La diversité dans les équipes techniques

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Laine Campbell est une architecte de base de données Oracle, MySQL et Cassandra. C’est une fervente entrepreneuse à l’origine de Blackbird.io notamment, travaillant aujourd’hui pour Pythian. Elle était invitée à la conférence Velocity qui se tenait à Barcelone en novembre dernier.

Laine Campbell nous y propose un sujet hors du commun pour cette conférence orientée sur la performance, avec une keynote intitulée Recruiting for diversity in tech. Elle nous y dresse un portrait des lieux de la diversité culturelle dans le monde technique actuel et souhaite faire prendre conscience aux organisations qu’elles y gagneront à être plus diversifiées.

La diversité, un challenge

Selon Laine Campbell, la diversité est un enjeu. Et la diversité des équipes est un atout pour une entreprise et pour ses employés. Mais c’est surtout quelque chose de bénéfique à toute personne dans le monde entier.

Partant de ce principe, il faut supposer que chacun est de bonne volonté, que chacun peut être ignorant vis-à-vis d’une facette culturelle d’autrui ; mais que cela ne doit pas empêcher la bonne communication dans une équipe. Il faut présumer des bonnes intentions de chacun.

Il faut encourager la culture du pardon, afin de permettre à tout le monde de s’exprimer sur un même pied d’égalité. Cela donne à chacun une chance de parler, d’apprendre et de se sentir suffisamment libre pour donner ses suggestions. Les points de vue de chacun sont intéressants, et ceux-ci dépendent forcément de son éducation, de son appartenance culturelle et de son parcours.

Enfin, il faut se rendre compte des privilèges que reçoivent certains et des préjudices que subissent les autres, dans le but de les éviter, de les éradiquer complètement.

La puissance de la diversité

Laine Campbell identifie deux types de diversité au cours de sa présentation : la diversité dite inhérente et la diversité dite acquise.

La diversité inhérente représente la forme de diversité qui reste inchangée la plupart du temps, la diversité avec laquelle naît chacun d’entre nous. Il s’agit par exemple du genre, de la classe sociale, de la race, de la nationalité, de l’origine ethnique, etc..

La diversité acquise représente la forme de diversité que l’on gagne alors que nous évoluons en tant que personne. Il s’agit de la facilité avec laquelle on s’exprime, de la perception différente des cultures grâce aux voyages, du parcours militaire, de la culture générale, de la perspicacité liée à des connaissances pratiques, etc..

D’après Laine Campbell, si une personne est salariée d’une entreprise possédant ces deux degrés de diversité, cette personne a 75% de chance de plus de faire entendre ses idées par le marketing. Et pour une entreprise, si ses employés sont capables de faire ceci, cela lui donne 70% de chance de plus de prendre le large sur de nouveaux marchés et 45% de plus d’améliorer ses parts de marché.

Apple, Microsoft et Google, sont dans cet ordre, les trois marques les plus estimées dans le monde technique. Elles sont aussi parmi les trois marques les plus diversifiées humainement, et leurs plafonds de marché coïncident avec cette métrique.

Ethnic diversity in tech

Un autre constat est fait par Laine Campbell : le nombre de techniciens est finalement assez faible vis-à-vis des besoins qu’ont les entreprises aujourd’hui. Leur salaire est donc en hausse significative.

Selon indeed.com, la moyenne des salaires des ingénieurs est 77% plus haute que la moyenne des autres salaires aux États-Unis. Mais cela coûte énormément aux entreprises qui doivent continuellement se battre contre la concurrence et qui sont continuellement en train de perdre des employés.

Les entreprises dans le monde technique dépensent finalement plus d’argent pour une population moins grande ; ce qui implique moins d’esprit compétitif dans leurs équipes, moins de code qualitatif et moins de partage d’idées. Selon Laine Campbell, en créant des sociétés plus diversifiées, une entreprise sera en mesure de créer de meilleurs produits et d’améliorer ses parts de marché.

