ici qu’il ne veut pas vivre cet amour « dangereux », qu’il ne le supporte plus.

Edit du 16 octobre : Preuve que ce riddim a complètement envahit la toile, c’est aujourd’hui le grand Mavado qui s’ajoute à la liste des interprètes de cette sublime instrumentale. « Scream my name a million times… I’m gonna make you love me » sont les mots que l’artiste décide de reprendre continuellement dans ce titre. Sa chanson s’annonce alors pleine d’amour et de compassion envers l’être aimé. De quoi largement amplifier la portée féérique de ce riddim !