Libèté de G’ny, un album aux sonorités caribéennes

Libèté de G'ny
Copyright : Lusafrica

Ce lundi 14 octobre 2013, le premier album de G’ny, artiste originaire de Guadeloupe, est sorti de manière numérique. Ce premier opus de la chanteuse est un véritable mélange d’harmonies créoles. On y retrouve, de l’amour – beaucoup d’amour –, des messages d’espoir et des notes d’émancipation, comme le souligne le titre choisi pour cet album, Libèté (« liberté », en créole). G’ny apporte ici une nouvelle dimension à sa musique : elle partage dans ses chansons tout ce qui fait d’elle ce qu’elle est aujourd’hui.

Libèté se veut ainsi bien souvent détonnant, comme lorsque la chanteuse s’exprime sur les duretés de la vie d’une femme dans notre société (cf. Fanm Isi). G’ny y chante aussi ses origines caribéennes à travers ses choix de percussions rappelant les musiques antillaises traditionnelles et ses textes dans lesquels elle témoigne de sa tendre affection pour la Guadeloupe (cf. Péyi Mwen) et pour les sonorités de son île (cf. Mizik An Nou). Cet album, entièrement féminin vocalement parlant puisque G’ny choisit Valérie Louri et Jocelyne Béroard pour l’y accompagner, est en somme un très bon moyen de voyager au soleil tout découvrant l’univers d’une artiste qui n’a pas fini de nous étonner. Libèté sortira le 28 octobre en magasin, mais est, en attendant disponible sur Amazon.

Chronique détaillée de Libèté

La première chanson de Libèté, Prèmyé Jou, est un doux mélange d’instruments aux accents acoustiques. G’ny dévoile ses origines à travers ce morceau aux sonorités créoles : tambours et guitares se mêlent au groove de cette artiste avec élégance. Il est ici question d’amour, plus précisément du sentiment de coup de foudre. La mélodie démarre ainsi sur les paroles suivantes : « Mwen sav sa pa fasil a krwè, Prèmyé fwa mwen vwè vou, Mwen té sav sé té vou » (Je sais que ce n’est pas facile à croire, La première fois que je t’ai vu, J’ai su que c’était toi).

L’album se poursuit avec Zozyo É Lapli, un titre plus dynamique, plus audacieux, dont le rythme est assez original, un titre délivrant un message de paix. G’ny invite ses auditeurs à profiter de la vie telle qu’elle est, à, de sorte, écouter les oiseaux chanter et apprécier la pluie qui tombe – toutes ces petites choses qui font que la vie est belle.

Pour continuer dans cette ambiance, G’ny chante Zyé Ki Lach. Elle est ici accompagnée de Valérie Louri, artiste originaire de Martinique connue notablement pour sa chanson Bay Lanmen. Ensemble, les deux chanteuses déclament leur volonté de réaliser leurs rêves, de se donner les moyens pour y arriver. Il faut avancer avec courage, en y mettant tout son cœur.

Le premier single officiel de Libèté, Fanm Isi, est un mélange entre gwo ka, percussions et d’électronique. G’ny y rend au hommage â la force de caractère des femmes, car chaque femme, selon elle, est un poto mitan, c’est-à-dire un pilier dans notre société.

Un autre des singles apparaît d’ores-et-déjà sur les ondes antillaises. Il s’agit d’An Mitan Kè. Cette chanson appelle simplement à l’amour. La nature acoustique de ce titre est fascinante ; on y entend par moment une flûte qui vient parfaire la portée de la guitare.

Toujours au son de cette fameuse guitare, Péyi Mwen Akoustik s’ajoute à la liste d’écoute de Libèté. G’ny y conte la beauté de la Guadeloupe. Dans Péyi Mwen Akoustik, comme dans Péyi Mwen, la musicienne revisite la chaleur de l’île caribéenne, cette dernière s’exprimant à la fois par le soleil présent toute l’année sur l’île et la gentillesse des insulaires qui, d’un regard ou d’une attention, savent comment toucher le cœur d’autrui.

Afrikafé s’impose comme un rappel vers les origines africaines de l’archipel caribéen. G’ny s’imagine céans vivre en Afrique une enfance heureuse, malgré les dures conditions de la vie en société sur ce continent. Elle chante l’insouciance des plus petits face aux difficultés du quotidien.

Dans un autre genre, Mizik An Nou propose un ensemble de percussions franches ; et c’est Jocelyne Béroard qui apporte sa pierre à l’édifice en accompagnant G’ny sur cette chanson. Ce titre s’ancre de sorte parfaitement dans l’univers du zouk, tel que l’a popularisé le groupe Kassav dans les années 1980.

Péyi Mwen, sorti courant 2009, avait permis à G’ny de se positionner sur les devants de la scène musicale antillaise. Dans ce titre singulier, véritable ode à l’amour de la Guadeloupe, le tambour semble tenir le rôle prédominant tant il apporte en termes de culture et d’authenticité.

C’est enfin le titre éponyme de l’album, Libèté, qui fait son apparition. La mélodie démarre sur des accords piano et tambour contrastant avec la chanson précédente. G’ny joue ici avec les émotions de ses auditeurs, et offre un voyage à travers des atmosphères atypiques. L’artiste guadeloupéenne chante ainsi : « Antr’ sa ou vlé é sa ou pé, Ou ka chèché ki moun ou yé, Chak mo ou pa di ka kaché Sa ki an fon kè aw, Sa ou anvi… ».

Le Temps d’aimer est un morceau de reggae rappelant que l’amour existe, même s’il s’accompagne souvent de souffrances. Cette chanson, véritable ode au sentiment amoureux, convie tout un chacun à garder foi en ses sentiments, quels que soient les embûches. L’amour n’est pas uniquement source de douleur, il est aussi source de bonheur et félicité.

Dans Rouvini, G’ny exprime son envie de revoir un être qui lui est proche. « Anvi ou santi sa mwen pa ka di’w » (Envie que tu sentes ce que je ne te dis pas) est la phrase de transition répétée tout le long de cette chanson. Elle illustre ainsi un sentiment que chacun peut éprouver à l’égard d’autrui : on aimerait toujours être compris de l’autre sans que les mots ne viennent tout gâcher. Un joli titre, en définitive, qui termine cet album avec douceur.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.