Trends software engineer

La recherche de talents

Les dirigeants d’une entreprise comme les personnes responsables d’un applicatif open source sont chargés de construire les équipes contributrices au développpement de ce projet, de déterminer quelles personnes sont susceptibles de leur convenir parfaitement, de donner à ces personnes l’envie de participer activement.

Dans les schémas actuels, ce groupe de personnes arrive à ses fins en contactant des personnes déjà présentes sur leurs réseaux, des personnes qui faisaient partie de leurs promotions, des personnes avec lesquelles ils ont déjà travaillé ou encore des personnes rencontrées dans des meetups.

D’après Laine Campbell, cette méthode de recrutement est le meilleur moyen de tourner en rond, d’enclencher une boucle infinie. Cette technique de recherche de candidats favorise à ce que les personnes qui intègrent le projet ou l’entreprise soient des personnes possédant la même culture, la même diversité que les personnes déjà présentes.

Et si des personnes différentes, des femmes, des personnes de couleur, viennent malgré à tout à intégrer l’organisation, elles deviennent sujettes aux day to day beatdowns pour reprendre l’expression de notre interlocutrice, aux difficultés quotidiennes qui les empêchent de se sentir bien insérées professionnellement.

Pour une femme, il peut s’agir de se voir retirer un projet parce qu’elle refuse de sortir avec quelqu’un ou parce qu’elle est considérée comme étant moins compétente à cause de son genre. Cela peut avoir la forme de propos racistes, sexistes et/ou homophobes. C’est aussi voir ses idées se faire voler par un autre après la lui avoir soumis et s’être fait rire au nez. D’après Laine Campbell, le manque de diversité provoque ce genre d’incommodités dans le monde professionnel.

La méritocratie en place dans le monde technique met essentiellement l’accent sur une recherche de candidats dédiés complètement à leur vie professionnelle, prêts à faire 16 heures de travail par jour ; ce qui, comme le souligne Laine Campbell, est loin d’être le cas pour tout le monde. Le recrutement est fait pour trouver des personnes dont la personnalité colle à celle des personnes déjà présentes, pour garantir une homogénéité des comportements humains. Et les candidats doivent fonctionner de la même façon en cas de désaccord, doivent finalement penser pareil. Tout est fait pour conditioner au mieux la culture du confort. Mais rien ne mentionne plus les compétences ni les capacités…

Le recrutement revisité

Comment faire entrer tout le monde dans la danse ? Il faut revoir le dynamisme autour du recrutement. Le recrutement doit être la tâche de tout le monde. Chacun peut faire en sorte que la structure de sa compagnie évolue.

L’approche assez drastique pourrait être la suivante : faire en sorte que pour un pôle technique, 50% des candidats soient des femmes et 25% des candidats soient des personnes de couleur. L’intervention de nouveaux cabinets de recrutement et la participation de l’entreprise à des meetups originaux lui permettra d’être mieux perçue, et d’être plus visible pour la communauté technique.

En guise d’illustrations, Laine Campbell nous présente le cas d’Etsy, un site de vente en ligne spécialisé dans les créations faites à la main. Etsy s’est donné les moyens de diversifier sa population en passant des partenariats avec des écoles, notamment avec Hacker School. Le but de l’expérience était de recruter des personnes encore débutantes professionnellement, pour leur apprendre le métier et faire en sorte qu’elles évoluent au sein de la société. Pour Etsy, c’était une réelle opportunité de trouver des personnes capables, énergétiques, désireuses d’apprendre, pleines de bonnes intentions.

Une autre manière de recruter différemment serait d’avoir des CVs et des lettres de motivation dépourvues de photos, et même dépourvues de noms (si possible) au moment de l’examen d’un dossier. Toute l’attention du recruteur serait sur les résultats de tests, la qualité du code et les expériences professionnelles précédentes du candidat. Ce serait un moyen de garantir au recruteur d’être focalisé sur l’important, et non pas sur des considérations humaines.

