Découverte du Village de la Poterie

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Le Village de la Poterie se situe sur la Route des Trois-Ilets. Ancienne habitation des jésuites, l’habitation Poterie regroupait autrefois non seulement des activités de poterie, mais également une sucrerie, qui fonctionne certainement dès le XVIIème siècle, avant de se spécialiser progressivement dans la poterie à usages industriel et domestique, pratiquée dès le XVIIIème siècle. Une partie des bâtiments de l’usine date du XIXème siècle, époque de cuisson au four à bois. Des modifications sont apportées au XXème siècle, au gré des innovations technologiques.

Le tout premier bâtiment visible en arrivant dans le Village de la Poterie est le bâtiment ayant abrité le débit de la régie, aussi appelé simplement Boutique de Poterie. A l’origine, cette construction permettait la vente de produits alimentaires en détail. L’appellation débit de régie lui est conféré car les inspecteurs de la régie de l’époque y étaient chargés de contrôler le débit de boissons, notamment des alcools, qui étaient commercialisés. Aujourd’hui, le bâtiment a perdu toutes ces fonctions. Il est presque uniquement décoratif, et témoigne des échanges monétaires passés.

Le débit de la régie

J’ai ensuite continué ma visite par la première maison créole que j’ai vu à ma gauche. Celle-ci proposait un certain nombre de produits originaux (faces créoles, masques, vases en tout genre, etc.). Dans l’atelier, des personnes travaillaient la terre afin de la modeler.

Puis, je me suis rendue dans la maison créole « Le Coffret ». J’ai eu un véritable coup de cœur pour cette petite boutique. La personne qui m »a reçue crée ses propres modèles de bijoux et de tableaux. Vous trouverez plus d’informations sur les produits proposés par « Le Coffret » ici.

Boutique Le Coffret

Pour ma part, j’y ai acheté une paire de boucles d’oreilles réalisée grâce à la technique de fabrication du Raku, d’origine Coréenne. Celle-ci consiste à enfourner les pièces découpées et travaillées avec la terre dans un four Raku aux environs de 1000°C. Ces dernières sont alors rapidement recouvertes de sciure de bois compactée pour limiter l’apport d’oxygène et faire apparaître les couleurs, les craquelures et l’effet d’enfumage de la terre laissée brute.

Boutique Le Coffret

En continuant ma visite du site, je suis tombée sur plusieurs statues Taïnos. Les Taïnos constituent une ethnie amérindienne appartenant aux Arawaks, qui occupait les grandes Antilles lors de l’arrivée de Christophe Colomb en 1492 sur l’île qu’il baptisera Hispaniola (qui deviendra Haïti – République Dominicaine). Les Taïnos étaient animistes et attribuaient donc un esprit aux animaus, aux phénomènes naturels et à la mort. Ces statues représentent les petites idoles avec lesquelles les Taïnos rentraient en contact avec les esprits : les zémis (ou cémis) « los cemíes ». Il faut savoir que la langue française contient des mots d’origine Taïno. Voir ici.

Enfin, après avoir visité quelques boutiques, j’ai pu accéder au dernier bâtiment du village. Il s’agit de l’ancien bâtiment administratif. Construit sur le modèle d’une maison de maître, ce bâtiment, selon certaines sources, aurait pu appartenir aux jésuites. Il a abrité au XVIIIème siècle, un relais de poste et les bureaux de la Poterie. C’est désormais un atelier artisanal de poterie, une salle d’exposition et de vente. J’y ai acheté des cuillères en paille de coco, et un paréo. :)

Certaines informations de cet article proviennent du livre Le Patrimoine des Communes de la Martinique (Éditions Flohic). D’autres photos du Village de la Poterie sont visibles dans cette galerie.