Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part d’Anna Gavalda, un premier recueil de nouvelles

Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part d'Anna Gavalda
Copyright : Le Dilettante

Professeure de lettres née en 1970, Anna Gavalda connaît un succès inattendu avec la parution de son premier recueil de nouvelles intitulé Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part publié aux éditions Le Dilettante au mois de septembre 1999. Écrit sur les thématiques de la solitude et des actes manqués, cet ouvrage offre un regard tranché sur la société d’aujourd’hui et regroupe en son sein des personnages vivant un quotidien où tout va toujours trop vite, des personnages ne semblant pas, de sorte, prendre le temps d’apprécier la vie.

Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part est ainsi une porte d’accès à l’entièreté de l’œuvre littéraire d’Anna Gavalda. Ses romans (parmi lesquels on retrouve Ensemble, c’est tout et Je l’aimais) ont cette même écriture singulière au rythme effréné, ponctuée de phrases d’une franchise déconcertante et d’un subtil humour.

Un besoin d’attention, une envie d’oubli

Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part se décompose en douze nouvelles percutantes. Son lecteur se retrouve ici à suivre l’histoire d’un narrateur s’exprimant, presque systématiquement, à la première personne du singulier, lui donnant ainsi une impression de proximité avec le personnage concerné. Anna Gavalda se joue ainsi de son lecteur pour le plonger dans un univers imparfait, un monde dans lequel chacun tente de survivre.

Par-dessus tout, c’est ce besoin d’attention des personnages qui marque, un sentiment omniprésent que l’on retrouve à chacune des nouvelles de l’écrivaine. La plume d’Anna Gavalda se révèle marquante, provocante, touchante parfois, mais surtout directe, un peu à l’image de son écriture dans Des vies en mieux.

Quand j’arrive à la gare de l’Est, j’espère toujours secrètement qu’il y aura quelqu’un pour m’attendre. C’est con. J’ai beau savoir que ma mère est encore au boulot à cette heure-là et que Marc est pas du genre à traverser la banlieue pour porter mon sac, j’ai toujours cet espoir débile.

Ces courtes nouvelles sont finalement pleines d’émotion, révélatrices d’un mal-être en suspens ; et malgré la petitesse des intrigues, chaque histoire a la capacité de bouleverser son lecteur, chacune pour des raisons différentes. Ainsi convient-il sans doute de lire avec minutie chaque nouvelle pour mieux s’imprégner des différents êtres de papier qui vivent des histoires aux chutes tragiques.

Ces derniers sont par ailleurs identifiables – dans leur manière de s’exprimer, d’agir, d’évoluer – et pourtant présentent de nombreuses similitudes dans leur approche de la vie. Ces protagonistes centraux ont chacun un trait de caractère atypique. Il y a cette fille orgueilleuse qui passe peut-être à côté de l’amour, cet homme impatient qui perd tout en une seconde d’inattention, cette femme qui vit un véritable calvaire tout en continuant à penser aux autres, cet homme qui n’a jamais véritablement oublié son premier amour…

Ces êtres de papier semblent de chair : ils permettent une entrée dans leur existence et invitent chacun à vivre leurs émotions, à ressentir leurs joies et leurs peines. Leurs ressentiments sont dépeints page après page par Anna Gavalda. On saisit l’intimité de chaque personnage, on tente de le comprendre, on est bien souvent triste de le quitter. Les deux cents pages qui composent Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part ne laissent pas indifférent. On en retient forcément quelque chose.

On ne peut jamais prévoir. Ni comment les choses vont se dérouler, ni pourquoi des trucs tout simples prennent soudain des proportions démentes.

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