Une culture en marche

Une fois que cette diversité est en marche, il faut parvenir à bien intégrer ces personnes. Il faut faire en sorte qu’elles se sentent bien accueillies dans l’entreprise. Pour garantir un certain niveau d’ordre, un règlement d’intérieur peut être rédigé.

Cela peut paraître simpliste, mais les quelques règles énoncées encourageront la bonne conduite de chacun, permettront à tous de savoir quels agissements sont tolérés et surtout quels comportements sont à exclure au quotidien. L’éducation est le meilleur moyen de parvenir à une bonne cohésion dans les équipes.

Il faut éliminer tout préjudice possible. Il faut respecter les compétences techniques de chacun et faire en sorte que les méritocraties mises en place fonctionnent avec moins de focalisation sur la diversité.

And with that, you can actually build some amazing diversity teams, which will encourage your company to do better, you to do better, you to get more opportunity and growth in the organization, and probably bigger bonuses and that’s a good part of the opportunity as well.

Quand la performance crée de la valeur

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Au cours de la première journée de keynotes de la conférence Velocity qui se tenait à Barcelone, j’ai assisté à la brillante prestation de Monica Pal, venue nous présenter The Impatience Economy, Where Velocity Creates Value. Monica Pal est une ingénieure hautement diplômée. Elle a commencé sa carrière dans le département de recherche et de développement d’Apple et travaille maintenant à la construction d’infrastructures commerciales chez Aerospike.

L’indice de l’impatience

Monica Pal décide très rapidement de mettre l’accent sur l’impatience. La notion d’impatience nous renvoie à l’incapacité de quelqu’un à pouvoir attendre quelque chose de manière calme et posée. Sur un ton enjoué, l’intervenante nous cite des cas d’impatience de la vie courante : celui d’un bébé qui n’obtient pas très rapidement ce qu’il souhaite ou celui d’une personne affamée qui n’arrive plus à garder les idées claires… Ces différentes analogies sont une parfaite introduction à The « Impatience Index », l’étude menée par Kana Software sortie au cours du mois de janvier 2014.

Kana Software est une entreprise proposant des services de monitoring et des solutions de cloud computing. On apprend, grâce à leur analyse, que la patience n’est plus une qualité très répandue de nos jours. En effet, il y a quelques années, les gens étaient capables d’attendre dix jours le facteur pour recevoir des informations de leurs proches. Aujourd’hui, la nouvelle génération considère que 10 minutes d’attente sont amplement suffisantes. Les 18-24 sont d’ailleurs les plus impatients : toutes les 9 minutes 50 secondes en moyenne, ils regardent leurs téléphones à l’affût de nouvelles notifications. Ils regardent leurs smartphones pour tuer le temps, quand ils sont dans une file d’attente, quand ils font du shopping, en regardant la télévision, quand ils étudient… Et, comme le dit si bien Monica Pal, même quand ils attendent, ils détestent attendre ! Cette idée avait d’ores-et-déjà été énoncée par Mike Krieger, le co-fondateur d’Instagram : « Mobile experiences fill gaps while we wait / No one wants to wait while they wait ».

Les attentes du client moyen

Monica Pal nous présente ensuite une vidéo YouTube de Luke Wroblewski, qui nous incite à trouver la meilleure navigation possible pour les utilisateurs d’un site mobile. Luke Wroblewski, auteur par exemple du fameux livre Mobile First pour A Book Apart, explique comment quelque chose de valorisant, quelque chose d’efficace, peut apporter en termes d’expérience utilisateur.

Decoding the new consumer mind : How and why we shop and buy est un livre, écrit par Kit Yarrow, plein de bon sens quant à l’évolution de la société de consommation. L’utilisateur moyen est plus facilement distrait que celui des années 90 et est moins tolérant pour quasi tout ce qui demande de la patience. Ce livre, que nous propose ainsi Monica Pal, est une nouvelle façon d’appréhender comment nos cerveaux, nos esprits et nos perceptions évoluent en parallèle des avancées technologiques. Ce monde de nouvelles plateformes qui émergent nous conditionne à vouloir de la rapidité dans tous nos échanges.

