Le Danger Luv Riddim, un riddim aux sonorités reggae

Danger Luv Riddim
Copyright : Troyton Music

Le Danger Luv Riddim, réalisé par Troyton Music sous le label Amplex Records, offre en écoute de nombreux artistes de la scène musicale jamaïcaine dont Aidonia, Bencil en featuring avec Mr G, Bugle, Khago, I Octane, Konshens, Lutan Fyah, T’Nez et Tarrus Riley.

C’est Aidonia et son puissant Stay In My Arms qui déclament les premières notes du Danger Luv Riddim. Aidonia, dont la renommée a réellement pris son ampleur grâce à ses chansons Innocent Blood sur le Gangsta Rock Riddim ou Chicken Head sur le Galore Riddim en 2006, exprime à sa façon l’attention qu’il porte à sa compagne : « Mi seh baby girl I love yuh she seh yes I feel suh / A nuh gal cyan mek mi leff I woulda neva leave yuh ». Il apporte un peu d’amour sur cette instrumentale avant que le ton ne devienne plus sérieux avec les thèmes abordés par les autres artistes de cette compilation.

En effet, Bencil, alors accompagné de Mr G sur le titre Life Of A Ghetto Soldier, choisit de décrire la place de la violence dans la vie d’un homme vivant dans les ghettos. Les guerres et autres démêlés que s’octroient les jeunes des quartiers apportent systématiquement des larmes. Bencil déclare d’ailleurs que sa mère prie pour qu’il ne se retrouve jamais dans de pareilles histoires, tandis que Mr G compte sur Jah pour protéger les siens des méfaits de la violence. Cette première collaboration entre ces deux artistes illustre leurs capacités vocales et montre la réalité de la vie des quartiers en Jamaïque.

Bugle s’essaie ensuite à l’exercice avec, cette fois encore, un nouveau sujet à traiter. Dans Call Him, il fait clairement référence au bien-être que lui procure sa religion. Jah lui apporte un soulagement face aux problèmes qu’il rencontre, il se déclare sans peur, sans crainte vis-à-vis des tragédies que la vie peut nous apporter quotidiennement. Il demande d’ailleurs aux jeunes de ne jamais sous-estimer la force de Jah, qui sans cesse vient à son secours : « Jah Jah always join on [his] rescue quickly ». Il l’adore et ne peut en aucun cas faire passer quelqu’un avant lui. La foi de Bugle existe de façon claire, et ce morceau ne peut qu’en témoigner.

Khago, un jeune artiste de la scène jamaïcaine notamment connu pour son tube Only If You Know, chante Nothing Like Life sur le Danger Luv Riddim. Dans cette chanson, il déclare que rien n’est comparable à la vie elle-même. Il déclare n’avoir besoin d’aucun diamant, ni de grosse voiture. Il prie simplement Jah pour qu’il lui accorde la vie et qu’il soit en bonne santé.

L’excellent Trust No One de Konshens commence par un dialogue entre un homme et son fils. Konshens joue le rôle de ce père de famille et promulgue un unique conseil à son enfant : « In life, don’t trust nobody, ok ? » (Dans la vie, n’aie confiance en personne). Tout au long de cette chanson, Konshens déclare avoir connu moult situations durant lesquelles il a dû se résoudre à admettre que personne ne mérite sa confiance. Son refrain « Mi trust nuh one » est plutôt clair. Ce morceau met en garde tout un chacun contre les déceptions qu’apportent une confiance trop vite donnée. Chacun, selon Konshens, doit rester sur ses gardes, et ce, même avec ses soi-disant amis, car le mal peut venir de n’importe où.

La voix semi enrouée d’I Octane, qui fait sa particularité, délivre un puissant « Troyton, tell me who wanna see me fall ». Dans sa chanson, l’interprète de My Life cherche à savoir quelles sont les personnes qui veulent l’emmener à sa perte. I Octane, ici, est pleinement conscient de sa qualité de pécheur sur cette terre, il ne se voit pas comme un homme parfait, et ne comprend pas pourquoi ces personnes qui veulent lui nuire sont incapables de le percevoir comme tel. Je pense que sa chanson rejoint un peu celle de Konshens dans le sens où il aimerait connaître ses ennemis pour pouvoir être pleinement averti et agir en conséquence en toute situation.

Lutan Fyah traite un sujet bien moins solennel avec No Wah Settle Down. En effet, il traite ici d’une femme inapte à faire de réels choix dans sa vie personnelle. Elle apparaît comme une personne incapable de s’engager, que ce soit dans le domaine sentimental et pécuniaire. Cette femme préfère frimer avec de beaux vêtements qu’économiser, papillonner que vivre en couple. Lutan Fyah ne comprend pas comment, de nos jours, peut vivre ainsi et ne pas vouloir améliorer son style de vie.

La voix de T’Nez, chanteur jamaïcain né en 1987 dont la notoriété s’affirme peu à peu, lui permet de pouvoir chanter relativement aigu pour un homme et de posséder à la fois une aisance assez perceptible sur les tubes qu’il interprète. Dans Press Play Pause, l’artiste parle d’une femme ayant connu une relation sentimentale tumultueuse. Cette dernière souhaite pouvoir effacer cette partie de sa vie pour obtenir enfin l’amour qu’elle mérite : elle aimerait pouvoir revenir dans le passé comme on peut avancer, reculer dans le temps dans une chanson grâce aux touches « play », « pause », « avance rapide », etc.

La chanson de Tarrus Riley, pleine de bon sens finalement, s’intitule Dangerous Luv. L’artiste y décrit les relations compliquées qu’il peut y avoir dans un couple. Car parfois, malgré l’amour qu’il peut exister entre deux personnes, il se peut qu’un trop plein de ressentiment détruise l’entente cordiale entre les deux êtres : « First she love mi / Then she hate mi / Everyday mi feel like it warfare / We fighting on the daily / Me and you together girl it unfair ». L’artiste explique de sorte qu’il ne veut plus vivre cet amour « dangereux » qu’il ne le supporte plus.

Modification du 16 octobre 2011 : Preuve que ce riddim a complètement envahit la toile, c’est aujourd’hui le grand Mavado qui s’ajoute à la liste des interprètes de cette sublime instrumentale. « Scream my name a million times… I’m gonna make you love me » sont les mots que l’artiste décide de reprendre continuellement dans ce titre. Sa chanson s’annonce pleine d’amour et de compassion envers l’être aimé.e. De quoi largement amplifier la portée féérique de ce riddim !

Deux réflexions sur « Le Danger Luv Riddim, un riddim aux sonorités reggae »

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