Le consommateur moyen de l’époque avait une approche intellectuelle et réfléchie vis-à-vis des interfaces. Aujourd’hui, les utilisateurs ont une approche bien plus instinctive, liée à l’émotionnel. Quotidiennement, l’utilisateur est dans un environnement digital de couleurs, d’images et de vidéos dans lesquelles il perçoit des gens faire quelque chose qu’il va « aimer », « suivre » et relayer. Il passe son temps à cliquer et à réagir instantanément plutôt qu’à taper sur son clavier. Et donc, selon Monica Pal, cette logique nous mènerait, nous développeurs, à toujours anticiper les comportements de nos utilisateurs. Nous devons sublimer nos interfaces et les rendre intelligibles pour un utilisateur moyen, qui lui, n’aura aucune envie de passer du temps à « comprendre » où se trouvent nos fonctionnalités. Nous devons personnaliser l’expérience utilisateur.

Une étude récente chez Radware démontre qu’une simple seconde de chargement de contenu plus rapide apporte de la valeur significative.

Les impacts d’une bonne structure

De nombreux sites et de nombreux acteurs dans le monde du media ont un système économique lié à la publicité digitale. Aujourd’hui, la publicité est ce qui crée de la valeur fondatrice de certaines expériences sociales, selon Monica Pal. Une des technologies les plus exploitées à l’heure actuelle consiste à allouer en temps réel une impression publicitaire à un annonceur et d’en déterminer le prix en fonction de son format et de son contexte. Cette nouvelle infrastructure, appelée le Real-Time Bidding (RTB), doit donc permettre aux annonceurs en seulement quelques millisecondes d’enchérir sur un emplacement publicitaire, selon les informations connues sur un utilisateur donné. En clair, en un court laps de temps, ils doivent pouvoir extraire des données précises sur cette personne afin de lui proposer un contenu personnalisé, qui va nécessairement modifier son expérience.

Aujourd’hui, quelque soit le site web que vous parcourez, quelle que soit l’application que vous utilisez, votre expérience utilisateur peut être à tout moment bouleversée par ces infrastructures. La rapidité d’exécution apparaît donc un facteur clé de réussite. Monica Pal nous prend l’exemple d’AppNexus, une société américaine spécialisée dans la publicité digitale en temps réel. AppNexus propose un nouveau degré de vitesse : leur base de données leur permet d’effectuer 3 millions de lectures et 1.5 million d’écritures par seconde.

AppLovin, une autre société proposant une technologie RTB orientée applications, traite plus de 20 milliards de requêtes par jour, représentant 100 millions de chiffre d’affaires. Ils utilisent une nouvelle technologie de stockage Flash, au lieu d’utiliser de la RAM, ce qui leur permet de bien répartir leur performance sans ajouter un nombre indécent de serveurs à leur infrastructure.

La mise en cache des données les plus utilisées (dites chaudes) dans une solution de stockage Flash permet de ne plus devoir lire les données à partir des disques durs, d’où une réduction des temps de latence et, de fait, une amélioration des performances des applications.

Christophe Menard, « Optez pour le stockage Flash »

Monica Pal tient donc à démontrer avec toute cette analyse, la nécessité de travailler la partie front-end d’un site web, mais surtout de ne pas négliger la vitesse d’infrastructure qui soutient cette plateforme, qui peut, elle aussi, être gage de performance. You, guys, are focused on the web front end, but there’s a new degree of velocity that is emerging, creating a new kind of value out there.

Améliorer l’échange autour de la performance web

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La première keynote à laquelle j’ai assisté lors de la conférence Velocity est celle d’Aaron Rudger. Aaron Rudger est un technicien possédant une longue expérience en tant que directeur marketing et produit senior chez Keynote Systems en Californie. Son principal objectif, en tant que professionnel référent dans son domaine, est d’établir un univers de développement performant autour des solutions de monitoring de son entreprise sans pour autant déprécier les désirs de ses clients.

Maximize the return of your digital investments est avant tout une prise de connaissance sur le monde dans lequel nous évoluons actuellement, notamment en matière de performance web. La principale question soulevée est celle de la communication entre les équipes marketing et les équipes de développement.

Comme le souligne Aaron Rudger tout au long de son discours, il peut être parfois difficile de faire comprendre aux équipes marketing et commerciales l’enjeu de la performance pour les utilisateurs d’un site internet ou d’une application web. Pourquoi ?  Parce que les clients en veulent toujours plus : plus de publicités digitales, plus de connexions avec les réseaux sociaux, dont le nombre ne cesse d’accroître par ailleurs, plus de pixels captant le comportement des utilisateurs, des images de plus en plus grandes et donc de plus en plus lourdes, etc.. Et bien évidemment, la plupart de ces contenus proviennent de plateformes complètement hors de notre portée, et ne rendent pas nécessairement l’expérience utilisateur satisfaisante.

Selon une étude de la société Forrester réalisée en 2012, près de 32% des acteurs du marketing – directeur marketing, assistant marketing, planner stratégique, media planner, chargé d’études, directeur d’études, manager de la marque, responsable marketing digital, chef de publicité, directeur de clientèle, etc. – pensent que leur département technologique entrave à la réussite budgétaire de leur entreprise. En 2014, Aaron Rudger nous informe que ce nombre est passé à près de 43%. D’après lui, cette croissance souligne simplement que la manière dont le marketing et celle dont les équipes de développement pensent à la performance est de plus en plus divergente.

Parler de temps de connexion inférieur à un certain nombre de secondes pour une page web ne signifie pas grand chose de concret pour tous les « marketeux ». En réalité, c’est toute la notion d’analytics qui n’a pas de grande valeur à leurs yeux. Selon eux, les indicateurs clés de performance d’un bon produit, les Key Performance Indicators, sont l’engagement, la fidélité et la croissance. Il faut donc savoir construire un discours qui dégagera naturellement toutes ces notions dans le contexte de l’entreprise. Parler de l’amélioration du start render en disant par exemple que celui-ci augmentera l’engagement des utilisateurs à terme, et donc aura un impact positif sur les revenus, est une façon de convaincre les équipes marketing de l’intérêt d’un tel projet, qui ne leur semblerait que technique à première vue.

Le principal conseil d’Aaron Rudger serait donc d’élever la conversation pour convaincre les équipes marketing. Il faudrait ainsi, en toutes circonstances, certes mentionner les aspects techniques de nos futurs développements, mais surtout démontrer l’impact final sur la réussite de l’entreprise grâce à la performance technique. Changer sa manière de dialoguer et adopter un discours selon son interlocuteur peut directement jouer en notre faveur. « Create your own sense of ownership around performance that’s driving business impact in your organization. » Aaron Rudger nous propose d’ailleurs un article, Do you speak the same language as your business ?, pour poursuivre les réflexions autour de cette problématique. Vous pouvez également écouter cette keynote grâce à la vidéo ci-dessous.

 

Conférence Velocity

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Tous les acteurs du web souffrent des mêmes problématiques, à savoir réussir à proposer aux utilisateurs de leurs sites un chargement de leurs pages rapide, posséder une infrastructure leur permettant d’être sereins quelque soit la charge de leurs serveurs, proposer sans cesse une fiabilité sans pareille de leurs services, etc.. C’est dans l’objectif de fournir quelques éléments de solutions à ces questions que se tenait, il y a un peu plus de deux mois, la conférence Velocity dans la ville de Barcelone en Espagne.

J’ai eu l’extrême chance de pouvoir y participer, et c’est dans ce cadre que j’ai réellement pu prendre conscience des énormes progrès qu’il nous reste tous à faire en matière de performance dans le monde du web.

Un évènement O’Reilly

Velocity, c’était avant tout un évènement regroupant plusieurs sérieux protagonistes du web organisé par la maison d’éditions O’Reilly. Le groupe O’Reilly Media a été fondé en 1978 par Tim O’Reilly, un passionné des technologies dont le plan original était de simplement produire un travail de qualité pour des personnes ayant besoin de profiter d’un savoir dans un domaine précis ayant attrait à l’univers de la programmation. Son leitmotiv était le suivant : « Make interesting work for interesting people ».

Tim O’Reilly commence donc à se faire un nom en écrivant des livres techniques, qu’il décide de publier de son propre chef. Âgé de 60 ans aujourd’hui, cet écrivain et chroniqueur continue la publication de livres avec sa maison d’éditions, qui est considérée comme l’une des meilleures à l’international en matière de livres de programmation, voire même de livres autour de l’informatique de manière générale. Il est aujourd’hui l’invité de conférences autour du web dans le monde entier.

Une liste de speakers hautement qualifiée

Pour moi qui découvrais la conférence Velocity en même temps que je découvrais Barcelone, c’était vraiment une expérience enrichissante durant laquelle j’ai longuement pu remettre en question ma manière d’envisager le web de demain. De très nombreux intervenants provenant du monde entier sont venus partager leur expérience dans la matière, et c’était vraiment un honneur pour moi de pouvoir bénéficier de leurs conseils de façon si instantanée, grâce à leur proximité.

J’ai par exemple adoré l’intervention de Patrick Hamann, un ingénieur client-side qui travaille pour le magazine britannique The Guardian. Sa présentation, Breaking News at 1000ms, était un résumé de l’ensemble des tâches qui ont permis à ce magazine, ou plutôt à la version web de celui-ci, de passer sous la barre des 1000 millisecondes pour le chargement de leurs pages : une décision qui a été prise suite à un sondage auprès de 3000 de leurs utilisateurs quant aux différents axes d’amélioration qui pourraient rendre leur navigation plus agréable. La performance est apparue comme un sujet primordial, qui les a conduit à penser la partie responsive de leur site selon l’expression suivante : « Core content should be delivered first », un résultat que vous pourrez apprécier en navigant ici sur http://next.theguardian.com.

J’ai également apprécié retrouver Estelle Weyl, une consultante et développeuse plutôt front dont les compétences ne font plus l’ombre d’un doute. Elle présentait RWD is not a panacea, presque une mise en garde contre tous ces développeurs qui proposent encore qu’une version statique de leur site. Telle était son approche : « Just because no one uses your mobile site, doesn’t mean you don’t need to improve it. Maybe no one uses it because the experience is so bad. ». Pour elle, penser au mobile à l’heure actuelle n’est plus une recommandation, mais une réelle nécessité vis-à-vis du nombre de devices sans cesse en augmentation. D’ailleurs, même Google va se mettre à pénaliser les sites non mobile-friendly

Bien d’autres développeurs, consultants, écrivains et chercheurs se trouvaient à cette conférence, au milieu de nous tous, comme s’ils étaient finalement que des personnes normales, accessibles de tous. Parmi eux se trouvaient entre autres Tammy Everts, Kent Alstad, chercheurs pour Radware, Lyza Gardner, fondatrice de la start-up Cloud Four et co-auteure de Head First Mobile Web, Pamela Fox développeuse et passionnée Ilya Grigorik développeur chez Google, Mark Zeman fondateur de SpeedCurve, Joshua Hoffman administrateur systèmes pour Soundcloud, ou encore Yoav Weiss qui n’est autre que celui qui aura révolutionné le monde des images pour le responsive avec l’attribut srcset et notamment son apport au support de cette fonctionnalité jusqu’alors expérimentale sur Chrome et Robert Treat, un développeur notamment connu pour ses travaux sur PostgreSQL.

Cette conférence, c’était aussi l’occasion de retrouver des acteurs plutôt connus du monde du web : O’Reilly naturellement, Keynote Systems, EdgeCast, Dynatrace, GitHub, Limelight, mais aussi Akamai Technologies Inc., AppDynamics, Pingdom, Telefónica ou encore Aerospike, ThousandEyes, Etsy, Facebook, Mozilla, Google et Cedexis, un groupe que l’on retrouve également en France qui propose des outils de monitoring pour le web. Les technologies RUM, Real User Monitoring, étaient d’ailleurs largement représentées tout au long de ses trois jours. Car, oui, je ne vous l’ai pas mentionné plus tôt : Velocity, c’était trois jours intenses de veille autour de la performance pour le web.

Durant les deux premiers jours, des sessions de « keynotes » étaient programmées le matin, et l’après-midi des conférences sur des thèmes comme l’amélioration des performances pour le mobile, l’arrivée du responsive dans le web et ses conséquences en matière de start render et temps complet de chargement des pages, la mise en place d’infrastructures visant à améliorer la qualité des services pour le web, etc., nous étaient proposées. Le troisième et dernier jour était composé de sessions d’une heure et trente minutes visant à comprendre de manière concrète quelles étaient les mesures prises pour « construire une nouvelle version du web plus forte et rapide » : « Building a faster, stronger web ». En clair, des sessions de tutoriaux nous étaient proposées sur par exemple, la compression des images avec un rapport qualité/poids correct, l’optimisation des requêtes réalisées sur des bases de données internes, l’utilisation d’algorithmes très spécifiques pour réduire le poids des éléments affichés sur une page web… Suivez ce lien pour retrouver le programme des conférences disponibles à cette occasion.

J’ai pu profiter de nombreuses recommandations dont cet article ne fait pas une liste exhaustive. J’ai bien l’intention d’écrire d’autres articles sur l’ensemble des notes que j’ai pu prendre lors de ces différents discours notamment sur l’organisation du code front préconisé par les intervenants, sur la manière dont doit être mise en place un projet responsive – une des choses qui m’a semblé extrêmement pertinente à ce sujet, est de faire travailler les designers et les développeurs en parallèle sur ces travaux, pour ne pas perdre de temps, et renforcer la crédibilité et la mise en place d’un nouveau design, sur l’utilisation de véritables données pour un suivi quotidien de la performance et ce, aussi bien pour les serveurs que pour les fichiers utilisant des technologies diverses.

Une expérience multi culturelle

En bref, Velocity, c’était vraiment un chouette évènement pour directement rentrer un contact avec des grands acteurs du web. C’était aussi l’occasion de parler un peu anglais, un tout petit peu espagnol, et très peu français pour échanger sur le web actuel.

Par ailleurs, Barcelone est vraiment une ville fascinante, où se mêlent bien différentes cultures, et où le dynamisme de la ville semble donner libre cours à l’imagination de tous ses architectes tant ces rues espagnoles sont différentes en termes de design de tout celles que j’ai pour habitude de parcourir. Les barcelonais que nous avons pu croiser maîtriser plus ou moins les trois langues précitées, ce qui n’est clairement pas notre cas, ici à Paris. Un petit plus pas désagréable non plus : à Barcelone, on peut accéder au WiFi gratuitement dans toute la ville ! C’est bien l’une des choses qui m’a pas mal fascinée parmi tant d’autres ! Et il faisait clairement dix degrés de plus qu’à Paris au moment où se tenait la conférence.

Velocity m’aura permis de rencontrer des personnes évoluant dans mon milieu, que je n’ai pas hésité à aborder pour en connaître plus sur leurs actions à venir, ou simplement pour pouvoir récupérer quelques goodies ! La communauté O’Reilly semble définitivement bien solide, puisque Velocity a lieu quatre fois au cours de l’année. D’ailleurs, en 2015, elle se tiendra entre le 27 et 29 à Santa Clara en Californie, le 11 et le 11 août à Pékin, du 12 au 14 octobre à New York, et enfin du 11 au 13 novembre à Amsterdam.